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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 09:54
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Published by Christian Vancau
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:48

 

Rien que de l'eau et  du brou de noix sur du papier 0.65 / 0.86, papier étalé sur une table, sans aucun projet de départ.? Ce n'est qu'ensuite que les formes ont été travaillées, en brunissant fortement les arrières-plans et sans retoucher les figures claires centrales. Une latte collée au sommet du papier et une à la base. Le papier est redevenu bois et a pris une densité, se gondolant à cause de l'eau, d'ou de nombreuses boursouflures. Le papier crépite dés qu'on le manipule. Ce sont des peintures sonores. Aucun fixatif. Et celà tient le coup allègrement depuis les années 97-98Brou de Noix 001Brou de Noix 002Brou de Noix 026Brou de Noix 028Brou de Noix 034Brou de Noix 031

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Published by Christian VANCAU - dans OEUVRES PICTURALES
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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 08:14

P1030409

 

Sur mon territoire à Moircy-Libramont, Pierres fracassées à la masse dans ma maison en ruines en 1978-79. D'anciennes mangeoires. Obligé de fracasser, sinon impossiblité de mettre des meubles le long des murs. En ce temps-là, j'étais marié et père de famille et il fallait mettre des meubles. J'ai viré tous ces débris pendant l'hiver 1978, dehors dans le jardin et au printemps, je les ai vus surgir de la neige, quelle merveille. Donc j'ai tout monté dans la grange et je les ai nettoyées , durcies et peints à l'huile, début des années 1980. En voici quelques uns. Au jourd'hui je n'ai presque plus de meubles, rien que des déchets d'oeuvres, dans toute la maison et des livres et un piano et deux guitares et aussi une chienne et une chatteP1030436P1030434P1030425P1030423P1030410P1030418P1030415P1030413P1030406-1P1030408

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Published by Christian VANCAU - dans OEUVRES PICTURALES
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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 09:37

Après Gainsbourg, je remonte sur St Germain des Prés par la Rue Bonaparte. Il doit être dans les 15 heures, à peu près, ce dimanche 10 octobre. C'est la toute grande foule? Il n'y a plus de place  au Bvd St Germain, les terrasses sont bondées, les gens mangent à trois mètres des pots d'échappement. Pas de place aux Deux Magots, ni au Café de Flore, ni chez LippLes 2 MagotsVerlaine, Rimbaud, Gide, Picasso, Simone de Beauvoir,Sartre et Hemingway et tant d'autres s'y sont attablés. Je pense qu'aujourd'hui, il y a peu de germano-pratins P1020066

Café de Flore

Brasserie LippPlan St Germain

A propos de Plan, voici ce dont je me suis servi durant tout mon séjour et je vous les conseille vivement. C'est le plan utilisé par les taxis parisiens. Il comprend toutes les rues de Paris, par arrondissement. Il coûte 8 euros 90

 

Grand Plan de Paris 

Mais revenons à St Germain-des-Prés, à son église, à son square arboré. Quelle lumière, quelle fraicheur !!!!

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Et ce fabuleux portique "SEVRES" côté Boulevard St Germain.Quelq'un peut-il me dire de quoi il s'agit????

 

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Je reviens vers la place car j'entends de la Musique New-Orleans. Serait-ce l'orchestre de Claude Abadie,??

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Les voici ....et du plus pur Dixieland

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Lors d'une interruption, je vais leur parler et achète un de leurs 4 CDs. Leur nom, La Planche à Dixie

Dixieband Je redescends vers la rue St Benoît, afin de trouver une table au soleil, le Petit Zinc rue Apollinaire est à l'ombre, de même pour le Relais de l'EntrecôteLe Petit Zinc, rue ApollinaireP1020058et ouf il y en a enfin une de table au soleil, après plusieurs essais. Le Bonaparte au coin de la rue Bonaparte et de la rue Guillaume ApollinaireP1020088Le Bonaparte

Je commande une bouteille de rosé (50 cl) de Provence "Saint-Tropez car on s'y croirait. Et voici ce que je vois de ma table...hic... P1020082P1020084et rencontre un marocain, descendant direct de Mahommed. C'est un Berbère, il s'appelle Semlali et sa compagne est avocate-stagiaire à Paris. Nous discutons longuement car je suis décidé à me reposer, étant donné que je marche depuis le Musée Branly. Je n'ai pas mangé, il est trop tard. Je téléphonerai à mon amie Marie-Line Dominique Tillandsia Goldenberg pour qu'elle vienne me rejoindre "Elle est absolument désolée mais est en pleine réunion de famille, AH c'est bien ça.... J'adore les réunions de famille.Tant pis Dominique. J'ajoute "Familles =associations d'étrangleurs (Calaferte) elle rit mais ne vient tout de même pas. P1020085

Je vais rester là jusqu' à 18h00, et ne sachant plus marcher je vais prendre le Metro jusqu'à la Butte et rentrer à l'hôtel soigner mes pieds, une fois de plus. Des messages m'y attendent. Le tenancier me dit "Ce n'est pas pour me mêler de ce qui ne me regarde pas, Monsieur, mais vous êtes très demandé.." 

Vers 20h00, je pars seul au restaurant rue de la Butte-aux-Cailles, une excellent resto que je vous recommande vivement "CHEZ PAUL" an n°22. Tél: 01 45 89 22 11. On y mange et boit très bien. C'est un sympathique neo-bistrot établi sur la Butte depuis plus de 10 ans. Cadre sobre mais agréable, pour une excellente cuisine de bistrot. Accueil chaleureux. Le patron fait montre d'un humour discret et ce ne sont pas les bonnes idées qui lui manquent. Carte assez fournie: terrine de queue de boeuf, cochon de lait roti à la sauge sans oblier les suggestions du jour sur le tableau noir. Et puis quelle purée (Ah Allister si tu avais vu cette purée tu t'en serais mis plein la bavette !!!). Délicieux desserts (Dommage que tu ne sois pas venue Denise...)  Chez Paul

Chez Paul P1020105

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Published by Christian VANCAU - dans PARIS
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 08:01
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Romain Rolland

 
 
 
Romain Rolland
Description de cette image, également commentée ci-après

Romain Rolland en 1914.

 
Naissance
Clamecy (Drapeau de la France France-Bourgogne)
Décès (à 78 ans)
Vézelay (Drapeau de la France France)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriturefrançais
MouvementPacifisme
Genres
roman, essai

Œuvres principales

Compléments

Romain Rolland, né à Clamecy (Nièvre) le et mort à Vézelay le , est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915.

 

D’une culture sculptée par la passion de l’art et de la musique (opéra, Michel-Ange, Scarlatti, Lully, Beethoven, amitié avec Richard Strauss) et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d’un monde non violent, par son admiration pour Léon Tolstoï, grande figure de la non-violence, par les philosophies de l’Inde (conversations avec Rabindranath Tagore et Gandhi), l’enseignement de Râmakrishna et Vivekananda, par sa fascination pour ʿAbd-al-Bahāʾ (il lui fait référence dans Clerambault), puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique.

 

 

Biographie

 
Maison où Romain Rolland a vécu à Vézelay de 1938 à 1944.
 
Plaque sur la maison où Romain Rolland a vécu à Vézelay de 1938 à 1944.

 

Issu d’une famille de notaires, il compte dans son ascendance des paysans et des bourgeois aisés. Il passe ses quatorze premières années à Clamecy, où il accomplit d'excellentes études au lycée de la ville. En 1880, sa famille s'installe à Paris, où il suit les cours du lycée Saint-Louis puis du lycée Louis-le-Grand. Il est reçu à l’École normale supérieure en 1886, où il se lie avec André Suarès et Paul Claudel. Il est agrégé d’histoire en 1889.

 

Il passe ensuite deux ans à Rome, de 1889 à 1891, comme membre de l’École française de Rome, où sa rencontre avec Malwida von Meysenbug – qui avait été l’amie de Nietzsche et de Wagner – ainsi que la découverte des chefs-d’œuvre de l’art italien, sont décisives pour la construction de sa pensée.

À son retour en France en 1892, il s’installe à Paris, épouse Clotilde Bréal et rassemble de la documentation pour ses thèses de doctorat. Les années suivantes, il enseigne l’histoire aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand. En 1895, il obtient son doctorat de lettres en soutenant une thèse sur « Les origines du théâtre lyrique moderne. Histoire de l’opéra en Europe avant Lulli et Scarlatti ». Il est chargé de cours d’histoire de l’art à l’École normale supérieure. En 1900, il organise à Paris le premier congrès d’histoire de la musique.

 

En 1901, il divorce et s’installe seul au 162 boulevard du Montparnasse à Paris. À partir de 1904, il enseigne l’histoire de la musique à la Sorbonne. Son roman-fleuve Jean-Christophe, publié de 1904 à 1912, lui apporte la notoriété. En 1912, il démissionne de la Sorbonne pour se consacrer uniquement à son œuvre littéraire.

 

Romain Rolland pendant la Grande Guerre

 
Romain Rolland en 1921.

 

Romain Rolland est en Suisse lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale, dont il comprend très vite qu’elle est un « suicide » de l’Europe. Bouleversé à l’idée du déclin de l’Europe et n’étant pas mobilisable du fait de son âge (48 ans), il décide de ne pas quitter le pays. Outre son engagement au sein de la Croix-Rouge, basée à Genève, il demeure aussi en Suisse afin de pouvoir librement diffuser ses œuvres. La plus célèbre est son appel pacifiste de 1914, Au-dessus de la mêlée, paru dans le Journal de Genève. Romain Rolland y condamne la violence. Restant « au-dessus de la mêlée », Rolland veut agir aussi bien vis-à-vis de la France que de l’Allemagne. En raison de ses idées, il est considéré par certains (fervents nationalistes ou non) comme un traître dans son pays. Outre-Rhin en revanche, il passe presque inaperçu.

 

Cependant, la publication de ses articles, à Paris, a eu un large écho dans la seconde moitié de la guerre : ils sont traduits en plusieurs langues — sauf en allemand. En novembre 1916, l'Académie suédoise décide de décerner à Romain Rolland le Prix Nobel de littérature de 1915, « comme un hommage à l’idéalisme de sa production littéraire et à la sympathie et l’amour de la vérité avec laquelle il a décrit les différents types d’êtres humains. »

 

Pour avoir critiqué les deux camps à propos de leur désir de poursuivre la guerre, de leur volonté d’obtenir une victoire destructrice, Rolland devient une figure non seulement du mouvement pacifiste international, mais aussi du mouvement de la Troisième internationale, aux côtés entre autres d'Henri Guilbeaux. En mai 1917, il adresse aux Russes un salut et une mise en garde :

« Que votre Révolution soit celle d’un grand peuple, sain, fraternel, humain, évitant les excès où nous sommes tombés ! »

 

En 1919, il rédige un manifeste et invite tous les travailleurs de l'esprit à le signer. Ce texte, la Déclaration de l'indépendance de l'Esprit, cherche à tirer les leçons de la guerre, en définissant une voie libre au-delà des nations et des classes.

 

Engagement politique

 

En avril 1922, Romain Rolland s’installe en Suisse, à Villeneuve, au bord du lac Léman. Quoique de santé fragile, il continue à travailler à son œuvre littéraire, voyage en Europe, et entretient un très vaste réseau de correspondance avec des intellectuels du monde entier. Depuis 1906, et jusqu’à sa mort, il est en relations épistolaires et amicales avec Alphonse de Châteaubriant, malgré d'importantes divergences politiques. Il entretient également une correspondance avec Hermann Hesse, Richard Strauss, André Suarès, Stefan Zweig, Alain (Émile-Auguste Chartier) René Arcos et Jean Guéhenno jusqu’à sa mort, en 1944.

 

À compter de 1923, et jusqu’en 1936, il entretient une discussion avec Sigmund Freud sur le concept de sentiment océanique que Romain Rolland puise dans la tradition indienne qu’il étudie alors avec ferveur. La même année, il préside à la fondation de la revue Europe, avec des membres du groupe de l'Abbaye, notamment René Arcos

 

En 1924, son livre sur Gandhi contribue beaucoup à faire connaître ce dernier (qu’il rencontrera à Villeneuve en 1931), et son engagement pour la non-violence.

 

Cependant, Romain Rolland finit par se détourner de la non-violence, qui n’apporte pas de remède à la montée des fascismes en Europe (Fascisme en Italie, NSDAP en Allemagne, Franquisme en Espagne6…). À partir de 1930, il s’engage en faveur de la défense de l’URSS, et d’autant plus lorsqu’Hitler arrive au pouvoir en Allemagne (30 janvier 1933). En 1934, Romain Rolland épouse une Russe, Maria Koudacheva. Il accomplit avec elle un voyage à Moscou en 1935, à l’invitation de Gorki. Au cours de ce périple, il rencontre Staline. Il est l’un des fondateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel.

 

Cependant, les procès de Moscou (août 1936 - mars 1938), puis le pacte germano-soviétique en août 1939, le convainquent de s’éloigner de l’action politique. En 1938, il a quitté la Suisse pour venir s’établir à Vézelay, qui tombe en zone occupée en 1940. Pendant l’Occupation, Romain Rolland garde le silence et poursuit son travail. Il tient son Journal, publié en 2012, et termine en 1940 ses Mémoires. Il met également une touche finale à ses recherches musicales sur Beethoven. Enfin, il écrit Péguy, paru en 1945, dans lequel ses souvenirs personnels éclairent la réflexion d’une vie sur la religion et le socialisme.

 

Avec Danielle ma compagne, nous sommes allés visiter en 2014, à Vezelay, la maison de Romain Rolland, où il mourut en 1944, devenue le Musée Zervoz. Le salon de Rolland avec son piano Pleyel a été conservée telle quelle. Voir photos ci-dessous

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Romain Rolland et Stefan Zweig

 
Stefan Zweig en 1900.

Les deux hommes avaient quinze ans de différence. Le jeune Stefan Zweig a d’emblée été conquis par l’œuvre de Romain Rolland et plus encore par l’homme quand il aura l’occasion de le rencontrer. Il a été séduit par son humanisme, son pacifisme, sa connaissance de la culture allemande qui lui semble représenter une synthèse entre leurs deux cultures. Ils s’écrivent beaucoup : on a retrouvé 520 lettres de Stefan Zweig à Romain Rolland et 277 lettres de Romain Rolland à Stefan ZweigN 1.

Le 22 décembre 1912, à l'occasion de la publication de Jean-Christophe, Stefan Zweig publie un article dans le Berliner Tageblatt: « Jean-Christophe est un événement éthique plus encore que littéraire. »

Ils sont atterrés par la guerre qui commence et le 3 août 1914, Romain Rolland écrit :

« Je suis accablé. Je voudrais être mort. Il est horrible de vivre au milieu de cette humanité démente et d’assister, impuissant, à la faillite de la civilisation. »

Mais contrairement à Stefan Zweig, il se reprend vite et publie en 1915 l’un de ses textes les plus connus : Au-dessus de la mêlée. C’est l’opiniâtreté de Romain Rolland dans sa lutte contre la guerre qui sauve Stefan Zweig de la dépression et fait qu’il admire de plus en plus celui qu’il considère comme son maître. En 1921, Stefan Zweig publie une biographie de Romain Rolland intitulée Romain Rolland : sa vie, son œuvre.

Entre ces deux hommes, c’est l’histoire d’une grande amitié qui va se développer à partir d'une relation de maître à disciple, même si leurs voies vont quelque peu diverger sur la fin. Stefan Zweig fait connaître Romain Rolland en Allemagne, travaillant inlassablement à sa renommée. Il fait représenter son Théâtre de la Révolution et Romain Rolland lui dédie la pièce qu’il termine en 1924 intitulée Le Jeu de l’amour et de la mort avec ces mots : « À Stefan Zweig, je dédie affectueusement ce drame, qui lui doit d’être écrit. »

Durant cette période, ils se voient souvent, chaque fois qu’ils en ont l’occasion :

  • En 1922, Stefan Zweig est à Paris et l’année suivante, c’est Romain Rolland qui passe deux semaines au Kapuzinerberg ;
  • En 1924, ils sont à Vienne pour le soixantième anniversaire de Richard Strauss où Stefan Zweig présente son ami à Sigmund Freud qu’il désirait rencontrer depuis longtemps ;
  • En 1925, ils se retrouvent à Leipzig pour le festival Haendel puis ils partent pour Weimar visiter la maison de Goethe et consulter les archives de Nietzsche ;
  • En 1926, pour les soixante ans de Romain Rolland, paraît son livre jubilaire conçu en grande partie par Stefan Zweig qui va donner dans toute l’Allemagne de nombreuses conférences sur l’œuvre de son ami à propos de qui il a cette phrase magnifique : « La conscience parlante de l’Europe est aussi notre conscience. »
  • En 1927, c’est à Vienne qu’ils commémorent ensemble le centenaire de la mort de Beethoven. À l’initiative de Stefan Zweig, Romain Rolland fait partie des personnalités invitées aux festivités et ses articles, son hommage à Beethoven paraissent dans nombre de journaux.

Mais cette grande amitié va peu à peu buter sur des divergences à propos de la situation internationale. En 1933, Romain Rolland écrit sur Stefan Zweig : « Il est trop clair que nos chemins se sont séparés. Il ménage étrangement le fascisme hitlérien qui cependant ne le ménagera pas… » Stefan Zweig de son côté, éprouve les mêmes sentiments. En 1935, il écrit à sa femme Friderike : « La visite à Rolland, décevante hélas, il a l’air vieilli et fatigué. »

Adolf Hitler accède au pouvoir en janvier 1933. Pressentant la tragédie qui s'annonce, Stefan Zweig quitte l'Autriche en février 1934. Il se suicide en 1942 au Brésil. Romain Rolland meurt à Vézelay le 30 décembre 1944.

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Jean-Christophe (roman)

 
 
Jean-Christophe
Image illustrative de l'article Jean-Christophe (roman)
Couverture du 1er volume

AuteurRomain Rolland
PaysDrapeau de la France France
GenreRoman
ÉditeurCahiers de la quinzaine
Date de parution1904

Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 aux Cahiers de la quinzaine et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature en 1915.

Résumé

Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane.

La vie du héros se transforme ainsi en quête d’une sagesse : il doit passer par une série d’épreuves, les « cercles de l’Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d’atteindre à l’Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle.

Les dix volumes

  • L'Aube
  • Le Matin
  • L'Adolescent
  • La Révolte
  • La Foire sur la place
  • Antoinette
  • Dans la maison
  • Les Amies
  • Le Buisson ardent
  • La Nouvelle Journée

Éditions

Adaptation à l'écran

Jean-Christophe a été adapté pour la télévision par le réalisateur François Villiers en 1978.

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Œuvres

 
Romain Rolland en 1914.
 
Signature de Romain Rolland.
  • Amour d'enfants (1888)
  • Les Baglioni (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Empédocle (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Orsino (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Le Dernier Procès de Louis Berquin (1892)
  • Les Origines du théâtre lyrique moderne (1895). Thèse érudite et un travail approfondi récompensé par un prix de l'Académie française.
  • Histoire de l'opéra avant Lully et Scarlatti (1895). Thèse de son doctorat ès lettres.1
  • Cur ars picturae apud Italos XVI saeculi deciderit (1895). Thèse latine sur le déclin de la peinture italienne au cours du XVIe siècle.
  • Saint-Louis (1897)
  • Aërt (1897). Drame historique et philosophique.
  • Les Loups (1898). Drame historique et philosophique.
  • Le Triomphe de la raison (1899). Drame historique et philosophique.
  • Danton (1899). Drame historique et philosophique.
  • Le Poison idéaliste (1900)
  • Les Fêtes de Beethoven à Mayence (1901)
  • Le Quatorze Juillet (1902). Drame historique et philosophique.
  • Jean-François Millet (1902)
  • Vie de Beethoven (1903)
  • Le temps viendra (1903)
  • Le Théâtre du peuple (1903)
  • La Montespan (1904). Drame historique et philosophique.
  • Jean-Christophe (1904-12). Cycle de dix volumes répartis en trois séries, Jean-Christophe, Jean-Christophe à Paris7 et La Fin du voyage, publiés dans les Cahiers de la Quinzaine
  • L'Aube (1904). Premier volume de la série Jean-Christophe
  • Le Matin (1904). Deuxième volume de la série Jean-Christophe
  • L'Adolescent (1904). Troisième volume de la série Jean-Christophe
  • La Révolte (1905). Quatrième volume de la série Jean-Christophe
  • Vie de Michel-Ange (1907)
  • Musiciens d'aujourd'hui (1908). Compilation d'articles et études sur la musique.
  • Musiciens d'autrefois (1908). Compilation d'articles et études sur la musique.
  • Antoinette (1908). Premier volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • La Foire sur la place (1908). Deuxième volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • Dans la maison (1908). Troisième volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • Haendel (1910)
  • Les Amies (1910). Premier volume de la série La Fin du voyage
  • La Vie de Tolstoï (1911)
  • Le Buisson ardent (1910). Deuxième volume de la série La Fin du voyage
  • La Nouvelle Journée (1912). Troisième volume de la série La Fin du voyage
  • L'Humble Vie héroïque (1912)
  • Au-dessus de la mêlée (1915). Manifeste pacifiste.
  • Salut à la révolution russe (1917)
  • Pour l'internationale de l'Esprit (1918)
  • Empédocle ou L'Âge de la haine (1918)
  • Colas Breugnon (1919). Récit bourguignon. Inspira plus tard un opéra de Dmitri Kabalevski (1937, révisé 1967–1968).
  • Pour l'internationale de l'Esprit (1919)
  • Liluli (1919). Illustrée avec les bois originaux de Frans Masereel
  • Déclaration de l'indépendance de l'Esprit, manifeste (1919)
  • Les Précurseurs (1919)
  • Clerambault (1920)
  • Pierre et Luce (1920)
  • Pages choisies (1921)
  • La Révolte des machines (1921)
  • Annette et Sylvie (1922). Tome I de L'Âme enchantée
  • Les Vaincus (1922)
  • L'Été (1924). Tome II de L'Âme enchantée
  • Gandhi (1924)
  • Le Jeu de l'amour et de la mort (1925)
  • Pâques fleuries (1926)
  • Mère et fils (1924). Tome III de L'Âme enchantée
  • Léonides (1928)
  • De l'Héroïque à l'Appassionata (1928)
  • Essai sur la mystique de l'action (1929)
  • L'Inde vivante (1929)
  • Vie de Ramakrishna (1929)
  • Vie de Vivekananda (1930)
  • L'Évangile universel (1930)
  • Goethe et Beethoven (1930)
  • L'Annonciatrice (1933). Tome IV de L'Âme enchantée
  • Quinze Ans de combat (1935)
  • Compagnons de route (1936)
  • Beethoven, Les grandes époques créatrices : Le Chant de la Résurrection (1937)
  • Valmy (1938). Traduit en allemand par Hilde Wertheim (Autriche), avec des illustrations d'après des dessins de Jean Trubert, Éditions Prométhée, Paris 5e, France, Imprimeur Coopérative Étoile, Paris 11e, France
  • Les Pages immortelles de J.-J. Rousseau (1938)
  • Robespierre (1939). Drame historique et philosophique.
  • Le Voyage intérieur (1942)
  • La Cathédrale interrompue (1943-45). 3 volumes : 1. La Neuvième Symphonie (1943) ; 2. Les Derniers Quatuors (1943) ; 3. Finita Comœdia (1945, posthume)
  • Péguy (1945)
  • Inde : journal (1915-1943), Paris Lausanne Bâle, Éditions Vineta, 1951.
  • Journal des années de guerre, 1914-1919, Éditions Albin Michel, 19528.
  • Journal de Vézelay 1938-1944, Jean Lacoste (ed.), Éditions Bartillat, 2012.
  • Liluli, suivi de La Révolte des Machines (rééd.), illustrés avec les bois originaux de Frans Masereel, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, 253 p.

Correspondance

  • Correspondance (1894-1901) entre Romain Rolland et Lugné-Poe,présentée avec une introduction des notes par Jacques Robichez, Ouvrage publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique, L'Arche, 1957.
  • Correspondance (1910-1919) entre Romain Rolland et Stefan Zweig, Albin Michel, 2014.
  • Une amitié perdue et retrouvée : correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland, édition établie, annotée et présentée par Gérald Antoine et Bernard Duchatelet, Gallimard, coll. « Les cahiers de la NRF », Paris, 2005. (ISBN 2-07-077557-7).
  • Correspondance (1916-1944) entre Romain Rolland et Charles Baudouin - une si fidèle amitié, Blum A., Lyon, Césura, 2000.
  • Richard Strauss et Romain Rolland, correspondance, Albin Michel, 1951
  • L'indépendance de l'esprit, correspondance avec Jean Guéhenno de 1919 à 1944
  • Lettres inédites de Romain Rolland, présentées par Adrienne Lautère ; dans L'Âge nouveau, Idées - Lettres - Arts N° 35 (Mars 1949)
  • Sigmund Freud et Romain Rolland correspondance 1923-1936 par Henri Vermorel et Madeleine Vermorel, PUF 1993.
  • Hermann Hesse et Romain Rolland : D'une rive à l'autre : Correspondance, Albin Michel, 1972.
  • Chère Sofia : choix de lettres de Romain Rolland à Sofia Bertolini Guerrieri-Gonzaga, Albin Michel, 1960.
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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A cinquante ans, Colas Breugnon, robuste paysan bourguignon du XVIIe siècle, croit avoir gagné le droit de souffler un peu. Un pot le vin à sa droite, un cahier et un encrier devant lui, il entreprend le raconter. Raconter quoi? Tout, les contes d'autrefois et la vie comme elle est, l'anecdote vécue et les bonnes histoires, au rythme des fêtes et des travaux villageois. Le curé de Brèves, aussi fidèle à la dive bouteille qu'au tabernacle. Le berger, le loup et l'agneau, fable lucide sur les petits de ce monde, toujours victimes, même de ceux qui prétendent les protéger... Tout ce qui donne chair à une- sagesse rustique, rabelaisienne et lucide. Écrite en 1913-1914, cette réjouissante chronique de son pays natal, au langage coloré, poétique, truffé d'archaïsmes plaisants, est une pause dans la vie d'écrivain de Romain Rolland, après les années consacrées à ,Jean-Christophe et à la lutte pacifiste. Publiée en 1919, elle apparaîtra rétrospectivement, selon l'expression de Gorki, comme « un défi gaulois à la guerre ».

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 07:17
Christian Vancau devant le Monument François Mitterrand ce 4 septembre 2014

Christian Vancau devant le Monument François Mitterrand ce 4 septembre 2014

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Nous sommes à l'Oppidum de Bibracte ce jeudi 4 septembre 2014 à 15h30, après avoir quitté AUTUN, très exactement devant le Musée de Bibracte qui se trouve au pied du Mont Beuvray. Le voici en photos

Voir mon article sur Autun sur ce blog   http://www.christianvancautotems.org/2015/06/autun-en-bourgogne.html

 

Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan

Tout d'abord QU'EST-CE QUE BIBRACTE?????

 

Bibracte était la capitale du peuple celte des Éduens, développé surtout au Ier siècle av. J.-C.. Centre névralgique du pouvoir de l'aristocratie éduenne, c'était aussi un important lieu d'artisanat et de commerces où se côtoyaient mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies sur une superficie de près de 135 hectares.

 

Ce site remarquable, situé sur les communes de Saint-Léger-sous-Beuvray (Saône-et-Loire), de Glux-en-Glenne et de Larochemillay dans la Nièvre et dans le Morvan au sommet du mont Beuvray (communément appelé le Beuvray dans la région), est au confluent des bassins de l'Yonne, de la Seine et de la Loire. Le Beuvray est constitué de trois sommets : le Theurot de la Wivre avec sa pierre, le Theurot de la Roche et le Porrey qui est le point culminant. Le site héberge le musée de la civilisation celtique qui retrace la vie de cette cité de quelque 5 à 10 milliers d'âmes au sein d'un oppidum fortifié que les fouilles archéologiques du mont Beuvray révèlent peu à peu. La conservation et la gestion du site sont effectuées depuis 2007 par l'établissement public de coopération culturelle (EPCC) de Bibracte

.

Ce site fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .

 

Le 12 décembre 2007, le site de Bibracte a reçu le Label « Grand site de France ».

 

 

 

 

Étymologie

 
Bibracte au fond et Autun au premier plan

L'origine du mot Bibracte est encore assez mal connue. Ce terme est sans doute issu du celtique *bibro- / *bebro- (bièvre, castor) suivi du suffixe collectif -akti (cf. irlandais, gallois aktā)

 

Découverte de Bibracte

La première mention de Bibracte dans l’histoire a été faite par César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules concernant l’année -58 et la bataille de Bibracte. Celle-ci est à nouveau mentionnée en -52 lorsque César s’interroge sur les intentions de ses alliés Éduens qui ont rejoint la révolte et couronnent Vercingétorix roi des Gaules à Bibracte. Celle-ci ne sera plus mentionnée. Des inscriptions d’époque annoncent que la capitale éduenne a reçu le nom d’Augustodunum (’’la citadelle d’Auguste’’), sous le règne de celui-ci ; ce nom donnera naissance à l’actuelle Autun.

 

À partir du XVIe siècle, naît un engouement chez les savants, les aristocrates et les hommes d’églises pour leur passé local qui conduit à poser la question de l’emplacement de Bibracte. Plusieurs thèses vont alors s’affronter. L’une veut situer Bibracte à Autun : la ville gauloise à l’emplacement de la ville gallo-romaine. Une autre à Beaune, défendue par l'érudit Hugues de Salins, une troisième thèse veut que la cité soit sur les pentes du Beuvrect ou Bevrect, aujourd’hui mont Beuvray. Cette dernière thèse s’appuie sur trois arguments majeurs. Tout d’abord, il y a une parenté entre les termes Bibracte et Beuvrect. Ensuite, cette hypothèse invoque une tradition transmise par des chroniques médiévales qui situaient la ville au Beuvrect. Ceci est conforté par l’existence d’une foire annuelle les premiers mercredi, jeudi et vendredi de mai et dont l’ancienneté est déjà relatée dans des textes du XIIIe siècle. Enfin, les découvertes de poterie, de monnaies et les observations du curé de Saint-Léger-sous-Beuvray en 1725 vont dans ce sens.

 
Plan d'ensemble de la cité, les noms de lieux correspondent aux dénominations actuelles et les courbes de niveau ne sont prises qu'au niveau des sommets

D'une manière générale, c'est l'hypothèse d'Autun qui reçoit la plus grande approbation au début. D'ailleurs, Autun sera rebaptisée Bibracte après la Révolution et cela pendant quelque temps Il faudra attendre le XIXe siècle et les recherches de Jacques Gabriel Bulliot pour que la situation s'inverse en faveur du Mont Beuvray. En 1851, Bulliot décide de faire une communication au Congrès de la société française d'Archéologie sur une antique chapelle (La chapelle Saint Martin au Mont Beuvray) au sujet de la christianisation du pays éduen. Il retourne alors au Beuvray pour prendre d'autres notes. Il découvre ce qu'il pense être alors le talus d'un camp romain (en réalité un nemeton) au sommet du Beuvray près de la chapelle. Il se documente et envisage, contre l'opinion unanime de la Société éduenne, de situer Bibracte au Beuvray et non à Autun. La publication de son Essai sur le système défensif des Romains dans le pays éduen entre la Saône et la Loire dans lequel il expose ses convictions ne lui vaut que les sourires des membres de la société d'archéologie. C'est l'intérêt de l'empereur Napoléon III pour les batailles de la Guerre des Gaules qui va accélérer les choses. En effet, Bulliot va recevoir la visite d'un officier, nommé Stoffel, chargé par l'empereur d'effectuer des fouilles sur la victoire romaine contre les Helvètes. Bulliot lui fait alors part de ses convictions quant à la situation de Bibracte. L'officier lui porte peu d'intérêt, mais il confie à un autre membre de la Société éduenne, Xavier Garenne, la mission d'effectuer des sondages au Beuvray. Parallèlement, le propriétaire des terres, le vicomte d'Aboville effectue aussi ses propres recherches qu'il montre à l'archevêque de Reims, lui aussi membre de la Société éduenne, et ami de Bulliot (malgré leurs divergences sur la question de Bibracte). Intéressé par ces fouilles, ce dernier va en faire part à l'empereur. C'est ainsi qu'en 1867, Napoléon III missionne Bulliot pour des recherches au Beuvray en lui allouant des fonds.

 

Bulliot fouillera le site de 1867 à 1895, levant tous les doutes quant à la situation de Bibracte. Son neveu Joseph Déchelette, qu'il initie aux fouilles, continuera les travaux jusqu'en 1907 comparant Bibracte à d'autres sites d'Europe tels que Strakonice en Bohême, Manching en Allemagne et Velem-Zenst-Vid en Hongrie, ce qui fera de lui l'un des précurseurs dans l'unification culturelle du monde celte et de la civilisation des oppida.

Histoire de l'oppidum

Article détaillé : Éduens.

Chronologie du peuplement du Beuvray

 

Les fouilles de la Porte du Rebout ont permis de découvrir une succession de cinq ouvrages dont le plus vieux atteste la présence humaine sur le mont Beuvray (ou Beuvray) dès le Néolithique. Cependant, les techniques de datation ont révélé que l'oppidum ne fut fondé que vers la fin du IIe siècle av. J.-C. sur une surface de 200 hectares protégée par le rempart extérieur. Un second rempart intérieur fut construit par la suite pour des raisons encore méconnues.

 

Les Éduens ayant obtenu le statut d'ami du peuple romain, des contacts avec les commerçants romains sont probables avant la conquête de la Gaule par Jules César. Ce statut privilégié fit que Bibracte ne souffrit guère du conflit : en -58, à 25 km au sud de la cité, à Montmort, les armées de Jules César obtinrent la victoire sur les Helvètes, les forçant à retourner en Suisse et être peu à peu incorporés dans ce qui allait devenir l'Empire romain.

 

En -52 une assemblée des peuples de la Gaule à Bibracte confia à Vercingétorix le commandement suprême des armées gauloises. Malgré ce ralliement, César traita la cité avec ménagement après sa victoire à Alésia. Il y séjourna durant l'hiver 52/51 pour rédiger ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Ceux-ci révèlent entre autres le nom de certains hauts personnages de l'aristocratie éduenne tels que Dumnorix, vergobret des Éduens, et son frère Diviciacos, druide. La ville va connaître son plein essor durant les décennies qui suivent la guerre.

 

Le géographe Strabon, qui écrit une génération après César, signale encore Bibracte comme place forte des Éduens.

 

Après la fondation d'Autun (Augustodunum) en -15 environ, sous le règne d'Auguste, à 25 km, Bibracte fut peu à peu délaissée par ses habitants. Des cultes se poursuivent cependant dans les temples et près des fontaines et les habitations aristocratiques continuent d'être entretenues. Deux hypothèses principales sont avancées quant à cet abandon progressif du site sur quelques décennies. Cette migration peut être due à des raisons économiques ou à une volonté d'intégration au modèle romain ; une partie de la classe dominante éduenne, déjà pro-romaine durant la Guerre des Gaules, a certainement pris conscience de l'importance stratégique de la nouvelle ville située sur les principaux axes de communication et a aussi voulu s'adapter au modèle romain des villes de plaines tandis qu'une population plus traditionnelle est restée un temps sur le site.

 

On sait qu'il subsiste une foire chaque premier mercredi de mai par des textes du XIIIe siècle. Au XVe et XVIe siècles, le couvent des Cordeliers s'installe sur le Beuvray. Il est abandonné mais la foire perdure.

 

Influence et puissance de l'oppidum

 

Outre la création du type beuvraisien dans la classification des populations antiques par Gabriel de Mortillet, terme aujourd'hui abandonné puisque ne correspondant à aucune réalité historique, la puissance de la capitale éduenne est relatée dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules qui soulignent les nombreuses alliances des Éduens avec des peuples voisins. César mentionne également les guerres qui ont opposé les Éduens aux Arvernes et aux Séquanes pour l'hégémonie sur une grande partie de la Gaule. Ces mentions ne sont pas anodines puisque Rome est l'alliée des Éduens, « leurs frères de sang », depuis le IIe siècle av. J.-C. au moins. Ils entretiennent d'ailleurs des liens commerciaux et des alliances guerrières : Rome secourt les Éduens au IIe siècle av. J.-C. en écrasant l'armée arverne et répond à leur appel contre l'invasion helvète en Gaule qui mène à la Guerre des Gaules.

 
Enfin, l'aspect démographique n'est pas à négliger puisque les archéologues estiment la population du Beuvray entre 5 000 et 10 000 habitants lors de son plein essor.

 

Commerce

Dans son Histoire de la Gaule, l'historien Camille Jullian écrit ces quelques lignes sur les Éduens : « Bibracte, j'en suis sûr, fut le point de départ et le plus sûr garant de leur puissance. Autour de Bibracte circulaient de très bonnes routes, unissant les trois plus grands bassins de France. » Ainsi, les produits romains remontant le Rhône (les voies fluviales étaient les plus rapides à l'époque) et qui empruntaient ensuite la Saône, la Loire ou l'Allier, passaient en territoire éduen avant de rejoindre les bassins de la Loire et de la Seine. Les Éduens se situaient à un carrefour commercial important entre le monde celte et Rome, d'autant plus que le Beuvray domine à l'ouest la vallée de la Loire et à l'est la vallée de la Saône. Ils ont ainsi permis la diffusion des produits romains à travers la Gaule dès le IIe siècle av. J.-C., permettant à leurs alliés de la confédération de profiter de leur commerce avec Rome et certainement avec les colonies grecques telles que Massilia. Ce commerce est attesté par les grandes quantités d'amphores et de céramiques venues d'Italie retrouvées dans des fosses à déchets et dans des dallages de maison.

 

En outre, les Éduens avaient installé un système de douanes qui taxait les produits passant sur leur territoire pour accroître leur richesse comme semblent l'attester les textes de César : « C’était bien Dumnorix : l’homme était plein d’audace, sa libéralité l’avait mis en faveur auprès du peuple, et il voulait un bouleversement politique. Depuis de longues années il avait à vil prix la ferme des douanes et de tous les autres impôts des Héduens, parce que, lorsqu’il enchérissait, personne n’osait enchérir contre lui. ». D'ailleurs, Éduens et Séquanes se battaient pour le contrôle de l'Arar (actuelle Saône) puisque le contrôle du fleuve permettait de taxer l'ensemble des produits romains et celtes qui partaient vers le nord du continent par voie fluviale.

Politique

 
 
Le chef éduen Dumnorix, Musée de la civilisation celtique, Bibracte

 

    Le système politique des Éduens a été essentiellement reconstitué d'après des indications disséminées dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules. À la tête de l'État éduen, siégeait un sénat réunissant un seul membre de chacune des familles aristocratiques éduennes. Ce que l'on appelle aujourd'hui le pouvoir exécutif était détenu par le vergobret, magistrat suprême, qui exerçait ses fonctions pendant un an. Il lui était interdit de sortir des frontières du territoire pendant cette période, ce qui l'empêchait de commander l'armée en dehors des frontières. Cette mesure, avec celle qui autorisait une seule voix par famille aristocratique au sénat visait certainement à empêcher qu'un individu ou sa famille n'accapare les rênes du pouvoir. Le vergobret était élu publiquement par un conseil dirigé par les druides. Chez les Éduens, il semble que le vergobret exerçait aussi un rôle judiciaire puisque César rapporte qu'il avait « droit de vie et de mort sur ses concitoyens ». Enfin, on pense que le vergobret était responsable de l'administration du territoire. César précise que ce sont les druides qui en sont chargés : « Ils estiment que la religion ne permet pas de confier à l'écriture la matière de leur enseignement, alors que pour tout le reste en général, pour les actes administratifs publics et privés, ils se servent de l'alphabet grec. ». Aucune fouille n'a encore permis de retrouver de tels actes dont le support en bois couvert de cire est périssable.

     

    On sait également que les druides occupaient de hautes fonctions puisque Diviciacos vint à Rome pour plaider la cause des Éduens lors de l'invasion germanique menée par Arioviste à la solde des Séquanes ; il dirigea aussi la cavalerie éduenne durant la Guerre des Gaules après la mort de son frère Dumnorix. On suppose donc que certains druides occupaient de hautes fonctions guerrières.

    Recherche archéologique sur le Mont Beuvray

    De 1865 à 1895, Gabriel Bulliot identifia Bibracte en 1867 et y entama des fouilles (notamment le quartier artisanal celte aux alentours de la porte du Rebout), à l'aide des fonds alloués par Napoléon III.

     

    En effet, passionné d'histoire, l'empereur a mis sur pied de vastes campagnes de fouilles pour retrouver les sites de la Guerre des Gaules afin de rédiger son Histoire de Jules César. Le modeste « Hôtel des Gaules » qui hébergea sur place le chercheur y a été reconstruit depuis. Joseph Déchelette, neveu de Bulliot reprend ses travaux de 1895 à 1907. Il est tué durant le premier conflit mondial. Les fouilles tombent alors dans l'oubli.

     

    En 1984, les fouilles reprennent sous l'impulsion de François Mitterrand qui proclame Bibracte site d'intérêt national en 1985. Ce terme inventé pour l'occasion va permettre au site d'être subventionné. Le label d'"intérêt national" est créé par la suite pour désigner des expositions ou des sites qui bénéficient d'un programme de diffusion et d'élargissement du public mené par le ministère de la Culture. Toujours est-il que ceci va donner l'impulsion nécessaire à un projet de fouilles d'ampleur bientôt européenne. C'est ainsi qu'est créé en 1989 le Centre archéologique européen du Mont Beuvray qui regroupera le site, le musée et le centre de recherche de Glux-en-Glenne. Il est inauguré en 1995. Par arrêté du 21 mars 1995, le ministre de la Culture, sur l'avis du Conseil national de la recherche archéologique, confirme dans la liste des sites archéologiques d'intérêt national, l'oppidum de Bibracte (Mont-Beuvray, Saint-Léger-sous-Beuvray ; Saône-et-Loire ; Glux-en-Gienne ; Nièvre). Les fouilles sont actuellement conduites par Vincent Guichard et mises en œuvre par plusieurs équipes françaises et étrangères ; les fouilles se concentrent notamment sur le quartier gaulois du Rebout, sur le vaste ensemble gallo-romain de la Pâture du Couvent et la demeure romaine du Parc aux Chevaux.

     

    Ainsi, des spécialistes, des chercheurs, des professeurs et leurs étudiants venus de l'Europe tout entière se côtoient chaque été sur le site pour fouiller différentes parties du site. On retrouve entre autres :

     

    La prospection archéologique au Mont Beuvray

     

    La technique de prospection utilisée par Bulliot est rudimentaire. Elle consiste à observer les accidents du terrain puisque le mont n’a pratiquement pas évolué depuis l’époque. Ceci lui permit de relever un plan des remparts presque sans fouiller. Il employa cette technique à l’échelle du site avec le concours des topographes de l’armée qui réalisèrent une série de relevés topographiques du terrain. Seul celui du quartier du Porrey a été conservé jusqu’à nos jours.

    Ces dernières années, c’est la même technique qui a été utilisée dans le même quartier du Porrey avec des outils plus précis tels que des théodolites et des GPS. En effet, la prospection aérienne ou électromagnétique est rendu impossible par la végétation qui a reboisé le mont depuis l’arrêt des pâturages et des fouilles de Déchelette et la nature du sous-sol. Une technique plus rapide a été utilisée depuis 2007, c’est la technique du lidar ou scanner laser aéroporté  qui permet de passer outre la végétation et de relever en quelques minutes ce qu’il fallait auparavant plusieurs semaines à mettre en œuvre au sol. Cela a permis de lever un plan plus complet de la ville et d’archiver la topographie des lieux.

    Organisation de l'oppidum

    Les recherches menées par Bulliot et Déchelette à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle ont relevé une organisation du site par quartiers, les constructions suivant dans l'ensemble une voie centrale qui va de la Porte du Rebout aux Grandes Portes. Cette organisation se distingue de celle des oppida telles que Manching où l'on retrouve une trame urbaine régulière ; le relief du terrain l'explique puisque les remparts encerclent trois sommets dont certaines des pentes sont relativement abruptes.

    Depuis 1984, les fouilles semblent confirmer dans les grandes lignes les hypothèses de Déchelette et Bulliot en y apportant toutefois certaines nuances.

    Les remparts

    Article détaillé : Murus Gallicus.
     
    La porte du rebout, reconstitution d'un murus gallicus

    Bibracte était protégée par de puissants remparts de type Murus Gallicus dont les fouilles ont permis de reconstituer l'histoire. La cité a vu se succéder deux enceintes différentes et au moins cinq réfections de l'enceinte interne, révélées, entre autres, par l’étude de la porte du Rebout14. Fait étonnant cette enceinte interne est postérieure à l’enceinte externe. La ville a donc rétréci sa superficie de 200 hectares à 135 hectares.

    La première enceinte (enceinte interne sur le plan ci-dessus), découverte par Bulliot est un Murus Gallicus qui délimite une superficie de 135 hectares pour une longueur de 5 km de rempart. On estime ainsi que la construction du mur a nécessité les quantités imposantes de plus de 10 000 stères de bois, entre 10 000 et 20 000 mètres cubes de terre et une trentaine de tonnes de fer.

     

    La seconde enceinte, étonnamment antérieure à la première et qui encerclait une superficie de 200 hectares, a fait l'objet de recherches à partir de 1992 pour les premiers sondages. Ces recherches archéologiques ont révélé que le rempart avait une hauteur de 4 à 5 mètres sans le couronnement encore inconnu à l'heure actuelle (palissades, tours…?), une profondeur identique et était précédé d'un fossé de 2 à 4 mètres de fond sur une largeur de 6 à 10 mètres. Une étude poussée a été réalisée de 1995 à 2002 avec de nombreux sondages le long de celui-ci par l’université de Vienne. Les chercheurs ont ainsi pu constater que ce rempart était un Murus Gallicus qui a été démantelé afin de construire le mur interne. La datation reste cependant imprécise et situe cet événement durant le IIe siècle av. J.-C.. Ces fouilles ont également mis au jour une poterne au niveau du Porrey, qui est la seule connue à l’heure actuelle pour les fortifications de type Murus Gallicus.

     
    Murs de Bibracte.

    Le rempart est jalonné d'une quinzaine de portes dont la fameuse Porte du Rebout (20 m de large sur 40 m de profondeur). Premier lieu fouillé par Bulliot, où il œuvra durant 9 semaines, la porte du Rebout fut le premier chantier des nouvelles fouilles débutées en 1984 qui se poursuivit jusqu’en 1986 avec l’étude des fossés attenants aux remparts32. Celles-ci ont révélé l’existence de cinq niveaux de réfection différents dont une palissade du Néolithique (datée au carbone 14). Cette dernière a fait l'objet d'une reconstitution dès 1996 qui marque à présent l'entrée dans l'ancien oppidum. À l'heure actuelle, les recherches n'ont pas permis de détecter la trace d'un système de fermeture de la porte, ni de dispositif défensif de celle-ci. Certaines hypothèses avancent l'idée d'une double porte surmontée d'une tour de garde en bois du type de l'oppidum de Manching, mais rien ne peut le confirmer à l'heure actuelle.

     

    Les dernières recherches sur les remparts, depuis 2005 se sont concentrées sur une ligne de fortification en aval de la Porte du Rebout, les datations semblent indiquer que cet ouvrage est postérieur à la porte et constituait ainsi une fortification avancée. Celle-ci sera étudiée au cours de prochaines campagnes de fouilles. Parallèlement, des enclos funéraires aristocratiques ont été retrouvés entre les deux lignes de remparts.

     

    Quartier artisanal de la Côme Chaudron et du Champlain

    Les fouilles, reprises depuis 2000 dans les quartiers dits de la Côme Chaudron et du Champlain, près de la Porte du Rebout ont révélé un quartier consacré au travail des métaux et au logement des artisans. Le travail de ces métaux semblait très spécialisé, on y retrouvait des forgerons, des bronziers, des émailleurs, dont les ateliers avaient déjà été repérés par Bulliot, et sans doute des orfèvres et des frappeurs de monnaies33. Des fouilles sur le site du Beuvray, au niveau du Champlain, et sur les massifs alentours commencent à révéler l'existence de mines d'extraction des métaux tels que de l'or, du fer et même du minerai d'étain. Ces recherches vont se poursuivre et vont tenter de repérer les ateliers de fonte des métaux extraits à l'extérieur de l'oppidum. En effet, il semblerait, vu la spécialisation des ateliers de Bibracte que les métaux arrivaient en barres qui étaient donc coulées à l'extérieur.

     

    Un autre quartier artisanal a été trouvé au niveau de l'un des sommets du site, à la pierre de la Wivre, zone qui avait été peu sondée lors des recherches de Bulliot et Déchelette. Ce quartier sera l'objet de futures fouilles qui essaieront de déterminer le fonctionnement de ce quartier.

     

    Habitat

     
    Reconstitution hypothétique d'un habitat gaulois, Bibracte, Musée de la civilisation celtique

     

    Majoritairement constituée de bois et de terre, la maison gauloise fait un usage parcimonieux de la pierre, plutôt consacrée aux remparts. Mais, on sait encore peu de choses sur leur structure, le bois se conservant très mal. On retrouve cependant des constructions en pierre dans le quartier dit du Parc aux chevaux, certainement des maisons aristocratiques, et un édifice à colonne (certainement public) au niveau de la pâture du Couvent. On pense que ceux-ci furent introduits peu de temps après la Guerre des Gaules.

     

    Parc aux chevaux

     

    Au centre du Mont-Beuvray, le plateau dit du Parc aux chevaux abrite plusieurs maisons en pierre à la romaine qui furent fouillées dès le XIXe siècle. On y retrouve en particulier la demeure PC1 (baptisée ainsi par Jacques Gabriel Bulliot) qui est une véritable mine d'or pour les chercheurs. En effet, celle-ci a évolué d'une construction en bois (d'inspiration romaine) à une véritable domus avec un atrium à impluvium, des portiques et même des thermes chauffés par hypocauste, ainsi qu'un système d'égouts. Dans sa phase finale, la demeure mesurait 55 m × 67 m, couvrant une superficie d'environ 3 500 m², soit environ quatre fois la taille des domus que l'on retrouve sur le site de Pompéi. On estime qu'il y avait environ une quinzaine de domus dans cette zone, telle que la PC2 de plus petite taille qui fait face à la PC1 de l'autre côté de la voie centrale. On a retrouvé également des habitats de type villa rustica (les demeures rurales italiques) comme la PC33. Cependant, on ne sait toujours pas si c'était un quartier résidentiel uniquement réservé à une élite puisque les fouilles ont également révélé la présence de forges près des domus.

    Le bassin et ses environs

     
    Bassin Monumental de Bibracte.

     

    Au centre de la rue principale, au niveau de la pâture du Couvent se dresse ce bassin monumental en granit rose dont l'orientation transversale correspond au lever du Soleil durant le solstice d'hiver et au coucher du Soleil durant le solstice d'été. L'évacuation des eaux se faisait par l'entrée nord, en aval, se poursuivant par une canalisation. L'approvisionnement en eau n'a cependant pas encore été découvert :

    • le bassin est imperméabilisé par une couche d'argile rouge excluant de fait l'alimentation par une source
    • aucune canalisation d'approvisionnement n'a encore été trouvée

    Le principe géométrique d'élaboration du bassin est connu : intersection de deux cercles avec des rapports de longueur précis d'un triangle de Pythagore joignant le centre du cercle, le centre du bassin et une extrémité de celui-ci. Cependant, son utilisation est encore méconnue : point sacré de fondation de la ville ? culte de l'eau ? De plus, selon certains spécialistes38, cette façon de tailler le granit est inhabituelle et repose sur des principes de taille méditerranéenne du calcaire. Les Éduens ont sans doute fait appel à des étrangers pour réaliser le bassin. Tout ceci concorde à faire de ce bassin un monument hors du commun de l'architecture celte.

     
    Reconstitution d'une cave dans le quartier de la Pâture du Couvent

     

    À proximité de ce bassin, on a retrouvé de nombreuses caves et des édifices certainement publics qui stockaient de grandes quantités de céréales et de vins importés des pays méridionaux. L'une de ces caves en bois a été récemment reconstituée. C'est sans doute dans ces bâtiments que les Éduens centralisaient leurs récoltes et leurs importations.

    Lieux de culte

     
    Restauration de la Fontaine Saint-Pierre.

     

    L'oppidum de Bibracte compte une dizaine de sources et cinq fontaines de la ville datent de l'époque gauloise ou gallo-romaine. La fontaine Saint-Pierre était un lieu de culte et de pèlerinage dans laquelle on a retrouvé des pièces de monnaies et des ex-voto. Au sommet du mont, un espace cultuel celtique (nemeton) d'un hectare a été mis au jour, entouré d'une palissade et de fossés concentriques. Sous l'actuelle chapelle du XIXe siècle, les fouilles de 1988 ont découvert quant à elles un temple gallo-romain. De plus, l'abandon de la ville avant le début de l'ère chrétienne n'a pas empêché la poursuite des pèlerinages effectués dans ces lieux.

    Nécropole

    Située sous l'actuel parking du musée, la nécropole a fait l'objet de fouilles de sauvetage lors de la création du musée et de la déviation de la route départementale. On a retrouvé sur une superficie de 1,5 hectare 70 enclos funéraires (à incinération) pourvus d'une entrée à l'est. On a retrouvé les lieux de crémation des corps plus au sud. D'autres urnes funéraires ont été découvertes en contrebas de la Porte du Rebout, certainement les restes d'une famille aristocratique de la cité30. D'autres cimetières doivent se situer sur les anciennes voies d'accès au site (comme c'était souvent le cas à l'époque) mais n'ont pas encore été fouillés.

    La « basilique »

    Dans la zone de la Pâture du Couvent les fouilles ont révélé sous une grande domus d’époque augustéenne la présence d’un monument exceptionnel et actuellement unique pour cette période en Gaule : une basilique romaine.

    Il s’agit d’une basilique à trois nefs à péristyle interne avec un déambulatoire périphérique, présentant quatre rangées de huit colonnes ou huit pilastres. Elle est liée à l'est à une petite place carré de 22 mètres de côté bordé au nord et au sud des portiques qui sont dans la prolongation des murs des annexes de la basilique.

    À l'ouest elle est liée à la voie principale de Bibracte par une autre place carrée de 17 mètres de côté. Des éléments d’architecture ont été retrouvés attestant la présence de colonnes de calcaire, de base attique et de chapiteaux doriques et corinthiens.

    L'ensemble forme donc un ensemble urbain monumental de première importance. Ces bâtiments sont datés de la période -50/-40 à -35/-25. À cette date la basilique et la place furent soigneusement arasés et remplacés par une grande demeure privée, en liaison sans doute avec le déplacement de la capitale des Éduens à Autun. La basilique de Bibracte confirme l’importance exceptionnelle du site et a révélé pour les Éduens une romanisation considérablement plus rapide que ce que l’on supposait. La basilique de Bibracte est actuellement le plus ancien représentant de l’architecture monumentale romaine en pierre en Europe non méditerranéenne42 ,43,44,45.

    Une fenêtre ouverte sur le monde celtique

    Le musée de la civilisation celtique

     
    Musée de la civilisation celtique de Bibracte

    Le site abrite le musée de la civilisation celtique, construit par Pierre-Louis Faloci et ouvert au public en 1996. Pierre-Louis Faloci est également l'architecte du centre de recherche archéologique européen de Bibracte, ouvert en 1994. La construction architecturale correspond à l'évolution des âges de l'humanité : base en pierre taillée, mur polie de pradesh et toit métallique. Quant aux façades, ce sont de grandes baies vitrées, l'une est cachée par le mur de pradesh (côté vallée) alors que celle qui fait face au site laisse libre cours au regard des visiteurs. Le musée possède peu de collections propres, de nombreux objets exposés sont des prêts d'autres musées, on a donc pu y admirer pendant quelques années le calendrier de Coligny et le Chaudron de Gundestrup.

    Expositions permanentes

    Inaugurée en 1995, la présentation permanente du musée (2 000 m² sur deux étages) demandait à être actualisée.
    Le 1er étage, entièrement renouvelé en 2011, explique en détail le phénomène urbain qui a conduit à l'apparition brutale de plus de 200 sites fortifiés (les oppida) dans une vaste zone de l'Europe actuelle, il y a plus de 2000 ans. Histoire des techniques, de l'urbanisation, agriculture, commerce et art celtique y sont évoqués par des objets ou copies d'objets, des maquettes et des dispositifs multimédias.
    Le rez-de-chaussée, rénové en 2013, se focalise sur le site de Bibracte et sur le processus de sa romanisation. Les dernières actualités en matière de recherche archéologique y sont présentées, selon des approches thématiques (remparts, artisanat, commerce, vie quotidienne).

     

    Centre de recherche

     

    Situé à quatre kilomètres du Beuvray, sur la commune de Glux-en-Glenne (Nièvre), il comporte l'une des plus importantes bibliothèques sur le monde celtique, régulièrement approvisionnée par les chercheurs européens qui y amènent leurs doubles. On y trouve également un dépôt archéologique, les bureaux de l'administration, différents locaux techniques (laboratoires adaptés, cellule d'édition…), une salle de séminaire et, dans le village, un réfectoire et plusieurs gîtes. Accueillant régulièrement des formations et des colloques, c'est le lieu de rencontre des archéologues, étudiants et chercheurs venus de l'Europe entière pour fouiller sur le site de Bibracte.

    Début 2012, les activités du Centre de recherche se sont enrichies d’une nouvelle composante, avec une extension principalement destinée à accueillir un centre régional de conservation et d’étude (CCE) des collections archéologiques. Les CCE sont issus d’une initiative prise en 2008 par le ministère de la Culture pour rationaliser la conservation et faciliter l’étude des objets issus des fouilles archéologiques, dont le volume s’est accru de façon exponentielle ces dernières décennies du fait du développement de l’archéologie préventive. Géré par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, le CCE de Bourgogne est l’un des premiers à voir le jour.

    Le Centre de recherche en quelques chiffres :

    • 4 100 m² de surface utile (à l’issue des travaux de 2011) ;
    • 6 300 journées ouvrées annuelles d’accueil de personnels extérieurs (chercheurs, étudiants, professionnels) ;
    • 37 500 titres indexés à la bibliothèque et une centaine de revues.
    Le Centre de Recherches

    Le Centre de Recherches

    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan

    Récit de notre randonnée du 4 septembre 2014 (Danielle De Wachter et Christian Vancau)

     

    Sortant du Musée un promeneur nous accoste et nous déconseille formellement de monter au sommet en voiture par la route principale, celle-ci ayant été récemment goudronnée

    Or,derrière le Musée et la cafeteria, il y a un chemin escarpé qui nous promet de nous amener au sommet du Mont Beuvray. Ce raccourci annonce 2 Kms pour atteindre le sommet du Mont Beuvray

    Danielle étant trop fatiguée,je décide de tenter l'expérience seul.  J'ai mon portable sur moi, il y a d'autres gens derrière moi; Si ça ne va pas, je lui téléphone et elle vient me chercher en voiture; Je suis déclaré cardiaque depuis le mois de mars 2014 donc prudence. La famille hollandaise qui me suit, me dépasse et je me retrouve seul sur ce sentier très escarpé. Je n'y arive plus mais heureusement, entre le feuillages, j'aperçois la route goudronnée et parviens à la rejoindre. Mais la pente est raide et ça n'en finit pas. Je m'assieds au bord de la route pour téléphoner à Danielle, laissant passer quelques voitures qui montent au sommet, mais à sens unique; Catastrophe je ne parviens pas à atteindre Danielle et il n'y a plus aucune voiture qui monte. Je m'allonge sur le sol pour récupérer. Toujours pas de liaison sur mon portable.C'est alors que j'aperçois un couple qui redescend la route à pied. Assis par terre je leur explique mon problème cardiaque, dis que je n'arrive pas à prévenir ma compagne et ils me promettent de l'avertir dès leur arrivée au Musée.  Légèrement reposé, je reprends la route car je suis déjà au moins à mi-chemin et espère trouver au sommet des gens qui pourront me redescendre en voiture par l'autre versant du Mont Beuvray car j'ignore si ce couple va trouver Danielle et s'il va , le cas échéant, lui faire le message

     

    J'arrive au début du village éduen et là je craque et décide de redescendre. C'est aussi dur de descendre une route escarpée que de la monter. J'avance très lentement, guettant entre les feuillages le Musée de Bibracte

     

    J'y arrive enfin, entre dans la cafeteria, aperçois la patronne au fond de la salle, elle sait tout. Danielle est dans ma voiture au parking et essaie en vain de mettre la marche arrière. La dame du couple est avec elle mais n'y arrive pas d'avantage. Je m'assieds sur mon siège. Je suis chancelant. Une crise cardiaque est toujours possible (problème de valve de plus en plus en pente-nécessité d'opérer le plus vite possible m'a dit le cardiologue 6 mois avant)

     

    L'expilcation. Le portable de Danielle était en recharge dans la cafeteria et elle n'a eu mon message qu'à la fin de la recharge

     

    Je récupère peu à peu, engage la marche-arrière et nous faisons tout le circuit via la route interdite que j'avais remontée à pied. Ainsi Danielle va pouvoir aller au Mont Beuvray avec moi, sommet auquel nous accédons directement car trop fatigués pour visiter les sites archéologiques que nous apercevons de loin le long de la route. Nous allons donc directement au sommet du Mont Beuvray, sans aucun problème de route goudronnée, et là nous découvrons un panorama grandiose. C'est un enchantement. Rappelons que François Mitterrand avait acheté quelques mètres carrés au Mont Beuvray et voulait s'y faire enterrer. Mais cela ne lui a pas été accordé

    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
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    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
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    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan

    Après avoir visité le sommet du Mont Beuvray, à très petit pas car je suis chancelant, nous reprenons en voiture une descent qui nous mènera au village de Saint-Léger-sous-Beuvray. Nous nous installons en terrasse de l'Hôtel du Morvan. Il fait très chaud et pour une fois nous buvons de la bière

    Il restera le retour via Autun, Arnay-le-Duc et Pouilly-en-Auxois. Nous quitterons Saint-Léger à 17h40, Km 970 et arriverons à Semur-en-Auxois à 19h15 au Km 1075

    Ci-dessous quelques photos de Saint-Léger-sous-Beuvray

    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
    Bourgogne: Bibracte et le Mont Beuvray-Morvan
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    Published by Christian VANCAU - dans BOURGOGNE
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    9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 09:51

    Ces photos de mon atelier ont été prises cet été 2010 par mon amie  Anniki Van Damme, qui a un très beau regard....

    Je vous invite à venir y farfouiller comme on le fait dans un grenier ou dans des boites à souvenirs

    Et d'abord mon coin " Musique et Photos-souvenirs "

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    Atelier de Christian Vancau SDC10851

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    SDC10857

    Le trre de Brigitte Bardot à Christian Vancau

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    Hall Moircy + Atelier 024wSDC10860

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    Published by Christian VANCAU - dans TERRITOIRE DE L'ARTISTE
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    9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 09:48

    Un peu partout dans ma maison au hasard de ma promenade intérieure de ce 24 novembre 2011. Mon territoire est un chantier archéologique mâtiné de culture contemporaine. Mais la sauvagerie, y est omni-présente. Je ne suis ni de ce monde, ni de cette époque....Territoire de fouilles. on peut s'y promener pendant des semaines sans arriver à tout capter. Voici donc quelques fragments de mes travaux et des objets dont je me suis entourés, objets ramassés au cours de mes pérégrinations, objets offerts par mes amies et amis .La cohérence entre eux est totale. Toute mon histoire personnelle s'y trouve...

    D'abord des livres et journaux brûlés, des annuaires téléphoniques, brûlés à pleine ouverture et peints à 'huileP1080456P1080457P1080458P1080459P1080460En suite des broux de Noix sur papier KraftP1080461qP1080462xP1080463Et puis Ferré et RimbaudUUP1080465

    Une sculpture de Côte d'Ivoire

    P1080468

    Un bâton de Pluie de Françoise LefèvreP1080471

    Une pagaye de NamataP1080473Une Berce de

    Sibérie, sèchée, de NamataP1080474

    Un morceau de bois, peintDeP1080464s vitrines

    remplies d'objets de tous pays, champignons, fossiles, verroteries, pierres, ossementsP1080475P1080486P1080476P1080478P1080479P1080481P1080482P1080484P1080485En provenance d'Inde du NordSouffle d'Orient2 006Souffle d'Orient2 035-copie-1Souffle d'Orient2 037Souffle d'Orient 012Sans oublier le KatangaP1000078L'oeil de Tigre à l'état brutoeil-tigre-brutLes cailloux polis du GangeSouffle d'Orient 014

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    Published by Christian VANCAU - dans TERRITOIRE DE L'ARTISTE
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    7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 11:12
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)

    Natalité et fragilité

    Cette notion d'action est aussi fortement liée à celle de la « natalité », en ce que c'est par l'action que l'humain produit de la nouveauté véritable, car inattendue, imprévisible, et irréductible à la simple causalité. C'est en ce sens que Hannah Arendt considère l'homme libre comme « faiseur de miracle » : « le nouveau apparaît donc toujours comme un miracle. Le fait que l'homme est capable d'action signifie que de sa part on peut s'attendre à l'inattendu, qu'il est en mesure d'accomplir ce qui est infiniment improbable. . De fait, Arendt ne conçoit pas la liberté comme une souveraineté de la volonté intérieure ou un libre arbitre, et selon elle, il ne faut pas chercher à maîtriser toutes les conséquences de ses actes, puisque celles-ci ne sont pas prévisibles.

     

    Par-là même, l'action, par laquelle seulement l'humain peut exercer sa liberté, est aussi liée à la notion de « fragilité », puisqu'il résulte de l'action et de la liberté une instabilité et une indétermination concernant l'avenir. Hannah Arendt invite à assumer la fragilité de l'espace public, à rester sensible à la natalité, aux événements qui surgissent. D'où l'intérêt d'Hannah Arendt pour les révolutions spontanées (Essai sur la révolution) comme La Commune ou la révolution hongroise : « Dans les conditions de vie modernes, nous ne connaissons donc que deux possibilités d’une démocratie dominante : le système des partis, victorieux depuis un siècle, et le système des conseils, sans cesse vaincu depuis un siècle ». Arendt admirait la figure de la conseilliste Rosa Luxemburg, à laquelle elle consacre un long article repris dans Vies politiques.

     

    La conception arendtienne de la modernité

    Hannah Arendt développe une réflexion critique sur la modernité au sein de l'un de ses ouvrages majeurs : The Human Condition (littéralement : La condition humaine, publié en français sous le titre Condition de l'homme moderne). Elle décrit la modernité comme correspondant à la société de masse et de consommation, et à une époque où l'administration bureaucratique et le travail anonyme de « l'animal laborans » se sont progressivement substitués à la politique et à « l'action » qui s'y rapporte.

    En ce sens, elle critique l'essor du social et de l'économique (c'est-à-dire de l'activité travail, vouée à la production des biens de consommation et non à l'édification de ce qui s'inscrit dans la durée) au détriment de la politique, et ainsi dénonce la disparition de la sphère publique au profit de la sphère privée et de ses valeurs (production, consommation).

     

    L'exercice de la pensée

    Les réflexions de Arendt sur l'action ne l'ont pas empêchée de s'interroger sur le rôle de la pensée, en particulier dans La Vie de l'esprit. Il ne s'agit plus d'une vita contemplativa, censée permettre d'accéder à la vérité avant de décider comment agir. La pensée a un rôle purgatoire : elle est l'occasion de se retirer du monde, de s'en rendre spectateur. C'est en restant ainsi dans le domaine privé qu'il est possible d'utiliser la volonté pour décider ce qui est bien et ce qui est mal (ce qui peut donner lieu à la méchanceté, au mal radical). Mais c'est surtout par cette purgation par la pensée qu'il est possible face à un événement dans le domaine public de faire preuve de discernement, de juger ce qui est beau et ce qui est mal (et c'est faute d'un tel jugement que peut apparaître la banalité du mal comme dans le cas d'Eichmann). Pour Hannah Arendt, la pensée la plus haute n'est pas celle qui se réfugie dans la contemplation privée, mais celle qui, après la pensée purgatrice et la volonté légiférante, s'expose dans le domaine public en jugeant les événements, en faisant preuve de goût dans ses paroles et ses actions.

     

    Mais elle se méfie de ceux qu'elle qualifie de professionnels de la pensée, tels les philosophes, en remarquant qu'ils s'allient trop souvent avec des dictateurs, à l'exemple de Platon ou Heidegger. Elle défend la position de Socrate, penseur qui, selon elle, ne prétendait à rien. Ce n'est pas enseigner la vertu qui animait Socrate, mais seulement la possibilité de penser la vertu. Socrate maintient une démarche aporétique dans ses dialogues, dans une argumentation qui ne mène nulle part, en dehors de tout savoir qu'il aurait déjà. Ce mécanisme de la pensée par dialogue indique un dédoublement de la personnalité du penseur, dédoublement qui cesse quand il revient au monde courant.

     

    Pour concrétiser la pensée, on développe le « jugement ». Hannah Arendt n'a pu vivre assez de temps pour développer complètement ce point. Elle travaillait à partir des conceptions de Kant sur le jugement réfléchissant dans la Critique de la faculté de juger, qui procède en dérivant un particulier vers le général, contrairement au jugement déterminant, qui contraint le particulier dans des règles générales. Ce jugement réfléchissant peut s'assimiler à ce que fait un spectateur, au théâtre, en situation de pouvoir juger l'ensemble d'une pièce, alors qu'un comédien qui y participe ne le peut pas. Le spectateur procède à partir de ses propres goûts et imaginations, en les mettant en relation avec un sens commun. Le jugement se fait toujours en présence d'une autre personne. Ainsi, la capacité de juger vient de la capacité de penser avec plusieurs points de vue, sans changer l'identité de celui qui pense et juge. Le jugement exprime l'identité auprès de la diversité.

    Critiques

     

    Influence de la pensée de Heidegger

    L'influence de la pensée de Martin Heidegger, qui fut son professeur mais aussi son amant, est régulièrement débattue, notamment du fait de ses liens avec l'idéologie nazie.

     

    Dans son ouvrage paru en 2016 et intitulé « Arendt et Heidegger. Extermination nazie et destruction de la pensée », Emmanuel Faye soutient que Hannah Arendt a entrepris, dans Les Origines du totalitarisme, de disculper entièrement les élites intellectuelles du nazisme. Dans les années 1960, c’est Martin Heidegger en personne qu’elle défend. Elle le présente en 1969, dans un discours pour ses 80 ans, comme « le roi secret dans le royaume du penser ». Dans son livre posthume sur « La vie de l’esprit », elle oppose, pour mieux le disculper, Heidegger, le penseur à l’écoute de « l’appel de l’être » à Adolf Eichmann, l’exécutant, l’un des maîtres d’œuvre de l’extermination des Juifs d’Europe, qu’elle suppose « dépourvu de pensée » et sans aucun motif.

     

    Hannah Arendt reprend les termes et les thèses de son ancien professeur et amant. Elle affirme dans une lettre à Heidegger de 1960 que son livre Condition de l'homme moderne lui doit « à peu près tout, à tous égards ». De fait, la critique arendtienne de l’animal laborans reprend et développe celle proposée par Heidegger en 1954 de « l’animal laborieux » (arbeitende Tier). En septembre 1954, dans une conférence devant l’Association Américaine de Sciences politiques, Arendt introduit dans la théorie politique les existentiaux de Être et temps, celui de l’être-au-monde et celui de l’être en commun (Mitsein). Et c’est en référence à Heidegger qu’elle parle de la pluralité. En s'appuyant sur le vocabulaire de la version en allemand des Origines du totalitarisme, Emmanuel Faye montre qu’Arendt reprend la vision heideggérienne de la modernité et son interprétation du national-socialisme rapporté à la technicisation des sociétés modernes et à la « désolation », à l’« absence de patrie » (Heimatlosigkeit) qui s’en suit. C’est à Heidegger que se réfère Arendt, lorsqu’elle affirme, dans La Vie de l’esprit, s’être « mise dans les pas de ceux qui ont entrepris de démanteler la philosophie avec ses catégories ». Emmanuel Faye soutient qu’elle reprend à la « Lettre sur l’humanisme » de Heidegger l’opposition entre la « pensée » et la « philosophie » qu’elle récuse comme lui.

     

    On peut se rapporter sur ces différents points à la présentation d’« Arendt et Heidegger » par Emmanuel Faye dans les Rencontres avec Perrine Simon-Nahum. Les thèses critiques d’Emmanuel Faye sur la pensée d’Hannah Arendt ont fait l’objet de présentations positives par Roger-Pol Droit dans Le Point et par Nicolas Weill dans Le Monde.

    Totalitarisme

     
    Ian Kershaw, historien du nazisme qui a critiqué la méthode d'Arendt.

    L'œuvre de Hannah Arendt a suscité de nombreuses critiques dès le Procès de Nuremberg, notamment de la part d'historiens. Certaines de ses analyses autour du thème du totalitarisme seraient un peu dépassées par l'avancée des recherches, ou souffriraient de contradictions et d'un manque de cohérence, par exemple celles sur la « république plébiscitaire », sur le rôle de la « populace », sur la « société de masse » comme vivier du totalitarisme, sur le fascisme, de sorte que sa typologie des systèmes totalitaires est contestée par l'historiographie actuelle. Ainsi, pour Ian Kershaw, « [...] elle ne parvient pas à élaborer une théorie claire ou une conception satisfaisante des systèmes totalitaires. Enfin, son argument essentiel pour expliquer le développement du totalitarisme — la disparition des classes et leur remplacement par une « société de masse » — est à l'évidence erroné. »

    Les conseils juifs

    Dans Eichmann à Jérusalem, Arendt évoque notamment « le comportement des membres de certains Judenräte (conseils juifs) », qui furent selon elle « amenés à collaborer avec les autorités nazies » ou qui, en cachant la vérité sous prétexte d'humanité, conduisirent des gens à se porter volontaires pour être déportés à Auschwitz. Ces remarques, qui reprennent celles formulées par Raul Hilberg sur la coopération et qui ont été rappelées par le United States Holocaust Memorial Museum, provoquèrent une importante polémique. Le terme « collaboration » concernant les Judenräte n'est pas utilisé par le mémorial de Yad Vashem. Max Weinreich déjà au procès de Nuremberg et, plus récemment 'historien Simon Epstein ont eux aussi et sévèrement mis en cause les thèses d'Arendt, selon Epstein : "Brillante et caustique, libre de toute empathie, elle trace un tableau trompeur, voire falsifié, de l'attitude des juifs pendant la guerre mondiale.(...) Les expertises n'auront aucun mal à démontrer la fausseté de la base documentaire étayant ses thèses.".

    L’historienne Annette Wieviorka estime pour sa part que parler de « collaborateurs » pour les Judenräte est inadéquat.Dans une interview publiée dans Libération en 2013, l’historienne critique Hannah Arendt en ces termes : « Donc, la petite phrase d’Hannah Arendt sur la responsabilité de la collaboration des Juifs dans leur propre mort est absurde. En Union soviétique, les Allemands ont fusillé plus d’un million et demi de Juifs, et il n’y avait pas de conseils juifs. Pourquoi Arendt s’est-elle tant fourvoyée ? Elle n’a suivi qu’une petite partie du procès. Elle a écrit ses articles, devenus un livre, deux ans après le procès. Elle l’a rédigé très vite, et « dans un étrange état d’euphorie », écrit-elle à son amie Mary Mac Carthy. Si elle a une expérience de l’Allemagne nazie et des camps d’internement en France, elle ne semble pas avoir perçu la situation à l’Est. »

    La judéité

    La publication d'Eichmann à Jérusalem provoque très tôt des critiques, qui ne mettent pas seulement en cause la pertinence ou le bien-fondé des propos qui y sont tenus, mais la responsabilité supposée d'Hannah Arendt à l'égard d'un peuple juif de l'image duquel elle serait tributaire. Dans une lettre du , Gershom Scholem lui adresse ainsi ce reproche : « Dans la langue juive, il y a une chose que l'on ne peut définir complètement, mais qui est tout à fait concrète et que les Juifs appellent Ahavat Israël, « l'amour pour les Juifs ». En vous, chère Hannah, comme en beaucoup d'intellectuels issus de la gauche allemande, je n'en trouve que peu de traces ». Tout en assumant sa judéité – de même que son statut de femme - comme constitutifs de son être, Arendt se refuse en effet à identifier son discours à celui d'un groupe constitué, d'un peuple ou d'une collectivité.

    La personnalité d'Eichmann

    La philosophe allemande Bettina Stangneth (2014) montre que l'interprétation de Hannah Arendt sur la personnalité d'Eichmann ne correspond pas à la réalité, se basant sur son engagement, avant, pendant, et après la guerre.

    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
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    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
    HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)

    Hannah Arendt et la « banalité du mal »

    « Que vous soyez fils d’Eichmann, tandis que ces hommes étaient fils de Juifs, cela ne joue aucun rôle ici : car votre mère et leur mère est une seule et même personne, vous êtes fils d’une seule et même époque. Et quand cette époque distribue les destinées qui sont caractéristiques pour eux, c’est sans se soucier des lignes séparant les rangs et les fronts, qui nous paraissent à nous tellement capitales ; et même les différences entre frappeur et frappé lui demeurent indifférentes : ces destinées se ressemblent alors entre elles dans ce qui leur est le plus essentiel : à aucun de nous il n’est loisible de choisir de qui nous voudrions nous distinguer, à qui nous aimerions ressembler. » Günther Anders, Nous, fils d’Eichmann, Rivage Poche, Payot, p.86.

     

    Hannah Arendt est l’un des penseurs les plus marquants du 20ème siècle. Élève de Heidegger1, elle fut docteur en philosophie, et l’épouse de Günther Stern, ce jeune philosophe allemand, mieux connu sous le nom de Günther Anders, pour son mémorable Nous, fils d’Eichmann. Divorcée en 1939, remariée avec Heinrich Blücher, puis installée aux Etats-Unis, après la guerre, pour y enseigner successivement aux universités de Californie, Chicago, Columbia et Princeton, elle se rendra célèbre en questionnant la possibilité de juger les crimes contre l'humanité, lors du procès Eichmann en 1964. Ayant écrit plusieurs ouvrages, dont La condition de l'homme moderne, et Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt est surtout connue pour avoir menée avec une rigueur sans relâche et un sens critique tout à fait novateur, une réflexion sur la nature de la politique à l'âge des masses, et une réflexion inédite à partir de la phénoménologie de Heidegger, des causes morales et politiques du nazisme, ainsi qu’une réflexion inédite et très éclairante sur la « banalité du mal ».

     

    La « Banalité du mal » ? Voilà donc une expression des plus paradoxales. Utilisée pour la première fois par Hannah Arendt à l’occasion du procès de Eichmann, responsable nazi capturé à Buenos Aires en mai 1960 par les services secrets israéliens, et jugé à Jérusalem en avril 1961, elle fut à l’origine d’une polémique passionnée qui emporta, comme un raz-de-marée, Hannah Arendt taxée d’antisémitisme, et d’autres maux, si mal comprise, si novatrice dans sa manière d’aborder le mal. Jusqu’ici on connaissait le mal radical selon Kant par exemple, qui était la subordination de la raison aux passions, avec pour conséquence principale la possibilité de restaurer le fondement dernier de toute maxime, dans sa pureté, en choisissant de se démettre du mal.

    Mais avec la nouvelle approche du mal, selon Arendt, les choses se compliquent.

     

    Dissipons d’abord tout malentendu : Hannah Arendt était juive. Journaliste reporter, elle couvrit tout le procès Eichmann, ce fonctionnaire nazi retrouvé par les services secrets israéliens, qui courut d’avril 1961 au 31 mai 1962. Elle ne s’attendait pas à rencontrer l’homme qu’elle vit dans le box des accusés. Peut-être s’attendait-elle à y trouver le « diable », ou tout du moins l’un de ces hommes monstrueux, au caractère indéfinissable, d’une cruauté et d’un cynisme sans précédents. Le spectacle fut, à son grand étonnement, tout l’inverse. Cet homme qui avait joué un rôle non négligeable dans la déportation des juifs, durant la seconde guerre mondiale, demeura à ses yeux, pour le moins médiocre, avant tout préoccupé par sa carrière : un bourgeois, ni bohème, ni criminel sexuel, ni fanatique pervers, pas même un aventurier, dira-t-elle plus tard dans son ouvrage sur Eichmann

     

    Hannah Arendt le décrivit comme des plus ordinaires. Un homme commun, moyen, sans la moindre envergure exemplaire. D’une banalité si affligeante que cela rejaillissait sur les actes mêmes pour lesquels on l’incriminait. Le problème philosophique se profile déjà à l’horizon : si cet homme qu’elle décrit est si banal, alors que dire de ce qu’il a accompli ? Est-ce qu’on peut dire que c’est également banal ? La réponse donnée dans son ouvrage à propos de Eichmann pourra choquer le lecteur non averti. Oui ! Adolf Eichmann est l’auteur d’un mal d’une grande banalité. Certes cette banalité qu’elle met en cause n’a rien à voir avec le mal génocidaire. Ce fut d’ailleurs l’erreur commise par de nombreux lecteurs de Hannah Arendt. En réalité son approche est politique. Dans la logique de sa démarche le mal est à lire comme celui que l’on fait à l’autre. Ni manquement au sentiment intérieur, ni manquement à la loi morale, le mal concerne une action prise dans un espace public ; une action qui en rencontre d’autres, et se confrontent entre elles. Pour comprendre la pertinence de l’analyse de Hannah Arendt quand elle emploiera pour la première fois le terme de « banalité » à propos du mal commis par Eichmann, il faut penser l’action dans les champs de la liberté et de la volonté.

     

    Le terme de « banalité » ne sert donc pas à minimiser les crimes commis, ni à réduire le mal de la Shoah à un simple « détail ». Ce que beaucoup comprirent. Bien au contraire, dans son rapport sur ce procès retentissant, la réflexion de Hannah Arendt tend à mesurer l’extrême difficulté à juger de crimes aussi insupportables, car dit-elle, les criminels étaient si ordinaires. Voilà donc posé la plus grande interrogation pour la pensée : tous ces gens incriminés pour des crimes d’une gravité exemplaire, étaient d’une banalité si confondante, que cela rendait la question du génocide encore plus terrifiante. Certes, « il eut été réconfortant de croire qu’Eichmann était un monstre " écrit-elle. Pourtant, beaucoup comme lui, lui ressemblaient « ni pervers, ni sadiques ». Ces gens étaient « effroyablement normaux ».

     

    La « banalité du mal » est un concept philosophique d’une importance sans précédent, car il pose donc la possibilité de l’inhumain en chacun d’entre nous. En cela, il est certes, novateur. Novateur et précisément attaché au 20ème siècle, parce que cette possibilité de l’inhumain émerge nécessairement de la nocivité d’un système totalitaire, et suppose que le crime soit commis dans des circonstances telles, que les « criminels » ne puissent sentir ou savoir qu’ils font le mal. Elle suppose que le système totalitaire en place ait veillé préalablement à tuer « l’animal politique » en l’homme, qu’il veut rayer de la surface de la terre, pour n’en conserver que l’aspect biologique. Pour les nazis spécifiquement, il s’agissait, à travers la Shoah, de créer « l’espèce animale humaine ». Pour ce faire, il s’agissait de déshumaniser l’homme en le dépolitisant, au sens étymologique du mot. Tendre à supprimer la chose qui faisait de lui un être humain, en détruisant d’abord ce qui le rattachait à une communauté. Ces condamnés faisaient alors l’insoutenable expérience de « non-appartenance » au monde qu’Arendt appellera : « la désolation ».

     

    Ce contexte de destruction de la personnalité morale est important à comprendre, parce qu’il entraîne l’individu à perdre toute référence individuelle aux notions de « bien » et de « mal ». Et l’ignoble réduction à l’animalité qu’on imposait à ces hommes effaçait en eux toute moralité. De leurs côtés, ceux qui sont conduit à fabriquer cette espèce humaine, ne sont plus capables de regarder leurs sujets d’expérimentation comme des êtres qui leurs ressemblent. Ces êtres ne sont plus leurs semblables. Ce sentiment est exprimé par Primo Levi dans l’admirable recueil qu’il rapporta de l’horreur de la déportation : Si c’est un homme. Il le décrit ainsi : « son regard ne fut pas celui d’un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard, échangé comme à travers la vitre d’un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j’aurais expliqué du même coup l’essence de la grande folie du troisième Reich. »

    On efface à ce moment là, toute culpabilité possible dans l’esprit des bourreaux. Car, faut-il encore, pour ressentir la moindre culpabilité, que les criminels aient conscience d’avoir atteint l’humanité dans sa chair, en commettant leurs crimes infâmes. La subtilité même du projet nazi consistait à distinguer radicalement victimes et bourreaux. Ils n’appartenaient plus à la même espèce après l’accomplissement de l’entreprise de déshumanisation, et une nouvelle espèce d’hommes émergeaient s’appliquant simplement à une tâche confiée, sans jamais avoir conscience de violer un quelconque interdit. De fait ils ne se sentirent jamais coupables. Ou du moins, « nous n’avons pas la moindre preuve » de cela, dit Hannah Arendt, en substance. Et si « les nazis, et particulièrement les organismes criminels, auxquels appartenait Eichmann, avaient, pendant les derniers mois de la guerre, passé le plus clair de leur temps à effacer les traces de leurs propres crimes » cela prouvait seulement « que les nazis étaient conscients du fait que l’assassinat en série était chose trop neuve pour que les autres pays l’admettent. »

    Le problème philosophique du mal changeait donc de nature ; avec lui, était posée la question de la morale.

     

    Certes, les nazis ne purent, fort heureusement, parvenir à achever leur projet : « libérer » l’humanité du « règne des espèces sous-humaines ». Ils avaient perdu, et se reconnaissaient volontiers vaincus. Mais « se seraient-ils sentis coupables s’ils avaient gagné ? » se demande Hannah Arendt. On ne répondra pas à la question à sa place. Mais il est difficile de penser que le moindre souffle de culpabilité aurait saisi la plus petite parcelle de conscience de ces criminels tant ils étaient convaincus d’avoir obéit aux « ordres supérieurs », donc à la loi. La banalité du mal se constituant précisément de cette soumission insolite à la loi.

     

     
    Martin HEIDEGGER
    Martin HEIDEGGER
    Martin HEIDEGGER

    Martin HEIDEGGER

    Dans son rapport sur Eichmann, Hannah Arendt se livre à une méticuleuse description du personnage – qui visiblement fait problème pour beaucoup de consciences n’arrivant pas encore à admettre que le mal peut-être ordinaire, et au plus profond de chaque homme. Eichmann est un homme tout à fait « normal » ; pas de traits exceptionnels ni sur le plan psychologique, ni sur le plan sociologique. Aucune cause ne ferait comprendre le moindre motif de son action. L’analyse de comportement sans signe particulier, pousse Arendt à formuler la notion controversée de « banalité » du mal que l’on doit définitivement opposer à celle de « mal radical ». Faut-il donner raison à Kant, contre ceux qui pensent le mal comme une exception monstrueuse, un satanisme ? Hannah Arendt s’en expliquera d’ailleurs : selon elle, la notion de « banalité du mal » exprime l’idée que le sujet n’est pas la source même du mal, mais un de ses lieux de manifestations, ce qui oblige à penser différemment sa culpabilité. Une description trouvant une fois de plus un écho dans les textes de Primo Levi : « Ils étaient faits de la même étoffe que nous, c’étaient des êtres humains moyens, moyennement intelligents, d’une méchanceté moyenne : sauf exception, ce n’étaient pas des monstres, ils avaient notre visage. »6

    Donc, pas la moindre profondeur diabolique.

     

    Le mode de propagation du mal appelle alors une élucidation. Pour ce faire, Eichmann devant ses juges incrédules, invoquera sa référence à « l’impératif catégorique » kantien. Pour faire court, chez Kant, l’impératif catégorique, c’est l’impératif du devoir, proprement moral. Mais sans le savoir, Eichmann apportait durant toutes ces années, une notable modification à l’impératif de Kant, puisqu’il transformait le « agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle » de la seconde critique par un « agissez de telle manière que le Führer, s’il avait connaissance de vos actes, les approuverait ». Cette déformation inconsciente de la pensée de Kant est analysée par Eichmann, comme un impératif catégorique qui doit entraîner tout homme à faire plus qu’obéir à la loi, à aller au-delà des impératifs de l’obéissance et identifier sa propre volonté au principe de la loi, à la source de toute loi. Cela montre alors à quel point, un impératif moral mal compris peut entraîner un glissement effroyable. Adapté à l’homme ordinaire, l’impératif catégorique devient un principe de soumission absolue à la loi, qui lui interdit toute lucidité, et plus encore le dispense de penser par lui-même. C’est donc parce qu’il adhère sans réserve mais aussi sans réflexion au principe qui fonde la loi civile que le citoyen ordinaire peut devenir un Eichmann. La leçon de Hannah Arendt fait désormais frémir. Elle est riche sur le point philosophique, et amène à se poser la question de notre rapport à la loi, et de ses conséquences.

     

    Dans le cas de ce nouveau type de criminels que furent les nazis, nous avions affaire à une catégorie d’hommes qui « commet(taient) des crimes dans des circonstances telles qu’il (leurs était) impossible de savoir ou de sentir qu’ils (avaient) fait le mal ». C’est en cela seul qu’ils échappent à la forme traditionnelle de jugement que l’on peut porter sur le crime ; ils n’ont pas conscience d’avoir mal agi, et ils ont, d’autre part, l’intime conviction d’avoir fait leur devoir en obéissant à la loi. C’est ainsi que l’on constate le déplacement du problème : le mal n’étant plus une violation de la loi, mais devient, au contraire, uneobéissance à la loi. Du moins, ce fut précisément la plaidoirie de Eichmann.

     

    Avec le texte de Hannah Arendt, nous observons qu’une évolution doit être apportée, face à cette inversion inédite du bien et du mal. Dans le cadre du procès d’Adolf Eichmann, le mal ne peut plus être pensé en terme de « transgression » d’une loi ; il faut à présent le penser comme l’oubli fondamental d’une appartenance à une communauté. « Et parce que vous avez soutenu et exécuté une politique qui consistait à refuser de partager la terre avec le peuple juif et les peuples d’un certain nombre d’autres nations[…] pour cette raison seule vous devez être pendu. 8

    La culpabilité dans sa forme élémentaire n’est dès lors plus envisagée. Hannah Arendt ne retient la culpabilité en tant qu’intention ; mais l’applique à présent à l’atteinte fondamentale à l’idée de communauté : le refus de partager la terre avec tous les hommes.

     

    Le mal dans sa forme extrême et dans sa forme banale devient un refus de communiquer avec l’autre, de le reconnaître comme tel, comme si l’identification à la loi se substituait à l’identification au semblable. C’est d’ailleurs ainsi qu’Arendt délie volonté et responsabilité. On peut faire le mal sans le vouloir, avoir le sentiment de faire son devoir et pourtant être responsable. Telle est la leçon donnée par le procès Eichmann. Telle est la leçon philosophique capitale que nous propose Hannah Arendt, dont le concept de « banalité du mal » n’a pas fini de nous laisser penser, en ce nouveau siècle.

    Marc Alpozzo

     

    Bibliographie indicative :

    Hannah Arendt :

    Journal de pensée, 2 tomes, Seuil, 2005

    Responsabilité et jugement, Payot, 2005.

    La philosophie de l’existence, et autres essais, Payot, 2005.

    Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal, Gallimard, Folio histoire, 1991.

     

    Biographie :

    Laure Adler, Dans les pas d’Hannah Arendt, Gallimard, 2005.

    1 Heidegger. Elle aura une liaison secrète avec le penseur, et nourrira jusqu’à sa mort, en 1975, une longue correspondance avec ce dernier. Voir Laure Adler, Dans les pas d’Hannah Arendt, Paris, Gallimard, 2005.

    2 « La restauration en nous de la disposition primitive au bien n'est donc pas l'acquisition d'un mobile pour le bien, mobile perdu par nous, car ce mobile, qui consiste dans le respect de la loi morale, nous n'avons jamais pu le perdre, et, si c'eût été possible, nous ne pourrions jamais plus de nouveau l'acquérir. Il ne s'agit donc que de restaurer la pureté du mobile en tant que fondement dernier de toutes nos maximes, et, par là même, il doit être accueilli dans le libre arbitre non uni seulement à d'autres mobiles ou peut-être même subordonné à eux (c'est à dire aux inclinations) comme conditions, mais en toute sa pureté, en qualité de mobile, en soi et suffisant, de détermination de ce libre arbitre », La religion dans les limites de la simple raison. Première dissertation- De l'inhérence du mauvais principe à côté du bon, ou du mal radical dans la nature humaine, pp. 69 à 71, Vrin.

    3 Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal, trad. A. Guérin, Folio histoire, Gallimard, 1991.

    4 Ibid., p. 443 sq.

    5 Editions Presse-pocket.

    6 Si c’est un homme, op. cit..

    7 Voir Kant, Critique de la Raison pratique.

    8 Op. cit., p. 443 sq.

    9 Voir Hannah Arendt, Responsabilité et Jugement, Payot, 2005.

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    Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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    7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 08:26
    HANNAH ARENDT  (Première partie)

     

    Hannah Arendt, née Johanna Arendt à Hanovre le et morte le à New York, est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme, la modernité et la philosophie de l'histoire.

     

    Elle soulignait toutefois que sa vocation n'était pas la philosophie mais la théorie politique (« Mein Beruf ist politische Theorie »). C'est pourquoi elle se disait « politologue » (« political scientist ») plutôt que philosophe. Son refus de la philosophie est notamment évoqué dans Condition de l'homme moderne où elle considère que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s'interpréterait aisément comme une série d'essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d'une évasion définitive de la politique ».

     

    Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine. Ses livres les plus célèbres sont Les Origines du totalitarisme (1951), Condition de l'homme moderne (1958) et La Crise de la culture (1961). Son livre Eichmann à Jérusalem, publié en 1963 à la suite du procès d'Adolf Eichmann en 1961, a fait l'objet d'une controverse internationale.

     

    Biographie

    Vie et études en Allemagne

    Hannah Arendt est née à Hanovre en 1906. Son père était ingénieur de formation et sa mère pratiquait le français et la musique. Des deux côtés, les grands-parents étaient des Juifs laïcs. Son père meurt en 1913 de la syphilis.

     

    En 1924, après avoir passé son Abitur — équivalent du baccalauréat français en Allemagne — en candidate libre avec un an d'avance, elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg-en-Brisgau et Heidelberg où elle suivra les cours de Heidegger, de Husserl puis de Karl Jaspers. Elle s'y révèle d'une brillante intelligence et d'un non-conformisme encore peu commun.

     

    En 1925, sa rencontre avec Heidegger est un événement majeur de sa vie, sur les plans tant intellectuel que sentimental. Elle est très jeune et voue une grande admiration à son maître, de dix-sept ans son aîné. C'est le début d'une relation secrète, passionnée et irraisonnée, qui laissera chez Arendt des traces durant toute sa vie. Après avoir interrompu leur relation, elle poursuit ses études à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l'élève de Husserl ; puis, sur recommandation d'Heidegger, à Heidelberg pour suivre l'enseignement de Karl Jaspers sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur Le Concept d'amour chez Augustin. Quelle que soit la position ambiguë de Heidegger à l'égard du judaïsme, elle restera fidèle à leur relation et au souvenir du rôle de la pensée de Heidegger dans son propre parcours. Par-delà la guerre et l'exil, Hannah Arendt se fera l'infatigable promotrice du philosophe, aussi éminent que controversé, aux États-Unis.

     

    En 1929, elle épouse Günther Stern (nommé plus tard Günther Anders), un jeune philosophe allemand rencontré en 1925 dans le milieu universitaire et devenu son compagnon en 1927. La même année, elle obtient une bourse d'études qui lui permet de travailler jusqu'en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une Juive allemande de l'époque du romantisme, qui ne paraîtra qu'en 1958.

    Avec la montée de l'antisémitisme et l'arrivée des nazis au pouvoir, elle s'intéresse de plus près à ses origines juives. Elle se rapproche dès 1926 de Kurt Blumenfeld, ancien président de l'Organisation sioniste mondiale, vitrine du mouvement sioniste, président de l'Union sioniste allemande depuis 1924 et ami de la famille . Chargée par Blumenfeld de recueillir les témoignages de la propagande antisémite, elle est arrêtée, en 1933, par la Gestapo et relâchée grâce à la sympathie d'un policier. Elle quitte l'Allemagne sur le champ.

     

    Fuite hors d'Allemagne et exil aux États-Unis

    Arrivée en France, elle devient la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild et participe à l'accueil des réfugiés fuyant le nazisme. Depuis Paris, elle milite pour la création d'une entité judéo-arabe en Palestine. Elle facilite l'émigration des jeunes Juifs vers la Palestine Divorcée en 1937, elle se remarie le avec Heinrich Blücher, un réfugié allemand, ancien spartakiste.

     

    En mai 1940, en raison de l'avancée éclair de la Wehrmacht en France, elle est internée au camp de Gurs (Basses-Pyrénées) avec d'autres apatrides. Dans la confusion qui suit la signature de l'armistice en juin 1940, elle est libérée et parvient à s'enfuir à Montauban, où elle retrouve son mari. Puis, elle gagne Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d'Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu'elle rejoint en train. Elle vit alors quelque temps à Lisbonne dans l'espoir d'embarquer pour l'Amérique, ce qui sera rendu possible en mai 1941, par l'intervention du diplomate américain Hiram Bingham IV, qui lui délivre illégalement un visa d'entrée aux États-Unis, en même temps qu'à environ 2 500 autres réfugiés juifs. À l'issue d'une traversée éprouvante, elle s'installe à New York. Dans une situation de dénuement, elle doit gagner sa vie, trouve un emploi d'aide à domicile dans le Massachusetts, et envisage de devenir assistante sociale. Elle décide finalement de regagner New York, et y collabore à plusieurs journaux, dont l'hebdomadaire Aufbau.

     

    Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne, travaillant pour une association d'aide aux rescapés juifs. Elle reprend contact avec Heidegger, témoignant en faveur du philosophe lors de son procès en dénazification. Elle renoue également avec le couple Jaspers dont elle devient une amie intime. En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis, elle entame une carrière universitaire comme conférencière et professeur invité en sciences politiques dans différentes universités : Berkeley, Princeton (où elle devient la première femme nommée professeur), Columbia, Brooklyn College, Aberdeen, Wesleyan. C'est également en 1951 qu'elle publie son livre Les Origines du totalitarisme, puis Condition de l'homme moderne en 1958, et le recueil de textes intitulé La Crise de la culture en 1961.

     

    Le procès Eichmann, Chicago et la New School de New York

    Après ces trois livres fondamentaux, elle couvre à Jérusalem le procès du responsable nazi Adolf Eichmann, en qui elle voit l'incarnation de la « banalité du mal ». Les articles qu'elle écrit alors, réunis dans un livre publié en 1963, nourrissent une importante polémique. La même année, elle publie également Essai sur la révolution.

    Son ami Gershom Scholem, spécialiste de mystique juive, polémique avec Arendt par lettres au sujet de la banalité du mal et d'autres thèmes.

    À partir de 1963, elle devient titulaire de la chaire de sciences politiques à l'université de Chicago, avant d'être nommée professeur à la New School for Social Research (New York) en 1967, où elle restera jusqu'à sa mort. En 1966, elle apporta son soutien à la pièce de théâtre de l'allemand Rolf Hochhuth, Le Vicaire, œuvre qui déclencha une violente controverse en critiquant l’action du pape Pie XII face à la Shoah.

    Dernières années

    En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur « La pensée » et « Le vouloir » : elles constituent les deux premières parties de son livre posthume La Vie de l'esprit, dont elle n'a pas eu le temps d'écrire la troisième et dernière partie, « Juger ».

    Elle meurt le à New York. Elle est enterrée au Bard College d'Annandale-on-Hudson, où son mari avait enseigné pendant de nombreuses années. Lors des obsèques, son ami Hans Jonas, après avoir prononcé le kaddish, lui dira : « Avec ta mort tu as laissé le monde un peu plus glacé qu'il n'était. »

    Présentation de sa pensée

    Thèmes principaux et influences

     
    Hannah Arendt sur un timbre allemand à sa mémoire imprimé en 2006

     

    La philosophie politique d'Hannah Arendt échappe aux catégories traditionnelles de la pensée politique (socialisme, libéralisme). Elle ne forme pas un système philosophique à proprement parler, mais aborde au contraire un ensemble de problématiques variées, dont celles de la révolution, du totalitarisme, de la culture, de la modernité et de la tradition, de la liberté, des facultés de la pensée et du jugement, ou encore de ce qu'elle désigne comme la « vie active », et ses trois composantes que représentent les notions qu'elle forge du travail, de l’œuvre et de l'action. C'est notamment au travers de la distinction qu'elle opère entre ces trois types d'activités que ressort l'un des axes centraux de sa réflexion, concernant ce qu'est la vie politique et la nature de la politique, thématique qu'elle aborde sous un angle largement phénoménologique, influencé en cela par Heidegger et Jaspers. Elle s'inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche.

    Le totalitarisme et l'extermination des Juifs

    La réflexion politique d'Hannah Arendt, appuyée sur la question de la modernité, c'est-à-dire de la rupture du fil de la tradition, l'a amenée à prendre position sur le monde contemporain, notamment sur des sujets très polémiques, comme le sionisme, le totalitarisme et le procès d'Adolf Eichmann. Ces prises de position l'ont rendue très célèbre, au risque parfois d'occulter le fond de sa pensée.

    La question du totalitarisme

    Arendt souhaitait penser son époque, et elle s'est ainsi intéressée au totalitarisme. Son analyse continue à faire autorité, à côté de celle, différente et plus descriptive, de Raymond Aron. Dans le livre Les Origines du totalitarisme, elle met sur le même plan stalinisme et nazisme, contribuant ainsi à systématiser le nouveau concept de « totalitarisme ».

    Eichmann et la banalité du mal

    Articles détaillés : Banalité du mal et Eichmann à Jérusalem.

    Sur les droits de l’Homme

    Dans son chapitre de L'Impérialisme (t. 2 des Origines du totalitarisme) sur les « perplexités des droits humains », elle démontre le processus qui finit par identifier les droits de l’Homme à l’identité nationale, les États excluant de ces droits les non-nationaux.

    La vita activa, oïkos et polis

    L'espace public et l'espace privé

    La pensée d'Hannah Arendt est avant tout une nouvelle conception de la politique, développée dans Condition de l'homme moderne et La Crise de la culture. Loin des traditionnels liens établis entre théorie et pratique, selon lesquels il s'agirait de comprendre le monde pour ensuite le transformer[non neutre], elle pense l'espace public comme un lieu fait de fragilité car continuellement soumis à la natalité, c'est-à-dire à l'émergence de nouveaux êtres humains.

    Elle a tout à la fois étudié les conditions historiques de disparition d'un tel espace public (en particulier dans Condition de l'homme moderne avec la question de la sécularisation et de l'oubli de la quête d'immortalité), et les événements qui indiquent de nouvelles possibilités (en particulier dans son Essai sur la révolution).

    Elle distingue et hiérarchise selon leur ordre d'importance trois types d'activités qui caractérisent la condition humaine : le travail, l’œuvre et l'action.

     

    Son analyse de l'espace public repose sur la distinction conceptuelle entre le domaine privé et le domaine public, chacune des principales activités de l'homme devant être bien localisée, sans quoi ce sont les conditions de possibilité de la liberté humaine qui ne sont pas réalisées. C'est d'ailleurs sous cet angle qu'elle critique la modernité, en ce que justement celle-ci serait caractérisée par la disparition d'une véritable sphère publique, par laquelle seulement l'humain peut être libre.

     

    Ces propositions au sujet de la nécessaire distinction entre ce qui doit participer de la vie privée (l'« idion », qui se déroule dans l'« oïkos », la maisonnée) et de la vie publique (« koinon », qui se déroule au sein de la « polis », sphère publique lié à la communauté politique) s'inspirent principalement de l'expérience sociale et politique de l'Antiquité grecque et romaine. Arendt perçoit dans cette expérience l'origine de ces répartitions et, par suite, de l'expérience de la liberté, entendue comme participation à l'activité politique et donc à la vie publique.

    Le travail et l'« animal laborans »

    Le travail chez Hannah Arendt correspond à l'activité visant à assurer la conservation de la vie, par la production des biens de consommation subvenant aux besoins vitaux. En cela, il renvoie d'une part à la nécessité, d'autre part à la production de ce qui est rapidement consommé, et donc de ce qui doit être constamment renouvelé, ne créant ainsi aucune permanence. En tant que référée à la satisfaction des besoins biologiques, et donc en ce qu'elle se caractérise par la non-liberté, il s'agit là pour Arendt de l'activité qui nous rapproche le plus de l'existence animale, et par conséquent l'activité la moins humaine, se rapportant pour cette raison à l'humain comme animal laborans.

     

    À ses yeux, le travail doit rester dans le domaine privé, sous peine que la vie de l'homme devienne une quête d'abondance sans fin, subordonnée à la production et consommation, et donc à ce qui participe de l'éphémère. Cette critique de la société de consommation et cette invitation à l'auto-limitation du travail préfigure l'écologie politique et les notions de simplicité volontaire et de décroissance. Hannah Arendt est citée par Yves Frémion parmi les pionniers et penseurs de l'écologie. Ses concepts, et notamment le travail, sont aussi utilisés par des penseurs de la décroissance, par exemple : Michel Dias et Bernard Guibert.

    L’œuvre et l'« Homo Faber »

    L’œuvre, qui caractérise l'humain comme Homo Faber, désigne pour Arendt la production d'objets destinés à l'usage plutôt qu'à être simplement consommés. Se référant notamment à la production de bâtiments, d'institutions ou d’œuvres d'art, l’œuvre participe à la fabrication d'un « monde commun » s'inscrivant dans une certaine durée et stabilité. À la différence du travail, l’œuvre renvoie à la « non-naturalité » de l'être humain, en cela qu'en œuvrant, l'humain crée un monde distinct du monde strictement naturel — monde au sein duquel peut se dérouler la vie humaine comme vie collective. Néanmoins, en tant qu'activité finalisée, elle n'est pas totalement libre, mais se rapporte encore à une certaine nécessité.

     

    L'œuvre doit selon H. Arendt être créée au sein de la sphère privée avant d'être exposée publiquement : c'est ainsi qu'elle crée un monde dans lequel l'action peut prendre place. Ce point, développé dans Condition de l'homme moderne, explique que Hannah Arendt dénonce la massification de la culture et la transformation de l'art en objet de consommation dans son célèbre essai « La crise de la culture : sa portée sociale et politique » (dans La Crise de la culture).

    L'action, la liberté et l'humain comme « zoon politikon »

     
    La Politique d'Aristote, qui contient la citation « l'homme est un animal politique » commentée par Arendt.

     

     

    HANNAH ARENDT  (Première partie)
    HANNAH ARENDT  (Première partie)
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