Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
 


LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


POUR TRADUIRE MON TEXTE DN ALLEMAND OU EN ANGLAIS CLIQUEZ CI-DESSOUS

 

Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

<a href=

Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

<a href=

  

J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

Articles Récents

  • https://t.co/WMu5oWiAYn
    https://t.co/WMu5oWiAYn Christian Vancau (@VancauChristian) September 23, 2017 Christian Vancau shared a memory.
  • J'ai reçu le 1er tome de ma Biographie, 2e...
    J'ai reçu le 1er tome de ma Biographie, 2e mouture et nouvelle couverture rouge avec photos Christian... https://t.co/uQZQbyZhvQ Christian Vancau (@VancauChristian) September 23, 2017 J'ai reçu le 1er tome de ma Biographie, 2e mouture et nouvelle couverture...
  • https://t.co/vFbC5e52lE
    https://t.co/vFbC5e52lE Christian Vancau (@VancauChristian) September 23, 2017 Christian Vancau shared his post.
  • https://t.co/n3fOdLsXMm
    https://t.co/n3fOdLsXMm Christian Vancau (@VancauChristian) September 22, 2017 Christian Vancau shared a memory.
  • Bio125 Mouvement Planète. A.G à Orleans - Déc.1969
    Lettre de Louis Pauwels datée de décembre 1969 Il neige à flocons drus, c'est une vraie tempête et nous partons en train avec Jean-Pierre Michaux et Marcel Reynders. Dés notre arrivée dans une serre magnifique où les tables sont déjà dressées, nous sommes...
  • Bio125 Mouvement Planète. A.G à Orleans -...
    Bio125 Mouvement Planète. A.G à Orleans - Déc.1969 - le blog totems par : Christian VANCAU https://t.co/syTVczuVu0 Christian Vancau (@VancauChristian) September 20, 2017 Lettre de Louis Pauwels datée de décembre 1969 Il neige à flocons drus, c'est une...
  • Christian Vancau Votre PDF MA BIOGRAPHIE peut...
    Christian Vancau Votre PDF MA BIOGRAPHIE peut désormais être téléchargé depuis l'adresse... https://t.co/xloUA5csh3 Christian Vancau (@VancauChristian) September 20, 2017
  • https://t.co/pPLeKPWBkx
    https://t.co/pPLeKPWBkx Christian Vancau (@VancauChristian) September 19, 2017 Christian Vancau shared a memory.
  • https://t.co/yD4hlUcVqS
    https://t.co/yD4hlUcVqS Christian Vancau (@VancauChristian) September 18, 2017 Christian Vancau shared a memory.
  • https://t.co/eIXLLD1WNc
    https://t.co/eIXLLD1WNc Christian Vancau (@VancauChristian) September 17, 2017 Christian Vancau shared his post.

Pages

Texte Libre


-->
<

Texte Libre

Texte Libre


Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

Texte Libre

COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
www.ning.com

VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 07:45
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015

Sous le nom récent de « Village des bories » existe, à 1,5 km à l'ouest de Gordes (Vaucluse), un ancien groupement d'une vingtaine de cabanes en pierre sèche (montées sans mortier) à vocation agricole et à usage principalement saisonnier, constitué depuis trois décennies en musée de plein air.

 

 

Création du site muséologique

 

 
Aux Savournins Bas, le site muséologique créé sous le nom de « Village des bories » par Pierre Viala en 1976.

À l'initiative d'un particulier, Pierre Viala, la partie sud de ce qui était un quartier éloigné du village proprement dit, connu au cadastre sous le toponyme de « hameau de(s) Savournins » et dans la langue populaire sous l'appellation « Les Cabanes » , devait être progressivement rachetée et restaurée entre 1969 et 1976 pour être finalement classée monument historique le  .

On y accède par un chemin bordé de chênes et de murs de pierre et ayant son point d'origine sur la route départementale no 2, en venant de Cavaillon / les Imberts, juste avant d'arriver au col de Gordes (petit rond-point avec connexion à la D15).

Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015

Histoire et occupation du site

 
Les Savournins Bas sur le cadastre napoléonien. Il est question de « cabane », de « sol de cabane », de « sol de maison » — le terme « sol » indiquant un édifice à l'abandon — et non de « borie ». Si la représentation des bâtiments est schématique, leur tracé témoigne de l'absence de certains éléments par rapport aux groupes muséologiques actuels.

 

Appelées « cabanes » dans le cadastre napoléonien (voir ci-contre), les bâtiments n'ont pris l'appellation érudite de « borie » que durant la deuxième moitié du XXe siècle. Le terme est la francisation et féminisation du terme provençal bòri (masculin) (cf l'occitan bòria, féminin) employé au XIXe siècle dans le sens péjoratif de « masure », de « cahute » (comme l'indique Frédéric Mistral dans son Tresor dòu Felibrige) et ce après avoir désigné une ferme, une métairie ou un domaine rural dans les Bouches-du-Rhône aux XVIIe et XVIIIe siècless (ainsi que l'attestent la toponymie et les documents d'archives). Le mot borie, pris dans l'acception nouvelle de cabane en pierre sèche, a été popularisé par des érudits provençaux de la 2e moitié du XIXe et du début du XXe siècle pour habiller linguistiquement et archéologiquement un objet d'étude purement ethnologique et par trop contemporain.

 

L'apparition du hameau des Savournins remonterait au défrichement et à la mise en culture de terrains incultes — jusque là livrés à la pâture et au fustage (exploitation des bois) — lors d'un des mouvements de conquête des terres qu'a connus la Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier celui suscité par l'édit royal du 13 août 1766 donnant permission expresse de défricher. La ruée sur les collines qui s'ensuivit est à l'origine des milliers de tonnes de pierres extraites lors de la fabrication des champs et utilisées à la construction de toute l'infrastructure de pierre sèche encore visible aujourd'hui.

 

La période d'occupation et d'activité du site nous est donnée par les vestiges céramiques trouvés lors de sa restauration dans les années 1960-1970 : ils relèvent de la vaisselle provençale du pays Apt aux XVIIIe et XIXe siècles. Aucune autre céramique n'a été trouvée.

 

Les autres vestiges ramassés en surface (et non lors de fouilles stratigraphiques) — monnaies, objets en bronze, silex — ne sont pas probants :

  • jusqu'aux lois de démonétisation votées au milieu du XIXe siècle, les pièces de bronze d'Ancien Régime servaient de billon (petite monnaie) dans les campagnes ;
  • le fragment de hache et les anneaux de bronze trouvés sous un dallage ne sont pas nécessairement de l'âge du bronze ;
  • les fragments de silex ramassés sur le site ne renvoient pas nécessairement à la Préhistoire, les paysans s'en servaient comme pierres à briquet ;

 

Plus généralement, ces trouvailles nous renseignent sur l'occupation du site et non sur la date de construction des bâtiments que celui-ci porte.

Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015

Architecture des bâtiments

Matériau

Les cabanes sont construites avec le matériau du lieu, pierres plates provenant du substrat rocheux (calcaire burdigalien), épaisses de 10 à 15 cm et appelées localement « lauses » ou « clapes ». Ces lauses étaient généralement équarries pour faciliter la pose.

 

Structure et morphologie

Sur les 29 bâtiments en pierre sèche recensés sur le site muséologique :

  • 17 répondent à la définition de la « nef gordoise », édifice indépendant, non adossé à un autre, de plan en rectangle ou en trapèze rectangle et en forme de carène renversée, consistant en quatre encorbellements opposés deux à deux;
  • 3 sont de plan rectangulaire ou carré, prenant appui sur un autre bâtiment, et en forme de portion de carène renversée, soit trois encorbellements, dont deux opposés l'un à l'autre et une troisième opposé à la paroi d'appui;
  • 3 ont une base carrée ou en trapèze rectangle couverte d'une voûte encorbellée en coupole ou en cul-de-four (petits édicules);
  • 2 sont de plan circulaire ou en fer à cheval et de forme indéterminée (cabanes ruinées);
  • 2 sont en voûte clavée en plein cintre.

Nef gordoise

 
Le groupe de bâtiments n° IV selon la classification de Pierre Viala, avec de gauche à droite : habitation-magnanerie, étable-bergerie et resserre.
 
Intérieur de l'étable-bergerie du groupe de bâtiments n° IV.

 

La présence de 20 bâtiments en carène renversée ou en portion de carène renversée donne au site une certaine homogénéité architecturale (outre l'emploi d'un seul et même matériau, la pierre, et le recours à un seul mode de construction, la maçonnerie à sec) .

 

La nef gordoise est un type de bâtiment dont la plus grande concentration s'observe à l'ouest de Gordes, mais dont quelques exemplaires sont visibles dans d'autres communes du Vaucluse. Une telle concentration doit s'expliquer par la conjugaison du facteur géologique et lithographique et des nécessités agricoles locales aux siècles passés.

 

On a affaire à une grange polyvalente se prêtant à de multiples utilisations et réutilisations : habitation saisonnière, voire permanente, grange à paille, grenier à grain, étable, bergerie, magnanerie, resserre, etc.

Disposition et fonctions des bâtiments

 
Le « Village des bories » d'après Pierre Viala. Les constructions occupées par des pointillés sont celles qui ne semblent pas figurer sur le cadastre de 1809.

 

Le site comporte sept groupes de cabanes, dont six répartis au nord d'une voie de cheminement est-ouest le traversant et un seul au sud de celui-ci. Le principe de ces groupes a été échafaudé par Pierre Viala .

 

Par « groupe », il faut entendre une réunion de deux ou plusieurs bâtiments — maisons ou cabanes — soit adossés, soit se jouxtant, soit proches, et liés les uns aux autres aux niveaux de la parcelle d’inclusion, de la disposition des lieux, et surtout de la complémentarité fonctionnelle.

 

Les critères retenus pour la détermination de la fonction sont principalement la nature des détails d'aménagement rencontrés et les vestiges d'occupation retrouvés.

 

Cette répartition par « groupes » est plus une intuition qu'une vérité scientifiquement établie, sous-tendue qu'elle est par la vision de groupes familiaux vivant côte à côte au sein d'un « village ». Ainsi, un examen des anciennes matrices cadastrales montre par exemple que le groupe II appartenait à deux propriétaires différents au début du XIXe siècle et que son « habitation » était englobée dans le groupe III pour former le No 210 (« sol-cabane »), avec pour propriétaire Tourbillon Paul, « maître maçon au bourg »15.

 

Selon la classification de Pierre Viala, on discerne quatorze fonctions différentes : cinq habitations, quatre étables-bergeries, quatre granges, deux greniers, trois magnaneries, deux fours et fournils, deux cuves et fouloirs, quatre resserres, trois poulaillers, deux soues, une chevrière. Quatre bâtisses restent d'usage indéterminé. Il faut en outre compter avec cinq courettes et deux aires à dépiquer le blé.

 

On note l'absence de tout aiguier ou dispositif de récupération et de conservation de l'eau. Il y a bien un puits, mais de petites dimensions et à cent mètres du centre du village, et qui plus est tari.

Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015

Un témoignage de l'histoire agricole provençale

 
Ancienne grange à blé à Viens (Vaucluse). On a ici une maçonnerie de moellons assisés, liés au mortier, sous une toiture à une pente en tuiles canal.

 

L'énumération des fonctions montre bien le rôle essentiellement agricole de l'ancien hameau. Ce rôle est confirmé par ailleurs tant par les vestiges d'anciennes plantations — souches de mûriers, d'amandiers et d'oliviers — que par la tradition locale à Gordes.

 

Selon les témoignages des gens du pays, il se pratiquait au XIXe siècle une polyculture typiquement méditerranéenne — céréales associées à l'olivier, l'amandier, le mûrier et la vigne, truffes, plantes aromatiques — à laquelle s'ajoutaient l'élevage d'ovins, la sériciculture et l'apiculture, sans oublier le travail du cuir à façon comme l'attestent les abondants vestiges de semelles trouvés sur place.

 

Par leur fonction principale de grange à blé et à paille, leur emploi en conjonction avec des aires à dépiquer et leur présence au milieu d'anciennes « terres » à céréales, les cabanes du « Village des bories » ne sont pas sans évoquer les « grangeons » de la commune de Viens dans le Vaucluse, quoique ces derniers soient d'un modèle architectural différent et plus ancien (bâtiments rectangulaires en maçonnerie liée au mortier, à toiture à une ou deux pentes couvertes en lauses ou en tuiles canal, et à entrée en pierres de taille) et relèvent d'une agriculture commerciale.

Il se pourrait fort bien que certaines des cabanes du plateau de Gordes aient appartenu non pas à des gens de Gordes même mais à des « forains », c'est-à-dire des habitants d'un autre village qui avaient des terres sur le plateau, selon un schéma très répandu dans la France rurale de jadis. L'éloignement du village d'origine rendait indispensable la présence d'un pied-à-terre ou d'un grangeon saisonnier ou temporaire.

Quoi qu'il en soit, ces cabanes constituent un précieux témoignage de l'histoire agricole provençale aux XVIIIe et XIXe siècles.

Exploitation commerciale du site

 
Vue générale du village des bories.

Le site est ouvert aux visiteurs. Organisé en musée d'habitat rural, il abrite, disposés au sein des divers bâtiments, une collection d'objets quotidiens et d'outils agricoles anciens de la région. L'un de ces bâtiments propose une documentation sur le passé du village de Gordes et l'architecture de pierre sèche dans le monde.

Parmi ces objets et outils des XVIIIe et XIXe siècles, on trouve :

  • Pots, assiettes, plats (terre cuite),
  • Couverts et ustensiles de cuisine (métal, etc.),
  • Bouteilles, verres (verre),
  • Meubles, dont tables et chaises (bois, paille, etc.),
  • Ruches (bois),
  • Pressoir à huile (pierre taillée),
  • Petit outillage,
  • Outillage de travail de la terre dont araires, socs (ou reille d'araire), rouleaux et herses de labour (bois et métal).

L’ouverture du site aux visiteurs a nécessité quelques aménagements, dont la création d'un bâtiment pour l'accueil, réalisé dans le style des maisons du village (murs en pierre et vieilles tuiles canal en toiture). Il a aussi été créé un haut mur en pierre sèche pour protéger le site des resquilleurs et des vandales21. Pour protéger les objets, les bâtiments servant à leur exposition ont été équipés de grilles ou de vitrages. Quelques écriteaux invitant les visiteurs à ne pas dégrader les lieux en escaladant ou en démontant les murs, ont été disséminés sur le site. Enfin, un petit jardin de plantes aromatiques a été aménagé.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Pierre Viala, Le village des bories à Gordes dans le Vaucluse, Ed. « Le village des bories », Gordes, 1976, non paginé (16 p.) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Lassure, Problèmes d'identification et de datation d'un hameau en pierre sèche : le « village des bories » à Gordes (Vaucluse). Premiers résultats d'enquête, dans L'architecture rurale, t. 3, 1979. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Lassure, « Les Cabanes » à Gordes (Vaucluse) : architecture et édification, dans L'architecture vernaculaire rurale, supplément No 2, 1980. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Guy Barruol, Pierre Viala, Le village des bories à Gordes dans le Vaucluse, Pierre Viala éditeur, Gordes, 1981 (6e édition), non paginé (24 p.) (réédition de la plaquette de 1976, augmentée d'un texte de Guy Barruol). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Coste, Pierre Martel, Pierre sèche en Provence, Les Alpes de Lumière, 1986.
  • Christian Lassure (texte et dessins), Dominique Repérant (photos), Cabanes en pierre sèche de France, Edisud, 2004.
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015
Le Village des Bories. Notre visite d'octobre 2015

Comprendre la restauration du Village des Bories

Le texte qui suit permet au visiteur du Village des Bories de comprendre les différentes étapes de la restauration du Village à travers le récit de Pierre Viala, propriétaire initial du Village et restaurateur passionné

« Alors qu’aujourd’hui, d’un seul regard on découvre le village des Bories dans son équilibre architectural, à l’époque où fut entreprise sa restauration, on ne pouvait avoir une idée de son implantation, tant les bories et les murs disparaissaient dans le fouillis d’une végétation envahissante.

Entremêlés aux chênes-verts et aux cades tentaculaires qui les avaient étouffés, les mûriers et les amandiers morts, avec les oliviers gelés en 1956, formaient un tel enchevêtrement qu’il était impossible d’approcher des cabanes dont on n’apercevait que le faîtage en désordre. Il fallut débroussailler pas à pas pour circuler librement et relever le plan d’ensemble ; arracher les arbres morts et ceux qui avaient pris racines dans les murs et sous les bories, les soulevant et y provoquant des brèches. Des brèches, il y en avait aussi du fait de certains chasseurs de l’époque giboyeuse d’avant la myxomatose qui n’hésitaient pas à démolir un mur pour traquer un lapin réfugié entre les pierres.

En 1886 et en 1909 deux tremblements de terre ont ébranlé le site. Sans doute faut-il leur imputer des linteaux cassés, des lézardes et quelques tassements. Les tassements et leurs conséquences, on peut encore les attribuer au temps, à la végétation comme à la nature du terrain, et à tous ces facteurs conjugués si l’on observe que bien des bories ont été construites sans fondations sur la première couche de rocher tendre d’un sol qui se présente en feuilleté de plaques calcaires. Entre les couches de surface cheminent les racines qui, en se développant, soulèvent les pierres ou, créant des vides lorsqu’elles sèchent et se décomposent, provoquent des affaissements.

empreintedailleurs-6973 - BD

La restauration commencée en 1969 s’est échelonnée sur huit années. Par tranches de travaux, elle a nécessité des milliers d’heures de travail et le transport d’un volume considérable de pierres. Certes le sol en était jonché qui provenaient des murs endommagés et des bories éventrées et décoiffées, mais il en manquait en quantité, notamment des dalles de faîtage. Il a fallu en glaner dans les terres d’alentour en prenant soin de ne pas dégrader ici pour réparer là. Les pierres ont été sélectionnées en fonction de leur patine et de leur nature afin d’assurer le raccordement en matière et en couleur avec celles qu’elles devaient compléter. Les aires, les cours et les ruelles ont été débarrassées de la petite caillasse, de la terre, des racines et des débris de toutes sortes qui s’y trouvaient accumulés. Tous les murs de séparation des terrasses ont été repris, et souvent depuis leur base. Tous les faîtages ont été remis en ordre. Ici un angle était à refaire, là un encadrement de porte à compléter, un linteau à remplacer. Des bories béantes menaçaient de s’écrouler. Le four à pain central semblait vomir tout à la fois la masse de terre qui en avait assuré l’isothermie, et les racines de l’arbre qui, ayant poussé en son centre, avait crevé sa coupole. Sans toiture, voûtes d’arêtes détruites, la petite maison du XVIIème siècle aux rigoureuses proportions et au mur nord aveugle, d’un superbe appareil, risquait de s’effondrer. Sa remise en état fut particulièrement délicate en raison de la fragilité de sa façade lézardée de haut en bas, dont il ne fallait ni modifier ni altérer la sobre et rustique ordonnance.

 

Enfin, pour compléter la renaissance du village, et le replacer dans son cadre naturel, les vergers d’oliviers ont été remis en culture.

empreintedailleurs-6990 - BD

On connaît des bories aux dimensions plus imposantes, d’autres plus archaïques mais ici l’harmonieuse répartition des masses verticales et horizontales, les jeux de lumière du levant et du couchant, l’équilibre végétal-minéral, tout concourt au charme original d’un site privilégié qu’il nous a paru essentiel de remembrer et de restaurer afin de préserver un rare exemple d’architecture spontanée, heureusement intégrée à la nature par l’utilisation du matériau brut dans l’économie des moyens et des formes.

 

Le village des Bories, organisé en musée d’habitat rural, présente des documents d’archives évoquant le Gordes d’autrefois. Il abrite une collection d’objets usuels traditionnels de la région et d’outils agricoles du passé faits par la main et pour la main de l’homme. Enfin une exposition réunissant des photographies de différents types de constructions de pierre sèche réparties en France et dans le monde contribue à une meilleure connaissance de cette forme d’architecture si bien représentée en Haute-Provence. »

Partager cet article

Repost 0
Published by Christian VANCAU - dans VAUCLUSE
commenter cet article

commentaires

nic 04/10/2015 10:40

Ce sont des vacances très studieuses que tu as pris. Tu as fais là un travail de restitution incroyable !
Quel boulot! Tu ne te reposes jamais, soucieux de partager avec le plus grand nombre tes découvertes .
Bravo Christian !
Nous sommes passés près de ce village mais ne l'avons pas encore visité. Tu en donnes là un magnifique aperçu photographique.
Merci à toi. Belle poursuite de tes vacances dans cette région que tu aimes tant.
Je vous embrasse tous les 2 .