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  • : Christian VANCAU
  • totems
  • : Homme
  • : 01/11/1937
  • : Forêt Saint-Hubert Ardennes belges Belgique-SudArdBelgi LIBRAMONT
  • : Journal quotidien d'un peintre de 70 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

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Vendredi 30 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Nous avons aussi émigré pour un certain temps, à  HEUSY ( VERVIERS), chez mes cousines Margot et Cécile HOUGET. Margot avait épousé un certain Freddy Modera dont elle avait un fils Adrien (je l'ai revu dans les années  80, chez lui à Verviers). Le souvenir marquant est celui-ci. Alors que ma mère nous donne cours, à ma cousine Béatrice et à moi-même dans la villa ( au lieu-dit "La Bouquette " à Heusy), villa disparue depuis lors et remplacée par un immeuble à appartements,  ma tante Margot fait irruption dans le salon et nous dit "La Gestapo arrive" (mon cousin Adrien, résistant,  est en train de s'enfuir par le toit ). Donc consigne nous est donnée à nous les deux enfants, 6 ou7ans, de dire que nous n'avons jamais vu Adrien dans cette maison . Et je vois encore les deux gestapistes, en imperméable dans l'allée du jardin, s'approcher de la porte d'entrée. Et nous sommes interrogés en effet ( Mais je n'ai pas parlé sous la torture. Ceci me rappelle l'humour de Freud, à qui la Gestapo avait demandé à la fin de son interrogatoire, de signer un papier selon lequel il avait été bien traîté.  Il l'a signé et a ajouté en-dessous "Je recommande la Gestapo à tous " Anecdote extraordinaire ! )           
Autre souvenir dans ce même lieu. je suis dans le jardin et à travers les haies, je vois passer les "Jeunesses hitlériennes", en uniforme Kaki. Ils marchent en cadence, chantent en cadence et leurs bras à croix gammées, se balancent en cadence. Je suis fasciné et je me fabrique des brassards en papier, comme  les leurs, avec une croix gammée noire, sur fond rouge, et je les porte. Et c'est dans cette tenue que, creusant un trou (je creuse déjà des trous) dans ce très beau jardin, je tombe sur le revolver et les munitions, le tout dans une petite caisse en carton enveloppée dans un linge, que mon cousin Adrien a enterrés, avant d'échapper à la Gestapo et de s'enfuir pour l'Angleterre (reloindre mon Père ??). Et tout fier je les brandis en appelant ma tante Margot qui surgit au balcon et me fait " chuuuu... tttt ", en mettant son doigt sur sa bouche avant de descendre précipitamment, pour me faire reboucher le trou et tasser la terre, en m'expliquant que ces armes appartenaient à mon cousin. Moi qui croyais avoir découvert un trésor de guerre !                                                         Lucien-et-Ginette-Brunin-Van-Cauwenberghe.jpg
De temps en temps, je vais aussi à Gand, chez mes grands-parents et celà continuera après la guerre. mais ce n'est pas trés gai, deux vieux qui n'ont rien à se dire, assis à une grande table, dans une        salle à manger de moire et de pourpre. J'entends par là qu'on est     en Flandre et qu'il fait sombre; c'est la guerre, et même les                  ampoules des riches (celles qu'ils n'ont pas dans leurs mains) sont faiblardes, sous-alimentées et au surplus, les pièces sont                   immenses; en outre, il y a du velours un peu partout et le velours       c'est comme la mousse, ça pompe la lumière, on peut même dire     carrément que ça pompe "funèbre".                                                           
Donc heureusement, pasloin de là, rue d'Angleterre, Ingelandgat, il y a mon cousin Didier Brunin, de quatre ans mon aîné, chez qui je vais jouer tous les jours et qui adore les animaux. Son grenier est un gigantesque colombier, bourré de pigeons; il en est fou et va jusqu'à les opérer lui-même quand ils sont blessés. Pourquoi n'est-il pas devenu vétérinaire? Pas assez chic, sans doute. Son père était juge d'Instruction, il a donc fait le droit comme papa (et comme moi plus tard) au lieu de faire ce qu'il aimait (mais contrairement à moi il a tout de même aimé le droit et s'est spécialisé en droit maritime). Donc j'allais nourrir les pigeons dans son grenier, près du ciel, hors le monde, comme Terry Malloy, dans "Sur les Quais". Jamais ma mère ne m'aurait permis de faire celà. la nature et les animaux étaient absents de son univers !                                                                  
Mais dans cette immense maison du18e siècle, on pourrait dire un hôtel particulier, dans laquelle je me perdais régulièrement, en essayant d'atteindre la salle à manger au petit matin, il n'y avait pas que des animaux. Il y avait aussi un petit juif, caché dans une chambre secrète, sous une trappe. Mes souvenirs sont très confus à ce sujet, car je ne l'ai jamais vu, mais même invisible, le petit juif était bel et bien présent. Je tire mon chapeau à mon oncle Lucien et à ma tante Ginette (soeur de mon père), ce fut leur résistance à eux et ils ont pris de fameux risques. Le juif s'appelait et s'appelle toujours, car il vit en Israël et a épousé la fille d'Isaac Shamir, Nathanaël, dit Nathy. Je les ai rencontrés à plusieurs reprises à Anseremme, maison de campagne des Brunin!. Donc il faut imaginer le contraste: D'une part, l'hôtel particulier, la Flandre bourgeoise et francophone, avec de l'Orient et de la Chine à gogo, on se serait cru dans "Le Lotus bleu", car mon oncle avait eu la cha
nce, à 18 ans, de faire le tour du monde comme secrétaire                   particulier d'un diplomate et d'autre part, un juif caché sur un trappe
A Gand, il y avait aussi des domestiques, dans les deux maisons. Ils viennent servir à table en livrée. ils vivent à la cuisine. On leur parle par le "Monte-plat ", en criant. On les                   appelle aussi, au moyen de gros cordons rouges tressés qui pendent à la tête des lits; il y a une sorte de              cornet en bout de tresse, sorte de combiné téléphonique, relié aux cuisines par un câble. C'est très               pratique et ça donne ceci: " Ernestine, vous me montez mon petit-déjeûner, mais pas de caviar ce matin, je v      ous prie"     "Mais tout de suite, Monsieur Christian"....Après la guerre je me souviens très bien de ce couple de domestiques espagnols, réfiugiés de la guerre d'Espagne, Machin et Rosita, qui venaient "servir" à                        Anseremme, où mon oncle et ma tante avaient leur résidence d'été, en bord de Meuse, Villa "Le Pâchis",               merveilleuse maison impressionniste, faite de murs roses et de balcons verts. un mélange de Manet, deMonet et de Caillebotte et dans un décor de paysages peints jadis par Félicien Rops! J'en  reparlerai .                                Ci-dessus les photos de ma tante Ginette Van Cauwenberghe, soeur de mon père et de son mari Lucien Brunin, tous deux décédés                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                !                                                                                                                                                                                                                               
                                                                                                                                                                                                                   Après Gand, retour à Liège et autre anecdote. Comme je l'ai déjà dit, ma cousine et moi n'allons pas à l'Ecole. Nous    avons une institutrice frebelienne qui vient de temps en temps contrôler le travail d'enseignante de         mamère non enseignante. Je m'en souviens car un jour où elle était à la maison, quai Mativa, nous étions           debout,  autour d'une table, elle, ma cousine et moi, et j'avais sorti mon zizi (ça commencait à me travailler) de ma  culotte courte, pour le montrer à ma cousine Béatrice, qui, horrifiée, avait tiré l'Institutrice par la manche,    pour lui désigner du doigt, cette chose monstrueuse, pourtant encore toute mignonne à l'époque (j'insiste sur " à  l'époque"). Pour ma cousine Béatrice c'est  le début de "L'Enfer de Dante". En écrivant ceci, je réalise que      ma cousine qui a 70 ans comme moi, ne s'est jamais mariée et je me sens soudain très responsable. A mon     avis,  elle ne s'est jamais remise de ce choc. On m'a enfermé dans une chambre. Un petit scandale dans toute lla  famille ! J'avais pourtant trois cousins qui avaient quatre et six ans de plus que moi. Le terrain aurait dû         être  déblayé par eux ! Mais non point ! Fi de tout celà, comme on disait à la Cour de Louis XIV  !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Jeudi 29 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Pour en revenir à cette cave, je rappelle que nous y vivons en famille au sens large pendant l'hiver 1944-1945. un hiver très dur. A la pioche, on a creusé un trou dans le mur des voisins (la Famille Fontaine dont les fils, Xavier et Louis deviendront médecins plus tard; ils sont un peu plus âgés que moi), un trou avec un volet à glissière qui  est destiné à nous permettre de nous transvaser d'une maison à l'autre, en cas de sinistre d'une des deux maisons. Et bien sûr, nous les enfants, nous sommes tout le temps les uns chez les autres et faisons glisser le volet à tour de bras. Dans notre cave nous sommes  7 enfants, 4 garçons et trois filles, plus les deux voisins, on imagine les cavalcades. Les gosses, les parents, tout ce monde couche dans la cave sur des matelas et c'est très excitant. Moi je suis souvent dans la cuisine-cave ( voir photo pages précédentes), avec ma grand-mère et marraine, Adrienne (Lily), que j'adore). Cette cuisine à demi enterrée, donne sur le Quai Mativa et par les fenêtres, on n'aperçoit que les jambes des passants, comme dans 'L'homme qui aimait les femmes" de Truffaut: "Les jambes de femmes sont comme des compas qui arpentent le monde" Et moi j'appréhende le monde à demi-enterré, un trottoir à mi-niveau, la Meuse en contrebas, mais pour la voir, je dois monter au premier étage, et de l'autre côté, le Parc de La Boverie, avec le futur Musée d'Art Moderne.
Partons maintenant pour le Sud-Est de Paris. Ma mère qui ne tient pas en place m'emmène dans l'Essonne, à Every-Petit-Bourg, au lieu-dit "Bois-Briard", chez nos cousins, Antoine Deheselle et sa femme  Tante Ponette. Mon oncle Antoine est un fils du deuxième mariage de mon arrière grand-mère maternelle, Hélène Houget, donc le demi-frère de ma grand-mère maternelle Adrienne (Vous me suivez ?). Il a épousé une française et ils tiennent une ferme. C'est là que je vais découvrir le monbde rural. Ma première mare, près d'un tas de fumier et mon premier cochon assassiné, n'ayons pas peur des mots, sous mes yeux, a coups de maillet et achevé au poinçon. J'assiste à tout ,c'est l'horreur. je suis assis sur une meule de foin, la même que celle où je serai, peu après, agressé sauvagement par un coq et à mon tour, dégoulinant de sang; comme si le Coq avait vengé le  Porc ( Le Porc saisit le Vif )
Mais ce n'est pas tout. Les "Deheselle" sont des "Pétainistes, autant dire des collabos. Alors le grand jeu consiste à essayer de me faire dire "Heil Hitler" en levant le bras, le soir lorsque je monte me coucher. Ma mère feint de protester mais elle est complice. Déjà je commence à comprendre. Et je refuse de crier "Heil Hitler" mais un soir je finis par céder, tant la pression est forte.Je rappelle que j'ai un père qui est parti en Angleterre, par horreur du Fascisme, le contraire de ces médiocres-là. Et quel jeu joue ma mère??La voilà mon éducation bourgeoise! Ils sont jolis ces gens-là !
Mais ce n'est toujours pas tout: Le fils d'Antoine, Eddy Deheselle, beau jeune-homme qui ressemble à Henri Vidal, mais en mieux, en plus mince en tout cas, court après ma mère. C'est la deuxième fois que je vis celà, en l'absence de mon père. Un jour, je vois Eddy la poursuivre dans le salon, ma mère, allumeuse de première, referme sur lui une porte vitrée alors qu'il va la saisir (Oh tu m'as saisi !!), et son bras passe à travers le carreau. Les jours suivants, je regarde obnubilé,  à table, le bras blanc d'Eddy car il a dû être plâtré. Ce bras blanc veut dire beaucoup de choses pour moi. Un peu comme l'orange de l'autre, au conservatoire de Liège, le dimanche après-midi. Une main avec une orange, un bras avec un plâtre !
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Jeudi 29 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Et les flashes de guerre continuent:
La fin de la guerre approche, le débarquement a eu lieu mais nous sommes toujours "occupés" par les allemands car les troupes alliées ne sont pas encore arrivées en Belgique. Je loge chez une amie de ma mère, à Souverain-Wandre? Une chambre
de sa maison est occupée par un officier allemand et par son ordonnance. Tous les jours, ma mère va discuter avec lui, dans son petit bureau, en lui montrant sur une carte d' Etat Major épinglée au mur, l'avance des alliés "débarqués", que le Schleu conteste avec énergie. Ils n'arrêtent pas de déplacer, à tour de rôle, les épingles à têtes de couleurs, sur la carte, exprimant ainsi leurs désaccords sur les positions respectives des alliés et des allemands.

Il y a aussi mes souvenirs au Conservatoire de Liège où nous allons tous les dimanche, ma mère et moi. Ma mère va y retrouver Charles, un amoureux transi. Il est fou d'elle et elle le tient à sa botte! Moi, je me tire au balcon tout au-dessus de la salle, seul dans une loge et je joue imaginairement du violon en même temps que l'orchestre, en surplombant la salle (déjà le sens du show), croisant un de mes bras sur l'autre. Et pas une fausse note ! Chaque dimanche, tout le monde me regarde et on m'appelle " le petit garçon au violon ". A l'entr'acte je descends et là, le beau Charles aux noirs yeux de velours, s'approche de moi, avec une main dans le dos; son bras se déplie et sa main me tend une orange (une vraie pas une bleue) Pour séduire la mère, il faut séduire le fils. Il a tout compris le beau Charles, d'autant plus que la voie est libre puisque je n'ai pas de père!


En 1945, j'ai une revanche sur mon grand'père, celui qui ne m'entend ni ne m'écoute. A l'époque des V1 (Pour rappel les bombes volantes de Von Braun, envoyées depuis Berlin par les allemands en déroute et qui vont peut-être changer le cours de la fin de la guerre, les américains sont à Liège et continuent leur progression en Allemagne), toute la famille, oncles, tantes, cousins et cousines, sont venus s'installer dans les immenses caves du Quai Mativa car celles-ci sont renforcées par des piliers solides. Matelas par terre et tout le monde vivait dans ces caves car les alertes étaient continuelles. Moi je servais d'avertisseur car j'avais l'ouïe fine et chaque fois qu'un V1 se pointait à l'horizon, je l'entendais et faisais descendre tout le monde . Un jour cependant, mon grand-père qui écoutait la radio dans la salle à manger, refusa de descendre alors que je venais l'avertir. Je suis donc redescendu sans lui et cinq minutes plus tard, une explosion énorme et nous nous sommes tous retrouvés, recouverts de plâtre, tous à "plâtre-ventre". Le V1 était ombé en face de chez nous, sur l'autre rive. Quant à mon grand'père, je suis allé voir tout de suite et tout blanc de platras, il était aussi blanc que moi, géant fixé sur son tabouret, entre les deux portes vitrées abattues aussi sec et tous carreaux soufflés. Lorsque nous nous sommes aplatis en famille et avons senti les plafonds s'écrouler sur nous, nous avons pensé que la maison s'écroulait, que le V1 était tombé dessus, et que nous allions être complètement ensevelis sous les décombres. Mais personnellement, je ne ressentais aucune peur. je vivais celà comme un   jeu
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Mercredi 28 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Theme astral de Christian VANCAU
Né le  1-11-1937, à Gand (Nord Belgique) à 18h20
Scorpion, Ascendant Gemeaux
Mercure et Soleil en Scorpion

Milieu du Ciel en Verseau
Mars et Jupiter en Capricorne
Saturne en Poissons
Uranus en Taureau
Neptune en Vierge
Venus et Lune en Balance
Pluton en Lion

Gémeaux en Maison 1

Cancer en Maisons 2 et 3
Lion en Maison 4
Vierge en Maison 5
Balance en Mai
son 6IMGA0146.JPG
Sagittaire en Maison 7
Capricorne en Maison 8 et 9
Verseau en Maison 10
Poissons en Maison 11

Bélier en Maison 12






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Mercredi 28 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Photo du dess1945Dessin-de-Vancau-003.jpg1945-Dessin-Li--ge--La-salle----manger-et-la-guerre.jpgus, la Noël dans le salon de mes grand-parents , quai Mativa. De gauche à droite, mon grand-père, moi collé à ma mère, géante, alors qu'elle fait 40 cms de moins que mon grand-père, ma soeur et ma grand-mère. Noter les détails de la tapisserie à fleurs et ceux du tapis persan, avec la crèche. Une baie vitrée et une fenêtre ouvrent sur le jardin, en contrebas, puisque nous sommes  au 1er étage J'ai sept ans et la contre-offensive des Ardennes a commencé. Bombardements à gogo; toute la famille vit dans les caves, refaisant surface entre deux larguages de bombes ou de V1(les fameux Von Braun)

















Sur la photo du bas, c'est le repas de famille, les deux enfants de dos, ma mère à gauche ( ici minuscule par contre), ma grand-mère en face et à côté d'elle une place vide, celle d'un père que je ne connais pas

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Mercredi 28 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Je lui ai écrit en 1982, après avoir lu ses " Mémoires Intimes", suivies des "Lettres à Marie-Jo", SIMENON-001-1.jpg Livre profondément émouvant et passionnant que tout le monde devrait lire. Dans ce livre, il parle de mon Grand- Oncle Emile, le Bénédictin, alias Dom Hilaire Duesberg. Je lui ai répondu en lui envoyant des photos de ses lieux d'enfance, à Liège, en Outremeuse.

Notez sur la page de droite, l'encouragement à écrire l'histoire de ma famille . Voici le texte en clair:  NB: la première épouse de Simenon s'appelait Monique Renchon








  Cher Monsieur,


Votre lettre m'a beaucoup touché et je comprends que mon livre vous ait ému, étant donné le sort de votre soeur qui ressemble beaucoup à celui de ma fille
A Lausanne, j'ai en effet été l'ami du Père Dom Hilaire  Duesberg, qui était dans une maison de retraite de Bénédictins au Bouverte, tout au bout du lac. Ils n'étaient là que trois ou quatre. Il menait une vie frugale. Comme il était ami de la bonne chère, je l'invitais aussi souvent que possible à un bon dîner qu'il appréciait beaucoup.
C'est lui, en effet, qui a baptisé mon dernier fils Pierre, non sans avoir lutté avec l'Evêque du diocèse. je voulais que mon fils, soit baptisé dans notre vilage d'Echandens. Il n'y existait pas d'église catholique mais un temple protestant. Mais cette histoire, vous l'avez lue dans mes mémoires intimes" et vous savez donc que c'est le Père Duesberg qui a eu raison contre le prélat.
Je vous signale que j'ai toujours été admirateur de la peinture que l'on dit naïve ou encore peinture brute.
C'est curieux que vous ayez trouvé des Renchon dans votre famille. le monde est décidément petit.
 Si vous avez envie d'écrire l'histoire de votre famille, même sous forme romancée, faites-le !
Je me souviens des Annonces liégeoises, que nous trouvions dans notre boite aux lettres. Pour le moment et pour deux, trois mois encore, je suis submergé de lettres, ma porte assaillie par les journalistes, la radio, la télévision. J'étais allé me reposer à Valmont, mais toutes ces obligations m'y suivaient. Ce n'est donc que plus tard, cher Monsieur, quand cette effervescence sera calmée, que j'aurai le plaisir de vous revoir.
Croyez, en attendant, à toute ma sympathie
Signature
PS. Que vous devez être heureux dans votre si pittoresque atelier, vibrant de couleurs

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Mardi 27 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
"Recevoir 'le petit Jesus dans son coeur"?. Ah bon. En fermant les yeux,  en ouvrant la bouche et en sortant la langue. Et en plus, ça n'a aucun goût ce machin là. Totalement insipide ! Rien d'autre, de plus excitant à me proposer? Qu'est-ce que ce ballet de femmes frustrées et dés lors mystiques? On n'est pas en 1914, on est en 1940! En principe les hommes ont été démobilisés, surtout les bourgeois. Et pourtant je ne les vois pas. Alors à quoi jouez-vous les femmes??
Un jour, toujours sur son vélo, ma mère m 'emmène chez une amie qui  a un fils, qui avait environ une dizaine d'années et qui voulait devenir Curé, plutôt que de commencer à vivre. On lui aménagé une pièce, transformée en chapelle, dans laquelle, il nous "dit la Messe", déguisé en petit prêtre, tous accessoires compris, étole, burettes, encensoir et autres patènes, bref du grand spectacle. Un vrai petit show pour trois spectateurs agenouillés: sa mère, ma mère et moi. Je suis bel et bien dans un monde de malades mais je ne le sais pas encore! Il est clair que l'on me présentait l'ami exemplaire, la voie à suivre, mais après la messe, sa messe, aucun contact ne s'est établi entre ce garçon et moi. Heureusement ! Vingt trois ans plus tard, en 1956, j'allais sortir d'une Rhétorique Jésuitique où dix élèves sur vingt-trois, parmi mes condisciples, allaient devenir  curés, jésuites, dominicains, missionnaires, mais là, j'avais compris et avais cessé d'aller à la messe et à confesse !
De toutes ces années d'occupation, je n'ai gardé que des "flashes".
Il y a d'abord, ma soeur, Danièle, qui a un an et demi de moins que moi, à qui j'apprends ses premiers mots dans les escaliers de la maison du Quai Mativa. Et aussi des vacances de guerre avec elle, dans une ferme de Hockay, (campagne liégeoise) où nous nous roulions dans les meules de foins, sacré défoulement pour des petits citadins. des images de Jeux Interdits, où nous incarnions , avant la lettre, Brigitte Fossey et Georges Poujouly.
Je me souviens aussi de ma détestation des peaux ,dans mon lait chaud, on me forçait au lait maternel, que je finissais à ingurgiter, à force de menaces, ce qui m'amenait à avouer, en fin de course, pour avoir la paix "J'ai avalé mes peaux" !
Même comédie avec la viande (celle du "marché noir") que l'on me force à avaler; des comédies à n'en plus finir, à chaque repas, car j'emmagasine les morceaux dans ma bouche, mais refuse de les avaler . Alors pour me punir, on m'enferme dans une chambre, avec mon assiette à terminer. Mais un jour je suis pris en flagrant délit par mon jeune oncle, qui recule le divan sur lequel je suis couché; j'ai recraché toute ma viande derrière le lit. Ni lait ni viande, ni père ni mère!!!
Pendant tout ce temps, pas d'école. J'ai connu l'école pour la première fois en 1946, chez les soeurs de Sainte-Véronique, comme de bien entendu. Ma première année, je l'ai vécue avec ma mère qui était mon institutrice, sous le contrôle d'une frebellienne attitrée, car ma mère n'était en rien attitrée, mais elle adorait enseigner, on s'en doute, à savoir imprégner, envahir, asservir tout ceux qui l'entouraient Elle nous donnait donc des cours, à ma cousine Béatrice et à moi, sous l'égide du couvent de religieuses de Jupille, dont ma Tante Loulou, plus austère que ça , tu meurs( aucun rapport avec Paul Auster) était la "Mère Supérieure attitrée" Oui la soeur de mon grand père Jules, le mécréant, qui avait un autre frère religieux, Oncle Emile, Bénédictin à l'Abbaye  de Maredsous. et plus tard, ami de Simenon. Faut s'y retrouver !
, et ui voulait devenir Curénti_bug_fck
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Lundi 26 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
 
Bref mon milieu environnant est plutôt gratiné. Tous les ingrédients d'une savoureuse sauce judéo-catholico-chrétienne. Le ROI, l'EGLISE, les SCOUTS cathos, plus tard on ajoutera les JESUITES. Et bien sûr on m'a appelé CHRISTIAN; je suis le Christ-Roi de ma mère. D'ailleurs, il paraît que je ressemble au petit Prince de Liège, l'actuel Roi Albert II. Je me souviens avoir été porté en triomphe à la campagne par des adolescents qui m'appelaient "Le petit  Prince"                                                                                                                                                                
Quant à mon père, connais pas ! Dommage car lui est issu d'un milieu libéral gantois, pas croyant pour un sou. Hélas pas de chance. J'apprendrai plus tard que ma mère a mis comme condition à leur mariage, l'obligation pour lui ,de se convertir. Alors mon père, athée, s'est mis, très rationnellement à étudier la question, à lire les Evangiles et il en a conclu que le Christ ne pouvait pas être simplement un homme, pas même un saint, mais simplement un dieu, le fils de dieu tout puissant etc...C'est lui qui m'a dit celà un jour mais ça ne m'a pas impressionné du tout. Je pense plutôt que dés cette acceptation "d'épouser" les mythologies de ma mère, il s'est avoué vaincu, asservi. Il ne s'est pas rendu compte de l'indécence de cette exigence, du manque de respect de l'autre qu'elle dénonçait, que celà n'avait aucun rapport avec l'amour ! Donc ce n'est pas lui qui aurait pu m'aider à résister. J'ai sans doute résisté à ma mère et je suis le seul, peut-être justement parce que mon père n'avait pas pu résister                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            
Le grand cirque commence avec ma première communion, non la solennelle, mais celle que l'on appelait la     communion privée. Il paraît, aux dires de ma mère, que je suis tellement évolué au niveau "spirituel", qu'elle est parvenue à obtenir de l'Evêque de Liège, une dispense me permettant de faire cette communion à 5 ans au lieu de sept. Et me voici devenu "cureton en pépinière". une carrière d'Evêque est en vue, voire même de cardinal et pourquoi pas ..Pape... tant qu'on y est !! Après celà on s'étonnera que je sois devenu narcissique  !!l                            
Cette première communion, je la fais à la Chapelle des Dominicains au Quai Mativa, en 1943. Je me vois encore, avancer, en costume blanc, dans l'allée centrale de la chapelle, au milieu de deux parterres de cheftaines, les  amies de ma mère; Il n'y a que des femmes. Elles sont toutes venues voir ce petit ange, vêtu de blanc, recevant le petit Jesus dans son coeur (sic), un petit prodige, consacré prématurément par l'Evêque, un anged'une pureté fabuleuse, avec ses longs cheveux blonds (ma mère expliquera qu'elle me laissait pousser les cheveux pour que mon père me retrouve tel quel, après la guerre). Mon cul ! En réalité elle est occupée à déviriliser le petit homme qu'elle a sous la main, comme elle le fera toute sa vie avec ses autres hommes (mon père et mes deux frères). La chapelle, moi le héros du jour, l'ange avec son ange gardien sur les talons, les yeux baissés (en réalité je regarde sous les jupes des femmes ), je m'en vais  avaler le Christ, Saigneur-Dieu ! ( non ce n'est pas une faute d'orthographe ). Et des cadeaux de toutes ces femmes, des bénitiers, des chapelets, des crucifix, des images pieuses "Félicitations au petit Christian qui aujourd'hui a reçu pour la première fois le petit Jésus dans son coeur"
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Lundi 26 novembre 2007
publié dans : OEUVRES PICTURALES
C'était au Fort de l'Eguillette, Fort napoléonien avançant dans la baie de Toulon. je disposais de sept salles, plus une cour intérieure(photo) et une plage. 2-1-La-Seyne-1991-copie-1.jpgJamais la communauté française ne m'a fait un tel cadeau. Il a fallu la France. Nul n'est prophète en son pays
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Dimanche 25 novembre 2007
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
1942-43-avec-ma-soeur-et-ma-m--re.jpgPhotos de moi et de ma soeur Danièle, prises  en 1942, à Liège, dans notre maison du Quai Mativa. Trois ans plus tard, j'irai la conduire à l'Asile pour enfants de Ciney !
1943-Quai-Mativa-Ma-soeur-Dani--le-et-moi-1.jpg 1942-44-copie-1.jpg
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