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par Christian VANCAU
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Jeudi 29 novembre 2007
publié dans :
Ma BIOGRAPHIE
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Pour en revenir à cette cave, je rappelle que nous y vivons en famille au sens large pendant l'hiver 1944-1945. un hiver très dur. A la pioche, on a creusé un trou dans le mur des voisins
(la Famille Fontaine dont les fils, Xavier et Louis deviendront médecins plus tard; ils sont un peu plus âgés que moi), un trou avec un volet à glissière qui est destiné à nous permettre de
nous transvaser d'une maison à l'autre, en cas de sinistre d'une des deux maisons. Et bien sûr, nous les enfants, nous sommes tout le temps les uns chez les autres et faisons glisser le volet à
tour de bras. Dans notre cave nous sommes 7 enfants, 4 garçons et trois filles, plus les deux voisins, on imagine les cavalcades. Les gosses, les parents, tout ce monde couche dans la cave
sur des matelas et c'est très excitant. Moi je suis souvent dans la cuisine-cave ( voir photo pages précédentes), avec ma grand-mère et marraine, Adrienne (Lily), que j'adore). Cette cuisine à
demi enterrée, donne sur le Quai Mativa et par les fenêtres, on n'aperçoit que les jambes des passants, comme dans 'L'homme qui aimait les femmes" de Truffaut: "Les jambes de femmes sont comme
des compas qui arpentent le monde" Et moi j'appréhende le monde à demi-enterré, un trottoir à mi-niveau, la Meuse en contrebas, mais pour la voir, je dois monter au premier étage, et de l'autre
côté, le Parc de La Boverie, avec le futur Musée d'Art Moderne.
Partons maintenant pour le Sud-Est de Paris. Ma mère qui ne tient pas en place m'emmène dans l'Essonne, à Every-Petit-Bourg, au lieu-dit
"Bois-Briard", chez nos cousins, Antoine Deheselle et sa femme Tante Ponette. Mon oncle Antoine est un fils du deuxième mariage de mon arrière grand-mère maternelle, Hélène Houget, donc le
demi-frère de ma grand-mère maternelle Adrienne (Vous me suivez ?). Il a épousé une française et ils tiennent une ferme. C'est là que je vais découvrir le monbde rural. Ma première mare, près d'un
tas de fumier et mon premier cochon assassiné, n'ayons pas peur des mots, sous mes yeux, a coups de maillet et achevé au poinçon. J'assiste à tout ,c'est l'horreur. je suis assis sur une meule de
foin, la même que celle où je serai, peu après, agressé sauvagement par un coq et à mon tour, dégoulinant de sang; comme si le Coq avait vengé le Porc ( Le Porc saisit le Vif )Mais ce n'est pas tout. Les "Deheselle" sont des "Pétainistes, autant dire des collabos. Alors le grand jeu consiste à essayer de me faire dire "Heil Hitler" en levant le bras, le soir lorsque je monte me coucher. Ma mère feint de protester mais elle est complice. Déjà je commence à comprendre. Et je refuse de crier "Heil Hitler" mais un soir je finis par céder, tant la pression est forte.Je rappelle que j'ai un père qui est parti en Angleterre, par horreur du Fascisme, le contraire de ces médiocres-là. Et quel jeu joue ma mère??La voilà mon éducation bourgeoise! Ils sont jolis ces gens-là !
Mais ce n'est toujours pas tout: Le fils d'Antoine, Eddy Deheselle, beau jeune-homme qui ressemble à Henri Vidal, mais en mieux, en plus mince en tout cas, court après ma mère. C'est la deuxième fois que je vis celà, en l'absence de mon père. Un jour, je vois Eddy la poursuivre dans le salon, ma mère, allumeuse de première, referme sur lui une porte vitrée alors qu'il va la saisir (Oh tu m'as saisi !!), et son bras passe à travers le carreau. Les jours suivants, je regarde obnubilé, à table, le bras blanc d'Eddy car il a dû être plâtré. Ce bras blanc veut dire beaucoup de choses pour moi. Un peu comme l'orange de l'autre, au conservatoire de Liège, le dimanche après-midi. Une main avec une orange, un bras avec un plâtre !





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