Voici une photo de la Banque installée rue de Serpont. L'mmeuble avec nos deux étages privés, s'arrête aux deux
vitrines
. Tout au fond de la rue, on a
perçoit la forêt. Nous avons un passage latéral à gauche de l'immeuble qui nous permet d'accéder directement à l'arrière et au jardin
Voici ensuite le bureau du "Directeur", Ã savoir le mien, celui dans lequel je ne serai pour ainsi dire jamais pendant 12
ans, car mon boulot consistera à me trouver sur les routes, ma secrétaire assurant la permanence et les tâches administratives.
En fin, voici notre jardin Ã
l'arrière. Dans le fond, le mur qui abrite le bowling du Café "La Tramontane". A l'horizon la forêt en direction de Saint-Hubert. A notre gauche, trois jardins qui mènent à la voie de chemin de
fer Libramont-Bruxelles. Le jardin est très étroit. J'y ai planté quelques épicéas et des Thuyas et je ferai beaucoup mieux par la suite. Bref un ensemble plutôt lugubre. On pourrait se croire
dans les Corons. J'achève aussi un stage entrepris à Bruxelles avant mon départ à New-York, afin de devenir creditman, octroyeur de crédits, métier que je n'ai jamais pratiqué jusque là , ne
m'étant occupé que de récolter des fonds pour la Caisse d'Epargne du Crédit Foncier. Curieux de constater que mon totem aux Scouts était Ecureuil et que j'en arrive finalement à travailler dans
une Caisse d'Epargne. Donc stage à Bruxelles, navette tous les jours, et initiation par un jeune loup, qui essaiera de me saboter dès mes débuts à Libramont, en prétendant que je n'ai pas
assimilé la matière des crédits, que je ne suis pas fait pour celà etc...Mais il ne sera pas suivi par la Direction
Et donc nous voici en septembre et avant d'avoir ma secrétaire, je me lance dans le bain. Il ne s'agit pas pour moi de
faire de la clientèle sur le terrain. Heureusement, toutes les banques belges sont déjà installées et dirigées par des gérants natifs du coin. Là je n'aurais eu aucune chance. Il s'agit de partir
dans les campagnes et dans les forêts, dénicher des hommes de confiance, bien vus dans leur patelin, et désireux de s'assurer des revenus complémentaires en devenant petits banquiers, après
journée, dans leur village. Interdiction de recruter des fonctionnaires, des secrétaires communaux, des professeurs, des instituteurs. Uniquement des employés ou des agents ou courtiers
d'assurances, mais là encore, les autres caisses d'épargne sont passées avant nous . Donc je m'empare de l'annuaire téléphonique, prends rendez-vous avec des bourgmestres ou des secrétaires
communaux, vais chercher des listes électorales, et propose des noms sur lesquels ces autorités communales me donnent leur avis. Je vais voir les notaires aussi. Il faut trouver des gens
populaires dans leur village, dignes de confiance, d'un minimum de capacité intellectuelle, les emballer sur le projet (et emballer leurs épouses dont les yeux luisent dès que je parle de
"revenus supplémentaires"), proposer leur candidature à la Direction et celle-ci acceptée, commencer à les former sur le plan bancaire, les faire prospecter et les contrôler et ceci sur tout le
territoire de la Province à savoir 4440 Kms2. Si j'ai déjà réalisé cette performance dans la Province de Liège, cette fois le pari est beaucoup plus difficile, car je n'ai aucune sorte de
relation dans cette contrée et m'amène en tant qu'étranger à part entière, dans des régions au surplus rurales, donc méfiantes par principe et ardennaises de surcroît. Des régions rudes avec des
gens rudes. On ne m'a pas fait de cadeau. Et pourquoi c'est tombé sur moi, je me le suis longtemps demandé ??? On continue de m'employer comme pionnier, défricheu, explorateur. En plus je
pense qu'on a toujours voulu m'éloigner du centre névralgique, car j'étais un contestataire et avais un langage très gênant lors des réunions locales et nationales, mettant le doigt sur toutes
les carences du système avec ce genre de franc-parler dont les gens en général préfèrent ne pas entendre parler. Je puis vous dire, j'avais la trentaine et aujourdh'huijj'ai dépassé la
septantaine, que je n'ai pas changé d'un poil. Et puis peu de mes collègues auraient accepté de tout quitter et d'aller s'expatrier dans la brousse. Pour mon épouse c'était tenable puisqu'elle
était ardennaise et que ses parents habitaient à 40 Kms
Quant à Valérie, on est allés l'inscrire à l'Ecole de l'Etat à Libramont où nous avons rencontré un gars très bien , le directeur, Gustave Bernard, un homme de gauche, originaire de la région de Charleroi, venu à Libramont pour fonder une école laïque qui n'existait pas jusque là . Il me racontera plus tard qu'à son arrivée dans la bourgade, environ 5 ans avant nous, des gens sachant pourquoi il était là , se signaient en le croisant. il incarnait le Diable ! Dois-je préciser que cet homme va devenir un ami !
N'oublions pas dans tout celà , notre chatte Mistinguett que nous avons emmenée avec nous et qui ne va pas tarder à se
reproduire
Et voici donc pour l'ambiance de départ
Salutations à vous.
Intéressant ce rapport à Bacon. Pour être allé à l'expo Bacon/Picasso au musée Picasso je puis vous dire que Bacon est plus frappant que Picasso. Mais sans doute Picasso a-t-il déplacer des murs en son temps. Vive les rétiniens.
Pardon de n'avoir pas vu ton commentaire sur ce blog mon Christian .
Libramont après New York, et toi dans ce contexte, ça fait un drôle d'effet ... t'es un artiste ... alors ça n'a pas du être une partie de plaisir tous les jours ...
Gros bisous mon Christian .
Liza