Partager l'article ! Bio 188 - 1977- Colloque de St.Hubert -Belgique-Iannis Xenakis: ...
J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord de Sedan et 75 Kms au Nord
de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Sedan et
Charleville au Sud-Ouest
Mon adresse-mail est la suivante: christian.vancau@base.be
" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain
ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )
Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre
Je suis un homme de 71 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges, un endroit magnifique au bord de la
forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en
Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était
embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à
part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je
me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la
banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" ! En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5
anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis
donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé.
Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en
ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été
fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des
étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis
retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à
suivre).
J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art n'était pas plus
reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de
toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de
la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence,
agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche,
ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres
est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en
Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du
Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des
groupes, quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux
d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un
journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et
contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de
ce blog
En Mai 1977, un colloque inespéré est organisé dans l'abbaye de Saint-Hubert à 15 Kms de Libramont. Jean-Pierre
Ransonnet y vient avec son épouse et ils logeront chez nous
les 6-7 et 8 mai. Voici l'invitation et le programme est plutôt fabuleux, réunissant écrivains et musiciens
contemporains. Qu'on en juge !
Ouverture avec les participants le jeudi 5 ami
Le 6 mai interventions de Jérôme Peignot, Jean-Pierre Faye, Gérard Georges Lemaire, Robert Duncan, Roger Levinter et à 21h00"Les Premiers Mots" de Bernard
Noël, mis en scène par Jacques de Decker
Le samedi 7 mai: Edmond Jabès, Jacques Derrida, Emmanuel Hocquard, Françoise Collin, André Riotte, Marc Rombaut, Iannis Xenakis
Et le soir à l'Eglise Saint-Gilles, Concert
Ensemble instrumental Musique Nouvelle dirigé par Georges Octors Junior, le fils du Directeur de l'Orchestre national belge, qui
joue:
Anamorphose d'André Riotte et Marc Rombaut
Eonta et Oeuvre pour percussion de Iannis Xenakis
Le dimanche 8 mai:
Michèle Montreley, Maurice Olender, Jacques Sojcher, Christian Prigent, Jean-Pierre Verheggen, Denis Roche (La Louve Basse)
Quatre jours fantastiques, mais voilà, budget de 25.000 Euros, manifestation culturelle d'avant-garde attirant un public principalement bruxellois et élitaire, levée de boucliers de certains
responsables culturels provinciaux, jaloux, envieux, petits, mesquins, étroits, bornés
Résultat, ce colloque annuel ne reviendra jamais à Saint-Hubert et continuera sa carrière à La Cambre à Bruxelles. Grande victoire pour tous ces gens qui
animent et dirigent la culture dans notre province et qui bien entendu n'avaient jamais entendu parler ni de ces écrivains ni de ces musiciens "d'avant-garde"
Mais le grand évènement de ce colloque pour moi sera la rencontre avec Xenakis, dont je connais la musique depuis peu, puisque je suis en pleine
exploration de la Musique contemporaine. En outre je l'avais vu tout un après-midi dans l'émission télévisée de Michel Lancelot "L'Invité du Dimanche" sur ORTF2. Et il se fait que je rentre dans
la petite église Saint-Gilles à Saint-Hubert et tombe en pleine répétition du concert du soir. Je suis avec Ransonnet et discètement, nous nous asseyons dans le fond. C'est alors que j'aperçois de dos, adossée contre un pilier, une silhouette qui pourrait bien
être celle de Xenakis, en train d'écouter sans doute la façon dont l'Ensemble Musique
Nouvelle de Georges Octors Junior, répète son" Eonta" qu'il doit interprêter le soir même. Il se fait qu'une de mes amis proches, Raoul, a épousé en 1976, Malvina Octors, la fille et la soeur de ces deux musiciens Octors, père et fils
et que j'ai été invité chez eux à Bruxelles à la soirée de mariage, l'année précédente, une sacrée soirée d'ailleurs, avec notamment Jean-Pierre Ransonnet. Je dis à Jean-Pierre: "Je vais voir".
J'y vais, et c'est bien lui !!!. Une sympathie immédiate," non je ne le dérange pas "et on se met à parler à voix basse (comme toujours dans les Eglises) comme si on se connaissait depuis
toujours. On se reverra ça c'est sûr. Je reviens auprès de Jean-Pierre qui n'en revient pas et me dit "C'est comme celà qu'il faut faire" A vrai dire je n'ai jamais très bien compris ce qu'il
avait voulu dire." Avoir ce culot d'aller parler à des gens célèbres ???". Non je n'ai pas demandé d'autographe. Je connaissais sa musique qui m'intriguait fortement, il est là devant moi, dans
un village belge de 3000 habitants, c'est une aubaine incroyable, j'y vais. J'ai toujours procédé comme celà et celà m'a toujours réussi. Je n'ai aucun complexe vis à vis de la célébrité et ça
m'a permis d'avoir de nombreux dialogues avec des gens passionnants. Suite à cette rencontre, on s'écrira et j'irai le voir finalement dans son atelier de la rue Chaptal à Pigalle en 1981, soit
seulement quatre ans plus tard.
Voici une photo prise dans un des salons du Palais Abbatial à Saint-Hubert, le dimanche 8 mai 1977 avec, de gauche à droite, Marc Rombaut, Christian
Prigent (sous réserve), Jean-Pierre Verheggen, le renommé écrivain belge du "Degré Zorro de l'Ecriture" (on se rencontrera réellement une dizaine
d'années plus tard) et Denis Roche, l'auteur de La Louve Basse
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