Partager l'article ! BIO 55 Années 1955-1956-Mon quartier Saint-Gilles à Liège: Et à la maison que se passe-t'il? Je ne m'en soucie guère. Je mène ma barque ...
J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord de Sedan et 75 Kms au Nord
de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Sedan et
Charleville au Sud-Ouest
Mon adresse-mail est la suivante: christian.vancau@base.be
" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain
ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )
Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre
Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges, un endroit magnifique au bord de la
forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en
Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était
embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à
part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je
me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la
banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" ! En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5
anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis
donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé.
Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en
ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été
fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des
étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis
retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à
suivre).
J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art n'était pas plus
reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de
toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de
la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence,
agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche,
ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres
est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en
Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du
Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des
groupes, quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux
d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un
journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et
contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de
ce blog
Et à la maison que se passe-t'il? Je ne m'en soucie guère. Je mène ma
barque. Mon frère Etienne a 9ans. L'autre, Marc, (Un martyr et un évangeliste sans oublier, moi, le Christ) 5ans, on peut dire que pour lui les jeux sont faits. Il ne parle pas, il rugit et se
frappe la tête contre les murs ou mieux encore, nous prend le poing à chacun, pour que nous le frappions sur la tête ( De quoi s'auto-punit-il, là est la vraie question! )
Quant à l'autre frère, Etienne, celui qui
est normal, il s'entend merveilleusement avec mon père qui a reporté toute son affection sur lui. En effet, il n'a pas retrouvé sa fille en rentrant d'Angleterre et son fils aîné le boude. Et
puis 1946, la naissance d'Etienne, c'est la libération, la liesse, on repart à Zéro, la guerre est finie ! Oui, je l'avoue, je n'en veux pas de mon père, je ne le sens pas. Il est arrivé trop
tard sans doute et il n'est pas le père que j'aurais voulu avoir. Je ne le trouve pas viril, il ne fait pas de sport, il met un temps fou pour entrer dans la mer et il attend 5 heures après le
repas avant d'oser entrer dans l'eau??? Phobie de la congestion. Pour le faire chier, moi j'entre dans l'eau, deux heures après le repas et au lieu d'avancer
à petits pas en m'aspergeant frileusement de gouttes à gouttes, je plonge ou m'élance en flèche. Je trouve aussi que mon père n'a pas de muscles, j'en ai plus que lui. Je montre mes biceps à mon
frère et puis lui fais palper ceux de mon père, qui sont inexistants ! Oh la vache !. En plus, sur les plages, mon père attrape des coups de soleil car il a une peau de roux. Il s'enveloppe les
jambes dans des journaux et porte un chapeau de paille sur la tête. Pire que le Professeur Achenbach dans Mort à Venise. C'est un peureux et je suis un casse-cou, ceci expliquant peut-être celà.
Il a la peau blanche, et je ferai tout pour être un basané; long travail car si je n'ai pas une peau de roux comme mon père, je suis tout de même un blond aux yeux bleus. Basané en outre, celà
veut dire aussi devenir l'Indien que je suis intérieurement et le refus d'être un blanc. C'est le choix de Zorino contre Tintin !
Alors voilà, mon père va à la messe tous les matins, à l'Eglise
Saint-Gilles, via la rue Saint-Nicolas ou le haut de la Rue St Gilles (sur les photos c-dessous L'Eglise saint-Gilles t le haut de la rue St Gilles où nous faisons nos
courses)
Le haut de la Rue St
Gilles en 1930
...tandis que moi je commence à penser à
d'autre seins. Et mon frère Etienne l'accompagne. Ils se tiennent par la main jusqu'au seuil de l'église. Moi par contre, je cesse d'aller à la messe le dimanche, c'est un péché mortel et je le
sais; c'est justement ce qui m'excite. Mais je suis encore obligé de faire semblant. je vais donc me promener le dimanche matin, boulevard
Kleyer, à l'heure de la messe
et dans les environs de la rue Chauve-souris. un coupe-gorge en escaliers, taillé
dans la futaie et qui relie l'Eglise Saint-Gilles et Le Boulevard Kleyer, au Quartier du Laveu
Le bas de la rue Chauve-Souris près du Laveu.
Et je regarde partir le père et le frère (la mère dort), unis en la Sainte-Eglise, rentrant de concert dans son sein.
Je regarde ces deux hommes qui ne sortiront jamais des griffes de ma mère. Roger, mon père, le "converti". Ma mère qui, elle, ne va à la messe que le dimanche et beaucoup plus tard dans la
matinée, car elle ne dort pas la nuit. Bourrée de somnifères, elle hante les corridors et fait ses lessives dans le garage; elle se lave, en somme. La culpabilité pour elle est nocturne, mais
elle ne le sait même pas. Bien sûr elle a fréquenté des psychanalystes, juste un peu, car elle n'en a pas besoin, ce sont nous les hommes qui sommes malades. Ma mère fait une séance de temps en
temps, pour avoir des renseignements sur notre "guérison", celle de mon père, de mon frère Etienne et la mienne. Mais j'y reviendrai, car "en psychanalyse", je ne suis pas encore entré.
Donc pour moi, l'image de ce père et de ce frère qui en 1955, vont à la messe, main dans la main, puis qui reviennent après avoir acheté des "pistolets" à la Boulangerie Couline,que ma mère dégustera quand elle se lèvera beaucoup plus tard, c'est l'image d'une soumission masochiste à la mère; deux
petits malheureux, complètement coïncés, qui s'appuient l'un sur l'autre. Un côté "Cour des Miracles", mais attention ! En même temps, une parfaite assurance d'être dans La Vérité ! Hors de
l'Eglise, point de salut ! Et je sais que je ne suis pas comme eux, parce que moi, je résiste à la mère, parce que moi, je veux être moi, enfin je veux ETRE tout simplement
!
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