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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 16:45

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Erik Satie


Erik Satie

Description de l'image Erik Satie - BNF1.jpeg.
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Données clés Nom de naissance Éric Alfred Leslie Satie Naissance 17 mai 1866
Honfleur, France Décès 1er juillet 1925 (à 59 ans)
Paris, France Activité principale Compositeur, pianiste Style Musique moderne Années d'activité 1892-1923 Formation Conservatoire de Paris, Schola Cantorum Maîtres Vincent D'Indy Famille Jane Leslie Anton (mère) et Jules Alfred Satie (père)

Éric Alfred Leslie Satie, dit Erik Satie, né à Honfleur le 17 mai 1866 et mort à Paris le 1er juillet 1925, est un compositeur et pianiste français.

http://youtu.be/R21ZJBAK_6U

 

Biographie

Jeunesse gymnopedie-satie-cours-n1

 

Né de Jane Leslie Anton, d’origine écossaise et de Jules Alfred Satie, courtier maritime normand , élevé dans la religion anglicane , Erik Satie a passé sa jeunesse entre la Normandie et Paris. En 1870, la famille Satie quitte Honfleur pour Paris où le père a obtenu un poste de traducteur. Après la mort de leur mère en 1872, Erik et Conrad retournent à Honfleur chez leurs grands-parents paternels , avec qui ils embrasseront le catholicisme, tandis que leur sœur reste avec leur père à Paris. À la mort de leur grand-mère paternelle en 1878, retrouvée morte sur une plage de Honfleur , ils vont vivre à nouveau chez leur père à Paris. Ce dernier s’est remarié avec une femme de dix ans son aînée, Eugénie Barnetche , professeur de piano, qui enseigne à Erik les bases de l’instrument : « L’enfant prend aussitôt en haine et la musique et le conservatoire . »

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En 1879, il entre pourtant au Conservatoire de musique. Jugé sans talent par ses professeurs, il est renvoyé après deux ans et demi de cours avant d’être réadmis, fin 1885. C’est durant cette période qu’il composera sa première pièce pour piano connue, Allegro (1884). Cependant, incapable de produire une meilleure impression sur ses professeurs, il décide de s’engager dans un régiment d’infanterie.

 

Après quelques semaines, constatant que l’armée n’est pas pour lui, il se fait réformer en exposant sa poitrine nue au froid de la nuit hivernale au point d’en attraper une congestion pulmonaire.

Carrière

 

En 1887, il s’installe à Montmartre et compose ses quatre Ogives pour piano, dont les partitions ne font apparaître aucune barre de mesure, caractéristique qui sera réutilisée pour de nombreuses autres compositions. Il développera aussi très vite son propre style d’annotations sur la manière d’interpréter ses œuvres.

 

À cette époque commence une longue amitié avec plusieurs poètes, comme Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine ou le poète romantique Patrice Contamine, avec qui il collaborera par la suite sur le ballet Uspud. Il fait éditer ses premières compositions par son père. En 1888, il compose ses trois Gymnopédies pour piano.

 

En 1890, il déménage au 6 rue Cortot, toujours à Montmartre, et fréquente le cabaret le Chat noir où il fait la connaissance de Claude Debussy.

 ERIC SATIE ET MONTMARTRE- UNE LONGUE HISTOIRE D'AMOUR
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Sur la Butte, au 6 rue Cortot, la maison d’Erik Satie jouxte le musée de Montmartre.

Erik Satie, le compositeur des gymnopédies, a vécu dans le 18e arrondissement de Paris entre 1888 et 1898. Installé à Montmartre, le musicien a su y concilier créativité artistique, bohème et vie amoureuse. Un festival, Mon voisin Erik Satie, lui rend hommage jusqu’au 12 juin 2011. Portrait.

Né à Honfleur, en 1866, Erik Satie est le compositeur de musique que l’on sait, celui des gymnopédies mais aussi un pianiste de cabaret, un écrivain prolixe et un dessinateur, un rêveur avant-gardiste. Après un bref passage rue Condorcet, dès l’année 1888, Satie s’installe dans le 18e arrondissement de Paris, au 6 rue Cortot. Il s’y sent bien, et prétend que de sa chambre, la vue s’étend « jusqu’à la frontière belge ». Il propose au propriétaire de l’immeuble où il vit de lui louer un réduit au rez-de-chaussée dans le quel il ne pourra tenir que couché. C’est la naissance de son désormais célèbre « Placard » du 6 rue Cortot.

Dans une lettre à son frère, Conrad Satie, il écrit : « Je n’ai plus un sou dans Ma bourse, c’est là le pire. Tu serais bien bon de Me faire parvenir un petit secours sous forme d’un bon de poste ; sans quoi Je serai exposé à pâtir fort cruellement, Je te le dis. Après tout, diras-tu, ce serait bien fait pour Moi ; il ne fallait pas être si rapide à dépenser. » Satie oscille entre train de vie mondain (quand il est en fond, il offre à ses amis de Montmartre le couvert dans les bistrots du quartier, ou achète d’un seul coup sept costumes de velours identiques) et pauvreté extrême comme l’illustrent ses déménagements successifs.

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Erik Satie a fréquenté le 18e arrondissement, de Pigalle à Montmartre.

À Montmartre, Satie croise Bruant, Suzanne Valadon qui est sa voisine et son fils Maurice Utrillo. Il fréquente assidument, pour y boire autant que pour y gagner sa vie, les cabarets de Montmartre, comme le Chat Noir ou il devient second pianiste dès 1891, l’Auberge du Clou avenue Trudaine, où il se lie d’amitié avec Debussy, le Divan Japonais qui deviendra la Divan du Monde, ou le Lapin Agile. Sa dégaine est celle du "gymnopédiste" : barbe hirsute, cheveux longs et haut-de- forme, vêtements sombres et lavallière. Sa mise de bohémien lui vaut un temps le surnom de "Monsieur le pauvre", une pauvreté qu’il ne cessera de revendiquer, qu’il ira jusqu’à appeler « la petite fille aux yeux verts ». Alphonse Allais, lui, le nomme « Esotérik Satie ».

Montmartre est aussi le lieu de la seule aventure sentimentale connue de Satie, sa liaison avec Suzanne Valadon, qui dura, comme il le note lui-même, du 14 janvier au 20 juin 1893. Suzanne Valadon a été d’abord trapéziste, puis peintre. Elle posait pour le peintre que Satie préférait, Puvis de Chavanne. Satie et Suzanne vont au Luxembourg et jouent à faire flotter des petits bateaux en papier. Ils ont des rapports très conflictuels. La nuit, ils dorment par terre sur une couverture, c’est la Bohême montmartroise. Suzanne peint un portrait à l’huile de Satie, c’est l’une de ses toutes premières peintures à l’huile. Elle dessine également un médaillon du profil de Satie sans barbe. De son côté, Satie dessine lui aussi Suzanne, et compose, un jour d’orage conjugal, les Danses gothiques. Il dédie à Valadon une œuvre minuscule "Bonjour Biqui".

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Téléchargez le programme complet du festival "Mon voisin Erik Satie".

Dans la chambre de Satie est accrochée une pancarte, calligraphiée par Satie lui-même à l’encre bleue et rouge, ornée d’une mèche de Suzanne, rappelant les dates de début et de fin de leur relation. Dans Correspondance presque complète, l’historienne Ornella Volta raconte que « Satie répandait volontiers deux versions différentes de leur rupture. Selon la première version, il serait allé un jour à la gendarmerie la plus proche pour demander qu’on le libère de cette femme qui l’envahissait ; selon la seconde version, il n’y serait allé que pour s’accuser de l’avoir défenestrée dans un mouvement de colère, et sans doute tuée. Accourus sur place, les gendarmes n’avaient cependant pas trouvé de cadavre, car son entraînement d’acrobate avait permis à la jeune de femme de sortir sans dommage de cette aventure. »

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La plaque posée au-dessus de la porte du 6 rue Cortot.

À l’Auberge du clou, qui existe toujours avenue Trudaine, Satie devient second pianiste. Il s’y lie d’amitié avec Debussy, qu’il y rencontre et ils entrent ensemble dans l’ordre kabbalistique de la Rose-Croix. En 1893, déçu par les Rose-Croix, il crée l’Eglise Métropolitaine d’Art et de Jésus conducteur dans le but de « combattre la société au moyen de la musique et de la peinture », dont il est d’ailleurs l’unique membre. C’est pour les cérémonies prévues pour ce culte qu’il commence à composer une Grande Messe de l’Eglise Métropolitaine d’Art (appelée ensuite Messe des Pauvres). Une carte punaisée sur la porte de la rue Cortot indique les titres du seul fidèle.

Satie fréquente aussi place Pigalle le café La Nouvelle Athènes où il rencontre en 1893 le jeune Maurice Ravel qui l’admire beaucoup (il orchestrera l’une des Gnossiennes vers 1910). En 1898, pour des raisons financières mais aussi pour se rapprocher d’un public populaire, Satie déménage à Arcueil, où il va demeurer jusqu’à la fin de ses jours, en 1925.

L’auteure de cet article, Dominique Boutel, donne une conférence sur Erik Satie au Musée de Montmartre, mercredi 8 juin 2011, à 19h.


 
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En 1891, les deux amis s’engagent dans l’« Ordre kabbalistique de la Rose-Croix » fondé par le « sâr » Joséphin Peladan et par Stanislas de Guaita. En qualité de maître de chapelle de cet ordre, il compose plusieurs œuvres dont les Sonneries de la Rose-Croix et Le Fils des Étoiles. Poursuivant son engouement mystique, il crée sa propre église : l’« Église métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur » et lance des anathèmes contre les « malfaiteurs spéculant sur la corruption humaine ». Il en est à la fois le trésorier, le grand-prêtre, mais surtout le seul fidèle. Contraint à cette réalité, il l’abandonne.

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Portrait d’Erik Satie par Suzanne Valadon (1893)imagesK7WA7DY0

 

Le 18 janvier 1893, Satie commence une relation amoureuse avec l’artiste peintre Suzanne Valadon. Bien qu’il l’ait demandée en mariage après leur première nuit, le mariage n’aura jamais lieu, mais Valadon s’installe rue Cortot dans une chambre près de Satie qui, dans sa passion pour elle, l’appelle sa « Biqui ». Il rédige des notes enflammées sur « tout son être, ses beaux yeux, ses mains douces et ses pieds minuscules » et compose à son intention ses Danses Gothiques tandis qu’elle réalise son portrait. Cinq mois plus tard, le 20 juin, leur rupture brisera Satie « avec une solitude glaciale remplissant la tête de vide et le cœur de tristesse ». On ne lui connaît aucune autre relation sentimentale sérieuse et avouée. Comme pour se punir lui-même, il compose Vexations, un thème construit à partir d’une mélodie courte, à propos de laquelle il note : « Pour se jouer 840 fois de suite ce motif, il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses ». Des interprètes comme John Cage ou Thomas Bloch jouent la pièce dans son intégralité (soit 840 fois) durant presque 20 heures.

Erik+Satie+satie

La même année, il fait la connaissance de Maurice Ravel, à propos duquel il écrira plus tard : « Ravel vient de refuser la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte. »

 

En 1895, il hérite une certaine somme d’argent qui lui permet de faire imprimer plus d’écrits et de changer de vêtements, abandonnant le style ecclésiastique pour le velours. Il achète un même costume en sept exemplaires, couleur moutarde, qu’il portera constamment. Il est surnommé à Paris le « Velvet Gentleman ». En 1896, tous ses moyens financiers ayant fondu, il doit s’installer dans un logement moins coûteux, d’abord dans une chambre minuscule rue Cortot, puis en 1897, à Arcueil.Honfleur Erik Satie-copie-1


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Maison Satie, à Honfleur, Honfleur Erik SatieNormandieimages03RNBGYP

 

Il rétablit le contact avec son frère Conrad et abandonne des idées religieuses auxquelles il ne s’intéressera plus avant les derniers mois de sa vie. Il surprend ses amis en s’inscrivant, en octobre 1905, à la Schola Cantorum de Vincent d’Indy pour y étudier le contrepoint classique avec Albert Roussel : « En 1905, je me suis mis à travailler avec d'Indy. J'étais las de me voir reprocher une ignorance que je croyais avoir, puisque les personnes compétentes la signalaient dans mes œuvres. Trois ans après un rude labeur, j'obtins à la Schola Cantorum mon diplôme de contrepoint, paraphé de la main de mon excellent maître, lequel est bien le plus savant et le meilleur homme de ce monde. » C’est également à cette époque qu’il devient socialiste, est employé au Patronage laïc de la communauté d’Arcueil et change à nouveau d’apparence pour celle du « fonctionnaire bourgeois » avec chapeau melon et parapluie. Au lendemain de l'assassinat de Jaurès, il exprima son indignation en s'inscrivant à la SFIO. Les avis diffèrent sur la réalité de son militantisme. Il aimait sincèrement les travailleurs et il était un chaud partisan de l'adhésion à la IIIe Internationale (adhésion jouée à une voix). Quoi qu'il en soit, il est devenu un des premiers membres de la section arcueillaise du Parti Communiste. Son affectif le guidait, il ignorait tout du marxisme théorique et n'en voulait rien savoir.imagesXETJMFCA

 

En 1915, grâce à Valentine Gross, il fait la connaissance de Jean Cocteau avec qui il commencera à travailler à partir de 1916, notamment sur le ballet Parade. Leur collaboration fut fructueuse malgré quelques incompatibilités de caractère comme en témoigne leur correspondance . Tous deux seront les pères spirituels du Groupe des Six, créé en 1920, composé de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre[4]. Il fait également la connaissance, par l’intermédiaire de Picasso, d’autres peintres cubistes, comme Georges Braque, avec qui il travaillera sur Le piège de Méduse, ainsi que sur des projets qui ne verront pas le jour.img293v

 

En 1919, il est en contact avec Tristan Tzara qui lui fait connaître d’autres dadaïstes comme Francis Picabia, André Derain, Marcel Duchamp, Man Ray avec lequel ils fabriqueront son premier ready-made dès leur première rencontre. Au commencement de l’année 1922, il prend le parti de Tzara dans le différend entre Tzara et André Breton au sujet de la nature vraie de l’art d’avant-garde, tout en parvenant à maintenir des relations amicales dans les deux camps.

En 1923, il est l’inspirateur de l’École d'Arcueil, groupe informel composé de Henri Cliquet-Pleyel, Roger Désormière, Maxime Jacob et Henri Saugue . Ce groupe ne survivra pas au décès du « Maître d’Arcueil ».imagesHXFG3CT2

Le 1er juillet 1925, Erik Satie meurt sur son lit d’hôpital.

Pauvreté 

 

L’anecdote la plus connue concernant Satie est probablement celle relative à ce que ses amis trouvèrent lorsque, à sa mort, ils pénétrèrent dans son studio d’Arcueil, auquel Satie refusait l’accès à quiconque. Ils y trouvèrent deux pianos complètement désaccordés et attachés ensemble, remplis de correspondances non ouvertes (auxquelles il avait toutefois en partie répondu) et derrière lesquels ont été retrouvées un certain nombre de partitions jusqu’alors inédites, comme celle de Geneviève de Brabant qu’il pensait avoir perdue. Dans un placard, une collection de parapluies et de faux cols. Et dans l’armoire, des costumes de velours gris identiques au sempiternel costume que Satie portait toujours : il les avait fait faire d’avance et en prenait un nouveau lorsque le précédent commençait à être trop usé.

L’état du studio révélait la pauvreté dans laquelle avait vécu Satie : ne pouvant vivre de ses talents de musicien, il ne se plaignait toutefois pas ou très peu. Quant à demander une aide financière à ses proches, c’était chose encore plus rare et plus difficile pour lui. Il n’allait pratiquement jamais demander de l’aide à ses amis, lui qui était pourtant très entouré.imagesM84OSAW2

Quelques rares proches se doutaient de sa situation, mais ce n’est qu’à sa mort, en découvrant l’appartement, qu’ils prirent conscience de la misère dans laquelle il vivait, misère qu’il surnommait « la petite fille aux grands yeux verts ».

Satie et l’humourimagesBO8FXMFR


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Erik Satie.

Satie est souvent qualifié d’ironique, ce qui fait considérer la relation complexe qui existait entre Satie lui-même et l’humour :

  • Jeune, il se prenait très au sérieux. « Je suis venu au monde très jeune dans un temps très vieux ». Souvent, il est clair qu’il veut se libérer d’une partie de ses opinions antérieures : mais au lieu de les dénoncer, il utilisera plus que souvent l’humour (de sorte que son public ne sache pas ce qu’il pense vraiment). Ce genre de procédé se trouve de façon évidente dans ses Mémoires d’un amnésique, qui n’auraient sûrement trouvé aucun éditeur si elles n’avaient été écrites par Satie lui-même (en effet, Satie se moque de ses propres œuvres).
  • À côté de ce procédé dissimulateur, Satie est forcé une bonne partie de sa vie de fonctionner comme artiste de cabaret (donc de produire des mélodies frivoles, de « rudes saloperies » selon ses dires, souvent sur des textes humoristiques). Quoique plus tard il dénonce toute cette production comme contre sa nature, souvent ce sont nettement ces mélodies qui sont les mieux connues (par exemple, Je te veux, Tendrement, Allons y Chochotte, etc.).
  • À côté de cela, il écrivait et composait des blagues en qualité de compositeur sérieux, par exemple Le Piège de Méduse (lequel, étant en partie autobiographique, n’est pas vraiment capable de donner une idée sérieuse de Satie).portrait-of-erik-satie-1920
  • Mais l’humour de Satie est sûrement le plus clair dans les annotations écrites sur ses partitions, que seuls les interprètes voient : par exemple, on trouve « Vivache » comme variante de « Vivace » dans la Sonatine Bureaucratique (qui est une parodie de Clementi). De même, il compose un pastiche de la célèbre Marche funèbre de Frédéric Chopin (deuxième pièce des Embryons desséchés), où il écrit « citation de la célèbre MAZURKA de SCHUBERT ». (Alors que Franz Schubert n’écrivit aucune mazurka « célèbre », tandis que la mazurka était un des genres favoris de Chopin). On trouve dans sa production musicale de semblables piques à propos de Camille Saint-Saëns, Debussy, etc. En somme, il ne faut peut-être pas prendre Satie pour plus sérieux que lui-même ne prenait pour « sérieux » les autres (compositeurs) !
  • Il passa huit jours en prison pour avoir rétorqué au critique musical Jean Poueigh qui avait peu apprécié son ballet réaliste parade : « Monsieur et cher ami, vous n'êtes qu'un cul, mais un cul sans musique ».imagesAF4PYUTF

Néanmoins, Satie a aussi écrit, à la fin de sa vie, des œuvres d’apparence plus sérieuse comme Socrate, sur un texte de Platon traduit par Victor Cousin, ou encore six Nocturnes pour piano.

Influence et hommages 

 

Il eut une certaine influence sur les musiciens du groupe des six Darius Milhaud, Georges Auric, Francis Poulenc, et dans une moindre mesure sur Stravinski, Maurice Ravel et Claude Debussy. John Cage revendique une filiation avec lui. Il fut pianiste accompagnateur notamment du chansonnier Vincent Hyspa au cabaret Le Chat noir.

  • Un laboratoire de l’ENS de Cachan a été baptisé le SATIE en hommage à Erik Satie.
  • Un conservatoire dans le 7e arrondissement de Paris a pris le nom de « Conservatoire Erik Satie ».
  • L'école municipale de musique de Honfleur (sa ville natale) est baptisée d'après Erik Satie.
  • Une résidence universitaire à Caen (Basse-Normandie) a été baptisée en son nom.
  • L'école de musique de Saint-Martin-d'Hères porte son nom.
  • Une plaque à son nom est visible sur sa maison à Montmartre, à Honfleur, ainsi qu’à Arcueil.
  • On peut visiter sa maison d’enfance à Honfleur, transformée en musée. C’était aussi le cas du petit Musée-Placard d'Erik Satie au 6, rue Cortot, à Paris, jusqu’à sa fermeture au public en 2008.

Œuvres

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Erik Satie : projet de buste, autoportrait, 1913
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Pour piano 
Vocales 
  • Messe des pauvres pour orgue et chœur (1895)
  • Je te veux (valse chantée) (1902)
  • La Statue de bronze
  • Daphénéo
  • Le Chapelier
  • Socrate (1918)
  • Les Ludions, cycle de 5 mélodies pour piano et voix sur des poèmes de Léon-Paul Fargue (Air du rat, Spleen, La grenouille américaine, Air du poète, Chanson du chat), éditées en 1926 chez Salabert.
Pour orchestre 
Écrits

 

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Published by Christian VANCAU - dans MUSICIENS
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commentaires

Moniquer Bossicart 09/01/2014 17:52


Quelle vie mouvementée...à en avoir le tournis quand on lit sa biographie. Document très intéressant pour quelqu'un qui ne le connaissais que de nom.

Christian VANCAU 02/02/2014 10:52



Vie mouvementée oui je connais bien le sujet Lol