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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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COHEN Eveybody Knows
Tibetan Song

Je suis sur les blogs pro-tibétains:

www.candle4tibet.org
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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 06:14

Un Album de Silence 1

Un ALBUM DE SILENCE -18e écrit de Françoise Lefèvre-2008

Un Album de Silence 2 

 

Un article dans Le Monde du 6 Juin 2008 par René de Ceccaty 
 Un Album de Silence Le Monde 6 Juin 2008 René de -copie-1

Un autre dans La Libre Belgique par Francis MatthysUn Album de Silence Presse2 Francis MatthysfalbumdesilencsJSchmidt[1]-1 

 

Ce livre est le dernier livre que Françoise m'ait envoyé, le dernier écrit et publié d'ailleurs, avec cette dédicace du 16 Mars 2010:

"Pour Christian, ce petit dernier, plein d'un spleen germanique, je suppose..

quelques pages aussi pour réveiller le lecteur qui supposerait que je me complaise dans la mélancolie..

J'espère que vous sourirez aussi en les découvrant."

 

Un Album de Silence Dédicace


 

UN ALBUM DE SILENCE

Inventaire de l'OUBLI

 

"Tout ce qui ne peut se dire qu'au moyen du silence..."

Louis-René Des Forêts

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Il tombe de gros flocons.

Déjà l'an dernier.

 

Plus encore en ce mois de février. Il ne cesse de neiger. C'est un hiver sans fin. Un hiver qui dure. Douze mois où je n'ai rien écrit. Juste cette phrase: 

 

Il tombe de gros flocons

 

Toute une année je suis restée derrière la fenêtre à regarder tomber la neige

 

J'y suis toujours "tempete-de-neige-001-20090810 

 

Face à la fenêtre, face à la neige une année après, je viens d'ajouter: 

 

Il me semble que je perds la mémoire 

 

Les pages qui suivent sont aussi blanches que la campagne sous la neige ensevelie 

 

Il tombe de gros flocons 

 

...je perds la mémoire  neige10120817

 

Un heure pour tourner une page

Un an pour écrire une phrase.

L'éternité pour ne plus rien dire 

 

Parfois la contemplation des flocons me transporte du côté d'Andersen. S'apaise alors une douleur qui ne me laisse aucun répit et que je traîne depuis la Nuit des temps. Liée à la disparition des êtres, l'arrachement, l'adieu, je ne sais comment la nommer. Depuis l'enfance, il en est ainsi. Alors, j'écris. Ecrire tempère un peu cette douleur sans nom. 

 

Ecrire c'est la même occupation que regarder tomber la neige

 

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Ill tombe de gros flocons et, si ma mémoire s'est engourdie, c'est peut-être une manifestation pour que s'endorme la douleur liée à cette joie encore palpable, mais irrémédiablement enfuie. Il me semble aussi que je suis atteinte d'un mal étrange que je nommerai maladie de l'attachement. Pathologie non répertoriée, ne figurant dans aucun livre de médecine. Je la cache comme une maladie honteuse. Je la nomme maladie de l'attachement, car je ne trouve pas d'autres mots pour la décrire. Depuis toujours je vis avec ce mal. Je suis née avec. Je crois même qu'il existait en moi avant que je ne vienne au monde. Parfois j'ai la mémoire d'une autre vie et même d'autres vies, et le sentiment que, dans ces vies-là, j'étais déjà atteinte de cette maladie de l'attachement. Mes gènes s'en souviennent. J'ai cette impression souvent. En plus de ma mémoire, qui elle aussi s'enfuit, une autre mémoire plus ancienne que moi me laisse un sentiment de malaise, de déjà-vécu. Je ne peux y accéder que par touches explosives. Territoire où tout m'aveugle au point de ne plus voir mais de ressentir seulement. Tout se passe comme si je me retrouvais errante, sans mémoire, dans une clairière interdite, minée, où j'aurais pénétré par effraction.

 

 

Dehors, un merle chante et sautille autour des miettes de pain que je lui ai jetées. Chaque jour, il vient chercher sa nourriture. je le regarde s'ébrouer, picorer, lisser ses plumes qui luisent comme l'éclair d'un satin bleu. Est-ce un messager? Comment décrypter les milliers de signes que ses pattes ont tracés sur la neige durcie.merle-en-gros-plan

Au premier rayon de soleil, il s'envole sur un toit et lance sur l'azur retrouvé des trilles d'une force et d'une pureté étourdissantes comme pour rendre grâce à la soudaine beauté du monde qui se lève. Je ne sais quel Art de la  Fugue jaillit de ce minuscule gosier. Submergée par une joie depuis longtemps oubliée, j'ouvre la fenêtre et tente de  l'imiter en sifflant. Il me répond; Sa vaillance, son entêtante gaieté me sont d'un secours inespéré

 

Me revient en mémoire cette phrase de Bachelard : 

 

"La roulade du merle est un cristal qui tombe, une cascade qui meurt. Le merle ne chante pas pour le ciel. Il chante pour une eau prochaine "

 

Immobile dans la neige qui scintille, j'écoute son chant futé qu'il module avec une ardeur inquiète, le suspendant parfois, inclinant la tête, comme s'il attendait une réponse en écho à ses trilles interrogatifs. Larmes aux yeux je l'écoute chanter sa vie brève. La joie que j'avais ressentie, alors, m'accable et me brise.

 

Il chante pour un adieu.

 

Je l'ai toujours su 


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cygne-sauvage-240607Où sont passés les cygnes sauvages?. Où sont-ils partis? Vers quels pays? Fauchés en plein vol par le virus H5N1, sans doute. Même ceux des contes d'Andersen en crèveraient. Je ne pourrai plus m'agripper à leurs ailes pour qu'ils m'emportent loin, très loin d'ici. Presque tous sont atteints par le virus de la grippe aviaire et meurent au bord des lacs.cygnes-gallician-france-1398553826-1098917

Lefevre8.

 

Déormais Hermine tu vis à Paris. La maison est vide quand elle ne résonne plus de ton violoncelle. Etrange silence des cordes qui ne vibrent plus. Dans ta chambre une partition est restée ouverte sur le pupitre : Tout un monde lointain.., d'Henri Dutilleux. Le titre a été emprûnté à un poème de Baudelaire, La Chevelure :

"Tout un monde lointain, absent, presque défunt "

Je pense soudain qu'il pourrait aussi devenir le titre de ce livre. Partout des signes, des traces de ton passage. La colophane dont tu frottes les crins de ton archet avant de jouer, s'est brisée sur le plancher. Dans la précipitation de ton départ, tu as dû marcher dessus. On dirait qu'on a renversé des topazes brûlées. Un trésor qu'un rayon de soleil illumine.Hermine 5800 1126088764004 1580703167 292849 5216158 n

 

Lorqu'on pénètre dans la chambre d'un être qu'on aime et qui n'est plus là, il y règne une mystérieuse ordonnance des meubles, des objets et de l'espace qui les entoure. Cette impalpable alchimie de l'air et de la lumière leur donne une âme et je ne sais quoi de vivant nous retient dans la chambre déserrée. On reste là, gorge nouée, comme visité par ces rais de lumière où flotte l'aura de l'absente. On est dans un sanctuaire. Dans cet espace, qu'on a si souvent occupé ensemble, où l'on a ri, chahuté, chanté, crié, joué de la musique, désormais c'est le calme qui étreint. Livres et partitions remplis de silence, jonchent le sol. Les petites choses accumulées durant l'enfance, bibelots, grisgris, barrettes, rubans, colifichets, fouillis de vêtements, bijoux de quatre sous, feutres de couleur, papiers à dessin, photos de toutes sortes d'animaux-surtout des chevaux- attendent un retour dans ce musée de l'absence. Même l'air qui soulève les rideaux garde les effluves de ta chevelure-ambre et vanille. Je me souviens de mon enchantement quand je nattais tes cheveux. Musc léger. Foin brûlant sous une pluie d'été. Chaque matin, je te faisais des tresses avant de partir pour l'école. Nous y allions souvent à pîed pour le bonheur de traverser chaque saison. A la rentrée des classes, à la première fraîcheur, quand il fallait déjà prévoir un lainage, dans la lumère d'automne, saisissant ma main, tu me demandais avec une pointe de mélancolie si je ne trouvais pas qu'il flottait dans l'air comme une odeur de vieilles clés rouillées. Les hirondelles se rassemblaient sur les fils électriques. Le cri des oiseaux n'était plus le même. On marchait dans la lumière et l'odeur de l'automne. On baignait dans l'enchantement de cette saison. Et pourtant, on avait le coeur serré. Tu me parlais des Quatre saisons de Vivaldi, dont tu souhaitais écouter l'Automne ce soir-là en rentrant de l'école.

 

A seize ans Hermine est admise au  Conservatoire de Paris. Elle y fera des séjours de plus en plus fréquents, de plus en plus longs..Hermine 5800 1126088924008 1580703167 292851 3220684 n

Mardi 12 juin 2007. Hier soir Hermine, tu étais invitée par le Quatuor Manfred pour jouer avec eux le " Quintette pour deux violoncelles de Franz Schubert". Le concert a eu lieu aux Hospices de Beaune

Il y a sept ans, tu avais alors 13 ans, le Quatuor Manfred a joué ce même quintette avec un prestigieux invité, Mstislav Rostropovitch. C'était à l'Abbaye de Fontenay en Bourgogne, dans le cadre de la célébration du neuvième  anniversaire de la Fondation de l'abbaye de Citeaux. Une foule immense était venue à cette occasion. Des écrans permettaient de voir le visage des musiciens Je me souviens de la passion, de la formidable énergie qui animait le visage de Mstislav Rostropovitch. Son regard surtout qui cherchait sans cesse celui des musiciens. Je me souviens des chauve-souris qui volaient, rasant la tête des spectateurs. Je me souviens de cette façon particulière qu'avait Rostropovitch de tenir son violoncelle. Presque couché. Je me souviens de toi, Hermine, de ton écoute. De ton  émerveillement.Hermine222922 18205Hermine et son violoncelle62445412 15807


 

Depuis sa plus tendre enfance, Hermine aime les chevaux. Le cheval de ses rêves: un étalon andalou  La Licorne1580703167 150800 5733483Elle a mené son enquête, réuni toutes sortes de numéros de téléphone, d'adresses internet, de renseignements sur les éleveurs ou revendeurs de ces chevaux. Après les livres qu'elle a lus, les visites dans les élevages et dans divers salons du cheval, son choix se porte toujours sur les Frisons, les Lusitaniens, les Espagnols. Ce qui l'attire chez les chevaux de ces origines, c'est leur caractère calme, leur aptitude au travail et, aussi, qu'en toutes circonstances ils savent rester "froids dans leur tête". Elle nous explique qu'ils ont des origines très anciennes. Ils ont servi aux Conquistadores et aujourd'hui, en raison de leur calme, on les utilise pour les corridas, les férias, les processions religieuses, les parades militaires. Après bien des déplacements en France, après avoir vu évoluer une dizaine de chevaux, on finit par trouver celui qui fera sa joie. On lui présente un magnifique étalon andalou gris argenté avec une longue crinière, une très belle tête, l'oeil d'une grande douceur. Comment s'appelle-t-il? Doncel VI. On nous dit qu'il est "réformé" des férias de Séville et qu'il a neuf ans. Dès qu'elle le monte, il incline sa puissante encolure La Licorne 1580703167 150801 4339288Sur la petite route de campagne où elle s'engage avec lui pour la première fois, le bel étalon prend des attitudes très particulières quand il trotte18448 1252477723649 1580703167 593733 1321987 nIl tient sa tête abaissée et lève ses antérieurs si haut qu'il semble parfois en suspension dans les airs. On dirait qu'il danse. C'est un spectacle merveilleux et touchant de regarder ce cheval aux allures relevées si nobles pratiquer de lui-même des pas de haute école. Il trotte comme un cheval de parade. Quand elle lui demande le galop, il part sans brusquerie et s'arrête de lui-même. Je les regarde s'éloigner à nouveau, crinière et cheveux au vent. On sent que la fusion entre le cheval et sa cavalière est immédiate. C'est le coup de foudre. une grande histoire d'amour et de confiance va commencer

 

A propos du Petit Prince  cannibale:

"J'y racontais comment j'avais mené seule ce combat contre l'autisme de mon fils. Je n'attendais rien des institutions. Ni de personne. L'autisme n'attend pas. Il est comme la vague meutrière. Il ravage tout sur son passage. Certes, dans cette aventure, j'aurai laissé beaucoup de mes forces, de ma joie, de mon insouciance. Mais j'aurai vécu une histoire exceptionnelle. Elle est peut-être là, ma traversée des océans à l'envers et en solitaire. Elle serait totalement oubliée, si je ne l'avais consignée dans un livre. Puis un autre. Une fois de plus, je pense  que c'est mon entêtement qui m'aura poussée à m'occuper seule de mon fils, loin de l'indifférence, voire du mépris et de l'hostilité des uns et de autres, de l'immobilisme des institutions. Mais, avant tout, je ne voulais pas que quiconque me rafle la grande histoire d'amour que je vivais avec cet enfant. Ensuite, je me sentais taillée pour ce combat.. Justement contre les forces et les courants contraires. Ce fut en effet une traversée des plus solitaires.

Mais comment ne pas avoir été bouleversée par cette phrase si mystérieuse prononcée à voix basse, presqu'inintelligible, par mon fils à l'âge de six ans:

"Quand on perd l'équilibre, on perd son royaume"

Cette phrase est un trésor. C'est elle qui m'a donné la force d'écrire deux livres le concernant et surtout l'envie de comprendre, de l'apprivoiser et d'entrer dans son monde au lieu de le laisser massacrer par les aveugles et puissantes institutions.

 

Hugo Horiot, le Petit Pince cannibale en tournage chez moi en Belgqiue, en ce début juin 2011

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Aux informations, on ne parle plus du jaseur boreal, que je n'ai jamais vu. Où est-il parti? Le seul fait d'écrire son nom me plonge dans le ravissement

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Je veux me souvenir des fenêtres heureuses.

 

Fenêtre ouverte64929670

J'ai  toujours aimé les fenêtres. où que je me trouve, je vais à la fenêtre 

Avant- mais quand?-le fenêtre de ma chambre donnait sur unr prairie heureuse. IMGA0413.JPG

Eté comme hiver, je l'ouvrais. Quand arrivait le mois de juin, ivre de l'odeur des bois, de la sève des arbres, je m'étourdissais du bruissement des abeilles. Bruissements du désir. Impatience de la peau. Légèreté de la marche. Légèreté du corps amoureux...Battements fous du sang. Cadence venue du fond des âges. Pieds nus sur les dalles, je m'élançais à la recherche de l'homme que j'aimais.

Je courais d'une fenêtre à l'autre, les ouvrant toutes, l'appelant. Personne. Immuable, la nature respirait. Aurais-je dû comprendre que ce bonheur n'en était peut-être pas un...Pourtant chaque matin, regardant par la fenêtre, il me semblait que c'était le bonheur que je contemplais, même si, sourdement, je savais que ma vie durant il me faudrait lutter pour le sauver du désastre.

 

Certains bonheurs n'autorisent aucun repos.

 

Aujourd'hui, cette fenêtre à laquelle je me suis si souvent accoudée semble flotter dans les limbes.

 

Château auu bord de la Mer414915787 0bd6a13e0512 

C'est l'hiver. Une chambre dans un hôtel désert au bord de la mer. Do not disturb. Elle garde la chambre jusqu'à midi. Elle veut en finir avec ce livre. Avec son histoire. Avec cette douleur. Ecrire ce qui la tue. Elle se revoit dans la maison à l'attendre, murée dans sa foi amoureuse. Et s'il avait eu un accident. Et si l'avion avait eu du retard. Son portable ne répond pas.Impossible de le joindre. Sa voix. Sa voix adorée lui manque. Pourquoi n'appelle t-il pas ?. Plus tard il dira qu'il n'y avait pas de réseau, là où il était. Il n'avait plus de batterie. il ne trouvait plus son chargeur. Il dira que ce n'est pas raisonnable de l'attendre ainsi. Pourquoi ne s'est-elle pas couchée? Elle ne devrait pas veiller. Elle devrait dormir en toute confiance. Elle a de la chance de rester auprès de leurs enfants tandis qu'il s'échine à courir le monde. Elle se revoit dans la maison à l'attendre des nuits entières, murée dans sa foi amoureuse. Sa confiance, sa patience. Longtemps après sa mort, elle en est sûre, son fantôme restera derrière la fenêtre ou flottant dans le couloir, un enfant dans les bras, car les enfants parfois se réveillent et pleurent la nuit. Elle revoit ces nuits d'hiver, ces nuits d'été, où dans la grande maison elle circulait pieds nus de fenêtre en fenêtre avec ce poids de plus en plus lourd, celui de l'enfant consolé qui s'est rendormi; Ce poids merveilleusement lourd de l'amour et de l'apaisement retrouvé. Dehors les abois des chiens, les cris de la chouette, le vent dans les arbres, les voitures qui passent. Un ciel magnifique. Elle pense un ciel d'Italie. Quand il rentre enfin, il a cet air étranger, fermé. il fuit dans le silence. Elle cherche son rfegard. Ment-il? Non, il ne le peut pas. Entre eux trop de serments. Trop de complicité. trop de confiance. trop d'épreuves. Trop de deuils. trop de courage. Trop de rires. trop de tendresse. Trop d'amour.

 

Ma mémoire vient de lâcher.

Dans ce délabrement que j'espère passager, je n'arrive plus à me souvenir de ce qui m'occupait ces derniers jours. On me dit que j'étais en train de commencer un livre. Le dix-huitième...Pour m'en convaincre, on m'entraîne devant une étagère où ils sont rangés. Ma première impression, c'est qu'ils tiennent peu de place. De l'index, je frôle leur dos. Je les regarde. J'incline la tête pour en lire les titres. Ils me sont étrangers et pourtant chacun m'a mobilisée corps et âme, autant que celui que j'essaie de continuer aujourd'hui. Avec eux, j'ai bien plus qu'un lien. une étrange intimité, une dépendance comme avec un être que j'aurais aimé. Et ce lien s'est défait sans bruit, sans même que je m'en aperçoive, me rendant à une absence sans nom. Et c'est une autre façon de mourir. Cela, au moins, je le comprends. Dans ce trou noir, de vagues réminiscences éclairent parfois les zônes d'ombre de ma mémoire, un peu comme une ampoule vacille avant de s'éteindre tout à fait. Et ce qui surgit du passé m'accable davantage qu'une franche amnésie. De là vient la douleur que je ressens. Je suis face à un village en ruine où l'on me demande: -Est-ce que tu te souviens?- Je retrouve un ciel, une odeur, un cri d'oiseau. Un vertige ressurgit de l'enfance. Je crois que cela s'appelle la joie. Oui, c'était la joie. Cette joie perdue. Dès la première heure, perdue. Maintes fois perdue. Soudainement retrouvée. Comme le bleu après l'orage. Courtes trêves sans raison. Aujourd'hui, je l'ai compris, la perte de ce don d'aimer, de la capacité de me réjouir sont la cause de cette douleur qui ne me quitte pas. Les efforts que je fais pour reconquérir cette allégresse me semblent parfois insurmontables.P1060420

 

J'ai hâte d'en finir avec ce texte.. J'aborde mon soixante-quatrième été. Bientôt mon soixante-cinquième hiver...bouleau-enneige

 

Pour toi Hermine, ce sera le vingt et unième. Mais toi, tu resteras toujours dans le printemps. Je pense au jeune bouleau que tu as planté et soigné durant toute une année en classe de CE2. Tu avais huit ans. De tous les arbres qui ont pris racine ce jour-là, c'est celui qui a poussé le plus haut, le plus droit.Je ne sais si c'est dû à son espèce ou parce que tu as la main verte. Le jour de la plantation, nous sommes allées le voir ensemble.

Je ne peux m'empêcher de penser à la tronçonneuse imbécile qui un jour, forcément l'abattra.

Soudain j'ai besoin d'en finir. Je veux écrire la dernière page de ce livre avant même d'achever les chapotres qui la précèdent. Je veux le faire auprès de ce jeune arbre qui me parle de toi, de l'amour, de ton violoncelle, de l'absence, du temps qui a passé, des larmes de l'humanité. Je lui demande de me transmettre un peu de sa sève afin que je trouve la force d'aller au bout de ce texte. J'embrasse son tronc. Je pose les mains sur son écorce qui se déroule jusqu'à la cime comme un parchemin lumineux dont j'essaie de déchiffrer l'écriture secrète. J'écoute le murmure du vent dans son feuillage. Je ne me lasse pas d'y regarder le tremblement de la lumière. Je pose mes lèvres sur son écorce odorante qui par endroits s'effiloche comme des rubans de soie. J'ai appris qu'en brûlant l'écorce du bouleau on obtient une huile, le diogot, qui donne son odeur particulière au cuir de Russie.Hermine et Françoise

 

A peine étais-tu rentrée dans la cour de l'école qu'un orage qui menaçait au loin a brusquement éclaté. Aux premiers coups de tonnerre, aux premiers éclairs, une ombre est passée dans tes yeux. Tandis que je m'éloignais à reculons en t'envoyant des baisers, tu as couru vers moi. Alors je t'ai serrée dans mes bras, nous avons valsé dans la lumière de l'arc-en-ciel qui venait de se lever. Ivres de pollen et de joie, nous avons tournoyé dans la beauté du monde. Ensemble et à voix haute, les yeux dans l'azur revenu, nous avons dit et redit ce vers de  Mallarmé.

Telle une clameur :  

 

"Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui....

     Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui...."

 

22 novembre 2004

 2 septembre 2007

 

 




 



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Published by Christian VANCAU - dans Françoise LEFEVRE
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commentaires

camille 20/02/2012 00:59


Je parcours votre blog depuis hier et n'y trouve que ravissement. Françoise Lefevre m'avait captée dès "Le petit prince cannibale"...Les totems me parlent beaucoup aussi.


Merci !

Christian VANCAU 21/02/2012 14:18



merci Camille, soyer la bienvenue. A tout hasard je suis aussi sur FB"Christian vancau" Restons en contact. Avez-vous vu le film qui é été réalise sur moi par Hugo HORIOT, le fils de Françoise
Lefèvre, "Le petit Prince..." précisément; Il est sur mon blog, le DVD est en vente et vous pouvez aussi le trouver sur Dalymotion "Homme de Boue, Homme d'argile, le vieux con qui ne se rend pas"