Entre 1947 et 1949, alors que ses entrepôts de Bercy sont vendus, il entreprend plusieurs voyages dans le Sahara et apprend
l'arabe. Il réalise une série de gouaches, de nombreuses peintures à la colle et des dessins aux crayons de couleur, travail préliminaire à un cycle
sur le désert qui ne verra jamais le jour
Dès juillet 1945,
Jean Dubuffet a commencé en France et en Suisse une collection curieuse; il s'agit d'oeuvres d'expression populaire, de sculptures, peintures, tapisseries, objets divers élaborés par de
médiums, malades mentaux, artisans marginaux et détenus.. Accompagné de Jean Paulhan et de Le Corbusier, il se rend d'abord en Suisse à l'hôpital de Waldau de Berne. Il y découvre les
travaux d'Adolf Wölfli et d'Heinrich Anton Müller, rencontre Walter Morgenthaler (le biographe et
psychiatre de Wölfli). A Lausanne ce sont les travaux de Louis Soutter et Marguerite Burnat-Provins qui l'enthousiasment. Dans une lettre à René
Auberjonois, Dubuffet emploie pour la première fois le terme d'art brut. Il se rend à l'asile de Rodez et y rencontre le Dr Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud
Sols et Terrains prolonge ses recherches sur la matière. Il donne également une importante série de "vaches". Voici "La Vache à la jolie queue"
En 1955 il s'installe à Vence et reprend ses assemblages de fragments de tableaux, de textures et de morceaux de papiers
tachés d'encre. Son goût déjà évident pour les textures riches et empârées débouche sur le cycle des "Texturologies"(1957), hauts-reliefs de matériaux mixtes et en partie non picturaux d'où toute anecdote, toute figuration est exclue. Plusieurs autres séries ont trait à l'élément minéral:
Terres radieuses, Pâtes battues, Célébrations du sol. Voici "Vie exemplaire du Sol "1958
De 1958 à 1962, il
travaille à des compositions lithographiques (cycle des Phénomènes), réalise une série d'empreintes sur le thème de Barbes, marie des végétaux dans "les Eléments botaniques" et commence le grand cycle des Matériologies. Voici la "Barbe de lumière des aveuglés" juillet 1959 et en-dessous "Barbe des Combais
Parallèlement, il entretient
durant une douzaine d'années, des relations avec le Collège de pataphysique qui lui consacre
un double cahier en 1960 (Cosmorama de Jean Dubuffet). Il aborde également la création musicale avec l'un des fondateurs
du groupe Cobra, Asger Jorn. Leur collaboration se traduit apr un enregistrement de quatre disques.
En 1961 toujours, le cycle Paris Circus marque le grand retour à la peinture aux couleurs primaires et aux formes exacerbées. Dubuffet y campe la grande ville, son
affluence, ses rues, ses enseignes, ses automobiles
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