Partager l'article ! Les Livres de et sur...Françoise Lefèvre: PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE 1. 1974 - La Première Habitude (Editions Pa ...
J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord de Sedan et 75 Kms au Nord
de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Sedan et
Charleville au Sud-Ouest
Mon adresse-mail est la suivante: christian.vancau@base.be
" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain
ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )
Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre
Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges, un endroit magnifique au bord de la
forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en
Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était
embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à
part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je
me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la
banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" ! En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5
anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis
donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé.
Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en
ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été
fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des
étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis
retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à
suivre).
J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art n'était pas plus
reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de
toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de
la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence,
agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche,
ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres
est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en
Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du
Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des
groupes, quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux
d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un
journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et
contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de
ce blog
PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE
1. 1974 - La Première Habitude (Editions Pauvert-Republié dans "J'ai Lu ")(Grand Prix des Lectrices de "Elle", 1974)
2. 1976 - L'Or des chambres (Editions Pauvert
3. 1977 - Le bout du compte (Editions Pauvert)
4. 1985 - Mortel Azur (Jean-Jacques Pauvert chez Mazarine- Réédité chez "J'ai Lu" en
1999)
5. 1990 - Le petit Prince Cannibale (Actes Sud, republié chez "J'ai Lu") (Prix Goncourt des Lycéens,
1990
)
6. 1993 - Blanche c'est moi (Ediions Actes Sud)
7. 1994 - La Grosse (Editions Actes Sud)
8. 1994 - Hermine (Editions Stock)
9. 1995 - Surtout ne me dessine pas un mouton (Editions du Rocher)
10. 1997 - Un soir sans raison (Editions du Rocher)
11. 1998 - Les larmes d'André Hardellet (Eiditions du Rocher)
12. 1998 - Consigne des minutes heureuses (Editions du Rocher, republié chez "J'ai Lu").
13. 2000 - En nous des choses tues (Editions du Rocher)
14. 2000 - Souliers d'automne (Editions du Rocher)
15. 2001 - L'Offrande (Editions du Rocher)
16. 2002 - Alma ou la chute des feuilles (Editions du Rocher)
17. 2004 - Se perdre avec les ombres (Editions du Rocher) (Prix Marcel Aymé
18. 2008 - Un album de silence (Editions Mercure de France)
LiVRES SUR FRANCOISE LEFEVRE.
UNE AUTRE QUE
MOI de Sabine BOURGOIS- K Editions-26190 Rochechinard-2004
Un très beau livre écrit, au début des années 2000, par une jeune
lectrice, Sabine BOURGOIS, au départ d' une lettre envoyée à Françoise, Lettre qui devient Livre et au surplus remporte un prix littéraire "A la découverte des écrivains du Nord",en 2004 ou "Prix
Furet du Nord" lui remis à Lille, par le Directeur délégué du Furet du Nord, Pierre Coursières

Avec l'autorisation de l'auteur, mon amie Sabine Bourgois
"Il m'a fallu du temps pour me faire à l'idée de vous partager. Et puis avec qui vous partager ?
Vos livres, je ne les prêtais à personne. Ils ne sortaient pas du rayonnage où je les laissais
reposer, sur l'étagère la plus basse. D'autres étaient placés en lieu sûr, derrière la porte d'une table de chevet.
J'ouvrais la porte,
je les prenais, les palpais longuement puis les rangeais. C'était un cérémonial de rien par lequel je puisais des forces, une imploration silencieuse et secrète, la certitude que ces livres
n'étaient pas seulement des livres, et qu'ils avaient le pouvoir de m'emmener plus loin
"Votre voix sort lentement d'un long couloir. Voilà l'image: celle du train dont on peut apercevoir dans le lointain les feux de la motrice, le nuit, sur un quai de gare quasi désert .
On distingue au loin les feux de la motrice; et l'impatience d'accueillir le passsager pour lequel on se tient debout dans le froid, immobile, rend l'avancée du train vers l'extrémité de la voie encor plus lente, plus détachée. A l'impatience se mêle l'appréhension, la langue se plaque contre le palais.
J'aime votre voix tâtonnante, choisisssant ses mots, puis les prononçant sans plus aucune hésitation. Une voix rare à laquelle je n'ai pas accès. Cette voix a choisi le silence, elle parle par la main, par l'écrit. Nous perdons sa volupté grave, l'appel de grottes, d'églises, le cri venu d'uncachot, une voix en perspective comme une toile peinte et ses différents plans. C'est une voix souterraine. une voix de source. Lorsqu'elle perce la surface de l'eau, c'est l'étonnement.
Je vous ai écoutée pendant près d'une heure au téléphone. Vous ne mesuriez pas votre temps. Jaurais voulu conserver votre voix comme je peux conserver vos livres. Mais je connais déjà cette sensation avec la voix des morts. Au moment où je me les rappelle, où je les écoute en moi-même pour ne pas les oublier, pour m'en souvenir jusqu'à ma mort, je suis encore plus seule. A ces moments la mort serait attrayante, si elle permettait de rejoindre ces voix que j'ai tellement aimées.
Votre voix ne m'a pas pris la main. Votre voix a marché devant moi, et je l'ai suivie, en marchant un peu à vos côtés, un peu à votre suite. J'ai essayé de saisir tout ce que vous aviez à me dire, et de tout retenir. Ma mémoire s'est transformée en un panier que j'emplissais et emplissais. Puis il fut plein et vous n'aviez pas fini de parler. J'avais des mots et des phrases dans les poches, le pull, les mains. Tout était important surtout le fil de votre voix qu'il ne fallait pas rompre. Je balbutiais des mots, je vous les tendais, vous les preniez, nous tentions de raccomoder notre conversation. Vous accrochiez ce fil au vôtre, et vous repartiez en tête, délestant encore tous ces mots et parfois une douleur contenue. Je tendais les mains. Pour recevoir la douleur je tendais les mains. Je ne sais pas si j'ai souvent refusé de partager la douleur. Refusé de partager le plaisir: oui. Refusé de partager la solitude: oui. Refusé de partager la douleur, je ne sais pas. Parfois la douleur de l'autre devient immédiatement la mienne. Et si je dois partir, je l'emporte avec moi. Et si je ne sais pas la porter, j'en porte la culpabilité, qui est une autre forme de la douleur."
"Françoise. Je voudrais vous rencontrer pour démythifier l'image que j'ai de vous. Pour me libérer des liens que j'ai tissés entre vous et moi. pour que vous m'apparaissiez enfin comme un être humain, ni pire, ni meilleur. Pour qu'à mon tour je puisse écrire, même mal, même dans la douleur et même par bonheur. Car l'écriture m'est nécessaire également. Je vous ai érigée en maître de l'écriture et j'ai tant besoin de vous détrôner : Car l'oeil de celui qu'on vénère est aussi l'oeil de Caïn "
Livre admirable, une véritable écriture, elle aussi. A lire
impérativement
"Les Caresses de l'absence chez Françoise Lefèvre"
de Pierre Perrin (Editions du Rocher - 1998)
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