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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

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Site traduit en Anglais :

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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:00

Âge d'or ottoman

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La mosquée Mustafa Pacha vue de la forteresse

La Mosquée-Mustapha Pasha SkopjeAprès l'invasion ottomane, la forteresse perd son caractère urbain et n'est plus qu'un site militaire. L'ensemble est réaménagé, des entrepôts, des barraques et des ateliers d'armes sont construits, mais Skopje perd rapidement son importance stratégique, car les frontières de l'empire ottoman sont sans cesse déplacées vers le nord, où les conquêtes se poursuivent. Skopje, rebaptisée Üsküb, devient alors le siège d'une petite garnison. L'extension de l'empire vers le nord permet cependant à Üsküb de rester sur un grand axe commercial, qui relie la mer Égée à Belgrade et la Hongrie.

La Mosquée Murat Pacha401px-Скопје (Skopje) (16) La Mosquée Murat Pacha

La Mosquée AladjaMosquée Aladja

La ville basse connaît un véritable essor commercial jusqu'au xviie siècle et sa population change profondément. Les conversions à l'Islam sont nombreuses dans les villes des Balkans et de nouvelles communautés s'installent, notamment des Turcs et des Juifs, ces derniers venant surtout de lapéninsule ibérique où ils fuient l'Inquisition. En 1455, Üsküb compte 511 foyers musulmans et 339 foyers orthodoxes, et en 1519, 717 foyers musulmans alors que le nombre de foyers orthodoxes est descendu à 302. Hammam Daout Pacha 800px-Skopje-Daut Pashin HamamLes chrétiens de la ville sont surtout des Macédoniens et des Albanaisnon convertis, mais aussi des marchands arméniens et ragusains. Chaque communauté vit dans son propre quartier, par exemple les Juifs se concentrent entre le Vardar et la forteresse65.

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Vue de Skopje en 1594

Le bazar est aménagé autour du bezisten, marché couvert mentionné pour la première fois en 1469, et les principales mosquées de la ville, comme celles de Mustafa Pacha ou du Sultan Murat sont construites des années 1430 au début du xvie siècle, tout comme les hammams et des caravansérails. Ces constructions sont patronnées par des dignitaires ottomans locaux comme Mustafa Pacha, Ishak Bey et Yahya Pacha, vizirs, gouverneurs de la ville ou bien issus de l'entourage du Sultan. Üsküb est par ailleurs au cours des XVe et XVIe siècles un bastion religieux depuis lequel est organisée la conversion de la Serbie et de la Bosnie. Vers 1450, la ville compte 71 imams, 58 muezzins et 377 artisans, dont la grande majorité est musulmane. Üsküb est aussi un centre soufi et compte vingt tekkes au xviie siècle. En 1505, un séisme touche Üsküb et détruit une partie de la ville ; cependant, elle reprend rapidement son activité.

La Tour du Bey du 17e siècleLa Tour du Bey 800px-Feudalna Kula Skopje 02

Bien que la première synagogue connue de Skopje ait été construite en 1366, la communauté juive augmente significativement à partir de 1481 puis après son expulsion d'Espagne en 1492. Selon un voyageur italien qui visite Üsküb en 1560, les Juifs dépassent alors en nombre toutes les autres communautés de la ville. La fondation de la synagogue Bet Ya'akov au xviie siècle permet à Üsküb de devenir un centre religieux judaïque et elle est visitée par Sabbataï Tsevi et Nathan de Gaza, alors considérés par beaucoup de Juifs comme les nouveaux messies. Nathan de Gaza, qui meurt en 1680, est par ailleurs enterré à Üsküb.

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La Tour du Bey, construite au XVIIesiècle, est l'une des seules constructions ottomanes de la rive sud du Vardar

Üsküb est visitée par plusieurs voyageurs étrangers au cours des XVIe et XVIIe siècles. Philippe Canaye, dans son Voyage du Levant, publié en 1573, décrit la ville comme :

« une très grande cité placée suivant quelques-uns en Bulgarie, mais à mon avis en Macédoine, si l'on conserve les anciennes frontières, […] là passe un fleuve nommé Vardar. À l'entrée de la ville sont les ruines d'un vieux château, et à l'intérieur de celui-ci une église grecque. […] Cette ville a une horloge publique qui s'entend de toute la ville et qui sonne les heures à la française. […] À Scopia réside le Beylerbey de Grèce, quand il n'est pas à Stamboul. »

De son côté, Dilger Zede, un Turc, écrit au xviie siècle :

« J'ai voyagé pendant longtemps à travers le pays de Roumélie, vu beaucoup de belles villes et été impressionné par la grâce d'Allah, mais aucune ne m'a autant impressionné ni transporté que cette ville du paradis - Üsküb, à travers laquelle coule le Vardar. »

L'écrivain et voyageur turc du xviie siècle, Evliya Çelebi, comptabilise 10 160 maisons vers 1670. La population de l'époque est estimée entre 30 000 et 60 000 habitants39. Üsküb est alors, avec Sarajevo et Belgrade, l'une des seules grandes villes sur le territoire de la future Yougoslavie. Par comparaison, Raguse, actuelle Dubrovnik, qui est pourtant un grand port de commerce, compte à peine 7 000 habitants à la même période.

Guerre austro-turque et déclin 220px-%D0%A1%D0%BA%D0%BE%D0%BF%D1%98%D0%

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La mosquée Murat Pacha, construite après l'incendie sur les ruines d'un édifice plus ancien

Üsküb est durement touchée par la Deuxième guerre austro-turque. En 1689, l'armée autrichienne arrive en Macédoine après avoir remporté le siège deVienne. Üsküb, où sévit une épidémie de choléra, est déserte et sa forteresse en mauvais état, 400 cavaliers suffisent aux Autrichiens pour la prendre le 25 octobre. Le général Engelberto d'Ugo Piccolomini fait incendier la ville le même jour, pour anéantir le choléra, mais probablement aussi pour venger les dégats faits à Vienne par les Ottomans. Üsküb continue de brûler pendant deux jours, les dégats sont considérables, surtout dans le quartier juif.

La présence autrichienne satisfait de nombreux chrétiens de Macédoine, pour qui elle signifie la fin de l'hégémonie musulmane. Les Autrichiens sont soutenus par de nombreux haïdouks, comme Petar Karpoch, qui profite de la guerre pour mener une rébellion contre les Turcs. Mais les Autrichiens quittent rapidement la Macédoine et les Turcs écrasent les rebelles chrétiens. Bon nombre de ceux-ci quittent définitivement Üsküb et trouvent refuge dans le nord des Balkans. Petar Karpoch est arrêté et empalé par les Turcs sur le Pont de pierre.Famille albanaise de Skopje 1910

Üsküb connaît après la Guerre austro-turque une longue période de récession. La forteresse est reconstruite vers 1700, tout comme les édifices officiels, comme les mosquées et les caravansérails, mais la ville dans son ensemble n'est plus qu'une étendue de taudis. Les habitants sont décimés à plusieurs reprises par des épidémies de peste et de choléra, et un grand nombre d'entre-eux émigre, par exemple beaucoup de Turcs partent s'installer à Istanbul, dans le quartier d'Eyüp. l'Empire ottoman est secoué par de graves crises qui l'affaiblissent et des rébellions éclatent un peu partout en Macédoine. Ces rébellions sont généralement conduites par des hors-la-loi turcs, qui profitent de la faiblesse de la Sublime Porte pour piller les villages, mais aussi par des Janissaires ou des haïdouks, qui réclament plus de droits ou de pouvoir.Rue du Vieux Bazar800px-Скопје (Skopje) (6) (1)Costumes traditionnels de SkopjeLe ZELENI PAZARLe Zeleni Pazar00px-Zeleno pazarce - Flickr - ImogenX (9)

La récession se poursuit tout au long du xviiie siècle puis au cours des premières décennies du xixe siècle. Une estimation faite par des officiers français vers 1836 indique qu'Üsküb n'a plus que 10 000 habitants, soit à peine le tiers de sa population du xvie siècle. Selon ces mêmes estimations, la ville est largement dépassée par deux autres villes de l'actuelle République de Macédoine, Bitola (40 000 habitants) et Chtip (entre 15 000 et 20 000 habitants). Un recensement ottoman de 1842 indique quant à lui 1 016 foyers musulmans et 295 foyers non-musulmans. Selon ce même recensement, la ville compte alors 7 305 habitants, dont 5 080 musulmans, 1 475 chrétiens et environ 500 Tsiganes et 250 Juifs. La kaza, soit la ville ainsi que les villages autour, regroupe alors 25 095 habitants.

Renouveau économique et culturel 

Une petite croissance démographique est amorcée à Skopje La Cathédrale de la Nativité de la VieregeSv. BogoÜsküb après 1850. Elle est encouragée par l'arrivée de petits groupes, comme des Tsiganesvenus des environs, ou des Turcs et des Bosniaques qui fuient la Serbie et la Bulgarie nouvellement indépendantes et qui s'installent dans le nouveau quartier de Madjir Maalo, mais surtout par l'exode rural de Macédoniens. La construction en 1873 d'une voie ferrée qui relie la ville à Thessalonique amplifie par ailleurs le renouveau économique de la ville. Cette ligne, construite par des entreprises occidentales, est prolongée l'année suivante jusqu'àKosovska Mitrovica, puis une bifurcation vers Belgrade est ouverte en 1888. La position de la gare, sur la rive sud du Vardar, entraîne le déplacement progressif des activités commerciales sur ce côté du fleuve, auparavant resté pratiquement désert

L'Arc de triomphe de la Porte de MacédoineArc de Triomphe-Portra Makedonija 1

L'exode rural change sensiblement le visage ethnique de la ville, puisque les Macédoniens sont de plus en plus nombreux. Un nouveau quartier chrétien comprenant 55 maisons est par exemple construit en 1884. Le renouveau économique de la ville permet l'émergence d'une classe aisée macédonienne parmi laquelle les idées nationalistes circulent. Les propriétaires macédoniens les plus riches font construire des églises et des écoles slaves afin de contrer l'hégémonie de l'Église grecque sur les Chrétiens slaves. Les premières, la cathédrale de la Nativité de la Vierge, l'église de l'Ascension et l'école municipale ouvrirent en 1835 et en 1836. Plus tard, en 1850, est ouverte une autre école, qui peut accueillir environ 180 élèves, puis une bibliothèque. Les principales figures locales du nationalisme slave sont Yordan Hadji Konstantinov-Djinot, professeur expulsé de la ville en 1857 sous la pression de l'évêque grec, et Théodose de Skopje, métropolite rattaché à l'Exarchat de Bulgarie, mais partisan de la création d'une Église orthodoxe macédonienne, expulsé à son tour en 1892. Üsküb est l'un des cinq principaux foyers de l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne lorsque cette dernière organise l'Insurrection d'Ilinden en 1903. Ce soulèvement nationaliste, qui se déroule du 2 août à mi-novembre, se cantonne toutefois autour de Bitola et Krouchevo, laissant Skopje en dehors du conflit.

L'Eglise de Nerezieglise de NereziFresque de NereziFresque de Nerezi 418px-Meister von Nerezi 002

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Des coutelliers dans le vieux bazar au début du xxe siècle

En 1877, Üsküb se retrouve à la tête du vilayet du Kosovo, nouvellement créé, qui regoupe notamment le Kosovo actuel, le nord-ouest de la Macédoine et le sandjak de Novi Pazar. Avec environ 32 000 habitants en 1905, c'est la plus grande ville du vilayet, dépassant toutefois Prizren de peu (30 000 habitants)0. En 1898, la ville compte 32 mosquées, 8 medreses, 19 tekkes, une synagogue, quatre églises, deux métropolites, une imprimerie, 17 écoles musulmanes et autant d'écoles non-musulmanes, huit hôtels, 75 restaurants, 44 auberges, 32 cafés, 69 boulangeries et 1 410 magasins. Selon l'Encyclopædia Britannica de 1911, Üsküb est aussi le siège d'un corps d'armée, d'un archevêché grec et catholique ainsi que d'un évêché bulgare. Les principales activités économiques sont la teinture, le tissage, le tannage, le travail des métaux et la production de vin et de farine. La Banque impériale ottomane ainsi que la Banque de Salonique y ont des bureaux et le français est la langue du commerce

.Costumes traditionnels de SkopjeCostumes traditionnels de skopje

Au début du xxe siècle, le gouverneur Afuz Mehmed Paşa tente de moderniser et d'occidentaliser la ville en faisant par exemple planter le Parc de la Ville et en construisant une école pour enfants pauvres et un lycée. Un théâtre est également édifié en 1906. L'avènement des Jeunes-Turcs après le renversement du sultan en 1909 permet une première démocratisation de la Turquie, et donc de la Macédoine. Des partis politiques locaux sont créés, comme l'Organisation social-démocrate d'Üsküb, qui devient une branche du Parti social-démocrate ottoman. Un premier courant socialiste émerge également dans la ville.

Certaines mesures prises par les Jeunes-Turcs, comme l'augmentation des impôts et l'interdiction des organisations politiques fondées sur des caractères ethniques, mécontentent cependant les minorités. Les Albanais s'opposent également à la promotion du nationalisme turc faite par le mouvement et lancent des révoltes locales en 1910 et en mai 1912. Cette dernière part d'Albanie et du Kosovo et s'étend rapidement jusqu'à l'est d'Üsküb. Les insurgés s'emparent de Kosovska Mitrovica et Pristina puis, le 11 août, font tomber Üsküb, gardée par 4 000 soldats ottomans. Cette prise est un grand succès pour les insurgés, et plusieurs groupes d'Albanais arrivent dans la ville les jours suivants pour y défiler. Le mouvement reste calme, cependant, et les habitants ne sont pas menacés. Le 18 août, les insurgés signent avec les Turcs les accords d'Üsküb qui garantissent l'autonomie d'une province albanaise au sein de l'empire et ils sont finalement amnistiés le 19 août 1912.

Des guerres balkaniques à la Première Guerre mondiale

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Pierre Ier de Serbie en visite à Skoplje vers 1914

La Bulgarie, la Grèce et la Serbie  veulent expulser définitivement les Turcs des Balkans et forment une alliance en 1912. Les trois pays essaient de partager par avance la Turquie d'Europe mais ne peuvent se mettre d'accord sur le sort de la Macédoine. Alors que la Grèce peut prétendre à la moitié sud, les Serbes et les Bulgares se disputent plusieurs villes, dont Üsküb fait partie.

La Première guerre balkanique commence le 8 octobre 1912 et dure six semaines. La Serbie, qui a mobilisé 350 000 soldats, remporte vite une victoire écrasante durant la bataille de Kumanovo et arrive à Üsküb le 26 octobre, alors que l'armée ottomane a déserté la ville la veille. Les soldats serbes, rejoints par des paysans venus de toute la Serbie pour célébrer la victoire, massacrent des Albanais de la ville, et dans les alentours comme au Kosovo, des villages sont pillés et incendiés. Le traité de Bucarest, signé le 10 août 1913, entérine le partage de la Macédoine et donc l'appartenance d'Üsküb, désormais « Skoplje », au royaume de Serbie. Cette annexion entraîne l'exode de nombreux Turcs ; 725 familles turques quittent par exemple la ville le 27 janvier 1913. Un recensement conduit par les Serbes la même année fait état de 37 000 habitants à Skopje65.

Lors de la Première Guerre mondiale, la Bulgarie envahit la Macédoine serbe en 1915. La Serbie étant alliée à la Triple-Entente, elle est rapidement aidée par la France, le Royaume-Uni, la Grèce et l'Italie. Ceux-ci forment au nord de la Grèce le front de Salonique, qui avance peu à peu dans la Macédoine serbe. En 1917, l'Autriche-Hongrie, alliée à la Bulgarie, installe un quartier général dans la forteresse afin de couper la route vers le nord84. Le 29 septembre 1918, l'Armée française d'Orient, profitant de la rupture du front, atteint Skoplje et, sous le commandement de Jouinot-Gambetta, prend la ville par surprise. Une fois Skoplje tombée, la route vers Belgrade et le Danube est ouverte.

Le 26 décembre 1918, les Bulgares demandent l'armistice. La Macédoine serbe est incluse la même année dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui devient en 1929 le Royaume de Yougoslavie. Skoplje est alors la plus grande ville de la région la moins développée d'Europe.

Entre-deux guerres

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Le théâtre national et la forteresse vers 1920

Les Yougoslaves conservent la vocation militaire de la ville et font construire divers édifices dans la forteresse entre 1921 et 1930. Elle retrouve aussi une fonction administrative en 1922, lorsqu'elle devient chef-lieu de l'un des 33 départements du royaume87. En 1931, avec le changement de constitution, les départements disparaissent et Skoplje est faite chef-lieu de la banovine du Vardar, l'une des neuf régions de la Yougoslavie88.

Le théâtre de la Forteresse vers 1920Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Skoplje connaît une période de développement et une hausse démographique. La population, estimée à 41 066 habitants en 1921, atteint 64 807 habitants dix ans plus tard, et elle est évaluée autour de 80 000 en 1941. Bien que sise dans une région sous-développée, Skoplje attire un certain nombre de bourgeois serbes qui y ouvrent des entreprises. Ces derniers, comme le personnel administratif, issu de régions yougoslaves riches, contribuent à la modernisation et à l'occidentalisation de la ville. Les plus riches font construire de grandes demeures et le pouvoir central, de son côté, commande des monuments imposants, comme un musée ethnographique ouvert en 1933 et une nouvelle gare avec une façade néobyzantine. En 1941, la ville compte 45 usines, soit environ la moitié de toute l'industrie macédonienne. Ces usines fabriquent notamment du verre et de la laine de verre, du ciment, des freins automatiques pour les trains, des meubles ou encore du textile. Enfin, l'entreprise Monopol produit 25 % des cigarettes yougoslaves.

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Le palais des Čitkuševi, construit dans les années 1920 et détruit par le séisme de 1963

Rebecca West, qui visite le royaume de Yougoslavie en 1937, rend compte des transformations opérées par les Serbes dans la ville :

« La gare est située dans la nouvelle partie de Skoplje, au bout de la rue principale, laquelle ressemble étrangement à à un quartier commercial de ville industrielle anglaise, il y a une cinquantaine d'années. […] Il se trouve que, malheureusement, les Yougoslaves, dans leur joie à expulser les Turcs et devenir maîtres de la Macédoine, ont démoli la belle mosquée […] et l'ont remplacé par un Club d'Officiers qui est l'un des bâtiments les plus hideux de toute l'Europe. […] Tous les soirs, les Slaves de Skoplje qui appartiennent au monde moderne, comme les fonctionnaires ou les membres des professions libérales, déambulent le long de la Grand-Rue qui va de la gare au pont principal sur le Vardar, tandis que les Slaves qui appartiennent à l'ancien monde, comme les artisans et les paysans, arpentent un bout du quai. Mais les musulmans et les gitans ont leur corso dans cette partie périphérique de la ville, au sommet d'une colline93. »

Seconde Guerre mondiale

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Enveloppe envoyée depuis Skopje en 1941, on y voit des timbres bulgares ainsi que le drapeau militaire nazi

En 1941, Adolf Hitler pose un ultimatum au roi Pierre II. Soit il signe le traité d'alliance qu'ont déjà signé l'Allemagne, l'ItaIie et le Japon, soit les Nazis envahissent le pays. Le roi attend pour ratifier le traité, et finalement, les Nazis attaquent la Yougoslavie et la Grèce sans déclaration de guerre et envahissent rapidement ces deux pays.

Les Nazis remportent Skoplje le 8 avril 1941 après l'avoir bombardée deux jours avant. Ils poursuivent ensuite vers la frontière grecque et laissent la ville aux mains de leurs alliés bulgares le 19 avril. Ces derniers font de Skoplje le siège du commandement de l'Armée d'Occupation bulgare, du district de police et du commissariat civil pour toute la Macédoine. Par ailleurs, ils lancent aussitôt une campagne de bulgarisation de la région. Les écoles serbes sont fermées, les livres serbes interdits, et à Skoplje, le clergé est remplacé et un grand nombre de professeurs serbes sont arrêtés puis déportés. Certains élèves et étudiants sont même tués par balle. Les Bulgares ouvrent leurs propres écoles ainsi qu'un institut d'enseignement supérieur, l'Université du roi Boris.

Les Juifs de Skoplje, qui sont environ 4 000 en 1940, subissent des humiliations publiques et des attaques de magasins dès le début de l'occupation. En mars 1943, les Nazis et le gouvernement bulgare s'accordent pour les déporter en Pologne. Les 10 et 11 mars, des ordres sont envoyés à travers la Macédoine et tous les Juifs de la région sont envoyés à Skoplje où ils sont emprisonnés dans l'usine de tabac Monopol. À partir du 22 mars 1943, ils sont finalement déportés au camp d'extermination de Treblinka. Seuls 2 % des Juifs de Macédoine échappent à la mort, et la plupart d'entre eux s'installe en Israël après la Libération. En1946, Skopje compte toutefois 452 Juifs, mais ils ne sont plus que 95 en 1952 et la communauté disparaît tout à fait vers 1958.

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Le monument aux Libérateurs de Skopje

Parmi les habitants de la ville, des résistants constituent des réseaux antifascistes et anti-bulgares, surtout centrés autour du Parti communiste de Macédoine. Le premier détachement de Partisans est créé en août 1941, alors que des sabotages ont déjà été menés à l'aéroport et à l'atelier de maintenance de locomotives. De nombreux résistants sont capturés et meurent en prison ou finissent exécutés39.

En 1943, les combats de libération s'intensifient. Skoplje est bombardée le 18 octobre par les avions américains de la 12th USAAF qui parviennent à détruire des infrastructures ferroviaires et des locomotives. D'autres bombardements stratégiques ont notamment lieu le 24 janvier 1944. Le2 août 1944, l'Assemblée anti-fasciste pour la Libération du Peuple macédonien (ASNOM) tient sa première session au monastère de Prohor Pčinjski et proclame l'indépendance de « République populaire de Macédoine ». Dès lors, la Résistance se fait plus importante et l'Armée populaire de libération de Macédoine, constituée majoritairement par des communistes, mène une bataille dans les rues de Skoplje en automne. La ville est libérée à l'issue de ces combats, le 13 novembre 1944. Après la libération de Tetovo le 19 novembre, la Macédoine est totalement libre.

Après-guerre

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Le centre de Skopje au début des années 1960 ; les immeubles en béton remplacent peu à peu les constructions plus anciennes

En 1945, la nouvelle République socialiste de Macédoine forme l'une des six entités de la Yougoslavie de Josip Broz Tito. Le peuple macédonien et sa langue sont alors pour la première fois internationalement reconnus. Skoplje devient officiellement Skopje. Une Bibliothèque nationale et un orchestre national philharmonique sont créés à Skopje dès 1944, puis la ville reçoit un musée national en 1946. L'Université Saints-Cyrille-et-Méthode ouvre sa première faculté en 1956 et un Institut de la Langue macédonienne est instauré en 1953. L'Académie macédonienne est finalement fondée en 1967. Skopje profite de son nouveau statut administratif et des programmes d'industrialisation yougoslaves. Les secteurs d'activité d'avant-guerre sont généralement conservés et l'industrie métallurgique est grandement encouragée afin de créer des emplois et alléger l'exploitation des gisements bosniaques. La Macédoine toute entière s'industrialise et l'exode rural est massif, comme dans toute la Yougoslavie. Alors que Skopje comptait 102 600 habitants à la fin de l'année 1946, elle en compte 197 300 en 1961. Entre 1931 et 1971, la ville a multiplié sa population par 4,6, un taux plus fort que celui de Belgrade (3,1) ou Zagreb (3,5), mais toutefois inférieur à celui de Niš (14,6). En 1971, plus de 30 % de la population macédonienne qui ne vit pas de l'agriculture habite à Skopje. En 1962, la ville concentre 35 % de l'industrie macédonienne et produit 43 % des revenus de la République socialiste de Macédoine25.

La ville conserve également une forte diversité ethnique, et selon le recensement de 1953, Skopje compte alors 122 143 habitants, dont 74 686Macédoniens, 22 562 Turcs, 8 650 Serbes, 7 829 Roms, 3 166 Albanais, 1 351 Croates, 1 064 Monténégrins, 552 Slovènes, 438 Valaques, 784 personnes slaves n'appartenant à aucun peuple précédent, 203 personnes se déclarant comme « Yougoslaves » et 858 personnes n'appartenant à aucun groupe.

Tremblement de terre de 1963

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L'armée américaine dans la ville en ruines

Le 26 juillet 1963 , à h 17 du matin, la ville est violemment secouée par un séisme de magnitude de 6,9 sur l'échelle de Richter. Il dure 20 secondes et est ressenti surtout dans la vallée du Vardar

 

 

 

Le centre-ville avant le tremblement de terreCentre ville avant le tremblementSkopje2.jpgSKOPJE Tremblement de terreA 5h17 du matinSkopje4.jpgLa gare détruite transformée en MuséeSKOld Skopje Train StationLe vardar et le Pont de Pierre-copie-1v Son épicentre se trouve à 15 kilomètres au nord-ouest de la ville, et son foyer entre 10 et 15 kilomètres de profondeur. Tout comme le séisme de 1960 d'Agadir, celui de Skopje est relativement faible en magnitude, mais a occasionné d'énormes dommages sur une zone restreinte.

Le tremblement de terre tue environ 1 070 personnes et fait 3 300 blessés, dont la moitié reste handicapée à vie. 16 000 personnes sont ensevelies vivantes dans les décombres et 70 % de la population est à la rue. La ville est détruite à 80,7 %, 19 établissements scolaires, 32 infrastructures sportives, 9 polycliniques et un grand nombre d'autres institutions disparaissent, comme l'université, dont les laboratoires de recherche sont réduits en poussière. Les dégats sont évalués à un milliard de dollars, soit le budget annuel de toute la Yougoslavie. Le nombre élevé de destructions s'explique surtout par le fait que les architectes avaient largement ignoré un code de construction anti-sismique promulgué en 1948, ainsi que par la fragilisation des fondations de certains immeubles à la suite d'inondations en 1962. Environ un tiers des bâtiments restés intacts visuellement doivent être détruits et Skopje perd une grande part de sa richesse historique et culturelle. Parmi les édifices qui disparaissent se trouvent par exemple le Théâtre national et le Club d'Officiers ainsi que bon nombre d'immeubles construits pendant l'entre-deux guerres. La forteresse est de son côté sévèrement touchée, comme la plupart des mosquées ottomanes, presque toutes conservées et restaurées par la suite. Les voies ferrées et les infrastructures souterraines ont globalement échappé au désastre9.

L'évènement, retransmis par les médias dans le monde entier, engendre une grande générosité, surtout grâce à la position non-alignée de la Yougoslavie. Skopje reçoit ainsi de l'aide de 77 États, sous forme d'argent, de médecins, d'équipes de reconstruction Les États-Unis, par exemple, font installer un hôpital de campagne d'une capacité de 120 lits. L'infrastructure, apportée de Berlin, est montée dans les vingt-quatre heures qui suivent le séisme. Des milliers de maisons préfabriquées sont montées en attendant les travaux de reconstruction. La catastrophe émeut également des artistes, comme Jean-Paul Sartre ou Pablo Picasso, qui offre à la ville son tableau Tête de Femme, exposé depuis au Musée d'art contemporain, lui-même construit par le gouvernement polonais.

Reconstruction 

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Immeubles de Kapichtets, quartier développé dans les années 1970

Pendant les premiers mois qui suivent la catastrophe, un débat a lieu entre les partisans de la reconstruction et ceux qui proposent l'abandon de la ville, car d'autres séismes sont à prévoir sur le site. Après prospection, aucun endroit sûr en Macédoine ne semble toutefois pouvoir accueillir la nouvelle capitale, et le bon état des infrastructures de transport et des usines motive finalement la reconstruction sur le même site. Un comité de reconstruction est nommé en 1964, il est dirigé par Adolf Ciborowski, architecte polonais qui avait déjà planifié la reconstruction de Varsovie en 1945. Il est secondé dans sa tâche par une soixantaine d'experts internationaux et autant d'experts yougoslaves. Le plan définitif est présenté au public en octobre, lors d'une exposition qui attire plus de 10 000 visiteurs en une semaine. Les travaux, rapides, sont aussi très impressionnants et, lors d'un exercice d'écriture sur l'évènement qui avait selon eux le plus marqué l'histoire de leur ville, 80 % des enfants skopiotes choisissent la reconstruction plutôt que le séisme lui-même9.

Dans les trois à cinq ans qui suivent le séisme, les travaux se concentrent sur le relogement de la population ainsi que sur la remise en route des industries. La reconstruction a un lourd impact psychologique car elle entraîne l'éclatement des voisinages et la réinstallation aléatoire des habitants. Les gens ne sont pas familiers avec leurs nouveaux logements, des préfabriqués en bois, ils craignent les incendies et n'ont pas le droit de participer eux-mêmes à la construction de leurs futures maisons. Les logements se veulent également rationnels et le régime voit dans la reconstruction une manière de rééduquer la population, notamment les minorités. Toutefois, la communauté rom, très reluctante à emménager dans les nouveaux immeubles, est regroupée dans un nouveau quartier au nord de la ville, Chouto Orizari, qu'elle peut construire comme elle le souhaite. Le centre-ville est d'abord laissé en ruines, ce qui permet d'y conduire des analyses de sol et d'organiser un concours international pour son redéveloppement. Ce concours est remporté par Kenzō Tange, qui a déjà travaillé à Hiroshima, ainsi que par un institut croate. Le projet final, une combinaison du travail des deux lauréats, est présenté en 1966.

Les travaux sont achevés vers 1980, même si certains éléments ne voient jamais le jour, à cause de l'épuisement des fonds et de l'inflation qui gagne peu à peu la Yougoslavie. Ils font naître une ville totalement nouvelle, composées d'unités consacrées à des usages bien précis, comme l'industrie, le commerce, le logement… Chaque unité de logement doit pouvoir contenir 6 000 personnes et celles-ci habiter à moins d'un quart d'heure à pied d'un arrêt de bus. La gare est l'un des seuls édifices anciens conservés dans le centre. Laissée partiellement en ruines, son horloge arrêtée sur l'heure du séisme, elle a été transformée en Musée de la ville de Skopje. Une grande partie du vieux bazar ottoman, sur la rive nord du Vardar, est quant à elle

estaurée et conservée.

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La statue du guerrier à cheval, élément de Skopje 2014 érigé en 2011 sur la place de Macédoine

Après la reconstruction, la ville renoue vite avec la croissance et sa population augmente rapidement, Le Mont Vodno et le place de Macédoine800px-Skopje X90elle passe ainsi de 312 300 habitants en 1971 à 408 100 habitants en 1981. La croissance économique, d'abord soutenue car encouragée par les investissements qui ont suivi le tremblement de terre, stagne toutefois au cours des années 1980. Toute la Yougoslavie connaît alors une période de récession et de troubles ethniques, et en Macédoine, cela se traduit par un affrontement entre nationalismes macédonien et albanais. Le conflit culturel avec la Grèce se profile également, et de grandes manifestations ont lieu à Skopje en 1990 pour dénoncer la situation des Macédoniens slaves en Macédoine grecque ainsi qu'en Macédoine bulgare. Après l'indépendance de la République de Macédoine en 1991, Skopje devient la capitale d'un État indépendant, mais la ville et le pays connaissent de graves difficultés. Le conflit du nom avec la Grèce fait perdre à la Macédoine son principal port d'exportation, Thessalonique et les  Guerres de Yougoslavie empêchent le commerce avec la Serbie voisine. Le pays perd 60 % de son activité commerciale et frôle la faillite ; la pauvreté engendrée encourage enfin les activités illégales.

Après l'appaisement des relations avec la Grèce en 1995, la situation reste mauvaise car la transition à l'économie de marché aggrave le chômage et le gouvernement peine à attirer les investissements. Depuis la fin des années 2000, la ville manifeste cependant un certain renouveau. Beaucoup de monuments anciens situés dans la vieille ville ont bénéficié de rénovations, comme la forteresse, de grands centres commerciaux ont vu le jour et d'autres lieux importants, comme la Philip II Arena et l'aéroport, sont sujets à des agrandissements et à des améliorations.

Le centre-ville subit de son côté une rénovation totale grâce au projet Skopje 2014. Il doit redonner au quartier dessiné par Kenzo Tange un aspect historique, notamment en reconstruisant plusieurs monuments emblématiques de la ville, comme le théâtre national et le Club d'Officiers. Il doit aussi donner à Skopje le visage d'une capitale nationale, avec des statues de figures historiques, des nouveaux musées, des grands hôtels… Cette opération urbanistique ne fait pas toutefois pas l'unanimité, notamment à cause de son coût (200 millions d'euros), mais aussi à cause du caractère très historiciste et nationaliste des futures constructions. La minorité albanaise (un quart de la population de la ville) déplore aussi le fait qu'elle ne soit pas représentée dans les divers monuments. La fontaine surmontée d'une statue équestre d'Alexandre le Grand, qui a été installée en 2011 sur la place de Macédoine a quant à elle relancé le débat autour du nom de la Macédoine avec la Grèce et a été rebaptisée en « statue du guerrier à cheval ».

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Published by Christian VANCAU - dans YOUGOSLAVIE
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