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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 10:19

 

William Faulkner (1897-1962)
    fg

Romancier
William Faulkner, né le 25 septembre 1897 à New Albany dans l'État du Mississippi et mort le 6 juillet 1962 à Byhalia dans le même État des États-Unis, est un romancier américain.
Pièces de théâtre  : Requiem pour une nonne
Films  : Le Grand Sommeil, Le Port de l'angoisse, Les Feux de l'été, Plus
Distinctions et récompenses  : Prix Nobel de littérature, Prix Pulitzer de la fiction
LivresLe Bruit et la Fureur-copie-1
Le Bruit et la Fureur (1929)
1929images-copie-2
Tandis que j'agonise (1930)

1930
Lumière d'août (1932)lumiere-d-aout couv
1932
Absalon, Absalon ! (1936)Absalon-Absalon
   
1936
Sanctuaire (1931)
  36596407-copie-1

 

William Faulkner, né le 25 septembre 1897 à New Albany dans l'État du Mississippi et mort le 6 juillet 1962 à Byhalia dans le même État des États-Unis, est un romancier américain.

Même s'il a publié des poèmes et exercé occasionnellement comme scénariste pour le cinéma, il est surtout connu pour ses romans et ses nouvelles. Publié depuis les années 1920, il était encore peu connu avant de recevoir le Prix Nobel de littérature en 1949. 200px-William Faulkner 1949

Ayant situé la plupart de ses récits dans son état natal du Mississippi, Faulkner demeure l'un des écrivains du Sud les plus marquants, aux côtés de Mark Twain, Robert Penn Warren, Flannery O'Connor, Truman Capote, Eudora Welty, et Tennessee Williams. Mais au-delà il est reconnu comme un des plus grands écrivains américains de tous les temps 1 et un écrivain majeur du XXe siècle qui a eu une grande influence sur les générations suivantes.

Ses romans les plus connus sont probablement Le Bruit et la Fureur (1929), Tandis que j'agonise (1930), Sanctuaire (1931), Lumière d'août (1932), et Absalon, Absalon! (1936), souvent considéré comme son chef-d'œuvre.

Biographie

Fils de Murry Cuthbert Falkner et Maud Butlet, il est issu d'une famille d'hommes d'affaire et de loi, d'anciens riches déchus et désargentés2 à New Albany dans le comté de Union (Mississippi). Profondément influencé par la vie des États du sud américain, le Mississippi marque son sens de l'humour, du tragique (par le clivage social entre race Noire et race Blanche de l'époque), sa capacité à forger des personnages typiques du sud. Il prend le nom de Faulkner pour, dit-il, « se singulariser », principalement vis-à-vis de son père qu'il n'aimait guère ; ce fut aussi pour lui une façon de s'affirmer comme écrivain.faulkner Il s'engage dans l'aviation canadienne durant la Première Guerre mondiale, mais l'armistice de 1918 est signé avant qu'il n'ait pu faire son premier vol, ce qui ne l'empêche pas à son retour d'affecter un boitillement dû à une blessure qu'il aurait reçue au combat. Expliquant entre autres qu'il avait une plaque de fer suite à ses batailles ; il continuera longtemps à mentir à ses proches sur ses exploits. images

Affabulateur, alcoolique, Faulkner est vendeur en librairie, puis postier, mais passe l'essentiel de son temps à écrire et lire. Parmi ses auteurs favoris, on trouve Melville et Honoré de Balzac. Les biographes font d'ailleurs un rapprochement entre la Yoknapatawpha saga de l'auteur américain et la Comédie humaine dont on a retrouvé une traduction complète dans sa bibliothèque de Rowan Oak, maison qu'il achète en 1930 à Oxford (Mississippi)imagesbnet où il s'installe peu après son mariage avec Estelle Oldham Franklin, qu'il connaît depuis 1907. Le couple donne naissance à une fille, Jill, mais le mariage avec Estelle est un désastre : les époux sont alcooliques. Estelle fait une cure par la suite. Dans les années 1940 et 1950, William Faulkner multiplie les liaisons avec des jeunes femmes.

Si dans sa jeunesse, il n'écrit que des poèmes, c'est par ses nouvelles et romans qu'il devient célèbre. En 1925, il publie son premier roman : Monnaie de singeMonnaie de Singe. Faulkner visite ensuite l'Europe, s'arrêtant en Italie du Nord, et à Paris, où il entreprend l'écriture de Moustiques, son deuxième roman. Il commence une tournée des champs de bataille français (Rouen, Amiens, Compiègne, Dieppe) et se rend à Londres, qu'il n'apprécie pas. Il rentre à Oxford, où il rédige Étendards dans la poussière (1927)Etendards dans la poussière dont il est très fier. C'est dans ce roman que ses personnages évoluent pour la première fois dans le comté de Yoknapatawpha, cadre de la plupart de ses romans futurs. Alors qu'il n'arrive toujours pas à vivre de sa plume, il continue d'alterner petits travaux et écriture, publiant quatre de ses romans majeurs (le Bruit et la Fureur, Tandis que j'agonise, Sanctuaire, Lumière d'août)762885 en seulement quatre ans (1929-1932). Sanctuaire ("l'intrusion de la tragédie grecque dans le roman policier" selon la formule célèbre de Malraux) fait scandale, mais apporte à l'auteur argent et notoriété.36596407-copie-1 Son premier recueil Treize Histoires (1931) réunit ses nouvelles les plus connues, parmi lesquelles Une rose pour Emily. C'est également l'époque où il rencontre l'écrivain de romans noirs Dashiell Hammet, grand buveur comme lui : les deux hommes deviennent amis. Plus tard dans sa carrière (1932-1937), Faulkner commence une longue série d'allers-retours entre Oxford et Hollywood où il devient scénariste. Le cinéma ne l'intéresse pas particulièrement, mais l'argent qu'il lui procure le fait persévérer ; surtout il se lie d'amitié avec Howard Hawks : les deux hommes ont en commun un goût prononcé pour l'alcool, l'aviation et la chasse. Lors de son premier séjour à Hollywood, Faulkner travaille successivement pour la MGM, puis pour la Twentieth Century Fox. À cette époque, il a une liaison avec la secrétaire de Howard Hawks, Meta Carpenter qui sera le grand amour (plus tard trahi) de sa vie. Son travail de scénariste ne l'empêche pas de publier romans et nouvelles et non des moindres puisque l'année 1936 voit notamment la publication d'Absalon, Absalon ! et l'année 1940 celle du roman Le Hameau premier tome de ce qui deviendra, avec La Ville (1954) et Le Domaine (1959)Le HameauLe Domaine : La Trilogie des Snopes.

Lorsque les États-Unis rentrent dans la Seconde Guerre mondiale, Faulkner s'engage dans la défense passive. Toujours pour l'argent, il retourne alors à Hollywood écrivant entre autres pour Howard Hawks et en collaboration avec Francis Scott Fitzgerald le scénario du film Le Grand Sommeil, tiré du livre de Raymond Chandler, ainsi que celui du film Le Port de l'angoisse, tiré du livre d'Ernest Hemingway En avoir ou pas. Le Port de l'angoisse, en anglais "To have and have not", est la première rencontre à l'écran du couple Humphrey Bogart-Lauren Bacall, et contient des répliques restées célèbres : "You know how to whistle don't ya? Just put your lips together and blow" (Lauren Bacall) et "Have you ever been bitten by a dead bee?" (Walter Brennan).

 

Il collabore au film de Jean Renoir L'Homme du sud et écrit un scénario fleuve pour un film retraçant la carrière du Général de Gaulle, mais qui ne se fera jamais.

 

En 1946, de retour à Oxford, il rencontre une de ses jeunes admiratrices, Joan Williams qu'il prend sous son aile. En 1948 paraît L'Intrus,L'Intrus roman dans lequel un fermier noir est accusé à tort d'avoir tué un Blanc. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1949 (cinq ans avant Hemingway). Il boit peu de temps avant de partir chercher la récompense à Stockholm où il donne un discours, déclarant  d'accepter la fin de l'Homme [...]. L'Homme ne fera pas que subir, il prévaudra [...] ». Faulkner donne la somme reçue afin « d'établir un fonds de soutien aux nouveaux romanciers », qui devint le PEN/Faulkner Award for Fiction. Passant par Paris à son retour, une interview de lui est publiée par le journal Le Monde où il a cette formule quand il est interrogé sur le « problème noir dans le sud de l'Amérique » : « Dans trois cents ans, ils seront à notre niveau, et la guerre des races sera terminée, pas avant . » 1101640717 400

Par la suite, Faulkner voyage, acceptant une mission du Secrétariat d'État au Japon et en Italie.

En 1953, il retrouve Howard Hawks pour travailler au scénario de ce qui deviendra La Terre des pharaons. sdf

Il devient « écrivain-résident » à l'Université de Virginie, de 1957 à 1958. Il y passe l'essentiel de son temps, se consacrant à ses passions pour l'équitation (qui lui vaudra de nombreuses chutes) et l'écriture, ne sortant que peu. Il refusa même une invitation à diner à la Maison blanche "parce qu'un dîner ne vaut pas 200 kilomètres". Son alcoolisme est source de nombreuses hospitalisations. Faulkner meurt dans la nuit du 5 au 6 juillet 1962, après une dernière chute de cheval survenue quelques jours plus tôt. AVT William-Faulkner 4379

Il reçut le prix Pulitzer de la Fiction pour Parabole (A Fable), puis le National Book Award à titre posthume pour l'ensemble de son œuvre.

L'œuvre

 

William Faulkner écrivit des romans relevant du drame psychologique, dans un grand souci des émotions, et faits d'une prose tortueuse et subtile et d'une prosodie très travaillée. Comme la plupart des auteurs prolifiques, il souffrit de la jalousie et du mépris des autres, et fut considéré comme le rival stylistique d'Ernest Hemingway (ses longues phrases s'opposant au style incisif et minimaliste de Hemingway). Il est aussi vu de nos jours comme un représentant majeur du modernisme littéraire américain des années 1930, suivant la tradition expérimentale d'auteurs européens tels que James Joyce, Virginia Woolf, et Marcel Proust, connus pour leur usage de la narration multiple, du point de vue multiple, de la focalisation interne, et des ellipses narratives. Faulkner élabora quant à lui ce qu'il convient d'appeler le « courant de conscience », style donnant une apparence erratique et spontanée, et pourtant très travaillé.

 

Les romans les plus connus de Faulkner sont probablement Le Bruit et la Fureur (1929), Tandis que j'agonise (1930), Sanctuaire (1931), Lumière d'août (1932), et Absalon, Absalon! (1936), qui dépeint la réussite d'un planteur et sa déchéance provoquée par les préjugés raciaux et le manque d'amour10.

 

Plus encore on peut lire son œuvre comme une longue interrogation sur les raisons du naufrage sudiste ; la population du Sud se survivait après l'événement que constitue la défaite lors de la guerre de Sécession ; Faulkner lui-même insistait sur le poids de celle-ci et disait être né en 1898, mais mort en 1865. Cette insistance à tourner autour de cette matrice de ses romans se retrouve dans Absalon ! Absalon ! qui refuse un Sud victime du Nord et de ses Carpet Baggers, mais insiste - et c'est la fonction de tous les anormaux de ses romans, à commencer par celui du Bruit et de la fureur - sur la pourriture intérieure et antérieure du Sud avant même l'événement de la défaite. Il peut se lire alors comme un anti-Margaret Mitchell ; Autant en emporte le vent est d'ailleurs publié la même année qu'Absalon, Absalon ! et en est le complet contrepoids (à succès qui plus est) car ce roman flattait l'héroïsme du Sud là où Faulkner l'enterrait. Il y a donc chez Faulkner une haine de soi autant qu'une proclamation d'amour pour le Sud qui conclut le roman ; celle-ci reste étrange car son auteur (Mitchell) meurt - sans raison apparente - l'année suivante. La longue narration, quasi psychanalytique, qui ouvre le texte n'est là que pour dire l'immense colère et la frustration de ce Sud qui se sent bafoué - comme l'héroïne - à la fois abusée et reniée et qui rumine sa colère dans sa pudeur outragée alors qu'elle porte autant les causes de la défaite en elle que les événements extérieurs. Le héros Sutpen n'apparaît alors que comme un ferment antérieur, un signe du pourrissement du Sud, car son irruption est celle de toutes les corruptions, celle du sang et de l'argent ; la reconnaissance qui fait suite à celle-ci, bien qu'elle fût tardive et le fait d'hommes à l'esprit trop ouvert, montre que le Sud, même s'il se voulait encore aristocratique, acceptait déjà ce qu'il reniera plus tard (la place de l'argent : ce que décrira plus tard la trilogie des Snopes, Le Hameau, La Ville, Le Domaine) et dont il prétendra que c'est une valeur venue du Nord à laquelle il serait resté étranger sans cela. La quête éperdue du fils caché et noir (plus précisément octavon dans le langage épris de précision de l'époque - mais cela fait quand même de lui un Noir pour les Blancs – n'est que le signe que Sutpen, qui cherche une respectabilité faite de préjugés, érigés d'abord contre lui, tente lui même d'effacer sa propre vie pour obtenir cette reconnaissance et tente de construire un mythe sudiste de pureté. La participation de ses deux fils (qui s'entretueront à la fin du conflit) à la guerre sonne comme une adhésion à un système de valeurs (aristocratiques et racistes) que le fils caché - en réalité l'aîné - veut pousser son père à renier - en reconnaissant sa faute antérieure (il a eu un enfant avec une métis et l'a reconnu un temps) en lui demandant en mariage sa fille et donc sa propre sœur ; c'est pour cela - taire l'inceste possible ou la mixité du sang - que le fils cadet (celui qui pense être le seul et légitime enfant) tue son frère. Difficile après cela de proclamer que Faulkner aime ou n'aime pas le Sud, il est du Sud et, à ce titre, porte sa défaite comme il porte le fardeau d'avoir été mobilisé en 1918 sans avoir pu combattre.

Sa littérature peut tenir en cette idée qu'il développe à propos de son personnage quasi éponyme - le colonel Sartoris qui "s'était fixé un idéal assez grand pour ne jamais le perdre de vue, on pourrait ajouter même en lui tournant le dos.Sartoris.jpg Ce personnage meurt d'une façon loufoque, abattu pour être allé récupérer une boite d'anchois qu'il ne voulait pas laisser aux mains des Nordistes. Il y a de la grandeur et de la dérision dans l'œuvre de Faulkner, comme une sorte de grand écart entre une vie - et une mort - rêvées et une destinée qu'il n'arrivait pas à accomplir ; pas plus et pas moins que le Sud. La haine rancie - puisqu'elle est celle d'une morte, et le loufoque - son cercueil manque de descendre un rapide et son jeune fils la prend pour un poisson - se retrouvent d'ailleurs dans Tandis que j'agonise images-copie-2; ils sont comme le cœur de l'œuvre, laquelle semble toujours plus complexe au fur et à mesure qu'on l'analyse ; la comparaison avec la psychanalyse n'est donc pas fortuite : des événements mineurs acquièrent une résonance quasi mythologique et semblent autant de traumatismes fondateurs ; ceux du Sud se confondant d'ailleurs avec les traumatismes intimes dans un chassé-croisé permanent et vertigineux. Une telle œuvre explique à elle seule pourquoi Faulkner passe pour être le père de la littérature contemporaine ; c'est pourquoi tant de grands et de petits maitres se réclament de lui et disent ne pouvoir écrire qu'à l'ombre de ses romans.

Mais le plus abordable et le plus représentatif de son style est L'Intrus ; une histoire digne d'un western de John Ford. Une enquête policière, menée par des gamins avant tout, une dame âgée, et des adultes dont le fameux oncle Gavin Stevens que l'on retrouvera dans d'autres romans. Une histoire grave et truculente dans laquelle il s'agit de sauver la vie d'un Noir, ce qui n'est alors pas très bien vu dans le Sud. On sent Faulkner à son aise dans ce type d'histoire, sombre et pleine d'humour. Faulkner fut aussi un prolifique auteur de nouvelles.

Il fut également un auteur apprécié pour ses histoires policières, publiant cinq nouvelles noires sous le titre Le Gambit du cavalier dont le héros commun, Gavin Stevens, est le procureur d'une petite ville du Mississippi dans le comté de Yoknapatawpha. Plusieurs de ses autres nouvelles et romans se déroulent dans ce comté, avatar littéraire du comté de Lafayette où se situe Oxford. Yoknapatawpha prit une telle place dans l'œuvre de Faulkner qu'il en est devenu une des créations de fiction les plus monumentales de l'histoire de la littérature.

William Faulkner est entré dans la Bibliothèque de la Pléiade (Paris, Gallimard) en 1977 : quatre tomes ont été consacrés à son œuvre romanesque, dans des traductions révisées et avec un important apparat critique, l'ensemble ayant été placé sous la direction successive de Michel Gresset, André Bleikasten, François Pitavy et Jacques Pothier, et un Album Faulkner de la Pléiade a été édité en 1995 sous la direction de Michel Mohrt ; un cinquième tome devrait être publié à la fin de 2012 et un sixième réunira toutes ses nouvelles. La collection « Quarto », du même éditeur, a publié la trilogie des Snopes en 2007.

Bibliographie

Romans

Nouvelles

  • 1919 : Landing in Luck
  • 1922 : The Hill
  • New Orleans
  • 1925 : Mirrors of Chartres Street
  • 1925 : Damon and Pythias Unlimited
  • 1925 : Jealousy
  • 1925 : Cheest
  • 1925 : Out of Nazareth
  • 1925 : The Kingdom of God
  • 1925 : The Rosary
  • 1925 : The Cobbler
  • 1925 : Chance
  • 1925 : Sunset
  • 1925 : The Kid Learns
  • 1925 : The Liar
  • 1925 : Home
  • 1925 : Episode
  • 1925 : Country Mice
  • 1925 : Yo Ho and Two Bottles of Rum
  • Music - Sweeter than the Angels Sing
  • 1930 : A Rose for Emily
  • 1930 : Honor
  • 1930 : Thrift
  • 1930 : Red Leaves
  • 1931 : Ad Astra
  • 1931 : Dry September
  • 1931 : That Evening Sun
  • 1931 : Hair
  • 1931 : Spotted Horses
  • 1931 : The Hound
  • 1931 : Fox Hunt
  • 1931 : Carcassonne
  • 1931 : Divorce in Naples
  • 1931 : Victory
  • 1931 : All the Dead Pilots
  • 1931 : Crevasse
  • 1931 : Mistral
  • 1931 : A Justice
  • 1931 : Dr. Martino bookssd
  • 1931 : Idyll in the Desert
  • 1932 : Miss Zilphia Gant
  • 1932 : Death Drag
  • 1932 : Centaur in Brass
  • 1032 : Once Aboard the Lugger (I)
  • 1932 : Lizards in Jamshyd's Courtyard
  • 1932 : Turn about
  • 1932 : Smoke
  • 1932 : Mountain Victory
  • 1933 : There Was a Queen
  • 1933 : Artist at Home
  • 1933 : Beyond
  • 1934 : Elly
  • 1934 : Pennsylvania Station
  • 1934 : Wash
  • 1934 : A Bear Hunt
  • 1934 : The Leg
  • 1934 : Black Music
  • 1934 : Mule in the Yard
  • 1934 : Ambuscade
  • 1934 : Retreat
  • 1934 : Lo!
  • 1934 : Raid
  • 1935 : Skirmish at Sartoris
  • 1935 : Golden Land
  • 1935 : That Will Be Fine
  • 1935 : Uncle Willy
  • 1935 : Lion
  • 1936 : The Brooch
  • 1936 : Two Dollar Wife
  • 1936 : Fool About a Horse
  • 1936 : The Unvanquished L' Invaincu
  • 1936 : Vendee
  • 1937 : Monk
  • 1939 : Barn Burning
  • 1939 : Hand Upon the Waters
  • 1940 : A Point of Law
  • 1940 : The Old People
  • 1940 : Pantaloon in Black
  • 1940 : Gold Is Not Always
  • 1940 : Tomorrow
  • 1941 : Go Down, Moses
  • 1941 : The Tall Men
  • 1942 : Two Soldiers
  • 1942 : Delta Autumn
  • 1942 : The Bear
  • 1943 : Afternoon of a Cow
  • 1943 : Shingles for the Lord
  • 1943 : My Grandmother Millard and General Bedford Forrest and the Battle of Harrykin Creek
  • 1943 : Shall Not Perish
  • 1946 : Appendix, Compson, 1699-1945
  • 1946 : An Error in Chemistry
  • 1948 : A Courtship
  • 1949 : Knight's Gambit
  • 1950 : A Name for the City
  • 1951 : Notes on a Horsethief
  • 1954 : Mississippi
  • 1954 : Sepulture South: Gaslight
  • 1955 : Race at Morning
  • 1955 : By the People
  • 1962 : Hell Creek Crossing
  • 1965 : Mr. Acarius
  • 1967 : The Wishing Tree
  • 1971 : Al Jackson
  • 1973 : And Now What's To Do
  • 1973 : Nympholepsy
  • 1976 : The Priest
  • 1977 : Mayday
  • 1978 : Frankie and Johnny
  • 1979 : Don Giovanni
  • 1979 : Peter
  • 1979 : A Portrait of Elmer
  • 1979 : Adolescence
  • 1979 : Snow
  • 1979 : Moonlight
  • 1979 : With Caution and Dispatch
  • 1979 : Hog Pawn
  • 1979 : A Dangerous Man
  • 1979 : A Return
  • 1979 : The Big Shot
  • 1979 : Once Aboard the Lugger (II)
  • 1979 : Dull Tale
  • 1979 : Evangeline
  • 1988 : Love
  • 1995 : Christmas Tree
  • 1995 : Rose of Lebanon
  • 1999 : Lucas Beauchamp

Poésies

  • 1921 : Vision in Spring
  • 1924 : Le faune de marbre (The Marble Faun)
  • 1932 : This Earth, a Poem
  • 1965 : A Green Bough
  • 1979 : Mississippi Poems
  • 1981 : Helen, a Courtship and Mississippi Poems

 

Essais, discours et lettres

  • Faulkner à l'Université, Paris, Gallimard, 1964.
  • Essais, discours et lettres ouvertes, Paris, Gallimard, 1969.
  • Lettres choisies, Paris, Gallimard, 1981.
  • Croquis de La Nouvelle-Orléans, suivi de Mayday, Paris, Gallimard, 1988.

 

Scénarios (publiés en français)

  • De Gaulle : scénario, Paris, Gallimard, 1989.
  • Stallion Road, suivi de L'Avocat de province et autres histoires pour l'écran, Paris, Gallimard, 1994.

 

Filmographie

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Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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commentaires

Laurence Warot 28/03/2014 09:51


Merci Christian d'avoir écrit cette biographie! J'ai tellement aimé ses livres! Mais j'avais zappé qu'il avait eu le Nobel de littérature. Grâce à toi je conais maintenant mieux l'homme
William Faulkner, alors qu'en fait je ne connaissais pour ainsi dire que ses ouvrages.

Christian VANCAU 29/03/2014 10:05



Eh bien tant mieux, mes articles ne sont donc pas inutiles même si dans notre monde, peu de gens ont ta curiosité, Laurence. Mais cela fait du bien de lire des gens comme toi. Tendresse