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Par Christian VANCAU
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Vendredi 21 octobre 2011
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Publié dans : Ma BIOGRAPHIE
Un an, après la fin de ce cours de danse, je suis passé un soir par hasard, devant la maison Daems, et ai été
intercepté par une amie, Danielle Firquet, qui m'a invité à la soirée dansante qui s'y tenait. Pas de problème puisque j'étais connu de la maison, en tant qu'ancien élève. Soirée dramatique où je
bois trop. Je suis dragué par une petite noire aux cheveux courts qui me dit que je ressemble à Jacques Charrier (On est en pleine époque des "Tricheurs" de Marcel Carné). Ensuite je drague une autre nana, la blonde Françoise V. et on se bécote sous l'escalier. Son mec, j'ignorais
qu'elle en avait un, un géant rougeaud qui était dans mon cours de danse de l'année précédente, un fils de bourgeois, veste de cuir et grosse moto, et plutôt balèse, m'assène un coup de poing en
plein front. Je ne vacille pas et lui renvoie le même coup de poing, tout ceci se déroulant face à face, très correctement, en vrais gentlemen et dans un silence total. Le géant croyait que son
coup de poing "massue" serait définitif et ne s'attendait pas à ma réplique. Cinq minutes plus tard, je m'écroule. Je ne me souviens de rien mais je me réveillerai à cinq heures du matin, sur le
béton gelé du garage (mes parents doivent être absents). Le lendemain j'apprendrai que j'ai été ramené par le Procureur du Roi, venu chercher sa fille. Il m'a largué dans le garage qui était
ouvert. J'avais bien entendu oublié mon pardessus et suis allé le chercher chez les demoiselles en présentant mes excuses "Un garçon de si bonne famille, quel malheur pour ses parents"
Mais en 1958-1959, je vais à un autre cours de danse, chez Fanny Thibout , rue
Saint-Remy, un cours de danse classique où je fais surtout de la barre fixe pendant un an. C'est une amie du Droit qui m'a emmené à ce cours, une certaine Micheline H.de Barvaux, compagne d'un de
mes futurs amis, le belgo-bulgare Maurice Rousseff. Micheline trouve que j'ai un corps de danseur, un corps tout sec qu'elle me dit
en glissant sa main sous mon T-Shirt, un corps complètement différent de celui de son amant en titre, et elle me convainc sans trop de peine, de venir avec elle à son cours de danse, chez une
ex-étoile. Pendant un an je vais faire de la barre, en collants verts, entouré de filles. Et rencontrer un autre garçon, nous ne sommes que deux, Guy Vandeloise, peintre, lui aussi amené par Micheline. Micheline que Maurice R. vient chercher à la sortie du cours. Celà finira par un
mariage entre Guy et la soeur de Maurice, la peintre Juliette Rousseff.
En 1958 je rate ma
deuxième année de droit (il commence à y avoir trop de droit et trop peu de littérature, bref ça devient barbant). Au lieu de préparer ma deuxième session, je m'inscris à un stage de théâtre en AVIGNON. Pofesseurs: Jean Vilar, Gérard Philippe, Maria Casarès, Daniel Sorano, Georges Wilson, et Maurice Jarre, le père de
l'autre. Excusez du peu. Nous prenons nos cours de théâtre dans les Jardins d'Urbain V et nos apéros et repas avec les comédiens et quels comédiens ! C'est la grande époque du TNP (Théâtre National Populaire). Chaque soir les commerçants ferment boutique et montent vers le Château des Papes aux sons des trompettistes
de Maurice Jarre siués dans la cour d'honneur (je suppose qu'aujourd'hui aux mêmes moments du grand Festival, leurs enfants doivent regarder la télévision). J'assiste aux représentations "
d'Oedipe-Roi" d'André Gide avec Jean Vilar, de" Lorenzaccio" et des "Caprices de Marianne" de Musset avec Gerard PHILIPE. Quelle
aventure d'avoir pu côtoyer ces gens-là. Cette même année Gerard Philippe avait défilé contre le retour de De Gaulle au pouvoir.Et comment oublier Maria Casarès...
Et Jean Vilar que j'ai vu dans"L'Oedipe" d'ANdré GIDE et qui est enterré dans le même cimetière que Valéry et Brassens
Souvenirs étranges.
je suis au bord des choses de la vie, rencontre des gens passionnés et passionnants, au sein d'une époque de fêtes, mais je suis mal dans ma peau. je sors du cocon de ma mère et je me heurte
maladroitement aux vitres, mouche naissante, pleine de vitalité, mais trop pressé (ça na pas changé, je suis resté un "homme pressé" mais différent de celui de Paul
Morand)
J'ai une compagne
plus ou moins attitrée, Cécile D. qui fait la Philosophie à Liège, mais nos rapports sont très conflictuels et j'ai pas mal d'autres aventures
Après Avignon, je
descends vers cette Méditerranée qui m'aspire depuis 1956.Je repasserai par Paris au retour et y retrouverai ma compagne Cécile. Mais je suis très mal dans ma peau, quasi suicidaire. Je porte
jeans et t-shirt à rayures horizontales bleues et blanches, tel un petit mousse, maigre comme un clou, graine de voyou. Interminables attentes en stop, le lond de la Nationale 4, notamment
dans la région du Luc et de Draguignan. Je vise Saint-Tropez mais en fait aboutis à Cavalière (Photo du bas), dans un camping.
Vacances nulles sous un soleil brûlant. Je suis maigre comme un clou
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