LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU




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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


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  • Christian VANCAU
  • le blog totems par : Christian VANCAU
  • Homme
  • 01/11/1937
  • Forêt Ardennes belges LIBRAMONT Village de Moircy Belgique-SudArdBelgi
  • Musique Nature Peinture Littérature Animaux
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • En couple

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J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Ma BIOGRAPHIE

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 08:00
- Publié dans : Ma BIOGRAPHIE - Ecrire un commentaire

Je reviens donc e n passant par Paris, où je retrouve Cecile pendant une journée; elle remonte d'Avignon et remonte ausitôt en Belgique car il y a de l'eau dans le gaz. Je traîne quelques jours encore à Paris, dors dehors devant Notre-Dame car je n'ai pas d'argent, gagne quelques sous, juste de quoi manger en jouant de la guitare devant un petit gobelet, au Quartier Latin, ce qui me permet ausi d'être invité à gauche et à droite, rarement à loger (Voir Antoine dans l'émission "Je peux dormir chez vous?) . C'est le vagabondage, l'époque pré-hippie. De temps en temps les flics nous évacuent mais c'est bon enfant, juste pour la forme, trois petits tours et puis s'en reviennent. Aucune agressivité parmi les jeunes. Au contraire un désir fou de découvrir l'autre, de parler sa langue, d'échanger tous azimuths. Me voici photographié par Cécile, près du Pont des Arts, rive gauche (Photo de haut). Sur la photo du bas c'est "Vancau le clochard". C'est je pense mon troisième séjour à Paris et il y en aura des dizaines d'autres par la suite.

ON DORMAIT DANS LES PELOUSES DU DERRIERE DE NOTRE-DAME, enfin on essayait car les CRS nous délogeaient sans arrêtIledelaCite


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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 07:44
- Publié dans : Ma BIOGRAPHIE - Ecrire un commentaire

Pourquoi à Cavalière ?. Parce qu'en fin de parcours je prends un car, sympathise avec un petit français, sorte de Brialy de p oche; il n'a pas de tente, j'en ai une, il me demande de la partager, j'accepte et il m'emmène dans son camping préféré, en bord de plage. C'est un vrai petit dragueur à la con et là je vais vivre une semaine totalement creuse, une semaine de plage, sous un soleil implacable, car dragueur je ne suis pas, du moins pas à la con. Et puis je pense à ma compagne Cécile qui est restée en Avignon. En outre, j'ai raté ma première session, je vais devoir rentrer chez moi pour bucher et tout celà n'est pas très gai. Je ne suis pas encore rôdé au soleil du Sud et j'attrape des brûlures féroces surtout aux jambes (Voir la photo ci-contre), c'est presque Rimbaud en Abyssinie, un sieur Vancau, dit négociant). Après tout je suis un blond à la peau claire et mon père est à la limite de la rousseur. Sur la plage, il porte un chapeau sous un parasol et cette double protection ne lui suffit pas. Alors il entoure ses jambes écrevissées, de journaux entortillés. Ah la vie au grand air !!!Ce sont pour moi des images fortes. Mon père aime la mer mais seulement à l'aube ou au crépuscule, sur les plages du Nord de préférence. Ce que voyant, je décide de devenir le contraire. Je serai l'Indien que j'étais lorsque j'avais cinq ans. Je bronzerai ma peau à tous les soleils, des mers du Nord à celles du Sud. J'ignore à l'époque, que cette offrande perpétuelle au soleil, va faire de moi un véritacle Sioux, aux totems de cocagne. Ce que je suis aujourd'hui, à septante quatre ans: Un Indien Peau-Rouge, Gitan blond

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 07:20
- Publié dans : Ma BIOGRAPHIE - Ecrire un commentaire
Ripplewan

Les Tricheurs167061156Un an, après la fin de ce cours de danse, je suis passé un soir par hasard, devant la maison Daems, et ai été intercepté par une amie, Danielle Firquet, qui m'a invité à la soirée dansante qui s'y tenait. Pas de problème puisque j'étais connu de la maison, en tant qu'ancien élève. Soirée dramatique où je bois trop. Je suis dragué par une petite noire aux cheveux courts qui me dit que je ressemble à Jacques Charrier (On est en pleine époque des "Tricheurs" de Marcel Carné). Ensuite je drague une autre nana, la blonde Françoise V. et on se bécote sous l'escalier. Son mec, j'ignorais qu'elle en avait un, un géant rougeaud qui était dans mon cours de danse de l'année précédente, un fils de bourgeois, veste de cuir et grosse moto, et plutôt balèse, m'assène un coup de poing en plein front. Je ne vacille pas et lui renvoie le même coup de poing, tout ceci se déroulant face à face, très correctement, en vrais gentlemen et dans un silence total. Le géant croyait que son coup de poing "massue" serait définitif et ne s'attendait pas à ma réplique. Cinq minutes plus tard, je m'écroule. Je ne me souviens de rien mais je me réveillerai à cinq heures du matin, sur le béton gelé du garage (mes parents doivent être absents). Le lendemain j'apprendrai que j'ai été ramené par le Procureur du Roi, venu chercher sa fille. Il m'a largué dans le garage qui était ouvert. J'avais bien entendu oublié mon pardessus et suis allé le chercher chez les demoiselles en présentant mes excuses "Un garçon de si bonne famille, quel malheur pour ses parents"Les tricheur-1958-cheaters

Mais en 1958-1959, je vais à un autre cours de danse, chez Fanny Thibout , rue Saint-Remy, un cours de danse classique où je fais surtout de la barre fixe pendant un an. C'est une amie du Droit qui m'a emmené à ce cours, une certaine Micheline H.de Barvaux, compagne d'un de mes futurs amis, le belgo-bulgare Maurice Rousseff. Micheline trouve que j'ai un corps de danseur, un corps tout sec qu'elle me dit en glissant sa main sous mon T-Shirt, un corps complètement différent de celui de son amant en titre, et elle me convainc sans trop de peine, de venir avec elle à son cours de danse, chez une ex-étoile. Pendant un an je vais faire de la barre, en collants verts, entouré de filles. Et rencontrer un autre garçon, nous ne sommes que deux, Guy Vandeloise, peintre, lui aussi amené par Micheline. Micheline que Maurice R. vient chercher à la sortie du cours. Celà finira par un mariage entre Guy et la soeur de Maurice, la peintre Juliette Rousseff. Benezet-58-1.jpg

 

En 1958 je rate ma deuxième année de droit (il commence à y avoir trop de droit et trop peu de littérature, bref ça devient barbant). Au lieu de préparer ma deuxième session, je m'inscris à un stage de théâtre en AVIGNON. Pofesseurs: Jean Vilar, Gérard Philippe, Maria Casarès, Daniel Sorano, Georges Wilson, et Maurice Jarre, le père de l'autre. Excusez du peu. Nous prenons nos cours de théâtre dans les Jardins d'Urbain V et nos apéros et repas avec les comédiens et quels comédiens ! C'est la grande époque du TNP (Théâtre National Populaire). Chaque soir les commerçants ferment boutique et montent vers le Château des Papes aux sons des trompettistes de Maurice Jarre siués dans la cour d'honneur (je suppose qu'aujourd'hui aux mêmes moments du grand Festival, leurs enfants doivent regarder la télévision). J'assiste aux représentations  " d'Oedipe-Roi" d'André Gide avec Jean Vilar, de" Lorenzaccio" et des "Caprices de Marianne" de Musset avec Gerard PHILIPE. Quelle aventure d'avoir pu côtoyer ces gens-là. Cette même année Gerard Philippe avait défilé contre le retour de De Gaulle au pouvoir.Gerard PhilippeEt comment oublier Maria Casarès... Maria Casares Maria Casarèsorphee 1949 diaporama les dames du bois de boulogne 1944 diaporama
Et Jean Vilar que j'ai vu dans"L'Oedipe" d'ANdré GIDE et qui est enterré dans le même cimetière que Valéry et Brassens220px-Tombe de Jean Vilar à Sète-copie-1

Souvenirs étranges. je suis au bord des choses de la vie, rencontre des gens passionnés et passionnants, au sein d'une époque de fêtes, mais je suis mal dans ma peau. je sors du cocon de ma mère et je me heurte maladroitement aux vitres, mouche naissante, pleine de vitalité, mais trop pressé (ça na pas changé, je suis resté un "homme pressé" mais différent de celui de Paul Morand)

J'ai une compagne plus ou moins attitrée, Cécile D. qui fait la Philosophie à Liège, mais nos rapports sont très conflictuels et j'ai pas mal d'autres aventures Paris-58-Le-clochard.jpg

Après Avignon, je descends vers cette Méditerranée qui m'aspire depuis 1956.Je repasserai par Paris au retour et y retrouverai ma compagne Cécile. Mais je suis très mal dans ma peau, quasi suicidaire. Je porte jeans et t-shirt à rayures horizontales bleues et blanches, tel un petit mousse, maigre comme un clou, graine de voyou. Interminables attentes en stop, le lond de la Nationale 4,  notamment dans la région du Luc et de Draguignan. Je vise Saint-Tropez mais en fait aboutis à Cavalière (Photo du bas), dans un camping. Vacances nulles sous un soleil brûlant. Je suis maigre comme un clou Vancau----Cavali-re-1-copie-1.jpg

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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 06:51
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Interview
LE PLAT PAYS
Interview de Brel. C'est comme celà que je l'ai connu pendant un an, c'est comme celà qu'il me parlait

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Un autre soir, mon ami politicien, j'ignore encore ce qui me vaut l'honneur d'une telle amitié pour le petit jeune-homme informe que je suis, m'emmènera à un spectacle"Le Sacre du Printemps" de  Maurice BEJART à Bruxelles, et lors de la réception qui s'ensuivra, me présentera au "grand homme" étrangement petit pour un danseur.

Et puis très vite, ce sera la présentation à Jacques BREL et à son épouse Miche, dans les caves de l'Eden, en-dessous d'un cinema Liégeois, le Palace, rue Pont d'Avroy, après un spectacle de Jacques en sous-sol mineur quasi familial et confidentiel. Je passerai donc l'après-soirée avec les Brel dans la salle des fêtes et c'est là que j'ai Invité Miche Brel à danser. Je vais revoir Brel un certain nombre de fois dans les mois qui suivront, après des spectacles, dans des cafés et es restos, à bruxelles et à Knokke et même chez lui. Un jour j'arrive chez lui avec mon ami. Sa femme et ses deux filles sont dans un grand salon sombre: Jacques a disparu depuis 3 jours; Il a pris son avion (il est pilote depuis peu). Il n'a donné aucune nouvelle, c'est la panique. Une seule fois je me retrouve seul avec lui et il me tend sa uitare et me dit "Joue petit". Là c'est la vraie panique. Et je joue "Quand on a que l'amour" qui vient de sortir. Et il me félicite. Moment inoubliable!!! (Brel n'est pas encore au sommet de sa carrière mais il vient de remporter le prix Charles-Cros pour son deuxième 33 Tours). Il à 8 ans de plus que moi qui vais ves mes 21 ans. Brel m'a montré la route. Comment un fils de bourgeois pouvait tout quitter et devenir un saltimbanque en disant merde aux bourgeois. C'était donc possible??? Ca m'a aidé beaucoupBREL33875-jacques-brel-637x0-1

Cette relation avec Jacques Brel va malheureusement se couper net, car ma relation avec JP va être interrompue brutalement. Parce qu'un jour, il me ramène dans son Kot à Bruxelles et je comprends qu'il ne s'agit pas seulement d'amitié. Bon sang mais c'est bien sûr ! La voilà l'explication!!!. Je ne savais même pas que l'homo-sexualité existait; personne n'en parlait dans notre milieu catholique. Ma surprise est totale. Et manifestement ce n'est pas du tout mon truc. Nous rentrons donc illico à Liège, en Porsche, dans la nuit et dans un silence de mort. Car en plus je suis mineur (la majorité était à 21 ans à l'époque, en Belgique du moins). Après 48 heures je vais lâcher le morceau à mes parents car j'en ai gros sur la patate. JP est fiancé avec la fille d'un couple "ami", fille que je connais très bien. Les fiançailles sont rompues quelques jours plus tard.
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La danse aussi entre dans ma vie cette année-là, car ma mère m'inscrit a
u très élégant cours de danse des demoiselles Daems au boulevard d'Avroy. Sus aux filles de la bonne société. Laides, bas-cul ou alors trop grandes, à la Lady D, osseuses, bcbg, poitrines plates, sourires au forceps, bref l'enfer. Les demoiselles Daems recoivent chez elles, grand salon à la con, et je te rumba, et je te samba, et je te tanguise, mais attention, "Tango de salon", je te renversotte ma cocotte et hop, je te relevote ma bigotte et rebelote, et même, après le paso-doble, un peu de rock. Le" rock de salon", vous connaissez? Rien à voir avec Elvis. Il s'agit d'un rock relaché, bras détendu, mou et racé, les jambes arquées en pied de fauteuil Louis XV, de la dignité Majesté, c'est ça le pied et moi ça me fait chier. Ma sauvagerie est vasectomisée. Une vraie catastrophe. Car on se voit à l'extérieur en plus, soirées je t'invite tu m'invites, promenades en Fagnes, c'est fou ce qu'on s'aime. Filles à placer, filles à marier, Princesses des hauteurs de Liège, Embourg, Sart-Tilman, Beaufays, Cointe, il n'y a pas à s'y tromper. elles ont fait leurs "Humanités" à Jupille, chez les Bénédictines ou au Sarthé. Elles sont totalement anachroniques. Des anti-BB, sexe anesthésié, pieds plats et mollets arqués, on croit rêver !

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 22:33
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Paul ANKA  Diana

C'est aussi lors de ma deuxième année de Droit qu'un jeune politicien de droite, va s 'intéresser à moi. Tout le monde le connait à Liège. A 25 ans,  il est attaché au cabinet d'un ministre liégeois qui heureusement le détache de temps en temps. Il a terminé son Droit à 21 ans et puis exempté de service militaire (moins de cinquante kilos). Il a ensuite été rapidement propulsé par le Parti Social Chrétien. Il est très populaire auprès des jeunes. Le samedi soir, il écume les soirées, en commençant par Liège, puis Bruxelles et enfin Knokke-le Zoute, le tout en une nuit. Il a une porsche au volant de laquelle, il me dit "Ce qui compte c'est le premier million, après ça va tout seul (sic)". Et un jour, il m'emmène avec ma guitare, dans une soirée princière, au Château de Grand Bigard (Bruxelles-Ouest de Koekelberg). La très riche famille Stuhlmeyer-Pellegrins reçoit. Et je me retrouve en plein délire. A l'entrée du château, on fait la file! Mais qu'est-ce qu'il se passe t'il, comme diraient Les Inconnus. Il faut aller baiser la main (faute de mieux) de Madame Stuhlmeyer, qui nous accueille sur un trône comme la Reine d'Angleterre. Et il faut y passer. Des larbins, à l'entrée du tapis rouge, nous demandent nos noms et titres. Puis ils nous annoncent à tue-tête, en hurlant à l'entrée d'une gigantesque salle, qu'il nous faut traverser sur un tapis non-roulant jusqu'au pied du trône. Je crois rêver et lorsque mon tour est venu et que le larbin se penche vers moi, je lui susurre à l'oreille: "Christian Du Mont des Corneilles" et je ne mens pas puisque c'est la traduction française de mon vrai nom flamand "Van Cauwenberghe" (beaucoup moins smart) ( En réalité c'est du Mont des Choucas mais je ne l'ai appris que plus tard et Choucas en tchèque se tradui par Kafka ). Bref celà sonne admirablement et fait tout à fait le poids, par rapport à tous ces noms à charnières qui m'entourent. Et le larbin en livrée, de proclamer bien haut "Monsieur Christian du Mont des Corneille", et moi de m'avancer sur ce chemin royal faisant allègrement ses cinquante mètres de long (qui m'en paraissent cent) et de scinder la foule des curieux, tous cons-centrés sur la grande allée. C'est Vienne, Moscou ou Saint-Petersbourg au siècle passé. Et je parviens à jouer le jeu jusqu'au bout et à réprimer mon fou-rire. En fin de cours je mets un genou en terre et baise la main de la grosse patate, que je ne connais ni des pommes, ni des dents,  dont la chair blanc-mauve, me paraît dans un éclair, plus qu'avancée. La Rolls Royce de Madame est avancée mais madame l'est tout autant. je viens d'avoir vingt ans et je me paie ce coup de bluff, dans une ambiance à la Sissi. Néanmoins je porte tout de même un smoking (non-fumeur), que j'ai dâ acheter, pour avoir le droit de participer aus soirées très "smart" organisées par les jeunes-filles de mon cours de danses "de salon" (on y apprend même le Rock de salon") chez les demoiselles Daems, Boulevard d'Avroy à Liège.Je suis donc en train de prendre ma revanche sur cette obligation de porter le smoking. Je joue encore certains jeux mais j'introduis le ver que je suis dans le fruit bourgeois qui m'enserre encore. Et c'est l'humour qui me sauve, un sens du gag et de l'improvisation qui surgit cahaque fois que je me retrouve coïncé à l'entrée d'une cage.800px-Grand-Bigard CH1bJPG

Heureusement cette performance accomplie, je me dirige vers une tour qui est au fond du parc. C'est là que je dois aller chanter avec ma guitare et c'est là que je rencontre un orchestre de jeunes"Les Sacachas", dans lequel jouent deux fils Grafé, de la maison de vins "Lecoq et Grafé", de Namur. Ils ont leur orchestre dansant et moi je joue pendant les interludes, principalement du Brassens, du Brel et du Ferré. Tour moyennageuse, salle bondée de jeunes snobs bruxellois, ayant laissé tomber  les noeuds papillons  et les vestes de smoking à revers noirs veloutés. Ca durera toute la nuit800px-Grand-Bigard CH1aJPG

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 15:24
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Eddie COCHRAN

Donc c'est à ce moment-là que je vais vraiment aller voir du côté des filles. Pour moi c'est l'inconnu et une certaine crainte à vaincre. Mais j'ai toujours provoqué mes peurs en duel !
Et n'allez pas croire que je couche avec mon amie Cécile, car, comme moi, elle sort d'un bénitier, ma petite grenouille rousse. Toutes les filles que je vais rencontrer par la suite désirent arriver vierges au mariage. Alors on fait tout sauf "ça". En outre la pilule n'existe pas encore et le préservatif on n'ose pas aller en demander dans une pharmacie, car tout le monde vous regarde de travers. Elles sont toutes "filles à marier" et elles ont peur de pas pouvoir trouver un époux, si elles n'arrivent pas vierges a leur mariage. Oui c'est comme celà dans mon milieu catholici-bourgeois, en 1958. Et j'ignore si l'on baisait plus facilement dans les milieux ouvriers de Seraing ou de Flemalle. Dans mon entourage, il y a quelques "sorteurs" qui ont des préservatifs en poche et les montrent à leurs copains, avec un clin d'oeil complice, pour essayer de faire croire qu'ils "couchent", eux !. Des petits caïds de province avec une démarche à la Bronson. Cette deuxième année de droit m'amène donc à une certaine déliquescence? En fait, on commence à faire vraiment du droit, Droit Romain et Droit Civil, et ça ne m'intéresse pas du tout. Ce sont le filles qui m'intéressent.
Et dans ma révolte de jeune bourgeois aux jeans bleus, Duffel coat noir et cheveux anormalement longs, j'attrape un style qui est dans l'air du temps et je commence à réaliser tout doucement que je peux plaire aux filles. Au début je n'y crois pas, car je n'ai aucune confiance en moi, à ce niveau. J'ai conquis Cécile difficilement, mais très vite lors d'une soirée, je me laisse séduire par une grande séductrice, une amie proche de Cécile. Je me souviens d'une longue promenade dans l'aube naissante, au centre de Liège, main dans la main. Son père est banquier et habite Place Cathédrale (à la Banque commerciale dire Banque Denis, bien connue à l'époque) Elle, est étudiante en philo, comme Cécile. Je connais son frère Pitou qui a été aux scouts avec moi. Quant à sa soeur Agnès, elle est fiancée avec Jean-Maurice Dehousse, futur mayeur de Liège et socialiste convaincu. Je vis au-dessus de la Banque quelques repas de famille étonnants. Jean-Maurice je le fréquenterai véritablement un an plus tard, dans un petit comité que nous constituerons (aussi avec Robert Remouchamps), pour permettre au Père Pire de construire une maison au Pakistan, dans une de ses Iles de la Paix, maison patronnée par l'Université de Liège. Nous récolterons la somme nécessaire à savoir 300.000 FB !! Quant à Anne, notre idylle fut de courte durée et je suis revenu rapidement vers Cécile. J'ai revu Anne bien plus tard, non pas "un soir par hasard dans un bar-de Guy Beart ", mais dans une friture, en bas de la rue Saint-Gilles, et entre un cervelas et une sauce tartare, j'ai appris qu'elle était devenue psychanalyste. Je me suis demandé si elle avait résolu ses propres problèmes à ce point ?? vue-aerienne-menton
Menton garavan et l'Italie En tout cas c'est rempli de Cécile, que je descends en Février 1958 à MENTON, rejoindre ma mère pour une semaine. Que fait-elle là ma mère, éternelle voyageuse. Une cure? Avec ou sans Curé ? Et pourquoi vais-je la rejoindre ? Il est vrai que j'ai chopé en 1956, le virus méditerranéen et qu'il y a quelquechose de fascinant à quitter la Belgique en plein hiver, pour se retrouver dans une chaleur douce et caressante. Il fait doux en effet mais il pleut comme personne et sans arrêt pendant toute la semaine que je passe là-bas, ce qui ne m'empèche pas de visiter cet extrême Est de la côte d'Azur: Menton et ses arcades, dejà l'Italie. Et la découverte du Rocher de Monaco et de l'arrière pays, celui de Sospel. Mais je ne pense qu'à Cécile. je me souviens avoir vu une robe dans une vitrine. J'aurais voulu la lui offrir et je la montre à ma mère. Naïf ! Tu n'as pas encore compris que ta mère s'appelle Jocaste, pauvre Oedipe, C'est la bagarre, ma mère est ulcérée. Je me tire et je rentre en Belgique, avec le souvenir d'une bien belle ville, pleine de caractère, italienne, puisque nous sommes à la frontière. Jugez vous-mêmes vieux-menton-copie-1 menton-12
Menton c Mentonvieux-port Menton Les jardins-bioves Ci-dessus les Jardins BIOVES

Et enfin la Plage. Il faisait chaud et il pleuvait. Je m'y suis baigné tous les joursmenton-03

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 15:08
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LITTLE RICHARD Long Tall Sally
Lloyd PRICE  Personnality
LITTLE RICHARD Un de mes préférés

 

 

Voici  mon ecole à Londres, dans Oxford Street1956 LONDRES OO1

 

Lawrence OLIVER-Laurence OLIVIER, dans une pièce de John OSBORNE1956 LONDRES Laurence OLIVIER 002Et certains soirs, je sors avec mon ami Robert Jefford, qui n'est pas vraiment mon ami mais qui est très gentil avec moi.. Laurence OLIVIER-Londres 1956-Old Vic Theatre-The entertainer-christian vancau . les Anglais savent accueillir. Il m'emmène dans une cave à la mode, où se produit un certain Chris Barber, tromboniste dixieland anglais, célèbre à l'époque, puis nous allons voir "West Side Story", qui est en train de remporter un succès phénoménal. Mais ce qui m'impressionnera le plus, c'est Lawrence Oliver que nous irons voir à l'Old Vic Theatre dans "The Entertainer " de John Osborne. Enthousiasmé et ayant acheté le livre tiré de la pièce, j'attendrai, après le spectacle, Laurence Olivier, que je vois de tout près, Jacques Lang aurait dit "Quel bel homme", en train de signer ce livre que je possède toujours, 51 ans plus tard, cette photo et cet autographe en sont la preuve.
Et c'est la rentrée d'Octobre 1957, à l'Université de Liège, deuxième candidature en Droit. Mon ami Jean-Pierre Willemaers, qui, lui, fait les Romanes, est amoureux d'une étudiante en Philo, Cécile, qui a des cours en commun avec nous dans cette immense salle godefroid Kurth. Jean-Pierre donc, fait une immense cour, à la manière d'un arlequin, à cette fille rousse, qui sans être vraiment très jolie, a du chien (je ne me rappelle plus quelle race) et un certain succès. Et cette Cécile va, début 1958, devenir mon premier grand amour. Amour? Disons ma première grande aventure. Celà va durer près de quatre ans. C'est avec elle que je fais ma première grande expérience de la femme. Comment l'oublier "la première fille qu'on a tenu dans ses bras" ?. Son père est mort, elle vit seule avec sa mère, près de la Place de Bronckart et a un frère Curé. Nos débuts sont assez laborieux et notre liaison va être difficile, pleine de ruptures, heurtée. Nous nous rencontrons dans des "surprises-parties" et à l'Université et je la reconduis chez elle, le long du Boulevard d'Avroy et je la séduis peu à peu. Je suis un petit bourgeois qui s'encanaille, en rupture de ban, et je ramène mes cheveux vers l'avant, sur mon front. On m'appelle "le Beat-Nik" (Retour à Kerouac qui sort son "On the Road" en 1957). Je porte des jeans, me laisse pousser un collier clairsemé, que, régulièrement je rase, car il est mal fourni et mon désir de virilité en souffre. Heureusement qu' en compensation, la barbe me pousse sur la poitrine, contre toute attente et pas un peu (ce qui n'est le cas ni de mon père...., ni de ma mère ). Aujoud'hui encore, il n'y a que sur la poitrine et sur le ventre que mon gazon pousse dru, bien des femmes vous le diront

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 05:33
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Paul ANKA  Diana

C'est aussi lors de ma deuxième année de Droit qu'un jeune politicien de droite, va s 'intéresser à moi. Tout le monde le connait à Liège. A 25 ans,  il est attaché au cabinet d'un ministre liégeois qui heureusement le détache de temps en temps. Il a terminé son Droit à 21 ans et puis exempté de service militaire (moins de cinquante kilos). Il a ensuite été rapidement propulsé par le Parti Social Chrétien. Il est très populaire auprès des jeunes. Le samedi soir, il écume les soirées, en commençant par Liège, puis Bruxelles et enfin Knokke-le Zoute, le tout en une nuit. Il a une porsche au volant de laquelle, il me dit "Ce qui compte c'est le premier million, après ça va tout seul (sic)". Et un jour, il m'emmène avec ma guitare, dans une soirée princière, au Château de Grand Bigard (Bruxelles-Ouest de Koekelberg). La très riche famille Stuhlmeyer-Pellegrins reçoit. Et je me retrouve en plein délire. A l'entrée du château, on fait la file! Mais qu'est-ce qu'il se passe t'il, comme diraient Les Inconnus. Il faut aller baiser la main (faute de mieux) de Madame Stuhlmeyer, qui nous accueille sur un trône comme la Reine d'Angleterre. Et il faut y passer. Des larbins, à l'entrée du tapis rouge, nous demandent nos noms et titres. Puis ils nous annoncent à tue-tête, en hurlant à l'entrée d'une gigantesque salle, qu'il nous faut traverser sur un tapis non-roulant jusqu'au pied du trône. Je crois rêver et lorsque mon tour est venu et que le larbin se penche vers moi, je lui susurre à l'oreille: "Christian Du Mont des Corneilles" et je ne mens pas puisque c'est la traduction française de mon vrai nom flamand "Van Cauwenberghe" (beaucoup moins smart) ( En réalité c'est du Mont des Choucas mais je ne l'ai appris que plus tard et Choucas en tchèque se tradui par Kafka ). Bref celà sonne admirablement et fait tout à fait le poids, par rapport à tous ces noms à charnières qui m'entourent. Et le larbin en livrée, de proclamer bien haut "Monsieur Christian du Mont des Corneille", et moi de m'avancer sur ce chemin royal faisant allègrement ses cinquante mètres de long (qui m'en paraissent cent) et de scinder la foule des curieux, tous cons-centrés sur la grande allée. C'est Vienne, Moscou ou Saint-Petersbourg au siècle passé. Et je parviens à jouer le jeu jusqu'au bout et à réprimer mon fou-rire. En fin de cours je mets un genou en terre et baise la main de la grosse patate, que je ne connais ni des pommes, ni des dents,  dont la chair blanc-mauve, me paraît dans un éclair, plus qu'avancée. La Rolls Royce de Madame est avancée mais madame l'est tout autant. je viens d'avoir vingt ans et je me paie ce coup de bluff, dans une ambiance à la Sissi. Néanmoins je porte tout de même un smoking (non-fumeur), que j'ai dâ acheter, pour avoir le droit de participer aus soirées très "smart" organisées par les jeunes-filles de mon cours de danses "de salon" (on y apprend même le Rock de salon") chez les demoiselles Daems, Boulevard d'Avroy à Liège.Je suis donc en train de prendre ma revanche sur cette obligation de porter le smoking. Je joue encore certains jeux mais j'introduis le ver que je suis dans le fruit bourgeois qui m'enserre encore. Et c'est l'humour qui me sauve, un sens du gag et de l'improvisation qui surgit cahaque fois que je me retrouve coïncé à l'entrée d'une cage.

Heureusement cette performance accomplie, je me dirige vers une tour qui est au fond du parc. C'est là que je dois aller chanter avec ma guitare et c'est là que je rencontre un orchestre de jeunes"Les Sacachas", dans lequel jouent deux fils Grafé, de la maison de vins "Lecoq et Grafé", de Namur. Ils ont leur orchestre dansant et moi je joue pendant les interludes, principalement du Brassens, du Brel et du Ferré. Tour moyennageuse, salle bondée de jeunes snobs bruxellois, ayant laissé tomber  les noeuds papillons  et les vestes de smoking à revers noirs veloutés. Ca durera toute la nuit

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