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  • : Christian VANCAU
  • totems
  • : Homme
  • : 01/11/1937
  • : Forêt Saint-Hubert Ardennes belges Belgique-SudArdBelgi LIBRAMONT
  • : Journal quotidien d'un peintre de 70 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

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Vendredi 4 avril 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Et à la maison que se passe-t'il? Je ne m'en soucie guère. Je mène ma barque. Mon frère Etienne a 9ans. L'autre, Marc, (Un martyr et un évangeliste sans oublier, moi, le Christ) 5ans, on peut dire que pour lui les jeux sont faits. Il ne parle pas, il rugit et se frappe la tête contre les murs ou mieux encore, nous prend le poing à chacun, pour que nous le frappions sur la tête ( De quoi s'auto-punit-il, là est la vraie question! )
 Quant à l'autre frère, celui qui est normal, il s'entend merveilleusement avec mon père qui a reporté toute son affection sur lui. En effet, il n'a pas retrouvé sa fille en rentrant d'Angleterre et son fils aîné le boude. Et puis 1946, la naissance d'Etienne, c'est la libération, la liesse, on repart à Zéro, la guerre est finie ! Oui, je l'avoue, je n'en veux pas de mon père, je ne le sens pas. Il est arrivé trop tard sans doute et il n'est pas le père que j'aurais voulu avoir. Je ne le trouve pas viril, il ne fait pas de sport, il met un temps fou pour entrer dans la mer et il attend 5 heures après le repas avant d'oser entrer dans l'eau??? Phobie de la congestion. Pour le faire chier, moi j'entre dans l'eau, deux heures après le repas et au lieu d'avancer à petits pas en m'aspergeant frileusement de gouttes à gouttes, je plonge ou m'élance en flèche. Je trouve aussi que mon père n'a pas de muscles, j'en ai plus que lui. Je montre mes biceps à mon frère et puis lui fais palper ceux de mon père, qui sont inexistants ! Oh la vache !. En plus, sur les plages, mon père attrape des coups de soleil car il a une peau de roux. Il s'enveloppe les jambes dans des journaux et porte un chapeau de paille sur la tête. Pire que le Professeur Achenbach dans Mort à Venise. C'est un peureux et je suis un casse-cou, ceci expliquant peut-être celà. Il a la peau blanche, et je ferai tout pour être un basané; long travail car si je n'ai pas une peau de roux comme mon père, je suis tout de même un blond aux yeux bleus. Basané en outre, celà veut dire aussi devenir l'Indien que je suis intérieurement et le refus d'être un blanc. C'est le choix de Zorino contre Tintin !
Alors voilà, mon père va à la messe tous les matins, à l'Eglise Saint-gilles, via la rue Saint-Nicolas tandis que moi je commence à penser à d'autre seins. Et mon frère Etienne l'accompagne. Ils se tiennent par la main jusqu'au seuil de l'église. Moi par contre, je cesse d'aller à la messe le dimanche, c'est un péché mortel et je le sais; c'est justement ce qui m'excite. Mais je suis encore obligé de faire semblant. je vais donc me promener boulevard Kleyer dans les environs de la rue Chauve-souris. Et je regarde partir le père et le frère (la mère dort), unis en la Sainte-Eglise, rentrant de concert dans son sein. Je regarde ces deux hommes qui ne sortiront jamais des griffes de ma mère. Roger, mon père, le "converti". Ma mère qui, elle, ne va à la messe que le dimanche et beaucoup plus tard dans la matinée, car elle ne dort pas la nuit. Bourrée de somnifères, elle hante les corridors et fait ses lessives dans le garage; elle se lave, en somme. La culpabilité pour elle est nocturne, mais elle ne le sait même pas. Bien sûr elle a fréquenté des psychanalystes, juste un peu, car elle n'en a pas besoin, ce sont nous les hommes qui sommes malades. Ma mère fait une séance de temps en temps, pour avoir des renseignements sur notre "guérison", celle de mon père, de mon frère Etienne et la mienne. Mais j'y reviendrai, car "en psychanalyse", je ne suis pas encore entré.  Donc pour moi, l'image de ce père et de ce frère qui en 1955, vont à la messe, main dans la main, c'est l'image d'une soumission masochiste à la mère; deux petits malheureux, complètement coïncés, qui s'appuient l'un sur l'autre. Un côté "Cour des Miracles", mais attention ! En même temps, une parfaite assurance d'être dans La Vérité ! Hors de l'Eglise, point de salut ! Et je sais que je ne suis pas comme eux, parce que moi, je résiste à la mère, parce que moi, je veux être moi !
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Mercredi 2 avril 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
C'est une chasse aux trésors que nous effectuons, aux trésors de guerre. Quand nous trouvons un casque ou une ceinture à cartouchières, nous jouons au "boche" ou à " l'amerloque", c'est selon, mais ce sont, tout de même ces grads bambins d'américains, qui nous ont délivré de ces sales gueules de schleus, flics blonds aryens, nasillards et gueulards ! Achtung !
Duinbergen, Knokke, Le Zoute en 1955-56, ce sont aussi mes premières boums. Je suis nul, je ne sais pas danser, les filles m'ignorent. Je fais donc tapisserie sur la musique des Platters (Only You) et deux autres tubes dont je me souviens, des slows crapuleux. The Unchained Melody et Greenfield. J 'ai oublié les noms des deux groupes. Des copains de mon âge se débrouiillent bien mieux que moi. Ils "emballent" comme on dit. Moi je me sens lourd et engonçé.
Mais revenons au Collège à Liège. Les filles justement. Ben là c'est catastrophique. On n'ose pas. Personne n'a de petite amie (à 17 ans???). Moi j'en rêve beaucoup. C'est l'époque où je dessine en classe, sur de petites bouts de papier (de chez Regine), des couples, avec des filles à la BB naturellement, queues chevalines et robes Vichy ( la France a dejà oublié qu'elle vient de vivre sous le régime Vichiste), des filles donc, se faisant surprendre par des garçons surgissant dans leurs dos, en pleine forêt, des "Jane" quoi, c'est mon côté Tarzan qui resurgit. Je me souviens qu'un de ces dessins s'appelait "Le Piège". Mais un élève me fauche mes dessins, on ne peut plus innocents, ils font le tour de la classe et me reviennent. C'est à ce moment-là que mon destin se "dessine" (c'est le cas de le dire !). je suis intéressé par les femmes ( Ne faudrait-il pas m'interner ?) alors que plus de 30% des élèves de ma classe (ils sont onze), se prépare doucement à entrer dans l'un ou l'autre ordre religieux castrateur, ce qui leur évite de se poser des questions sur ce sujet brûlant qu'est "LE Sexe". Bref, celà pose le décor: Je dessine des couples de notre âge, on ne peut plus romantiques, c'est presque du Peynet, et déjà je passe pour le débauché de la classe, alors que je n'ai jamais touché une fille! Je me souviens aussi d'un séjour à la mer, où un après-midi, je suis seul comme toujours, je vois arriver dans la salle de ping-pong, deux ou trois couples de mon âge, à moto, des rockeurs, des "Johnny" en veste de cuir, avec 3 B.B, blondes à queues de cheval, et je te pingue et je te pongue , et je te bécotte grave.  J'étais fasciné et je me disais 'Va falloir tout de même que tu t'y mettes, mais comment s'y prendre ?")
Alors je vais essayer timidement et vais être le premier de la classe (pour une fois) à avoir une petite amie, une cousine éloignée, surnommée Souquinette, un simple amour platonique avec de petits bisous sur la joue et dans les cheveux, mais elle vient me chercher au collège et on va au café avec mes condisciples (en un mot svp, quoique...?). je suis en fait le seul à "sortir avec" une fille ou du moins à le faire croire. Pour eux, commencer à sortir dans des cafés est déjà une suprême audace et c'est une toute petite minorité qui le fait. Et nous avons dix-sept ans, tenez-vous bien. On peut dire que nous sommes gratinés. Mais attention nous connaissons le Grec ancien et le Latin, ce qui est très utile pour demander par exemple une fourchette dans un restaurant en Italie ou en Grèce. On peut dire que nous sommes vâchement chebrans et armés pour la vie
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Mardi 1 avril 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Pour mes amis et amies littérairesInscrit à Over-blog en Mars 2003, je ne m'y mettrai sérieusement qu'à la fin Juin, à mon retour du Vaucluse, passant de 42 visteurs en juin, à 342 en Juillet. C'est donc en juillet que je démarre réellement. Au départ, je me disais qu'avec 10 visiteurs, je serais déjà content. Après tout, il ne s'agissait que du Journal d'un peintre (la peinture intéresse tellement peu de monde), inconnu de surcroît
Il y a des tas de blogs qui sont bien plus performants que le mien. Le dernier "Magazine Littéraire", nous signale que le blog littéraire de Pierre Assouline (Passou sur la toile), fait 10.000 visiteurs par jour (ce n'est pourtant pas un blog de Foot, ni de Cul) et que celui de Raphaël Sorin (Libé) fait ses 14.000 lecteurs quotidiens. Ca rend modeste. Voici donc mes très modestes statistiques;
Nombre total de visiteurs = 7795
Nombre de pages visitées = 33.142
Nombre de commentaires = 190   Totalement insuffisant
Visiteurs en Mars= 2015 (en Février= 1256)
Pages visitées en Mars= 7035 (en Février= 6042)
Blog Rank = 66


Il y a progression, c'est l'essentiel


Christian Vancau

POUR MES AMIS ET AMIES "LITTERAIRES, Une Série d'Adresses:


CRITIQUES

Pierre Assouline =    htpp://passouline.blog.lemonde.fr/
Didier Jacob         =       " "    didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/
Raphaël Sorin       =      " "    lettres.blogs.liberation.fr/sorin/
Anna-O                    =                 www.my space.com/annaoetc
Clarabel                  =               blogclarabel.canalblog.com

AUTEURS
Eric Chevillard       = htpp://  l-autofictif.over-blog.com
François Bon          =              www.tierslivre.net/
Ron L'infirmier       =              ron.infirmier.free.fr
Bertrand Guillot (second flore) = htpp://secondflore.hautetfort.com
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Lundi 31 mars 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
A la guitare, je vais me produire en public, pour la première fois, en1955, chez mes parents, devant les parents des élèves de ma classe. J'ai surtout travaillé Brassens (J'ai tout appris en écoutant Brassens, d'oreille, sans jamais utiliser de partition, sans même connaître le nom des accords que je faisais ) et donc, je chante entre autres," Une jolie fleur dans une peau de Vache " et c'est un petit scandale !!! Incroyable, mas vrai. Et si j'avais chanté "Gare au Gorille" ??? Une assistance perplexe et figée, quelques applaudissements vite réprimés et le lendemain des coups de téléphone indignés de certains parents à mes parents ! je n'ai déjà plus ma place dans ce petit monde ridicule !
Mon plus grand ami de cette époque est Jean-Pierre Willemaers (voir à ce nom sur Google), le poète, le fou de théatre, qui écrit ses premières pièces. Il habite au Mont Saint-Martin à Liège. Une famille nombreuse et sympathique. le père est gendarme. Le frère aîné fait l'Ecole Royale Militaire, il fallait bien un poète pour compenser. Nous remontons ensemble du collège par la rue Monulphe et nous déconnons à plein tubes (surtout lui). Nos retours d'école n'en finissent pas. je revois Jean-Pierre, à quatre pattes, Place Saint-Laurent, en train d'aboyer derrière les passants. Garçon ultra-sensible et assez masochiste. Il me prosera de jouer à nouveau dans sa troisième pièce "Les dix-sept Jésus ", le rôle principal et je refuserai après avoit lu le manuscrit. J'ai déjà un père qui assume ke rôle du Christ souffrant, je n'ai pas envie d'en remettre.
Pendant les vacances de Pâques 1955, je participe à un "crochet, à Duinbergen-sur-Mer, avec ma guitare, au casino. Là, ça devient du sérieux pour le timide que je suis encore, 400 personnes dans la salle. Et je chante "Le Diable" de Jacques Brel et fais un triomphe. Je remporte le deuxième prix (le premier prix échoit à un grand mince blond "sans chausssure noire) qui chante Elvis Presley (qui arrive seulement sur notre continent). Bien sûr, il y a déjà eu le film "Blachboard Jungle-Graine de violence" avec le fameux "Rock around the clock" de Bill Haley and his comets, qui a annoncé la couleur et qui va provoquer un terrible déferlement, bien plus redoutable que les plus grandes lames de fond de la Mer du Nord.
Ceci m'amène à ouvrir une parenthèse, sur nos séjours à la Côte belge (et donc à effectuer un flash-back). Ma mère nous y entraîne deux fois par an, à Pâques et en septembre. La première fois , c'estt au Coq-sur-Mer, en 1945, pour nous rapprocher de mon père, qui étant dans l'armée anglaise, n'est toujours pas démobilisé et est caserné à Bayeux en Normandie, où il fait "tapisserie.. Bébé, j'étais déjà allé à Saint-Idesbal et à Coxyde mais je ne m'en souviens pas.
Donc la Mer du Nord, deux fois par an, va marquer mon enfance et mon adolescence. Cette "Mer du Nord" dans mes souvenirs, c'est d'abord le mer grise ou vert de gris, avec l'écume sur les vagues et sur les brise-lames. Ce sont aussi des dunes à perte de vue. Elles sont moches les dunes après la guerre, truffées de fortins allemands ( Les Bunkers )abandonnés et entourés de fils de fer barbelés. Nous, les gosses (jai 8 ans), on y refait la guerre, celle des "Mouches"(pas les mouches de Sartre mais celles de Golding dans "The Lord of the Flies"). Nous galopons dans les couloirs sombres de la mort, ceux de "l'Armée des Ombres" de Melville, on se faufile entre les mines, on trébuche, et, on découvre des armes, des munitions et df'autres accessoires militaires, périscopes, longues vues, boussoles, casques et  jumelles. Et nous montons nos propres musées de l'Armée. A Aywaille, mes cousins Duesberg ont chez eux un véritable arsenal. Nous sommes cinglés, car certains de ces territoires sont encore minés; en principe le nettoyage a été effectué, mais il suffit d'une mine oubliée, et nous, on court, on se bagarre, on se roule par terre comme des petits cons. On vient de vivre la guerre, mais on en n'a pas assez. A croire que celà nous a excités, à croire que l'on regrette ces cinq années exaltantes
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Samedi 29 mars 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
A quelques uns dans la classe, nous allons former une troupe de théâtre et jouer des pièces écrites par l'un d'entre nous, Jean-Pierre Willemaers, mon ami le plus proche à cette époque. Et nous jouerons notamment "Il n'y a pas d'enfer au Pays du bon dieu ", pièce que je mets en scène et dans laquelle je joue deux rôles(oui, moi le timide car je le suis horriblement, c'est donc une première victoire ) dont celui de Judas. C'est notre deuxième spectacle et il aura lieu dans ma future maison, sur la dalle de béton du rez-de-chaussée de la construcrion en cours. Les spectateurs, des parents principalement, sont dans le jardin, assis sur des poutrelles. Nous nous éclairons à la torche.
 Nous avions été initiés au théâtre, par un comédien-peintre, plus âgé que nous et n'ayant à voir avec le Collège, ni l'enseignement catholique. Il s'appelait René Lambert et habitait à 50 mètres de chez moi. Entre futurs artistes en herbe Et n'en ai plus jalmais entendu parler, nous nous étions tout de suite "reconnus". Par la suite il est devenu un peintre assez connu à Liège, faisant aussi des décors de théâtre. Je crois qu'il habite Bruxelles. Je ne l'ai jamais revu ! Et je n'en ai plus jamais entendu parler en tant que peintre, même après que je le sois devenu moi-même, des années après lui (1967 ). Je vais lancer un avis de recherche. Dans notre troupe, il y avait Philippe Nonet, Michel Mersch, Guy Philippart, Emmanuel Mahy, outre Jean-Pierre W. et moi-même. Que sont mes amis devenus ??? En fait, ils seront quatre à "rentrer dans les Ordres", comme on disait, pour en resortir ensuite plus ou moins rapidement selon les cas.
Avec Willemaers , nous nous réunissons parfois chez Alex Klimov, un russe émigré de notre classe dont la mère est peintre sous le nom de Valentine Klimov's (Noblesse russe oblige). Ils habitent rue Xhovémont, sur les hauteurs de LiègeUn milieu beaucoup plud évolué et libre que celui de nos milieux familiaux. Là au moins on respire autre chose que de l'encens. Là, a nous trois nous écoutons Ferré, Greco, Brel, Mouloudji, Brassens qui vient d'apparaître avec "sa mauvaise réputation" et son "petit cheval ". Et ce n'est pas du tout bon genre d'écouter ce genre de choses, ce qui rend nos réunions d'autant plus excitantes. Nous sommes trois à le faire, sur une classe de 25 élèves environ. Nous sommes , je le rappelle, en 1955. Alex Klimov se fera virer pour faute grave; il lit Gide et Sartre, qui sont tous les deux à l'INDEX, ce qui me poussera évidemment à lire Gide à mon tour, fin 1955. Je le trouve au grenier dans les caisses d'adolescent de mon père, caisses qui sont au grenier, ma mère ayant converti mon père et s'étant refusée à accueillir dans sa bibliothèque catholique ces libres monstrueux. Je découvre d'abord et lis sous le manteau, dans ma chambre "Si le Grain ne meurt " et ensuite "La Porte étroite". Et je suis séduit. Et puis rien de plus jouissif que ces lectures interdites. Alex Klimov, fera ses études de philosophie à Liège avec une thèse sur Berndjaeff et, parti pour le Québec, deviendra Directeur de l'Institut des Philosphies et Religions Orientales, à Trois-Rivières-Québec. Je l'ai revu à Liège, à la fin des années 60, alors que je m'apprêtais à partit définitivement pour le Québec, à mon tour!
Grande année donc que cette année 1955. Nous rêvons de filles mais nous n'en avons pas, excepté Klimov, évidemment, un grand timide pourtant, que je surprends, main dans la main, avec une superbe Nana, en faisant la file, devant le théâtre du Gymnase. Quant à moi, j'ai les photos de BB, je suis en plein virtuel, pourtant j'en crève d'envie d'avoir une fille, mais comment faire ???. Mes condisciples, eux ne rêvent dà rien du tout, sinon de leur futur noviciat. Eux, ils veulent entrer dans le Sacré Coeur de Jesus et moi je préfère les tabernacles entr'ouverts, si vous voyez ce que je veux dire. (Oh propos sacrilèges. Mon frére m'a écrit il y a un mois, pour que je retire, encore la censure, certains propos, qui insultent sa FOI et portent atteinte à la réputation de nos parents. Bien entendu, je n'ai rien retiré et ne lui ai même pas répondu. Il finira pas se noyer dans son bénitier. J'écris ce que je veux; Je suis devenu un homme libre et personne ne m'empêchera de parler ! )
Et en attendant, je vais m'acheter ma première guitare (pour plaire aux filles évidemment et puis une guitare, ça a un corps de femme). Mon ami Willemaers joue un peu. Il va m'accompagner chez Frambach, le magasin de Musique situé dans les escalers qui montent de la Place Saint-Lambert, vers la rue Saint-Hubert. Et j'achète une guitare de Jazz; ce n'est pas du tout ce qu'il me faut, pour apprendre, mais je vais faire avec. Willemaers m'apprend mes premiers accords et je m'entraîne avec Marie-José Neuville et ses tresses, grande star de l'époque. Mais très vite je vais glisser sur Brassens et sa "Mauvaise Réputation", chanson qui me fascine, depuis quelques mois. Ce n'est pas un hasard, si je vais m'employer pendant des années à acquérir une mauvaise réputation, dans mon milieu catholico-bourgeois-liégeois, afin de me libérer définitivement de son carcan
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Samedi 29 mars 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Dans sa lettre du 21 août 1954, Brigitte Bardot dit: "Cher Christian (ça y est nous voilà copains pour le moins), je ne demande pas mieux que vous m'écriviez de temps en temps(ah c'et bon ça  ! )Si je ne réponds pas toujours immédiatement ça n'est pas par oubli ( j'espère bien ! ) mais seulement par manque de temps. J'ai 19 ans (et moi presque 17. Brigitte est donc de 1935 ). Je suis mariée depuis presque 2 ans ( ah merde alors ! ) avec un journaliste de PARIS-MATCH qui s'appelle VADIM (Qui c'est celui-là ???) Nous sommes encore loin du cinéaste du film mythique  "Et Dieu créa la Femme" ( et quelle femme nom de Dieu ) J'ignore que pour un débutant en la matière, je me suis attaqué à un gros morceau, que je vais devoir partager, oh combien ! La nouvelle femme est née. Une femme animale et libre de son corps; une véritable révolution sexuelle etféministe, avant la lettre!
C'est donc à la rentrée de septembre 1954, à l'aube de mon avant-dernière année d'Humantés, celle que lon appelle, la "Poésie", oui on dit " Je suis en Poésie" et c'est donc avec Brigitte que je vais " entrer en Poésie " , brandissant fièrement sa lettre dans la cour de récréation. Désormais il sera dit que je m'intéresse aux femmes ce qui dans le contexte de l'époque d'un Collège de Jésuites, est considéré comme tout à fait "suspect". J'y reviendrai
La " Poésie " va être pour moi, une année de rêve, l'année de tous les éveils. Mon professeur est un poète wallon, jésuite, le Père Guillaume. Cet homme repère très vite que je suis un littéraire et donc nous nous entendons très bien. C'est un timide, d'une grande pudeur. Il va nous faire découvrir moultes écrivains, poètes et peintres. je présenterai s'ailleurs cette année-là, un exposé oral sur Cézanne, peintre que je connais beaucoup moins que les Monet, Manet et autres Van Gogh car dans mon milieu liégeois en 1954, on en est encore à la découverte des " Impressionnistes".
Donc année privilégiée car c'est là que je vais commencer à réaliser que je me situe, du côté des artistes - saltimbanques (car il y en a d'autres : les artistes "de pouvoirs ", les traîtres, les bidons) et non de celui des hommes de pouvoir. Je continue d'ailleurs à rafler les premiers prix de composition française et d'orthographe, les seuls lauriers ramassés pendant mes études (avec ceux de Lecture et de Religion ). Car je suis par contre catastrophique en Algèbre et en Trigonométrie. Par contre en géométrie je me débrouille bien. Même si c'est surtout celle de BB qui m'intéresse (vous tirez un trait partant de l'angle B pour atteindre l'angle B opposé. Ensuite vous découpez la diagonale (du Fou) en segments et vous élisez ceux de votre choix, ou vous choisissez ceux de votre Elue ) Et en effet les murs de ma chambre, à la maison se couvrent de segments de Brigitte Bardot, dés l'année 1955, dont certaines photos dédicacées qu'elle continue de m'envoyer, mais il n'y a plus de lettres. Manque de temps. Elle est en train "d'effeuiller la Marguerite". Elle ne saura jamais ce qu'elle a perdu !
Pendant ce temps, notre professeur, le Révérend Père Guillaume S.J, publie un essai, que j'achète et qui s'intitule "Essai sur l'emploi du substantif dans Les Entrevisions et la Chanson d'Eve de Charles Van Leerberg " excusez du peu. Ce même homme va parallèlement nous offrir un show très curieux. En entrant dans la classe, il aperçoit, dessiné au doigt dans la poussière d'un carreau, un triangle renversé. Il rougit de confusion et de colère et demande à l'auteur de cette infâmie, de se dénoncer. Nous sommes sidérés car nous n'y comprenons rien et il est impensable que l'un d'entre nous ait pu dessiner un triangle pubien car nous ignorons tout de ce symbole et nous ignorons encore d'avantage, ce qu'il recouvre (ce qui est beaucoupplus grave "Dites Monsieur, c'est quoi, un pubis" ? ). Notre professeur est très en avance sur nous mais pourquoi considère t'il, que dessiner symboliquement ou non, les sexe d'une femme est une cochonnerie. Qu'aurait-il dit s'il s'était retrouvé devant l'Origine du Monde de Courbet, que Lacan cachait soigneusement dans un coffre mural dont la porte était dissimulée derrière un tableau de Masson, porte nénamoins non 'massonnée", que notre dandy de Jacques devait ouvrir fréquemment, histoire de pouvoir se "courber" et rincer son oeil oedipien
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Vendredi 28 mars 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Je resterai une bonne semaine à la Clinique Sainte-Rosalie, la clinique préférée de ma mère, qui s'y connait. J'ai mal à la gorge, la cicatrisation est très lente. Ma mère  qui adore lire à haute voix, me lit "Le Bossu" de Paul Féval. Celà fait aussi partie de ses mythologies à la con "Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère iratatoi", et je me souviens avoir écouté aussi mais ça m'intéressait nettement plus, les trois volumes de  Flika, l'histoire d'une jument, gros succès de librairie de l'époque, écrit par une certaine Mary o' Hara, si ma mémoire est bonne. Mais ma mère avait censuré certains chapitres, probablement tout ce qui concernait la saillie et les accouchements de cette jument célèbre, à laquelle peut-être, elle s'identifiait inconsciemment. Même les animaux, je ne pouvais pas savoir ce qu'ils faisaient pour avoir des jeunes. Mais je préférais nettement ces histoires de bêtes à celle des mousquetaires de la garde de la Reine. Je pense que le troisième volume devait s'appeler "L'herbe verte du Wyoming" et les deux autres, ça me revient "Mon amie Flika" et " Le fils de Flika".
En 1954, il y a aussi l'épisode Brigitte Bardot. On joue au cinéma "'Le portrait de son père" un film de Bertomieu avec Jean Richard et j'ignore pourquoi, nous sommes nombreux dans la classe à aller voir ce navet, qui est un des premiers rôles de BB, dont personne ne parle encore, à cette époque. Et tous, nous avons le coup de foudre pour cette petite bourgeoise et collégienne de Neuilly. Mais je suis le seul à lui écrire via "Ciné-Revue". Et miracle, trois semaines plus tard, BB me répond. L'exhibition de cette lettre dans la cour de récréation, fait un tabac !
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Vendredi 28 mars 2008
publié dans : ECRITS et BIOGRAPHIE
Et je reviens au Collège Saint-Servais, pour les derniers jours de ma 4e greco-latine, juste avant les grandes vacances. Je suis très entouré. Le "tuberculeux" aventurier qui revient de la haute montagne, et qui n'est plus le même et qui  l'a, toute bronzée, non pas sa pine, mais sa mine. J'ai quinze ans. Photo de classe de fin d'année et c'est tout !
J'entre en troisième et très rapidement, j'attrape une varicelle féroce que je vais faire soigner chez ma grand'mère maternelle, quai Mativa n°22, la maison où j'ai vécu pendant la guerre. Je paserai chez elle, un séjour prolongé. Comme d'habitude je préfère ne pas être chez mes parents. Un ami, Pierre Verlaine, vient m'apporter les cours. C'est alors qu'une nouvelle fois, ma mère va avoir une idée lumineuse; elle va me faire passer des tests à l'Orientation professionnelle, rue Saint-Gilles, pour savoir si je puis continuer mes études (curieux puisque je ne redouble pas et n'ai même pas d'examens de passage). Et bien sûr, mes tests sont négatifs. "Je ne suis pas assez intelligent pour continuer mes études " Dis Monsieur le psychologue,. E ça veut dire quoi "intelligent" ? Un soir, au 144 de la rue de Snapeux, mon père vient me voir dans ma chambre et me demande si je n'aimerais pas entreprendre des études de Menuisier. Quoi? Je rêve. Pas question !!!. Eh oui, il paraît que mes tests m'orientent dans ce sens. Je suis un manuel, qui ne s'est jamais servi de ses mains, mais je suis un manuel tout de même ! Eh bien, je m'en fous et je refuse catégoriquement!
Il est intéressant de noter ici que ma mère qui adore les meubles, a régulièrement des menuisiers chez elle et des ébénistes, bien sûr pour restaurer ses Louis XIII, XIV, XV,et XVI. Alors pourquoi pas un menuisier à domicile et au surplus gratos. Mes parents viennent en effet d'acheter un terrain de 50 ares, à deux pas de chez nous, au 123 rue du Snapeux et s'apprêtent à y faire construire une villa dans laquelle les travaux de menuiserie tiendront une place importante: cage d'escalier, énorme armoire, énorme table en chêne (Aujourd'hui je pense que j'aurais mieux fait de devenir menuisiser que docteur en Droit)
Mais j'ai compris que ma mère essayait de me réduire une nouvelle fois et que mon père jouait le jeu. Il faut dire ici, qu'outre ma soeur, qui est dans un asile, j'ai un frère de 3 ans qui est autiste et un autre frère de 7 ans dont le parcours s'annonce difficile. Et que je me dis "Moi, ils ne m'auront pas"Je défendrai ma peau.
Donc, je me bloque et on est obligé de me faire repasser mes tests, avec l'accord du directeur de l'orientation professionnelle, Monsieur Bemelmans et de son adjoint, Monsieur Doutrepont. Merde, il s'accroche le gamin !!! Et mes nouveaux résultats, disent-ils, contredisent complètement les premiers. Personne, parmi ces psychologues-bidons, n'a pu imaginer un instant, que j'étais tout simplement, un garçon perturbé et que j'avais de fameuses raisons de l'être. Cette histoire est suspecte et je soupçonne ma mère d'avoir travaillé ces deux hommes au corps, avant les premiers tests, de la même manière qu'elle était allé voir mon professeur de 6e latine pour que je la redouble, alors que j'avais plus de 60% !
Et bien entendu, je réussis ma 3e latine, sans problèmes
Durant cette année 1954,( il y a t'il un rapport ?), on m'a aussi opéré des amygdales à la Clinique Sainte-Rosalie, tenue par des béguines. Je me revois, en salle d'op, assis dans un fauteuil. L'anesthésiste, un certain Docteur Bloch (opératoire) a mis un treillis sur mon visage, j'ai l'air d'un escrimeur; dans la bouche, on m'a mis un ouvre-bouche (on est en plein "Aveu" de Costa Gavras) et ça  fait très mal. Mon père est assis, à côté de l'anesthésiste et celui-ci déverse goutte à goutte, un filtre d'ether, ça pue, et moi j'ai décidé de ne pas m'endormir. je résiste un max et je chante, disons que je mélodise (Nelson), car j'ai la gueule ouverte, comme un poisson accroché à l'hameçon fatal. "Tu ne m'auras pas" dis-je, probablement à mon père, autrement dit, tu ne me castreras pas, mais celà je ne le comprendrai que lors de ma psychanalyse, quinze ans plus tard. Des couilles aux amygdales, il n'a qu'un pas, que je ne franchirai pas!
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Mercredi 26 mars 2008
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Donc ces trois jours se terminent en apothéose. Je quitte ma mère après le repas dans son hôtel situé dans la vallée et s'engage alors un match-poursuite, autour du Lac de Pontresina. Nous nous rejoindrons juste avant son départ. Je la reconduis à la gare, après une réconciliation bidon. Ma mère adore les drames suivis de réconciliations. Pendant toute mon adolescence j'ai dû subir ce petit jeu sadique durant des soirées et des nuits entières.
 Bref je remonte à travers la forêt. Enfin le calme et la nature et surtout le silence. C'est sur ce sentier de montagne, que je me sens suivi par une sorte de chasseur tyrolien d'âge mûr, en loden vert. Méfiant je le laisse me dépasser, mais il m'attend plus haut sur le sentier et me dit : "Pon Chouer"; on marche un peu, puis on s'assied sur un banc. Il me dit que j'ai de bonnes cuisses, les palpe à travers mon pantalon gris feutré, entre dans ma braguette à boutons (à l'époque on avait le temps de ne pas s'ouvrir "éclair"), et ne sent rien, ni moi non plus, pour cause d'impuberté. Donc le bide. Lui, déçu "Ach, encore fort cheûne" (Yawohl, aber nicht schöne bitte). Bref, on en reste là. Et le soir je raconte cette histoire à un de mes condisciples rentré de vacances un jour plus tôt que les autres et ça y est, hop, je me mets à bander dans mon lit sous la couverture, ça y est, miracle à Lourdes !'Tot fîr d'esse biesse" aurait dit Simenon dans son patois liégeois. Oh la la, dangereux, gefährlich, me voilà mûr pour une brillante carrière d'homosexuel! La révolte contre la mère oedipienne, l'absence de père, et le suisse alémanique, à chapeau tyrolien, tapi au coin du bois, juste au bon moment " "Youkaïdi, Youkaïda, c'est moi la tata et de youler de plaisir, oh là là itou, oh là là, tata "
Plus grand'chose à dire de la Suisse, après celà. Les examens, le repas de fn d'année et un dernier examen de diction, à table, après le repas, où je me déchaîne, moi l'introverti, en récitant "La bataille de Ramscapelle". De qui est-ce? J'avais un ami, à Liège, qui récitait brillamment ce poème troupier 14-18, célébrant un héroisme de garçon- boucher ou napoleonien peut-être, avec une gestuelle et une aisance, dont je me sentais jusquelà, totalement dépourvu. Il s'appelait Michel Potelle, ça rime avec Ramscapelle. Car il faut le dire, cet "écureuil réservé" que j'étais (mon totem aus Scouts), avait le cours de diction en horreur. Je me blotissais au fond de la classe, complètement recroquevillé sous mon pupitre, pour ne pas être appelé à l'estrade, par mon professeur de diction, Jean Libon. Des heures d'angoisse, où je n'ai pour ainsi dire jamais été appelé, un vrai miracle ! J'en ai vu des rougissants comme moi, face à la classe goguenarde et sadique, tortillant les bords de leurs culottes courtes sur l'estrade en bois.
Donc là, à Saint-Moritz, un grand show. Je fais impression et m'y lance à corps perdu, dans cette bataille de Ramscapelle, où pas un ne survécut, au point que je me suis souvent demandé qui avait bien pu la raconter!
Et puis on proclame les résultats. Un seul classement pour toutes les classes. Dix-sept élèves. L'anglais était premier (la directrice était anglaise, faut-il le rappeler) et moi j'étais deuxième, sur dix-sept nuls. Mais ne pas être le plus nul parmi les nuls, c'était déjà une victoire!
Je me retrouve à Bruxelles dans une gare. Mon père est venu me chercher. C'est la première fois qu'il me voit en pantalons. J'ai grandi et je suis tout basané, style "Moniteur de ski ". Le bronzage de la montagne, n'est pas celui de la mer. Il est au-delà du Rubicon
. Quant à mon père, il m'est toujours aussi étranger?
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Mercredi 26 mars 2008
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II y a  le dortoir. je me souviens d'un grand con, à côté de mon lit, exhibant généreusement, chaque matin, sa pine en "berne" (et nous étions pourtant à Saint-Moritz, c'est dire s'il l'avait longue ). Je n'avais jamais vu ça et j'étais d'autant plus effaré que j'étais toujours impubère à quinze ans. Il y avait aussii un garçon timide qui se prénommait Denis. C'était le souffre-douleurs. La nuit, les plus âgés se lèvaient pour lui tremper la main dans un bol d'eau, pendant son sommeil et le faire pisser tout son saoûl Qui a inventé ce jeu stupide? Mais je vous jure que ça marchait et que le gars se réveillait trempé le lendemain. Pipi  au lit !  Marqué à jamais !  Mieux que celà, un jour il  répond grossièrement à la professeur d'anglais, le pied-bot. Et le soir dans la salle de récréation, Denis a dû baisser son pantalon devant Directrice, professeurs et élèves et le pied-bot lui a administré une raclée "fesses nues". Voici pour l 'éducation sexuelle dans un collège anglais à Saint-Moritz en 1953 !
Heureusement qu'il y avait la glisse quotidienne, dans une neige souvent poudreuse, avec au soleil, des scintillements de pierres fines. Ce n'était tout
I
de même pas le sana, ni celui de  "La Montagne magique " de Mann, ni celui du "Siloë" de Paul Gadenne !
Alors, il y a eu les vacances de Pâques et tout le monde est rentré dans sa famille, sauf moi. Je me suis retrouvé seul, une fois de plus, à échanger quelques rares phrases avec John Bird, beau grand jeune-homme classieux, comme dirait Ginsbar, inséparable de sa mère, l'incontournable Mrs.Bird. Et je me suis promené dans les montagnes de printemps, à la recherche des chevreuils, avec mon appareil photo de l'époque, un Agfa Box.
Parfois je prenais le bus, pour descendre dans la vallée de l'Engadine, à 1800 mètres. Des noms sonnent encore à mon oreille, comme des clochettes de traîneaux: Campfer, Silvaplana, Pontresina, Sils-Maria, Piz Nair, Piz Maloya, Muotas Muragle, Diavolezza. Sur les lacs glaçés, les anglais jouent au "Curling". La population locale parle le Romanche, un dialecte alémanique. Il y at un côté carte postale "Merry Christmas", traîneaux à la Jivago, Santa Klaus de rigueur, pralines aux étalages kitsch des "Conditorei". Bref, très schleu finalement, les Grisons!
Ce qui me frappait, c'était l'ombre précoce dans la vallée de l'Engadine, dés quinze ou seize heures, provoquée par les montagnes saillantes environnantes. Je n'aimais pas ce soleil court dans le fond de la vallée. Alors je remontais vers mon collège-villa, pour m'y dorer en terrasse au soleil couchant !
Et puis, il y a eu une visite de ma mère pendant ces vacances de Pâques, une véritable catastrophe, qui a duré trois jours. Trois jours de bagarres ! A l'origine, une anecdote qui peut paraître stupide. Elle m'avait tricoté un pull en grosse laine, d'un bleu électrique pètant,  absolument difforme, manches trop longues, épaules tombantes, dont la base m'arrivait presqu'aux genoux. Bref in-portable et j'ai donc refusé de le porter. Ma mère l'a très mal pris. Elle avait passé ders journées à me tricoter ce sac à pommes de terre et je refusais d'être transformé en topinambour. Obstinément. Ma mère, en effet, tricotait des pulls déformés à ses hommes (mon père et les trois garçons car nous étions trois, mes deux frères étant nés en 1946 et 1950 ), nous achetait des chemises à pointes de cols tordues et des pantalons difformes, qu'elle nous avait appris à repasser, en nous les faisant allonger, bien pliés, sous nos matelas, le soir, avant de nous coucher; une corvée ménagère en moins pour elle . Bref elle nous rendait "laids". Mo père lui, s'en foutait complètement. Pourtant il n'était pas laid du tout (comment dire le contraire alors que tout le monde a toujopurs affirmé que je lui ressemblais) mais habillé par ma mère, on aurait pu le planter au milieu d'un champ de blé, en guise d'épouvantail à moineaux. D'autant plus étrange comme attitude maternelle, que ses frères s'habillaient très anglais, très "chic", très"smart", très "Oxford", comme ils disaient ces cons. Et pourtant c'était tout de même mon père et non pas eux, qui avait passé cinq ans en Angleterre. Allez comprendre ? Je me souviens très bien de mon père, le veston de travers, le pantalon froissé avec "de l'eau dans les caves ", la cravate mal nouée, le noeud en oblique et surtout, toujours, au moins une des pointes du col de sa chemise débordant sur le revers de son veston !

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