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Par Christian VANCAU
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Jeudi 26 janvier 2012
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Publié dans : Félicien ROPS
Dés 1863, Rops fait des aller-retours incessants entre Bruxelles et Paris. En effet, il étouffe en Belgique. Il écrit à son beau-père "Il est nécessaire que je passe trois mois à Paris par année". Il y rencontre l'éditeur le
plus osé du moment, Auguste Poulet-Malassis (c'est le cas de tous les poulets d'être mal assis), qui deviendra un intime de Thozée.
L'éditeur le présente à Felix Bracquemond, son futur maître en eau-forte. Rops abandonne la caricature et désire réussir dans
l'illustration du livre. Il rencontre les frères Goncourt qui le décrivent dans leur "Journal" comme: "
un bonhomme brun, les cheveux rebroussés et un peu crépus, de petites moustaches noires pincées, un foulard de soie blanche au cou, une tête où il y a du mignon d'Henri III et de
l'Espagnol des Flandres, une parole vive, ardente, précipitée "
Rops se fera de plus en plus souvent absent de Belgique. Charlotte s'installe à Thozée à cause de Paul qui souffre de toux qualifiées par les médecins de "nerveuses", ne se calmant qu'à la campagne.
Elle lui écrit de longues lettres, racontant le charme de la gentilhommière, son effet bénéfique sur la santé de Paul et se languit des absences de son mari: " Aime-moi,
comme je voudrais
être aimée ", lui écrit-elle en 1874.
Mais, dés 1868, Rops rencontre à Paris, deux jeunes couturières, Léontine ( 1849-1915) et Aurélie ( 1852-1924)Duluc. Elles s'occupent avec leur mère
d'une maison de coutur
e. Rops est séduit. L'amour des deux soeurs pour lui est fusionnel; les lettres qu'elles lui adressent portent
le doux nom d'Aureleon, ce mélange équitable d'Aurélie et de Leontine. Elles deviendront les compagnes de sa vie: "Elles ont apporté dans ma vie, charme, consolation, gaieté rayonnante, bonne
humeur, belle santé physique, elles m'ont rendu meilleur, positivement, par leur honnêteté simple et pénétrante "
Mais la
relation que Rops entretient avec sa femme devient de plus en plus houleuse. Charlotte a toléré longtemps ses aventures jusqu'à la connaissance d'une nouvelle liaison de son mari avec une
cantatrice belge, Alice Renaux, rencontrée sur la plage de Blankenberg en 1872. De son côté Alice ayant appris l'existence de
l'épouse légitime ainsi que des deux maîtresses parisiennes, se rend au château de Thozée pour faire à Charlotte, une scène qualifiée par Rops de furieuse et théâtrale. Charlotte ne divorce pas mais demande la séparation de biens et Félicien s'installe définitivement à Paris chez les soeurs Duluc en 1874,au 76
rue de Richelieu. En 1884, elles déménagent rue de Grammont,, 19, en plein quartier de
couturières. En 1887 et 1889 elles partent pour les Etats-Unis, afin de créer une succursale de leur maison de couture à New-York. Félicien devient pour elles "conseiller artistique" et leur
dessine croquis de costumes de ville et de théâtre
Leontine lui donne une fille, Claire: "Ma fille dira Rops, c'est l'enfant des jours pénibles, l'enfant
pour lequel j'ai abaissé ma morgue de bourgeois ex-riche pour vendre. . et puis c'est la fille de mon corps et de mon esprit, je l'aime doublement
la vraie vie moderne qui crie, s'amuse, se tue, étale au soleil ses dorures et et ses haillons, ses joies et ses douleurs, avec sa physionomie nerveuse et
surmenée. Rops lui donna une éducation sérieuse, l'envoya en Angleterre pour parfaire son anglais. Elle épousera en 1895, l'écrivain belge Eugène Demolder.
Aurélie Duluc, à son tour donne un garçon à Félicien, Jacques, "qui n'a vécu que le temps de se faire aimer et regretter et qui est
mort subitement d'une embolie, âgé de quelque jours. ( A gauche une photo de Claire, fille de Léontine )
Dès 1876, Rops trouve sa place dans la société artistique parisienne. A Paris il trouve enfin
"une vie artistique vivace et vibrante, la vraie vie moderne qui crie, rit, s'amuse, se tue, étale au soeil ses dorures et ses haillons, ses joies et ses douleurs, avec sa physionomie nerveuse et
surmenée, qui n'appartient à aucune autre"
Le modèle vivant qu'il cherchait dés l'académie s'impose à lui: c'est la femme qu'il surprend sur les boulevards, dans les bouges, au théâtre, au cirque...
Il se plaît à saisir l'instantané des évènements qui se passent sous ses yeux, à prendre, comme il le dit, en pleine nature le sujet, telle "L'attrapade" 1877 (ci-dessous) dans laquelle Rops représente deux femmes à l'issue d'une dispute, qui se menacent du poing sur l'escalier d'un
cabaret, le Moulin vert à Paris
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