Recommander
-
Ecrire un commentaire
-
Par Christian VANCAU
Communauté : Les Cheminants - Voir les 1 commentaires
Communauté : Les Cheminants - Voir les 1 commentaires
Mardi 30 septembre 2008
-
Publié dans : René CHAR
-
Ecrire un commentaire
La Sorgue, l'hiver en amont de l'Isle-sur-la-Sorgue, assortie du manuscrit " La Sorgue, Chanson pour Yvonne "Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon, donne aux enfants de mon pays, le visage de ta passion
Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison, qui roule aux marches d'oubli, la rocaille de ma maison
Rivière, en toi terre et , soleil anxiété, que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de la moisson
Rivière des apprentis à la calleuse condition, il n'est de vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons
Rivière de l'âme vide, de la guenille et du soupçon, du vieux malheur qui se dévide
Rivière des farfelus, des fiévreux, des équarisseurs, du soleil séchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur
Rivière des meilleurs que soi, rivière des brouillards éclos, de la lampe qui désaltère l'angoisse autour de son chapeau
Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer
Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer
Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux
De l'ouragan qui mord à la vigne et annonce le vin nouveau
Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison
Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon
René CHAR











Derniers Commentaires