LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU




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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


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  • Christian VANCAU
  • le blog totems par : Christian VANCAU
  • Homme
  • 01/11/1937
  • Forêt Ardennes belges LIBRAMONT Village de Moircy Belgique-SudArdBelgi
  • Musique Nature Peinture Littérature Animaux
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
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J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jean DUBUFFET

Ecrire un commentaire - Par Christian VANCAU
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 06:48
- Publié dans : Jean DUBUFFET - Ecrire un commentaire

En 1947 ses portraits d'écrivains suscitent un autre scandale, à l'origine ds portraits de Jean Paulhan , de Paul Léautaud, le "sorcier Peau-rouge" et d'Henri Michaux, à l'encre de chine et à la gouache. Voici celui d'Henri Michaux, l'écrivain namurois et de Paul Leautaud. Il ne faut pas oublier que Jean Dubuffet veut devenir écrivain depuis son enfance. Ses premières rencontres sont celles d'Armand Salacrou et de Georges Limbour. Il veut être écrivain car il ne se sent pas peintre. Une influence importante va apparaître: Jean Paulhan qui aide Dubuffet à devenir écrivain (Il voue aussi un véritable culte à Louis-Ferdinand Celine) Finalement Dubuffet sera peintre mais le "titre" sera son terrain d'écriture. Le titre sera un morceau d'écriture Entre 1947 et 1949, alors que ses entrepôts de Bercy sont vendus, il entreprend plusieurs voyages dans le Sahara et apprend l'arabe. Il réalise une série de gouaches, de nombreuses peintures à la colle et des dessins aux crayons de couleur, travail préliminaire à un cycle sur le désert qui ne verra jamais le jour
En 1947 également, sa première exposition à New-York connaît un vif succès
Jean Dubuffet-Biographie Dès juillet 1945, Jean Dubuffet a commencé en France et en Suisse une collection curieuse; il s'agit d'oeuvres d'expression populaire, de sculptures, peintures, tapisseries, objets divers élaborés par de médiums, malades mentaux, artisans marginaux et détenus.. Accompagné de Jean Paulhan et de Le Corbusier, il se rend d'abord en Suisse à l'hôpital de Waldau de Berne. Il y découvre les travaux d'Adolf Wölfli et d'Heinrich Anton Müller, rencontre Walter Morgenthaler (le biographe et psychiatre de Wölfli). A Lausanne ce sont les travaux de Louis Soutter et Marguerite Burnat-Provins qui l'enthousiasment. Dans une lettre à René Auberjonois, Dubuffet emploie pour la première fois le terme d'art brut. Il se rend à l'asile de Rodez et y rencontre le Dr Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud

Il  invente donc le terme
d'ART BRUT pour décrire leur art spontané, ignorant les canons artistiques. Les oeuvres sont d'abord exposées dans le sous-sol de la galerie Drouin (novembre 1947). Au printemps 1948, Dubuffet fonde avec André Breton, Michel Tapié et Jean Paulhan, la Compagnie de l'Art brut, vouée à l'étude et à la diffusion de l'art involontaire, sans culture ni tradition. La collection voyage en suite chez Alfonso Ossorio à New-York, puis rue de Sèvres à Paris, avant de trouver refuge à  Lausanne en 1976, où elle constitue aujourd'hui la Collection de l'Art brut (Michel Thevoz et actuellement Lucienne Peiry depuis 2001), au Château de Beaulieu que voici
Dans les années 1950, Dubuffet multiplie les séries. Corps de Dames brise un nouveau tabou ethétique, celui de la représentation esthétique de la femme. Sols et Terrains prolonge ses recherches sur la matière. Il donne également une importante série de "vaches". Voici "La Vache à la jolie queue" Les vaches de Jean Dubuffet En 1955 il s'installe à Vence et reprend ses assemblages de fragments de tableaux, de textures et de morceaux de papiers tachés d'encre. Son goût déjà évident pour les textures riches et empârées débouche sur le cycle des "Texturologies"(1957), hauts-reliefs de matériaux mixtes et en partie non picturaux d'où toute anecdote, toute figuration est exclue. Plusieurs autres séries ont trait à l'élément minéral: Terres radieuses, Pâtes battues, Célébrations du sol. Voici "Vie exemplaire du Sol "1958 De 1958 à 1962, il travaille à des compositions lithographiques (cycle des Phénomènes), réalise une série d'empreintes sur le thème de Barbes, marie des végétaux dans  "les Eléments botaniques" et commence le grand cycle des Matériologies. Voici la "Barbe de lumière des aveuglés" juillet 1959 et en-dessous "Barbe des Combais Parallèlement, il entretient durant une douzaine d'années, des relations avec le Collège de pataphysique qui lui consacre un double cahier en 1960 (Cosmorama de Jean Dubuffet). Il aborde également la création musicale avec l'un des fondateurs du groupe Cobra, Asger Jorn. Leur collaboration se traduit apr un enregistrement de quatre disques. En 1961 toujours, le cycle Paris Circus marque le grand retour à la peinture aux couleurs primaires et aux formes exacerbées. Dubuffet y campe la grande ville, son affluence, ses rues, ses enseignes, ses automobiles
Voici "Dames aux Fenêtres" 1963

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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 13:46
- Publié dans : Jean DUBUFFET - Ecrire un commentaire

Jean Dubuffet, peintre et sculpteur français, né le 31 juillet 1901 au Havre et décédé le 12 mai 1985 à l'âge de 83 ans.

Livre qui m'a été offert en 1976 par le peintre belge Jean-Pierre Ransonne




"L'art ne vient pas coucher dans les lits qu'on fait pour lui; il se sauve aussitôt qu'on prononce son nom; ce qu'il aime c'est l'incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s'appelle" (Jean Dubuffet)


Artiste iconoclaste, pourfendeur des institutions, Jean Dubuffet a produit une oeuvre abondante et variée, marquée par une remise en question constante. Artiste majeur du XXe siècle, sa vie est scindée en deux périodes distinctes; la première porte l'empreinte d'un héritage familial assumé tant bien que mal; la seconde qui se confond avec son oeuvre, débute lorsqu'à l'âge de 41 ans, il décide de se livrer exclusivement à sa vocation artistique. Issue d'une
famille normande de négociants en vin, Jean Dubuffet s'inscrit à l'école des Beaux-Arts du Havre, sa ville natale, en 1916. Après l'obtention du baccalareat, il suit quelque temps les cours de l'academie Julian à Paris. Il fréquente Suzanne Valadon, Max Jacob, André Masson, Fernand Léger et Juan Gris. Ctte vie de dilettante de promonge jusqu'à son service militaire qu'il effectue comme météorologiste à la Tour Eiffel En 1924, doutant des valeurs culturelles, il interrompt ses études et tous ses travaux afin "d'épouser la vie active". Il s'embarque pour Buenos Aires où il travaille dans un atelier de chauffagistes. De retour au Havre six mois plus tard, il prend des fonctions dans le commerce familial-dont il héritera à la mort de son père-et se marie.
En 1930, il s'installe définitivement à Paris avec sa femme et sa fille et fonde une entreprise de négoce de vins en gros à Bercy. Il se remet à peindre, confectionne des masques, fabrique des marionnettes et ralise des portraits d'Emilie Carlu, dite Lili, qui deviendra sa seconde femme en 1937. Ses affaires négligées, périclitent: il abandonne à nouveau la peinture. En 1939, il est mobilisé, puis muté piur indiscipline et évacué vers le sud. A son retour à Paris en septembre 1940, il reprend en main son affaire de vins, qui prospère, entre trafic et marché noir A partir de 1942, il décide de se consacrer exclusivement à l'art et crée des images primitives au dessin volontairement malhabile, proche de la caricature ou du graffiti. Dans un expressionnisme bariolé, il se met à peindre sa série "Vues de Paris", inspirée de dessins d'enfants
Les dessins des malades mentaux, découverts au cours d'un voyage à Heidelberg, l'intéressent aussi vivement.
Au printemps
1943, il produit quelques toiles sur le métro (un thème récurrent) et d'autres sur le Jazz En 1944, il crée ses premiers Graffitis, ses Messages à l'encre de Chine, gouaches et encres de couleur sur papiers journaux, ainsi que ses premières tables. Sa première exposition a lieu en octobre 1944 à la Galerie Drouin; il y présente sa série des Marionnettes de la ville et de la campagne En 1946, il récidive avec Mirobolus, Macadam et Cie, Hautes Pâtes. La facture de ces tableaux fait scandale. Dubuffet se détourne de la peinture à l'huile traditionnelle pour de mélanges de sa confection: céruse, mastic liquide, sable, graviers, goudron, vernis, plâtre, pouddière de charbon, éclats de verre...Sur cette pâte, il incise, coupe, racle avec un grattoir, une cuiller et même ses doigts

http://www.youtube.com/watch?v=2uOOXaVSUPs

En 1946 il publie aussi ses premiers écrits chez Gallimard. Voici ci-dessous une édition originale de 1946, qui m'a été offerte par un libraire, amateur et collectionneur d'art, Monsieu Deom, lors d'une de mes expositions à Arlon en 1980. Un beau cadeau Et voici encore une oeuvre de 1946, "La Venus au Trottoir"

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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 06:30
- Publié dans : Jean DUBUFFET - Ecrire un commentaire
Il s'agit d'un projet initié en 1974 par Jean Dubuffet et Pierre Dreyfus, Directeur de la Régie Renault à l'époque. 

Il s'agit en fait de construire un parc de structures contemporaines dans lequel les ouvriers pourront se délasser et converser pendant leurs heures de pose. C'est le SALON D'ETE. L'ensemble du salon d'Eté s'inscrit dans un rectangle de 58 x 46 mètres. Sa superficie au sol est d'environ 1800 m2. Il est conçu pour évoquer l'entour d'un paysage arborescent ou, plus exactement le simulacre d'un tel site à partir d'une algèbre mentale qui, prenant vie propre et corporalité, s'épanouit en la forme d'un paysage déconcertant. Tout le site et son sol sont partout sculptés et historiés de peintures en blanc, noir et bleu. Y sont utilisées des peintures polyuréthane employées pour les signalisations peintes au sol des aéroports et sur lesquelles on peut marcher sans dommage.
 
Au centre est un bassin de 300m2 de contour capricieux et dont le fond est sculpté et peint en même façon que le reste, avec des éléments de reliefs différents dont les uns émergent et d'autres affleurent ou sont immergés. Y court une eau turbulente. Il est entouré d'un ample dispositif dont le sol présente aussi des niveaux différents et des cheminements labyrintiques menant à des petits lieux à demi-distincts et refermés, où s'asseoir et converser. De nombreux éléments à hauteur de siège permettent à trois cents personnes d'y être assises en même temps. Des murs sinueux qui, par endroits, s'élèvent autour, enclosent l'ensemble en abritant des regards,  du soleil et  du vent. La hauteur varie de trois mètres à cinq mètres. S'érigent en outre, ici et là, des éléments en façon de fûts d'arbres hauts de cinq à huit mètres, et dont certains sont coiffés de nappes horizontales qui évoquent, les unes le feuillage des arbres, ou bien les autres des nuages et qui par ailleurs préservent de la pluie

Il a été recherché que l'ensemble provoque un effet de dépaysement et d'activation mentale et aussi qu'il soit frappant, à la fois par son caractère formel et poètique inédit et aussi par ses recours techniques offrant l'aspect d'une performance qui illustre la technologie de la Régie
 
La construction est réalisée partie en béton et partie en polyester

Jean Dubuffet en liaison avec les services spécialisés de la Régie et après des dessins préalables, réalisa une grande maquette à l'échelle de 1/10e en polystyrène expansé,striée de peinture en trois couleurs (Blanc, noir et bleu). Celle-ci fut agréée en septembre 1974. L'étude de la construction fut aussitôt entreprise par l'architecte de la Régie, Pierre Vigneron, assisté par des ingénieurs qualifiés. La confection des éléments en résine stratifiée fut confiée à une entreprise de Nouan-sur-Loire. Les travaux commencèrent en 1974. Après le renforcement de la dalle de béton sur laquelle allait se situer le monument et au-dessous de laquelle se trouvaient les parkings, les travaux commencèrent sérieusement dès janvier 1975 et furent conduits activement dans les mois suivants. En juin 1975, fut amené de l'usine et mis en place tout le fond sculpté du bassin constitué de 65 pièces de polyester s'emboitant comme un puzzle. Il apparut alors à Dubuffet que les formes n'étaient pas pleinement satisfaisantes, les arrêtes notamment se présentant un peu amollies et qu'il y avait lieu pour parfaire l'exécution qu'interviennent deux artistes qui apporteraient sous les directives de l'auteur, les retouches nécessaires. Simultanément, M. Jean Prouvé fut désigné pour ré-estimer les questions de méthodes de conception, de matériaux et de budgets. Il fit appel à un constructeur de bateaux en polyester armé. Le devis pour construire les éléments du Salon d'Eté s'élévait alors au triple du budget annoncé
Il apparut alors un nouvel élément aussi préoccupant, c'est que l'étanchéité de la dalle sous-jacente sur laquelle étaient posées les pièces de polyester formant le fond du bassin, était imparfaite
A ce moment-là, dans l'attente d'une solution définitive, le chantier fut recouvert de gazon. Dubuffet engagea alors un procès en 1975 ( Monsieur Vernier-Palliez ayant succédé comme président de la Régie à Monsieur Pierre Dreyfus) contre la Régie Renault pour démolition de son oeuvre inachevée. Le tribunal de 1ère instance le déboute en mars 1977, la Cour d'Appel confirme en juin 1978 et la Cassation casse le jugement de la Cour d'Appel en jan 1980. En 1981, Dubuffet gagne son procés devant la nouvelle cour d'appel de Versailles et la Cour de Cassation de Paris confirme cet arrêt en avril 1983
Après 8 ans de controverses, les magistrats firent droit à la protestation contre la destruction de cette oeuvre. Jean Dubuffet fut alors autorisé à imposer la réalisation de ce monument. Mais il répondit: " C'est maintenant moi qui refuse que la Régie Renault se voit gratifiée de ce "Salon d'Eté". Ne restera de ce projet, qui avait été pour moi si excitant , et qui, je crois, aurait pu l'être aussi pour le public, que son souvenir "
Voici le petit messager, revue créée à l'époque, acompagnée d'une pétition . Le 1er jugement de 1977 ayant décrété que l'oeuvre d'art c'était la maquette de Dubuffet et non les travaux entrepris sur le chantier. Autrement dit "N'importe quoi!"  Le chantier en 1975 Le tertre de gazon recouvrant le monument enseveli- 1977 Les éléments de polyester à l'abandon après le passage des bull-dozers Dubuffet-Régie Renault-Procès 1975 à1983- Jardin d'Eté Ce salon d'hiver sera finalement installé au Centre Pompidou à Paris dans des proportions évidemment plus modestes

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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 10:04
- Publié dans : Jean DUBUFFET - Ecrire un commentaire

Avec le cycle de l'Hourloupe" qui s'étale sur douze ans, de 1962 à 1974, Dubuffet se lance dans la peinture de fragments bariolés et étroitement imbriqués Ce style s'applique aussi à ses sculptures en résine, parfois réalisées à échelle monumentale. Tout commence par des formes griffonnées en bavardant au téléphone, des tracés en puzzle, un dessin net cloisonné sur fond blanc, des surfaces striées de traits rouges ou bleus. Ce graphisme "hourloupéen" , véritable manifeste culturel, Dubuffet lefait proliférer sous tous les formats, des plus petits dessins au stylo-bille et au marker, aux toiles de huit mètres (les Inconsistances 1964), des gouaches et huiles aux volumes peints au vinyle(1966) puis grâce à l'emploi du polystyrène expansé, aux bas-reliefs, sculptures, édifices, architectures (anarchitectures selon Michel Ragon).
Telle cette table en polyester, appelée "Table porteuse d'instances, d'objets et de projets" Jean Dubuffet-L'hourloupe-Table en ployuréthane Dubuffet abandonne alors la peinture à l'huile e les matériaux naturels pour les peintures vyniliques et les markers et, à partir de1966, afin de passer à  de grandes réalisations en volume, il apprend à maîtriser le polystyrène, le polyester, l'époxy, le béton projeté et les peintures polyuréthane
Citons la Tour aux figures (1967), réalisée en 1988 à Issy-les-Moulineaux, le Jardin d'hiver (1968-1970, installé aujourd'hui au Centre Georges Pompidou) , le jardin d'émail (1968-1973, Otterlo), le Groupe des quatre arbres (1970-1972, New-York) Cette sculpure est située à Paris, Quai d'Orsay, dans la Cour de la Caisse des Dépôts et Consignations Et enfin la construction de LA CLOSERIE FALBALA à Périgny-sur-Yerres (1969-1976), cet ensemble entourant la villa Falbala qui abrite le Cabinet Logologique Closerie Falbalas-Fondation Dubuffet-Périgny sur Yerres Le cabinet Logologique Cabinet Logologisue-Périgny-Dubuffet-Closerie Falbala Essentiellement abstraite cette vaste prolifération systématique peut former ici des objets, là des plantes, ou encore même des personnages pouvant se mouvoir et interagir dans sa création. C'est Coucou Bazar(1973), conçue pour ses deux rétrospectives à New-York et à Paris
Coucou Bazar, spectacle burlesque avec décors mouvants motorisés en forme de carapaces rigides et articulées
, est créé au musée Guggenheim à New-York et au Grand Palais  à Paris en 1973 Oeuvre monumentale commandée par la Régie Renault pour l'extérieur, le Salon d'été (1973-1975) semble présenter des défauts dans l'infrastructure, une fois les travaux engagés. La réalisation en est stoppée en 1976 et l'oeuvre est finalement détruite par les Bulldozers. La déception bien compréhensible de l'auteur qui engage un procès contre son commanditaire (gagné en 1983) est peut-être à l'origine de l'abandon du langage hourloupe
Dubuffet se consacre alors à ses
Théâtres de mémoire (1975-1979), tableaux constitués d'assemblages minutieux de fragments (en général une quarantaine pour chaque oeuvre), provenant des chutes et du découpage de la série précédente: Les lieux abrégés
Voici le Déchiffreur-1977 De 1980 à 1982, il se concentre sur la notion de Site dans des dessins et tableaux avec personnages
En 1983 avec les MIres, les sites et les personnages disparaissent, laissant place à un espace envahi par une inflation de hachures bleues ou rouges sur des fonds blancs ou jaunes En 1984 Les Non-lieux évoluent vers une apparente abstraction qui remet en cause de différentes manières les données spatiales communes. Ces oeuvres ultimes, non sans analogies avec les philosophies orientales, le bouddhisme notamment et les doctrines nihilistes, sont marquées par un profond septicisme.

Voici le Circulus 2 et en-dessous Ideoplasme XVI, tous deux de 1984
Dubuffet meurt le 12 mai 1985 à Paris après avoir rédigé sa biographie au pas de course

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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 10:35
- Publié dans : Jean DUBUFFET - Ecrire un commentaire

Malgré son mépris pour les cerces littéraires officiels et les rapports ambigus qu'il entretient avec l'écriture, Dubuffet produit de nombreux textes critiques, mémoires sur ses travaux et essais polémiques, dans un style raffiné, sophostiqué: Notes pour les fins lettrés (1946), Prospectus aux amateurs en tous genres (1946), Positions anti-culturelles (1951)...En 1968, il publie "Asphyxiante Culture", un pamphlet dont la veine anarchiste du début du XXe siècle. Ses écrits réunis sous le titre Prospectus et tous écrits suivants (Gallimard 1967-1995) occupent quatre volumes Ecritts de Jean Dubuffet-Céline-Gombrowicz
Il faut mentionner aussi son abondante correspondance, notamment avec Céline auquel il vouait un véritable culte mais aussi avec Gombrowicz, Paulhan, Breton, Queneau ;
Ainsi que celle avec Pierre Carbonel, qui a fait l'objet d'un livre publié en 1992 et intitulé "Lettres à un animateur de combats de densités liquides (Editions Hesse) (Pierre Carbonel, né en 1925, était un autodidacte méconnu, ayant découvert Dubuffet par la lecture du catalogue de son exposition au Pavillon de Marsan en 1960. Par une technique tout à fait personnelle-un mélange d'encres et d'autres liquides de densités différentes manoeuvrés sur de grands bristols, Carbonel fera naître, jusqu'en 1981, un monde étrange et primitif de masques, de totems et de personnages hiératiques et pierreux, oeuvres qui forcaient l'admiration de Jean Dubuffet Correspondance Dubuffet et Pierre Carbonel-Pierre Carbonel dont voici quelques extraits:

 "Je suis tout à fait convaincu que n'importe qui, sans aucune connaissance ni habiletés spéciales, sans surtout qu'il ait du tout à regarder à je ne sais quelles prétendues dispositions natives, peut s'adonner à l'art avec toutes chances de réussite. Il faudra seulement qu'il découvre les moyens de s'exprimer qui lui conviennent, qui lui permettent d'extérioriser ses humeurs sans en rien fausser ni rien perdre; c'est celà qui est difficile ! C'est celà qui nécessite, la plupart du temps, un long et patient travail d'expériences et de recherches "
(Pierre Carbonel est un créateur autodidacte méconnu. Par une technique tout à fait personnelle-un mélange d'encres et d'autres liquides de  de densités différentes, il fera naître, jusqu'en 1981-un monde étrange et primitif de masques-de totems et de personnages hiératiques et pierreux, oeuvres qui forçaient l'admiration de Jean Dubuffet


"C'est que l'art est un language auquel il appartient de mettre en oeuvre, nos voix intérieures qui ne s'exercent pas d'habitude ou qui ne s'exercent que d'une façon sourde et étouffée. Il appartient à l'art en premier chef, de substituer de nouveaux yeux à nos yeux habituels, de rompre tout ce qui est habituel, de crever toutes les croûtes de l'habituel, d'éclater justement la coquille de l'homme social et policé et de débouchez les passages par où peuvent s'exprimer seq voix intérieures d'homme sauvage"

"Et si l'art n'aimait pas à coucher, comme parle Dubuffet, dans les lits qu'on lui faits, ni non plus habiter les demeures qu'on lui bâtit ou s'établir dans les enclos qu'on lui assigne? Le lieu que désignent et vers lequel convergent tous les écriteaux, flèches et panneaux que la culture dispose pour enfermer le créateur et le consommateur lui-même dans ses circuits, comment l'art pourrait-il accepter de s'y tenir, habitué qu'il est, à courir la prétentaine, battre en sauvage les buissons et dissimuler ses sentiers, à rompre tout itinéraire, sitôt celui-ci tracé et repéré" (Hubert Damish)
De Dubuffet à propos de Céline: " Il est à remarquer que l'hostilité dont fut l'objet Céline, se déclara bien avant qu'il ait manifesté ses vues sur aucun territoire politique
L'itelligentsia sentit là qu'on se mettait à détruquer, comme on démine. Tout le statut de l'Intelligentsia repose sur un système de vaste imposture, à postes et relais, si complexe et étendue que si l'un ou l'autre de ces postes, par accident, saute, il ne met pas l'ensemble en péril; mais quand apparaît le déterminé déboulonneur, celui qui s'attaque à la centrale, le grand saboteur, les tocsins sonnent et les sociétaires de tous grades, s'élancent aux remparts avec l'huile bouillante"

Une autre phrase qui ressemble étrangement à du Thomas Bernhard : "Les professeurs sont des écoliers prolongés qui, terminé leur temps de collège, sont sortis de l'école par une porte pour y rentrer  par l'autre, comme les militaires qui rengagent" Meubles et Objets  1952

A Pierre Carbonel : "Dans beaucoup de cas les oeuvres qui bénéficient d'une grande réussite sociale sont de très faible valeur créative tandis que les oeuvres d'une forte valeur créative ne bénéficient d'aucune réussite sociale "
"Vos dessins ne me semblent pas de ceux qui puissent toucher les débonnaires villageois tourangeaux. Mais une exposition a-t-elle jamais apporté à quiconque rien de bon?"

"Je ne saurais trop vous conseiller de vous en tenir strictement à la notion de création d'art faite pour votre seule délectation, sans que s'y mèle aucune visée à en tirer gloire et profit"

"Il faut faire l'art pour soi-même, comme d'autres font  la pêche, ou la marche à pied, et surtout pas pour en faire exhibition "

"Les promotions sociales sont satisfactions tout à fait obscures, les philosophes chinois ont très bien dit celà. La moindre arrière-pensée de promotion sociale empêche la mayonnaise de prendre, je parle de la mayonnaise de création d'art"
Et en 1981 "On dit que la sagesse vient avec l'âge. J'en ris. La notion de sagesse est fausse aussi. Le mieux est de se laisser porter comme bouchon sur l'eau. Le bouchon est sage"

Et lisez ce poème composé en 1959 et accompagnant  cette peinture "La Barbe des Combais" à une époque où Dubuffet est obsédé par les barbes "As-tu vieilli
La fleur de barbe
Sur la mi-côte
C'est le printemps et voici
Que la barbe reverdit
S'en tisse le fil du lundi
A la fin de la semaine
S'embarbe tout le pays "

Et puis il y a le numéro spécial de l'Arc, datant de 1990

qui contient quelques fleurons:

"Il en est de la culture comme de bien d'autres choses dont la vertu s'envole aussitôt leur nom prononcé. Au premier stade il y a l'art gaillard, gratuit et plein de sève. Au second, il y a l'invention du mot culture, qui met à l'art bon plomb dans l'aile. Au troisième il y a la culture de choc, la caporalisation de la culture, et plus d'art du tout "

"La production d'art est un champ donné à l'esprit de caprice. Rien n'et plus dommageable à l'esprit de caprice que son assujettisement à une raison d'Etat, son administration par la collectivité, qui implique son contrôle et son orientation"


Jean Dubuffet dans son atelier à Vence en 1959 Dubuffet à Vence-1959 Avec Dubuffet les relations sont contradictoires. Il y a d'une part, le volume de ses écrits-quatre tomes auxquels il faudrait encore ajouter la somme énorme des lettres échangées-et la qualité du style. Gombrowicz-un autre de ses correspondants-l'a défini: "une façon de dire  à la fois nonchalante, aisée et quand même violente et agressive qui permet de deviner toute une réalité intérieure extrêmement personnelle".
Et il y a d'autre aprt, le mépris des littérateurs et de tout ce qui serait tradition classique, la volonté de casser la grammaire et de brutaliser l'orthographe. Les portraits de 1947 sont des caricatures méchantes: expressions de stupidité, d'hystérie, de morgue ou d'ennui. Les ressemblances sont "cuites" ou "éclatées" jusqu'au grotesque. Non moins significative est l'amitié pour Céline et Gombrowicz, deux révoltés, deux sacrilèges. Dubuffet adore la littérature et veut lui faire la peau.



Portrait de Pierre Matisse "le frère de l'autre". 1947. "Pierre Matisse, portrait obscur"



Portrait de Pierre Matisse-Dubuffet-1947

Ecrire un commentaire - Par Christian VANCAU
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 12:40
- Publié dans : Jean DUBUFFET - Ecrire un commentaire

Jean DUBUFFET est un des peintres français majeurs du XXe siècle. Il était marchand de vins. Né le 31 Juillet
 1901 au Havre, il est mort le 12 mai 1985, soit 2 ans et demi après m'avoir écrit les lettres qui suivent ...et d'autres J'y reviendrai...
En publiant une série d'articles sur lui, je tenais à rendre hommage à un homme qui m'a permis de persister dans mon travail, envers et contre tout, envers et contre tous, parce que la reconnaissance de mon travail par un peintre exceptionnel  et rebelle a rendu tous les rares hommages qui ont suivi, dérisoires, tout autant que les perpétuels rejets et mises à l'écart de toutes les instances culturelles belges. Grâce à lui j'ai compris que l'on n'oeuvrait que pour soi et que le monde environnant, à quelques exceptions près, n'en avait rien à foutre, et qu'il fallait se faire une raison, une bonne fois pour toutes. C'est celà qui m'a amené à ne plus exposer depuis 1995 et à me contenter d'inviter les gens sur mon territoire, là où ça se passait vraiment, en dehors de tout discours politique et culturel dominants et de toute tentative récupératoire. Mais l'échec de la Fondation Vancau créée en 2005 et le lâchage des administrateurs que j'avais eu la naïveté de prendre pour des amis, m'a amené à un tel dégoût que j'ai purement et simplement disparu de la société, celle des artistes étant devenue la même que celle de la "Société" tout court, à savoir de plus en plus médiocre
Correspondance Jean Dubuffet-Christian Vancau




Cher Monsieur Vancau,


Votre lettre me touche beaucoup et je vous remercie de votre chaude sympathie. Je suis très intéressé  par les documents que vous me communiquez. Je sens fortement l'enfièvrement mental qui se manifeste dans les accumulations de pierres peintes et de fûts d'arbre bariolés qui apparaissent sur vos photographies. J'y vois souffler le grand vent d'une création exaltée. Je suis ému de lire que mes travaux ont eu pour vous un effet de stimulation.

La grande opératon d'aménagement de votre territoire en microcosme philosophique est très excitante...
Jean DUBUFFET 29/11/1982


Cher Christian Vancau
Dialoguer? Il est bien manifeste que nos vues sont les mêmes et nous ne pourrions dès lors faire que ce que les musiciens appellent un duo à l'unisson qui ne fait pas une riche musique. J'ai pris connaissance avec vif intérêt de votre très longue lettre et de tout le dossier joint. Je sais maintenant qui vous êtes, je vous comprends et vous approuve pleinement. Mes idées sur la création artistique sont les mêmes que les vôtres. Sur l'exploitation sociale qui en est faite et qui en dénature le sens, je pense comme vous. Je suis d'ailleurs convaincu que le public, si endoctriné qu'il soit, prendra bientôt conscience du caractère spécieux et oiseux de toute cette propagande culturelle dont il est pourl'heure, si copieusement matraqué. Mais il me faut avouer que je ressens un peu d'indifférence, pour ce que le public fait ou croit, je n'en prends plus guère souci. J'ai pris le parti de faire comme il me plaît, sans chercher à convaincre. Je vois bien que vous aussi. Je suis maintenant très vieux et en mauvaise santé et je vis reclus, privé de tous contacts sociaux. Je vous demande de me le pardonner.
A vous amicalementLettre 1Lettre 2Lettre3Lettre4

Jean DUBUFFET   17/12/1982.

Il y a eu d'autres lettres de ce type qui m'ont définitivement rassuré sur la connerie des institutions belges et françaises au pouvoir, immuables dans leur aveuglement qui, aujourd'hui encore, ignorent totalement mon existence, alors que je viens d'avoir 72 ans, ces " paniers de crabes", des fonctionnaires qui s'intéressent à tout (enfin disons plutôt à rien) sauf à l'art
Et même dans le milieu de l'Art Brut, c'est devenu pareil. Voir mes articles sur Leopold TRUC de Cabrières 'Avignon. Non seulement ils sont incapables de découvrir par eux-mêmes, un artiste français exceptionnel , qui se situe exactement dans la sphère de leurs préoccupations de soi-disants"Spécialistes de l'Art Brut" mais en plus quand je leur apporte cet artiste sur un plateau d'argent, car c'est moi qui le découvre, ils l'ignorent totalement et ne répondent à aucune de mes lettres. N'est-ce pas, Monsieur Bruno DECHARME, , Jean-Claude CAIRE et Michel THEVOZ ????
Vous pouvez trouver sans peine l'association de Bruno DECHARME sur Internet en tapant abcd sur Google ou sur Yahoo. Elle existe bien mais ne répond pas aux lettres. Disons qu'elle est BIDON. Les rajouts en jaune sont de moi J'ai appris de bonne source que Monsieur Decharme était avant tout un collectionneur et que sa position et son organisation servaient surtout à lui permettre d'étoffer sa collection, à bon marché. Or un territoire n'est ni morcelable, ni achetable. Et voilà pourquoi ce Monsieur mal poli de surcroît, ne m'a jamais répondu. L'histoire en prendra note



Décès de Jean DUBUFFET en 1985


ADIEU JEAN MAIS POUR MOI ET EN MOI, TU ES TOUJOURS BIEN VIVANT !!!

Tu es celui qui m'a fait rendre futile et dérisoire, voire flatteuse,  la non-reconnaissance et la mise à l'écart dont je suis depuis toujours l'objet dans mon pays

Rira bien qui rira le dernier...

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