Communauté : Belge et fier de l'être - Voir les 1 commentaires
Grande conversation avec mon
ami Steve Houben, Jazzmen belge mondialement connu, au bar du Jazz Gaume Festival à Rossignol, en 2005
J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord de Sedan et 75 Kms au Nord
de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Sedan et
Charleville au Sud-Ouest
Mon adresse-mail est la suivante: christian.vancau@base.be
" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain
ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )
Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre
Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges, un endroit magnifique au bord de la
forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en
Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était
embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à
part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je
me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la
banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" ! En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5
anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis
donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé.
Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en
ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été
fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des
étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis
retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à
suivre).
J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art n'était pas plus
reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de
toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de
la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence,
agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche,
ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres
est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en
Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du
Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des
groupes, quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux
d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un
journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et
contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de
ce blog
Grande conversation avec mon
ami Steve Houben, Jazzmen belge mondialement connu, au bar du Jazz Gaume Festival à Rossignol, en 2005
"Ceux qui n'aiment
pas Glenn Gould sont des gens abominables. Je n'ai rien à faire avec eux. Ils sont dangereux"
Thomas BERNHARD
Sur cette photo je note une ressemblance évidente avec
Louis-Ferdinand Celine, même morphologie de vidage et mêmes yeux regardant dans le vide, un regard d'aveugle.
Glenn GOULD est né à Toronto en 1928. Il est le fils de
Russell Herbert Gould, commerçant en fourrure et de Florence Grieg, lointaine parente d'Edward Grieg, le compositeur norvégien. La musique tient une place centrale dans la maison Gould, Hervert
est violoniste amateur tandis que Florence joue du piano et de l'orgue et enseigne la chant à temps partiel
Il pratique le piano avec sa mère jusqu'à l'âge de 10 ans.
En effet dès l'âge de trois ans, l'enfant se met à pianoter, assis sur les genoux de sa mère. A cinq ans il peut jouer des musiques simples.
Son apprentissage commence réellement à l'âge de 10 ans lorsqu'il entre au Conservatoire de musique de Toronto, pour ses études auprès d'Alberto Guerrero (pianiste de concert Chilien) pour le
piano, de Frédérick Silvester pour l'orgue et de Leo Smith pour la theorie musicale
Les parents de Gould refusent d'en faire un enfant prodige que l'on met au piano pour épater voisins et amis; son enfance est le contre-exemple de celle de Mozart, qui fut paradé dès son plus
jeune âge. De santé fragile; il va à l'école où il ne tisse cependant pas de liens réels avec ses camarades. Ses affections vont plutôt du côté des animaux de la maison, ses poissons rouges et son chien
Ses parents sont assez à l'aise financièrement pour consacrer quelque 3000 dollars(de 1940)
par année, à l'éducation musicale de leur fils.
Voici Glenn et son professeur de piano Alberto Guerrera
A signaler que même si Gould, plus tard se prétendra autodidacte, il étudie pendant près de dix ans avec Alberto Guerrero. Le rôle de
Guerero dans la formation musicale de Glenn Gould est déterminant. Si le jeune-homme ne se contente pas d'imiter son mâtre, il gardera tout au long de sa carrière, les marques des sa formation. Gould intègre la musique de Guerrero tout en lui donnant son interprétation originale
De 1942 à1949, Glenn se consacre à l'étude de l'Orgue.
Gould commence alors au debut des années 50 à donner de nombreux concerts, essentiellement sur le continent américain, avec les plus
célèbres chefs et interprètes (Herbert von Karajan, Leonard Bernstein, Yehudi Menuhin, entre autres)
Mais c'est à New-York qu'il va se faire un nom aux côtés des grands noms de la musique de l'époque. Il témoigne immédiatement d'une oreille absolue et d'une mémoire musicale hors du commun
Le début de sa renommée internationale peut être datée de son célèbre enregistrement des "Variations Golberg" de juin 1955 dans les studios CBS à New-York. Son interprétation d'une rapidité et
d'une clarté des voix hors du commun, et surtout hors des modes de l'époque, fera beaucoup pour son succès. Elle est restée une référence absolue et le disque fait d'ailleurs toujours partie des
bonnes ventes du catalogue CBS/Sony
De manière générale il s'est gagné une réputation internationale grâce à ses interprétations très originales , particulièrement celles de la musique
de Jean-Sébastien Bach. So jeu pratiquement dépourvu de legato, presque sans pédale, les réglages millimétrés de son piano fétiche, tendu à l'extrême pour gagner encore en rapidité sont sa marque
propre. Son toucher était si résolument différent qu'il en était immédiatement reconnaissable entre tous (même sans son chantonnement célèbre), et également beaucoup critiqué.
Voici quelques caractéristiques propres à Gould:
Il chantonnait souvent en jouant ce qui est perceptible sur certains enregistrements comme dans son interprétation du Clavecin bien
tempéré; Celà donnait du fil à retordre aux ingénieurs du son dans les studios de l'enregistrement
Il se penchait très en avant sur son clavier, le visage au niveau des touches
Celà tenait à l'utilisation d'une seule et unique chaise pliante beaucoup plus basse qu'une banquette de piano, dont il avait scié
les pieds. Cette chaise l'a accompagné toute sa vie durant. Même lorsqu'elle fut dans un état de délabrement total, il continuait à l'emporter partout où il voulait
jouer
Même lorsqu'elle fut dans un état de délabrement tota, il continuait à l'emporter partout où il devait jouer
Devenus les symboles de Gould, la chaise et le piano Steinway CD312 sont actuellement dans les collections d'un musée d'Ottawa
Quelle que fut la température, il portait toujours des couches superposées de vêtements, couvre-chef et gants compris
Si Glenn Gould aimait peu Chopin et les dernières oeuvres de Mozart ("Mort trop tard" selon lui ), il admirait en revanche la chanteuse Petula
Clark, à laquelle il consacre un article élogieux en 1964
En 1964 il quitte définitivement la scène, à l'âge de 32 ans, pour se consacrer exclusivement à l'enregistrement en studio
et à la réalisation d'émissions de radio et de télévision
Entre 1972 et sa mort, il a réalisé sept documentaires avec Bruno Monsaingeon dont "Les Chemins de la Musique" en 1974 (rebaptisé plus tard "Glenn Gould, l'alchimiste" )
Ses compositions, en revanche sont restées peu connues. Citons notamment une fugue pour choeur à
quatre voix mixtes intitulée "So you want to Write a Fugue? " où le musicien nous explique avec humour comment écrire une fugue, démonstration à l'appui. Gould est également l'auteur d'un Quatuor
à cordes opus 1, d'inspiration proche de la musqiue d'Arnold Schoenberg.
Considéré comme l'un des plus grands pianistes du XXe siècle, il meurt en 1982 à Toronto d'un accident vasculaire cérébral

Dans son livre Glenne Gould: The Ecstazy and Tragedy of Genius, le psychiatre américain Peter Oswald suggère qu'une partie du comportement
de Gould, apparu à la fin de son enfance et durant son adolescence, ressemblait à la condition appelée SA (Syndrome d'Asperger), une variante de l'autisme. S.Timoty Maloney (Directeur de la
Division de la musqiue de la Bibliothèque nationale, intrigué par ce rapprochement a alors mis en parallèle un certain nombre de comportements caractéristiques de Gould et des symptômes de la
maladie d'Asperger
Il a remarqué que certaines personnes souffrant de ce syndrôme avaient une hypersensibilité de certains de leurs cinq sens
et une hyposensinilité pour d'autres. Or Gould était hypersensible au toucher, à la vue et à l'ouïe et hyposensible au goût et à l'odorat
Gould avait une obsession pour les routines et rituels immuables, une autre caractéristique manifestée par les autistiques. Pour
Gould, il y avait une routine pour tout. C'était comme si la répétition constante de certains rituels lui permettait de se sentir en sécurité. Ses rituels incluaient le trempage de ses bras (dans
de l'eau tellement chaude qu'elle laissait sa peau écarlate ) avant un spectacle et son refus bien connu d'abandonner la chaise pliante que son père avait adaptée pour son usage, même quand
l'usure et les déchirures l'avaient réduite à un cadre (sans siège )
grinçant et bancal tenu ensemble par du ruban adhésif, des cordes de piano, de la colle et des vis
Les victimes du SA ont en général beaucoup de difficulté à manifester un comportement socialement acceptable. Dès sa petite enfance et
durant toute sa vie, Gould eût des difficultés au niveau social. L'école fut une expérience malheureuse: on dit qu'il comptait chaque seconde jusqu'à l'heure ddu dîner. Il vécut ses premières
années comme un solitaire au tempérament violent. Adulte on retrouve plusieurs exemples de son manque de courtoisie fondamentale (comme téléphoner aux gens au milieu de la nuit) et son manque de
sens commun quand il conduisait, gérait son argent et prenait soin de sa propre santé. Pour ce qui est de sa musique, il était décrit comme inflexible quant à son choix des répertoires et des
tempos. Sa fascination pour la technologie et les animaux fournit une autre indication, les deux étant des exutoires qui lui permettaient d'éviter l'interaction humaine
On sait aussi qu'il a souffert de plusieurs problèmes de santé chroniques caractéristiques des victimes du SA, tels que des problèmes gastro-intestinaux et des affections des voies repiratoires
supérieures
Gould manifestait aussi des mouvements anormaux: une démarche bizarre, une posture médiocre, de la maladresse, des mouvements stéréotypés
répétitifs tels que se bercer, fredonner et battre la mesure au clavier ainsi que ses gestes de direction d'orchestres
I
l faut aussi signaler les nombreuses collaborations avec le violoniste Yehudi MENUHIN (que j'ai connu et sur lequel je reviendrai)
Gould avait la capacité de traiter simultanément un grand nombre de données et d'en retenir les détails pendant des périodes de
temps indéfinies. Beaucoup ont observé que Gould avait une mémoire musicale photographique, lui permettant de se souvenir de quantités impressionnates de partitions musicales et de créer à
volonté des transcriptions pour piano, d'oeuvres d'opéras et d'orchestres. Sa mémoire auditive lui donnait le ton juste et sa mémoire kinesthésique lui permettait de revenir à une oeuvre musicale
des annés après sa dernière interprétation, et de la jouer parfaitement. De telles prouesses de mémoire sont caractéristiques des capacités des autistiques
La masse critique de preuves anecdotiques recueillies par M.Maloney l'ont convaincu que, loin d'être délibérément excentrique et d'alimenter la controverse uniquement pour attirer l'attention ou
vendre plus de disques, Glenn Gould a été poussé par l'autisme vers cet étrange comportement et la réclusion qu'il s'était imposée
A signaler aussi évidemment le remarquable livre-roman de
l'autichien Thomas Berhard intitulé "Le Naufragé", un livre- fugue sur Glenn Gould que Bernhard admirait totalement. Bernhard avait fait des études assez poussées de violon et il s'est mis en
scène dans ce roman comme deuxième pianiste (Wertheimer), Gould étant le premier. Celà se passe en 1953 au Mozarteum de Salzbourg où tous deux suivent le cours de Vladimir Horowitz, ce qui est
une fiction car il semble que Bernhard n'ait jamais rencontré Gould. Bernhard a en littérature le même rythme répétitoire obsessionnel que celui de Gould.
Ce livre est sorti en 1983, un an après la mort de Gould
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