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le blog totems par : Christian VANCAU

le blog totems par : Christian VANCAU

Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 70 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!

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BIO 81 - Année 1961- La Yougoslavie

Alors un soir du mois de Juin, par une belle nuit étoilée, à une terrasse donnant sur la Meuse, près du Palais des Congrès, je demande à Brigitte si elle veut m'épouser, pas dans l'immédiat bien sûr, mais disons s'y préparer à faire sa vie avec moi; je suiis sûr de son oui car notre entente est parfaite; je suis donc stupéfait lorsqu'elle me dit après un long silence interminable "Je dois encore réfléchir". Une onde de froid me parcourte l'échine. je ne comprends pas cette hésitation ou plutôt je la comprends trop bien, il y a un vrai problème quelquepart, mais lequel? Effectivement ma demande a déjà enclenché le" début de la fin"
Voici donc les grandes vacances d'aoûit. Avec Pierre, le frère de Brigitte, le futur journaliste et un ami commun Yves de Seny, nous avons programmé un voyage en Yougoslavie. C'est Pierre qui a tout organisé, son but principal étant de visiter les monastères byzantins et leurs "Pantocrators" (fresques représentant le Dieu tout-puissant, sous la figure du Christ car lui aussi s'intéresse à l'art comme sa soeur. Mais comme nous sommes tous deux de piètres conducuteurs, nous sollicitons Yves, pour piloter la vielle Ford Taunus 17 M que nous allons louer pour partir là-bas. Pierre est fiancé à une certaine Claudine. Et Claudine part avec Brigitte en Grèce, dans les îles (Hydra) , ce qui est tout à fait délirant. Pourquoi ne pas partir avec nos "fiancées". Qui a emmenché ce scénario? Car officiellement je suis toujours avec Brigitte, qui a simplement demandé à réfléchir. Nous avons néanmoins le vague projet, si nous arrivons jusque là avec notre tank, de les retrouver à Athènes.
Bref en août 1961, nous voici tous les trois sur les routes yougoslaves. L'autoroute allemand via Plitvitse, avant d'aborder la côte Dalmate en Croatie.On se croirait en Afrique car même sur la côte, il n'y a pas encore de route macadamisée entre Rijeka et Zadar, à l'époque, la route côtière est un chemin de terre et de pierres et quelles pierres. Après Zadar, ça va mieux mais il est clair que le tourisme n'est pas encore organisé dans la Yougoslavie de Tito. Nous découvrons Split, cette ville construite à l'intérieur d'un des palais de Dioclétien au bord de la mer. Nous sommes contactés discrètement la-bas par des étudiants croates, adversaires du régime de Tito et partisans de son ex-ami, emprisonné par ce mêmeTito, le fameux Milovran Djilaz, qui a écrit "La Nouvelle Classe dirigeante" critique acerbe du régime titiste.Ces étudiants cherchent à établir des contacts avec 'l'Occident" (sic) Puis nous piquons sur Dubrovnik, la Venise du Sud, l'ancienne Raguse, ensuite sur la Macédoine Yougoslave et le Montenegro (tzerna Gora en Serbo-croate= Montagne noire) en traversant au Sud de Dubrovnik, les fascinantes bouches du Kotor, pour nous retrouver au bors de cet immense lac d'Okhrid, ceinturé par trois pays, la Yougoslavie, la Grèce et l'Albanie. Nous sommes donc à la frontière albanaise, infranchissable, en pleine dictature d'Enver Hodja, Albanie envahie par les chinois à l'époque, car il y a des accords entre les deux pays. De là nous nous enfonçons dans les terres vierges, rouges et musulmanes du Montenegro et du Kosovo et arrivonsà Pec (prononcez Petch) et à son monastère. Nous sommes complètement dépaysés, entourés de Musulmans, dans une région aride, rurale et pauvre; c'est un saut dans le temps que nous faisons, le temps de la guerre des Balkans (1912-1913 ). Nous roulons sur des routes caillouteuses et poussièreuses à du 40 Kms/heure. Et nous entrons en plein Kosovo dans ce village de Petch avec son célèbre Monastère byzantin et une mini-mosquée. Nous sommes les seuls touristes et notre entrée dans chaque village provoque un émoi évident; notre voiture est rapidement recouverte de gosses et entourée d'adultes; Ils nous demandent des cigarettes, du chocolat, des dollars. le tout en Serbo-croate, langue que je n'apprendrai que plus tard à l'occasion de mes  nombreux voyages dans ce pays, fin des années soixante, car je vais véritablement m'attacher à ce pays, qui en fait en contient 6 d'où sa diversité. LaSlovénie et la Croatie de Zagreb, c'est l'Autriche. La côte Dalmate et L'Istrie, c'est l'Italie. En Serbie nous sommes en Russie, en Bosnie, au Montenegro et au Kosovo, nous sommes plongés dans l'Islam et on commence à sentit le souffre de l'Orient

Publié le 11/09/2008 à 16h13 dans Ma BIOGRAPHIE

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