le blog totems par : Christian VANCAU
Il est n
é le 7Juillet 1833 à Namur (Belgique). Son père Nicolas-Joseph Rops fait commerce "d'indiennes"; des tissus imprimés aux couleurs de l'arc-en -ciel par des
procédés analogues à ceux de l'impression sur papier et qui sont destinés à l'impresion des robes d'été et des lingeries.
Félicien fera ses études chez les Jésuites à Namur, puis à l'Athénée. Il est également inscrit à l'Académie des Beaux-Arts de Namur.
En 1851, il s'inscrit à l'Université libre de Bruxelles, pour une candidature en philoosphie préparatoire au Droit. Il plonge avec enthousiasme dans une vie de
bohême étudiante dont les points d'ancrage, véritables champs d'expression des premières avant-gardes artistiques et littéraires de la toute jeune Belgique de l'époque (1830), seront les ferments
de sa future carrière artistique. Dans les années 1850-1860, on le verra lutter pour le réalisme à l'atelier Saint-Luc et, plus tard, au sein de la Société libre des Beaux-Arts et de la
Chrysalide, fonder la Société internationale des aquafortistes et animer au bord de Meuse la fameuse colonie d'Anseremme où il attirera nombre de ses relations bruxelloises. Parallèlement, il
découvre le support journalistique et la lithographie, au sein des cecles étudiants qu'il aborde avec certes plus de conviction qu'il n'envisage ses études universitaires.( Noter que son père est
mort en 1849 alors que Félicien avait 16 ans ) Les amitiés qu'il nouera à cette époque seront déterminantes et même capitales, la plus importante étant celle qui le liera avec Charles De
Coster. Dés 1851, Rops fait partie de la Société des Joyeux, cercle d'étudiants de l'Université libre de Bruxelles. Rops devient aussi un membre actif du cercle des Crocodiles, joyeuse bande
d'étudiants qui se retrouvent au Trou, célèbre estaminet . Cette bande qui se veut loufoque mais conscientisée édite Le Crocodile, journal des Loustics, une feuille dont le succès ira croissant
dans le Bruxelles des années 1853-1856. Chaque semaine, pendant trois ans, Félicien y publie un dessin lithographique.( En 1856 en effet, il fonde son propre journal : L'Uylenspiegel, journal des
ébats artistiques et littéraires ). Le Bruxelles bourgeois qu'il découvre sera sa première cible avant qu'en 1855, l'afflux des immigrés français du coup d'Etat de Napoleon III ne le pousse peu à
peu vers la caricature politique et les idéaux démocratiques, dans l'esprit de Gavarny et de Daumier.
Initié à la satire politique et sociale? Rops se lance également dans la critique artistique et s'attaque à ces véritables instututions artistiques que sont les
Salons annuels. Il publie sous l'égide de la Société des Joyeux, une série de petits opuscules caricaturaux qui les mettent directement en pièces
Le Diable au Salon paraît en 1851 et atteste d'une étonannte compréhension de l'actualité satirique de son temps pour un artiste qui es esr à ses premières arms. Rops a notamment
assimilé le fameux salon caricatural de 1846 publié à Paris par Baudelaire, Banville et Vitu et s'en inspire librement "Les Cosaques. Invasion au salon de 1854" paraît cette année-là ave 20
lithographies. La dérison se fait toujours plus ravageuse voire même destructrice. Les Cosaques font oeuvre d'iconoclastes, remarque Michel Daguet qui commente l'illustration de tête : "ils
renversnt les statues et lacèrent les toiles de leurs lances devenues des plumes acérées. Là où le diable ne se voulait que tentateur, le cosaque se fait destructeur. Là où le Malin révélait aus
masses infantilisées les dessous d'une expositon, le barbare détruit ce que d'aucuns considéraient peut-être comme un signe de culture. Le texte des Joyeux rend compte des aspirations de ces
jeunes échevelés en rupture de conventions. S'affirme ainsi la primauté pour ainsi dire primitiviste - et la référence au cosaque va en ce sens - de l'intuition spontanée. Rompant le carcan des
conventions, les auteurs proclament : " Nous avons le plus profond mépris pour la couleur et pour la ligne; le jet, l'idée, voilà notre idole "."
On peut peut-être mettre en parallèle cette profession de foi collective et les références que Rops se donnera bien des années plus tard, lorsque, artiste reconnu,
il voudra mettre son individualisme en images. L'aquafortiste-alchimiste n'affirmera t'il pas à plus d'une reprise, vouloir sauvegarder le jaillissement spontané du dessin au travers de son
travail de graveur ? Et l'anticonformiste ne cherchera t'il pas vers de lointaines te
rres de l'Est qui le séduisent par leur beauté brute, les racines
d'une personnalité qu'il veut hors du commun.
Ce sera ensuite au tour d'Uylenspiegel de chambouler les conventions. Les Joyeux se réclamaient de la facétie, les Crocodiles se voulaient "fils du désert",
indépendants de toute doctrine ou mouvement. Nul doute que l'indépendance d'esprit prônée en ces cercles ait convenu à la personnalité profondément individualiste d'un Rops qui restera toujours
allergique à la soumission aux conventions dominantes. La vocation à la critique artistique qu'il a pu exprimer en ces premières et foisonnantes années ne le quittera jamais.
Rops, sous divers pseudonymes, se fait ainsi la main par le biais de sa collaboration à cs journaux. Il perfectionne sa technique du dessin et de la lithographie
qu'il portera bientôt à un remarquable aboutissement. Parallèlement, il s'exerce à la peinture et s'inscrit, en 1853, à l'atelier libre Saint-Luc, un autre centre de ralliement de la bohème
bruxelloise de l'époque où s'échangeaient les idées d'avant-garde dans un climat de joyeuse contestation ( à suivre...)