le blog totems par : Christian VANCAU
Toute cette année va être consacrée à la restauration de la ruine de
Moircy . Moi qui pensais ne jamais acheter un lieu, moi qui me croyais nomade, je vais dépenser une énergie incroyable, à me constituer un Teriitoire, un Eden, un Camp Retranché. A 41 ans.
Pourquoi? Mystère total
En début d'année entre mes heures de chantier, je visionne à la Télévision belge
un reportage sur Pierre SOULAGES et c'est un choc. Ce documentaire a été réalisé par André Romus, qui a fait comme moi ses études au Collège de Jésuites
Saint-Servais à LIège
André Romus ici à l'avant-plan à droite, aux côtés de Pierre Soulages. Il a acheté une maison pas loin de celle de Soulages, très exactement à
Autignac, à quelques 20 kms de Béziers. Et comme il gère une émission qui s'appelle Itinéraires, il
en consacre une à Soulages. Cette émission me remue profondément car j'y trouve de nombreux points de convergence avec Soulages (Né en 1919). En effet il a la même fascination que moi, pour les
matières brutes, pour celles travaillées par le temps (rouille etc...), celui qu'il fait et celui qui passe, pour les plateaux désertiques, et pour le travail du hasard (ce que j'appelle moi,
l'inconscient en marche) avec l'intervention à un moment donné de l'opérateur-créateur. Voici ce que je note à l'époque "Soulages plonge une tôle dans un bain d'acide puis la retire mais la tôle
continue de se creuser.Après l'avoir encrée, ill l'applique sur un papier pour en tirer une gravure et plus le renfoncement de la tôle continue de se faire, plus elle s'encre de noir et plus le
noir apparaît sur le papier. Mais quand la tôle se troue c'est le blanc qui apparaît sur le papier. On peut donc dire qu'au moment de l'accident (la tôle sortie du bain continue à se creuser),
c'est en cherchant à atteindre un noir de plus en plus intense que Soulages vit un deuxième accident et arrive au blanc. On pourrait dire que c'est en grattant de plus en plus profondément son
inconscient(le noir, l'obscurité) qu'il arrive à la Lumière. Ne pourrait-on dès lors penser que finalment chez Soulages, le noir n'est qu'un passage, un moyen pour atteindre la lumière et que ce
n'est pas tant le noir qui est important mais bien plutôt le blanc."
Bref une lecture de l'acte de peindre qui se rallie à une opération alchimique, ce que je crois profondément
Suite à cette émission , fin janvier 1979, je me rends chez André Romus à Embourg où il vient d'emménager et il me montre ses p
eintures car il s'est mis à peindre lui aussi
La maison des Romus est pleine de charme.Au-dessus c'est leur chienne Joseph qui nous accueille et plus bas, André dans sa cuisine avec sa femme Yvette, tous deux occupés à préparer le repas de
midi.
André organisera une exposition de
Soulages à Liège en avril 1980 au Musée de la Boverie, en fait les oeuvres qu'i a présentées à Beaubourg en 1979
en présence de l'artiste et j'aurai l'occasion de parler et même de souper avec lui. Mais c'est un homme extrêmement réservé et je crois très peu à l'aise dans les mondanités du "Monde de l'Art".
Autrement dit, c'est un vrai !
Et pendant ce temps mon ami Jean-Pierre Devresse est distingué lors d'un concours organisé par le Crédit Communal. A 21 ans c'est prometteur
!
Et moi, j'organise une grande réunion avec mon réseau d'agents, comme chaque année. Il fallait tout de même que pour une fois je montre un document professionnel. Réunion très sérieuse le matin
et puis banquet de banquiers
Et puis en janvier, la rétrospective de la Galerie L'A , fondée à liège par un groupe d'artistes, dont principalement le couple Vandeloise et mon ami Jean-Pierre
Ransonnet, galerie qui a accompli un excellent travail, rue Trappé durant les années 80