le blog totems par : Christian VANCAU
Avec le cycle de l'Hourloupe" qui s'étale sur douze ans,
de 1962 à 1974, Dubuffet se lance dans la peinture de fragments bariolés et étroitement imbriqués
Ce style s'applique aussi à ses sculptures en résine, parfois réalisées à échelle monumentale. Tout commence par des formes griffonnées en bavardant au téléphone, des tracés en puzzle, un
dessin net cloisonné sur fond blanc, des surfaces striées de traits rouges ou bleus. Ce graphisme "hourloupéen" , véritable manifeste culturel,
Dubuffet lefait proliférer sous tous les formats, des plus petits dessins au stylo-bille et au marker, aux toiles de huit mètres (les Inconsistances 1964), des gouaches et huiles aux volumes
peints au vinyle(1966) puis grâce à l'emploi du polystyrène expansé, aux bas-reliefs, sculptures, édifices, architectures (anarchitectures selon Michel
Ragon).
Telle cette table en polyester, appelée "Table porteuse d'instances, d'objets et de projets"
Dubuffet abandonne alors la peinture à l'huile e les matériaux naturels pour les peintures vyniliques et les markers et, à
partir de1966, afin de passer à de grandes réalisations en volume, il apprend à maîtriser le polystyrène, le polyester, l'époxy, le béton projeté et
les peintures polyuréthane
Citons la Tour aux figures (1967), réalisée en 1988 à Issy-les-Moulineaux, le Jardin d'hiver (1968-1970, installé aujourd'hui
au Centre Georges Pompidou)
, le jardin d'émail (1968-1973, Otterlo), le Groupe des quatre arbres (1970-1972,
New-York)
Cette
sculpure est située à Paris, Quai d'Orsay, dans la Cour de la Caisse des Dépôts et Consignations
Et enfin la construction de LA CLOSERIE FALBALA à Périgny-sur-Yerres (1969-1976), cet ensemble entourant la villa
Falbala qui abrite le Cabinet Logologique
Le cabinet Logologique
Essentiellement abstraite cette
vaste prolifération systématique peut former ici des objets, là des plantes, ou encore même des personnages pouvant se mouvoir et interagir dans sa création. C'est Coucou Bazar(1973),
conçue pour ses deux rétrospectives à New-York et à Paris
Coucou Bazar, spectacle burlesque avec décors mouvants motorisés en forme de carapaces rigides et articulées, est créé au musée Guggenheim à
New-York et au Grand Palais à Paris en 1973
Oeuvre monumentale commandée par la Régie Renault pour l'extérieur, le Salon d'été (1973-1975) semble présenter des défauts dans l'infrastructure, une fois les travaux engagés. La réalisation en est stoppée en 1976 et l'oeuvre est finalement détruite par les
Bulldozers. La déception bien compréhensible de l'auteur qui engage un procès contre son commanditaire (gagné en 1983) est peut-être à l'origine de l'abandon du langage hourloupe
Dubuffet se consacre alors à sesThéâtres de mémoire (1975-1979), tableaux constitués d'assemblages
minutieux de fragments (en général une quarantaine pour chaque oeuvre), provenant des chutes et du découpage de la série précédente:
Les lieux abrégés
Voici le Déchiffreur-1977
De 1980 à 1982, il se concentre sur la notion de Site dans des dessins et tableaux avec personnages
En 1983 avec les
MIres, les sites et les personnages disparaissent, laissant place à un espace envahi par une inflation de hachures bleues ou rouges sur des fonds
blancs ou jaunes
En 1984 Les Non-lieux
évoluent vers une apparente abstraction qui remet en cause de différentes manières les données spatiales communes. Ces oeuvres ultimes, non sans analogies
avec les philosophies orientales, le bouddhisme notamment et les doctrines nihilistes, sont marquées par un profond septicisme.
Voici le Circulus 2 et en-dessous Ideoplasme XVI, tous deux de 1984
Dubuffet
meurt le 12 mai 1985 à Paris après avoir rédigé sa biographie au pas de course