le blog totems par : Christian VANCAU

 

En 1914, naissance de Marguerite Donnadieu à Gia-Dinh, près de Saïgon

Son père est professeur de mathématiques. II  a déjà deux fils d'un ptemier mariage, ils vivent dans le Lot-et-Garonne (Duars) dont il est originaire et où il possède une maison

Sa mère est institutrice et fille de fermiers pauvres du Nord de la France

Marguerite a deux frères : l'un est plus âgé qu'elle (Pierre), l'autre naît en 1917(Paul). Marguerite les appelle dans son oeuvre," Le Grand Frère" et le "Petit Frère"
Voici une photo de famille. A l'avant-plan et de gauche à droite, le grand frère, Marguerite, sa mère et son petit-frère 1918: Nomination du père à Pnom Penh. Il est nommé Directeur de l'Enseignement en Cochinchine. Mais il conracte une dysanterie amibienne, rentre se faire soigner en France et meurt le 4 décembre 1921?, à quarante-neuf ans Marguerite a 7 ans.
 Pendant ces quelques années de splendeur, lafamille a connu des demeures de fonction fastueuses, débris de vieux palais impériaux, mais où le marbre et les stucs subsistent encore. En voici une en 1919. Les trois enfants sont juchés sur la balustrade d'un vieux palais cambodgien. Les parents sont entourés des professeurs et des élèves de l'école qu'ils dirigent 1924: Départ avec la mère pour Sadek puis Vinh Long, sur les bords du Mékong
La mère, Marie Donnadieu, achète une concession qui se révèle incultivable car régulièrement envahie par les crabes et donc par les eaux de la mer (Lire "Barrage contre le Pacifique"). Cet échec marque profondément la santé de la mère de Marguerite Duras 1926:  Une crise très grave secoue Marguerite "A douze ans, j'ai cru que je devenais folle", sa mère recueille une mendiante qui cherche à vendre son enfant; c'est de cette époque qu'elle date sa volonté d'écrire
Années de grande liberté au milieu de la forêt indochinoise, avec le "petit frère"
Départ pour le pensionnat de Saïgon

En 1929, marie Donadieu, ruinée pa sa concession, inscrit Marguerite au Lycée Chasseloup-Laubat de Saïgon . Elle a décidé que sa fille réussirait comme elle avait décidé que la concession la rendrait riche et Marguerite devient pensionnaire, non pas à la Pension Lyautey (dont  lle parle  dans L'Amant) qui n'a jamais existé mais chez l'inénarrable Mlle C., dont Marguerite deviendra l'otage sexuel(Scène terrible racontée dans Le Boa )

1930: Rencontre avec l'amant chinois Huynh Thoai Lê. Il a 32 ans, elle en a 15 et demi. Leur liaison durera 2 ans. Son argent fait vivre la famille de Marguerite. Pendant cinquante ans, elle refusera de raconter leur histoire. Puis comme un aveu, elle publie "L'amant". Avec en épilogue, le coup de téléphone du chinois venu à Paris avec sa femme. Il lui a dit qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort
Et voici Duras quand elle rencontre l'amant en 1930 Dans un cahier, Duras écrit :
" Ce fut sur le bac entre Sadec et Saigon, que je rencontrai Léo pour la première fois, je rentrais à la pension et quelqu'un-je ne sais plus qui-m'avait prise en charge dans son auto en même temps que Leo. Léo était indigène (en fait Chinois de la Chine du Nord) mais il s'habillait à la française et parlait parfaitement le français. Il revenait de Paris; moi je n'avais pas quinze ans
et je n'avais été en France que fort jeune. Je trouvais que Leo était très élégant. Il avait un gros diamant au doigt et il était habillé de tussor de sari grège"
"L'auto de Léo exercait sur moi une véritable fascination. Léo me dit que c'était une Amédée Bollée"
"Je continuerai à voir Leo pendant plusieurs semaines. Je m'arrangeais toujours pour le faire parler de sa fortune. Il avait à peu après cinquante millions d'immeubles disséminés dans toute la Cochinchine, il était fils unique, il disposait d'un argent considérable "
Jamais la petite et Leo ne pourront s'unir. Celà restera jusqu'au bout une sordide histoire de sous. La famille du Chinois ne voudra pas du mélange et refusera la dilapidation de la fortune
En effet Marguerite était à vendre. Les frères n'envisageaient pas de travailler, la mère considérait comme normal que sa fille quitte la famille contre espèces sonnantes et trébuchantes. La rencontre avec Léo dans ce contexte paraît miraculeuse. "Comment Leo me remarqua-t-il? Il me trouva à son goût. Je ne m'explique la chose que parce que Leo lui-même était laid. Il avait eu la petite vérole et il en avait gardé des traces
L'amant deviant alors l'objet d'échange, la source de l'argent, l'unique ressource de la famille Donadieu

Dans le même temps sa mère et son frère aîné Pierre, la battent régulièrement "Quand maman ne me battait ps de la façon qui convenait à mon frère, il lui disait "attends" et la relayait. Mais elle le regrettait vite parce qu'à chaque fois elle pensait que je resterais sur le carreau. Elle poussait des hurlements épouvantables mais mon frère s'arrêtait difficilement "

1932: Retour en France avec sa mère qui a un congé d'un an dans l'Enseignement. Marguerite reviendra avec elle  et passera son deuxième bac en Indochine en 1933. Puis elle reviendra seule à Paris en 1934. Ou plutôt d'abord à Duras, le village de son père (En Guyenne dans le Lot-et-Garonne) qui domine la plaine maraîchère de Marmande, Duras avec son château si gracieux de pierre blonde et ses maisons toutes regroupées autour de lui, bâti comme un éperon au-dessus de la vallée
 Retrouve le frère aîné, le préféré de sa mère, celui que Marguerite qualifiera plus tard de "fils dévoyé".. Il vit en France, joue et dilapide le patrimoine familial
Bac de philosophie. Etudes supérieures de droit, mathématiques, sciences politiques
Marguerite à Paris en 1934-1935. Elle a 20 ans

Dim 22 jan 2012 1 commentaire

Article très complet et très enrichissant, merci à vous

CT - le 17/02/2011 à 21h19