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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 08:36

 

 
 
Et nous regardons vers le Nord, le Qeensborobridge qui surplombe une île, la Welfare Island. Voici le pont en question;
Ci-dessous le plan de New-York pour que nore périple soit plus concret pour ceux qui ne connaissent pas New-York. Voici donc:
 
Nous nous trouvons juste à gauche et au-dessus du "River" d'East River, donc à l'Est de Manhattan, juste à la sortie du tunel qui passe sous la rivière(Point 8). Derrière nous, toute la partie Sud , avec le village de Greenwich (point 14) et le Washington Square(Point 13), la Bowery, quartier de misère situé dans le Lower East Side (Point 9) et à gauche de ce quartier celui de China town (17) et tout à la pointe WallStreet (19) avec les deux tours maudites en construction (World Trade Center) et le Battery Park 20)(Embarquement pour la Statue de la Liberté).
 
En remontant vers le Nord, vous avez en 2, Broadway et Times Square où nous logeons, en 1 le Rockfeller Center avec au-dessus au coin de Central Park, le Columbus Circle et Le Musée d'Art Moderne,Central Park en 22, longé à l'Est par la 5e avenue et le Musée Guggenheim en 7
 
Harlem se trouve au Nord-Est de Central Park, on ne le voit pas sur ce plan mais bien sur celui-ci,
 
qui parle aussi du haut de Manhattan et qui montre les entités qui composent New-York City, à savoir, non seulement Manhattan, mais aussi le Queens, le Bronx, Brooklyn et Staten Island (en-desssous du New Jersey) et le New Jersey
 
Harlem est au-dessus à droite de central Park, entouré d'un cercle au crayon.
 
New-York-Ville fait 10 millions d'habitants, (en 1971) comme la Belgique eh oui... et l'agglomération 16 millions 600.000. Manhattan est bien une île comme l'est Venise
 
C'est donc dans cette gigantesque toile d'araignée que nous allons nous balader pendant 4 jours et bien sûr j'ai tout préparé pour ce voyage, sachant qu'il était périlleux. Ce 13 Juillet nous savons seulement que nous serons pris en charge en fin de journée par l'ambassade et donc nous rayonnons au départ de l'Onu, en reconnaissance. Nous nous retrouverons en fin de journée dans le building où habite un des délégués, Mr de Schrijver, un immeuble gardé, à 40.000 frs de loyer par mois (nous sommes en 1971). Nous entrons dans un hall immense, à peu près en face du Guggenheim Museum, nous sommes interceptésà la réception, on téléphone à notre hôte, oui ok on nous attend, nous pouvons prendre l'ascenseur pour le 40e étage. Dés le début de l'ascension, nous voyons un groupe d'enfants en maillot de bain, s'engouffrer dans notre cabine d'ascenseur. Nous comprendrons qu'il y a une piscine sur le toit. Tout à fait normal. A New-York, il y a une vie intense sur les toits des buildings, des jardins, des piscines, des terrains de tennis, une piste d'atterrissage pour les hélicos de la Panam etc.... La piscine nous irons la voir avec notre hôte à qui nous avons demandé pourquoi il y avait des enfants en maillot dans l'ascenseur et la voici ci-dessus avec Valérie ahurie, avec aussi tous les gratte-ciels dans   Güggenheim New-York-1971-Central Park-88e avenue
le fond. Quant à l'immeuble, il surplombe le Guggenheim, je ne l'ai pas fait exprès- Cette photo a été prise de la fenêtre de l'appartement et derrière le Guggenheim, il y a un des lacs de Central Park, le Receiving Reservoir. On disait à l'époque qu'il était moins dangereux de traverser le Viet-Nâm que de traverser Central Park, la nuit. Nous sommes donc bien dans la cinquième avenue, à hauteut de la 88e Rue Est
 
Mr de Schrijver a deux enfants, plus ou moins de l'âge de ma fille. Ils vont l'emmener dans leur chambre, jouer aus Indiens. J'ai pas très bien compris mais il s'agissait d'un jeu portant sur les réserves d'indiens et apparemment Valérie s'est bien amusée. On l'avait déguisée en Coyotte.
 
Et Monsieur de Belder, l'autre délégué d'Ambassade, vient me chercher avec sa VW Coccinelle, ce qui ne change pas mes habitudes. New-York by night avec quelqu'un qui y vit depuis 4 ans et est donc bien rôdé. Luxe que je n'aurais pu me payer évidemment si on n'avait pas pris Valérie en charge ce soir-là. Le seul problème c'est que j'ai failli ne pas revenir
 
Peu à peu, la nuit tombe....

 
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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 07:04

C'est le lendemain 13 Juillet que nous sommes attendus au Secrétariat Général des Nations Unies. On vient nous chercher en voiture. Tout va aller très vite. Nous sommes accueillis par l'ambassadeur et son équipe et nous attendons l'arrivée de Monsieur Thant, dans l'antichambre de son bureau. Le voici. Cet homme est charmant et rayonnant. Il semble très humain. Autre chose que le fameux Autrichien Kurt Waldheim, qui lui succédera, fin 1971. Sur la photo du dessus, nous avons de gauche à droite, Monsieur de Belder attaché à l'ambassade de Belgique, Monsieur Longerstaey, ambassadeur, Valérie, Mr Thant et moi qui parle à ma fille avec mon regard, en transmission de pensée "Oui, oui, montre-lui ton dessin, petite, montre lui où il est..." On voit donc comment se présente cette carte postale dépliante, sortie de son

coffret. En dessous Valérie un peu stressée tout de même, il suffit de regarder ses pieds. Et regardez comme il a l'air gentil, ce joli chat birman. C'est adorable. Cérémonie intime mais il y a tout de même hors champ, quelques malabars et autres paparazzi, qui qui voudront d'ailleurs nous suivre pendant notre séjour à New-York, me rappelleront à mon hôtel le soir et que j'enverrai bouler
Mr. U Thant, un homme remarquable est né en Birmanie en 1909. Il a donc 62 ans sur la photo. Il a été élu Secrétaire Général en 1969 et reconduit par l'Assemblée Générale des des Nations unies en 1966.
C'était un opposant farouche de l'Apartheid en Afrique du Sud. Il a démissionné en décembre 1971 alors qu'on voulait lui attribuer un 3e mandat et c'est 'ex-nazi, l'autrichien Kurt Waldheim, qui lui a succédé
Il est mort en 1974 d'un cancer du poumon.

 

Ensuite, nous irons manger au Restaurant des Nations Unies et je vous jure qu'il y avait du spectacle. Nous avons aussi visité les lieux principaux. Les deux délégués belges ont été charmants avec nous. Mr de Schrijver a invité Valérie à venir jouer avec ses enfants le soir même, ce qui m'a permis d'accepter la proposition de Monsieur de Belder: Visiter le New-York by Night, ce qui a failli nous coûter la vie à tous deux. La suite dans notre prochain numéro que vous ne manquerez pas de lire, vu le suspens intolérable que je viens d'installer en fin de page

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:48

 

Bien sûr le film de Coppola n'était pas encore sorti et le 11 septembre n'avait pas encore eu lieu
 

Je pense que nous montons dans le train à Liège, ma fille et moi, le 12 Juillet 1971, nous arrêtons en Gare de Libramont," regarde fifille c'est là qu'on va habiter dans 2 semaines à peine, oh que c'est beau la gare de Libramont ", arrivons à Luxembourg assez tôt le matin, puis Findel Airport, pour monter à bord d'un DC10" d'Islandic Airlines"-Loftleidir, le Ryanair aérien de l'époque. Et ensuite un voyage interminable qui va nous conduire d'abord en Islande, Keflavik, puis à New-Y ork, en 17 heures, avec atterissage à Kennedy Airport. C'est très impressionnant et à 33 ans c'est la première fois que je prends l'avion. Un délégué d'ambassade, Mr.De Schriijver, nous attend avec sa voiture à la sortie de l'aéroport.

Il est aux alentours de 21 heures lorsque nous traversons Brooklyn, saluant au passage Henri Miller et Paul Auster, et que nous traversons le Brooklyn Bridge. Voici d'abord le vaisseau de Manhattan alors que nous traversons l'East River. C'est totalement irréel. Ce n'est pas une ville, c'est un mirage ! Il fait beau, le soleil se couche et je regarde ce vaisseau de Manhattan, flamboyant, c'est à tomber raide-mort. Jamais je n'oublierai cette image d'autant plus forte que le ciel est rouge. J'en rêve encore. Je la photographie et à mon retour je la peindrai, la Manhattan. Une sorte de Manhattan Transfer à la Dos Passos, si vous voyez ce que je veux dire, autrement dit si vous avez lu ce livre ! Je ferai deuxNex-York 1971-ONU-Mr.Thant-Valérie-Manhattan-Brooklyn Bridge peintures à l'huile sur papier, mauvaises mais peu importe, elles retranscrivent ma vision de new-York. Il y a  Manhattan et puis ce pont de Brooklyn, celui qu'on voit dans Marathon Man avec Dustin Hoffman. Il y a la vraie Manhattan ci-dessus, enfin la photo, puis la peinture,ci-dessous, faite à mon retour en Belgique. Hélas je ne m'appelle pas Turner mais enfin, je peins depuis 4 ans seulement et n'ai jamais pris le moindre cours, ni de peinture, ni de dessin, alors soyez indulgents et j'ajoute une autre peinture  de l'intérieur de Manhattan, reflétant bien cette impression que l'on ressent à Manhattan d'être un Liliputien et que tout, d'un seul coup, dans votre vie, absolument tout se passe à une autre échelle, que vous perdez tous vos repères, exactement comme si d'un coup de baguette magique, on avait réduit votre taille de 180 à trente centimètres. C'est totalement hallucinant!  La peinture qui

vient représente la sensation vécue le lendemain matin lors de ma première sortie dans New-York, car la veille je ne suis sorti de la voiture que pour entrer dans l'hôtel et aller m'y coucher avec ma petite donzelle, sans faire un autre pas dans la ville que celui consistant à traverser le trottoir de l'hôtel, Le Century Paramount situé en plein Broadway. A New-York, on se promène en levant la tête sans arrêt et donc en se cognant à tous les réverbères et voilà ce que celà donne
 

Mais en attendant, après avoir traversé en voiture la moitié sud de Manhattan, c'est de nuit que nous arrivons devant notre hôtel dont voici l'entrée avec un immense salon prestigieux, ensuite la montée au 10e étage avec un groom, des couloirs style "couloir de la mort à la Carryl Chessman" et devant notre porte, appuyé au mur, un cop, oui un flic, avec son "dubble meter", sa gigantesque matraque, ce qui me confirme d'emblée que New-York n'est pas une ville sûre, que les articles de presse n'exagéraient rien car tout de même nous sommes au centre ville d'un grand hôtel, à 2 pas de Broadway et au dixième étage. Un peu l'ambiance !!!. A moins que ce flic ne soit là à la demande de l'ambassade de Belgique et de l'Onu ???. Majesté c'est trop d'honneur. Et à peine rentré dans la chambre, je vois que la porte comporte non seulement la clé traditionnelle mais une énorme chaîne et un avis nous priant de bien l'arrimer ce que je m'empresse de faire tout en guettant du coin de l'oeil les réactions de ma fille. Je sais que je vais lui inventer une histoire abracadabran du genre" c'est le jour du mardi gras pour les flics de New-York et la chaîne est en chocolat, c'est pour le petit dèj, on la mangera demain, donc une histoire idiote, dont elle ne croira évidemment pas un mot. Sur la photo ci-dessus, à droite, deux réservoirs d'eau (classique à New-York), c'est la vue de notre chambre dont on ne peut ouvrir la fenêtre. L'air est conditionné. Autant vous dire qu'il ne faut pas être claustrophobe. Une fenêtre soudée, une énorme chaîne et un flic à matraque double-mètre dans le couloir, ça commence très fort. Voici un plan

d'une partie de Manhattan avec notre hôtel, au sud de Central Park et à gauche de Times Square et donc de Broadway, et les lieux essentiels que nous allons parcourir les jours suivants à savoir l'Onu, les abords et l'intérieur de Cental Park qui fait 4 Kms de long sur 1 de large, en bordure du Parc, le Musée d'Art Moderne, le Musée Guggenheim et le Musée d'Histoire Naturelle, Harlem, le Sud de Manhattan avec Greenwich, Washington Square et  Battery Park, ainsi que Wall Street et les deux célèbres tours du World Trade Center qui sont encore en construction, à savoir au niveau 102, pour 112 étages prévus, et enfin l'embarquement pour la petite île de la statue de la liberté, tout celà en 4 jours, réception aux Nations Unies comprise
Et enfin New-York,à la nuit tombante. Le crépuscule des Dieux

 

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 07:03
Quelques lettres de Christian Bobin à Christian Vancau
Christian-BOBIN-1992-001.jpgChristian-BOBIN-1992--suite-.jpgBobin Lettre1415cBobin Lettre 2416Bobin Lettre 2417Bobin Lettre 2418Bobin Aube404Bobin Aube405Bobin Aube407
Bobin Aube409Bobin Aube408Bobin Aube410
Christian Bobin-Nancy 2011 (1)cv
v MG 3741-copie-1 Nous nous sommes rencontré à Libramont, en automne 1976. Des amis bourguignons communs, Henri et Agnès Michon,  l'avaient emmené pour voir une expo commune que Jean-Pierre Ransonnet et moi-même présentions au Casino de Marche, sous l'égide du Centre Dramatique Ardennais. Christian a logé deux nuits, à Libramont, au 17 de la rue du Serpont au-dessus de la Banque, à savoir chez moi. Il avait l'intention de devenir écrivain. Après sa viste il m'a envoyé de petits recueils manuscrits, reliés par lui. Je pense qu'il l'est devenu, écrivain et pas un peu. Nous sommes restés en contact depuis lors.
 

Christian Bobin

Description de cette image, également commentée ci-après

Christian Bobin (Le Livre sur la place, Nancy, 2011)

Activités Écrivain
Naissance 24 avril 1951
Le Creusot
Langue d'écriture français
Genres Poésie, essai, fragment
Distinctions Prix des Deux Magots (1993), Grand Prix Catholique de Littérature (1993)
 

Christian Bobin, né le 24 avril 1951 au Creusot en Saône-et-Loire où il demeure, est un écrivain français.

Tour à tour poète, moraliste et diariste, il est l'auteur d'une œuvre fragmentaire où la foi chrétienne tient une grande place.

 

 

Biographie

 

Il est né d'un père dessinateur à l’usine Schneider du Creusot et d'une mère calqueuse.

Enfant, il était solitaire et aimait la compagnie des livres1.

À propos de son enfance, il a déclaré : « Je serais incapable de faire des récits d'enfance. Je me demande comment sont faits ces livres-là. Je me sens infirme devant ça. Et pour aggraver les choses, j'ai l'impression d'avoir une mémoire presque anéantie de tout ça2. »

Il a dit aussi au sujet de l'école : « Ce qui me paraît le plus insupportable — et c'est aussi ce que fait notre société — c'est que l'école me séparait de moi-même. Ce n'était pas d'une personne, mais de moi-même, dans le vagabondage des heures, des humeurs. C'était ça dont j'étais séparé. »

Après avoir étudié la philosophie, il a travaillé pour la bibliothèque municipale d’Autun, à l’Écomusée du Creusot et a été rédacteur à la revue Milieux ; il a également été infirmier psychiatrique.

Ses premiers textes, marqués par leur brièveté et se situant entre l'essai et la poésie, sont publiés aux éditions Brandes, Paroles d’Aube, Le temps qu'il fait, chez Théodore Balmoral, et surtout chez Fata Morgana (où il publie notamment Lettres d'or).

 

En 1976, rencontre du peintre belge Christian Vancau, dans sa maison à Libramont, rue de Serpont. Amené par deux amis bourguignons de Christian Vancau, Henri et Agnès Michon, Bobin vient voir l'expo de Vancau à Marche-en-Famenne, en octobre 1976

 

 

Dès la fin des années 1980, ses livres paraissent alternativement chez Fata Morgana et chez Gallimard, puis en alternance avec Gallimard aux éditions Le Temps qu'il fait.

Sa forme de prédilection est le fragment, une écriture concentrée faite de petits tableaux représentatifs d’un moment. Ses ouvrages tiennent à la fois ou séparément du roman, du journal et de la poésie en prose.

Connaissant le succès à partir notamment d’Une petite robe de fête (1991), il reste un auteur assez discret, « amoureux du silence et des roses », fuyant le milieu littéraire. « Ma vie, écrit-il dans Louise Amour, s’était passée dans les livres, loin du monde, et j’avais, sans le savoir, fait avec mes lectures ce que les oiseaux par instinct font avec les branches nues des arbres : ils les entaillent et les triturent jusqu’à en détacher une brindille bientôt nouée à d’autres pour composer leur nid. »

En 1992, il rencontre un autre succès, grâce à un livre consacré à saint François d’Assise : Le Très-Bas, Prix des Deux Magots en 1993 et Grand Prix catholique de littérature. Il publie en 1996 La Plus que vive, hommage rendu à son amie Ghislaine, morte à 44 ans d’une rupture d’anévrisme.

Il a également préfacé ou postfacé quelques ouvrages, notamment un livre de Maximine, L’ombre la neige (Éditions Arfuyen, 1991) ainsi que deux livres de Patrick Renou : Sorianoda (Éditions de l’Envol, 1992) et Tu m'entends ? (Éditions Deyrolle, 1994, rééd. Verdier).

Œuvres

  • Lettre pourpre (Éditions Brandes, 1977)
  • Le feu des chambres (Éditions Brandes, 1978)
  • Le baiser de marbre noir (Éditions Brandes, 1984)
  • Souveraineté du vide (Éditions Fata Morgana, 1985)
  • L’homme du désastre (Éditions Fata Morgana, 1986)
  • Dame, roi, valet (Éditions Brandes, 1987)
  • Lettres d’or (Éditions Fata Morgana, 1987)
  • Le huitième jour de la semaine (Éditions Lettres Vives, 1988)
  • Préface de Air de solitude de Gustave Roud Éditions Fata Morgana 1988
  • L’enchantement simple (Éditions Lettres Vives, 1989)
  • La part manquante (Éditions Gallimard, 1989)
  • Éloge du rien (Éditions Fata Morgana, 1990)
  • Le colporteur (Éditions Fata Morgana, 1990)
  • La vie passante (Éditions Fata Morgana,1990)
  • La femme à venir (Éditions Gallimard, 1990)
  • L’autre visage (Éditions Lettres Vives, 1991)
  • La merveille et l’obscur (Éditions Paroles d’Aube, 1991) - Entretiens avec Christian Bobin, ISBN 2-909096-00-9
  • Une petite robe de fête (Éditions Gallimard, 1991)
  • Le Très-Bas (Éditions Gallimard, 1992) - Prix des Deux Magots 1993, Grand Prix Catholique de Littérature 1993
  • Un livre inutile (Éditions Fata Morgana, 1992)
  • Isabelle Bruges (Éditions Le temps qu'il fait, 1992)
  • Cœur de neige (Éditions Théodore Balmoral, 1993)
  • L'Éloignement du monde (Éditions Lettres Vives, 1993)
  • L'Inespérée (Éditions Gallimard, 1994)
  • L'Épuisement (Éditions Le temps qu'il fait, 1994)
  • Quelques jours avec elles (Éditions Le temps qu'il fait, 1994)
  • L'Homme qui marche (Éditions Le temps qu'il fait, 1995)
  • La Folle Allure (Éditions Gallimard, 1995)
  • Bon à rien, comme sa mère (Éditions Lettres Vives, 1995)
  • La Plus que vive (Éditions Gallimard, 1996)
  • Clémence Grenouille (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
  • Une conférence d’Hélène Cassicadou (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
  • Gaël Premier, roi d’Abime et de Mornelongue (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
  • Le jour où Franklin mangea le soleil (Éditions Le temps qu'il fait, 1996)
  • Donne-moi quelque chose qui ne meure pas (Éditions Gallimard, 1996) - Photographies en noir et blanc d'Édouard Boubat accompagnées des textes de Christian Bobin - rééd. 2010
  • Autoportrait au radiateur (Éditions Gallimard, 1997)
  • Geai (Éditions Gallimard, 1998)
  • L'Équilibriste (Éditions Le temps qu'il fait, 1998)
  • La Présence pure (Éditions Le temps qu'il fait, 1999)
  • Autoportrait au radiateur (Éditions Gallimard, 2000)
  • Tout le monde est occupé (Éditions Mercure de France, 1999)
  • Ressusciter (Éditions Gallimard, 2001)
  • La Lumière du monde (Éditions Gallimard, 2001)
  • L’Enchantement simple et autres textes (Éditions Gallimard, 2001)
  • Paroles pour un adieu (Éditions Albin Michel, 2001)
  • Le Christ aux coquelicots (Éditions Lettres Vives, 2002)
  • Mozart et la pluie suivi de Un désordre de pétales rouges (Éditions Lettres Vives, 2002)
  • Louise Amour (Éditions Gallimard, 2004)
  • Prisonnier au berceau (Éditions Mercure de France, 2005),ISBN 2-7152-2592-X
  • Une bibliothèque de nuages (Éditions Lettres Vives, 2006)
  • La Dame blanche (Éditions Gallimard, 2007)
  • Les ruines du ciel (Éditions Gallimard, 2009)(Prix du livre de spiritualité Panorama La Procure)
  • Donne-moi quelque chose qui ne meure pas, photos d'Édouard Boubat (Éditions Gallimard, 2010)
  • Un assassin blanc comme neige (Éditions Gallimard, 2011)
  • Éclat du Solitaire (Éditions Fata Morgana, 2011)
De Christian Bobin à Christian Vancau-Correspondances et Biographie
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Un poème que m'a adressé Christian Bobin en 1976. Christian Bobin et Christian Vancau à Marche-en-Famenne en 1976
Un poème que m'a adressé Christian Bobin en 1976. Christian Bobin et Christian Vancau à Marche-en-Famenne en 1976

Un poème que m'a adressé Christian Bobin en 1976. Christian Bobin et Christian Vancau à Marche-en-Famenne en 1976

Un collage de Christian Bobin "La Faune originelle" envoyé fin 1976 ou 1977 avec un texte au verso
Un collage de Christian Bobin "La Faune originelle" envoyé fin 1976 ou 1977 avec un texte au verso

Un collage de Christian Bobin "La Faune originelle" envoyé fin 1976 ou 1977 avec un texte au verso

Un des premiers recueils de Christian Bobin, relié par lui. Reçu en 1976

Un des premiers recueils de Christian Bobin, relié par lui. Reçu en 1976

Un de mes préférés
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De Christian Bobin à Christian Vancau-Correspondances et Biographie
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ISABELLE BRUGES
ISABELLE BRUGES

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:25

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En Janvier 1971 d'autres articles suivent. C'est l'évènement à Liège. Vrai tout de même qu'une petite fille de 7ans et demi, aille porter son dessin victorieux et soit reçue par le Secrétaire Général des Nations Unies à New-York, ce n'est pas banal. Le voici ce fameux dessin, en fait la partie de" la plus grande carte postale du monde", représentant le dessin de Valérie. Ca sent déjà les Ardennes où nous allons emménager six mois plus tard et ça ressemble aussi à la maison que nous allons acheter en 1978, à savoir mon territoire actuel. Etrange car notre maison de Liège est une maison de ville, sans aucun rapport avec ce dessin qui était peint à la gouache dans des tons assez pastels si je me souviens bien.

Une réduction de 2 ou 3 mètres de long sur 30 cms de haut, de cette carte postale de 20 mètres va être réalisée, puis coupée en segments reliés et donc repliables, afin de pouvoir les placer dans un coffret luxueux qui sera offert à Mr Thant. C'est une partie de ce dépliant que l'on aperçoit sur la photo ci-jointe, où Valérie, qu'elle est mignonne !!, se retrouve en juillet entre l'ambassadeur de Belgique aux Nations-Unies, Mr Longerstaey et Mr Thant. Elle semble tout à fait à l'aise entre ces deux éminences. Pourtant nous sommes au 36e étage du building du Secrétariat des Nations-Unies, au bord de l'East River entourés de garde-corps, d'ambassadeurs et de journalistes. Mais j'anticipe car tout ceci se passera en Juillet 1971 et non pas en février comme on nous l'avait dit.
 

En attendant je sillonne la province de Luxembourg à la recherche d'un lieu, Bastogne, Bertrix Arlon, Marche, Libramont. La plus grosse ville, Arlon, doit faire à l'époque 14.000 habitants.
 

Et puis il y a ce voyage à New-york dont on ne sait encore rien.

Enfin il y a notre emménagement futur en Luxembourg.
 

 Ca y est la direction du Crédit Foncier a  choisi,New-Yorh 1971-Vanérie Vancau-ONU-Rencontre Mr Thant

la ville la plus laide de la province(avec Bertrix) en l'occurence LIBRAMONT, sa gare (ligne Bruxelles-Arlon-Luxembourg-Bâle), sa position stratégique au centre de la province et son parc industriel et commercial en début d'extension, à savoir à cette époque ILA, entreprise de ramassage et de traitement du lait (actuellement SUD-LAIT) et L'OREAL qu'on ne présente plus. Ceci mis à part, il s'agit en fait d'un gros village de 3000 habitants, une sorte de clairière en béton taillée au coeur de la forêt. On pourrait se croire au Canada, ce Canada où j'ai failli émigrer définitivement 5 ans auparavant, fou que j'avais été dans mon enfance des livres de Grey Owl, l'ami des Castors, ou de Fennymore Cooper et autres Jack London.
 

Donc ville sinistre mais implantée au coeur de la forêt. On verra bien
 

Et c'est alors que nous apprenons que Mr Thant sera libre en juillet et que ma banque décide que  nous déménagerons, directement après New-York, à savoir le 21 juillet. Ils ont loué un immeuble et nous aurons un appartement. à loyer modéré, au-dessus de la banque. Il y a heureusement un jardin étroit mais profond. Il nous reste donc à gérer à la fois New-York et Libramont.

C'est moi qui partirai avec Valérie, d'une part parce que je connais l'anglais et d'autre part parce que je suis mieux à même de la protéger au cas où.... car en 1971, New-York est une ville très agressive et toute la presse en parle. Nous avons même failli ne pas y aller. Mais les organisateurs nous promettront la protection de l'Ambassade de Belgique

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:24

Au retour de la Yougoslavie de mon cinquième séjour en tout dans ce pays 1961-1967-68-69 et 1970, je pense utile de vous laisser une carte globale qui vous montrera les lieux essentiels parcourus lors de mes 5 séjours, séjours qui se sont aussi prolongés en Bugarie et en Turquie en 1968 et en Grèce en 1961. Il y a juste un lieu que je n'ai pu explorer c'est la Vojvodine, qui touche à la Hongrie, au Nord de cette carte, via Maribor, poste frontière. J'avais l'intention d' y aller en 1969 et de voir la Hongrie en allant au moins jusqu'au lac Balaton, mais j'ai renoncé à cause d'un régime politique peu clair et de  l'obligation de déclarer à l'avance les devises que l'on pensait dépenser sur place.

D'ailleurs, Yougoslavie exceptée, je supporte mal les pays de l'Est, averti par mon aventure bulgare. Mais on comprendra pourquoi j'ai vécu de près la dislocation de la Yougoslavie, chaque lieu suscitant en moi des images vécues et donc précises, difficiles à vivre, chaque fois qu'un de ces lieux était livré à la destruction. Sur cette carte globale, j'ai resouligné les frontières au crayon, ainsi que les lieux principaux, de même que l'axe autoroutier intérieur Ljubljana-Zagreb-Belgrade-Nis. Je dois aussi ajouter que de toutes ces "peuplades" rencontrées, ce sont les Serbes qui m'ont le moins plu et ceci bien avant l'appariton de Milosevic et de Srebrenica (pour la pronociation, je signalerai seulemnet qu'un C en serbo-croate se prononce ts, mais que s'il a un accent, il se prononce tch )
 Donc dès septembre 1970, les choses vont aller très vite. D'abord je quitte le Mouvement Planète en envoyant ma lettre de démission à Paris et je ne reverrai jamais personne, ensuite je quitte l'atelier que j'ai formé et le Mouvement belge en général. Mon atelier continuera à vagir pendant quelques mois sans moi. Je laisse les jeunes se débrouiller entre eux.

 

Ma situation professionnelle est en train d'évoluer. Il s'agit de me faire"Monter" car j'ai fait mes preuves en créant un réseau d'une soixantaine d'agents dans la Province de Liège et ça marche. A Liège, je suis bloqué au niveau promotionnel à cause du couple de mes collègues. Pas question de me faire passer avant le mari donc il faut m'envoyer ailleurs. Et on me propose de partir pour la forêt vierge, une autre province où il n'existe encore aucun réseau, la province de Luxembourg, Les Ardennes, La Gaume et la Lorraine belge. Je dis que je vais réfléchir car tout de même c'est dans un bled qu'on m'envoie, un endroit où je ne connais personne et qui va me couper de Liège et de tous mes amies et amis. C'est presque l'exil en Sibérie. J'en parle avec mon épouse, ce qui semble choquer la Direction qui pensait que j'allais accepter tout de suite ce cadeau magnifique. Il est clair que pour mes patrons, l'épouse suit la carrière de son mari, sans poser de questions. Mais voilà, je maintiens, je vais réfléchir. Et je donnerai une réponse quelques semaines plus tard. C'est oui !

Et je pars déjà en exploration dans cette province pour trouver l'endroit propice à l' installation d'un bureau du Crédit Foncier de Belgique, petite société hypothécaire et caisse d'épargne familiale (350 personnes) où tout le monde se connait. On est très loin des monstres bancaires actuels. Le Crédit Foncier existe depuis 1835 et est le secteur hypothécaire de la Société générale de Belgique. Il a son siège à Bruxelles, Place du Petit Sablon
 

Il est donc bien question de m'installer un bureau provincial, au départ duquel je vais créer un nouveau réseau d'agences, mais cette fois en territoire tout à fait inconnu
 

Voici donc l'athmosphère de la fin de l'année 70 avec en décembre un nouvel évènement. Je décide d'inscrire ma fille à un concours de dessin organisé par le Grand Bazar de Liège. L'idée m'en est donnée par mon ami Raoul Crahay qui travaille là comme décorateur. Il s'agit de demander à des enfants de moins de 21 ans de dessiner une partie d'une  immense "carte postale" d'environ 20 mètres de long, sur le thème "Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté " Le ou la jeune "vainqueur" ira porter cette carte en réduction, à Monsieur Thant aux Nations Unies à New-York. Voyage offert au lauréat et à un de ses parents. Bien sûr on n'y croit pas et on va conduire Valérie pour vivre l'expérience pendant une journée. Elle fait son dessin dans un coin de l'immense rouleau, entourée d'adolescents plus âgés qu'elle, en fait, une bonne centaine de participants. Je vais la rechercher le soir et on n'en parle plus. Deux semaines plus tard, on nous téléphone du Grand Bazar, c'est la délibération, ah bon? et alors???"C'est votre fille qui a gagné, il faut venir tout de suite, on vous attend, toute la presse est présente"."Désolé mais Valérie est à la campagne chez ses grands-parents, c'est impossible, néanmoins nous les parents on arrive". Je n'y crois qu'en traversant la foule pour monter sur l'estrade, recevoir les félicitations du jury de dessinateurs de BDs (Spirou), me faire flasher, complètement ahuri, je rêve???
 

Le voyage à New-York est prévu pour 1971, on ne sait pas encore quand, celà dépendra du Secrétaire des Nations Unies, le Birman U Thant. Dés Janvier 1971, les articles paressent dans la presse belge. Ma fille est célèbre.

Et moi, son père, peintre, qui n'ai jamais gagné de concours, c'est moral, ça???

 

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:23

Après Genève et Dijon et la fin de cette aventure du Mouvement Planète, nous repartons une dernière fois pour la Yougoslavie et cette fois uniquement sur la côte dalmate entre Zadar et Split, avec une destination terminale sur l'île de Brac, dans le village de Supetar, situé sur l'île, juste en face de Split. Voir la flèche sur la carte ci-dessous Après nous être arrêtés à notre camping habituel de Starigrad-Paklenica, le temps de prendre une photo de ma fille Valérie, 7 ans,

devant les Monts Velebit, nous poursuivons vers le sud et faisons d'abord escale à Pakostane, puis à Primosten que voici. Il existe toute une série de petits villages de ce style, le long de la côte Dalmate, mi-italiens, mi-autrichiens, Sibenik, Troguir, Pakostane, Primosten avec en regard des centaines d''îles Brac, Hvar, Korcula, Peljesac, Mijet.
 

De la plage, du repos et il fait superbe, la preuve ci-dessous avec ma petite sauvageonne, une indienne blonde comme son papa. Nous allons passer une huitaine de jours à jouer les plagistes, avant de partir à Split afin de nous embarquer pour l'île de Brac et Supetar. Nous devons y retrouver notre ami  Marcel Reynders, sa femme et sa fille Martine qui est amie avec Valérie, ainsi que des amis à eux que nous ne connaissons pas . Je ne suis pas trop pour, n'étant pas un homme de groupe et en plus sortant d'en prendre. C'est le phénomène des trentenaires, qui se sont mariés et qui se réunissent en couples pour des balades ou des vacances, parce qu'ils n'ont pas grand'chose d'autre à faire et puis ils ont des marmots, donc il faut que tout celà se gère et se digère avec cette langueur qui m'a  toujours rappelé Anna Karina scandant dans Pierrot le Fou, "Qu'est-ce que je vais faire, y a rien à faire, qu'est-ce..." Heureusement qu'il y a mon ami Marcel avec lequel je puis parler en dehors de l'anecdote ou de " tu connais la dernière, c'est l'histoire d'un mec qui..." et mon ami Jean-Pierre Michaux, autre "Planétaire" qui est venu nous rejoindre avec sa femme. Eh bien m'y voici sur l'île de Brac, une île parmi les îles comme on peut le deviner sur cette photoDalmatie 1970-Ile de Brac-Supetar-Yougotour

"Vancau dit l'Albanais, condamné à mort par contumace, recherché par toutes les polices de France et de Navarre, cent mille dollars de récompense". C'est vrai que j'ai l'air d'un bandit de grand chemin. Remarquez la sécheresse de la végétation, c'est la garrigue ou le Djebel ou le Reg, pas de verdure en dehors des pins

Et puis il y a de l'arnaque dans l'air. Mes amis se sont adressés à une agence de voyage,( ce que je n'ai jamais fait de ma vie, ni avant, ni après, je voyage comme je l'entends et n'ai besoin de personne en Harley-Davidson ) " l'agence Yougotour" et c'est la catastrophe. Travaux bruyants dès 6h00 du mat, au pied de notre immeuble, des tas de promesses non-tenues. Nous avons une animatrice yougoslave et je la harcèle jusqu'à ce qu'elle fasse venir une inspection de Yougotour et ce harcèlement,  que je contiuerai à mon retour, et je suis le seul à le faire, "J'aime pas qu'on se foute de ma gueule, et quoi, qu'est-ce qu'elle a ma gueule?", aura pour résultat que chacun d'entre nous, à savoir une quinzaine de participants, sera remboursé de la moitié du voyage après notre retour en Belgique. Du coup, on a dû me trouver bien sympathique mais c'était trop tard. Bien sûr, on a eu de bons moments, comme le prouve la photo ci-dessous, avec des barriques de vin dans les arbres et là encore on retrouve Vancau l'Albanais à la pompe, mais nous avons été plusieurs fois au bord du gouffre comme le prouve cette expérience de suicide collectif au-dessus d'une falaise inquiétante. On se croirait dans un film d'Hitchcock. Qui va sauter le premier?? Ce n'était pas évident du tout et à force de réfléchir, on y a tous renoncé, même moi, mais j'ai une excuse, j'avais trois jolies femmes autour de moi, en ce compris Marylin Monroe à ma droite  sur la photo, qui n'avait pas envie de remettre ça (A moins que ce ne soit Kim Novak dans "Vertigo-Sueurs froides")Et puis comment résister au plaisir

de vous montrer ma petite crevette blanche sur les bords de l'Adriatique. Et voici le tube de l'été 1970 : PERCY SLEDGE

 

PERCY SLEDGE  When a man loves a woman

 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 06:00

Louis Pauwels, sachant mon intérêt pour Henry MILLER m'a fait à l'époque lire une lettre de lui,qu'il avait reçue en 1968. Elle est tellement d'actualité et proche de ce que je ressens aujourd'hui, que je ne résiste pas au plaisir de la partager (Miller a 76 ans en 68 et j'en ai 71, à ce jour). Voici donc ce que Miller écrit à Pauwels, sur la Liberté, le 28 mars 1968 :      
Henry Miller-1968-Lettre à Louis Pauwels

 

Cher Louis Pauwels

Quoique je sois d'accord avec vous sur l'effrayante condition du monde, je ne suis pas aussi certain que vous semblez l'être sur la façon de redresser les choses.
Comme vous le savez je n'ai jamais appartenu à aucun groupe politique, religieux ou social: je me suis contenté d'écrire et de peindre. En vieillissant, je m'interroge sur la force du mot écrit. Lorsque j'étais plus jeune, je lisais tous les révolutionnaires enflammés, les libertaires, les sages, les saints, et dans mon oeuvre je me suis efforcé de faire jaillir chez le lecteur, l'étincelle qui l'encouragerait à changer sa façon de vivre. Mais quand je vois ce qui se passe ici, là, partout, je me demande si mes mots ont eu le plus léger effet. Aucun doute le monde présent est bien pire que celui où je suis né (Que dirait-il aujourd'hui???)

 

Ce que j'essaie de dire, mon cher Pauwels, est que, si les mots des plus grands esprits tout au long de la civilisation n'ont eu aucun effet sur la masse du public, ne serait-ce pas qu'il y a quelquechose de vicié dans cette méthode de régénération? Les grandes vérités sur la vie ont été rabachées des milliers de fois, mais une poignée d'individus seulement ont su en profiter. De grands exemplaires ont apparu, mais leurs disciples n'en sont que les caricatures. Hors les chefs spiriruels connus, il y a et il y a toujours eu de grands maîtres qui restent cachés du monde et qui ne font aucun effort pour atteindre les foules.
 

Quand je pense à ces grandes figures, connues ou inconnues, le mot liberté ne me semble pas convenir tout à fait. Je dirais plutôt émancipation, réalisation de soi, accomplissement, service. ou pour être plus précis, liberté de servir l'humanité. Pour ce but, il faut se libérer non seulement des liens de la société, maiss aussi de sa propre ignorance

 

Une réalité d'un ordre différent

 

Une autre idée me vient à l'esprit. Quelle et la vraie nature des problèmes qui nous assaillent ? Peut-on les résoudre par une pensée juste, un comportement juste, un front uni, ou font-ils partie de l'esprit du temps, de la destinée humaine? Les problèmes doivent-ils être résolus, ou ne sont-ils là que pour nous mettre à l'épreuve? Les sages, nous l'observons, ne semblent pas du tout s'en préoccuper- pour eux, ils sont illusoires. L'être vraiment intégré les accepte comme faisant partie de l'ordre de la vie et ce faisant, s'immunise.
 

La question que je me pose est: les choses peuvent-elles être réellement changées en un paradis sur terre, ou une utopie, en supposant qu'un tel état soit définissable, ou ce que nous nommons nos problèmes disparaîtraient-ils automatiquement dans une vision exaltée de la vie? Bref avançons-nous aux pas lents et pénibles de ce que nous appelons "progrès" ou par des bonds inattendus, produits par des évènements imprévisibles et quasi miraculeux? Nous savons que des découvertes et de grandes inventions ont introduit de profondes innovations dans la société. Nous savons que l'apparition d'individus extraordinaires, bons et mauvais, ont amené de grands changements. Il nous reste à savoir quels changements incalculables entraînerait l'exploration de l'espace. La possibilité d'entrer en contact avec des êtres supérieurs d'autres planètes porte en elle des révolutions imprévisibles dans la vie de cette terre. Toute notre conception de paradis sur terre peut sembler naïve ou puérile si nous entrons un jour en contact avec de tels êtres.

 

La symphonie de l'Homme

Je ne prétends pas que la voie du sage ou du Maître soit celle qui convienne à chacun de nous; son rôle comme le nôtre est sans doure provisoire. Il n'est pas plus à même de choisir un autre genre de vie que nous, qui sommes assassins, menteurs, voleurs, tricheurs et le reste. Tous ensemble, saints et pêcheurs, nous composons la symphonie (ou la cacophonie ?) de l'homme au stade présent de l'évolution. Le problème pourtant est qu'il y a symphonie et symphonie. La nôtre n'est pas la première, ne sera pas la dernière. Mais, et voici le point crucial, selon moi - sommes-nous capables d'orchestrer les notes de la prochaine symphonie, ou nous contenterons nous de jouer notre partie lorsqu'elle viendra ?

J'allais dire quand elle éclatera car les "éclatements" font partie de cette chose obscure, nommée création. Si nous ne pouvons régir la conduite de notre propre vie, nous ne pouvons certainement pas diriger l'ensemble. Malgré nos plans et nos prévisions, des choses arrivent qui échappent totalement à notre contrôle. Nous n'avons aucune part à notre naissance, nous n'en avons pas non plus, ou très peu, à notre mort. Nous pouvons au plus accepter ce qui nous arrive. la manière dont chaque individu agit ou réagit est inscrite dans son destin intime. Le héros ne mérite pas plus de louanges que le lâche d'ignominies. Le grand péché est l'igorance. Mais comment rendre un fou, sage, en un tournemain ?

J'ai été évidemment influencé par les grands libertaires, les grands sages, les grands maîtres spirituels d'hier et d'aujourd'hui; mais peut-être ai-je eu de la chance, d'avoir été ouvert à de telles influences. Je dois admettre que les idiots, les crétins, les crédules, les charlatans m'ont aussi influencé. Tous ont joué leur rôle. je ne connais aucun précepte qui nous permette de bien choisir.

 

A chacun sa voie.

Je ne sais pas mon cher Pauwels si cela répond à vos questions. Probablement pas ! Mais
parfois une question en fait surgir une autre. Je ne suis même pas sûr de partager votre intense souci pour l'état présent du monde. Il me semble qu'il y a deux manières de considérer les maux qui nous affligent. La première est de se ruer pour faire quelquechose, intelligemment ou non. Mai j'ai toujours pensé qu'il fallait d'abord découvrir ce qui n'allait pas en nous et si c'est possible ce qui allait. C'est une tâche qui peut prendre toute une vie. Avec la compréhension, viennent le pardon et l'acceptation, non seulement des autres mais de nous-mêmes
Il y a des gens qui ont trouvé leur salut derrière des barreaux de prison. Il y a des hommes, de grands hommes qui ont choisi de mendier. II y a des hommes qui ont choisi de mourir plutôt que de prendre les armes pour leur foi. Il y en a qui ont choisi de rejeter le Nirvana et de reprendre la ronde de la vie jusqu'à ce que le dernier homme ait trouvé sa voie vers l'accomplissement. A chacun sa voie; à chacun son dû.
Je veux bien que les mots aient un  pouvoir, mais leur puissance demeure pour moi, une grave question. Ecoutons-les tous, car parfois même le fou ( je dirais surtout le fou)dit des paroles de sagesseSincèrement vôtre
Heny Miler

 

Lettre d'Henry Miller à Christian Vancau. 1er Mai 1975Henri Miller


 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 05:47

 

Dès le mois de janvier 1970, je me rends à Paris. Nous avons nos réunions avenue Alphand et je loge à Saint-Cloud chez Jacques Rialland et Suzanne Bregeon, dans la chambre du fils Pauwels François qui doit avoir une vingtaine d'années. Et puis, il y a des soirées à l'extérieur. Je rencontre René Barjavel et j'ai des amitiés qui se nouent. Avec un couple Jacques et Moune Heris et leur amie Gisèle Bélanger qui travaille aux Editions Albin Michel. Il me faudrait un livre pour écrire tout ce que j'ai vécu là-bas.

Ma tâche d'administrateur est bien définie. Grâce à ma connaissance des langues, j'ai réçu le porte-feuille des " Affaires étrangères". je m'occupe donc des ateliers qui se forment à l'étranger, surtout en Italie, où ils sont nombreux à fleurir. Aussi au Maroc. En avril j'insiste pour que mon ami Collignon qui n'est jamais allé à Paris me remplace à une réunion et j'ai de grosses difficultés à faire admettre ce changement par mes amis français, mais je tiens bon. je trouve qu'il n' y a aucune raison pour que je sois le seul à avoir ce privilège. Pour moi ce partage fait partie de l'esprit de 68. Et jean-Pierre vivra une expérience magnifique et logera dans "ma"chambre
 

Je me méfie en effet de l'élitisme ambiant. Je me pose des questions sur le rôle de Pauwels dans tout celà. Je ne le vois qu'une fois par mois, juste pour le boulot. Pauwels est né à Gand comme moi, mais 17 ans avant moi. C'est donc un belge d'origine. C'est un ancien du Journal "Combat" qu'il a dirigé en 1949. Il a épousé en secondes noces, une actrice, Elina Labourdette, l'héroïne du film de Bresson " Les Dames du Bois de Boulogne ". Il a écrit 2 romans "L'amour monstre" et "Saint Quelqu'un" que j'ai lus et il continue d'écrire, notamment un livre sur Monsieur Gurdjeff. En 1961 il a réalisé une interview célebre de Louis-Ferdinand Céline. Il est aussi l'auteur avec Jacques Bergier d'un prodigieux best seller "Le Matin des Magiciens" et il a de fréquents entretiens à Port Ligat avec Salvador Dali.
 

 Disons que j'observe et que je suis sur mes gardes, car Pauwels est un homme de droite et la question est de savoir comment il va évoluer avec 68. Et je vais très vite être fixé.Un nouveau Congrès est organisé à Genève en mai 1970. ateliers Planète-Paris-Geneve-Dijon-1970Avec Jean-Perre Michaux, nous partons en train jusque Paris, retrouver les partenaires du"premier mariage Planète". Lui c'est Jean-Paul Muichkine et elle c'est Micheline Pluvinage (sur la photo ci-dessus au Col de la Faucille, entre moi et Jean-Pierre.) En Suisse, nous serons hébergés par un planétaire, dans la campagne de Lausanne. Je me souviens d'une promenade au bord du lac Leman avec Gisèle et Moune. Je réalise vaguement que je suis l'objet d'une rivalité amoureuse entre ces deux femmes. Gisèle s'éclipse en faveur de son amie que je retrouve le soir dans mes bras dans un dancing de Genève, sans avoir compris grand'chose. Je ne suis pas du tout preneur, Moune est mariée et je suis ami avec elle et son mari. Assez tard dans la nuit, je la mets dans un taxi et regagne Lausanne. Le lendemain grand repas de midi et je me retrouve à côté de Gisèle qui est administratrice comme moi. Ateliers Planère-Genève-Dijon-1970Jacques Samain qui est à notre table et assez porté sur la chose, a deviné et la défie de m'embrasser sur la bouche, ce qu'elle fait, en pleine table. Et moi je commence seulement à comprendre. Elle avait laissé la place à son amie, mais apprenant que celà n'avait pas marché la veille....La voici Gisèle, à ma droite sur les deux photos ( Moune est à une autre table, il y a comme une gêne, évidemment). Je ne puis oublier la façon dont cette femme s'est jetée sur moi à corps perdu, en dansant. Je ne m'y attendais pas du tout. J'ai su qu'elle était morte d'un cancer quelques années après). A ma gauche le Docteur Aubrion de Caen, nouveau-venu et sa jolie épouse et puis Jacques Rialland et Suzanne Bregeon, ex-madame Pauwels et enfin Jeanine de Bakker, notre secrétaire belge. Genève c'est un tournant. Nous faisons une très belle visite de l'accélérateur de particules au CERN où un membre de planète, Robert Gouiran, est physicien atomiste. Mais le mouvement est en train de virer à l'ésotérisme, sous l'impulsion du Suisse Jean-Charles Burky qui trouve une oreille attentive chez Pauwels; ça sent la franc-maçonnerie et celà va se confirmer un mois plus tard à Dijon et moi la franc ma connerie, ça n'a jamais été mon truc. En fait, il n'est plus guère question de 1969. De mon côté à Liège, dans mon atelier, j'ai de gros problèmes. J'ai renoncé à mon poste d'animateur. Je suis plus âgé que les autres et j'encaisse des projections paternelles et ça me fatigue, j'ai autre chose à foutre. Alors à Dijon, nous sommes le 13 Juin, je monte sur la scène, comme à Orléans et dis tous mes doutes sur l'évolution du Mouvement. Mes amis du Conseil d'administration sont consternés. "Je suis un défaitiste. je trahis le mouvement ". On me demande de rester mais au mois de septembre, à la rentrée, je remettrai ma démission. L'aventure est terminée en ce qui me concerne. Notre atelier disparaîtra rapidement dans les mois qui suivent de même que la plupart des ateliers en Europe et en Afrique du Nord. Ce mouvement a été une fusée d'après 68, un dernier spasme, un feu de paille, mais j'en garde un très beau souvenir.

Louis Pauwels a quitté le mouvement lui aussi, en 1970. Il écrit beaucoup . Il fondera en 1977 le Figaro Magazine dont il prendra la tête jusqu'en 1993. Journal considéré comme une des tribunes de la "Nouvelle Droite". J'avais eu raison de me tirer. Ses éditoriaux, toujours d'une grande qualité, mais très marqués à droite et parfois brutaux lui attirent plusieurs inimitiés. L'attentat du 3 octobre 1980, devant une synagogue rue Copernic à Paris fait éclater une polémique visà vis de Louis Pauwels, qui, bien qu'il n'ait jamais écrit ou parlé dans ce sens, fut taxé d'antisémitisme au sujet de la critique d'une chanson de Serge Gainsbourg et accusé d'avoir, par ses éditoriaux, excité les extrêmistes qui avaient commis cet attentat. L'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, renforce l'engagement en politique de Louis Pauwels, jusqu'à son fameux éditorial de 1986 où il dénonce le "Sida mental" dont il pense, atteinte, la jeunesse. On comprendra pourquoi, je n'ai plus jamais eu de contact avec lui
 

Louis Pauwels, revenu à la religion catholique, meurt le 28 janvier 1997, à l'âge de 76 ans, suite à deux accidents vasculaires cérébraux

 

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:52

Il neige à flocons drus, c'est une vraie tempête et nous partons en train avec Jean-Pierre Michaux et Marcel Reynders. Dés notre arrivée dans une serre magnifique où les tables sont déjà dressées, nous sommes accueillis par Jean-Paul Muichkine

,qui dirige un théâtre situé au Forum des Halles, Omega théâtre vivant, 98 Rue Rambuteau. Il dirige l'Atelier Omega 16 et est un membre actif du mouvement. Nous allons immédiatement sympathiser et passer l'après-midi ensemble car nous sommes parmi les premiers arrivés. Voici Jean-Paul au centre, entre Marcel Reynders et moi
 

Je m'aperçois que je fumais la pipe à l'époque, et çela a duré des années ( jamais fumé de cigaretttes, toujours trouvé celà insipide, toujours préféré le calumet de lAteliers Planète-Congrès d'Orleans-1969-Louis Pauwelsa paix ). Pendant

 

 

 

 

que nous discutons ferme, l'immense serre illuminée par la neige, se remplit peu à peu. Bien sûr nous les petits belges, nous ne connaissons personne et heureusement que Jean-Paul nous présente les uns aux autres. Je pense que mon intérêt depuis toujours pour le théâtre a créé un pôle de rapprochement entre nous. Gigantesque repas et puis une soirée avec une grande estrade. L'ambiance est fiévreuse et on a pas mal bu (surtout moi). J'ignore quelle mouche me pique mais à un moment donné je bondis sur la scène et commence à parler et à parler; silence religieux dans la salle et puis un tonnerre d'applaudissements. Pour la première fois de ma vie je réalise que j'ai un pouvoir de parole, un charisme. On me pose des tas de questions de tous les coins de la salle. Et puis je ne me souviens plus de rien. Mon ami Marcel, assis dans la salle et qui me connaît depuis peu, verra en moi, un véritable manipulateur et souleveur de foule, ce qui est totelement faux. Je n'ai rien d'un manipulateur
 

Bref le lendemain Pauwels arrive et fait son discours sur l'Ere du Verseau et l'état d'avancement des ateliers. J'apprends que des élections d'un Conseil d'administration vont avoir lieu et Muichkine, vient me parler et me persuade de me présenter?? J'accepte et une heure plus tard j'apprends que j'ai fait un tabac. Autant de voix que Louis Pauwels, le "Pape" du Mouvement. je n'en reviens pas. Mais c'est bien car il y aura un belge dans le conseil et la nouvelle se répand le jour même en Belgique.JLouis Pauwels et Christian Vancau-Orleans-1969-Ateliers Planète

Je suis alors présenté à Pauwels qui se demande qui est ce belge et  je lui remets un travail que j'ai intitulé "La Philosphie Planète" et qui est une sorte de résumé, à la fois du Matin des Magiciens et de toute la revue Planète que je lis avec passion depuis 1961. Voici Pauwels qui me dédicace ce travail qu'il vient de parcourir (et qu'il me demandera plus tard de lui céder pour écrire un de ses nouveaux livres," l'Homme éternel" ) et Marcel Reynders à ma droite. En-dessous à gauche, le dirigeant du Mouvement, Jacques Rialland, Louis Pauwels-Chistian Vancau-Mouvement Planète-Orleans-1969qui vit avec l'ex-épouse de Pauwels, Suzanne Bregeon et ce sont ces gens charmants qui vont m'accueillir chez eux à Saint-Cloud, chaque mois. Suzanne a eu un garçon avec Louis Pauwels, François et c'est dans la chambre de ce fils commun que je logerai, sans jamais le rencontrer. Ils ont aussi une fille, Marie-Claire que je rencontrerai chez Suzanne, à la rue des Vignes, où je loge. Elle est journaliste et a obtenu le Prix Roger Nimier en 2003 pour "Fille à Papa", une remarquable biographie de son père.

A signaler aussi qu'a la fin des années 60, Salvador Dali engage avec Louis Pauwels de longues conversations dans sa maison à PortLligat.

Les éditions Planète auront connu un succès fulgurant avec la Revue Planète (64 numéros) traduite en plusieurs langues, L'Encyclopédie Planète, les 17 anthologies Planète confiées à Jacques Sternberg et des numéros "Hors Série" dont celui consacré à Bob Dylan. Il y aura ensuite la publication des Revues Plexus et Pénéla. Je possède quasi toute la collection. Il est clair que "Le Matin des Magiciens" et la Revue Planète, entre 1961 et 1970 valurent à Louis Pauwels la célébrité et créèrent dans toute la France et à l'Etranger un engouement pour le paranormal, les civilisations disparues et les mystères de la science
Il est midi et me voici à la table du Conseil d'Administration, dédaignant totalement mes deux amis belges que je prétends ne pas connaître (je plaisante évidemment ). De dos Jacques Samain, médecin, habitant une superbe maison dans la rue des Saints-Pères à Paris, avec des caves voûtées, à sa droite Louis Pauwels, puis, caché, Jean-Charles Burky de Genève, il y a donc aussi un Suisse, puis Alain Pozarnik, le secrétaire du Mouvement, moi, Muichkine et de dos Suzanne Brégeon, à côté de Samain (si c'est bien la sienne). Et en dessous, la même photo prise sous un autre angle (je suis à l'extrême gauche...d'un homme de droite, hé hé)

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