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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 07:41
Maison de Jean-Pierre Ransonnet à Cortil

Maison de Jean-Pierre Ransonnet à Cortil

Avertissement.Mon-Journal325.jpg

 

Comme depuis 1980 cette bibliographie est le reflet partiel de mon journal manuscrit, commencé précisément en fin 1980 (Biographie 203) et qui compte à ce jour (23 avril 2012)plus de 50.000 pages et 169 volumes, je suis amené de plus en plus à scinder mes années successives, passant de un article par année, à un article par semestre et maintenant à 3 articles par an et j'ignore où cela va finir. il faut noter que cette biographie est illustrée des photos de mon journal, à raison d'une centaine de photos par année. Photos scannées au départ de mon journal puis toutes retravaillées via Picasa. C'est un travail de Titan. 

Me voici il y a quelques années dans mon buraeu avec une partie de mes 169 volumes rouges

Vancau et son Journal

 

Juillet 1987. Je suis en vacances et je place ds pierres de schiste sur les parois de mon grand étang afin d'empêcher les ragondins de creuser des trous (terriers) en direction du ruisseau et de vider les étangs. En même temps je nettoie le grand étang et commence à emmurer le plus petit étang Juil Mur nord de létang 1263

 

Juil Nettoyage étang262

Juil Emmurement Etang2265

Voici l'arrière de la maison en juillet 1987

Juil Arrière maison266

 

J'ai pêché 110 truites depuis le début de l'année, dans le ruisseau

Finalement nous n'irons pas au Festival de photos d'Arles avec les Gouberville qui ne nous donnent plus signe de vie depuis notre séjour à Portmontain. Mystère total ????Juil Mas de l'Enfantt264Craquotte a invité des copains et copines. Voici Gina (Lassie) et Boubou, le BouvierJuil Boubou et Gina273

Le 15 Juillet à Redu, village europée du Livre à 35 Kms de  chez moi avec les Devresse, les Noirot et Dominique Marx. J'achète "Des Belles et des Bêtes de Jean Lorrain, et " Nord" de Céline.

De Jean Lorrain "Ce qui m'aide à vivre c'est de savoir que je suis odieux à tant de gens"

"La Vie est une tombe au détour d'un sentier

 

Le 16 juillet nous partons à Liège chez les Devresse mais faisons un crochet par Cortil chez Ransonnet pour voir l'état des travaux. Magnifique. On dirait un bâteau VikingJuil Cortil267Dec Cortil2317L'Atelier de Jean-Pierre Ransonnet

Dec Cortil Atelier318

Et nous arrivons à Liège, Place des Béguinages. La maison de Jean-Pierre Devresse et Marine Closset est marquée d'une flèche rougeJuil Devresse à Liège268Une première soirée où Jean-Pierre me fait rentrer dans son monde musical: Nick Cave, John Giorno, Einstürtzende Neubauten, John Lurie, Tom Waits. Nous parlons aussi Cinema, Jim Jarmush et son Down by Law et d'un écrivain Wystan Hugh Auden (1907 et 1973). Jean-Pierre m'offre un Captain Beefheart "Doc at the radar Station". Le lendemain nous irons chez Jean-Pierre Collignon rue St Leonard et je ferai la connaissance de sa nouvelle épouse Catherine Peccio et de son 2e fils Antoine. Je connais Jean-Pierre depuis mai 1969 (Ateliers Planète)

 

Avec Jean-Pierre Devresse on a aussi parlé d'un film télévisé que nous avons vu, avac Anna Karina et qui s'intitule "L'Invention de Morel" Film diffusé en 1977, réalisé par Jean-Claude Bonnardot, d'après un roman de l'écrivain argentin Adolfo Bloy Casares. Voici 2 Photos que j'avais prises à l'époque d'Anna Karina, sur mon écran de télévision, avec un pied photographiqueJuil Anna Karina269

 

Mon ami peintre libramontois Bernard Noirot nous offre des cartes qu'il a conçues pour la Foire agricole de LibramontJuil Bernard Noirot271

Je lis Béatrix Beck que m'a prêté Marine "L'Enfant-Chat". Beatrix Beck, Prix Goncourt est ma cousine éloignée. Voir le tableau ci-dessous. Elle est née en Suisse et a fait son université à Grenoble. Ancienne secrétaire d'André Gide et Prix Goncourt dans les années cinquante. J'en ai déjà parlé...Juil Les BECK270 

Je lis aussi " L'enfant brûlé" de Stig Dagerman, suédois né en 1923, mort suicidé en 1954, à 31 ans, époux en première noces de Anne-Marie Götz, fille d'un anarchiste et syndicaliste allemand et en seconde noces d'Anita Björk, la "Mademoiselle Julie" (Strindberg) du film d'Alf Sjöberg

 

 Coup de fil de ma belle-soeur. Séparée de Jean-Pierre Ransonnet, lequel a laissé chez elle une trentaine d'oeuvres, elle me dit qu'elle veut s"en débarrasser (elle est restée dans la maison du couple à Crisnée) et s'apprête à les donner à gauche et à droite. Je lui dis "Dans ce cas, tu me les donne à moi". Elle est d'accord et je vais embarquer 36 oeuvres de Jean-Pierre dans ma voiture, le 23 Juillet. Me voici propriétaire de 36 Ransonnet que je suis décidé à lui restituer en temps utile; Ce que je ferai en septembre après lui avoir annoncé la nouvelle par téléphone. Jean-Pierre pour me remercier m'offrira quatre belles oeuvres acryliques tournant autour du thème du "Pré". Les voici dans ma galerie construite en 2004Territoire 27.05.2009 014 Territoire 27.05.2009 014

  Nouvelle escapade à Redu fin juillet. J'achète: Moby Dick de Melville, Le Lac aux Dames de Vicky Baum, La Femme et la Bête de D.H Lawrence, La Poussière des Soleils de Raymond Roussell, Leon Morin prêtre de Béatrice BeckJuil Redu272

Et reprise du collier fin juillet. A Ensival je rencontre un certain Robert WINKIN, compositeur de musique de variétés, rentré de Paris où il a vécu 17 ans, repéré à 13 ans par Line Renaud et qui sert dans le resto où je mange, avec son petit-fils qui a 2 ans, qui s'appelle Renaud et vient d'être abandonné par sa mère, à savoir la fille de Winkin.

 

Août. Rencontre à la Braderie de Saint-Hubert, de Gustave Joassart un ex-ami, (avec lequel j'ai fait mes études de Droit à Liège) travaillant au service commercial de la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre à Herstal. En 1965 j'avais accompli un stage de 6 semaines à la FN, au service juridique pour gagner ma vie en sortant du service militaire, marié avec un enfant. Je n'étais pas bien conscient de ce que pouvait être la FN mais là sur place j'ai compris très vite. Envoyé par ma banque à Libramont en 1971, j'ai perdu le contact avec la plupart de mes amis liégeois. Et voici qu'un jour  Gustave me téléphone, sachant que je voulais quitter la Banque. Il y aurait une place à prendre au service commercial, pour vendre des armes en Amérique du Sud. Lui s'occupe de l'Arabie et du Proche-Orient, marché juteux. Je crois rêver et lui demande si ça ne lui pose pas de problème moral d'être marchand d'armes et je refuse la proposition, évidemment. Et des années plus tard le revoici, rencontré par hasard et assis chez moi avec sa femme, fille de Notaire. Et je lui dis que son métier m'a empêché de rester ami avec lui. Et il me dit "Je ne suis plus à la FN, je me suis mis à mon  compte" comme armateur. Cynisme volontaire de bourgeois qui méprise le petit gauchiste que je suis devenu. Il s'en va bien vite; Ca pue la poudre et le sang.  J'ai entendu l'argument classique "Si ce n'est pas moi qui vends des armes, d'autres le feront". Imparable non??

La meilleure: Cette place que j'ai refusée a été attribuée à Juan MENDEZ, abattu le 7 janvier 1986, au volant de sa voiture sur l'autoroute Bruxelles-Namur, à Rosières. Lire l'article ci-dessous....

 

 

Affaire MENDEZ

L'affaire Mendez et les tueurs du Brabant
Wallons : la grande question ?
Accueil - les faits - l'enquête - affaires connexes - interviews - forum de discussion -
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Juan Mendez était un ingénieur commercial travaillant pour la Fabrique nationale d’armes
d’Herstal. Il était, vu sa parfaite maitrise de l’espagnol, responsable du département Défense
et Sécurité pour l’Amérique latine, l’Espagne et le Portugal. Mendez pratiquait le tir et
possédait une fort belle collection d’armes. Une partie de ses armes qu’il conservait à son
domicile furent volées par des inconnus en mai 1985. Mendez mena d’ailleurs sa propre
enquête sur ce vol et aurait fini par soupçonner un de ses amis proches : l’ancien gendarme
Madani Bouhouche. Lors de la double attaque des Delhaize le 27 septembre 1985, Mendez se trouvait à l’étranger. Il chercha directement à connaitre les armes utilisées par les tueurs du Brabant. Il craignait disait-il que les armes utilisées par la bande ne proviennent de chez lui. On ne saura jamais comment sont nés les soupçons de l’ingénieur Mendez : il est abattu le 7 janvier 1986 de plusieurs balles dans la tête dans son véhicule retrouvé à Rosières sur une  bretelle de l’autoroute Bruxelles-Namur.
Le juge d’instruction Schlicker sera chargé de l’affaire. Le commandant Dery s’occupera de
l’analyse balistique : la mort de Juan Mendez s’apparente à une véritable exécution. Son
assassin lui a tiré six balles dans la tête en utilisant des munitions Remington Hollow Point, interdites à la vente en Belgique.
Le premier réflexe des enquêteurs après la découverte du corps sera de se rendre au domicile de Mendez à Overijse. Ils y trouveront Madani Bouhouche, un de ses meilleurs amis.
Bouhouche sera interrogé et perquisitionné quelques jours plus tard. Il n’a pas d’alibi solide pouvant le mettre hors cause. Il est cependant remis en liberté dans un premier temps. Quinze jours plus tard, les médias annoncent que l’arme ayant servie à abattre Juan Mendez est entre les mains de la Justice. L’arme expertisée en question appartenait à Madani Bouhouche. Le 26 janvier 1986, le juge Schlicker délivre un mandat d’arrêt contre Bouhouche qui est aussitôt incarcéré. Il niera toujours sa participation à l’assassinat de Mendez. Il sera finalement acquitté par la cour d’Assises pour cette affaire (mais fut condamné à 20 ans de réclusion pourd’autres méfaits).
Les enquêteurs de la CBW se sont beaucoup intéressés à l’affaire Mendez où ils s’obstinèrent à y voir un lien avec les tueries. Il est vrai que Bouhouche fut longtemps soupçonné d’avoir trempé dans les tueries. Après l’attaque de l’armurerie Dekaise, les gendarmes qui poursuivaient le véhicule des tueurs affirmèrent avoir reconnu Bouhouche et Mendez.

 

 

En août, en tournée d'inspection en Gaume, je vais au Bistro à Virton chez mon amie peintre Blandy Mathieu qui me demande si je ne veux pas exposer dans son café. je ne suis pas chaud. 

Quelques jours après, à Tilff j'annonce à Ransonnet que j'ai 36 peintures à lui, engrangées chez moi. Choc ! 

Je m'apprête à rembourser une tranche de mon prêt hypothécaire à ma Banque qui est aussi mon employeur, afin de réduire ma dette à un peu moins de 25.000 euros. une intuition???

Une émission à la télé sur Pina Bausch. C'est ma belle-seour qui me l'a fait connaître, en même temps que Merce Cunnigham et Caroline Carlson. Ma belle-soeur fait de la dansePina Bausch322

Ce vendredi 14 août à Virton, rencontre fracassante avec Marguerite Brouhon, peintre bien connu, dans le café de Blandy Mathieu. Quand Marguerite entre avec un copain, je dis à Blandy de me la présenter et Blandy me dit "Chuuuuttt, laisse venir, il ne faut pas la brusquer sinon elle se cabre, tu vas voir elle va venir toute seule" Marguerite s'installe au comptoir avec son légionnaire (Il s'agit de Roland Goffinet, engagé à la Légion à 17 ans, y restera 11 ans. Né en 1938, il a 49 ans. ll est gemeaux, originiare de Bleid, un village voisin  et est le cousin  germain d' un certain Olivier Goffinet, journaliste (et Baron ) à l'Avenir du Luxembourg à Marche, que je connais bien. Ce légionnaire m'apprendra qu'un reportage sur mon territoire est passé à la Télévison belge environ un an et demi auparavant. Je ne suis pas au courant???? et ne verrai jamais ce film.

Ci-dessous Le Bistro, café de Blandy MathieuAout Bistro Virton275

Vissé à ma table je vois qu'en effet Marguerite se rapproche peu à peu de moi le long du comptoir et vient finalement s'asseoir à ma table en me demandant qui je suis. Je lui réponds simplement que je suis peintre comme elle. Nous allons vivre une romance qui va durer plusieurs heures. Il y a un match de tennis important à la télé dans le café et nous nous embrassons à bouche que-veux-tu. Femme très touchante. Je ne la reverrai jamais. Elle s'éteindra en 2004

Marguerite BROUHON

  Adamek Service du Livre Luxembourgeois Topic3
 

Marguerite BROUHON

Fiche fondée sur un dossier rédigé par Georges JACQUEMIN
Dossier L : n° 49, fascicule 1

Marguerite BROUHON
poétesse, peintre.

Marguerite BROUHON
 

Informations générales

Belgique PROV LUX
Né(e) le 17/06/1922

Biographie

Née à Virton le 17 juin 1922 et y décédée en 2004, Marguerite Brouhon a mené une existence qui l'a conduite dans de nombreuses villes et localités, dans une sorte de recherche juvénile du paradis perdu. Son enfance se passe à Virton dans un milieu sensible aux arts : ses parents sont liés avec Nestor Outer; son père, Eugène Brouhon, professeur de français à l'Athénée Royal, est également poète. Brusquement, en 1935, celui-ci décède, âgé seulement de quarante-six ans. C'est, pour la future peintre, un déchirement dont son oeuvre porte aujourd'hui encore la trace.

Amoureuse de la nature, elle est, à l'Athénée, une élève rêveuse, sensible, à l'esprit libre et vagabond. En 1939, Marguerite accompagne sa mère à Bruxelles, où celle-ci va s'établir. Elle commence puis interrompt des études à l'École des Arts décoratifs Fernand Coq : ses condisciples sont trop en retard sur elle. Fin 1940, elle se marie. Période pénible de la guerre, existence difficile, petits boulots. Séparation en 1947. Entre-temps, elle expose à La Licorne, à Bruxelles. C'est la première d'une longue série d'expositions.

En 1949, elle débute au service artistique du journal Le Soir que dirige, à cette époque, le critique artistique Paul Caso. Elle collabore notamment à la page destinée aux enfants et le fait jusqu'en 1968, quand le journal est restructuré. En 1959, elle part pour la Yougoslavie, où elle rencontre Henri Amouroux, journaliste avec qui elle se lie d'amitié. Revenue en Belgique, elle fait du théâtre dans la troupe du Rideau de Bruxelles, de Claude Étienne. En 1957, avec son ami du moment, elle quitte la capitale. Ils vont s'installer dans le Midi de la France. Échec. Nouvelle étape : Paris. Chambres d'hôtel, vie de bohème. Marguerite ne peut supporter cette existence, la voici à nouveau à Bruxelles pour un bref passage. La terre natale l'attire.

En 1957, elle s'installe à Grand Verneuil (en France, entre Montmédy et Virton). La maison qu'elle occupe et dont elle a décoré l'entrée, elle la baptise "La Moricie". Le couple se lance dans l'élevage de poules... Travail fastidieux. Abandon. 1959 : Marguerite Brouhon revient se fixer à Virton, ayant acheté une maison dont le Ton lèche inlassablement la façade. En 1961, elle épouse Francis Meurant. Depuis, elle mène une existence à la fois active et libre de peintre et d'amoureuse des chats, cultive son franc-parler et refuse toujours de s'embourgeoiser.

Poète, elle a publié plusieurs recueils de vers, le dernier paru, Pain de coucou, rassemblant l'essentiel de sa production. Les expositions, personnelles ou de groupe, de Marguerite Brouhon se comptent par dizaines. Si elle a exposé ses oeuvres à Virton (Hôtel de Ville, Galerie Artvision, chez elle ou au café Le Chalet, en période de fin d'année), elle a également été fort présente à Bruxelles, où elle s'était fait un nom. Citons, presque au hasard, la Galerie Breughel, le Cheval de verre, les galeries Racines et Vendôme, la Galerie Albert Ier. A Paris, elle fut à la Galerie Jean Camion; à Namur, à la Maison de la Culture; à Vresse, à La Glycine, etc.

Texte repris du Dictionnaire des peintres du Luxembourg belge, éd. Omer Marchal, 1995, et dû à l'auteur du Dossier L, Georges Jacquemin.

A consulter :

  • Georges JACQUEMIN, Marguerite Brouhon, article paru dans Not' Gaume, n°22, 1966.

  • Georges BOUILLON, Marguerite Brouhon, article dans La Dryade, n° 16, hiver 1958; texte repris dans Portraits dans un miroir, Ed. La Dryade, 1973.

  • Paul CASO, Un siècle de peinture wallonne, de Félicien Rops à Paul Delvaux, Ed. Rossel, 1984. Ce critique a consacré de nombreux articles à la peinture dans Le Soir.

  • Anne-Louise LAMBERT, Un artiste belge contemporain, Marguerite Brouhon, mémoire de licence en Archéologie et Histoire de l'art, UCL, année académique 1992-1993. Ce travail comprend une liste des expositions de l'artiste et un relevé des nombreux articles de presse consécutifs à celles-ci.

  • Dictionnaire des peintres du Luxembourg belge, ouvrage collectif, Ed. Omer Marchal, 1995.

 
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Ce 16 août départ pour Anseremme dans la propriété de mon oncle Lucien Brunin et de ma tante Ginette Van Cauwenberghe (soeur de mon père) en bord de Meuse, près de Dinant et de la Lesse. J'y ai passé de nombreux séjours lors de mon enfance et de mon adolescence, m'y réfugiant chaque fois que j'étais harcelé par ma mère. Lieu de sérénité, un vrai paradis, où je n'avais que le quai à traverser pour aller nager, pêcher, ou partir en barque sur la Meuse. Sans compter les idylles  de vacances. La haie ci-dessous est celle du jardin. Anseremme est situé à côté de Dinant en Belgique. Ses paysages ont été peints par Félicien RopsAout Anseremme 1276A droite la villa "Le Pâchis" Ma chambre est tout au-dessusAout Anseremme 2277La Meuse est derrière le rideau d'arbresAout Anseremme 3278k

 

Visite à Moircy de Myriam Hornard, peintre de Virton. Elle voudrait échanger un de mes chevrons adossé au mur de l'atelier, contre une oeuvre à elle. Non je ne puis dépareiller une série de 6 pièces. Mais j'irai voir son travail sur des papiers pliés et structurés à Redu ce 18 août. Elle expose au "Bâteau-Livre". Très beau travail..Aout 18 Redu-Myriam H280

Vu à Michel Polac, le compositeur français Pierre SHAEFFER, inventeur de la Musique concrète, animateur de la recherche musicale contemporaine à l'ORTF pendant des années, pas loin des septante ans. N'aime pas du tout Pierre BOULEZ. Par contre aprécie Pierre HENRI

Mort de Louis Scutenaire, surréaliste belge: "Il  n'aimait pas cette société"

23 août. Visite de mon beau-fils Stephane Poncin. Il a 25 ans, je vais en avoir 50Aout 18 Stephane et moi281Je continue d'approfondir mon 2e étang.Moi étang2 aout 87323

Un film de Luc Monheim à la télévision. Aussi peintre et sculpteur belge, est mort en 1986.

Avec Philippe Leotard

Luc Monheim324

Et fin août je repars en tournée dans les régions allemandes

 

En outre j'ai des problèmes avec le permis de bâtir de mes étangs, il ne serait pas valable ou pas complet. Je suis assigné par le Parquet. Risque d'amendes et obligation de tout reboucher. Décidément plus rien ne va dans ma vie..

 

Décès de John HUSTON et de Lee MARVIN

 

Une expo en vue pour Rossignol en 1988. Proposée par l'animatrice du Centre Culturel, Ninette Offergeld. Nous serions 4 exposants et amis: Daniel Seret, Baudhuin Simon, Blandy Mathieu et moi. Grande réunion le 12 septembre à Rossignol qui fête ses morts de la guerre 14-18

 

Une nuit chez ma belle-soeur (soeur de ma femme) à Crisnée, dans cette maison du couple dans laquelle elle est restée et qui est pleine de souvenirs des années septante et quatre-vingt. Une belle maison hesbignonne. En réalité c'est la 3e nuit consécutive que je passe chez des amis liégeois (les 2 précédentes chez Marcel Reynders et le couple Rikkers à Liège) tout en effectuant mes tournées d'Inspection. En fait je fuis Moircy et mon coupleSep Crisnée 1282Sep Crisnée 2283En fait je pense que ma belle-soeur a déjà quitté cette maison et a acheté une petite maison avec son deuxième mari tunisien Mohammed Khadri, dans un autre coin du village. Mohammed se trouve en Tunisie en ce moment. C'est donc dans cette maison du 2e couple, que je me rends. Voici donc Marie-Henriettei dans son  nouveau jardin à Crisnée

Crisnée Myette 1987321

 

Le 15 septembre, je perds mon porte-feuille avec de l'argent et mes cartes à Verviers. Deux jours après, on me téléphone de ma banque à Anvers pour me dire qu'il a été retrouvé par le fontainier et que je puis aller le chercher au Service des Eaux. Monsieur Grégoire. Merci à lui. Je lui apporte une bouteille de vin. Il y a encore des gens honnêtes

L'émission "Droit de Réponse" de Michel Polac suspendue et Polac menaçé de renvoi par TF1. une émission que nous étions nombreux à aimerSep Droit de Réponse284

Ma chienne Craquotte et mes étangs à la mi-septembre 1987Sep Etang 2 Craquotte2287Sep Etang 2 Craquotte286Une partie de mon deuxième étangSep Etang 2285

 

Visite chez les "de Cunchy" à Villers-sur-Lesse ce 25 septembre. Alphonse Zimmer devenu Comte de Cunchy a épousé Didi Cailler qui est la cousine germaine de ma tante Ginette Van Cauwenberghe, soeur de mon père. Céline et moi sommes invités à déjeûner dans leur maison de campagne (Les de Cunchy habitent Bruxelles)Sep Villers de Cunchy288Nous voici donc à l'apéro dans cette superbe propriété, Celine et moi, ainsi que mon Oncle Lucien et ma tante Ginette. On parle d'abord de François Laurent, l'arrière grand-père paternel de Didi Cailler, juriste et historien, né en 1801 et décédé en 1877. Une rétrospective a eu lieu à Gand et le discours a été prononcé par Pierrot Gothot de l'Université de Liège, une vieille connaissance. François Laurent a écrit une "Histoire de l'Humanité".

 

Ensuite on a parlé du concerto n°5 pour piano et orchestre et du 2e concerto pour violoncelle de Chostakovitch, interprété par Rostropovitch..Puis la conversation glisse sur l'actualité politique et autre. Sur la table du salon, le Figaro Magazine, Le Monde et L'Express..Et j'entends...."Comment Le Pen a t'il pu faire cette gaffe "les chambres à gaz, une affaire de  détail" (sous-entendu, jusque là, il était bien), et puis "Vous avez lu la chronique de Pauwels dans le Figaro...remarquable. Comment, tu as connu Pauwels Christian?? Oui j'ai travaillé avc lui pendant un an à Paris, Orléans, Genève et Dijon en 1970 mais il a changé et j'ai coupé tout contact...Un froid... et ça continue "En tout cas plus jamais la Gauche au Pouvoir en France...." là-dessus tout le monde est d'accord sauf Céline et moi qui sommes de gauche. Ca devient gênant. Et puis"il faut supprimer les Iraniens une fois pour toutes". Et Polac quelle horreur! Enfin il est expulsé...Dans le jardin 3 jeunes-gens travaillent. L'un d'entre eux, un petit costaud avec une moustache s'appelle Wladimir...c'est un polonais...un paresseux comme tous les polonais... Et puis les servantes aujourd'hui ne veulent plus accomplir aucune tâche difficile. Affollant. Je souffre l'enfer. Heureusement il y a la chienne Fanny, Teckel-à- poil, à savoir sans poils qui, elle se tait...ouf. Souvenir inoubliable...

 

Fin du mois de septembre toujours dans la région allemande. ManderfeldSep Manderfeld289St Vith et son égliseOct Egl de St Vith296Je repasse ches les Schouteden-Huby, à leur chalet à Wiesenfeld mais ils sont absents. Simone Huby, dont l'oeuvre est tout à fait intéressante est décédée le 13 novembre 2011 (Née en 1933, 4 ans avant moi). Son mari, peintre lui aussi, Mathieu Schouteden est mort avant elle mais j'ignore quand...Oct Chalet Simone Hubyith297Voici une oeuvre de Simone HUBY.Huby 000

Et peu à peu je redescends dans la région de Gouvy-Beho où je retrouve les fameuses défenses anti-chars d'Halconreux, qui me fascinentSep Halconreux290J'apprends qu'on a volé tous les meubles des "de Cunchy", peu après notre visite. je jure que je n'y suis pour rien !!!!! les polonais paresseux peut-être?????

Et les derniers jours de septembre je me retrouve souvent à Vielsalm et mange dans un resto 'L'Aquarium" situé au bord d'un lac artificielSep Vielsalm Lac292Sep Vielsalm Lac 2293Noté dans mon journal à cette terrasse, fin septembre "Il est 12h20, il y a quelques personnes et ça ramage ferme. Sur les rives du lac, une femme blanche avec deux chiens noirs, dont un surtout est formidable, sorte de croisement Bouvier-Griffon, qui plonge dans le lac sans hésiter Et je n'ai plus qu'un désir: quitter le resto, annuler les deux inspections qu'il me reste à effectuer cet après-midi et aller jouer chez moi avec ma chienne Craquotte. Décidément je préfère les animaux aux gens.

En fin de mois aussi, ZOUC dans une émission de la télévision belge. EmouvanteSep Zouc291

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 10:48
En 2 la maison de Victor Hugo à la Grand-Place à Bruxelles (1852)
En 2 la maison de Victor Hugo à la Grand-Place à Bruxelles (1852)

En 2 la maison de Victor Hugo à la Grand-Place à Bruxelles (1852)

  Pour rappel, tous ces articles, depuis 1980 sont extraits de mon journal manuscrit qui, à cette date du 8 mars 2012, compte plus de 50.000 pages, et 168 volumes inéditables, si ce n'est par le biais d'Internet et de mon BlogCarte de Visite IPPA002

Cette année 1986 va être marquée par mon nouveau secteur bancaire,énorme, où je vais entrer en lice en tant qu'AUDIT. Ce secteur va du Nord au Sud de la frontière allemande (Aachen), à la Frontière française (Sedan-Montmédy-Longwy), en longeant à l'Est, le Grand-Duché de Luxembourg. Voici d'abord la partie Nord avec deux régions allemandes celle d'Eupen et celle de Saint-Vith. Eupen prospère car proche d'Aix-la-Chapelle et une région plus pauvre et plus rurale, ce qu'on appelle "les Rédimés", régionde Saint-Vith, qui a été annexée par l'Allemagne à certains moments de son histoire. On m'attribue de secteur parce que je me débrouille en allemand, ce qui va être pour moi l'occasion de repratiquer cette langueSecteur Ippa Verviers 1986Ensuite la partie Sud de mon secteur, qui va jusqu'à la frontière française. Notez que Moircy est sur la gauche. Disons que du Sud au Nord mon secteur fait environ 200 Kms et Moircy (à la fois mon domicile et mon bureau) apparaît très clairement dans le haut de cette carte1986 Secteur Sud IppaJe vais donc vous faire visiter toutes ces régions en photos et en textes puisque je suis sur les routes environ 12 heures par jour, dans une Ford Sierra blanche, appartenant à la Banque.

Mon job consiste à arriver à l'improviste chez des "agents" qui sont indépendants, par exemple "courtiers d'assurances" et de clôturer la caisse et le reste, séance tenante, en transmettant par ordinateur à la Banque IPPA Anvers, le résultat de mes contrôles. J'insiste bien, ces agents ne font pas partie du personnel Ippa, je ne suis donc pas dans des agences bancaires mais chez des Indépendants. Je dois demander bien gentîment à effectuer les inspections et revenir le lendemain si les gens ne sont pas disponibles

Et nous sommes dans une époque où il y a de plus en plus de fraudes et de hold-ups. J'en ai donc vu de toutes les couleurs. En outre je suis surveillé de près, puisque  la Banque IPPA veut ma peau depuis 1980. Je m'apprête donc à vivre près de 4 ans  d'enfer.

En attendant l'hiver est rude.

Hiver 86Janvier. Période à nouveau très difficile pour moi. Incertitude totale quant à mon avenir. Incapacité de faire un choix. Quitter la Banque c'est perdre mon territoire et mon eouvre. A la limite de la tenabilité avec mes employeurs.... Je viens de passer 3 semaines de congé de maladie, grâce à mon hyper-tension. Quel bonheur !!!!

Je n'ai q'une vie, alors laissez-moi la vivre et foutez-moi la paix....

 

Mon ami Jean-Pierre VERHEGEN, écrivain belge publie "Pubères, Putains". Voici un article à ce sujet, qui paraît dans la Presse belge en ce début 1986JP VERHEGGEN 1986200Jean Pierre a déjà commis quelques livres qui ont eu un certain retentissement: "Le Degré Zorro de l"Ecriture" à ne pas confondre avec Barthes, "Ni-Nietzsche Peau de Chien", "Madame Mao "  etc...

Je les connais bien lui et son épouse Gisèle Fusani , italienne de la région de Carrare.

 

Jean-Pierre VERHEGGEN

 

Poète, romancier, conteur, péteur de mots...
 
 
Né(e) le 06/06/1942
Biographie kaléidoscopique

Jean-Pierre Verheggen n'accorde que peu d'importance à une biographie académique. Il ne révèle d'ailleurs que l'essentiel, c'est-à-dire ce qui influe directement sur son oeuvre. Comme il se plaît à le souligner, au-delà de cette limite, tout portrait de lui n'est plus valable.

Sa naissance, le 6 juin 1942, à Gembloux, l'inscrit déjà dans la mouvance linguistique. Son père est originaire d'Orléans, sa mère est wallonne. Français et wallon se côtoient et se mêlent dans son oeuvre comme dans sa vie. En effet, si Verheggen vit à Mazy, dans le Namurois, il n'en manie pas moins la belle langue française, mieux même, il l'enseigna à l'Athénée royal de Gembloux. Il fréquenta l'ULB, ce lieu où il n'est pas bon de se prendre pour un écrivain, et, plus précisément, la section de philologie romane. Quelques années plus tard, son mariage avec l'Italienne Gisèle Fusani l'immergera un peu plus encore dans les langues, langues multiples et plurielles d'où naîtra sa langue.

Il est malaisé de dénouer le fil des influences qui ont joué sur l'oeuvre de Verheggen. Il se recommande en effet de tous - de tout même! - et de personne. Notons qu'il eut pour professeur de littérature Raoul Vaneigem (Auteur du" Traîté de Savoir-Vivre à l'usage des jeunes générations " ) et qu'André et Cécile Miguel, ses voisins, le guidèrent, sans l'orienter. Rappelons aussi que le Namurois est la patrie de Michaux et de Rops. Pour le reste, demandez à Verheggen quelles sont ses sources d'inspiration. Il vous répondra volontiers, et le plus sérieusement du monde : Badoit, Volvic, Spa Monopole, Chaudfontaine...

De plus, pour lui, être écrivain ne veut pas dire limiter sa curiosité au seul domaine littéraire. Toutes les formes d'expression retiennent son attention : la peinture, par exemple, mais aussi les moyens audio-visuels. La langue, en effet, est multiple.

L'épisode biographique maoïste résonne dans Le degré Zorro de l'écriture, Divan le terrible, et Vie et mort pornographique de Madame Mao. Le vécu a imprégné ces textes d'un leitmotiv : lézarder les images figées et sacralisées des Pères du monde. Mao rejoint ainsi Nietzsche, Platini, Tintin, Sade, Buck Danny, Lénine et tout autre prétendant au piédestal. L'auteur y compris.

À chaque instant, derrière chaque mot, se retrouve donc la biographie rejouée de l'auteur. La vie et la langue s'imbriquent indissociablement. Miséréré, qui clôture Stabat Mater, voit Verheggen nous livrer ses impressions post-opératoires.

Le bistouri du chirurgien qui le taillade lacère son texte. Pour l'auteur, c'est très clair : plus rien ne distingue son oeuvre de sa vie. Pénétrer l'une, c'est s'immiscer au coeur même de l'autre.

Le voyeurisme est pourtant ardu. La démesure peut occulter la pudeur d'un homme qui se livre avec une sophistication non fardée comme dans cette Lettre d'amour à Gisella Fusani au coeur du Ridiculum vitae.

C'est en définitive par irrespect du lecteur et de lui-même que le luxuriant luxurieux Jean-Pierre Verheggen, actuellement «chargé de mission spéciale» à l'asbl "Promotion des Lettres belges de Langue française", nous livre ses Portraits de l'auteur où se rejoue ce que cet homme n'est peut-être pas.
 

Ce 28 février je me rends  à la clinique de Sainte-Ode, voir mon beau-père Louis Nassogne, qui est en mauvais état.

Ma belle-soeur Marie-Henriette Nassogne vient le WE. Elle lit "La Femme essentielle" de Philippe Solié et nous amène deux poupées "Vaudou", achetées par Marcel Reynders lors de son voyage dans les cajuns de la Louisiane

Je vais commencer sérieusement à voyager dans mon nouveau secteur, vissé au volant de ma voiture. Chaque lundi je reçois une volée de dossiers d'inspection à réaliser.

En mars je commence par la région arlonnaise. Voici les contreforts du quartier et de l'Eglise Saint-Donnat . Mon resto crétois El Greco et en fin de journée le Coconut, tenu par Murielle Huberty et son mari Jean-Marie Luntumbwe, Zaïrois et musicien, ceci avant de reprendre la route de Moircy, situé à une cinquantaine de Kms d'Arlon. Bien souvent des journées de treize heures, départ à 7h du mat, retour à 20h00.

16 mars. Aujourd'hui les élections en France et cette terrible crainte que la gauche ne soit virée après 5 ans de pouvoir. La peur du retour de ces vieilles et grandes gueules de la droite, ces éternelles et envahissantes bêtes gueules à cravattes aussi pincées que leurs lèvres

St Donat Arlon-copie-1J'ai envie de créer un club de pré-suicidés cioraniques. On ne vit vraiment que lorsque l'on accepte d'être en bordure de la mort

Depuis fin janvier 1986, je  commence à remonter vers le Nord dans ce qu'on appelle "Les Ardennes liégeoises". Région de Hamoir sur Ourthe, avec la maison de ma tante Berthe Duesberg-Pirenne, souvenir d'enfance et d'adolescence "Je suis à Hamoir le long de l'Ourthe, près du château Rancelot, sur la route de Lassus, là ou je péchais à longueur de journée quand j'étais adolescent et je viens de revoir les deux propriétés (Pirenne et Hanquet) dans les quelles j'ai passé plusieurs séjours, le dernier en 1956, avec mon ami Alex Jacquemin (devenu professeur d'Economie à l'Université catholique de Louvain). Dans cette villa nous avons parlé des "Jeunes Filles " de Montherlant, dont la lecture était interdite dans le collège de Jésuites dont nous sortionsHamoir Tante Berthe0004Ensuite je remonte sur la région de Verviers, via Theux, sur la place où vécut le peintre et écrivain Marcel MARIEN. Voici un article où Marien parle de l'héritage de MAGRITTEMarcel Marien067THEUX img032La colline des SIx-Cents FranchimontoisTheux-Les 600 Franchimontois

REMOUCHAMPS et l'Amblève, la cascade de Coo, La Reid,Remouchamps img022-copie-1STAVELOT, la ville d'Appolinaire    Stavelot img021-copie-2

SPA, ville d'Eaux et de Victor Hugo, voici son hôtel (ci-dessous) "La CHAMBOTTE"SPA Victor Hugo img026-copie-1Le Pouhon de Pierre Le Grand (Les Sources des Eaux de Spa)SPA Le Pouhon img027-copie-1La Promenade des Sept heuresSPA Promenade des 7 heures img024

La promenade des Artistes (nous sommes au bord des Fagnes)SPA Promenade des Artistes img025-copie-1

Et enfin VERVIERS, le berceau de ma famille maternelle, ville des LAINIERS (Les DUESBERG et les HOUGET, notamment))images

D'abord la Vesdre (l'arrière de la rue Spintay, vue du Pont des Récollets) Une villa en ruines à Stembert sur le haut de Verviers, ayant probablement appartenu à un riche patron lainier du début de siècle, Verviers étant devenue la Capitale mondiane de la Laine Stember255Verviers Du Pont des Récollets img028-copie-1

La rue Spintay sur une carte postale ancienneVerviers Spintay058

L'Harmonie (Société musicale de Verviers).L'Harmonie

Le Parc de l'HARMONIE.verviers1

Verviers L'Harmonie051La Gare de Verviersverviers Gare Centrale

La Place du Général Jacques où habitent André et Odette BLAVIER (vers le dessus à gauche)verviers Place du général Jacques img031-copie-1La même place vue du haut, donc de l'Eglise Ste Julienne. 

Un plan de Verviers , brossé dans mon journal

L'Hôtel de Ville de Verviers, face à la Bibliothèque de Verviers, où se trouve André BLAVIER, qui gère là-bas, le Fonds QUENEAU, son ami pataphysicienVerviers Hôtel de Ville img033Voici la Bibliohèque communale de Verviers

et son conservateur André BLAVIER, membre du collège de Phataphysique, celui de Vian et de Queneau et auteur, notamment des "FOUS LITTERAIRES", Fondateur de la revue "TEMPS MÊLES", dont il va me donner une série de  numéros que j'ai conservés soigneusement. Ajoutez à cela, héritier de tous les documents Queneau, qu'il mettra à la disposition des chercheurs et du public dans sa bibliothèque communale de VerviersTemps mêlés004BLAVIER AndreFLveyrierplan verviersA la mi-mars je ne suis pas allé à mes 30 ans de rhétorique au Collège Saint-Servais à Liège. Je m'y étais rendu en 1976, pour les 20 ans. Enorme erreur. Jamais plus.... Mais j'ai envoyé une lettre pour m'excuser (donc pas encore tout à fait libéré), donner de mes nouvelles, communiquer mes coordonnées. Aucune réaction. Ce qui prouve à suffisance l'inanité et la fausseté de ces réunions de vieux troupiers, d'anciens collègues boy-scouts, en culottes courtes. On bat le rappel tous les dix ans, mais comme on n'a plus rien à se dire-on n'a peut-être jamais rien eu à se dire d'ailleurs, on organise pour tuer le temps, une visite guidée des anciennes Mines de Blegny-Trembleur. Ensuite, Messe au Colège à Liège, mais non-obligatoire. Manquerait plus que cela !!!. Ensuite apéro feutré, du vin de messe coupé d'eau bénite et dîner dans un brouhaha indescriptible, une salle remplie de tables et de jubilaires de tous crus, avec des soutanes, des sermons et aussi plein de scouts, de "routiers-maîtres", traduisez de boy-scouts attardés, la cinquantaine, toujours en culottes courtes ( Il faut choisir, la culotte courte ou la jupe de la soutane) avec leurs jambes poilues et plissées dépassant péniblement, de leurs culottes bleu- libéral ou kaki-caca et leurs noms d'animaux, leurs" totems", Eléphant, Jumbo, Grizzly, Hamster, Spirou, Baloo, Isard, Fouine, Blaireau...tu parles d'une ménagerie...

Après cette première tournée dans mon secteur, fin mars, je me paie un petit séjour à Bruxelles avec ma compagne Céline. D'abord rue de Florence, chez notre amie hongroise Maya et son nouvel ami Serge Janssens, attaché au Service commercial du Crédit Lyonnais.. Nous traverserons" Le mont des Arts" et le magasin d'instruments de musique Old England (voir plus bas)...

Puis nous émigrerons vers le quartier Ste Catherine, où nous visitons la maison de la Bellone (1883-Art Nouveau).La Maison de la Bellone Nous nous retrouverons au grand café d'artistes de Bruxelles, au Falstaff (Brasserie), près de la Bourse, où nous buvons une bière à la framboise.Falstaff5-image2Falstaff à Bruxelles

L'Eglise Ste Catherine

Bruxelles Ste CatherineBruxelles Plan259

Le Mont des Arts et le magasin d'Instruments de Musique ex- Old EnglandOld EnglandBruxelles Mt des Arts257Puis la Gand'Place et la Maison de Victor Hugo (1851 en partant pour l'exil)Bruxelles Grand Place260au 26-27 de la Grand-Place "Le Pigeon". La maison du milieu sur la photo ci-dessous.Il y a une plaque commémorative Maison de Victor Hugo en exil à Bruxelles

Nous irons à la Libraire "La Proue" où je veux acheter "Les Fous littéraires" d'André Blavier mais les trois derniers exemplaires viennent d'être volés.. Discussion avec un certain Pochet, un client de mon âge (48 ans) qui me demande si j'ai des numeros de "Temps Mêlés" (la revue d'André Blavier) à revendre. André m'en a donné une série mais pas question que je m'en défasse. Pochet a participé à deux colloques Queneau (à Cerisy, je suppose).

 

Et le WE de fin mars qui est le we de Pâques, nous sommes à Redu avec notre ami Jean Bernard, le village européen du livre, situé à une trentaine de Kms de chez moi. Chaque maison est une librairie ou un café-resto. Il y a des nuits du livre. J'achète un livre de René Crevel "Mon Corps et moi-La mort difficile"  (Editions Rencontres-Lausanne) et un Une vie de Rimbaud d'André D'Hôtel. Rencontre de Mireille Gerard, peintre et de son ami Michel Olivier (le neveu d'Omer Marchal) qui tient une librairie très à droite, "L'Ile  lettrée". Gros malaise

 

Je retournerai seul à Redu le lendemain et rencontrerai un guitariste de 24 ans qui s'appelle Hughes DRAYE. Après quoi je veux reprendre ma voiture dans un terrain boueux et je patine a donf. Je serai dépanné par un tracteur. Je suis bel et bien en train de m'ENLISER et c'est un avertissement. Je ne vais pas bien du tout et je me suis pété la gueule à Redu. Ca ne marche plus avec mon épouse et je suis hyper harcelé par ma banque au point d'avoir envie d'en finir.

 

Ce 1er avril, à Apostrophes on parle du "Parfum" de Patrick SUSKIND.

 

Sur Télé 2 un autre reportage sur un peintre, écrivain, cinéaste belge Pierre MICHEL, mort accidentellement en 1981, à 32 ans. Un petit bonhomme, bourré de créativité, proche d'Alechinsky et de Cobra, entre autres, et qui se révèle incapable de répondre un mot lors de l'émission Arts-Hebdo de 1979 (RTB Christian BUSSY), dans laquelle je passerai un an plus tard, interrogé par le même Christian Bussy. Et il meurt à 32 ans, totalement méconnu alors que nos cimaises nationales et internationales sont bourrées de nullités tapageuses. Il a fallu qu'il meurt et qu'il ait sans doute 2 ou 3 amis fidèles pour que ce film superbe jaillisse, avec sa peinture, son écriture, sa musique et ses films! Une production abondante et remarquable d'originalité et de vibrationsPierre MICHEL Bio 86001-copie-2Nous sommes le 9 avril et je repars vers le Nord. J'en suis à ma 89e inspection depuis le 3 février avec des trajets harrassants en voiture et une obligation de surgir à l'improviste dans les agences, prévenir relève de la faute grave, et donc de tomber à de mauvais moments et de devoir revenir le lendemain ou les jours suivants. Découvrir les fraudes dans certaines agences et aussi les dépanner en cas de hold-ups, commis la veille. C'est l'enfer...

 

Je suis à nouveau dans la région de Verviers et je découvre un petit resto sympa "Le CANOTIER", rue des Raines. Au fond, l'Eglise Saint-Remacle. Le Canotier est un cabaret. Ils ont reçu les PLATTERS la semaine dernière, avec deux membres-fondateurs. C'est l'ancien Hôtel des Flandres au nos 65 et 67 de la rue des Raines. Je parle à un habitié un certain monsieur Froidthier car en fait je cherche la maison de l'historien Henri Pirenne et le patron ne sait pas, et ce client non plus. Pourtant il me parle de ma famille. Un certain Leon Duesberg, de son château de Soiron, d'un fils suicidé.

Verviers-Le-Canotier-Rue-des-Raines-copie-2.jpg
A 11h45 je me tire chez André Blavier et on revient avec Odette prendre l'apéro au Canotier. Monsieur Froidthier, toujours là (il habite rue du Centre et nous offre un verre). André me propose d'aller à la recherche de la maison d'Henri Pirenne, l'Historien. ll ne sait plus très bien laquelle mais il se souvient qu'il y avait un perron devant la porte d'entrée. Nous y sommes c'est le n °17 de la rue des Raines, au coin de la rue des Suisses ( La maison Vivroux). André s'est occupé du frère d'Henri, le peintre Maurice Pirenne, qui avait épousé la soeur de mon grand'père Jules Duesberg, ma tante Maria. Henri, lui est un historien célèbre mais dans sa rue on ne sait plus où est sa maison???Généa Duesberg003

André m'apprend que dans cette rue des Raines, il y avait des étangs, remplis de Rainettes. Finalement on mange là-bas. Un certain Williquet s'amène, il tient une galerie à côté du resto. André regarde mon journal et semble s'y intéresser beaucoup. J'en suis à cette époque à la page 1790 et  c'est mon 5e tome. André Blavier est mon premier lecteur

Je pars pour faire deux inspections-retomber dans ce stupide monde de la finance, sans transition, dans des villages avoisinants et serai rentré à la maison à 20 heuresVerviers. Maison d'Henri Pirenne-Rue des Raines img034Plan Verviers

Je demande à André d'où provient ce nom des Dardanelles attribué à un quartier de Verviers (voir le haut du plan ci-dessus), le long de la Vesdre. Il me dit que Victor Hugo qui est aussi venu à Verviers, s'était posé la même question. Mais pas de réponse. Verviers a été en relation avec l'Orient dans son commerce lainier. Alors Bosphore, Dardanelles et Vesdre (la rivière qui arrise Verviers)???

Je réalise qu'en un mois je suis tombé 3 fois sur Victor Hugo, à Spa, à Bruxelles et à Verviers

Nous sommes le 11 avril et à Moircy, il neige sans arrêt. C'est le week-end et je vais acheter des planches pour construire mon 1er barrage sur le ruisseau. Je plante aussi des tas d'arbustes

Le samedi 12 avril, nous partons pour Luxembourg où habite notre fille Valérie, récemment mise en ménage avec Stephane Poncin de Saint-Hubert. Ils travaillent tous deux dans cette ville, située à 60 Kms de chez nous. Luxembourg Avril 2006

Dès le 15 je vais repartir en inspection, encore plus au Nord à la frontière allemande, Welkenraedt, Montzen, La Calamine, Gemmenich. Gemmenich point extrême, faisant frontière avec l'Allemagne et les Pays-Bas, est à 135 kms de chez moi. Il me faut 1h45 pour y arriver, cela veut dire 3h30 de trajet aller -retour, plus les trajets dans le secteur. C'est une région sinistre et plate, située à 1/2 heure d'Aix-la-Chapelle. Voici MontzenMontzen-copie-1Gemmenich et son parc des trois frontières. Là j'aime bien. On descend à gauche on est en Allemagne, à droite on est en Hollande à VaalsGemmenich Les 3 FrontièresVoici Vaals aux Pays-BasVAALS-copie-1Et de temps en temps je vais pousser mon nez à Aachen-Aix-la-ChapelleAACHENAachen2Aachen3

Cette nuit du 20 au 21 avril, mort de notre chat siamois Colombo. Il était né le 13 avril 1973. Toujours cette rhinite dont il était resté atteint et qui avait, il y a 2 ans, entraîné la mort de son frère Congolais, de sa mère Mistinguett et de son demi-frère Figaro, la panthère noire. Seule Chélidoine, siamoise et Jojo le tigre en ont réchappé. Et une nouvelle venue Lola, la chatte des bois. Ici de gauche à droite, Chélidoine, Congolais et Colombo, frères et soeur d'une même portée, celle de leur mère Mistinguett

Trois-Siamois.jpgColombo, depuis des mois nous assistions à ta lutte contre la mort, appelant le vétérinaire, te donnant à manger, bouchée après bouchée, depuis plus d'un an. Nous avions failli te faire piquer, il y a un mois, mais tu avais repris vie. J'ai toujours dit qu'un morceau de moi mourrait, le jour où tu disparaîtrais. Ce fut le cas déjà avec Figaro. Mes  animaux sont des morceaux de ma chair.

Colombo, tu étais le chat parlant, oui tu parlais et tu répondais. Tu avais une terrible grosse bouille, mon Siamois tout blanc, tu étais celui pour lequel nous avions le plus de tendresse..et c'était atroce de te voir souffrir ainsi.

On t'a retrouvé tout raide dans la caisse où je t'avais couché cette nuit à minuit car tu titubais en cherchant un coin où te retirer-ton cerveau était atteint. Ce matin tu avais gardé cette position dans laquelle je t'avais couché, avant d'aller me coucher mais malgré tout, quand Céline t'a découvert ce matin...je n'y croyais pas...étant parvenu à refouler dans mon sommeil, cette angoisse de ta mort toute proche;.

Tu nous avais accompagné pendant treize ans. On t'aimait bien, tu sais !!!

 

Ce mercredi 23 avril me voici à nouveau dans le Nord, à Dolhain-Limbourg entre Verviers et EupenDolhain-LimbourgEnsuite ce sera EUPEN les 24 et 25 avril 1986, curieuse  petite ville, une mini-Aix-la-Chapelle. Inspection notamment dans un gros bureau d'assurances, chez Diether Thielen, bien connu sur la place, qui m'invitera à manger chez lui et me racontera la mort de son jeune fils noyé dans son étang.EUpen1EUPEN La ville hauteEupen PlanEUPEN005

Voici ce qui va devenir mon restaurant à chaque séjour dans la région, à savoir pendant 3 ans. Chez VISE-MEESSEN à la Haarstrasse. En fait Eupen est la capitale de la région allemande de Belgique.

Ensuite retour dans la région de Verviers et et le 30 avril, je serai en congé pour 10 jours. J'ai fait plus de 3.500 Kms en avril et 112 inspections en mars-avril.

Nous accueillons mon ami Marcel Reynders, retour de je ne sais plus quel pays d'Asie(Mongolie???) dont il a ramené un masque étrange. Le voici et moi en

 

Marcel Reynders

dessous

Masque ReyndersIl nous a rapporté deux Poupées Vaudou et des aiguilles pour pratiquer l'Envoûtement, ce que je n'ai jamais fait. Voici le prospectusPoupées Vaudou130

 

Pour me reposer j'entreprends la construction en béton armé de deux barrages au grand étang, un à l'entrée et un à la sortie. Voici un des éléments du barrage d'entrée. Les barreaux sont imposés par Les Eaux et Forêts, je n'ai pas le droit de capter le poisson du ruisseau-écart de 1 cm entre chaque barreauGrille d'Entrée de l'Etang

Sur ma lancée je vais renforcer les 6 barrages du ruisseau. reconstruction complète avec des "U" en fonte enfoncés dans le fond du ruisseau, à la masse, à chaque barrage et introduction des poutrelles en bois dans ces tenants en fonte
 

 Le 7 mai, je ramasse des tritons en forêt dans des ornières de tracteurs et les introduis dans les étangs. Les voici dans des bassins. Il y en a 61 et le lendemain j'en ramènerai encore 25Tritons-copie-1

Et en route vers l'étang. Superbes petite bêtes au ventre orangeTritons2-copie-1Il fait toujours aussi dégeulasse, nous n'avons pas encore vu le printemps. J'ai aussi agrandi le 2e étang et planté des Saules, y compris un Saule PleureurLa Mare ce 10 mai-2Voici l'étang n°2 à la fin de mon congéLa Mare ce 10 mai-1La mare ce 10 mai-3 (2)L'arrière de notre maison vue de l'étang 2

Et le 13 mai je repars pour les régions allemandes, la région de St Vith, ce qu'on appelle les Cantons de l'Est qui comme l'Alsace avaient été repris par l'Allemagne d'où leur nom de "Pays rédimés". Voici les villages que je vais me taper: Büllingen, Hepscheid-Heppenbach, Weismes, Amel, Elsenborn, Sourbrodt, Rocherath...et bien entendu Sankt-VithCartes Rédimés n°2Saint-Vith, capitale des "Rédimés"Saint Vith-copie-1Et redécouverte du barrage de Robertville. Les pions du collège Saint-Servais ont cherché mon corps au pied de ce barrage lors d'une excursion de fin d'année où j'avais fugué avec 2 copains. C'était en 1949Robertville006.jpg

Les 21-22 et 23 mai je suis en inspection dans la région du Sud de Saint-Vith, morne plaine. La voici. J'y accède par Gouvy et BehoCarte Rédimés008

 

Le 21 mai je suis avec ma chienne Craquotte dans un bois entre Saint-Vith et Manderfeld, à 2 pas de la frontière allemande, à savoir de la "Schnee-Eifel". Il est 12h45 et j'ai terminé une inspection ce matin à St Vith. J'ai mon pic-nique. Le soleil pointe enfin. A peine installés dans un chemin de traverse, nous voyons apparaître un garde-chasse à la Schleu. mais il se montre très aimable et me dit "Nicht den Hund zu weit laufen lassen.." ce qui me paraît évident. Und ich antwort "Ya ya , einverstanden. Krakooot, hast du gehört ?. Komst du hier, bei mir !!!"

C'est en fin d'après-midi que je passe chez les Schouteden à Wisembach, amis des Blavier. Deux peintres, Mathieu Schouteden et Simone HUBY, qui, comme moi, travaille beaucoup sur les déchets. Première prise de  contact. Ils vivent dans un chalet. Mathieu a été professeur-frère à Saint-Luc à Liège (Beaux-Arts). Voici une vue prise de leur chalet et en-dessous le vieux viaduc, juste avant d'accéder à leur chaletWiesembach Simone Huby-copie-1

Décès de mon Beau-Père

Je suis à mille lieues de me douter que mon beau-père est en train de mourir.

Le lendemain je suis à nouveau en "allemagne" à Hinderhausen Crombach et à Oudler-Thommen et le soir tard je me rends à la mortuaire située à On (Jemelle). Je lui avais rendu visite à mon beai-père, à Ste Ode le 28 février et lui avais amené de la bière de Vieuxtemps qu'il adorait. Et là je le vois enveloppé dans un drapeau belge, que les Résistants étaient venus lui mettre en cachette car il n'en voulait pas (il aurait trop souffert du statut de ses parents résistants???). Il ne voulait pas non plus être enterré à On parmi ses camarades résistants. Et donc le 24, nous irons tous à Robermont (Liège) le voir passer au four, puis on répandra ses cendres dans ce grand parc, celui où j'avais enterré mon grand-père Jules Duesberg en 1946.

Louis Nassogne, je l'aimais bien mon beau-père et lui aussi. Il travaillait à la meteo dans les champs d'aviation belges. On parlait de politique ( Il était PS), de Bob Claessen, de François Perrin, mon ancien professeur de Droit,  de Rocard et surtout d'Albert Camus qu'il aimait beaucoup. Louis Nassogne et son épouse Charlotte Collignon avait un fils aîné de mon âge et deux filles, Céline mon épouse et Marie-Henriette, qui, elle, avait épousé le peintre de Lierneux Jean-Pierre Rensonnet (alias Ransonnet)

 

Début Juin. J'en ai marre de ces inspections-travail stupide, emmerdant...et de ces routes qui n'en finissent pas.

Ici en allemagne belge on ne dit pas "wiedersehen" mais TSCHÜSS"

La seule chose positive est que je suis forcé de repratiquer l'allemand

Reprise de  contact avec Jean-Pierre Ransonnet

Tenir le coup jusqu'aux vacances

Je ne parviens plus à peindre, je suis complètement pompé par mon boulot

Ma seule compagne, ma chienne Craquotte, nullement les soi-disant "humains" qui m'entourent...

Halte au bord des lacs artificiels. Le Barrage d'Eupen. Seule l'eau m'apaiseEupen Le Barrage-1Eupen-Le Barrage-9 juinAussi dans la région de Vielsalm. Mon secteur est immense. Je mange au resto "Les Myrtilles"Vielsalm Les Myrtilles

 

Retour des Martinets ce 10 juin....

Réunion des Cadres Ippa  au Château de GENVAL(Brabant wallon) ce 18 juin .L'horreur...Cauchemard. Tous les cadres assis l'un contre l'autre à écouter les bla-blas de 6 cons successifs avec un exposé final d'un français Christian Loviton, nous parlant de notre avenir...éléctronique. Je me suis enfui à 20h45, avant le diner et suis allé rechercher ma voiture, garée heureusement à 2 kms de là, sinon on ne m'aurait pas laissé partir

 

Mort de COLUCHE en moto ce 19 juin, près de Grasse. CHOC !!!!Mort de Coluche-copie-1

Le 23 juin je pêche 6 truites dans mon ruisseau dont deux de 25 et 35 cms. Je continue de renforcer les barrages

En coupe du monde la Belgique bat l'Espagne et se qualifie pour les demi-finales où elle rencontrera l'Argentine

Valérie, ma fille est toujours en Grèce

Les rats musqués ont détruit le Massettes. Je ne me résouds pas à les faire piéger

Fin juin, je restaure la grande muraille du grand étang en remettant de la couleur à l'huile avec le pouceEtang juin 86009Et voici le décor, les deux étangs à la mi-86. Ils font chacun 200m2, creusés à la bêche, à la pioche et à la main....Preuve de ma résistance et les arbres grandissent peu à peu. Tout en bas en fond d'écran c'est un de mes quatre  AulnesEtang juin 86-2010

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 06:46
Ma Bio 197 - 1985 - 2e Semestre-Zélande-Normandie
Ma Bio 197 - 1985 - 2e Semestre-Zélande-Normandie

 

Il fait soleil depuis le 1er Juillet et je suis en congé. Nous restons chez nous cette fois-ci, bien qu'invités chez nos amis Agnès et Henti Michon à Graveson (Avignon). Excellent contact avec Jean Bernard, le fils du Directeur de l'Institut de Libramont, Gustave Bernard. Il a pourtant 20 ans de moins que moi. Nous sommes allés ensemble à Redu, village du Livre  à environ 35 Kms d'ici. Au resto Le Fournil. Nous étions les seuls clients et nous avons pris le Menu "Victor Hugo". Délicieuse cuvée du patron, un "Peyriac" 1981.

Je travaille beaucoup au jardin. Les plantes aquatiques qui commencent à s'imposer: renoncules d'eau, lentilles d'eau, Potamot nageant..Les Massettes grandissent mais on ne voit pas encore leurs joncs pointer à l'horizon.Cela ne va pas tarder. Les Joncs épars sont de plus en plus envahissants mais les larves de libellules aiment s'y accrocher pour y effectuer leur métamorphose. Les Nympheas laissent monter leurs feuilles à la surface de l'eau. Les chevelures de Neptune(grenouillette) ondoient et les min-fougères-" Elodées du Canada", ramenées de l'étang de Rabais, se développent un peu partout. Au bord du 2e étang, les Angéliques ont repoussé. Les libellules sont pour la plupart des aechnées bleues ou rouges(femelles et mâles) de la famille des Odonates, petites et fines. Et puis il y a tous ces arbrisseaux qui poussent et j'ai aussi introduit ma première Berce du CaucasePlantations aquatiques

A l'Ouest du grand étang, j'ai commencé à creuser un marais pour les oiseaux de passage.Il a déjà 17 mètres de long. Ici aussi des cailloux sans arrêt comme au fond du grand étang. Je dois être en train de déterrer une ancienne chaussée romaine.Voici le Marais photographié dans les deux sens:

 

Marais 2

Marais

A Arlon je fréquente le Coconut, rue de Diekirch tenu par une amie de ma fille Murielle Huberty et son compagnon et futur époux Jean-Marie, un Zairois, musicien, ceci en fin de journée après mes inspections dans le Sud de la Province. Je continue aussi à fouiller les carrières et leurs fossiles de coquillages à Freylange et à Fouches.

 

A Fouches le sable jaune d'Arlon devient orange et la carrière est remplie d'eau, un endroit que je surnomme Le Lac vertCarrières ArlonFouches Le Lac vertA Arlon je vais souvent déjeûner au Greco, rue de Diekirch. Une famille de Crétois. Je leur ai obtenu un prêt pour installer leur restaurant alors que les autres banques refusaient de les financer. J'ai souvent en tant que prêteur d'argent, défendu des causes perdues en peaufinant les dossiers de gens que je considérais comme valables.. Le patron est un jeune crétois, Angelos, mais ses parents travaillent en cuisine. La famille m'est reconnaissante et je suis toujours très bien accueilli et même invité en Crête. On va bientôt inaugurer l'établissement.Voici l'ambiance du GRECO, on y danse le SIRTAKI. Angelos est à droite sur la photoLe Greco

A Arlon encore j'achète à la Librairie Point-Virgule, Maurice PONS, Jean-Marc ROBERTS "Les Bêtes curieuses", Patrick GRAINVILLE "L'Ombre de la Bête", Jack THIEULOY "Les Os de ma Bien-aimée", Evguénie Sokolov de GAINSBOURG et le Tome II du "Journal" de GOMBROWICZ

Ma chienne Craquotte me suit dans toutes mes tournées. Nous pic-niquons au bord des étangs, tels que celui de Rabais où Craquotte adore se baigner, ou alors en forêt du côté de "La Croix Rouge"dans la région d' EtalleCraquotte à RabaisCraquotte en tournée 001Voici Craquotte à la maison avec ma dernière chatte Praline, ramassée précisément dans cette même région stabuloise, non loin de Bellefontaine et de Virton. Il s'entendent "comme chien et chat" à savoir très bienCraquotte et PralineAvec ma femme Céline nous allons assez souvent au Retro à Poix Saint-Hubert, le long d'une voie de chemin de fer, un Hôtel-Resto retro, plein de charmeRETROC'est dans ce café, un 21 juillet, que j'apprendrai que mon frère Etienne (né en 1946) vient de faire une tentative de suicide et qu'il est en réanimation à la Clinique de Libramont. J'y serai le lendemain à 9h30. On m'apprend que mon frère qui loue une maison à Naomé à une quarantaine de kms de chez moi, s'est jeté par la fenêtre. On a besoin de son carnet de mutuelle. on me donne une clé qui pourrait être celle de sa maison que je connais...dans la région de Paul Verlaine (Paliseul). J'y cours même si je n'ai quasi pas de contacts avec ce frère et celà depuis toujours. Bref me voici parti vers cette maison dans laquelle je parviens à entrer. J'y trouve, outre le carnet, une volée de crucifix et de bondieuseries en tous genres (mon frère voulait être moine et a postulé dans plus d'une vingtaine d'abbayes en Belgique et en France mais n'a jamais été autorisé à rester dans ces communautés religieuses. Ma mère voulait un fils curé et comme elle avait échoué avec moi...)

 

De retour à Moircy, coup de fil de mes parents qui rentrent de voyage. Avec eux non plus je n'ai plus aucun contact depuis des années. Mon père veut venir à la Clinique de Libramont...en train...mon père chirurgien n'a jamais voulu avoir de voiture. C'est donc Céline qui ira le chercher. Au téléphone ma mère a déjà déclaré qu'elle voulait confier mon frère à un atelier protégé au "Petit Bourgogne" à Cointe. J'ai rugi, calmement-pas d'éclat mais une menace contrôlée- pour que mon père ne se laisse pas embarquer dans ce nouveau cirque de ma mère. Etienne vit encore chez mes parents, à 39 ans et est complètement sous la coupe de ma mère qui le martyrise et le culpabilise sans arrêt.

 

Quant à moi je travaille et aussi m'aère loin de tout cela. Fréquente une librairie à Florenville "Lis tes Ratures", tenue par une certaine Rita Vaulet. Une deuxième librairie, à l'autre coin de rue vient dêtre ouverte par Michèle LAVEAUX. Je la connais bien Michèle, j'ai exposé dans son resto à Arlon, "Le Cerf Volant" en 1980 et la retrouve, et lui achète "L'exstase matéielle" de LE CLEZIO. Voici à gauche la librairie de Rita Vaulet et à droite celle de Michèle LaveauxLibrairies FlorenvilleGrosse bagarre au téléphone avec ma mère qui veut à tout prix faire revenir mon frère à Liège pour reprendre le contrôle. Moi je veux le garder à la maison et essayer de le remettre sur pied, de le tirer des griffes de cette femme. Et je la plaque au mur, elle s'écrase...provisoirement. Je vais en effet héberger mon frère chez moi pendant quelques jours. Il est complètement ailleurs, figé, parlant très difficilement et lentement. Nous passons des soirées pénibles.

 

Je reçois alors une lettre de mon père me disant qu'il va porter plainte contre moi pour " rapt". Ras le bol, qu'ils aillent tous se faire foutre et je laisserai partir mon frère.Néanmoins je l'ai mis en contact avec un psychiatre de la région, le docteur Jadoul de Villance et le contact semble s'être établi entre eux. Ce sera ma rupture définitive et totale avec ma famille.

 

Mon frère qui n'a en fait aucune envie de rentrer dans le giron, repassera à Naomé, son refuge de campagne, et fera une deuxième tentative de suicide le 29 juillet. il est à nouveau à la clinique de Libramont. Je téléphone aux Urgences, on ne veut rien me dire. Je téléphone au psy, il n'est pas au courant. Je ne préviens pas mes parents. Les évènements me donnent raison sur toute la ligne... Mon frère sera finalement transféré à l'Hôpital de Bavière à Liège;

 

Je termine "L'Ombre de la Bête" de Patrick GRAINVILLE. Livre remarquable. Un livre qui me concerne profondément. Un livre d'eau et d'Animalité, écrit dans un style superbe et bourré de sauvagerie avec en exergue une phrase de Julia KRISTEVA tirée de 'Les Pouvoirs de l'Horreur" :

"L'Abject nous confronte d'une part, à ces états fragiles où l'homme erre dans les territoires de l'animal. Ainsi par l'abjection, les sociétés primitives ont balisé une zône précise de leur culture pour la détacher du monde menaçant de l'animal ou de l'animalité. Imaginés comme des représentants du meurtre et du sexe.

Abject nous confronte d'autre part, et cette fois dans notre archéologie personnelle, à nos tentatives les plus anciennes de nous démarquer de l'entité maternelle"

 

Hier à la Télé un reportage confrontation entre Serge GAINSBOURG et JANE BIRKIN. Moments forts...mais il y a ce côté reac chez Gainsbourg qui me déplait, ce côté France, grande Nation- à se faire coller une légion d'Honneur et à chialer dessus. Et puis trop de sentimentalité du côté de sa mère, dont il porte une bague, cet Oedipe qu'il reproduit avec sa fille Charlotte. Ca m'emmerde beaucoup ce cordon ombilical qu'il n'est pas parvenu à couper.

 

Il y a aussi  sa réaction à une critique à propos de son Film "EQUATEUR" . Le mec a dit "Gainsbourg c'est un auteur-compositeur-musicien, ce n'est pas un metteur en scène. Serge râle d'être enfermé dans le ghetto du musicien. Il réussit comme musicien donc il ne peut pas être autre chose. De la même manière, il en remet trop sur son côté écrivain alors que son unique livre "EVGUENIE SOKOLOV" c'est bien mais sans plus-ce n'est pas extraordinaire ni spécialement nouveau. Et lui d'insister "ça a été traduit en anglais, c'est NRF, ça va être traduit en allemand. Vous comprenez si j'ai été publié chez NRF c'est que je suis un tout grand écrivain. Entre Gide et Genêt ". Assez ridicule. Perte de lucidité; On dirait que tout ce qu'il produit dans n'importe quel domaine artistique est forcément génial. Grand musicien, grand cinéaste, grand écrivain...et grand baiseur "J'en ai eu des Gonzesses". Et puis grand peintre méconnu. Son obsession, son ratage, son art majeur, son mépris pour la chanson qui est un art mineur :" J'étais un grand dessinateur, je pouvais croquer en quelques minutes la chute d'un ouvrier tombant d'un toit". Mais tu déconnes Lulu, c'est pas ça le génie en peinture. Rien à voir. Il veut revenir à la peinture. Je n'y crois pas. S'il avait eu la taille pour l'affronter, il ne l'aurait pas quittée.( la taille "crayon" bien entendu)

 

Il y a un gouffre énorme entre Vian que Gainsbourg a connu, qui est un créateur en écriture et Gainsbourg qui ne l'est pas, si ce n'est au niveau de l'écriture de ses chansons. On ne peut pas tout faire Serge. A vouloir être un dieu, on se casse la gueule. Moi j'ai toujours affirmé que je n'étais créatif que dans le domaine visuel. Je n'ai jamais prétendu l'être en écriture ni en musique. Pourtant je n'arrête pas de baver de la plume, du clavier et de la corde. Je sais que ce n'est pas ça mon vrai truc. C'est juste pour m'amuser. Mon vrai truc ce sont ces matières que j'ai envie de fignoler, de détruire , de reconstruire, à mains nues, c'est là que je me mets réellement en jeu, dans le monde visuel et c'est là que j'ai envie d'oeuvrer, d'inventer, de me créer un style propre, même si j'écris et si je compose parfois en musique, au piano. Mon vrai truc n'a pas de nom; ce n'est ni de la peinture, ni de la sculpture, ou alors les deux à la fois. Il n'y a pas de mot dans le vocabulaire actuel permettant de me définir au niveau plastique. Je sais seulement que mon travail est avant tout primitif, sauvage, qu'il précède le "VERBE". La Bible nous dit que le Verbe s'est fait chair. Pour moi c'est la Chair qui s'est faite verbe et je crois que si nous étions un peu plus "chair" et un peu moins "verbe", le monde se porterait mieux. D'ailleurs ne dit-on pas "La Chaire de Vérité". J'avoue néanmoins que j'adore jouer avec le verbe, avec les mots.

 

Michel Thevoz, conservateur de la Collection de l'Art Brut à Lausanne, m'écrit à nouveau pour me dire qiue tous les marginaux veulent exposer chez lui. C'est une lettre du 1er août 1985. Il est en train de se défiler. Ca m'amuse beaucoup. Je vais lui envoyer la lettre de Dubuffet qui a inauguré notre correspondance. Thevoz et son conseil d'administration n'auront qu'à gfaire un choix entre tous ces marginaux.

 

Pour la 1ère fois je vois à la télévision, Michel PETRUCCIANI, le pianiste nain. Sa croissance s'est arrêtée à l'âge de 4 ans. Révélé à 18 ans lors du festival de Jazz de Paris, il est aujourd'hui un des pianistes de jazz français les plus demandés. Aux Etats-Unis ses inerprétations avec de grands musiciens comme Charles Lloyd ou Lee Konitz, sont devenues célèbres auprès de tous les amateurs de Jazz.Petrucciani08

Je me sens bien en pleine nature avec ma chienne Craquotte. C'est un dialogue de silence. Je fuis la parole de plus en plus. Ca me fait penser à Bruno Bettelheim hier soir, à propos des autistes (Portrait de BRUNO BETTELHEIM: Un autre regard sur la Folie). D'origine autrichienne, Bruno Bettelheim est né à Vienne en 1903. C'est là qu'il fait ses études et acquiert sa formation de psychanalyste. Les recherches qu'il entreprend sur les psychoses infantiles et l'autisme sont brutalement interrompues par la guerre. Envoyé à Dachau, Bettelheim qui est juif, connait l'horreur des camps et n'échappe à la mort qu'en fuyant vers les Etats-Unis et en y devenant responsable de l' Ecole orthogénique de Chicago. Dans les camps de concentration, Bettelheim a pu observer le psychisme des déporttés réagissant à cet environnement effrayant par toute la gamme des réactions psychologiques. A Chicago dès son arrivée, il engagea des travaux de recherche sur l'autisme et les maladies psychotiques infantiles. C'est dans cette école que Daniel Karlin est allé planter sa camera et ses micros pour se mettre à l'écoute des petits malades)

Emission Apostrophes avec Vladimir JANKELEVITCH ce 23 aoûtJankelevitch

 

Et pendant ce temps, ma petite chatte Praline grandit. Belle petite panthère noire...PralineAttaques répétées des rats musqués qui trouent mes berges et dévorent les racines des nymphéas et autre plantes aquatiques qui flottent couchées sur le flanc. Je suis hors de moi et devrai me résoudre à faire piéger ces bêtes que j'aime par le piégeur de la région wallonne. Ca ne me plaît pas du tout mais que faire d'autre, sinon renoncer aux étangs qui sont à la base de l'achat de ce territoire et de mon travail artistique entièrement motivé par la présence de ce monde aquatique.

Deux pierres ramassées dans un chantier, celui de l'ancienne Poste d'Arlon, et que je suis en train de retravailler, deux pièces lourdesPierres route d'Arlon

 

J'en ai marre d'être agressé par les gens, de me laisser polluer par les projections de leurs insatisfactions, de leurs ratages personnels.La plupart des hommes de quarante et des ans, lorsqu'ils s'aperçoivent qui'ils ne feront jamais rien de personnel-donc qu'ils ne feront pas d'oeuvre au sens large du terme, passent le reste de leur vie à faire chier leur entourage pour se donner l'impression d'exister malgré tout surtout que le temps passe, que le temps est irréversible, que les rides apparaissent, que leurs poils blanchissent, que leurs bedons enflent et que leurs bilans sont plutôt catastrophiques. Une épouse qui n'inspire plus grand'chose, des enfants qui leur ont dit merde, une profession totalement instable et menacée par la crise.

 

Et à côté de ces vieux cons qui ont mon âge, il y a les jeunes cons, qui ne proposent rien de mieux, qui dorment debout, totalement anesthésiés, sans tripes, yeux révulsés de cabillauds crevés, échoués à flancs de rades, à flanc Dorades

 

J'achète un autre livre sur Henry Miller, celui de Norman Mailer "Vie et Débauche dans l'Oeuvre d'Henry Miller". Je suis d'ailleurs en train de lire un autre livre sur Miller "Toujours vif et joyeux: la vie d'Henri Miller" de Jay Martin

 

En cette fin août 85  j'en arrive à une négation totale de mon passé familial. J n'ai pas de famille, moins encore qu'avant, ni père, ni mère, ni frère, ni soeur. Ils me sont tous étrangers;

 

Reçois une carte de Jean Bernard, ce jeune ingénieur de 25 ans avec qui je me suis lié d'amitié. Il est dans la Vallée des Merveilles, dans l'arrière-pays niçois, avec son amie Véronique et suite à nos conversations du début d'année, ils se sont envoyé outre cette vallée, la Collection de l'Art Brut à Lausanne et une exposition Dubuffet à la Galerie Maeght à Saint-Paul de Vence. Cele me fait plaisir que des amis, somme toute assez récents, et en dehors du milieu de l'art, se soient façonnés un tel itinéraireVallée des MerveillesVoici mon whisky préféré, enfin disons quotidien, un verre avant le repas de midi en écrivant ce journal. Du Bourbon, ce whisky américain que j'ai découvert dans l'avion de New-York en 1971. Un verre suffit amplement à me mettre en verve épistolaire. A cette heure de la journée, avec mon repas qui mijote, j'ai déjà un énorme travail derrière moi, puisque je me lève à 6 heures en hiver et à 5h00 en été "Le Monde appartient.....".pas de miracle...J'ai horreur des lève-tard...)

 

Mon Whisky

Ce vendredi 13 septembre, jour du vernissage de mon exposition a l'Atelier 340 à Bruxelles, mais j'ai une réunion à Liège à ma banque Ippa où on nous annonce de nouvelles restructurations, sans en dire plus. Ca promet du plaisir.

Après la réunion, j'achète à la Librairie Pax un numero de L'ARC sur MUSIL ainsi que "l'Homme atlantique" de DURAS. Nous venons en fait de décider avec Céline, de nous rendre en Normandie. Ce sera la première fois que je verrai l'Atlantique, ayant toujours été aspiré par la Méditerranée, moi l'homme du Nord.

Ensuite je vais chercher mon ami Jean-Pierre Devresse à la Médiathèque où il travaille car nous partons ensemble avec Céline et Marine Closset, sa compagne, au vernissage du 340 à Bruxelles. Là, je tombe sur Daniel Seret un ami peintre de longue date (1976). Lui aussi a une exposition mais à Liège. J'entrevois aussi Jean Vanesse l'ancien chanteur du groupe Flop House de Libramont, groupe présent chez nous, lors de notre pendaison de crémaillère en 1979. Nous regagnons la rue Bassenge, domicile de Jean-Pierre et Marine et là nous attendent pour l'expédition bruxelloise, Dominique Marx, un ami sculpteur de ma région (Bertrix) et sa soeur Sonia, également artiste. Ils ont du mérite car ils ont reçu les invitations 48 heures à l'avance, seulement.

 

Nous y sommes à Bruxelles à la nuit tombante. Foule, la toute grosse.Des tas de participants. Choc,  mon aquarium est exposé dans une cour et il a plu dedans toute la nuit et  l'eau est trouble. Mon Champitronc est introuvable. Je croise Wodek Majewski qui me dit que cette pièce est dans son appartement, qu'il n'a pas eu assez de place pour l'exposer mais que l'essentel est que les deux pièces figurent dans le catalogue. Pauvre con. Cela fait dejà trois faux-pas depuis le début de l'expo dont voici quelques images Tout d'abord l'invitation et un extrait de la couverture du Catalogue. Animal-Végétal

animal-végétal2Catalogue 340En bonne compagnie... de Pierre Alechinsky et de Marcel Broodthaers.

Ensuite mon aquarium forestier et mon Champitronc que personne ne verraChampitronc 340-1

Et puis peu à peu dans la foule des amies et amis, Eric Muller et Edith de Kindt, André Moyaerts, avocat à Bruxelles, ex du Mouvement Planète, Françoise Klauner, Jean Bernard et Véronique, retour de la Vallée des Merveilles, etc...etc..Tout cela se termine au Café Le Falstaff, près de la Bourse de Bruxelles. Retour à 5h00 du matin dans le brouillard. C'est moi qui conduis...Inconscient..

le 19 septembre un bond à Luxembourg-Ville, coupée en deux par son énorme ravin verdoyant, au fond duquel coule Le Bocq. J'y rencontre Martine Schneider, patronne de la Galerie BeaumontLuxembourg 19 Sep 85

Le lendemain réunion de ma Banque à Bruxelles au petit Sablon. En fin d'après-midi, je repasse au 340 à Jette. Grande discussion avec Wodek Majewski, le "Président-Concierge". Rencontre les Mommaerts, des amis de Wodek. Et puis vers 19h00, arrive mon ami turc Savac Manco qui vient me chercher pour diner en ville. Wodek nous offre une bouteille de Rosé de Jette. Il fait déjà noir lorqsqu'avec Savac nous descendons vers la Gare Centrale et la Petite rue des Bouchers. Un monde fou aux terrasses des cafés. Chaleur. Ambiance lourde de "L'Etoile Mystérieuse" (Tintin). Nous sortons peu après minuit. Je suis complètement pèté, ne tetrouve pas ma voiture. Elle est au pied de la petite chapelle en totale contravention sur un talus. Je dois me rendre du côté du Cimetière d'Ixelles, rue César Franck, loger chez des amies de ma fille, rentrées à la campagne pour le WE, les filles Robaye de Libramont. J'ai un plan mais je ne vois rien. J'y arrive pourtant, me trompe d'étage, essaie d'ouvrir des tas de portes avec ma clé. Ouf enfin, j'y suis. Pourquoi je loge à Bruxelles???Parce que ma banque organise le lendemain, une grande croisière sur l'Escaut et qu'il est plus que conseillé d'y être, étant donné les restructurations en gestation.

Ce samedi 21 septembre je me réveille à 6h00. J'ai dormi 3 heures et ai la tête qui tourne et une gueule pas possible. Je cherche en vain du café dans l'apart. Y a pas. Je bois du thé. Je roule sur l'autoroute, direction Anvers. A 10 Kms de la ville, je m'arrête dans un parking et suis rejoint par un de mes agents de Paliseul, Monsieur Labbé. il ne connait pas Anvers. Son épouse l'accompagne. OK je les pilote jusqu'au Steen (Port d"Anvers) à travers cette ville que je connais par coeur. Voici l'embarcadère. Il fait superbe. Et là c'est l'horreur. Ils sont tous en costard-cravatte et les membres de la direction super-nippés nous accueillent sur le Pont. Demi-tour vers le parking, j'ouvre mon coffre, ma valise, empoigne ma chemise de la veille dans un état proche de l'Ohio, ma cravate, mon veston, enlève ma veste  verte américaine, mon pull mais n'ose pas changer de pantalon car tous les gens d'Ippa arrivent, mes agents du Luxembourg  compris, et se garent autour de ma voiture et marchent dans leur beau costume en direction du Flandria 20, notre bâteau. Me voici en haut de la passerelle accueili par un certain Poncin, grotesque personnage, une gravure de mode, le maître de Cérémonie. Je suis en veston clair, chemise bleue-heureusement qu'elle n'était pas blanche, cravatte rouge, pantalon en velours vert- eh oui ça ne va pas du tout ensemble et grand sac vert Ippa. Ouf il me laisse passer après m'avoir jaugé de la tête aux pieds. Difficile de me renvoyer, j'ai traversé toute la Belgique  du Sud au Nord, pour venir.
 

Nous appareillons vers 9h30, après de multiples péripéties. En fait il ya deux bâteaux qui se suivent. Nous sommes environ 300 cadres, des cadres que je ne puis encadrer. C'est probablement pour cela que je n'ai jamais mis de cadres à mes peintures.

Nous longeons la ZELANDE  et nous dirigeons  vers une de ses îles, Zierigzee. La traversée est longueCarte Zierigzee

Zelande 1 Fin Sep

Voici donc le  Zierigzee, petite ville en carton-pâte, sur une île. Nous sommes en Zélande. Et cette dame qui passe en vélo, qui nous écoute, qui est française mais vit là-bas depuis 20 ans; Michèle BALAGNASTRA, Hofferstraat 4 - 4103  Zierigzee;

L'impression de me trouver en Scandinavie. C'est la fête sur l'ïle et une fanfare "Nouvelle Orléans" qui me rappelle celle de l'Oxford Street à Londres en 1956 et puis on a mangé et pas mal bu sur le pont (encore). On va bientôt reprendre le car et vers 17h00, embarquement. Mais sur le ponton, je laisse tomber un carton à bière, celui sur lequel les amis de Wodek m'ont écrit leur noms et adresse. Alerte!!! carton à bière à la mer. Je redescends du bâteau, me retrouve sur une plage de groses pierres, en mets quelques unes dans mon sac et attend que la marée ramène ce carton-cela dure bien 20 mihutes, sous les quolibets de mes collègues qui sont sur le pont, aussi ivres que moi.En fait tout le monde m'attend et il y a une ambiance de mutinerie à bord. D'ailleurs les chefs ont disparu. Et si on enlevait le bâteau???. Et c'est là que je découvre des huîtres de Zelande (forcément), superbes, et des algues, et des pierres vertes. Comme j'ai en bandoulière mon grand sac vert Ippa, j'engouffre tout dedans. Enfin voici mon carton ramené par la marée haute. Je puis enfin m' embarquer, avec mon sac très lourd et une poignées d'algues vertes sur la tête. Bref je n'arrête pas de faire mon cirque. Sur le pont je vais de table en table et montre mes coquillages. Personne d'autre n'en a ramené. Ils ont pourtant tous sillonné cette rive qui jouxtait notre bateau

Arrivée en Zelande

Et c'est le retour à la nuit tombante, la remise des prix, l'ouverture du Bal, ben oui il y a des dames, les gens saouls au bar, le pont d'en dessous à la nuit tombante, les lumières du port, ce type dont j'ignore tout et qui m'invite à venir prendre un verre, un de ceux qui se trouvaient dans mon groupe pendant la visite guidée sur l'île et qui a , me dit-il beaucoup apprécié mon humour au second degré. Il doit rester des traces de cette visite guidée car plusieurs fois mon collègue Jean-Claude Parmentier m'a filmé pendant que je faisais le singe.
Ah cette arrivée de nuit dans le port d'Anvers avec ces nuées de lumières scintillantes. Il est 22h15. Je renonce à prolonger la fête-les rues sont pleines de monde. Alors je fonce  et en moins de deux heures je serai de retour à Moircy, havre de paix, ivre de paix.

 

Le 25 septembre mon ami José Lambinet Directeur du Centre de lecture publique à Libramont, ce centre où j'ai fait ma première exposition en 1976, vient avec sa fille infirmière (Dominique Lambinet) qui veut m'acheter une de mes peintures accrochées dans la bibliothèque de son père. Elle vit en Suisse et soigne Georges Simenon lors de ses cures. Marché conclu pour la peinture. Elle vient d'épouser le Docteur Tychon, un otho-rhino de Libramont que je connais un peu.

Et le jeudi 26 septembre en route pour la NORMANDIE. Arrêt pour le déjeûner à ROUEN, quelle belle ville avec en plus l'animation typique d'une ville universitaire

 

Rouen 2

Voici l'itinéraire que nous allons suivre avec une première nuit à HONFLEUR, à la ferme de la Grande Cour sur les hauteurs(à Genneville très exactement=. En 3 jours nous allons nous enfiler Rouen, Honfleur, Fécamp, Cabourg, Houlgate, Deauville,Trouville et EtretatItinéraire NormandieHonfleur-Le PortHonfleur la ville des peintres et celle d'Erik Satie aussi. Nous y passerons une deuxième nuit. Nous adorons le port.

Et puis la Lieutenance sur ledit Port .Et puis la Plage au soleil couchantHonfleur La LieutenanceHonfleur La Plage

 et ses coquillages que je ramasse comme de bien entendu, ainsi que des cailloux étranges et bien sûr comme toujours je ne puis m'empêcher de plonger dans cette mer irrésistible. Cette plage s'appelle " La Grève surveillée du Butin" !!! ??? Et hier soir en allant m'y promener avec Craquotte, j'ai aperçu deux panneaux interdisant toute baignade à marée basse. J'ignore pourquoi. A cause de la surveillance du butin sans doute...Coquillages d'HonfleurSans oublier la maison d'Erik Satie. Alphonse Allais aussi est de Honfleur, lui qui a fait graver sur sa tombe "Ci-gît Allais, sans Retour"Honfleur Erik SatieLe deuxième jour nous passons l'après-midi à CABOURG sur une plage superbe et ensuite sur une autre plage où les villas dévalent sur le sable, HOULGATE. Et après avoir ramassé des kilos de coquillages, je me suis à nouveau plongé dans cette mer irrésistible, caressante à souhait-presque pas de vagues et des mouettes à gogo sur le sable, à marée basse. Et Craquotte collée à Céline, que j'emmène de force vers 16 heures en direction de la mer.La voici les pattes dans l'eau, les vaguelettes lui pourléchant le ventre...et puis tout d'un coup, Miss Craquotte fonce dans la Manche, droit vers l'Angleterre, (comme mon père en 1940) sans peur aucune. Elle nage et je la suis-merveilleux moment. Craquotte dans l'Atlantique. LA CHIENNE ATLANTIQUE, chienne d'eau de mer.. Les plages sont mortes, la saison est finie-tout ce que j'aime. les hötels sont fermés. Alors on achète du saucisson, du jambon, deux baguettes et une bouteille de Cahors à 30 FF, la grande vie quoi ! Et on a dégusté tout cela sur la plage devant le Casino et les hôtels fermés. Et pas trace de marguerite Duras.

La veille nous avons parcouru Deauville, Trouville, Villerville, mais avec une plage et une mer plus belle et sans avoir dans la gueule cet horrible Port du Havre.

Houlgate-CabourgCe matin sur la plage de Honfleur (sur la route de Trouville) j'ai encore ramassé un énorme sac de pierres calcareuses de toutes tailles (En 2011 elles sont toujours chez moi à Moircy dans le jardin, comme toutes les pierres et coquillages ramassés durant ma longue vie). J'écris mon journal dans ce Port de Honfleur parmi les "Gens de Honfleur", qui se souvient de ce chanteur Québecquois, qui s'appelait STEPHANE GOLDMAN, début des années soixante, apparu en même temps que Brel et Brassens, dont il ne reste aucune trace et qui chantait "La Marie-Josèphe" et "Les Gens de Honfleur" (et Les Comédiens, Ma guitare et moi etc...) Je le chante et joue régulièrement mais plus personne ne se souvient de lui. Il a disparu brutalement, voix superbe à la Felix Leclerc..Rien sur Internet. Sur les terrasses de Honfleur je fais rien que de boire du Calvados. Un pays ça se mange et ça se boit aussi...DSC00117

Donc à notre droite sur le port, la LIEUTENANCE, ancienne demeure du gouverneur. Nous sommes en pleine civilisation VIKING et c'est loin de me déplaire. Et bien sûr c'est rempli d'anglais. On se croirait au lendemain de la Bataille de HASTINGSIl faut aussi parler des crevettes d Honfleur avec ces vieux pêcheurs en rade dans leurs petits cargots bleu et rouge et vert et blanc-délavés- et leurs nasses arrimées et leurs tamis où ils secouent les crevettes tressautantes-très très sautantes, rejetant les trop mini-shrimps à la mer, à la grande joie des goëlands. On aperçoit alors en surface les crevettes rescapées, les miraculées de la pêche miraculeuse, des crevettes ou des sardines peut-être, enfin toutes ces sardines crevant sur une mer d'huile-bref toutes ces sardines à l'huile en train de crever-rescapées de l'eau bouillante et-remuant faiblement à la surface de l'huile-enfin de la mer-trop anesthésiées pour plonger vers les bas-fonds, et se faisant cueillir, au lieu de se faire bouillir-par des mouettes zélées, tout aussi rapaces que les hommes qui venaient de les rejeter à la mer pour cause de non-rentabilité gastronomiquehonfleur-01

Trouville est étonnant, de par ses vieilles villas à colombages en bord de plage, des maisons à "La Psychose de Hitchcock". A Trouville je n'ai rencontré ni Duras, ni Louis Pauwels ni Jacques Sternberg, l'écrivain belge qui "barre à Honfleur"

Face à moi de l'autre côté du "bassin" de Honfleur, je vois "Restaurant Carlin, Galerie de La lieutenance, Crêperie du Vieux Bassin, Crédit Agricole. Aussi l'Hôtel du Cheval Blanc qui coûte très cher. D'ailleurs tout coûte très cher ici. Il y a aussi "Le Café de Paris". Nous sommes à la terrasse de "La Voile au Vent", au coin de la rue Saint-Antoine et au bout du Quai Saint-Etienne"honfleur-06

Deauville je n'ai pas aimé du tout. Ca pue le fric mais j'ai aimé le Marché aux Poissons...qui pue... le poisson.

Sommes allés à Fécamp jour de marché. Décevant. Poussières, entrepôts. Sans âme. Industrie de la pêche. La mer mais mise en conserves. Un chantier. On s'est vite tirés après être passé devant le Musée de la Bénédictine.

Et nous sommes partis pour ETRETAT. Bonne première impression en arrivant sur la petite place avec sa vieille Halle et sa "Maison du Calvados". Et nous voici sur la digue, les terrasses face aux fameuses falaises.Mais la marée est haute. Il fait soleil brumeux et la bise est nettement plus froide qu'à Honfleur.Par contre la mer est translucide, vert émeraude et la plage toute en galets ronds, dont Céline et moi remplissons un plein panier d'osie. On boit du Kirr sur la digue. On sent que la saison est finie. Avec les CHANOINES" (crevettes rosées), je m'enfile quelques crustacés (juste assez). D'ailleurs je n'ai fait que cela pendant 3 jours. Dur la mini-plage de galets, à marée haute, il y a des mouettes géantes, peut-être des Goélands, très familières et plus que gloutonnes.
 

C'est vrai que LES FALAISES D'ETRETAT sont typées même si on les a vues mille fois au cinema ou à la télévison. Mais l'amnbiance est assez sinistre et nous repiquons sur Honfleur par le Pont de Transcarville, transperçant la Seine que nous devinons très large à travers les brumes épaisses.Etretat

Nous croisons des vaches normandes aux énormes taches auburn (auburn-noires) et c'est Honfleur à nouveau. On y retrouve la chaleur autour du "bassin". on est samedi et c'est la foule du Saturday's Night Feve. Impossible de se garer. Temps splendide. Gerbes de robes blanches. Et de nous retrouver à notre terrasse habituelle, la seule exposée au soleil. Nous buvons de la Kanterbraü à "LA VOILE AU VENT". La foule est de plus en plus dense.honfleur-20

Derrière nous une petite place intérieure très belle, la Place Arthur Boudin et des tas de petites rues, style coupe-jarrets comme le disait le patron du "Petit Mareyeur"

A Honfleur du temps des Vikings, on coupait les jarrets des voyageurs débarquant de la mer pour les délester de leur or.honfleur-30honfleur-39Après une dernière nuit passée à ABLON, une très mauvaise nuit, ce dimanche 29 septembre, on s'est levés à 5 heures et en un quart d'heure on s'est retrouvés dans la voiture, dans une nuit pleine de brouillard et à tâtons on a cherché l'Autoroute Paris-Caen et miracle on l'a trouvé. A 8h45, nous sommes arrivés à Paris, décidés à contourner ce monstre de beautés par les périphériques Sud afin de reprendre l'autoroute Metz-Nancy, sans devoir traverser la ville. Complètement loupé car j'aperçois soudain la Tour Effel, puis l'ORTF et tant pis je continue vers le Pont Neuf par la rive droite, tant qu'à faire, puisque Christo l'a emballé et j'arrive Quai de la Mégisserie...je descends de la voiture, temps splendide, pépiements des volières et....C'est le coup de foudre immédiat..Je suis EMBALLE moi aussi par CHRISTO. Ce pont bâché d'ocre jaune me fascine et je prends des photos. Céline dort dans la voiture. On est dimanche matin. Je prends deux photos et remonte dans la voiture. Cet arrêt de 5 minutes en plein Paris me marque plus que tout le  reste du voyageChristo à ParisEt nous sommes de retour à Moircy à 12h45.

De la Normandie, mon souvenir marquant reste HONFLEUR.

Je constate une fois de plus cette façon que j'ai de m'immerger dans les contrées que je visite; Si je vais en Normandue je sais qu'il y a la mer, donc je n'arrête pas de plonger dedans. Il y a aussi les vergers et  les pommes du Calvados, donc je bois du Calva, nouvelle immersion. Il y a des poissons, des coquillages, des crustacés donc je bouffe du poisson et des crustacés et je ramène cailoux et coquillages sur mon territoire en  Belgique. Car ce n'est vraiment pas la peine d'aller en Normandie, si on n'aime pas les crustacés, ni le Calvados, ni l'eau salée des vagues sur le corps, des vagues à corps (on dit bien des" vagues à l'âme"). Donc j'ai tout pris à bras le corps, j'ai tout sucé jusqu'à la "substantifique moëlle" (N'oublions pas Rabelais au passage).

 

Ce jeudi 3 octobre, j'apprends que Simone SIGNORET est morte il y a 3 jours, à 7h00 du matin, à Auteuil, en l'absence de MONTAND qui était en tournage. Une très grand dame disparaît. L'inhumation a eu lieu mardi soir, au Père Lachaise, cimetière que je dois absolument visiter d'ici peu (ce ne sera fait qu'en 1989).

 

A Liège nous visitons une exposition qui a lieu dans les sous-sols de  la Place Saint-Lambert, à savoir l'ancienne gare des autobus. Son nom "INVESTIGATIONS". Une série de créations d'avant-garde intégrées au décor.

En voici un exemple. L'instigateur de cette exposition est Laurent JACOBSInvestigations

 

Notre Notaire Eric Wagmans se présente aux élections communales à Saint-Hubert. Il sera élu

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Après celui de Simone Signoret, ce sont les décès successifs de ROCK HUDSON, YUL BRYNNER et ORSON WELLES, mort à 70 ans et qui ne faisait plus de films depuis 10 ans.

Aux élections je vôte Ecolo. Jadis je vôtais PS...

 

J'apprends mes nouvelles fonctions à la Banque IPPA. Je deviens AUDIT des agences bancaites sur un  secteur qui a triplé en superficie; 150 Kms quand de Moircy je remonte vers le Nord, jusqu'à la frontière allemande et à celle des Pays-Bas. On m'attribue donc les cantons rédimés, cette région germanophone de Belgique (Eupen et Sankt-Vith), parce que je me débrouille en allemand et une soixantaine de Kms lorsque je redescends vers la Gaume et la Lorraine. Pour la première fois je suis défait de toute mission commerciale. Mon rôle est d'arriver par surprise chez des agents qui sont tous indépendants (style courtiers d'assurances) et de tout contrôler. S'ils sont absents, je n'ai plus qu'à revenir une autre fois mais sans jamais donner rendez-vous. Et je vais tenir le coup dans ce boulot infernal, avec des 200 Kms par jour de route, encore pendant 4 ans, puisque je serai liquidée en octobre 1989. Le voici ce secteur:Mon Nouveau secteur Audit

 

Heureusement que BEDOS vient à Libramont le 3 NovembreBedos à Libramont

Et voici donc Guy au Foyer Culturel de Libramont. Bedos mon préféré. Une salle de 400 plages, remplie aux deux-tiers, lui qui fait salle comble partout. Pauvre Libramont. Heureusement qu'il y a "Les Femmes socialistes prévoyantes" de Saint-Hubert qui l'ont invité, un exploit car Bedos ça coûte tout de même 19.000 euros à l'époque. Alors avec 300 places à  16 euros, moins les invités, voyez le bide financier. Il n'en revenait pas Bedos de cette salle vide. Il a dit que ça lui était arrivé une fois en Afrique. Il a "cru" qu'il était dans une salle vide, mais quand le peuple noir s'est mis à rire, il a été tout de suite rassuré.

 

Pendant tout le spectacle, il a charrié un mec au 1er rang parce que celui-ci au moment où Bedos disait "Un jour je suis allé à Amsterdam...". Et le gars a dit "LE PORT" et Bedos est parti là-dessus, sur le côté nostalgique de Brel et que Brel était mort ...et même mort chez les noirs. Et tout le temps il revenait avec "Dans le Port" en appuyant sue "Le Port".

 

Pendant la grosse moitié de son spectacle, il a improvisé et joué avec nous, les belges. il s'est foutu de notre gueule, de "La Libre Belgique"(Journal catho évidemment), de notre extrême-droite "une tradition en Belgique avec Degrelle, Nols et consorts...et même Leopold III...".

 

Dès son arrivée sur scène, il a fait semblant que le roi et la reine étaient en coulisses-assis derrière un rideau de scène-pour ne pas être vus du public lors d'un spectacle comme le sien. Régulièrement il allait leur parler"Oui, Majestés, ça va être fini, on va aller souper-oh pour moi un waterzooi ça ira". Il a dit à Beaudhuin qu'il n'était pas responsable de ce qu'avait fait son papa (Leopold III) pendant la guerre, qu'il était trop petit à l'époque.

 

Il a aussi joué avec un fil de la moquette qui dépassait au milieu de la scène"Il faut que je m'occupe de tout, ici", en essayant de l'arracher.

 

Et puis nos sketches favoris et aussi une histoire belge pour clôturer "le type qui rentre chez lui avec une grosse merde dans sa main et qui, la montrant à sa femme, lui dit "Chérie regarde dans quoi j'ai failli marcher".

 

Après Bedos, vers 23h00 je me tape à la Télévision un reportage sur REISER, un autre pote. Ce film est signé Michèle Jouauaud-Castro, c'est-à-dite Michèle Reiser, la veuve du célèbtre dessinateur français. Elle a voullu reconstituer la carrière de Reiser,créateur de multiples personnages qui ont marqué la bande desssinée française, comme "Mon Papa", "Les Copines, "Gros dégueulasse". Reiser raconte, rit, explose dit son amour de l'art et de la vie. Itinéraire brillant qui se termine sur cet adieu pudique:"J'aime pas la maladie, j'aime pas la mort" confie doucement Reiser.

 

Le 7 novembre, raid sur Bruxelles pour aller voir l'exposition de notre ami ATTILA, sculpteur liégeois qui vit à Clermont-sur-Herault. Il expose à Fine Art, Galerie Le Bailli, avenue Louise, sous l'égide d'un certain Francis Puig. Nous y allons avec Jean-Pierre Devresse, ami peintre liégeois, ex-Libramontois. Belle expo d'Attila (alias Alain Mercenier)Expo Attila Bxlmais avant la galerie nous sommes allés voir une expo GOYA au Musée royal des Beaux-Arts (Europalia Espagne à Bruxelles). Goya, toujours avec ses femmes violées et égorgées par des brigands, avec ses fusillés, avec ses prisonniers blafards. Visions d'Enfer. Et aussi un côté sadique accusé, donc aussi maso.

Après cela TAPIES au Musée dArt Moderne, de grans panneaux récents (1984)TAPIESTAPIES 2 Et puis CHILLIDA que je n'aime pas. Et enfin LOPEZ-GARCIA, que je ne connaissais pas du tout et qui n'est pas n'importe qui. Curieux bonhomme. Le maître du réalisme en Espagne, dit-on.

Ensuite nous visitons une expo de groupe (ALEA) à l'Atelier Saint-Anne, rue des Tanneurs dans laquelle figure un autre de mas amis peintres de Grand-Halleux, Bernard GENGOUX, dont je reparlerai bientôt. Voici une de ses oeuvres. Un primitif lui aussi, qui ne tardera pas à se jeter dans la Meuse, à Wandre, près de LiègeBernard GengouxEt  nous terminons par une nouvelle visite à notre ami Majewski au 340, à Jette340 Bistro 2340 Bistro 3Hier en regardant Goya et son immense travail, je me suis dit: " tu dois, tu devrais encore beaucoup travailler, consacrer tout ton temps à développer tes moyens d'expression, aller beaucoup plus loin, tu n'en es nulle part. Il faut travailler, épurer, affiner, éliminer, et la vie te serre à la gorge et t'enlève toute ton énergie, qui n'est en fait bonne qu'à cela, à la création et tu n'en as rien à foutre d'investir ton CRI dans la Banque, to cri c'est dans ton art qu'il doit éclater. Alors que faire???Je suis complètement à côté de mes pompes. Cela en devient même "funèbre". Je le dis, je le crie. Personne ne peut rien pour moi. Je risque d'en crever très vite"

 

En cette fin novembre, abominable abattage à LA REID, près de Spa, de 3 LOUPS échappés d'un Zoo à travers une clôture défaillante. Toute la région sur les dents-des dents de Loup. Une localité que je traverse régulièrement lors de mes tournées. C'est la Curée, les frustrés-vampires. Quelle aubaine!!. Trente hommes armés contre trois loups désarmés. Pauvres connards...d'hommes. On ne pouvait pas les endormir les Loups avec un fusil-seringue??? Bande de crapules

.Les Loups à La Reid-copie-1

L'un des fuyards a été abattu vers 14h45 par un policier de Theux, le deuxième, une heure plus tard, par un particulier

Un nouveau stage à Bruxelles ces 9-10 et 11 décembre. Je loge chez Jean Bernard et Véronique, près de la Gare du Midi, rue du Maréchal Joffre, à Forest.Image (2)-copie-2

Resto grec le 1er soir, je mange une Mousaka et avec Jean nous vidons une bouteille de Résine. Veronique la psychiatre (Elle travaille à Erasme) va voir une projection sur Bruno Bettelhiem. Jean et moi allons prendre un verre à l'Atelier "Café Concert", 77 Rue Elise (parallèle au Bvd. Général Jacques). Soirée de fou-rires, surtout en gonflant mon matelas pneumatique..Image-copie-4

 

Le lendemain j'achète "LA ROUTE DES FLANDRES" de CLAUDE SIMON à la LIbrairie Pauly, rue de Namur, à deux pas du Petit Sablon où je suis en stage.

Le soir nouvelle soirée délirante avec Véronique et Jean. On fait des courses au Delhaize du coin, pour faire la nouba près de "L'altitude 100". Un Minervois, un Côte du Rhone 1985 et un autre rouge 1983. Nous ramenons de quoi préparer un plat avec des boulettes, un plat gratiné au four à gaz dont j'ai oublié le nom. Suite de gags en chute libre, dans une cuisine des anges trop petite pour pouvoir envelopper, les trois démons que nous sommes: une psychiatre, un ingénieur "Vianesque" et un banquier. Quel assortiment..

 

A midi le lendemain alors que je déjeûne au Casse-Croûte, rue Pépin (Porte de Namur), j'entends une voix de fausset à la table derrière moi. C'est le cinéaste belge André  DELVAUX qui mange avec deux élèves et parle sans arrêt. Comme je mange à une table collective avec mes collègues, je leur signale que c'est André Delvaux, le plus grand cinéaste belge à cette époque, celui de "Belle", de "Benvenuta, de "Un soir un train"..."Qui ça??? Connaissent pas???" Effarant ce milieu d'analphabètes dans lequel je vis depuis 20 ans.

 

Et ce dernier soir à Bruxelles, ce 12 décembre, je repasse au 340, rechercher mon aquarium. Ouf...

 

Le 15 décembre je repars en stage à Wilrijk-Anvers. Une journée d'informatique et je fonce vers Gand où ma tante Ginette m'attend (la soeur de mon père). Elle habite au Kouter. On va manger avec ma cousine Regine et mon Oncle Lucien. J'apprends que mon frère a fait une troisième tentative de suicide Il serait à l'Hopital de Bavière à Liège, pour plusieurs mois. Je loge à Gand et repars pour Anvers le lendemain, pour revenir à Gand, visiter un peu ce qui est tout de même ma ville natale, et dîner avec ma tantePlan de GandGand-StBavon-copie-1Voilà, je suis né dans ce quartier (Dans la Langenieuwestratt) où vous apercevez l'Eglise Saint-Nicolas à l'avant-plan, le Beffroi à gauche, et en arrière-plan, la Cathédrale Saint-Bavon dans laquelle j"ai été baptisé en novembre 1937. la soeur de mon père Ginette Van Cauwenberghe et son mari Lucien Brunin habitaient à la Ingelandgat (à gauche, au-dessus du plan. J'y ai passé de nombreux séjours.

 

Je termine l'année 1985 avec" La Route des Flandres" de Claude SIMON, Prix N.Image-copie-5.jpg

NOBEL 1985

Moi qui n'ai pas arrêté cette année de prendre la route de Flandres. J'apprends que Claude Simon est très proche de Jean Dubuffet:

"Si Claude Simon a souvent souligné la proximité de sa vision et de son sentiment artistique et de son travaill d'écriture avec les préoccupations et la production de Jean Dubuffet, celui-ci le lui rendant bien, puisqu'il présente en ces termes, ses peintures récentes: "le titre donné à celles-ci est ambivalent car, outre la possibilité qu'elles offrent de constituer des LIEUX DE MEMOIRE, elles sont aussi une figuration des multiples remémorations de lieux et de scènes qui, dans le même instant, se bousculent dans notre souvenir. Chacune de ces peintures, réunit en effet, dans un même tableau, des évocations qui se situent en des endroits différents comme il en advient dans notre pensée en tout moment et en quelque situation où l'on se trouve, voit en même temps, de nombreuses choses et non pas seulement celles qui sont devant les yeux mais aussi de celles qui sont derrière ou dans l'entour. Voir de celles qui y étaient l'instant d'avant"

 

Et ce texte correspond en effet exactement au style, à la forme, au revêtement de la route des Flandres

 

Le 31 décembre, ma fille et son compagnon Stephane Poncin m'offrent "Les CINQ Sens" de Michel SERRES

 

Je suis à la page 1590-début du 5e tome de mon journal...

 

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:49
Carte de la région des Verlaine, Evrard, Grandjean

Carte de la région des Verlaine, Evrard, Grandjean

 

Extraits de mon journal.

Ce 1er janvier, on est mardi et il neige comme à la Noël. Il est 8 heures. Tout est calme. Le bonheur de ne pas avoir réveillonné hier soir. J'ai horreur de ces fêtes sur commande qui, en plus, n'engraissent pas que les commerçants;..

Janvier Neige1

Janvier-Neige2.jpgBedos hier soir à la télé. Il a exactement la même déchirure que moi vis à vis du monde dans lequel nous vivons. Et son rire est grinçant. Il a un sens appuyé de la connerie humaine, comme moi, mais lui ça passe mieux parce qu'il en fait un show, tandis que moi j'exprime cela n'importe où, chemin faisant. Néanmoins, comme Bedos, j'aide certaines personnes à se défouler, grâce à mes singeries...

Il neige de plus belle...

Ce 2 janvier, à nouveau, au talus avec ma voiture. Tête -à-queue entre Assenois et Hamipré. Je me retrouve à gauche de la route et tourné dans l'autre sens avec l'arrière de la voiture enfoncé dans le talus. Quatre automobilistes, ont soulevé ma voiture pour que je puisse repartir. Pas le moindre dégât matériel.

Ce samedi 5 janvier, degré moins 13, 23 cms de neige. Les deux étangs sont gelés. Je nourris les oiseaux, pinsons et mésanges..Janvier Neige-Oiseaux 

Ce matin j'ai passé plus d'une heure à casser la glace dans le ruisseau d'hiver pour qu'il coule à nouveau

Près du ruisseau, le Héron

Janvier 85 Neige Héron

Du 7 au 11 janvier, FROID...FROID...Mazout gelé. Eau gelée depuis une semaine. On est allés jusqu'à -25° durant la nuit. La neige est épaisse. Tous les jours, je casse la glace des étangs.

 

Je lis" Rimbaud" en Abyssinie d'Alain Borer. Tragique...Dans ce livre je retrouve un mot, déjà entendu dans la bouche de Rocart "Procrastination". Introuvable dans le Larousse, mais présent dans le Robert. = Tendance à remettre au lendemain).

 

Je me retrouve à Bougnimont à 23h00, petit village à 6Kms de chez moi, blotti en pleine forêt. Tout cela pour aller pomper dans une citerne, 20 litres de mazout, afin d'éviter que le chauffage ne soit bloqué cette nuit et que tout regèle (plonger le tuyau d'arrivée directement dans le jerrycane).

 

J'entends parler d'Alma Mahler à France Musique.

 

Au niveau de mon travail artistique, voici 3 nouveaux totems, trois morceaux de bois, recueillis dans le ruisseau lors des crues; Ce sont, en fait des piquets de clôture arrachés par le courant du ruisseau, donc ...mais tout de même récupérés dans l'eau, les phallus coupés et entraînés par l'eau, afin de redresser ces phallus et leur rendre leur sens vertical (de piquets de clôtures), plantés au bord de l'eau horizontale.

 

L'harmonie et l'unité, la rencontre de l'horizontal et du vertical. C'est la symbolique de la CROIX et de son centre 

Janvier 85 Atelier

Après un repas de Nouvel-An au homard, j'ai durci les fragments de carcasse et je les ai placés dans des boites à cigarillos en plastique. 

Janvier 85 carcasses Homard

Ce 18 janvier, APOSTROPHES de PIVOT

D'abord il y avait Friedrich Dürrenmatt, le dramaturge mondialement connu, né en 1921, dans le canton de Berne et décédé en 1990, d'une crise cardiaque à Neufchâtel ( je croyais qu'il était mort depuis longtemps) Sa première pièce s'intitule "les Fous de Dieu".250px-Friedrich duerrenmatt 19890427

Et puis Robbe-Grillet, un jeune-homme de 62 ans, une renommée énorme, je suis incapable de dire si elle est justifiée ou non mais je me méfie. Mais au moins a t'il eu l'audace de fourguer une baffe retentissante à Sollers, en lui disant, à propos de Barthes et de sa présence dans le livre de Philippe Joyau (Le vrai nom du bordelais Sollers) "Femmes", qu'il n'aimait pas les gens qui vendaient les cadavres de leurs amis. Sollers est resté bouche bée (phénomène exceptionnel). Mais il s'en fout probablement, cela lui fera vendre son livre encore d'avantage. (Je l'ai lu, c'est nul, insipide).

 

Sollers, après avoir été maoïste, se présente de plus en plus au niveau des medias, comme un baiseur-jouisseur de premier ordre, un vrai spécialiste. "Femmes" semble se poursuivre dans  "Le Portrait d'un Joueur", roman auto-biographique où l'on semble aussi beaucoup parler des innombrables conquêtes de Sollers (enfin c'est lui qui le dit, en tout cas). J'ai l'impression que Sollers est mort-pour autant qu'il ait jamais existé. On hésite un peu à cause de sa revue "Tel Quel". Destin inévitable de celui qui poursuit le pouvoir à travers les medias et autres instruments du bord. Faire parler de soi à tout prix, livrer une création qui ne peut, dès lors, être que superficielle et donc ephémère. Se servir d'un certain talent que l'on a-en l'occurence surtout celui de la parole- l'utiliser avec efficacité, et en profiter de son vivant, ou alors poursuivre sa recherche beaucoup plus loin-dans la solitude et renoncer à entrer en scène, tant qu'on est vivant et s'en remettre à une éventuelle notoriété posthume, dont on ne profitera pas.

 

Et Dürrenmatt complètement déconnecté au milieu de tout ce parisianisme.

 

Et dans " Le Droit de réponse" de Michel Polac le lendemain, les participants (dont Jean-Jacques Brochier, fondateur et Directeur du Magazine Littéraire, décédé depuis) semblent s'accorder sur le fait que Robbe-Grillet et Sollers sont des gens surfaits et doués, surtout, du don de faire parler d'eux (Et aujourd'hui en 2011, je puis dire que je suis complètement d'accord avec eux).

 

A la même émission, un certain Jeauffrey, jeune critique assez chiant avait amené le futur Prix Nobel, Morgan Sportès, qui en fin d'émission a présenté un livre extraordinaire, paraît-il, intitulé "Un Homme exemplaire" et écrit par un jeune parano Yves LAPLACE. Je me suis souvenu que j'avais passé la soirée ave un jeune-homme de 22 ans à l'époque, à Lausanne chez Daniel Wilhem (Ecrivain suisse) et sa compagne Geneviève Roulin (responsable de la Collection de l'Art Brut au Château de Beaulieu-Lausanne, aux côtés de Michel Thevoz). Il m'avait dit avoir déjà sorti chez Latès, "Lahore" et "Le Gard". C'était en août 1981. Le voici donc publié au Seuil. "Digne de Dostoïewsky" nous dit Sportes. (Tous ces livres je les ai lus par la suite) 

 

On a encore parlé d'Herman Melville "Le Grand Escroc" et "Pierre ou les ambiguïtés dont Leo Carax tirera un film "POLA X", de Klaus Mann, pour "Le Tournant" (Klaus est le fils de Thomas Mann et s'est suicidé après avoir écrit ce livre), Edouard Limonov pour "Le Journal d'un Raté". JackThieuloy à lire absolument, pour "Les Voltigeurs de le Lune" et "La Passion indonésienne". Né à Beaucaire en 1931, voyageur, déserteur, solitaire a déjà publié "L'inde des grands chemins", "Le geste de l'Employé", "La Loi de Dieu"

Enfin Alain Dugrand pour "Le Désemparé"

 

Je continue à travailler mes gouaches sur papier pelure Gouache étang2

A la Télévision belge, un portrait en quatre parties sur l'écrivain Romain GARY, ce 23 janvier. On a beaucoup parlé de la  recherche de la féminité qui serait la clé de son oeuvre, la recherche des valeurs de la féminité et aussi de la féminité en lui. J'ai été surpris parce qu'il m'avait déplu lors d'interviews précédents. Je l'avais trouvé réac, très "de Gaulle-décorations", vieille France etc...Ahurissant la métamorphose dans cette émission "Propos et Confidences". Cela soulève le problème des facettes multiples de certains d'entre nous

 

Randonnée à Liège ces 25 et 26 janvier 1985, pour aller voir danser ma belle-soeur dans un one-woman show. En arrivant, je commence à acheter les deux premiers numéros de "L'Autre Journal"", ensuite dans un autre librairie j'achète la revue de Sollers "L'Infini", un numéro sur Céline, Rimbaud, Bataille, Joyce, Dali (quelle brochette), retrouve un ami de 68, Jean-Pierre Collignon, qui vient de se marier avec une certaine Catherine. grandes retrouvailles, une chope, deux chopes... Je retourne ensuite à la voiture pour y "parquer" mes livres, puis je retrouve Céline (ma femme, pas l'écrivain) au Café des Chiroux, après avoir croisé Maya et son "vieux beau" italien très sympa. Ils vont voir Leo Ferré; J'entre aux Chiroux, Céline est seule à une table, sa soeur, la danseuse n'est pas encore là. Entre alors Jean-Marie Rikkers, un autre ami. Il nous dit qu'Odette, sa femme, est à Bruxelles pour voir le spectacle "Plume" de Michaux dont je viens d'acheter "Les Cahiers de l'Herne".

 

Le soir, aux Chiroux, nous allons voir le spectale monté at interprêté par ma belle-soeur Marie-Henriette Nassogne, danseuse, spectacle d'une beauté absolue, qui m'émeut jusqu'aux larmes, ce qui me fera lui écrire la lettre qui suit: "...car de nouveau des larmes sur le chemin du retour. Non pas des larmes de tristesse mais seulement d'émotion profonde que tu as suscitée en moi, en érigeant en forme, en oeuvre, ta vie de ces dernières années...et quelles dernières années...

Et sur scène, j'ai vu apparaître Marie souffrante, combattant sa souffrance et devenant Marie sereine, Marie résistante, capable en plus, non seulement d'avoir appris à vivre seule mais en plus d'en avoir fait une oeuvre parallèle-Marie créatrice, s'exposant enfin vraiment, positivement, une victoire terrible pour toi, une réponse fulgurante, un défi relevé. Marie seule, en pleine lumière et non plus dans l'ombre du créateur (Son ex-mari est peintre). Et plus encore Marie vivante, ephémère, livrant tout, dans l'espace d'un spasme fugitif, puis disparaissanr, ne laissant pas de traces, si ce n'est dans les mémoires. Marie non-propriétaire et non-fétichiste. Marie en dehors de la gloire et de la renommée. Marie seulement...purement...authentiquement crétrice ! Quelle leçon ! 

Puis aussi Marie-Belle car tu étais belle, frêle comme une jeune fille mais avec, dans le regard et dans les gestes, toute la force d'une femme parvenant à maîtriser sa souffrance..."

 

Ce dimanche 27 janvier à la télé, merveilleux reportage sur TEOTIHUACAN (Toltèque). J'ai toujours été fasciné par ce lieu et le Mexique en général, tout particulièrement par les civilisations Toltèques et Zapothèques(Oaxaca-Monte Alban), civilisations expressionnistes, proches de la mort, aux couleurs proches des miennes, le rouge et le vert.

Apogée entre 300 et 650 après JC. Temple de QUETZLACOATL (Le Serpent à Plumes)-Grande pyramide du soleil. Pyramide de la Lune-Voie des Morts

A 48 Kms de Mexico.

 Voici deux des sculptures que j'ai réalisées d'après photos, en 1975IMGA0117.JPG Huehueteotl, le Dieu du FeuIMGA0147.JPG

 

J'achète Aracoeli, le livre d'Elsa Morante (épouse de Moravia). Aracoeli, a raz du ciel...et de l'Enfer....

 

 

Mes figurines modelées dans l'argile de mes étangs, grouillent dans mon atelier, c'est une véritable invasion. L'argile est solidifié avec du liant acrylique 

 

 

Janvier 85 Neige Mes Schtroumps

Ces petits personnages primitifs sont destinés à entrer dans mon décor de briques trogloditiques, rouges et jaunes, que voici. Ce sont donc des Troglodites d'argile.Février 85 Atelier Pierres jaunes

En même temps j'ai commençé un travail sur une vieille barrière, trouvée à la déchetterie, et dont j'ai totémisé les éléments

Février 85 Atelier Bois bleus et rouges

Février 85 Atelier Bois peints 1 

Dans la région d'Arlon, à Freylange, je découvre dans une carrière, un ancien site maritime, avec des pierres à coquillages fossilisés. Une sorte de "Grand Canyon". Inutile d'ajouter que des pierres j'en ai chargées quelques unes dans le coffre de ma voiture

Février 85 Carrière de Freylange

P1070030

 

Jean-Luc Godard à la Télé à propos de la sortie de son dernier film "Je vous salue Marie" qui fait scandale. Personnage étonnant ce Godard-Intelligent-Beaucoup d'humour-drôle de gueule avec l'âge-avait dans les yeux et autour quelque chose de Gainsbourg-Veston rapé et mal rasé aussi crado que Sollers, face à lui (encore) ne l'était pas avec son éternel visage poupin, boite à poudre vénétienne et avec ses franges, ses capoules comme on dit chez nous, un rien plus fournies que celles d'Hervé Bazin

 

En février ma petite chatte PralineFévrier 85 Praline

 

Ce 15 février, nous avons soupé à Neufchâteau chez le substitut de Procureur du Roi, Raymond Buren et son épouse, invités à faire la connaissance du nouveau Procureur du Roi, un certain BOURLET (qui venait d'acheter un moulin à Nollevaux) un liégeois, avec lequel j'ai discuté toute la soirée. J'étais loin d'imaginer et  lui aussi, qu'il allait devenir la véritable Star de l'Affaire DUTROUX.

Documentaire sur l'Egypte ce 17 février: "Il semble que tout dans l'histoire de notre planète, au niveau des grands territoires, des oeuvres monumentales et extérieures, branchés à la fois sur le ciel et sur le centre de la terre, que ce soit au Mexique, en Egypte, en Amérique du Sud, en Océanie, en Asie, dans les îles du Pacifique, aie atteint son apogée entre 2000 et 1500 av.J.C. Avec un art sacré, complètement relié à la nature, à l'environnement, tout comme l'est mon travail artistique à la différence que moi, je pratique un art sacré SANS DIEUX, comme Camus écrivait et vivait une éthique sans Dieu, lui aussi. Un art d'apostat finalement, non religieux au sens d'une religion déterminée- mais néanmoins "relié", mais...A QUI ou A QUOI???

Comme les égyptiens, mes mexicains, les andains, ma peinture a un côté répétitif et  obsessionnel, "mes séries" (je peins toujours par séries), et comme eux j'utilise la pierre comme support de ma peinture

Le deuxième étang en févrierFévrier 85 Etang 1


A nouveau Morgan Sportes, à Apostrophes, confronté à Marc-Edouard Nabe "Au régal des Vermines", un écrivain de droite qui affirme "Tout individu qui n'est pas moi, est un adversaire"

 

Un spécial Vienne à la télé: Vienne une ville que j'ai souvent côtoyée...jamais pénétrée

 

Bedos au Jeu de la Vérité. Bedos est mon humoriste préféré depuis toujours.

 

Il fait soleil, les glaces dégèlent tout doucement en cette fin février, mais on ne sent pas encore vraiment les odeurs du printemps. Je viens de casser la glace, très épaisse de ce côté-ci de la mare et bien sûr je n'ai pas pu m'empêcher d'y laisser tremper mon cul. Le nombre de fois où je me suis mouillé dans mes étangs, revenant vers la maison, avec des vêtements trempés. Le nombre de semi-noyades et immersions, aspiré par la mère, aspiré en tout cas par le pré-natal, ou le pré-monde, celui qui précède le monde social. La naissance de la vie, juste à ce stade, de la vie individuelle. L'élément dans lequel tout s'est mis un jour à grouiller, sur notre terre, comme dans le ventre de notre mère, et où tout continue de grouiller à chaque printemps. Car sans l'eau, pas de vie, pas de monde, pas de moi. L'eau est donc l'élément primordial par excellence.

L'eau polluée est donc en corollaire, la fin de la vie, d'un cycle, d'une civilisation. Polluer l'eau c'est polluer la vie à son niveau "racinal". Si on ne réagit pas à ce niveau, notre monde est d'ores et déjà, agonisant

 

Découverte d'un site à BUZENOL dans ma province de Luxembourg, commune d'Etalle. une fois de plus je tombe sur cet endroit avec un ruisseau, un étang et des maisons en ruines, d'anciennes forges sans doute. J'y picniquerai à plusieurs reprises entre deux tournées d'inspections dans cete région de la Gaume belge.

Extrait de mon journal: "A 2 Kms de Buzenol, en pleine forêt, ce jeudi 28 février à 12h00, avec mes tartines et le soleil en pleine gueule. Première véritable journée de printemps, la veille du 1er mars.

Février 85 Buzenol 1Février 85 Buzenol 2
Au-dessus de moi une buse, un seul cri d'oiseau dans les sapinières-.un silence total-Je me sens au-delà de la vie même. L'impression d'avoir largué toutes mes amarres, l'impression d'être déjà mort...indifférent...à la vie comme à la mort.

J'ai été beaucoup trop secoué, forcé, acculé...à faire des choses ineptes. J'ai résisté par orgueil, per instinct de défense d'un territoire que je n'ai même plus le temps de vivre. Conne la société des hommes. Conne le vie des gens-leur UNIQUE VIE ... qu'ils passent à se faire chier et à faire chier les autres.

Quelque part je parviens encore à vivre. Soleil et velouté de la Treille. J'ai toujours su vivre-m'arrêter-refuser. Je hais le travail forcé. Je suis un jouisseur profond...mais structuré...une jouissance à tête chercheuse. Oscillant entre le ras du sol et le ras du ciel ( entre le rat des villes et le rat des champs ).

Striement répété d'une corneille...et puis...le silence

Mon visage au soleil, à la portière de la voiture.

Mais dans une heure, coup sur coup, deux inspections. Quatre heures de chiffres, de vérifications, de pointages absurdes.

C'est alors que je vais en roulant vers mon boulot découvrir un autre site, MONTAUBAN et ses ruines romaines; En fait c'est mon amie de 1980 qui ma l'avait fait découvrir et c'est par hasard que je retombe dessus. Un donjon en ruines aurait été, selon la légende, bâti pas les quatre fils Aymon. C'et sur ce site où se trouve un musée lapidaire, que s'installera des années plus tard, le Centre d'Art Contemporain du Luxembourg belge. Des expositions y sont organisées pendant toute la saison d'été mais le bâtiment n'est pas encore en cours de construction Montauban 1985-copie-1

 

Ce 8 mars je visionne PARIS-TEXAS de Wim Wenders et Sam Shepard, avec Harry Dean Stanton, Sam Shepard, Aurore Clément et Nastasia Kinski...et aussi Dennis Hopper. Curieuse coïncidence car les paysages de Wenders font penser à ceux du peintre Edward Hopper.

 

Ce 14 mars, il neige à tout casser. Décidément quel climat dans ce pays, le contraire de la vie, le frigo, neuf mois sur douze

 

Je reçois une lettre de ma mère, pour la première fois depuis 4 ou 5 ans. Ma mère vient d'avoir 71 ans. On dirait qu'elle veut se faire absoudre par son fils renégat

Lettre de ma mère 1En bas de page: "Quand Danielle (ma soeur) est partie pour Louvain, il cas, moi me consolait "Tu verras, elle reviendra et alors elle saura parler"Lettre de ma mère 2

Même texte mais plus lisible Quelques extraits d’un cahier de notes de mes mots d’enfant, prises par ma mère, dès mes 16 mois, soit dès mars 1939

En mai 1941, ChrIstian se met à se passionner pour les constructions. Il dit « Ze vais faire un beau quelque chose que tu diras « Oh Christian, que c’est beau « 

« Qui est là dans la chambre ? « Personne » « Oh content, moi, voir personne ! »

Ma mère : « Tu pourras venir au salon à 18 heures. Je lui montre la place de la petite aiguille sur la pendule. Dès que je l’ai quitté, il monte sur une chaise et pousse l’aiguille »

« J’ai proposé à Christian de dessiner une fleur sur la lettre que j’écrirai à son papa, chaque fois qu’il aurait fait un effort. Cette idée l’a emballé. Il s’est mis à manger aussi vite que nous, n’a plus pleuré quand je le quittais ou quand il tombait. Quand il a vu toutes les petites fleurs sur la lettre, il est devenu tout rouge et s’est mis à trépigner de joie « Papa sera content, papa sera content, z’»aime bien moi, Papa !

L’autre jour son grand-père racontait des blagues à table. Christian l’a interrompu, « Petit farceur »

Il adore les alertes et les sirènes (Bombardements). Tout son bonheur est de descendre à la cave, la nuit

« Ze vais te donner ma croûte pour te faire plaisir »

Grand désespoir parce qu’il avait vu par la fenêtre, un chien qui était seul. Il croyait qu’il était perdu

« Tu es mon ange gardien » me dit-il

« Est-ce qu’il sait bien soigner, ce petit Docteur-là , il est si petit . (Docteur Massart) ? »

« Elles m’ennuient ces mouches. Est-ce qu’il y en aura encore après la guerre ? »

« Est-ce qu’on pourra prendre les petits oiseaux dans ses mains après la guerre ?»

Quand Danielle (ma sœur) est partie pour Louvain, il me consolait « Tu verras, elle reviendra et alors elle saura parler « 

Suis allée pour la première fois au concert avec lui. Il a été fort sage malgré les discours. Il imite tout le temps les violonistes, du haut du balcon supérieur du Conservatoire où il monte seul, mais bien en vue en croisant son bras droit, l’archet , sur son bras gauche, le violon et en se mettant une longue mèche devant les yeux

Un jour je m’habillais avec un air de mauvaise humeur. Il me regarde et dit « Tu as l’air désagréable ! »

Un autre jour que je faisais des tartelettes, il me dit « Même est-ce que ce serait mauvais, mois je dirais que c’est bon »

Sommes allés voir « Le bon Petit Diable ». Il a peine à distinguer la réalité de la fiction

« Je n’en peux plus tellement que je t’aime »

« Je suis fou moi, quand je vois cette petite fille au manteau violet »

Avons vu à Spa des soldats allemands unijambistes. Il me demande « Est-ce que tu es contente de voir ces boches sans jambes ? Moi « Non c’est toujours triste de voir quelqu’un qui a mal ! » « Ah bon, dit-il avec soulagement, il me semblait bien ! »

 

Le 16 mars mon ami liégeois, Jean-Pierre Collignon épouse Catherine Pecchio

 

Ca y est on installe des missiles en Belgique. Et il paraît qu'il ya maintenant un ROBOT qui joue du BACH. Epoque de cons. Vous finirez en Robots jouant du Bach avec un MISSILE dans le cul. Gigantesque concert dans un décor vitrifié. Une civiliation entière pétrifiée, enfouie, sans dos-missile connu !!!

 

A Anvers ces 21 et 22 mars 1985, en stage informatique au Centre Ordinateur de ma banque Ippa. Tout un parc indusriel informatique avec le bünker Ippa et derrière un bois de hêtre, heureusement. Apocalypse now. Air conditionné (j'adore). Vingt cinq banquiers flottant dans le softwareMars 85 Wilrijk-Le Centre OrdinateurDans ce bâtiment bûnker de la Moerele (lieu-dit), je me suis retrouvé au niveau des caves-visite guidée- entouré d'armoires électroniques at ai tout à coup réalisé que cet univers était en réalité une immense chambre à gaz. En effet notre guide, après nous avoir avoué qu'il y en avait là, pour des centaines de millions, nous a ensuite expliqué le système d'alarme mis au point dans cette salle où nous nous trouvions, pour combattre instantanément un incendie éventuel. ALARME !!! On a 5 minutes pour quitter le bâtiment ou du moins la cave car au plafond, il y a de petits cylindres prêts à dégager un gaz très puissant qui en quelques secondes fait disparaître toute trace d'oxygène, étouffant ainsi radicalement le feu....et les retardataires
 

Je regardais ce PLAFOND MEURTRIER et je m'imaginais à AUSCHWITZ ou à TREBLINKA. Vive le ZYKLON ! C'est cela le progrès.

Enfin le retour vers une Ardenne non gazéifiée. Ici je suis à la Barrière de Champlon, le long de la Converserie, ancien domaine royal, en direction de Saint-Hubert, à quinze minutes de chez moi. Il neige toujoursMars 85 La Converserie-retour d'Anvers

Deux de nos  7 chats, dans le Hall,  et Praline la petite chatte des bois et Jojo le Tigré

.Mars 85 Chats Jojo et Praline

 

Découverte à la mi-mars d'une petite gare en pleine forêt, la Gare de Saint-Vincent-Bellefontaine, en Gaume. Et là sur la place, à ma stupéfaction, un panneau le long de la voie de chemin de fer, avec trois pancartes directionnelles. Moscou = 3111 Kms, Nice = 1327 Kms et Marseille = 1141 Kms. Hallucinant !!! Mystère total quant à la présence de ces plaques...Ancienne voie romaine???Mars 85 St Vincent-Bellefontaine 1Mars 85 St Vincent-Bellefontaine 2Apparition dans mon 2e étang des premiers rats musqués. Ressemblent à des castors, taille d'un chat en ce qui concerne les adultes. Je pense aux Castors de mon enfance lorsque je dévorais les livres de l'indien GREY OWL.

RAT MUSQUE, Rat d'ewe en wallon (rat d'eau). Longueur totale = 55 cms. Rat énorme nous dit le Guide Nature de l'Ardenne. Pelage de couleur brune avec de longs poils noirs. Membres postérieurs plus longs que les antérieurs. Queue applatie verticalement, couverte d'écailles. Animal essentiellement végètarien. Trois portées par an, de 7 à 8 petits chacune. Peut se reproduire dès le printemps jusqu'au mois d'octobre. Ce rongeur aquatique creuse des terriers énormes en bordure des cours d'eaux. Il occasionne parfois d'importants dégâts dans les digues. Introduit en France et en Belgqiue vers 1930, à Prague en 1905, il est originaire d'Amérique du Nord. Il est élevé pour sa fourrure. Plusieurs sujets s'échapperont des élevages, prendront de l'extension et envahiront tous les pays d'Europe. Nom scientifique = Ondatra Zibethicus Linné. Excellent nageurRat Musqué-copie-1

 Rat Musqué 3 5684 9999-Pizmak-TB-copie-1

Dégats: Les rats musqués ont déterré toutes les racines de mes nympheas et ont commencé à les dévorer. Je les réenracine dans la boue du fond de l'étang

 Fin mars découverte d'une nouvelle carrière de sable à l'entrée d'ArlonCarrière d'Arlon Mars 1985

 Début avril, chez moi à Moircy, les grenouilles rousses sont en plein accouplement, féroce. Cela va durer environ trois semaines. Un vrai Jurassic Park...Avril 85 Les grenouilles

  Grenouilles avril 85-copie-1

Deux grenouilles mâles (plus petits que les femelles) sur le dos d'une femelle l'étreignent dans un combat furieux, à la surface de l'eau. Je parviens à décrocher un mâle mais l'autre est indécrochable. Ses pattes entourent la femelle et ses griffes sont enfoncées dans son ventre qui est perforé et laisse s'échapper un filet de tripes. Je parviens enfin à dégager la femelle inerte du second mâle et la mets à l'abri dans un coin tranquille de la mare. L'étreinte de l'amour est aussi celle de la mort...

 

Retour sur les lieux de mes amours de 1980 toujours en Gaume, région de Virton. Que de souvenirs.... L'étang de Rabais d'abord où je viendrai par la suite, cueillir de fougères d'eau, elodia canadiensis, pour apporter de l'oxygène dans mes étangs, et ensuite l'Etang de La Claireau, beaucoup plus difficile à trouver, et en trois, à nouveau l'étang de Buzenol. En parcourant tous ces étangs dans cette région gaumaise bien plus douce que les Ardennes, j'ai toujours une idée derrière la tête. Trouver des plantes aquatiques pour mes deux étangs. Dans le coffre de ma voiture, j'ai toujours un bassin et un maillot de bains car il m'arrive de plonger pour aller extraire les racinesAvril 85 L'étang de Rabais

Avril 85 L'étang de La Claireau 

Avril 85 L'étang de Buzenol 

Le 6 avril, je sors avec ma fille Valérie qui a 22 ans, et fais la connaissance de ses copains à l'Arlequin, un café de Saint-Hubert. Roland Noiret, Barnavol le Tutsi, Robert Felix dit Tatas, Francis Dupont, Jean-Jacques Ligot. Nuit folle et superbe. Rentré très péniblement à Moircy à 7h00 du matin par la forêt de Versqueville.

 

A Redu le village du Livre, ce 7 avril (Pâques).

 

Je regarde à la télé, un court-métrage de Jean Eustache (l'auteur de La Maman et la Putain), intitulé"Une sale affaire". L'histoire d'un type qui dans un café resto découvre en allant téléphoner dans les toilettes qu'une des portes des WC dames est rabotée à sa base et qu'en s'agenouillant dans une position de prière musulmane, son regard tombe juste à travers la fente, sur une autre fente qui est celle du sexe des femmes qui s'installent dans ce WC. Il ne voit que leur sexe. Pendant des mois plus rien d'autre ne l'intéresse. Il contemple les sexes de toutes ces femmes et puis il les voit sortir du WC et bien souvent le sexe et la femme ne correspondent pas. Belle femme, laid sexe. Beau sexe, laide femme. C'est Michel Lonsdale qui raconte cela et le film n'est que son récit sur cette obsession qui fut la sienne pendant des mois au point que toute relation autre avec les femmes, avait cessé de l'intéresser.

Voici un plan du 2e étang en avril et ensuite l'étang, en chair et en eauAvril 85 L'étang n°2-Plan

Avril 85 L'étang n°2-1

Avril 85 L'étang n°2-2

 

De Jacob Boehme : "Celui qui ne meurt pas avant de mourir est perdu quand il meurt".

 

Je termine "Le Temps des Assassins" d'Henri Miller (à propos de Rimbaud) et com- mence l'"Ecce Homo " de Nietzsche.

 

A propos du créateur qui accède à l'inconnu "Il finit par perdre l'intelligence de ses visions, nous dit Rimbaud. Il les a vues ! Qu'il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables. Viendront d'autres horribles travailleurs; Ils commenceront par les horizons où l'autre s'est affaissé "

 

Je commence des recherches généalogiques du côté paternel. Dix-huit générations pour remonter à un certain Daneel Van Coudenberghe, de Wortegem-Wanegem, reçu en 1421 dans la bourgeoisie d'Audenaerde.

 

Ai ramené de chez mon ami Jean-Pierre Devresse une magnifique bouteille de Mezcal el Cortigo. C'est du Mezcal d'OAXACA. Nous revoici en pleine mythologie de l'écrivain Malcolm LOWRY et de son célébre roman "Au-dessous du Volcan"

 

100e anniversaire de la mort de Victor HUGO.

 

Le 24 avril je fais un détour par l'Abbaye d'Orval dans le Sud de la Province. Lieu magique occupé par les moines et leur fameuse bière d'ORVALAvril 85 OrvalEnsuite je me rendrai chez mes amis artistes de Virton. Je mange souvent à midi dans le restaurant ouvert par une amie peintre Blandy Mathieu et qui s'appelle "La Parantèle". Je me rends aussi parfois dans l'atelier de Jaja (Jacqueline Hue-peintre) le long de la petite rivière qui traverse Virton, rue des Tanneurs  (maison de droite sur la photo ci-dessous). J'y retrouve Guy Goffette, un excellent romancier belge de Virton, ayant émigré à Paris par la suite. Il y a aussi André Wargny, peintre et compagnon de Blandy MathieuAvril 85 Virton La Parentèle-Blandy MathieuJuin 85 Virton Quai des Tanneurs chez Jacqueline Hue 

 

Début mai, retour à l'étang de BuzenolAvril 85 L'étang de BuzenolCe dimanche 5 mai, Céline et moi, sommes allés chercher en forêt 11 Saules, 1 bouleau, 1 Pin Sylvestre, 1 Hêtre et 1 Chêne d'Amérique. Plantations.

Voici mon travail en cours en mai. L'atelier et les polaroïds de plus en plus nombreux et un aquarium forestier, entièrement retravaillé en fonction d'une expo à Bruxelles où je suis convié. Cet aquarium contient des végétaux et des statues modelées par moi et je l'arrose régulièrement afin d'y faire une peinture vivante

Mai 85 PolaroïdsMai 85 L'Aquarium Forestier exposé par VancauLe 11 mai en effet j'ai reçu la viste d'un certain Wodek Majewski, Polonais, patron d'un lieu culturel, le 340, situé à Jette-Bruxelles, accompagné d'un critique d'art liégeois, Jacques Renward, architecte.. Ils ont sélectionné deux pièces, l'Aquarium et le Champitronc. Majewski est un surréaliste et il est clair qu'il ne comprend rien à mon travail. Il choisit des pièces mineures que je refuse catégoriquement d'exposer et en fin de compte c'est moi qui impose ces deux pièces après moultes discussions. C'est une grande exposition internationale dont le thème est "Animal-Végétal dans l'art contemporain" 

Voici le Champitronc Mai 85 Le ChampitroncMai 85 L'Atelier

 

Jean DUBUFFET est mort. C'est intolérable. La nouvelle tombe ce mercredi 15 mai mais il est mort le 12. La nouvelle est diffusée par tous les médias. Je viens de perdre mon père en art...Il était tellement mal vu en France que le seul "Salon d'Eté" qu'il ait pu y construire, la Closerie Falbala, il a dû le construire dans son propre jardin. Tiens donc... (Voir mes articles sur Dubuffet dans ce Blog). On sait ce qu'il est advenu de son jardin construit pour la Régie Renault à Billancourt. Démoli par les bull-dozers. Ses autres jardins sont situés hors France:  en Hollande (Otterloo), à New-York, au JaponMort de Jean Dubuffet 1985 

 

Rencontre dans un village voisin, Tony, de Nina AUER, une berlinoise, ancienne danseuse étoile de l'Opéra de Berlin avant la guerre, j'apprendrai plus tard, épouse d'un chirugien berlinois, le couple étant très lié avec le couple Goebbels. Bien après la guerre, Nina avait épousé un gantois, ami de ma famille, un certain De Smedt. Ils ont fait construire un chalet à 10 Kms de chez moi et lui est décédé peu après ma première visite. Après la guerre Nina a fui l'allemagne et a fait des tournées comme chanteuse avec un orchestre, dans le monde entier. Belle femme, classieuse, aurait dit Gainsbourg. Elle est passionnée de photos et va par la suite abondamment photographier mon travail et développer les photos dans son laboratoire. Elle a deux singes et 3 chiens dont un Rhodésien. Belle rencontre. Elle est présidente du photo-club de Libramont et m'y fera exposer par la suite, au Centre culturel.

 

Je vais en reconnaissance au 340 à Bruxelles pour voir les lieux. il s'agit en fait d'une ensemble da maisons jumelées et communicantes situées à Jette le long du chemin de fer. Atelier 340 à la Rivierendreef à Jette-Bruxelles en 1985Voici Wodek Majewski de dos, dans un de ses ateliersMai 85 Atelier 340 Wodek Majewski

 

Henri Michon mon ami bourguignon, celui qui m'a amené Christian Bobin à Libramont en 1976, m'envoie une analyse graphologique sommaire, par écrit, car nous nous écrivons souvent:

 "L'écriture de Christian s'est un peu transformée, un peu plus grosse. Ce "Je" qui prend encore plus d'importance. L'affectivité déborde et puis cet accrochage au passé-terrible !!!. Si Christian pouvait faire reculer sa marge gauche, il le ferait ! Il semble la pousser, la repousser, s'y accrocher, ne pas s'en défaire et par contre cette marge de  droite, blanche, où l'encre noire ne va pas: celle de l'avenir, du père, de l'autre...

Intéressante écriture d'un Emotif-Actif-Secondaire (les plus grands créateurs en font partie). Quel débordement de vie et quelle passion.."

 

 Voici le plan des plantations autour du premier étang en juin 85, plan dessiné dans mon journal. Puis des photos des plantations qui commencent doucement à prendre formeJuin 85 Plan des Plantations

Juin 85 Les arbrisseaux de l'Etang 1

Le deuxième étang et sa flore en juinJuin 85 Les plantes de l'Etang2

Mais le grand événement c'est l'adoption d'une petite chienne de 3 mois qui nous arrive le 4 Juin. Elle s'appelle Watson, nous la rebaptisons CRAQUOTTE. C'est mon premier chien et c'est pour moi d'une importance considérable. La voici, c'est un Terrier de Bohême. Craquotte sera ma grande compagne des annés à venir, la chienne du divorce, celle qui m'accompagnera 6 fois sur les rives de la Méditerranée, dès 1990Juin 85 Arrivée de Craquotte

 

 

 

Juin 85 craquotte

 

 Gainsbourg au Jeu de la Vérité de Patrick Sabatier. Le billet de banque....Gains bourg a 10 ans de plus que moi et Brel avait 8 ans de plus

 

Je viens de terminer ce livre sur Paul Verlaine en Ardennes.Paul Verlaine et les Ardennes 

 Et donc je me paie une excursion de reconnaissance au pays de Paul Verlaine (Né en 1844 à Metz, décédé le 8 janvier 1896 à l'âge de 52 ans) ou plus exactement de son père, le Capitaine Nicolas-Auguste Verlaine, né à Bertrix en 1798, à savoir Jehonville, près de Paliseul, à une vingtaine de kilomètres d'ici. Paul Verlaine a écrit:

"Au pays de mon père, il y a des bois sans nombre

 Là des loups font parfois luire leurs yeux dans l'ombre

Et la myrtille est noire auprès du chêne vert".

Eh bien ce pays c'est ici et comme toujours je suis à la recherche des lieux fréquentés par mes écrivains préférés. Les Verlaine ont encore de la famille à Jehonville, les Evrard notamment. Je suis allé voir leur ferme (photo du dessous).

Il faut remonter au grand-père de Paul Verlaine, Henry Verlaine, pour s'y retrouver. Henry est né à Arville-Saint-Hubert en 1769, et fonda sous la Révolution l'étude notariale de Bertrix. Ce tabellion, féru de lettres, pilier de cabaret, mort mystérieusement à Luxembourg le 5 ventôse an XIII, avait épousé en 1795 une fille de Jehonville, Anne-Louise Grandjean  qui lui donna 3 enfants. En un, Louise-Henriette Verlaine, née à Bertrix en 1796, qui épousa son oncle, le lieutenant-colonel Jean-Nicolas Grandjean, et fut châtelaine de Carlsbourg ( à côté de Paliseul) avant de se retirer veuve et sans enfants à Paliseul où elle mourut en 1869, c'est elle la fameuse tante de Paliseul chez qui Paul vient régulièrement en vacances, en deux, le père de Verlaine, Nicolas Auguste Verlaine qui, à 16 ans, s'engagea dans les armées impériales. Il participa à la campagne de France en 1814... et en trois, Julie Verlaine née à Bertrix et décédé à Jehonville en 1880 et qui épousa Jean-Baptiste Evrard de Jehonville. La 3e génération des Evrard y vit toujours. C'est Julie qui après le décès de sa soeur Henriette,  y accueillit Paul Verlaine en avril 1873, après le douloureux épisode Rimbaud, qui l'emmena à être ensuite emprisonné à Buxelles et à Mons

Louise Henriette Grandjean, née Verlaine, tante de Paul Verlaine habitait Paliseul,  et chaque été, jusqu'à l'âge de 18 ans, Verlaine connaîtra en Belgique, d'heureuses vacances à Paliseul, Bouillon et Jehonville. Car Verlaine avait une autre tante, Julie Evrard née Verlaine et demeurant à Jehonville. A Paliseul il y a un Centre culturel "Paul Verlaine".

Et puis il y a Corbion sur la Semois, sur le haut de Bouillon, dont j'ai déjà parlé dans cette biographie. En effet en 1885, Verlaine franchit la frontière belge et s'arrête clandestinement pendant deux mois au village belge de Corbion dans une maison isolée, habitée par une veuve. il lui suffit de sauter le ruisseau pour mettre celui-ci entre lui et les gendarmes belges. Corbion est la paroisse de son ami d'enfance à Paliseul, Jean-Baptiste Dewez, devenu prêtre puis professeur à l'Université catholique de Louvain. La maladie a fait de ce savant un humble curé de campagne. Verlaine le rencontre en cachette le soir, à son presbytère, dans d'interminables colloques.

 

Carte Verlaine en Ardennes

 

Voici Jehonville et la ferme Evrard

 

Juin 85 Jehonville Le Pays du Capitaine Verlaine

 

A propos  de  la Collection de l'Art Brut à lausanne, voici ue petite rétrospective de mes contacts avec son directeur Michel Thévoz :

Notre correspondance a commencé en janvier 1979. Je suis allé le voir à Lausanne en août 1981. Le 14/12/1982, Thévoz m'écrit que les travaux d'extension de la Collection de l'Art Brut vont commencer en mai 1983. Il m'annonce sa visite prochaine à Moircy et laisse entrevoir une exposition personnelle de mes oeuvres dans cette nouvelle aile. Plus de deux ans ont passé...Silence total alors que j'ai reçu deux invitations  pour les deux premières expos organisées dans cette aile.

Parallèlement ma correspondance avec Dubuffet commence le 29 novembre 1982 et se termine le 29 mars 1984. Le 10 juillet Dubuffet se donnait la peine d'envoyer à Thevoz une photo de mon territoire avec les totems au bord de l'étang. Aucune réaction.

J'ai acheté deux livres-"Les mémoires du compositeur CHOSTAKOVICH" et "L'Eternel aujourd-hui" de Michel de GHELDERODE, ainsi qu'un numéro du Magazine Littéraire consacré à Henri MICHAUX

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 06:30
Ma Bio 195--1984- 2e semestre-Avioth-Montmédy etc...
Ma Bio 195--1984- 2e semestre-Avioth-Montmédy etc...

.Extraits de mon journal

"Je crois plus à la Nature qu'à l'Homme.. L'Homme vient de la Nature et il la cochonne. Il pense pouvoir se passer de ses RACINES. Mais la nature revient toujours et elle repousse là où l'homme ne pousse plus, là où il cesse d'envahir avec ses idées prométhéennes à la con, ses idées de transformation du monde, de constructeur du bonheur des autres. Vaste gâchis. La Nature, elle, repousse au bord des tombes, là où l'homme ferme enfin sa gueule. Allongé et rongé par les vers, il abandonne ses sécateurs et laisse pousser librement la végétation autour de son Mausolée. La nature prend sa revanche , tôt ou tard. les liserons enlisent l'homme cadavérique qui, de son vivant, n'a pas arrêté de sectionner.

 Ce mardi 26 juin, je déplace le premier barrage. Deux heures dans l'eau jusu'à mi-cuisse. Transi de froid, dans l'eau, toujours dans l'eau, seul antidote à mes petites morts...l'eau de la naissance . Devenir ou redevenir un AXOLOTL comme le raconte Cortazar. Très loin du "Désert de Macaire Le Copte" où la pluie quand elle tombe, est sèche avant même d'atteindre le sable. Très peu pour moi. Bien que j'aimerais tâter une fois du DESERT, par simple goût des extêmes, comme l'ont fait Lawrence d'Arabie, René Guénon et le Père de Foucauld, entre autres 

Je suis occupé à faire des plantations dans mes étangs, les premières. je parcours rivières et étangs de la région, ai toujours un bac en plastique dans le coffre de ma voiture , que je remplis lorsque je descends inspecter des agences du Sud de la Province où il fait plus chaud et où la végétation aquatique est beaucoup plus dense que sur les plateaux de haute ardenne. Au départ je récolte des iris d'eau, des Massettes (Des Joncs) et des nympheas. Ce matin du 29 juillet je suis allé cueillir dans l'Ourthe, de la grenouillette (Renoncule aquatique aussi dénommée "chevelure de Neptune). Ensuite je l'ai repiquée dans la mare que j'ai encore approfondie et dans laquelle j'avais injecté une assez grosse truite vendredi soir. Après je me suis attaqué à la pioche, à la face Nord argileuse du grand étang afin de l'approfondir de 10 à 15 cms..Là je creuse avec les ongles.

Ensuite avec Céline, nous avons sorti de l'atelier, le dernier totem, le plus grand, 5 mètres de haut. Je l'ai plaçé au Nord de l'Erang, en retrait. Ensuite je me suis mis à creuser à la main l'amont du ruisseau afin de renforcer encore les rives à ce niveau. J'ai attrapé deux lamproies que j'ai jetées dans la mare. Les lamproies fluviatiles sont de petites anguilles. J'ai aussi éclairci l'entrée du futur marais, qui sera situé à l'Ouest du Grand étang

Hier, j'ai cueilli les fleurs de juillet. Au nord de l'étang, il y a un gros bouquet de camomille romaine. J'ai aussi cueilli du Lotier corniculé, de la Vesce des Haies, de la Stellaire graminée, de la Véronique Petit-Chêne, de l'Achillée Millefeuille.

Dans le deuxième étang, j'ai pu répertorier, du Potamot Nageant, du Jonc épars et de la Massette, aussi de l'Iris "Faux-Acore ou Flambe d'Eau", le tout ramené des étangs de Freux l'an dernier. Poussent aussi les premiers Nympheas ramenés d'Anseremme (encore la Meuse). Au Sud du petit étang, les deux Angéliques ramenées de Chantemelle ont repris aussi. 

 

Plantations Etang2

Voici la population aquatique qui se développe dans le ruisseau et les étangs. Les Tritons d'abord, que je vais chercher dans les bois au sein des ornières traçées par les tracteurs et ensuite les Lamproies fluviatiles, que je ramasse à pleines mains, chaque fois que je prends de la boue dans le ruisseau, pour l'éjecter sur les rives. Ce sont de véritables petites anguillesTritons

Lamproie fluviatile

 

J'achète "La Nuit Talismanique" de René Char et le N° d'Obliques sur Boris Vian, "La Faculté de l'Inutile" de Dombrowski, "Amours" de Paul Léautaud, "Le Marin de Gibraltar " de Duras, "Ce Paradis trop violent" de Frédérique Gruyer (auteur des "Femmes fontaines")

Seuls certains hommes m'aident à tenir le coup-ceux que je connais à travers leur oeuvre. Je me dis qu'ils ont tout de même tenu le coup, eux, et que l'hostilité des gens ne les a pas empêchés de construire leur oeuvre, bien au contraire. Maintenant qu'ils sont morts on les encense. De leur vivant, ils faisaient peur, on les a donc enterrés vivants. Mon destin est de faire fuir les vivants et de vivre avec les morts ou avec d'autres morts-vivants, tels que Michaux par exemple, en fait avec tous ceux qui construisent leur grand'oeuvre, sans faire appel à l'approbation du public ni à celle des Media

Excursion au Sud de la Province belge de Luxembourg aux frontières de la France. Voici le circuit en question:Carte Avioth-MontmédyAVIOTH Carte

Nos commençons par AVIOTH , en France, Basilique construite au 12e siècle, en rase campagne, suite à la découverte d'une Vierge miraculeuse. Cet édifice sera achevé au début du 15e siècle dans un style Gothique pré-flamboyantAVIOTH Juillet 84
AVIOTH 2 Juillet 84

Et ce circuit  improvisé,, seul Avioth était prémédité,nous a conduit successivement à Virton en Gaume belge, puis en France à Avioth et Mont médy, ensuite àTorgny la ville provençale de la Belgique, où nous avons bu le petit vin  blanc des vignes de Torgny(on ne m'y reprendre plus) sur la route du vin, puis à Harnoncourt, usine de fabrication de cellulose au départ du bois et Saint-Remy, pour nous retrouver au Cimetière d'Arlon, je parle de ce fabuleux cimetière, pas marin du tout, de la rue de Diekirch, un des lieux les plus" kitsch" d'Arlon.

 

Voici donc la ville morte de MONTMEDY (Ville Haute):

"Montmédy fut d'abord la capitale du comté de Chiny et le Comte Arnould III y éleva un château-fort. Rattachée au milieu du 15e siècle, au Duché de Bourgogne, elle passa peu après aux Habsbourg d'Autriche et au 16e siècle à l'Espagne. En 1657, Louis XIV y conduisit son premier siège, assisté du Maréchal de La Ferté. La ville ayant été attribuée à la France en 1659, ses fortifications furent transformées par Vauban. En 1984, Montmédy compte 2308 habitantsMontmédy 1Montmédy 2Montmédy 3

Très étrange athmosphère en tout cas que celle de cette ville haute, abandonnée avec ses maisons en ruine, autour d'un château, abandonné lui aussi, et d'une Eglise de style mexicain. Il y aurait un film à tourner là-haut.

Nous remonterons vers la Belgique en passant par Thonne-la-Long- et son fortin recouvert de verdure, ça sent vachement la guerre, celle des tranchées, où les cadavres humains grouillent comme des vers....solidaires Thonne-Fortinpuis Harnoncourt, là ou se trouve "La Cellulose des Ardennes" qui transforme le bois en papier et qui répand dans toute la région depuis des lustres, une nauséabonde odeur de choux. Et comme le disait Céline: "Un chou-fleur vaut dix cabinets même s'ils débordent". Là nous sommes de retour en Belgique.

Harnoncourt

 

Et nous arrivons à TORGNY, la Provence gaumaise, le village le plus chaud de Belgique, au Sud de Virton où nous dégustons un petit vin blanc (une fois mais pas deux), dans l'unique relais de la Route du VinTORGNY 2

TORGNY 1Et enfin ARLON et son cimetière de la rue de Diekirch, fascinant cimetière, pas marin du tout, avec toutes ces stèles qui s'obliquent comme si les morts les faisaient s'ébranler en remuant sous leurs terres: LES CROIX S'OBLIQUENT QUAND LES MORTS SE BRANLENT.

L'Homme et toutes ses petites vanités, n'y sont plus que pourritures...mais chaque printemps libère la nature qui s'enroule autour des tombes-sauf lorsque quelques héritiers, pénétrés du culte des morts ("Tant va l'homme au cimetière qu'à la fin, il y reste " Marcel Marïen, Poète et peintre belge de Theux)-à savoir culpabilisés souvent par la mort de leurs proches, viennent entretenir leurs petits parterres débiles, avec leurs géraniums, chrysanthèmes et autres fleurs artificielles aux couleurs de dragées au poivre..

Le  véritable art vivant c'est dans les cimetières qu'on le trouve...

La nature d'une part, les mythologies personnelles des humains, d'autre part.

 

"Les conseils du ciel immense

Le Lys pur

Le nid doré

N'ôtent rien à la démence du coeur de l'homme effaré

Et cela pour des altesses qui,

Vous, à peine enterrés,

Se feront des politesses

Pendant que vous pourrirez " (Victor HUGO Extrait))

 

 Cimetière d'Arlon 1

 

Cimetière d'Arlon 2

 

Une lettre du Japon de Jean CLAREBOUDT, plasticien français

Jean Clareboudt-Carte du Japon Juillet 84 Jean-Clareboudt-Carte-du-Japon-Juillet-84-001-copie-1.jpg 

  " Je suis arrivé ici complètement surmené, mon travail personnel et mon travail au journal (France Soir), étant souvent inconciliables...mais alimentairement nécessaire. Rien n'est facile à ce que je vois pour vous non plus. Nous espérons que votre situation est plus stable maintenant et que Christian peu travailler d'une façon plus sereine. Il faudra enfin que nous allions vous voir...".

 

Ce 7 août 1984. Je lis Michel TOURNIER: "Le Roi des Aulnes:

"Je sais maintenant ce que sera ma fin : elle sera la victoire définitive de l'homme de pierre qui est en moi sur ce qui me reste de chair et de sang. Elle s'accomplira la nuit où mon destin ayant pris totalement possession de moi, mon dernier cri, mon dernier soupir, viendra mourir sur des lèvres de pierre". Le Premier AULNE

Et en feuilletant "La Nuit Talismanique" de René Char, à propos d'un chapitre du livre, au titre, en moi étrangement résonnant: "FAUTE DE SOMMEIL, L'ECORCE".

"Faute de sommeil, l'écorce date d'un temps où la nuit qui m'avait tant servi, se retira de moi, me laissant les sables de l'insomnie"

REVE: Fin août, je rêve que je suis dans un restaurant. Il y a deux truites qui se sont échapées de l'aquarium ( je regarde toujours avec horreur ces aquariums bourrés de truites, prêts à  être consommées, que l'on voit à la vitrine de certains restaurants). Il ya aussi par sur le carrelage une Tortue et un Triton.
Je sors pour aller chercher un seau et y mettre les truites. Et je me retrouve alors dans le jardin de Moircy, et là j'aperçois un énorme poisson (il ressemble à un Thon), que j'avais mis (dans mon rêve) dans le grand étang et qui est passé dans le deuxième étang, on ne sait comment. Il est sur le flanc et manifestement malade. Je parviens à l'attraper et m'aperçois alors qu'il est tout dégonflé, comme vidé de ses tripes et...on s'étreint, et on s'embrasse. En fait je lui redonne vie, il se regonfle et je le remets dans le grand étang...La veille de ce rêve j'avais ramené dans un bassin palcé dans mon coffre, des poissons appartenant à un de mes agents, à Meix-devant Virton, à savoir six Rousses et une Perche (je précise qu'il s'agit bien de poissons) , afin de les mettre dans mes étangs.

La nuit du rêve j'ai une insomnie et vers 4 heures du matin, je lis des lettres de mon père, envoyées d'Angleterre à sa soeur et datées de 1940 à 1945. Dans la plupart des lettres, il y avait un emballage venant du Portugal, avec la mention "'Sardines" et aussi cette phrase " Conserves de poissons à l'huile". (les lettres d'Angleterre passaient peut-être par le Portugal???) Emotion en lisant un extrait de ces lettres de mon père, à mon propos: "Christian pourtant doit toujours avoir la même bonne balle. Malgré tout je ne le retrouverai plus jamais petit bébé. Tu ne peux t'imaginer combien ce petit fait partie de moi-même. Aussi j'ai eu pendant tout ce temps, comme un mal physique d'en être séparé. C'était absolument terrible et j'aime mieux ne pas trop y penser..." 

Le lendemain matin (retour à la réalité) je me réveille, assez marqué par ce rêve. Je vais à l'étang, vois une plume de héron dans l'eau, vais chercher un rateau et au moment où je ramène la plume vers moi, j'aperçois une truite de 35 cms (420 grammes),... morte (probablement piquée par le héron qui n'a pu l'emmener dans son bec). La voici à l'échelle d'une boite d'allumettes

Truite de 35 cms

 

Ma chatte des Bois.

Je l'ai trouvée sur une route de forêt en Gaume, pas loin de "La Croix Rouge" - Etalle, trottinant devant ma voiture, me suis arrêté, elle est venue vers moi, deux mois à peine et famélique. J'allais en inspection chez un agent de la région mais avant je suis allé chercher dans un épicerie locale, des tranches de jambon, qu'elle a dévorées sur le siège arrière de ma voiture. J'ai éffectué mon inspection et l'ai ramenée à Moircy. Elle a survécu pendant 2 ans. Je l'avais prénommée PRALINE. Elle s'accordait merveilleusement avec mes pierres et mes bois rouges... la noireaudePraline Chatte des Bois Juillet 84 Praline en septembre

   Un hérisson ramassé sur la route. Je l'ai mis dans ma veste et lui donne de la salade. Il est couché sur le dos. Il ne survivra pas plus de quelques heures. Vous les connaissez ces salopards qui, les apercevant traverser la route de nuit, accélèrent pour faire une bonne purée????. Moi je m'arrête et essaie de les sauver. Je n'ai jamais écrasé un animal...Le Hérisson

Pose de trois drains dans mon jardin fin août.Les Trois drains fin août 84

Les plantes aquatiques se développent. Premières plantes Août 84

Vendredi 21 septembre j'achète à Liège: "Poèmes" de Paul Gadenne, "Les Cerveaux brûlés" de Norge, "Festin Nu "de Burroughes, "Etes-vous fous" de René Crevel et "Sur les Falaises de Marbre" d'Ernst Jünger.

D'Ernst Jünger: "Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprnons la quête tatonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n'avons pas eu notre pleine mesure de vie et d'amour, mais ce que nous laissons échapper, nul repentir ne peut nous le rendre"

Il faut lire "Sur les Falaises de Marbre d'Ernst Jûnger 

 

A propos de l'oeuvre en général et de la mienne en particulier: " Duras-fin-80-s.jpg

Chez Duras (qui vient de passer en face à face chez Pivot -Apostrophes-pour L'Amant"), j'ai aussi ressenti une amertume, celle de ne pas avoir été reconnue pendant des années et d'être maintenant portée au pinacle, avec toute cette excessivité qui se déclenche soudain, on ne sait pourquoi, au niveau des media, alors que pendant des années on vous ignore, on vous écarte, on vous exclut- justement au moment où vous auriez besoin que l'on dialogue avec vous- afin de pouvoir tenir le coup dans votre acharnement à vous exprimer- tenir le coup pour ne pas succomber dans la déprime, pour ne pas vous avouer que, si, depuis des années, presque tout le monde vous ignore, c'est parce que peut-être vous êtes médiocre au niveau de votre expression... et dès lors peut-être médiocre tout court...ou du moins qu'ayant fait le choix d'orienter votre vie sur une forme spécifique d'expression, cette forme ne fait qu'éloigner les gens de vous.

Je crois qu'on ne parvient jamais à oublier tous ces gens-là, ces faux amis, qui n'y ont pas cru au moment où on avait besoin qu'ils y croient et qui, aujourd'hui, à cause d'un succès arrivé sur le tard, et qui n'a peut-être rien à voir avec votre valeur profonde, car votre valeur profonde, il y a longtemps que vous l'exprimez sans qu'elle intéresse qui que ce soit et puis subitement, une sorte d'effet de mode vous tombe dessus, quelques rencontres avec des gens ayant un pouvoir médiatique et qui se mettent en tête de parler de votre oeuvre, on ne sait trop pourquoi, car en fait, ils n'y comprennent pas grand'chose, eux non plus. Ils sentent simplement-c'est leur métier-qu'il y a quelquechose qu'ils peuvent faire mousser, ce qui leur permettra de vous engendrer en tant que "créateur", d'avoir été les premiers à parler de vous...de vous avoir "fait", de pouvoir vous "revendiquer", et du coup, vous voyez rappliquer tout ceux qui n'y ont pas cru...et ils arrivent "Trop Tard" avec leurs grimaces. Certains ont même le culot de venir vous dire "Je le savais que tôt ou tard...". Eux qui n'ont voulu prendre aucun risque à l'époque, eux qui ont ri devant votre oeuvre, eux qui ont, tout au plus, dit d'elle "Bien sûr, c'est assez spécial mais ce n'est pas bon, ça manque de maîtrise, un enfant pourrait faire la même chose...".

 Ils ignorent qu'André Breton a écrit: "Le Génie c'est l'Enfance retrouvée à volonté..." 

Sachez mes faux amis que je vous connais bien, que je vous ai repérés depuis longtemps, que j'ai très bien compris votre mépris par rapport à l'indécence de mon travail, que vous concentrationnez derrière des barbelés, en vous donnant come excuse, mon manque de technique, mon manque d'études, de pratique, mon autodidactisme en définitive"

 

"L'ART EST UN JEU-TANT PIS POUR CELUI QUI S'EN FAIT UN DEVOIR...."(Max JACOB)"

 

  MON ACCIDENT. Ce vendredi 5 octobre, j'ai regardé ma mort en face

Alors que je suis en inspection dans le Sud, mon épouse me téléphone pour lui dire que sa grand-mère que j'aimais beaucoup, est décédée et qu'elle est  dans la masion de ses parents à On. Marie HENROTIN, veuve Henri NASSOGNE. Le soir, revenu du Sud, je monte dans le Nord de la Province (région de Marche-en-Famenne)chez mes beaux-parents, passe la soirée, ne puis loger là-bas car le lendemain je dois être sur pied de guerre à 8 heuresdécès Nenenne et sur la route du retour, à Forrières, en direction du Fourneau Saint-Michel, en pleine route de forêt, aux alentours de minuit, il pleut à verse, je m'endors avant un virage et me retrouve sur des rails de sécurité, en équlibre au bord d'un ravin menant à une rivière, avec, embouti dans mon radiateur, un poteau soutenant un miroir convexe (et que j'ai dû vexer cette nuit-là), le poteau et les rails m'ayant évité de faire des tonneaux en direction de la rivière. Toujours cette attirance pour l'eau.

En reprenant conscience, (j'ai attaché ma ceinture), je suis persuadé que je suis mort et je me dis "Ca y est, la voilà ta mort. Tu l'attendais, elle a ce visage-là...". Exactement comme dans ce film russe de Sergeï Bondartchouk,"Le Destin d'un Homme". Le héros, comme moi est au bord d'un fossé et il regarde deux soldats allemands, qui viennent vers lui, mitraillette au poing et il dit "Voilà ma Mort", très calmement. Moi aussi j'étais calme, aucune peur, aucune angoisse et j'ai pensé "ce n'est pas si grave que cela finalement, la Mort"

Pluie battante, noir absolu, je détache ma ceinture, ouvre la portière mais je suis suspendu sur les rails, impossible de mettre pied à terre. A ce moment une voiture arrive, deux jeunes qui ont tendu le crash du café où ils se trouvaient à 1 Km de distance. Ils m'aident à sortir et me ramènent chez mes beaux-parents.

Le lendemain matin, j'appelle la dépanneuse, la voiture est déclassée et avec mon beau-père, je vais voir. Il y a des gens tout autour de ma carcasse (la nuit il n'y avait personne...) et en m'approchant j'entends les commentaires "Mais il doit être mort...où est le corps??" Et je me présente, moi le survivant (J'aurais dû dire mais elle n'existait pas encore, c'est pour l'Emission "Surprise-Surprise"de Marcel Beliveau). Ensuite retour chez moi et au garage avec la dépanneuse, téléphoner à ma banque branle-bas de combat 

Accident de Voiture en Octobre 84

J'ai compris ce jour-là que la vraie mort était, non la sienne propre mais celle des autres. Le vrai problème cest la mort de ceux qu'on aime, le vide soudain. La mort de ma soeur folle, à 28 ans, dans un asile, la femme déchirée en moi, toutes ces femmes fissurées dont je me sens proche, la femme malade en moi, la femme marginale en tant que femme, minoritaire opprimée à l'instar de toutes les autres minorités, femmes opprimées depuis des siècles par l'homme, et ce sont ces femmes qui se réveillent en même temps que toutes les autres minorités, ces femmes, là que nous devons affronter, nous les hommes d'aujourd'hui, ceux de 1968 et d'après, nous qui ne savons plus grand'chose sur notre identité, hommes nouveaux qui n'avons plus envie de prendre le pouvoir, hommes qui commençons à accepter notre part féminine, notre "anima", mâles culturels ouvrant nos brèches énormes dans lesquelles des femmes en colère, en pleine mue, mal dans leur peau, s'engouffrent en vociférant leur haine enfin défoulée de femmes bafouées.

Tout cela est normal. On n'arrête plus de cracher sa haine les uns contre les autres. Tous les opprimés d'une culture qui se meurt, crient vengeance et s'apprêtent à prendre le pouvoir et à opprimer à leur tour. Là est le véritable problème...sans issue.... La Révolution, les révolutions ne consistent jamais qu'à prendre le pouvoir à son tour "Vous avez eu le Pouvoir, maintenant c'est à nous". Et je te pille, et je te décapite et je te flingue et je te découpe à la machette, et je te gaze, et je t'encule, et je t'empale 

L'être humain est-il capable de sortir de cette dialectique??? Je n'y crois guère...JE N'Y CROIS GUERRE....

 

J'achète le "Dimanche après la guerre" d'Henry Miller édité pour la première fois en 1955, aux Editions du Chêne et aussi "Regards sur Iannis Xenakis", mon ami, publié chez Stock Musique (regards notament de Messiaen et de Kundera).

 

Ce dimanche 21 octobre, TRUFFAUT est mort. Il avait 52 ans. Quelle tristesse !!

Ce 23 octobre, mort d'Henri MICHAUX. Il avait 85 ans...Michaux a commencé à peindre à 36 ans (en 1935). Il était fasciné par les tableaux et les dessins des aliénés. Michaux voyait dans cette peinture sauvage "une détresse de fin du monde, un incessant écroulement" qui lui rappelaient da condition d'exilé en lui-même, qu'il était de naissance et lui l'isolé exemplaire, se sentait le compagnon de déroute de ces " oiseaux à une seule aile". Il écrira même dans "Coups d'arrêt": "LE SOLITAIRE SERA ECLABOUSSE PAR TOUS"

Ce 25 octobre je vais voir au Cinéma de Libramont "BENVENUTA" du belge André DELVAUX avec Fanny Ardant, Vittorio Gassman et Françoise Fabian. Voici ce que j'écris le lendemain dans mon journal:"Livio, les lettres brûlées, les ruines de Pompéï, les amants de lave, les maisons gantoises de mon enfance, sombbres...si sombres, et puis surtout cette dernière image du balayeur fou en marmonnade chantante...et ce paquet de lettres brûlant dans le brasero, et les flammes à l'avnt-plan et Fanny Ardant s'éloignant dans les vapeurs tremblottantes.

André Delvaux, grand cinéaste

 

Jeudi 1er Novembre 1984, j'ai 47 ans et  n'en reviens pas d'être toujours là (à l'heure où j'écris, j'en ai quasi 74, inversion des chiffres : 47).

Dans mon atelier je contemple mes pierres sahariennes peintes en rouge et jaune. Et pourtant je ne suis jamais allé en Afrique du Nord pas plus que le facteur Cheval n'est jamais allé à Angkor...IMGA0391.JPG

Ah que j'aimerais avoir, à Moircy, un facteur nommé CHEVAL qui m'apporterait le courrier de ma banque débile.

Quand je pense que cette année je n'ai cessé de remblayer les rives de mon ruisseau pour en faire de "Hautes Rives"

Je suis POUR un SACRé SANS DIEU(X)

 

Je lis dans "Regards sur Iannis XENAKIS, cette phrase essentielle: "En fait si universellement célèbre qu'il soit, Xenakis est toujours un marginal, un qui dérange par sa farouche indépendance et par le cri de vérité qui monte de ses oeuvres, un subversif, donc. Il n'a pas eu de vrais disciples, il n'a pas fait école et la société contemporaine attentive à se protéger, se contente de l'accepter comme un mal nécessaire mais sans lui apporter l'aide qu'il lui faudrait et qu'elle dispense si généreusement à d'autres qui ont le mérite de moins la troubler"

 

Je lis ensuite dans le Dimanche après la guerre d'Henri Miller:

"L'anarchie de tous les aspects de l'art contemporain n'a jamais provoqué en moi, ni angoisse, ni antagonisme; au contraire j'ai toujours accueilli avec joie les influences dissolvantes. Dans un âge marqué par la dissolution, toute liquidation m'apparaît comme une vertu, mieux encore, un impératif moral. Non seulement je n'ai jamais éprouvé le moindre désir de conserver, étager ou renforcer quoi que ce soit, mais je puis dire que j'ai toujours considéré la putréfaction comme une expression de la vie, aussi riche, aussi merveilleuse que la croissance..."

Et je reprends aussi à mon compte, cet autre passage de Miller, tiré du même livre:

"Ecrire n'était pas pour moi une évasion, un moyen d'échapper à la réalité quotidienne; cela signifiait au contraire, m'enfoncer plus profondément dans le marais saumâtre, plonger jusqu'à la source où les eaux se renouvellent sans cesse, où règnent une agitation et un mouvement perpétuels. Quand je songe à ma vie passée, je me vois comme un homme capable d'affronter n'importe quelle tâche, n'importe quelle carrière. C'était la monotonie, la stérilité des autres isues qui m'avient conduit au désespoir. Je réclamais un royaume où j'aurais pu être tout ensemble maître et esclave. Ce royaume c'était le monde de l'art" .

"C'est avec un écheveau de mensonges que l'art tisse la vérité...Ne faites jamais confiance à l'artiste...Faites confiance à l'oeuvre" (D.H Lawrence)

 

Claire Brétecher je l'aime beaucoup depuis longtemps...

Elle et Reiser 

 

Je lis "Les Cerveaux brûlés" de NORGE

"Un tournant de la vie, un tournant de la vie, eh bien, ma vie a moi elle n'a que des tournants. Ca forme une grande spirale qui monte et qui descend comme un ressort de lit et s'il n'y avait pas tous ces tournants, s'il y avait tout à coup, une horrible ligne droite, c'est ça qui me ferait un vilain tournant"

"Se méfier des idées trop chaudes, ça ne se voit pas tout de suite. Vous en prenez une, vous ne faites pas attention et ça y est: vous êtes un cerveau brûlé. On continue à vivre, mais il y a des voisins qui ne supportent pas cette odeur de roussi"

 

Je lis L'AMANT de DURAS. Enfin un style, une respiration qui n'appartient qu'à elle:

"Il lui avait dit que c'était comme avant, qu'il l'aimait encore, qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer, qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort"

"Ce qu'il y a de plus beau de toutes les choses données par Dieu, c'est ce corps d'Hélène Lagonelle, incomparable, cet équilibre entre la stature et la façon dont le corps porte les seins, en dehors de lui, comme des choses séparées. Rien n'est plus extraordinaire que cette rotondité extérieure des seins portés, cette extériorité tendue vers les mains"

Nuit du 23 au 24 novembre, pour la deuxième nuit consécutive, tempête d'une grande violence. Il est 9h50 et nous sommes privés d'électricité depuis hier à 20h30. Plus de lumière, plus de chauffage, Frigo et Surgélateur en panne, plus de radio. Nous ne savons pas ce qu'il se passe...coupés du monde. Des centaines d'arbres déracinés sur les routes qui entourent notre village entouré de forêts

 

UN AGENT TUEUR.

Ce jeudi 29 novembre je viens faire une inspection chez un agent du coin. Il vient de tuer un lapin mais le lapin l'a griffé, l'a mordu, lui a fait une main toute bleue, avant de disparaître. Alors pendant une heure, je lui fais sa comptabilité bancaire. Sa femme arrive en peignoir de nylon matelassé, elle est malade-prise du coeur- une femme charmante qui regarde boire son mari (il est 11 heures). J'ai fini et je me lève. J'aperçois alors un énorme lapin, dans une caisse en carton, encore  vivant celui-là, complètement apeuré et...je comprends...celui-là aussi, il va le tuer. Je grimace, leur dis à lui et à elle que j'ai horreur de cela-elle me dit, un peu coupable "il faut bien que ça se fasse, M'sieur l'Inspecteur " (Attends connasse, bientôt c'est toi qui va y passer, crochet, dépiautage et toute la gomme). Lui, il rit, il est tout rouge. Il va faire un second massacre avec sa main violette et bandée. "Encore une goutte , M'fi (en wallon "mon fils")?" "NON"dis-je séchement. (M'fi n'a bu ni goutte, ni bière). M'fi est parti illico, comme un, voleur. Il aurait voulu, M'fi, partir avec ce lapin dans ses bras-avec cette vie toute frémissante. Non décidément M'fi, il ne comprend rien au monde des hommes. Il n'y comprendra jamais rien.

 

LES PRODUCTEURS DE L'ART NE SONT QUE DES ART-MATEURS...

 

Ce que devient mon atelier en décembre. Le nombre actuel de mes peintures sur bois, bois dressés , souches etc... est de 150 environ. On peut voir aussi, ci-dessous, à l'avant-plan à gauche, le début de mon travail sur les cashes de Polaroïds, série que j'intitule:" Les Aquachtoniques"(Eau et Terre glaise)Déc. Atelier-Pierres jaunes-2

Déc. Atelier-3

Déc. Atelier-Pierres jaunes

LE ROUGE C'EST AUSSI LE SANG ET LE SANG C'EST LA VIE QUAND IL COULE AU-DEDANS ET C'EST LA MORT QUAND IL COULE AU-DEHORS.

 

Hier soir à Apostrophes, j'ai retrouve Rimbaud...en Abyssinie...avec Amain Borer (Seuil) "Un Sieur Rimbaud se disant Négociant". Ensuite j'ai acheté le livre d'Alain Borer. Passionnant. L'autodestruction d'un poète prodige, l'amenant à devenir marchand d'armes, puis amputé et rapatrié à Marseille

Finalement on reparle beaucoup ces temps-ci de cette ordure de Paul Claudel, à propos de sa soeur Camille. dans l'émission télévisée sur Philippe Soupault et le Surréalisme, dans le dernier Magasine Littéraire sur la Surréalisme. Paul Claudel c'est exactement mon contexte bourgeois familial (et Camille c'est ma soeur Danièle). C'est un artiste catholico-bourgeois, converti comme mon père, avec tout ce que cela comporte de récupération de pouvoirs, d'art au service d'une certain prosélythisme. Un homme toujours prêt à excommunier la marginalité. Les Ex-Communicateurs, à savoir  ceux qui ne savent plus communiquer avec ceux qui incarnent des parties d'eux-mêmes qu'ils rejettent, dont ils ont peur. Ces bourgeois "claudéliens" existent toujours. Ils ont encore beaucoup de pouvoir sur la culture. La culture bien-pensante n'est pas morte...Celle qui dicte aux gens ce qu'il convient d'apprécier et de rejeter. De quoi je me mêle ???

J'en conclus donc et plus que jamais que toute RECHERCHE ne peut être que SOLITAIRE. Tous les discours sont à rejeter. Toute peinture, création alimentaire devient fausse. Elle se strangule, elle s'auto-strangule. J'en ai marre d'entendre de soi-disant artistes, dire sans arrêt qu'ils doivent manger avec leur art. Ils n'ont qu'à manger avec autre chose, je le fais bien, moi !!! C'est donc que c'est possible ou alors qu'ils bouffent leurs oeuvres. Encore faudrait-il qu'elles soeint comestibles, ce qui est rarement le cas. Qu'ils bouffent leur merde au lieu de la plaquer sur les murs, au risque de devenir sourds-"murets" car chacun sait que les murs ont des oreilles. Leur seule issue est donc de faire la sourde oreille chaque fois qu'un galeriste les troue et les cloue sur son mur, pour y suspendre leur petite merde de Cacartiste.

Salvador DALI disait "Une bonne peinture c'est une peinture comestible" 

Aucun doute, dans l'art actuel, ça BOUSE. Alors bouser pour blouser, autant bouser ostensiblement comme Manzoni ou Jacques Lizène mon copain peintre liégeois qui ose peindre avec sa merde, tandis que les galeristes essaient de mettre sa bouse dans le vent. Mais ses toiles ont été censurées. une peinture, paraît-il, c'est, par essence inodore, ça doit être clinique, aseptisé. Oui à la limite, une peinture, ça doit être incolore. La couleur c'est juste bon pour la télévision.

 

"La peinture c'est comme la merde, ça se sent, ça ne se discute pas" (Toulouse-Lautrec) 

 

En cette fin d'année 1984, je lis Milan KUNDERA: "L'Insoutenable légèreté de l'Etre". Une merveille. En voici quelques extraits notés dans mon journal:

"Oui le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité toute entière soit fraternellement d'accord"

"L'homme attelé à un charroi par un Martien, éventuellement grillé à la broche par un habitant de la Voie lactée, se rappellera peut-être alors la côtelette de veau qu'il avait coutume de découper sur son assiette et présentera (trop tard) ses excuses à la vache"

"La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute liberté, qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test de l'humanité, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux. Et c'est ici que s'est produite la plus grande faillite de l'homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent

" Nietzsche sort d'un hôtel de Turin. Il aperçoit devant lui un cheval et un cocher qui le frappe à coups de cravache. Nietzsche s'approche du cheval, il lui prend l'encolure entre les bras et sous les yeux du cocher et il éclate en sanglots..."

"Et c'est ce Nietzsche-là que j'aime, de même que j'aime Tereza, qui caresse sur ses genoux la tête d'un chien mortellement malade. Je les vois tous deux côte à côte: ils s'écartent tous deux de la route où l'humanité "maître et possesseur de la nature" poursuit sa marche en avant"

 

En fin d'année, je réalise, à mes moments perdus....une centaine de gouaches sur papier pelure, en format A4. Ce travail préfigure celui sur les écolines réalisé lors des années suivantes. Le thème de ces gouaches est " l'Etang dans tous ses états "Gouache étang4 Gouache étang2

 Gouache étang

Gouache étang2 001

 

Je suis arrivé à la 1000 ème page de mon journal (qui en 2011 en compte plus de cinquante mille)

Le 25 décembre, Marie-Henriette, ma belle-soeur, m'offre "Les lettres à Gala" de Paul Eluard (NRF Gallimard) Gala a quitté Eluard pour Salvador Dali

Je recommence à avoir des problèmes avec mon oeil droit, atteint en 1981 de "Réthinopathie séreuse centrale ou Corroïdite "

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:53
Ma bio 194 -1984- Mon atelier-Charleville et Rimbaud-Verlaine à Corbion

Extrait de mon journal.

 

Ecriture dans mon journal en ce mois de janvier...quasi néant...bouffé par mon métier de financier-bouffé par les gens, bouffé par cet horrible téléphone. Hier j'ai réalisé qu'IPPA avait mis mon¨n° de téléphone privé dans l'annuaire. Je n'ai plus le droit d'avoir un numéro privé. Désormais ma vie appartient à tout le monde. Tout un programme, non? J'appartiens au domaine des Finances publiques. Dimanche dernier, je suis allé faire un dossier chez le client d'un agent...et c'est l'agent qui va toucher la commission. Hiver 84

Hiver 84-2

Il fait une neige superbe. Soixante centimètres dans le jardin. Une véritable expédition pour arriver à l'étang, avec luge, piolet et Huskies-et au milieu de cette nappe blanche, mes totems flamboyants de leur premier hiver. Ces totems qui, en juin prochain, croustilleront sous le soleil méditerranéen, celui des grandes incendies de Provence. Croustilleront peut-être car partiront-ils réellement vers le Sud  ???. Là-bas, en effet, à La Seyne, les élections de mars 1983 viennent d'être annulées par le conseil d'Etat. On revôte en février. Et voilà que ma première grande exposition personnelle, dépend du maintien des communistes au pouvoir. L'orage gronde dans les chantiers navals où l'on menace de licencier car les carnets de commandes ne se remplissent pas, parce que la  politique  du gouvernement socialo-communiste, vise d'avantage à développer les secteurs de pointe, que les secteurs traditionnels, tels que ceux de la Sidérurgie et des chantiers navals, et que les navires construits dans certains pays, coûtent moins chers, d'où la nécessité d'importer plutôt que de créer à domicile.

De même pour les financiers et les politiciens démagogues de la Culture belge, il vaut mieux importer et promouvoir des artistes français, allemands ou américains, plutôt que de soutenir ce qui se crée en Belgique. Un belge n'est digne d'intérêt que lorsqu'il s'est expatrié et a été reconnu par d'autres pays. C'est seulement alors qu'on lui demande de venir montrer son travail en Belgique. De cette façon, on ne risque rien, on mise à coup sûr "

Dans mon atelier c'est l'explosion des mini-totems qui sont en fait des bûches de bois de chauffage, tranchées au merlin, dans le sens  vertical 

"Je suis comme un fou qui peint les murs de sa cellule, mais un fou qui a encore assez de lucidité et de besoin d'amour, pour souhaiter que quelqu'un vienne parler avec lui, de ce qu'il fait, de ce qu'il est ( de ce qu'il est lui mais aussi de ce qu'est, cet autre fou, qui vient le voir)

J'ai besoin de tous ceux qui mènent un dialogue essentiel, vital, c'est à dire... mortel . J'ai besoin de tous ceux qui vivent avec lucidité en compagnie de la mort, la leur et celle de ceux qu'ils aiment, bref de toux ceux qui défoncent leur vie pour dire non à cette mort, que pourtant ils savent inévitable. Mais je hais les dialogues légers, ceux qui ,ne descendent pas dans les abysses de l'inconscient. Il y a toujours du Scandale aux Abysses (Céline), et la majorité des gens a peur du scandale. Comme le disait Eugène Labisse (peintre français qui a croqué Boris Vian en " Bison ravi"), c'est aux abysses que la queue gêne (Pardonnez-moi cette insupportable manie de jouer avec les mots mais il faut lire,  de Freud "Du Jeu de Mots et des ses rapports avec l'Inconscient").

Il semble que dans le monde superficiel de l'art, je ne sois pas "branché". Or pour moi, être branché, c'est accrocher ses serres à un arbre qui plonge ses racines au centre de la terre, à savoir au centre de lui-même. Cela n'a rien à voir avec la mode. L'expression a été complètement "dénaturée", c'est le cas de le dire quand il s'agit de branche. Notre époque est une époque de banalisation, où les branches se défolient (se des folies). Et c'est bien pour cela que je travaille sur des branches, et sur des racines, des "roots", des racines du ciel pour parodier Gary. Je travaille même sur des troncs d'Aubépines; Parce que l'Aube est Pine et parce que l'aube et la pine sont au commencement du monde et que notre branche intime et profonde a ses racines à l'aube de l'univers .

L'ART ??? NAQUE !!!

Mini-Totems3 Mini-Totems1 Mini-Totems1 001-copie-1

 Mon thème astrologique fouillé m'a été dressé en 1977 par un professeur d'Arlon, Monsieur Leleux, peintre, auquel je rends hommage au passage. (Pour rappel, je suis Scorpion, Ascendant Gemeaux et j'ai le Milieu du Ciel en Verseau) Dans ce thème manuscrit de plus de 100 pages, il a fait aussi des projections pour les années suivantes et voici ce qu'il écrit, pour ma période 1983-1984:

Jupiter entre en trigone avec le soleil. Cet aspect est une indication de bonne santé, de fortune et de bonheur. Elle dote le sujet d'une abondance jamais facile à supporter, qui fait un trigone Jupiter-Soleil, le plus favorable des aspects, et lui apporte indépendance et force de décision extrême. Intuition et résistance physique.

Pluton entre en maison 5.  Pluton, rétrograde chez moi) (maison 5, tout ce qui a trait à la création, à la plénitude de vie) va déclencher un goût effréné de la jouissance; il aura des aventures sentimentales (En effet). Le goût de la création artistique va atteindre un sommet. Pluton va donner son maximum du point de vue de l'expression artistique (peut-être un génie..sic).

Mars est en trigone avec le soleil en Poissons et en maison 10 (très bon aspect).Il produit une surabondance d'énergie vitale qui assure au sujet une bonne santé, il fortifie la constitution et rend capable de venir à bout des tâches les plus rudes. Il donne un courage indomptable et la force de faire face aux plus grandes difficultés. Un plan à suivre leur étant donné, on peut être sûr qu'il triomphera sûrement des obstacles, car il a à la fois des facultés constructives et exécutives et de plus, une volonté invincible qui se refuse à connaître la défaite. Le caractère est franc et ouvert mais il peut être brusque. Il est trop intensément absorbé par le but à atteindre, pour perdre son temps en politesse et courtoisie et c'est sans vergogne qu'il met de côté les conventions..."

A cette époque je lie aussi connaissance avec l'Astrologie chinoise. J'apprends que je suis Buffle, que mon Compagnon de route est le Coq et que mon élément est le FEU. Je suis donc BUFFLE-FEU (1937) 

BUFFLE

Et je lis dans l'opuscule di-dessus:

" Le Buffle est un animal de tendance Yin, il vient du Nord et appartient au solstice d'Hiver. Il est Yin parce qu'il semble surgir du sol détrempé de la rizière. Il est celui qui ouvre, celui qui creuse la terre. Par sa puissance alliée à un esprit contemplatif, il symbolise parfaitement l'élément Terre (l'élémentaire), substance pesante, épaisse, dont la trame est composée de racines entremêlées, d'humus et de glaise (cela fait plus de 30 ans que je creuse et suis plongé dans la boue argileuse), de boues et de rochers. Terre des rizières, des prairies grasses et lénifiantes, peau tendue sur des entrailles grouillantes, le buffle la foule, la piétine, la creuse, c'est une sorte d'ALCHIMISTE, officiant muet du rythme des labours".

 

En février , mort de Michel LANCELOT, le célèbre animateur-radio des années 68 sur Europe 1 avec son émission CAMPUS où il dialogue quotidiennement avec les jeunes. En 1975, l'ORTF éclate et Lancelot convainc Marcel Jullian de lui céder le samedi après-midi afin de faire une émission pour les jeunes au sens large. Ce sera "UN JOUR FUTUR". Je me souviens de trois diffusions magnifiques sur Xénakis, Romain Gary, Jacques Higelin. Hélas le Magnéto n'existait pas à cette époque.

 Michel Lancelot était aussi un écrivain depuis "Le jeune lion dort avec ses dents" en 1974 qui avait obtenu l'Anti-Goncourt, premier manifeste de la contre-culture. En 1968, il avait déjà publié "Je veux regarder Dien en face" que lui a inspiré son séjour chez les hippies en Californie. En 1979, son "Julien des Fauves" sera son dernier livre.

Il a été terrassé par une crise cardiaque, à 46 ans, ce samedi 25 février  

 

Mais le printemps revient et dès que le printemps revient,(Hugo Frey) je fais des projets pour continuer d'agrandir l'étang n°2 

L

Plan de l'étang 2 en mars 1984

Le grand étang commence à se réveiller, la cascade d'hiver coule abondamment et le premier Colvert vient se baignerLe Colvert

 

Le 16 mars, je fais une grande échappée vers CHARLEVILLE, via Bouillon et Sedan (c'est à une heure de chez moi) pour aller retrouver RIMBAUD et m'arrête  au restaurant L'ETOILE- spécialités orientales, Place Ducale sous les arcades et déguste un couscous, le plat préféré de Rimbaud en Abyssinie, accompagné d'un rosé gris  d'Alger

Charleville Place Ducale

Après le le repas, nous nous dirigeons, ma femme et moi, vers la Meuse et le rue du Moulin pour rejoindre le vieux Moulin où se trouve le Musée RIMBAUD. Voici les plans de ce que l'on pourrait appeler l'intinéraire Rimbaud, à Charleville ou le "Circuit rimbaldien"Plan Charleville

Circuit Rimbaldien

Voici le Vieux Moulin et le Musée RImbaud au 3ème étage, le long de la Meuse et de sa dérivation qui passe sous le Moulin, au Nord de la Place Ducale

Charleville Le Musée Rimbaud2

Le Vieux Moulin, vu de la rue du Moulin venant de la Place Ducale et en-dessous, une roue à chien, une grande roue dans laquelle est enfermé un  bâtard jaune empaillé, censé faire tourner le cercle infernal. L'horreur. Car le Moulin contient au rez-de Chaussée, un Musée de l'Ardenne et aux étages un Musée Rimbaud assez minable. J'ignore si ça a changé en 2011 ?. Des lettres manuscrites, de vieilles photos piquées d'Arabie et d'Afrique (voir mes articles sur Rimbaud), quelques étoffes orientales ramenées par Rimbaud d'Aden ou d'Abyssinie et la malle de voyage de Rimbaud, noire et minuscule. 

Le Moulin

La roue au chien

 

Et face à la Meuse, Quai Rimbaud, la maison où vécut Rimbaud de 1869 à 1875 (de 15 à 19 ans) maison gouvernée par sa mère Vitalie CUIF. Je repense à ce bras de Meuse, cette eau et ces berges sur lesquelles Rimbaud allait jouer avec son copain Ernest Delahaye (et subitement je réalise que, moi aussi, j'ai joué sur les berges de la Meuse, quai Mativa à Liège, toute mon enfance) ...bref ce bras d'eau qui fascinait Rimbaud et qui lui a fait écrire le BATEAU IVRE, sans avoir jamais vu la mer 

Charleville Quai Rimbaud

Ensuite nous remontons vers la Place ducale et  au-delà du piétonnier, dans la rue Thiers, nous découvrons la maison natale de RImbaud, toute blanche, dont le rez-de-chaussée est occupé par la librairie "Arthur RImbaud"

Rue Thiers et Grand'Rue

Rue Thiers-Librairie Rimbaud

La librairie en 1984, aussi maison natale de RImbaud (1864)

Librairie Rimbaud-copie-1

Librairie Rimbaud

Dans cette librairie j'ai achéte le Rimbaud d'Yves Bonnefoy et un numéro sur Rimbaud , édité chez Duculot dans la collection Travelling-Biographies-et écrit par Barokas. On m'apprend en outre qu'en octobre (le 20) on va fêter le 130e anniversaire de Rimbaud

Et puis nous sommes partis au Cimetière de Charleville, retrouver la tombe de Rimbaud, à droite sur la photo, mort à 37 ans en 1891, et celle de sa petite soeur Vitalie, handicapée mentale, morte à 17 ans en 1875. Et je réalise qu'à Hauterives, nous sommes allés aussi de la maison natale du Facteur Cheval, vers le cimetière d'Hauterives, retrouver la tombe de Cheval, construite par lui, mini "Palais Idéal", bref toujours ce passage de la naissance à la mort de tous ces "fous créateurs" qui m'ont précédé;

Ecoutez Rimbaud:

"Donc le poète est vraiment voleur de feu.

Il est chargé de l'humanité des animaux même; il devra faire sentir , palper, écouter ses inventions..

Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui, les passions, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force inhumaine, où il devient entre tous, le grand malade, le grand criminel, le grand maudit et le Suprême Savant"

OH QUE MA QUILLE ECLATE! OH QUE J'AILLE A LA MER

 

Tombe de Rimbaud et de Vitalie

 

Sans transition, je reçois une lettre de félicitations de ma direction Ippa pour la réussite de mes trois examens de cours bancaires, réussis avec Grande Distinction. On m'invitera à aller chercher ma décoration à Bruxelles lors d'une distribution solennelle. Evidemment je n'irai pas. Ceci n'empêchera pas ces salauds de me virer cinq ans plus tard. Motif "Ne convient plus", après 23 ans.. Je le leur ferai payer très cherRéussite formation bancaire Mars 84

Extraits de mon journal.

Après ce petit voyage dans un bâteau ivre, de retour sur mon territoire. Mon but est bien d'anénager un territoire afin d'y amener le plus d'animaux sauvages à y vivre en paix, à savoir à l'abri de l'homme, écraseur et tueur perpétuel, tueur de vie dans l'oeuf.

Ces animaux que je veux abriter ne sont autres que moi-même. Mettre mon animalité à l'abri des hommes et de la société, étant entendu que je me proclame animal d'abord, c'est à dire innocent fondamentalement-refusant de participer aus jeux cruels du genre humain. Je suis ORIGINEL....

Découverte de Georges PERROS ce dimanche 25 mars. Terriblement ému...

 

Découverte d'une phrase de Paul VERLAINE que je reprends totalement à mon compte:

"LE MONDE QUE TROUBLAIT LEUR PAROLE PROFONDE...LES EXILE...

A LEUR TOUR, ILS EXILENT LE MONDE"

 

C'est merveilleux d'être ivre un dimanche matin à 11h42, quand on est levé depuis 6 heures et qu'il neige et qu'on est un 14 avril et que l'on fait vibrer un PIANO NOIR au mileu de TOTEMS ROUGES

Et vivent les poissons qu'ils soient d'avril ou non. Samedi dernier Schubert a ouvert la truite et comme le disent les pècheurs enrhumés, en écrasant la tête de leur proie sous une pierre sourde, "Truite ou détruite, c'est chou bert et bert choux, car il faut que cartilage soit détruit(e).

 

Ce 7 avril je tombe sur un texte fondamental de BAUDELAIRE:

"L'irrégularité c'est à dire l'Inattendu, la surprise, l'étonnement sont une partie essentielle et caractéristique de la beauté

Le beau est toujours bizarre. Il contient toujours un peu de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le beau, c'est son immatriculation, sa caractéristique"...

et puis plus loin..."Or notre public qui est singulièrement impuissant à sentir le bonheur de la rêverie (signe des petites âmesveut être étonné par des moyens étrangers à l'art, et ses artistes obéissants se conforment à son goût, ils veulent le frapper, le surprendre, le stupéfier, par des stratagèmes indignes, parce qu'ils le savent incapable de s'extasier devant la tactique naturelle de l'art véritable"

Et vlan pour les avant-gardes....

Justement je reçois un tract de la galerie L'A à Liège, tenue par des soi-disant amis de longue date, peintres. Pour  la 5e fois ils sollicitent mon fric "leur galerie soutient différentes formes de créations". Leur critère est "toute interrogation authentique face à l'art". Ils exercent une démarche alternative face à l'art.

Mais jamais depuis 4 ans, ils ne m'ont invité. Donc je ne suis rien de tout cela. Merci les amis ! Je n'oublierai jamais, Monsieur Vandeloise et consorts. Et depuis 4 ans, je cotise et participe par sympathie, par amitié. Je suis bon pour cotiser, pas pour exposer. C'est écoeurant.

 

Ce vendredi 13 avril, entre deux inspections, retour à la maison de VERLAINE à CORBION -sur-Semois (Bouiilon).

Ce vendredi 13, première journée éclatante de printemps. Vallée de la Semois. Vacances de Pâques paraît-il.

Et je suis retourné pour la première fois à la maison de Paul Verlaine à Corbion. Là, à l'enrée du bois, j'ai rencontré un certain Maziers, un corbionnais du Syndicat d'Initiative, qui réparait un toit, le toit des Lallemand, précisément les propriétaires des trois ares qui constituent les ruines de le maison de Verlaine, où il vécut de 1881 à 1888, au lieu-dit Bojaban. Voici le croquis que j'en ai fait dans mon journal

Corbion-La maison de Verlaine-Plan

J'ai donc dégringolé le petit chemin, ai retrouvé les murs et le ruisseau séparant la Belgique de la France. Maziers m'a dit que Verlaine s' était réfugié là-bas parce qu'une fois de plus à cette époque, il avait des démêlés avec les polices française et belge et pouvait ainsi facilement passer d'un pays à l'autres. En effet le mur inférieur de la maison, borde le lit du ruisseau-frontière. Voici les photos du ruisseau et des soubassements de la maison de Verlaine.

La plaque métallique "Ici vécut  Paul Verlaine de 1881 à 1888" est presque totalement effacée. Maziers m'a dit que Le S.I essaierait de la repeindre ( à ma demande hé, hé) 

Corbion-La maison de Verlaine-Plan 001

s rien..

Je découvre deux phrases du peintre BONNARD:

Il m'a aussi dit que le Curé de Corbion, l'abbé Bray avrait protégé Verlaine pendant un certain temps puis  en avait eu marre .

On a aussi parlé de l'ABSINTHE que buvait Verlaine, boisson disparue, du moins sous ce nom, dans nos régions. Il m'a dit que c'était une sorte de Pastis et que dans le temps à Corbion, un viel ivrogne en avait renversé sur une table en chêne et que le lendemain la table était toute rongée-et que ce vieux saoulard avait juré de ne plus jamais boire de ce poison qui, paraît-il, détruit le cerveau.

La rupture définitive, la dernière entrevue entre Verlaine et Rimbaud semble dater de 1875, à Stuttgart (Verlaine venait de sortir de prison). Six ans plus tard Verlaine arrive à Corbion. A cette époque, il est surveillant à Reims avec Létinois, qui y fait son volontariat et qui meurt en 1883. Il publie"Les Poètes Maudits" en 1884, et "Jadis et Naguère" en 1885, année au cours de laquelle il est emprisonné pour coups et blessures, portés à sa mère, qui meurt en 1886. Verlaine est mort en 1896, à l'âge de 52 ans. En 1886, il publie "Les Mémoires d'un Veuf" (Donc en pleine période "Corbion").

L'épisode du coup de revolver de Verlaine se passe en 1873 à Bruxelles.

Et m'a dit Maziers, il paraîtrait que les Lallemand chercheraient à revendre cette maison avec 3 ares de terrain. Alors j'ai laissé ma carte de visite....mai

"Il ne s'agit pas de peindre la vie mais de rendre vivante la peinture"

Bien que fou de couleur, il disait aussi: "Oui mais c'est encore de la couleur, ce n'est pas encore de la lumière"

 

Fin avril deux promenades avec une belle jeune femme qui me fait connaître le domaine de l'Abbaye cistercienne de Clairefontaine, à  4 Kms d'Arlon sur la route de Luxembourg. Invraisemblable périple dans une forêt déserte, prenant sa source dans un couvent apostolique longeant une rivière dénommée Eisch, dans laquelle j'ai vu se tortiller une truite noire. Cette rivière est une rivière frontalière entre la Belgique et le Grand Duché et là nous allons tomber sur les vestiges d'un barrage abandonné en 1933, chambres de visite, ècluses et quelques habitations en ruines. Lieux propices au rassemblemenr et à la protection des chauves-souris en hiver. 

" Un choc. Dans la forêt en suivant le cours de l'Eisch, nous tombons sur une grosse maison en ruines, puis juste derrière, un ancien barrage, ave toute la machinerie, ferrugineuse et rouge-rouille-et les bouleaux et le Mélèzes du Japon-le chant des Pinsons, celui de la Mésange...et celui du Merle-et  cette grande maison en ruines à l'Ouest du Barrage, avec des chambres sombres et humides, trouées d'ouvertures sur des bouleaux et des pins, jaunes de soleil...C'est la maison du Barrage de Steinfort Eisch-Maison du Barrage de Steinfort1

Eisch-Maison du Barrage de Steinfort 2Clairefontaine-SteinfortJ'ai toujours été fasciné par les ruines et elles me poursuivront jusqu'au bout. Victor HUGO, lui aussi était fasciné par les ruines, LES RUINES ET LES CIMETIERES et particulièrement les ruines envahies par la végétation. Ah louer un petit temple à Angkor-Vât. Des lieux où l'homme a fini par capituler face à la nature, il a vidé les lieux-et d'un côté j'aime mieux les hommes quand ils ne sont plus là. Ils font moins de bruit quand ils ne laissent dans la végétation, que le silence de leur mort. Et les arbres vivent plus vieux que les hommes et c'est tant mieux, car les arbres ne font pas la guerre. Ils font seulement l'amour.

Et soudain nous tombons sur deux panneaux, se trouvant dans une clairière près de l'Abbaye cistercienne de Clairefontaine et rédigés en allemand    

                                            LOCKSTOFFE FALLE

                                            FUR BORKEN KÄFER

                                            Biologische Waldschutz

                                            Ohne Gift

                                            Bitte nicht berühren

Ce que l'on pourrait traduire littéralement par"Piège avec une étoffe-appât, pour les punaises d'écorces, Protection biologique de la forêt, Pas de poison, Svp, ne pas toucher"

Il s'agit de deux panneaux transparents, à rainures contenant chacun un petit sachet avec du liquide. Nous avons l'impression de nous trouver dans un champ radioactif, miné, bref une aire expérimentale et que nous risquons d'être "contaminés". Un grand silence, une clairière brûlée, une impression d'apocalypse. En plus l'inscription est en allemand, ce qui n'arrange rien (souvenirs de la guerre 40) 

Clairefontaine 001

Clairefontaine 002

 

Ce 28 avril, le ruisseau du jour coule tout vert, euh pardon, le ruisseau d'hiver coule toujours. 

 

Mon territoire est peuplé de galeries creusées par des taupes, des rats musqués et des campagnoles appelées "rates". Et je pense que les galeries d'art sont elles aussi creusées par des taupes aveugles et par des rats

 

"Méfiez-vous du TOC, des gens "Toc". Des gens à culture-bidon non intégrée à leur vie quotidienne

A la culture de VERNIS SAGE.

Je suis un cadre et depuis toujours je réalise des oeuvres sans cadre

Il faut lire "Will there really be a morning" Fontana. Une auto-biographie de FRANCES FARMER, une star maudite d'Hollywood. Extraordinaire épopée. Il y a des femmes qui n'ont pas attendu le féminisme. Morte d'un cancer en 1970

 

Le 12 mai j'entends à la télévison, une phrase superbe de Paul KLEE (J'ai bien dit Paul et non Cassius):

" Le monde est composé de deux crêtes proches du ciel dont l'une est occupée par les animaux et la seconde par les dieux, ainsi que d'une vallée crépusculaire, occupée par les hommes"

Et nous arrivons au mois de juin . Le grand étang, avec dans le fond, la forêt donnant sur le village de Vesqueville et sur Saint-Hubert et sa forêt domaniale, puis de l'autre côté de mon ruisseau, le deuxième étang quasi terminéL'Etang 1 en Juinl'Etang 2 en Mai 1984

 

Dans l'atelier j'ai commencé un travail sur les polaroïds d'argile. En effet, pour la Banque j'utlise un appareil Polaroïd ancienne manière, avec des cartouches que normalement on jette après chaque photo, ceci aux fins de prendre des photos des immeubles que j'expertise. Je suis parvenu à restructurer ces boitiers en creux et j'y mets l'argile que je creuse avec mes mains dans les étangs. Je les bourre d'argile, laisse sécher, puis mets du liant acrylique pour soilidfier, comme toujours, puis je peins à l'huile en fonction des craquelures apparues au séchage. En juin 84, j'en suis à 49 cashes. Je demande à tous mes collègues inspecteurs à Ippa de me garder leurs cartouche vides et de les amener lorsque nous avons une réunion, à Liège, Bruxelles, Charleroi ou Anvers. J'en collecterai des centaines.

Voici d'abord le cash de Polaroïd à  l'état brut, tel qu'il sort de l'appareil. Il contenait 8 pellicules avant usage

 

P1060853

Puis ce que cela donne à l'envers, le creux bourré d'argile pétrifié et peint à l'huile

 

P1060856

 

 

 P1060863

 

P1060866

Re-journal:

" Un jour, je me suis dit: Quand je serai grand, je serai comme Ginsbarre...et j'ai commencé à boire du whisky. Remarquez j'aurais aussi bien pu dire Bukowski (Bukowiski un nom  prédestiné)

 

Nombreux contacts aussi avec un jeune peintre de 20 ans de moins que moi, Eric Müller, d'Arlon. Etudes artistiques à Mons. Un jeune prodige passionné de peinture, de musique et de littérature. Il écrit aussi. En Juin il vient passer 3 jours ici avec sa compagne également plasticienne, Edith de Kindt.

Le voiciEric Müller- Juin 84 à Moircyll y a entre lui et moi, une espèce de dialogue fondamental et spontané sur l'essentiel de la vie et donc sur la Mort et l'Amour-une tendresse énorme et une affinité de culture, la vraie, faite d'amour-qui circule tout à fait naturellement. Lui et moi sommes des tordus-curieux-assoiffés-tragiques-ce que j'apellerais des êtres à deux versants, des alpinistes en diagonales escarpées, continuelllement assis entre deux falaises.

Sans trop savoir pourquoi, j'achète à Arlon "Les Armes secrètes" de Julio Cortazar et "Le Faiseur de Pluie" de Saul Bellow, deux auteurs que je n'ai jamais lus. Du coup je me remets à la lecture de Kundera "La Plaisanterie". Ensuite j'entreprends la lecture de "Macaire le Copte" de Franz Weyergans, un auteur belge, excellent.

Cueillette ce 25 juin, dans le jardin, de Myosotis des Marais, de Gaillets fangeux et de Cardamines des Prés.

Mon exposition à La Seyne prévue pour juin a été annulée. La droite extrême de La Seyne-sur-Mer ne veut pas de moi et pourtant elle m'acueillera en 1991 et 1992

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:20
Ma Biographie n°193-1983(suite) Lille et La Seyne-sur-Mer-2e semestre

Tout d'abord une émission sur Elia KAZAN. Quel cinéaste (et malheureusement aussi dénonciateur de ses collègues à la Commission Mac Carthy). J'ai vu de lui 1.Sur les Quais 2. A l'Est d'Eden 3.America-America 4.L'Arrangement 5.Un tramway nommé Désir 6. Baby Doll 7. Le Fleuve sauvage 8. La Fièvre dans le Sang. J'ai tous ces films en K7 VHS (Eh oui je sais, la préhistoire). J'ai toujours été fasciné par le jeu animal de Brando et ensuite par celui de Dean,  surtout dans"A l'Est d'Eden". Cette façon introvertie de jouer, de se déplacer, souvent recroquevillés, comme des autistes, leur difficulté à s'exprimer, à lâcher leurs mots, leur tête dans les épaules, le jeu aussi de leurs mains et de leurs avant-bras. On sait toute l'influence de l'ecole de Stanislawski et de Lee Strasberg (Actor Studio) dans cette façon instinctive de jouer. L'influence de la psychanalyse est évidente. On retrouve cette gestuelle également chez Montgomery Clift

Elia Kazan-cinéasteAu cinéma j'au vu 5 fois "Sur les Quais", 3 fois A l'Est d'Eden ainsi que Viva Zapata.

En 1983 il a 74 ans, a été marié deux fois et ses deux femmes sont mortes jeunes (maladie)

Evidemment complètement lié à Brando, Dean et à l'Actor Studio.

 

" C'EST UN JARDIN D'EDEN QUE JE CONSTRUIS ICI ! NON A L'EST MAIS AU CENTRE D'EDEN

 

Au mois de juillet en fin un peu de repos. J'agrandis encore le deuxième étang et je prends au soleil les couleurs de mes totems. je contine de peindre ma muraille de Chine. Cet étang bis aura été la grande entreprise de 1983 au niveau de l'extérieur; elle a pris des proportions inattendues et étale aujourd'hui, ses 80 m2 (bientôt 100)Etang é en JuilletEtang Vancautotems. Moircy-Belgique-Ardennes Juillet

 

Mes poteaux ressemblent-ils à mon corps de Peau-Rouge ou alors ne serait-ce pas mon corps qui se met à ressembler à mes poteaux de couleurs ???. Tant la création est liée à la vie.. Etang Vancautotems Juillet

 

 La muraille de l'Etang

 

 

 

On voit ici qu'un deuxième espace est né derrière mes totems, un espace vert bien plane avec de jeunes arbres qui, dans quelques années, seront une petite forêt qui transformera encore le paysage. Hêtres, Chênes pédonculés et chênes  chats. Que s'est-il passé cette nuit??? .

d'Amérique, Saules, Pins Sylvestres, Mélèzes du Japon, Epiceas. Chaque arbrisseau a sa personnalité et croït d'une manière différente. Je les suis pas à pas. Seul le chêne d'Amérique, situé au Sud-Est du grand étang, est un rescapé de Libramont, avec le Buis du Ventoux. Tous les autres arbrisseaux, j'ai été les chercher en foêt dès 1980

Je voudrais encore inviter un Aulne, pour le mettre au bord de l'Etang. On dit qu'ils attirent les mouches et donc attirent les truites. Et puis il y a "Le Roi des Aulnes" de Michel Tournier. En fait je finirai par transplanter quatre aulnes.

Héla, j'ai retrouvé ma petite Hermine, celle qui avait élu domicile dans ma muraille... toute raide. Je l'ai enterrée avec mes chats

 L'Hermine morte-Moircy-Belgique

 

Dans mon journal ce samedi 2 juillet 1983, après une conversation pénible, avec ma belle-soeur:

" Je crois que je commence à comprendre. Ce n'est pas seulement en tant que marginal que l'on veut "m'assassiner", c'est aussi simplement parce que j'ai la force de m'obstiner, de m'acharner à réaliser quelquechose dans ma vie, alors que la majorité des gens n'a pas cette force, cette volonté de pousser toujours plus loin, de renoncer à la facilité, d'apprendre la solitude. Alors quand quelpar ce langage de curé impuissant???On vacille un moment, on se dit, oui tu ferais mieux d'aimer que de créer, comme si en créant, on n'aimait pas profondémqu'un s'emploie à cela et a assez de force pour assumer dans les faits, ce qu'il proclame en paroles, on cherche à le tuer, à le châtrer, en lui disant que ce qu'il fait n'a aucun sens, aucune utilité, qu'il cherche seulement à s'exhiber, à devenir célèbre etc..., que ce qu'il fait n'est que le reflet de sa problématique, que s'il était un peu plus équilibré, que s'il s'occupait de sa femme, de sa fille, bref des autres, il n'aurait plus besoin de compenser son manque humain, son incapacité de vivre simplement, par l'érection de phallus indécents. Et on se laisserait avoir par ce langage? On se laisserait tuer lentement. Ah tous ces prêchi-prêchas de tous ces gens qui ne font rien et qui préfèrent tuer ce que les autres font.

 

On me dit qu'il y a d'autres voies initiatiques que celles de la création artistique. Je réponds oui, mais souvent moins intenses et j'ai moi-même suivi beaucoup de chemins, un des plus récents étant celui qui a consisté à construire une maison et dès lors à devenir un "manuel" ce que je n'étais pas du tout de par mon éducation. Passionnante initiation aussi.

 

Mais la voie artistique rassemble et intensifie, toutes les initiations quotidiennes. Voilà la différence. Cela vole au-dessus...Dabord parce que la création opère en dehors du quotidien, ensuite parce qu'il s'agit d'un travail constant de remise en question et de concentration. Enfin parce que l'acte même de création se situe en dehors du temps et en dehors des autres. Il s'accomplit dans un silence total. ll se peut qu'une oeuvre soit le reflet d'un manque ou d'un mal-être mais elle est aussi complètement au-dessus de tout et notamment de la mort, ce qui n'est pas le cas dans nos initiations fortuites reçues au cours de notre vie. Néanmoins l'amour se situe au même niveau mais l'amour nous échappe car nous ne sommes pas seuls en cause. Tandis que dans la création.,, Oui !!

Je pense que beaucoup de gens m'envient d'avoir la volonté inébranlable de chercher à atteindre l'inaccessible. Je me tiens à mes choix, je sacrifie à mes choix. Je ne suis pas un dilettante, je préfère agir que parler. Alors causez toujours mes lapins, moi je continue et si ça vous déplaît, allez vous faire foutre et disparaissez de ma vie. Cessez de réduire ma création à une problématique. Vous avez vos problèmes mais le drame c'est que vous, vous n'en faites rien....

 

Je sens que je vais devenir beaucoup plus impitoyable. On m'a souvent reproché mon egoïsme-eh bien, on n'a encore rien vu. L'altruisme, ce n'est pas payant. Cela consiste souvent à se laisser dévorer par les faiblesses des autres. Ma grande faiblesse a été de vouloir être aimé, parce que je ne l'avais pas été en tant qu'enfant.

L'amour des autres est un leurre dans la plupart des cas. L'amour existe au même niveau que la création, aussi difficile à réaliser que la création. Ils appartiennent tous deux à un autre monde.

 

Ce matin à la radio, j'ai entendu parler de TRUITES de MER, qui évolueraient dans la Meuse et qu'une circulaire ministérielle viendrait de mettre sous protection. La truite serait peut-etre à l'origine, un poisson de mer, ce qui expliquerait ses affinités avec le requin

 

Mon travail sur les pierres dans l'atelier avance bien, lui aussiDans l'Atelier Pierres

 

 Et à l'extérieur les PONEYS se mêlent aux Totems

 Déc.83 Les dans le jardin de Christian vancau

  Mon ami de l'Université, Alex Jacquemin, devenu éminent professeur d'Economie à l'Unuiversité de Louvain, reçoit le Prix Francqui, considéré comme le Nobel de l'Economie, des mains du Roi Baudhuin et de la Reine Fabiola. Il est a ccompagné de sa femme Brigitte Desaive, mon ex-fiancée. Je ne m'étendrai pas sur le sujet, dont j'ai parlé par ailleurs dans ma biographie (1960). Il est décédé de la maladie d'Alzheimer en 2003 ou 2004, je penseAlex Jacquemin Prix Franqui

 Prix Franqui Jacquemin et Desaive

Et fin août, ce voyage à Lille. Notre hôtel chevauche le Furet du Nord, la plus grande librairie de France, avec 150 employés et 500.000 livres en stock. C'est sans le savoir que nous avons réservé un hôtel, l'hôtel de Strasbourg qui recouvrait cette librairie au premier étage, en grand écart sur la Place de Gaulle et la rue Roisin. Là, à l'intérieur du Furet, j'ai fini par m'offrir un "Cahier de l'Herne"sur CELINELille Notre Hôtel de Strasbourg, aussi le Furet du Nord du ? Place de GaulleLille août 83Lille août 83 001Le Vieux Lille août 1983

A Lille, il ya des tas de petits coins et dans le vieux Lille, un endroit remarquable. L'ilôt de notyre-Dame de La Treille, avec ses maisons abandonnées envahies par le Lierre. Fascinant. C'est moi qui m'amuse à colorier les ciels de mes photos au feutre bleu.

 

Je crois avoir lu qu'à Lille, il y avait eu une ILE et que donc Lille vient de l'Ile et l'Ile ça me concerne car je suis en train de devenir une île au milieu de mes étangs. Je suis donc parti à Lille avec mon épouse Céline pour y retrouver au Furet du Nord, l'écrivain CELINE 

 

En revenant de Lille, je suis passé à Mons, rue d'Havré, chez mon ami libraire André LETO et j'ai acheté un livre sur Victor HUGO "AUTREMENT L'ART", un livre à propos de ses dessins et de ses peintures car j'ai lu ceci dans la préface: "Les deux mille dessins connus obéissent à une règle mystérieuse. D'un côté le monde minéral et végétal est seul représenté. De l'autre, se déplace un monde organique, zoomorphe ou anthropomorphe. Il est exceptionnel qu'un personnage traverse un décor." Victor Hugo Ses Peintures

On pourrait dire exactement la même chose de mon travail ou de celui de Dubuffet. Bref on pourrait dépeindre ma production exacement de la même manière et mon attirance pour certains aspects de Victor Hugo n'est évidemment pas le fruit du hasard.

 

A mon retour de Lille ja vais me plonger dans Les Cahiers de l'Herne sur CELINE, avec délices. Je jubile à chaque page, surtout au niveau des correspondances entre Céline et ses amis(es)

  CELINE dans les Cahiers deL'HERNE

Et j'apprends ceci sur Céline, dans une lettre qu'il adresse à Evelyne Pollet "Moi-même Flamand par mon père (tout comme moi) et bien breughelien par l'instinct (comme moi), j'aurais mal à ne pas délirer entièrement du côté du Nord..."

et plus loin "Il est certain que vous êtes douée de haute malice, de fine observation, de sentimentalité délicate, de grande ferveur. , mais tout ceci n'est pas grand'chose SANS BEAUCOUP D'ANARCHIE (c'est moi qui souligne). Non pour le principe et le poncif, mais parce que nous vivons de travers et à l'envers. Il n'y a de lumière que dans les endroits défendus-hélas!"

me

et puis "Je ne suis qu'un ouvrier d'une certaine musique et c'est tout et tout le reste est infiniment indifférent, incompréhensible, paniquement ennuyeux. Ce monde me paraît extraordinairement lourd avec ses personnages appuyés, insistants, vautrés, soudés à leurs désirs, leurs passions, leurs vues, leurs vertus, leurs explications...lourds, interminables, rampants, tels me paraissent les êtres, abrutis, pénibles de lenteur insistante...lourds. Je n'arrive en définitive à classer les hommes et les femmes que d'après leur "poids. Ils pèsent. Ils mastiquent 20 heures, 20 ans...le même coït, la même haine, la même vanité...

"QUAND ON A PAS D'IMAGINATION, MOURIR C'EST PEU DE CHOSE. QUAND ON EN A, MOURIR C'EST TROP"

"CREVER BIEN LIBERE VOICI AU MOINS LE TRAVAIL D'HOMME..."

"Regardez bien un cimetière. Il contient tous les mots, toutes les passions, tout. A mesure qu'on avance vers le cimetière, il convient de s'alléger de tout ceci, d'y arriver le moins lourd possible de bêtises. C'est l'oeuvre même"(lettre à Evelyne Pollet)

Lettre à Elie FAURE: "Je suis anarchiste depuis toujours, je n'ai jamais vôté, je ne voterai jamais, pour rien ni pour personne, je ne crois pas aux hommes

"Elie, l'Homme est maudit. Il inventera des supplices mille fois plus effarants encore. Dès l'ovule, il n'est que le jouet de la mort...)

 

Reçu une lettre de Jean DUBUFFET. Il a tout compris lui, Dubuffet. Autre chose que tous ces bovins, organisateurs d'évènements, comme on dit maintenant...Des fonctionnaires exsangues. Les cloportes de la Culture... 

Lettre de Jean Dubuffet à Christian Vancau- 1983 1983-copie-1

 

Le 30 septembre c'est la fermeture de mon bureau. J'ai vécu dans ce lieu en 1971, en arrivant de Liège et l'ai quitté au niveau privé en 1979 (les deux étages au-dessus du bureau), après avoir acheté Moircy. Mais le bureau a continué d' exister jusqu'en 1983

Sep 83 La fin de mon bureau Ippa à Libramont

Sep 83 La fin de mon bureau 001-copie-1

 

L'Atelier et les créations en cours, fin 1983. Des tas de pierres peintes, des tas de mini-totems, le début de mes créations"PolaroÏds", en 5 et une grosse pierre, en 6Déc.83 Atelier de Christian Vancau à Moircy

Déc.83 Les Mini-Totems

  NOV 83 Début PolaroïdsPierre peinte de Christian Vancau-Moircy-1983

 Il y a aussi ce piano qui m'apprivoise de plus en plus. je recherche les accords du passé, enfouis dans ma mémoire (appris il y a 34 ans). Mon père et mon grand'père avaient un piano et en jouaient. J'ai été élevé dans la musique classique.

 Extrait de mon journal.

"Je suis toujours fasciné par la beauté formelle des instruments de musique. Le piano est un objet merveilleux, à l'extérieur comme à l'intérieur, une beauté à la fois rationnelle et émotive. Et en plus c'est un objet qui a une voix et qui parle. Quand je le vois, tout de noir vêtu, d'une sobriété incroyable, au milieu des mille feux de mon atelier, je le ressens comme un "contrepoint "à mon travail pictural.P1060822

Hier en m'essayant à des compositions "impros", je me disais que j'avais à la fois tendance à jouer à la gauche du piano (je dis bien, quand je compose) et à la fois sur les touches noires- à savoir en MINEUR, plutôt qu'en Majeur. Pourquoi ces termes de "Mineur" et de "Majeur"? D'où viennent-ils?. J'ai pensé qu'ils venaient peut-être de la pensée occidentale ou le BLANC, la lumière, le YANG, est considéré comme prééminent, primordial, à savoir "Majeur", alors que l'obscurité, le féminin, le YIN, le NOIR, est considéré comme MINEUR (Les Noirs sont considérés comme inférieurs). Le piano qaurt-queue de Christian Vancau

Les mélodies en mineur sont toujours graves, mélancoliques, nostalgiques. C'est ce genre de mélodie ténébreuse, orageuse (scorpionnesque?) qui est en moi et qui sort de moi lorsque je compose. Je suis né à la nuit tombante, à 18h20, le 1er novembre, en automne, à quelques heures du Jour des Morts. Dans les Quatre Saisons de Vivaldi, c'est l'automne qui me trouble le plus. P1060826

En outre les mélodies orientales sont souvent en Mineur. Et l'Orient est la partie féminine du monde par rapport à l'Occident (la partie mineure hé, hé) et mon attirance pour l'Orient n'est pas due au hasard. Il y a aussi de l'Orient dans mon travail pictural. Et je préfère les femmes aux hommes et les indiens aux Cow -boys. Tout se tient". Christian vancau au piano

 Le 5 novembre, je retrouve mon ami Jacques LIZENE, plasticien liégeois avant-gardiste, bien connu, qui vient de sortir un disque qu'il me dédicace. Jacques Lizène, le minable Music Hall, le chanteur en-dessous de tout, le chanteur de la médiocrité et de la non-importance. Nous nous connaissons depuis 20 ans. Il est scorpion comme moi. Un personnage. Voir sur Google....LIZENE Dédicace de son disque à Christian Vancau

 

Et enfin la Noêl, à La Seyne-sur-Mer, à côté de Toulon. Chez nos amis Dion,Thierry et Mireille, pour préparer une exposition de mes oeuvres, qui devrait avoir lieu en Mai 1984, au Fort Napoleon ci-dessous. Nos amis habitent à Fabregas au sud -ouest de La Seyne. Nous quittons la belgique le 27 décembre 1983 à 5h30. Nous sommes à Dijon au km 417 à 10h35 (contournement de la ville à l'époque), à Lyon Km 613 à 12h30, à Avignon, Km 836 à 14h30 et à La Seyne-Toulon, Km 985 vers 16h00 Puis Fabregas, 16h15. Mille kilomètres d'une traite. Mon épouse ne peut pas conduire, j'ai une voiture de société que je puis utiliser pour mes vacances mais.... 

Extraits du journal:

Fantastique séjour de 48 heures. La descente vers le Sud. Le verglas à 5H du matin, puis petit à petit le jour qui se lève, la lumière qui s'intensifie en Bourgogne, grand soleil mais le choc sur l'autoroute avec l'apparition de la Montagne Sainte-Victoire, succédant au Ventoux et brutalement la grande ouverture sur la Méditerranée à hauteur de La Ciotat, la recherche des Dion dans la ville de La Seyne, le faux aiguillage dans la presqu'île de Saint-Mandrin (celle des sous-marins atomiques), les Parcs à Moules, à contre-jour sur une mer de soleil couchant.

L'appartement des Dion et leur terrasse dominant la mer à Fabregas, le souper et la promenade le soir, sans lune mais avec des étoiles sur cette colline et à nos pieds, scintillantes, les mini-villes: La Seyne, les Sablettes, Saint-Mandrier, Tamaris, le Mont Faron, Toulon, Six-Fours, les Embiers, Saint-Elme. Je suis loin de me douter que je vais revenir séjourner à 6 reprises dans ces lieux, de 1990 à 1994 et encore en 2007Noël 83 Christian Vancau à La Seyne-sur-Mert 1

Et le lendemain le 28 décembre, la plage de Fabregas, puis de nouveau Les Sablettes, les parcs à Moules avec toutes ces cabanes en bois sur pilotis et puis la mairie de La Seyne, au 8e étage, la rencontre avec l'attaché à la Culture BREMONDI, originaire de La Spezia, très vieille famille de La Seyne, qui est remplie d'italiens, de Corses, de Nord-Africains, beaucoup de noms en "i", toute l'histoire de la ville par Bremondi en regardant par la fenêtre du 8e étage, une ville où les Communistes ont le pouvoir depuis 1947 avec le Maire Merle (chantiers navals de La Seyne),Noël 83-Christian vancau à La -sr-Mer:La Ville

ensuite  le restaurant Ll'OUSTAL, où nous mangeons Sud-Ouest et Bremondi qui parle et qui parle pendant que nous buvons notre apéro maison à base d'Armagnac, ensuite les Tapenades, le foie gras mi-cuit et enfin le Magret aux haricots et la glace aux pruneaux avec du Cahors. (Ah ....elle sait recevoir la Mairie de La Seyne. Dire tout de même, que mon ami  Thierry Dion fait partie du service culturel de la Mairie, organisant le festival de théâtre, le Festival de Jazz et les expositions. Sinon je ne serais pas là)...

Et nous resortons très lourds dans la lumière du port, et plus loin... les chantiers navalsNoël 83 La Seyne Le Cap Sissié et le Port-,

puis nous montons vers le Fort Napoleon, sur une butte située au centre d'un Parc de 18 hectares, appartenant à la Municipalité. C'est là que je vais exposer. Un Fort comme un cratère de volcan envahi par la végétation, avec une cour intérieure superbe, et des murs surplombés de Pins maritimes, des murs sur lesquels je grimpe, avec la Méditerranée à gauche et à droite et des collines partout (au loin le Mont Faron et le Mont Coudon), tout cela dans la lumière du soir car il est entre 16 et 17 heures. Et puis le concierge qui ressemble à Brassens, qui nous invite à prendre un verre, sa femme qui parle comme une mitraillette cet "aksagne du Sude" difficile à suivre, les deux gendarmes de Saint-Tropez qu viennent dire que l'accès du Fort est interdit aux voitures, que les promeneurs se plaignent...et puis qui finissent par prendre l'apéro avec nous dans la cuisine ("eugne Casa" le pastis de là-bas, c'est galère) devant le feu ouvert où brûle le Pin Maritime.

Et le soir Thierry et moi, gavés comme des oies-enfin comme des canards-, incapables de manger ce que nos femmes sont allé chercher au Marché de Toulon. Cosi fan tutti sur le tourne-disques et la musique d'Apocalypse Now et nous écroulés sur le divan, putaigne...Fort Napoleon2Fort Napoleon à La Seybe-sur-Mer en 1983 

Et le lendemain c'est le plein soleil. Encore un tour au parc à Moules, l'achat des journeaux locaux, la marseillaise et le Var-Matin, le soleil splendide 

La Baie de Tamaris

Noël 83 La Seyne- La Baie de Lazaret 2-copie-1

  et la montée vers le Cap Sicié, les sentiers de Mulets, la descente dans les criques, la découverte des rocher noirs, les crevettes et les oursins, la plage et...sur notre droite, le rocher des deux frères face au Cap Sicié, les natuistes mâles qui se promènent, tout fiers d'exhiber leurs zizis de crique en crique...et que la grande crique me croque..Noël 83 La Seyne- Le Cap Sicié

Et moi plongeant dans la méditerranée qui doit faire entre 15 et 17 degrés. Nous sommes un 29 décembre. C'est l'Eté Indien  et nous nous dorons au soleil, ramassons des pierres et des bout de bois patinés par les marées. Et aussi les carcasses de voitures, précipitées du haut de la falaise et les Messugues (de la Ciste cotonneuse), petites chicorées vertes que l'on découpe sur les falaises et que nous mangerons le soir dans un autre décor: celui de Sainte Anastasie, près de Brignolles. Noël 83 La Seyne- Bain de Mer de Christian Vancau

Et puis départ via Toulon pour Sainte-Anastasie où Mireille Rousseau (compagne de Thierry Dion), a une maison,... direction Nord, avec cette route de Corniche dans le soleil couchant et ce panorama superbe de couleurs ocres, et sur le bord de la route, au soir tombant, la cueillette du thym, à pleines poignées.

Et enfin Ste Anastasie, une vue unique et étroite, le soleil a disparu, une impression d'oppression, je ne sais pourquoi, et puis la soirée avec la famille de Mireille, avec Romolo, Françoise et Fabrice. Nous mangeons des Violets et des Rougets(de Lille), un vrai repas de peintres. Une nuit agitée, j'ai bu trop de ricard, un lever pénible à 6h00 du matin, l'expresso très lent à "s'expresser", le morceau de gâteau de la veille, le départ à 6h30, la recherche de l'autoroute aux alentours de Brignolles. Arrivée en Belgique à 16h30, en dépit du brouillard. Nous sommes le 30 décembre 1983 et avons quitté la Belgique, le 27 décembreNoël 83 Ste Anastasie près de Brignolles

Et c'est terminé pour 1983. J'en suis à la page 598 de mon journal manuscrit

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Published by Christian VANCAU - dans Ma BIOGRAPHIE
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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 09:58
A Bruxelles, la Place Rouppe, vue de ma chambre d'hôtel. Dans le fond le resto "Comme chez soi"

A Bruxelles, la Place Rouppe, vue de ma chambre d'hôtel. Dans le fond le resto "Comme chez soi"

1983 commence très mal pour moi. J'apprends pas des bruits de couloir que mon bureau va être fermé, alors même qu'au vu de mes résultats, la Banque IPPA-Anvers, cherche un immeuble plus grand et mieux situé à Libramont, depuis plusieurs mois. Je me rue sur le téléphone et prends rendez-vous avec mon supérieur direct à Liège, un certain Hollange. Quand j'entre dans son bureau, je ne puis y croire. Eh bien si c'est exact !!! Ma secrétaire va partir à Namur et moi on n'a aucune idée...peut-être me reclasser dans les bureaux à Liège???on ne sait pas. 

 

Donc après m'avoir retiré mon réseau d'agents en 1981, m'avoir fait prospecter de la clientèle nouvelle à Libramont, m'avoir féléicité de mes résultats, m'avoir fait suivre des cours bancaires à Liège, que j'ai réussi avec la plus grande distinction, la Direction décide de fermer le bureau de Libramont; Une vraie bande de salopards et de fourbes, les gens d'Anvers et de LIège. Une place d'Inspecteur est ouverte pour le Sud de la Province du Luxembourg, donc mon ancien secteur,  et on ne veut pas me la rendre. Ja vais batailler pour l'obtenir, pendant des mois. J'y reviendrai car cela va se jouer en avril, mai et juin

 

En attendant janvier est tout blanc et un ruisseau d'hiver s'est mis à couler, alimenté par une souce surgissant de la pâture voisine, mais qui s'assèche en été Neige Jan 83

Ruisseau dHiver

Dès  le mois de mars, j'installe les totems au bord de l'étang, construis une muraille constituée des pierres  piochées en le creusant, pierres que je vais commencer à peindre à l'huile avec mon pouce, et je je commence à creuser un deuxième étang au Sud de mon ruisseauInstallation Totems en Mars 83Installation Totems 2-copie-1Début muraille en couleurs Mars 83

Le 3 mars 1983 c'est le suicide d'Arthur Koestler et de sa femme Cynthia, dans la chambre de leur maison à Londres, même tragédie que les époux Zweig en Argentine. Arthur Koestler a beaucoup compté dans ma formation intellectuelle et éthique. C'est un tout grand bonhommeSuicide d'Arthur Koestler et de sa femme Cynthia Mars 83 

Aussi la mort de Maurice Ronet. Surtout l'Homme de Feu Follet de Malle, où il incarne un héro typique de Drieu la Rochelle. Et puis les "Chabrol" bien entendu. Il allait avoir 56 ans

Mort de Maurice Ronet-1983 

 

Ce qui ne m'empêche pas de continuer à aggrandir mon deuxième étang dès le mois d'avril et de porter sa surface à 40 m2 (8 sur 5)Début 2e étang avril83-1

Début 2e étang avril83-2

Et dans l'atelier, je continue mon travail sur mes pierres peintesMa table de travail en Mars 83

Je reçois aussi des nouvelles de mon ami Henri POUSSEUR, un grand compositeur belge, qui annonce sa visite prochaine, une très belle carte, avec 8 poèmes de Po Chü-i, 12e siècleCarte d'Henri Pousseur à Christian Vancau-1983 

Carte Pousseur recto-8 poèmes de Po Chüi 12e s. Tokyo

Une carte aussi de Jean-Pierre Verheggen que je vais bientôt revoir à Bruxelles. Verheggen est un écrivain belge important  (Le degré Zorro de l'Ecriture-Ninitzsche peau de chien, Madame Mao etc....)Carte de JP Verheggen à Christian Vancau 

JP Verheggen

 

Autre anecdote. Un jour en rentrant à Moircy, je vois quatre gaillards qui sont en train de hisser un piano à queue dans mon atelier, via le hall d'entrée. Qu'est-ce???. Céline ma femme me dit qu'elle a acheté d'occasion un piano, à des amis (250 Euros), pour apprendre à en jouer. C'est un quart-queue et il prend une place énorme???. Elle aurait peut-être pu m'en parler???Je ne suis pas content du tout mais c'est trop tard le piano est hissé. Céline prendra des cours et abandonnera très vite. Et à ce moment je commencerai à m'intéresser à ce piano qui ne sert à rien et me remettre à jouer (J'ai pris un an et demi de cours en 1949 et suis arrivé direct en 3e année, mais ne suis pas allé plus loin )

C'est un Förster 1903, tchécoslovaque, cadre métallique, double carburateur et tout et tout. Nous le ferons restaurer pour 150 Euros. Quatre-cents euros pour un quart- queue, qui dit mieux?

Au début il me bouscule ce piano, planté au milieu de mes totems. puis peu à peu il m'apprivoise. Mieux au niveau ésthétique, il compose avec le rouge de mes bois, une merveilleuse symphonie stendhalienne Arrivée du piano (Mai)

 

Et moi avec tous ces amis passionnants qui m'entourent et parallèlement qui suis en train de me colleter avec une bande de cons incultes, ceux de la Banque flamingante IPPA, Plus flamingant que les anversois, tu meurs. C'est aussi le fief du Vlaamse Blok. Car c'est déjà du Bart de Waever que je suis en train de vivre, à titre personnel.

Voilà on me donne une chance de décrocher la place d'Inspecteur Sud-Belgique. Partir en stage à Anvers et à Bruxelles du 19 avril au 6 mai, puis du 16 au 18 mai, puis tournée dans mon nouveau secteur qui comprend en plus les pays de langue allemande (cantons rédimés) avec un Inspecteur de Malmédy, un certain Krings, imbuvable personnage et enfin passer des examens à Anvers les 1er et 2 juin.
 

Je signale que je pratique ce métier depuis 1966 et que j'ai créée seul deux réseaux d'agences. Et Ippa va m'apprendre mon métier.

 

Le Crédit Foncier de Belgique est une société belge et non "flamande" de crédits Hypothécaires, créée en 1835 et située Place du Petit Sablon à Bruxelles. J'y suis engagé en 1966, lors de la création d'un Département Caisse d'Epargne pour constituer dans la Province de Liège, un réseau d'agents indépendants, les former et leur faire ouvrir des livrets d'épargne dans leur entourage. En 1971, un réseau de 60 agents est formé, c'est une réussite.

On m'envoie donc recommencer dans un territoire totalement vierge où je ne connais personne, la Province de Luxembourg, et on crée un bureau à Libramont. Je repars à Zéro et le réseau est formé dès 1976 et tourne bien. Je suis donc nommé Directeur Provincial et mieux encore "Fondé de Pouvoirs" (Pouvoir d'engager la société dans certains actes juridiques). Sur la photo ci-dessous, le Crédit Foncier est l'immeuble foncé dans le fond à droite. Nous sommes au Petit Sablon, la Place des antiquaires. Dans le fond l'Eglise du Grand Sablon, de l'autre côté de la rue de la Régence.

Autre élément qui joue en ma défaveur. Quand je sollicite un prêt en 1978 pour acheter ma maison à Moircy, j'ai un entretien téléphonique avec le Directeur Général, Monsieur Tyteca, frère du célèbre psychiatre. Il me dit "Comment Van Cauwenberghe, vous voulez acheter dans les Ardennes, mais nous avons d'autres ambitions pour vous. Vous êtes docteur en Droit, vous êtes "bien né" (je n'oublierai jamais cette expression ridicule), vous avez fait vos preuves sur le terrain, nous avons d'autres projets pour vous au sein de notre siège social etc..". Et moi de répondre: " Non Monsieur Tyteca je veux rester ici, je ne veux pas retourner en ville, traduisez: "je n'ai aucune ambition au niveau professionnel". Ceci figurera évidemment dans le dossier, le mien que le Crédit Foncier transmettra à Ippa en 1980 "Pas d'ambition". Ceci dit mon patron a été correct et j'ai eu le prêtLe Crédit Foncier de Belgique au Petit Sablon-1983 

Le 18 avril, je me présente à Anvers et me retrouve enfermé dans des bureaux pour la première fois de ma vie. Avantage je suis libre  à 16h30, logé à l'hôtel et j'ai la possibilité d'approfondir ces deux gandes villes, Bruxelles et Anvers dans lesquelles je vais séjourner pendant plusieurs semaines. Voici d'abord mon hôtel, l'EUROTEL. Situé derrière la gare centrale et à côté du Zoo (Mes patrons ont sans doute voulu que je ne sois pas trop dépaysé). Je suis au 6e étage à gauche, ma fenêtre est ouverte, sur les vapeurs des trains mêlées  à celles des crottes de chimpanzés, chimpanzés que je  vais retrouver dans les bureaux. Un monde... les bureaux, avec des enfermés qui s'ennuient, des chefs et sous-chefs de service qui s'y croient, le café à 10 heures et à 14 heures, histoire de tuer le temps. Les bureaux sont des cimetières peuplés d'individus pré-enterrés.

Me voici donc à Anvers à l'EUROTEL. Je suis dans la partie de gauche au 6e étage, ma fenêtre est ouverte

Anvers Eurotel Façade-chambre de Christian Vancau-1983 

Anvers Eurotel

Extraits de  mon journal:

Ce lundi 18 avril à Anvers. Eurotel, à côté du jardin zoologique (Dierentuin) et derrière la gare centrale. Il est 22 heures. Je suis dans ma chambre 606 au 6e étage, sur mon lit, seul, devant la télé-couleurs. Grand Echiquier de Jacques Chancel avec Patrick Segal. Il  fait chaud. Plein de juifs en tenue dans la ville, près de l'hôtel à la Pelikaanstraat, la rue des diamantaires qui longe le chemin de fer. Ici c'est le super-luxe-style Sheraton--avec piscine, centre de fitness, téléphone, radio et tv dans toutes les chambres, 60 euros la nuit. J'en profite à mort. Vive Ippa. Demain départ pour Bruxelles

Extrait de mon journal: " mais ils sont cinglés tous ces juifs avec leur coiffure à la Culture Club-Boyd George-, cette espèce de tresse phallique qui jaillit de leurs chapeaux noirs...tous ces jeunes mecs à la peau blafarde et froqués de noir, des pieds à la tête. Je les voyais tout à l'heure dans la Pelikaanstraat, en partant vers le Middelheim, avec derrière eux, les enseignes diamantaires "Schwarz-Rosenthal-Blumentahl...et tous ces flics de faction sur les trottoirs" 

La vue de ma fenêtre celle de la 606. Hideux. Le centre ville c'est tout droit. Le zoo est à gaucheAnvers Vue de ma Chambre 606 EUROTEL

Je suis donc sur la droite du plan ci-dessous. Au milieu il y a deux buildings IPPA, au Meir et à la LangeNieuwestraat. A droite le centre de la vieille ville avec le Grote Markt et la Groenplaats. C'est de ce côté que je passerai mes soirées, tout près aussi du Steen (Le Port). Sous ce plan d'abord le Meir et le building Ippa en jaune à gauche, une horreur, au Monopoly belge le Meir est la rue la plus chère, ensuite la Gare Centrale et le Quartier de China Town, et enfin la Groenplaats avec la statue de Rubens et le Steen(le port)Plan Portobello d'AnversAnvers Plan

Le Meir et Building IPPA AnversLa Gare Centrale et China Town 

Anvers Groenplaats 2-St atue de Rubens

 Anvers Tram rougeLa maison de RUBENSAnvers Maison de Rubens 

Hmmm....ça sent la MOUETTE

Anvers Le Steen

Dès le 19 avril, je me retrouve à Bruxelles et suis logé à l'Hôtel Windsor, à la Place Rouppe, hideuse elle aussi, dont la seule éclaircie est le celèbre restaurant bruxellois, le "Comme chez Soi", situé au fond de la Place, devant ma fenêtre. Nous sommes dans le quartier de la gare du Midi.

Bruxelles Mon Hôtel Windsor Place Rouppe-2 

Extrait de mon journal: "Ce mercredi 20 avril. Mal dormi pour la troisième nuit consécutive. Je vais partir pour le Petit Sablon (Crédit Foncier-ma Banque) avec  ma serviette et mon sac photos. Je gare ma voiture dans la cour de la Caserne Prince Albert (rue d'Egmont). Hier soir après avoir vu le film "La Balance", de Bob Swaim, avec Nathalie Baye, Richard Berry et Philippe Leotard, je suis revenu de la Grand'Place à pied, en 7 minutes.

 

Voici la Place Rouppe vue de ma chambre. Au fond, à gauche de la rue du Midi, au coin de la place le "Comme chez Soi" (sauf que c'est nettement plus cher)

Bruxelles Mon Hôtel Windsor Place Rouppe

Et voici le plan de quelques quartiers dans lesquels je vais errer pendant 3 semaines (Plan extrait de mon journal)

Bruxelles Plan

Le jeudi 21 avril, je vais à la Chaussée de Charleroi où une ex-"amie", peintre que je n'ai plus vue depuis 13 ans, expose dans la, très en vogue, Galerie Jucien BILINELLI. je me retrouve seul avec le patron, qui est devenu son compagnon et galeriste, et un certain feeling s'installe entre nous. Il semble s'intéresser à mon travail (J'ai toujours des photos avec moi au cas où ) Arrive la belle, super fringuée. Retrouvailles assez guindées, on l'imagine. Est-il au courant?? Vers 21h00 en fermant la galerie, ils me proposent de me reconduire à mon hôtel. Stupéfaction, on me fait monter dans une jaguar super- luxe. Je m'assieds à l'arrière. Imaginez, j'ai connu D.dans une misère totale à Liège, allant jusqu'à lui faire acheter deux peintures par des amis, afin qu'elle puisse manger à sa faim jusqu'à la fin du mois, dans les années soixante (nous nous connaissons depuis 1962). J'apprendrai que son compagnon est richissime. il vient de Milan et fait dans le vêtement(Oh le sale...). Il possède plusieurs boutiques prospères et comme galeriste est en train de faire fortune avec l'avangardia italiana.

Je suis évidemment estomaqué. Je n'avais plus de nouvelles de D., partie de Liège pour NIce avec son mari coiffeur, qui  y tenait salon. Je ne reverrai D. qu'en 1989, après mon licenciement et la séparation d'avec mon épouse. Nous redeviendrons amants, 20 ans après la première fois. Mais ceci est une autre histoire. Il faudra chers lecteurs attendre la fin 1989, si j'y arrive

 

Au Petit Sablon, dans certains bureaux où j'accomplis mon stage, j'ai une belle vue sur le square, ce parc dans lequel Folon exposera ses sculptures, des années plus tardLe Petit Sablon en 1983 

A l'hôtel chaque soir j'écris dans mon journal:

Lundi 25 avril: " Sixième jour de stage. Très étrange sensation de me retrouver dans cet hôtel de la Place Rouppe, auquel je commence à m'habituer. J'entre dans la peau d'un voyageur de commerce. un inconnu dans la ville.

Depuis le WE dernier, plutôt décevant, je me sens sans attaches Autant ici qu'ailleurs; Au moins ici, suis-je à l'abri des reproches éternels de mon épouse, continuant à écrire ce journal dont elle n'a jamais daigné lire une seule page.

Et ce piano à queue, ce crapaud apparu dans mon atelier ce WE, à l'initiative de Céline, que va t'elle en faire, que signifie t'il, sur le plan de son inconscient ??? Un horrible week-end de tension . Oui, j'ai même accepté ce dimanche de recevoir des gens qui ne m'étaient rien, de peur de me retrouver seul, face à sa perpétuelle agressivité à mon égard (qui dure tout de même depuis 14 ans)"

A la Grand-Place au moins on respire

Bruxelles du 19 avril au 6 mai 

Mercredi 27 avril (extrait de mon journal): " Hier soir j'ai vu GHANDIJI, superbe film de Richard Attenborough avec Ben Kingsley, aux Galeries de la Reine. Après, resto à la Petite rue des Bouchers, que voici, dans mon ilôt sacréBruxelles Petite rue des Bouchers

Durée du film, trois heures vingt. Je suis rentré à minuit. Avant, je suis passé à la Librairie d'art Post-Scriptum et ai  montré des photos de mon travail, au patron Bernard Marcellis. J'achète un livre sur Tapiès.

Ce soir retour à Moircy pour une nuit et demain re-marathon pour une journée à Anvers, puis retour sur Bruxelles le soir pour rencontrer mon ami Verheggen qui donne une conférence avec Eric Clemens, au Palais des Beaux-Arts. En effet ce jeudi 28 avril est une journée marathonienne. Je quitte Moircy à 6 heures, suis à Bruxelles à 8h30 à Anvers à 12h30 dans mon resto habituel de la Groenplaats, que voici ci-dessous, suis dans les bureaux d'Ippa à 13h00 et me retouve à Bruxelles à 17h30 et aux Beaux-Arts aux cotés de Jean-Pierre Verheggen.

Je m'apprête à aller me coucher. Il est 21h00. Je croque des macarons, en guise de diner. Je commence à sentir la fin du stage, la fin de l'enfermement, des horaires, des réveils en sursaut, du microcosme bureaucratique.
 

Ce midi en regrdant la Place Verte à Anvers, de ma table de resto, je voyais:

Galerie Petri Paulus Rubens

't spinnenwiel

In den Toren

Vlaamse kanten

Kanten-Dentelles-Laces-pitzen

   Mon resto à la Groenplaats

 

Extrait de mon journal: "Ah Jean-Pierre Verheggen, il a fallu qu'hier soir, tu te mettes à parler de la FOLIE et vois-tu, je n'avais vraiment pas envie de parler en public-de cela. Ma véritable folie, vraie ou fausse, elle éclate dans mon oeuvre de plus en plus et tout ce que je pourrais dire là-dessus, serait bien terne, à côté de mes  poteaux tordus de couleurs...alors j'ai préféré fermer ma gueule...

Moi aussi je suis contre le retour du religieux, depuis longtemps et avec acharnement. J'ai été très, très content de te l'entendre dire

A propos d'Eric Clemens (revue TXT) et de Clemens Banda dont il a parlé, nom étonnant du psychiatre qui s'occupa de Nietzsche dès 1895...

Comment s'appelle t'il encore ce membre de Support-Surface à qui Jean-Pierre a montré une photo de mon étang et qui a dit que mes arbres avaient l'air d'éxécuter une sorte de danse autour de l'eau, comme des flammes ou des torches.

Vendredi 29 avril. Ce soir je regagnerai mon territoire, trois jours de liberté. Sensation de jouissance que celle qui consiste à m'éloigner de la ville et de rouler vers la forêt, de m'éloigner du mensonge et de rouler vers la liberté.

Ce stage m'aura donné l'impression de recommencer mon service militaire. C'est chez moi un rêve récurrent. Je me retrouve dans une caserne et essaie d'expliquer à mes supérieurs que j'ai déjà fait mon service militaire et n'ai donc pas à le faire une seconde fois, qu'il s'agit d'une erreur monumentale de leurs services administratifs. très Kafkéien comme rêve. En outre le hasard a voulu que chaque fois que j'arrive, je doive garer ma voiture dans la parking d'une caserne se trouvant rue des Petits Carmes, ce qui accentue encore ma sensation d'enfermement. Comme par hasard le monde financier a ses entrées dans une caserne.

Je pense que toute rupture est intéressante. Ce stage est une rupture totale, de jour comme de nuit-environnement complètement différent. Le sauvage a dû mettre son beau costume, répondre à l'appel, claquer les talons...mais dès qu'il sort de la caserne, il se rattrape le sauvage....

JE ME SENS DANS UN BUREAU, COMME DANS UN CIMETIERE, LA POESIE EN MOINS...."

 

Bruxelles en sortant de la Gare Centrale, Place de l'Albertine, vers le Marché aux Herbes. Ensuite la célèbre Place Royale au style Leopoldiste

Bruxelles Mont des Arts-Place de l'Albertine-Eglise de la M

Bruxelles. Place Royale

Extraits de mon journal : "Ce 2 mai . .Demain je rentre à la caserne. Il me restera 4 jours à m'enfiler. Après ces trois jours de liberté, cela me semble impensable de devoir retourner là-bas...jusqu'au bout j'aurai donc ressenti cette angoisse claustrophobique.

Mardi 3 mai...Terrible nuit où j'ai dû reprendre un somnifère à 3 heures du matin pour me réveiller à 6 heures et rouler vers Bruxelles.

L'après-midi je rencontre Monsieur Barcy, co-directeur du Crédit Foncier. Il me fait des révélations sur les commérages de mon ex-inspecteur subordonné, Pol Hubermont de Marche-en-Famenne. Pauvre type. Grand catholique évidemment, adepte de Judas Iscariote

Le soir je retrouve pour la première fois un ami d'université, avocat, associé de Graindorge, membre de la SDRW, et écrivain. Son nom FOULEK RINGELHEIM. Lui et le ministre Jean Gol ont épousé les soeurs WInkler. C'est le seul type du Droit que j'aie envie de revoir. Grandes retrouvailles après 21 ans de séparation et ceci au Grand Sablon, au Vieux Saint-Martin. Il vient de publier un roman qui fait un certain bruit "Le Juge Goth" et a dirigé un ouvrage collectif:'Les Juifs entre la Mémoire et l'Oubli ".Bruxelles. Le Mont des Arts

"Avant d'aller me coucher à 21h45, je lis dans "Ecce Homo", cette phrase de Nietzsche repris de Zarathoustra:

" Vrai Zarathoustra est un vent violent pour les plaines et les creux et tel est son conseil à ses ennemis, à tous ceux qui bavent et crachent: "Gardez-vous de cracher contre le vent".

Jeudi 5 mai

Merveilleuse soirée avec André et Daisy MOYAERTS, avenue des Lucioles. André est avocat et Daisy est professeur d'anglais. Devant leur maison, un cerisier se meurt dans ce quartier fleuri, situé à deux pas de l'Hippodrome."Bruxelles Mar.aux Herbes-Gal.St Hubert

Encore des extraits mon journal: "Hier à midi, j'ai acheté "Histoire de la Folie" de Foucault et " La Nostalgie" de Jankélévitch, ainis que "Solal' d'Albert Cohen. Tels auront été mes livres de Bruxelles, avec Ecce Homo, Les taramuharas d'Artaud, les Zodiaques chinois du Buffle et de la  Chèvre (Je suis Buffle ascendant Coq), Butor "Les Mots dans la Peinture" et  Anton Tapiès "La pratique de l'art".

Ce jeudi soir une charmante jeune femme vient me rejoindre... Nous fûmes amants et nous le redevenons. Témoin ma chambre d'hôtel avant et après..Ce matin-là en m'éveillant, sur la Place Rouppe, un chat noir, sur la capot d'une voiture rouge (Stendhal à nouveau), faisait des bonds en essayant d'attraper les oiseaux... Ensemble nous irons manger à la Ferme de l'Ilôt Sacré. C'est à ce moment seulement que je fais le rapport entre l'Ilôt Sacré et mon territoire de Moircy. De là sans doute mon attirance pour cet Ilôt de Bruxelles, cerné par Le Marché aux Herbes, la Petite rue des Bouchers, la Galerie Saint-Hubert (ma région à nouveau, à 9 kms de Moircy), et la Galerie de la Reine

Une dernière razzia avec mon amie m'a conduit à Post Scriptum pour acheter le disque de Burroughs avec John Giorno et Laurie Anderson, un 33 tours à 3 plages. J'achète aussi "Artiste et Métèque à Paris "de Lise Bloch-Morange (Un chapitre sur Xenakis)"

Bruxelles. Une nuit Pascale

Retour à Moircy ce vendredi 6 mai Et ce vendredi matin, le ciel est bleu sur la Place Rouppe. Je termine mon stage en beauté

Extraits de mon journal.

Le 10 mai la Radio Télévison Belge (Christian Bussy) me téléphone. Ils viendront filmer mon territoire le 20 ami. Je ne les attendais plus et ça me laisse indifférent. Très curieux-rattaché à ce détachement que je sens en moi, de plus en plus. Tout un après-midi pour deux minutes d'antenne, ce n'est pas sérieux, c'est une heure d'antenne au minimum qu'il me faudrait pour dire ce que j'ai à dire ou à montrer. Ce genre de flash TV n'a d'utilité que promotionnelle, tout en surface, rien en profondeur. Ce que j'aimerais, c'est que quelqu'un fasse un film-reportage de longue durée, quelqu'un qui serait en affinité avec moi et me ferait cracher tout ce que j'ai à cracher...Qui aime bien, crache bien. Rejeter les corps étrangers pour laisser place aux corps non-étrangers

Il y a dans la langue américaine un rythme physique, profondément physique dont je me ens proche

Souvent les livres que je lis se remplissent de cendres, celles de ma pipe

C'est peut-être à cause de ma pipe que j'ai fini par en attraper la tête..."Ceci n'est pas une tête"

Ce stage m'aura confirmé que je ne puis m'entendre avec des hommes en groupe, qu'à la seule condition que je m'abaisse à leur niveau...à leur niveau d'hommes en groupe, habitués à jouer leurs jeux de groupes. Pendant trois semaines, je me suis déguisé en homme moyen, en homme "sans histoires", en homme rassurant.

Le vendredi 13 mai, Jean-Pierre et Giséle Verheggen viennent manger à Moircy. L'homme de Support-Surface qui a commenté la photo de mes totems, c'est Philippe Boutibonnes. On parle aussi d'Eugène Savitskaya, jeune écrivain.

Et c'est le Concours Reine Elisabeth et le 28 mai, son vainqueur Alain Volondat, un génie précoce du piano. Brillantvolondat Mai 83

" VOLONDAT pianiste autistique...Images fascinantes de la proclamation le dimanche matin 29 mai à 2h15. Pierre-Alain avançant sur scène comme un somnambule, serrant à n'en plus finir, la main du président du Jury, saluant la foule en levant les bras, la gueule ouverte, le regard fou, sans l'ombre d'un sourire...ou encore assis au milieu de ses compagnons pianistes, avant la proclamation, complètement absent, ne disant bonjour à personne, Vodonitcharov à sa gauche plaisantant avec David Buechner à sa droite et Volondat tout raide, regardant fixement devant lui.

Voici donc un garçon de 21 ans, extérieurement complètement bizarre et débile, ayant de perpéruelles ruptures dans son langage, à peine compréhensible lors des interviews, mythomane, et en même temps, au niveau de son art, faisant preuve de folie contenue, maîtrisée, d'une maturité incroyable, d'une énergie entièrement contrôlée, ses mains prequ'immobiles sur le clavier, en en tirant une sonorité incroyable avec ses mains frêles bougeant à peine. un jeune-homme laid, presque repoussant, effrayant tout le monde. Le public applaudit, sidéré;..regarde ce garçon au regard d'ailleurs. Les gens sont inquiets...je revois..le Dictateur de Chaplin...oui il a une petite moustache comme Hitler et a les mêmes gestes que lui, saccadés, avec les deux bras qui s'élèvent brutalement au milieu des clameurs, des bras tout raides, comme des membres d'automate...oui nous sommes à Nüremberg.

Il aime RImbaud, il aime Cendrars et en musique le premier nom cité par lui est... XENAKIS...

Son professeur de piano est une certaine Vera MOORE " VERA MOORE-Volondat

Du 24 au 27 mai je pars en tournée d'inspection dans les pays rédimés (cantons allemands de l'Est de la Belgique), avec un Inspecteur Ippa de Malmédy. Quatre jours infernaux.

Retour en stage à Bruxelles le 1er Juin et le 2 Juin à Anvers, je passe trois examens de stage, qui vont décider si je suis apte ou non pour le poste d'Inspecteur. A Bruxelles d'abord la matinée du 1er Juin, puis une expo en vitesse aux Beaux-Arts avec notamment mon ami Jacques Charlier. je suis pressé car je dois être à Anvers à 14 heures et en sortant, j'entre en collision avec un homme, un grand blanc-blond, avec une  chaussure noire. Nous nous regardons hébétés, sans un mot, nom de Dieu, c'est ANDY WARHOL !!!! J'en suis sûr et je n'ose pas le lui demander. C'est totalement hallucinant.!!! bruxelles Expo Bx Arts

Voici une salle de l'expo réunssant Ben Vautier (au-dessus)et Jacques Charlier.bruxelles Expo Bx Arts Ben et Charlierr

1983. Je me retrouve à Anvers et le soir dans une autre chambre de l'Eurotel, la 328.. Voici mon humeur ce soir du 1er juin:

Extrait de mon journal: "Il est 23 heures, je suis dans ma chambre. Demain je passe un examen décisif pour mon avenir. Et il n'y a personne, pas un coup de fil. Rien, le néant absolu. Et pourtant tout ce que je vomis par tous mes pores, en serrant les dents, depuis 3 ans, aboutit demain. Et je suis seul avec mon trac et mon cafard. Ni amours, ni amis. Ils sont tous manquants aux moments essentiels. Ce sont des choses que j'aurai de la peine à oublier. Les moments les plus éprouvants de votre vie, personne ne s'en préoccupe...Alors que l'on cesse de me parler d'altruisme, d'amour, d'amitié. Foutaises. Quand on crève, il n'y a jamais personne. Je le dis, je souffre de manque d'amour, d'affection, il ne me faut pas grand chose, une présence tendre, allongée et silencieuse, rien de plus..BONSOIR TRISTESSE."

Le 3 Juin, c'est le grand jour. Accompagné de deux collègues de l'ex-Crédit foncier, convoqués comme témoins de l'impartialité d'Ippa à l'égard d'un ancien du Crédit Foncier, je vais être mitraillé de questions, par 4 examinateurs, de 10 à 17 heures, hormis une heure de table au Porto Bello (dans le Meir). En début d'après-midi en effet je me retrouvais dans le bureau d'un certain Schouwaerts, Big Boss du Service "Opérations de paiements" et absent ce jour-là, avec une certaine Madame Verheyen, présente avec nous au Resto Porto Bello où un de mes collègues avait parlé de mes peintures, ce qui semblait intriguer ladite dame à qui j'avais dit alors "Madame, si vous voulez voir mes travaux, regardez la télévision en septembre prochain, l'émission Arts-Hebdo de Christian Bussy " J'avoue avoir ressenti une certaine jouissance; "Comment !!! Cet  homme dont nous voulons nous débarrasser serait un peintre connu???"

Je remonte après le déjeuner dans le bureau de cette dame, ou plutôt celui de son collègue Schouwaerts. Elle doit me faire paser un examen, elle aussi. Or j'aperçois au mur de ce bureau, des dessins tantristes tibétains, dessins ramenés par la fille du Big Boss. Et je commence à parler du véhicule de diamant devant cette femme, une redoutable chef de service, 45 ans environ...et cette dame est littéralement fascinée par mon discours. Faire un cours de culture dans une banque, avant de passer devant les jurés de cette banque, c'est une sensation extraordinaire. Si ça continue elle va oublier de m'interroger. Cette femme m'avait accueilli dan son bureau tout un après-midi, quinze jours plus tôt.

Incontestablement une femme de tête (à défaut d'une tête de femme...on ne peut tout avoir), avec une fonction professionnelle importante et qui, sans arrêt m'avait parlé de finances et cette fois je parviens à l'amener sur mon territoire, à parler d'autre chose, à redevenir tout simplement un être humain non préocupé de défendre sa place de femme au sein d'un milieu professionnel phallocratique. -Qu'ont-elles donc ces femmes à vouloir s'imposer dans un milieu que moi, homme, je ne pense qu'à quitter...à tout jamais...???Et que je quitterai...dans 6 ans

 

Attente. Retour à Anvers au service commercial le 24 juin. Je suis engagé et donc sauvé. the-renaissance-city

Je me suis souvent promené au Middelheim (Parc de sculptures contemporaines)Anvers Le Middelheim

Anvers Middelheim2

Anvers Middelheim3

Extrait de mon journal:

Le Parc-Musée du MIDDELHEIM. Parc superbe mais truffé de sculptures n'ayant aucun rapport l'une avec l'autre ni avec leur environnement naturel. Ca pue l'artificiel. Il y a vraiment quelquechose de mort, de faux, de non-vécu. On met toutes sortes de belles sculptures célèbres dans un beau parc et tout cela n'a aucun sens. Ce qu'il aurait fallu faire, c'est d'amener des artistes à travailler sur place en fonction de ce milieu naturel qui les aurait inspirés en vertu de leur cheminement inconscient. Tous ces PARCS D'ART OU L'ON PARQUE L'ART, C'EST DU BIDON...

 

Je pars en tournée d'agences de mon futur secteur, Sud-Luxembourg. je suis rattaché au Siège de Liège d'Ippa

J'ai pèché 30 truites en juin et agrandi mon deuxième étangLe 2e étang en Juin

 

Autres extraits de mon journal au mois de juin 1983, à mon retour de stage:

"Il y a des moments d'attente qui sont extraordinaires et que l'on voudrait prolonger indéfiniment. L'attente serait-elle plus importante que l'être ou la chose attendue???"

 

A propos de Nietzsche dans lequel je suis plongé. Je le cite: "Ce que j'attends exactement de la musique? Qu'elle soit gaie et profonde comme un après-midi d'octobre"; Et encore  "Je ne connais pas d'autre manière d'être occupé à une grande tâche que le jeu...la moindre contrainte, une mine renfrognée, un accent rauque dans la voix, autant d'arguments qui parlent contre un homme, et à plus forte raison contre son oeuvre

 

Curieux ce séjour de Nietzsche à Saint-Moritz et les échos qu'il éveille en moi qui ai vécu là-bas pendant un an (1952-53). Des noms sonores des villages et montagnes avoisinantes: Vallée de l'Engadine- Silvaplana- Surlei- Sils-Maria- Pontresina- Campfer- Muotas Muragle- La Diavolezza (le Glacier)-Le Pic Maloya.....

 

A propos de mes chats morts-enterrés dans le jardin, c'est comme des morceaux de ma chair qui auraient disparu. Je suis amputé de mes chats. Et parmi eux c'est Figaro, ma panthère noire qui me manque le plus. Hier encore, je l'ai cherché, désiré, en pleurant. J'espérais qu'il surgisse de derrière un fourré, rescapé miraculeusement de la mort, ayant creusé une galerie pour sortir de sa tombe, ressuscité comme il le fut, il y a 3 ans, porté disparu depuis 10 jours et réapparaissant soudain...

 

LE JOUR OU LES BANQUIERS PARLERONT DE LEUR MERDE, LES MILITAIRES BOURRERONT LEURS CANONS ET LEURS BOMBES... AVEC DE LA BOUSE DE VACHE

 

Quand je vois les petits veaux gambader dans la prairie, je pense à du RYTHM and BOUSE.

 

De Mary Marquet, la peintre française à un homme qui l'accoste dans une gare en lui disant "Vous permettez que je vous accompagne???" Et elle de répondre "Pourquoi, vous avez peur??"

 

Pour rester macho, il faut traîter les soubrettes comme des duchesses et les duchesses comme des soubrettes (Entendu à Radio Plume, l'émission de la RTB Namur par mes amis Jean-Pierre Verheggen et Anne Magermans)

 

Dans la pâture encadrée par ma fenêtre, deux magnifique petits veaux blancs, presqu'irréels, à la "Piero di Cosimo". Pourquoi, mon dieu, faut-il qu'une telle beauté se transforme en boucherie

 

Je demande à mes partenaires de tout poils même quand ils n'en ont pas, de l'intensité, un échange de vitalité intense et la majorité des gens me déçoit à ce niveau-là. ils ne vivent pas assez, ne voient pas assez, ne réagissent pas assez, ont mal à l'estomac ou à la tête, ou alors ne boivent ou ne fument plts...Jusqu'à la prochaine fois...Quelle tristesse

 

Quand je regarde mes totems phalliques au lever du soliel, je me dis que L'AUBE EST PINE...

 

 

Me revoici vivant fin juin 1983 redevenu sauvage et libre, dans mon atelier, tel un jaguar (et non une...) prêt à bondir 

Moi en juin 83-copie-1 

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 08:42
Ma Biographie n° 191-1982 (2e semestre)

 

A ma banque on nous fait suivre des cours bancaires et nous passons notre premier examen. J'obtiens 95,7 % des points, soit la plus grande distinction et le meilleur résultat

Dans le jardin les travaux continuent. Je construis une grille d'entrée pour mon étang. Il faut une grille avec des barreaux dont l'écart ne doit pas dépasser 1 cm, ceci pour que je ne puisse pas capter le poisson du ruisseau qui est rempli de truites. Voici le plan que je dresse dans mon journal de l'époque. J'ai rentré routes mes demandes d'autorisation. Un ami architecte est venu prendre les niveaux et j'ai dressé les plans moi-mêmeAoût 82 Entrée Etang 

 

 Les Totems en juillet

Juillet 82 Totems 001

Je vais aussi en forêt chercher des tritons qui se réunissent dans les ornières des roues de tracteurs pour s'y reproduire. Je les mets dans l'étang. Je commence à pêcher des truites dans le ruisseau et les mets dans mon étang, à l'abri, l'étang étant désormais fermé par des grilles.. Début septembre j'ai pèché envirron 50 truites dont une de 40 cms. Dans le ruisseau, il y a aussi des poissons-chats (nom des habitants de Moircy), des vairons et des lamproies fluviatiles (des petites anguilles)

J'ai construit des cascades sur le ruisseau. J'aperçois une hermine sur le premier barrage(2e photo ci-dessous)Avril 82 Les premiers barragesSept L'HERMINETotems vus du fondEtang au Crépuscule Août 82L'étang au mois d'août 1982.

Je fais de nombreuses plantations d'arbustes que je vais chercher en forêt. En voici le croquis. une quarantainePlantations réalisées fin 82

Et dans l'atelier ça bouge aussi.En novembre j'ai réalisé 67 bois peints en ce compris les 13 grands totems et j'ai peint 190 pierres, extraites de la maison ou des étangs. Je m'attaque aussi à des pierres toutes petites et en réalise 70P1030410Atelier fin 82

Bois-de-vancau5-1.jpg

  IMGA0391.JPG

Petites pierresPetites pierres2Un jeune busard vient s'écraser contre la fenêtre de mon atelier au 1er étage. Je descends le ramasser, le remonte, le mets sur un coussin, le masse, il se réveille peu à peu. Une heure après il est debout sur ma main, j'ouvre la fénêtre, il s'envole.Busard recueilli en Nov 82

En septembre, Week-End à Lo Christi, près de Gand, chez ma cousine Régine HebbelynckSept 19 A Lo Christi chez Régine

ur mon étang. Il m'aura fallu 6 mois de démarches.

En septembre je pousse ma fille à s'inscrire à l'Ecole paramédicale de Libramont (Deux ans. Etudes de secrétariat de direction). Elle n'a pas réussi ses études d'assistante sociale à Liège (première année). Elle veut dès lors faire les Beaux-Arts à Liège à l'Académie. Renseignements pris auprès d'un couple d'amis qui y sont tous deux profeseurs, ils me le déconseillent formellement. Quatre ans d'études et aucun débouché. En plus milieu délétère et il y a depuis peu de sérieux problèmes de drogue. Ma fille a 19 ans à cette époque. La décision n'est pas facile à prendre car je suis flatté quelque part , qu'elle veuille faire des études artistiques. (mais je n'en ai pas fait non plus et je m'en félicite). Il faut dire aussi  que je n'ai pas les moyens de lui payer 4 ans supplémentaires d'étuau bureau jusque 17 heures,avec ma secrétaire et qu'après journée, je prospecte. je ne comprends donc pas en me relisant, comment j'arrive à faire tout ce que je fais. Dormant 6 heures par nuit, il me reste tout de même des journées de 18 heures

des et de piaule à Liège, qui est à 100 Kms de chez nous. Mon épouse ne travaille pas, je dois rembourser la maison et aussi la terminer. 

En septembre aussi , il y a une sécheresse, les truites sont bloquées entre les barrages du ruisseau, qui ne coulent,plus, je les pèche à la main et les transfère dans l'étang. Etang qui n'est pas encore tout à fait terminé mais qui est néanmoins envahi pat les Hérons et les Colverts.

Je construis un muret en façade (22 mètres) le long de la haie d'aubépines naissante

Fin du mois j'ai ouvert 101 nouveaux comptes pour Ippa, ma nouvelle banque. Il faut bien réaliser que je suis cloué

. Je suis rapide et hyper-organisé

 

 En octobre, je cimente une partie des pierres de l'écurie (autour des baies vitrées)

En novembre j'obtiens enfin toutes les autorisations et donc le permis de bâtirpo

Autorisation Etang 22-11-82

Voici comment j'envisage l'implantation des totems dès l'an prochain, autour de mon étang. Il y en a treize. Ils sont tous sans la prairie.

Projet d'implant.Totems pour Printemps 1983

 

 

Début de la correspondance avec Jean DubuffetLettre 1

 Lettre 2

 

 

Totems en fin d'année

Totems en fin d'année 82

Le Goncourt à Dominique Fernandez pour "Dans la main de l'Ange" où il raconte le dernier trajet de Pasolini, mort assassiné. Un livre superbe...

Le Centre de Lecture publique à Libramont où j'ai réalisé ma 1ère exposition en 1976, me demande de pouvoir accrocher en permanence dans ses locaux, sept de mes peintures

Le 24 décembre 1982: Mort de Louis ARAGON. Mon journal manuscrit avance lentement. 253 pages depuis fin 1980. mais je tiens des carnets de notes annexes.

 

"Il ne me faudrait qu'un seul mot, un simple petit mot sans importance;..

pour être grand...

pour parler sur le ton des prophètes

un mot subtil

un mot précis

un mot témoin

un mot bien macéré dans les moëlles

sorti de moi

qui se tiendrait à l'extrême bout de mon être

et qui pour tout le monde

ne serait....RIEN "

(Anthonin Artaud cité par Francis Lalanne lors d'un de ses concerts)

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 08:29
Ma Bio 190 - Année 1982- Liège, quai Mativa et Vianden

Je dois d'abord signaler qu'une vie d'enfer est en train de s'annoncer pour moi au niveau professionnel. Mes nouveaux patrons, ceux de la Banque anversoise IPPA, m'enlèvent mon réseau d'agents, patiemment construit depuis mon arrivée dans cette Province en 1971, nomment un autre inspecteur et je deviens gérant de Banque à Libramont, suis donc tenu de prospecter et de faire une masse de nouveaux clients, alors qu'une douzaine de banques est déjà installée à Libramont qui compte 5000 habitants. Donc du porte à porte. Il s'avère que je suis un excellent démarcheur et je suis régulièrement félicité par la nouvelle direction. En vérité, j'ai le couteau sur la gorge. Si je m'en vais ou ne réussis pas dans mes nouvelles fonctions, la porte est là et j'ai 44 ans. Mon épouse ne travaille pas. Je n'ai aucune économie. Je risque de perdre maison (j'ai fait un prêt hypothécaire), territoire et création

 

Voici néanmoins l'évolution de l'Atelier et de l'étang lors du 1er trimestre 1982. L'Atelier en Janvier 82

  LAtelier fin février 82

  Mon chat FIGARO, parfaitement  en accord"stendhalien" avec cet environnementFigaro Black Magic en avrilL'Etang en Janvier 82

L'Etang début Mars 82

 

Le 13 mars, je rends visite aux acheteurs (lui est peintre et sappelle Nollet) de la maison de mon Grand-Père Jules Duesberg dans laquelle j'ai vécu de 1940 à 1945, Quai Mativa à Liège . Emotion. Ci-dessous la façade de la maison n°22 Architecte mon grand-oncle Joseph Duesberg, ensuite la cuisine-cave dans laquelle j'ai vécu pendant l'occupation. On voit le niveau du trottoir du Quai Mativa derrière les vitres. Ensuite le Quai et la berge menant à la Meuse1943-QUAI-MATIVA-22-LIEGE.jpg1943-Quai-Mativa-Cuisine-et-Hall-d-entr--e-1-copie-1.jpg1943-Quai-Mativa-Cuisine-et-Hall-d-entr--e-1.jpg

Ensuite un bond dans le quartier de Georges Simenon, dont je viens de lire "Les Mémoires Intimes, suivies des Lettres à Marie-Jo, sa fille de 25 ans qui

vient de se suicider.

Simenon Mémoires Intimes

  Dans ce livre aux pages 433 et 434, Simenon parle du frère de mon grand-père Jules Duesberg, mon Oncle Emile, à savoir Dom Hilaire Duesberg, éxégète renommé et détaché de l'abbaye de Maredsous, pour devenir Professeur d'Exégèse Biblique à l'Université de Fribourg en Suisse. Avec 3 autres moines, il vivait dans une maison de retraite, au bord du Lac Léman, à 2 pas de chez SImenon qui, lui, habitait Echandens, à cette époque Dom Hilaire Duesberg

Voici le passage de Simenon "Je connais un Bénédictin d'origine belge, de Verviers, qui, après avoir été longtemps professeur d'Exégèse biblique, passe ses vieux jours au bout du Lac, dans une maison de retraite de son ordre, où ils ne sont que quatre à finir paisiblement leurs jours

Lorsque je lui apprends que l'évèché s'oppose à ce que mon fils Pierre soit baptisé catholiquement au  protestant d'Echandens, il me déclare avec assurance - Monseigneur se met le doigt dans l'oeil...On va le voir. Le Bénédictin s'appelle le Père Duesberg et c'est lui, mon Pierre, qui te mets du sel sur la langue, quelques gouttes d'eau sur la tête, sous les yeux du Pasteur, et tous deux viennent déjeûner au château, avec une quarantaine d'invités..."

 Une lettre de Simenon, réponse à la lettre que je lui ai envoyée, après avoir lu son livreSIMENON-001-1.jpg

Le 13 mars, je pars à Liège, en Outremeuse, explorer le quartier d'enfnace et d'adolescence de Simenon : la rue Pasteur devenue , la rue Georges Simenon, la Place des Congrès, la rue de la Loi, la rue de  'Enseignement etc..Je lui enverrai les photos par la suite. Voici la rue de la Loi, avec dur la gauche la rue Simenon..  Simenon Rue de la Loi Outremeuse

Simenon Place du Congrès

 

Ce 19 mars je reçois la visite d'un garde des Eaux et Forêts, au pied de mon étang. Il me demande si j'ai les autorisations. Quelles aurorisations???. Eh bien il me faut passer par une enqête -commodo-incommodo, faire dresser des plans du futur étang par un géomètre, obtenir l'autorisation des Eaux et Forêts, puis passer en Députation permanente qui devra vôter ...ou pas, obtenir une autorisation du gouvernement provincial et enfin un permis de bâtir décerné par l'Urbanisme à Arlon. Sinon on rebouche. Je suis catastrophé et me mets directement au travail 

 

Ce 2 avril 1982, je reçois une analyse graphologique, faite par le Service graphologique d'un journal de la Province et dont l'auteur est censé ne me connaître en aucune manière. En voici la teneur

 

Cher  Lecteur,

 

Votre écriture est remarquablement ferme. Très fortement appuyée, elle indique la force physique, la vitalité, le besoin de vous dépenser. Mais de manière contrôlée, efficace et utile.

Tempérament sanguin bilieux. Des réactions très bien adaptées.

Vous apparaissez comme quelqu'un de robuste physiquement mais aussi de très solide moralement. Ne vous laissant ni influencer, ni impressionner.

Capable de diriger, de commander, d'assurer des responsabilités, de faire des choix rapides aussi, quand c'est nécessaire. Vous avez une très forte personnalité, qui s'impose d'elle-même. Et une volonté tenace, inébranlanble.

Vous êtes un lutteur, quelqu'un qui ne capitule pas devant la difficulté mais qui manque parfois de souplesse diplomatique.

Grand travailleur très précis, adroit et ingénieux; Efficace également. Vous faites certainement beaucoup en une journée.

Vous voyez froidement les choses, ne vous faisant pas d'illusions, n'attendant pas de cadeaux, ni de la vie, ni des êtres .

Réaliste, non pas amer, ni inutilement sceptique

Moyennement sociable. Certes vous êtes très direct avec autrui mais vous n'êtes pas spontanément liant. D'un caractère peu patient, peu facile, vous exigez beaucoup des autres. Vous aimez avoir raison dans la discussion.

Beaucoup d'orgueil, une nette conscience de votre valeur, qui est réelle, besoin de vous affirmer-ce qui est certainement déjà fait depuis longtemps.

Avec mes meilleurs sentiments

Sans signature

 

 

 

Cette description me correspond en tous points. Etonnant tout de même....

 

Durant ce même printemps 1982, les travaux avancent à l'extérieur. Installation de barrages sur le ruisseau élargi-Construction d'une terrasse apéro (à droite le futur potager), Crépi sur le garage et arrivée des premiers colverts sur mon

 

 

Avril 82 Les premiers barrages 

étang

la terrasse Apéro Avril

 

Crépi GarageAvril. Les premiers colverts

 

Et puis en avril 1982, un voyage au Grand-Duché, sur les traces de VIctor Hugo et de ses châteaux, Vianden, Esch-sur-Alzette, Bourscheid, Larochette. Sur cette carte, mon village MOIRCY est sur la gauche (flèche noire), ceci pour signifier que j'habite à 40 minutes du Grand-Duché du Luxembourg  

Juin 82 Carte Grand Duché

Mais tout d'abord  VIANDEN, le village de Victor Hugo, avec son ancienne maison (1871), devenue aujourd'hui "Musée Victor Hugo". En dessous un des lavis de Victot Hugo, qui est aussi un grand peintre , pour ceux qui l'ignoreraient encoreVia800px-Vianden overviewVianden par V.HugoJuin 82 Voyage au G-Duché 001Juin 82 Victor Hugo ViandenJuin 82 Victor Hugo Vianden Le Musée Sur la rivière Our, Vianden. Le musée est à l'extrême droite. C'est l'ancienne maison de Victor Hugo en 1871, lorsque, chassé de Belgique, il obtînt au Grand Duché, le statut de réfugié politique. Le musée fut inauguré en 1935L'Our à Vianden 

ESCH-sur-ALZETTEJuin 82 Esch-sur-Alzette-copie-1

BOURSCHEIDJuin 82 Victor Hugo Bourscheid

LA ROCHETTEJuin 82 Victor Hugo La Rochette

Et au mois de Juin c'est la lente descente de mes totems vers l'étang. Je ne sais pas encore comment je vais les disposer mais ils sont impatients et ont déjà quitté l'atelierJuin 82 sortie des totems 3 et 4

Juin 82 Totems

 

 Aussi au mois de juin une tornade assez redoutable sur le Sud de la Belgique. En dessous, la forêt décimée à un kilomètre de chez moiJuin 82 Tornade sur l'Ardenne

24 juin 82 Tornade Moircy

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