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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 16:06

 

Une petite sphère bleue en céramique, absorbant le photograpne et tout son décor environnant à 360 degrés, me transformant lors que je m'appoche de la boule en un Giacometti, proche d'un Scarecrow et puis ce bleu pétant d'une lune devenant parfois de soleil vert et jaune
Oui c'est bien moi au centre ce la boule. Un vancau en boule..
Et derrière moi les étangs et le fond du jardin, en hiver
E.P 061E.P 024E.P 025E.P 032E.P 046On dirait que je suis tombé au fond de mes étangs
"Dévorant les  azurs verts, où, flottaison blême et ravie, un noyé pensif parfois descend "Le Bâteau Ivre)
E.P 051E.P 052
E.P 149Au-revoir !!!E.P 158Et pour finir une de ces photos, striée par une imprimante défaillante, des lignes blanches horizontales que j'ai coloriées au feutre, pour les transformer en totems, barrière d totems avec en arrière-plan, moi, englouti dans mes étangs. Il m'a suffi ensuite de rescanner ma photo, photo étrande, qui me résume bien et née d'un accident récupéré.

Et voici ce que celà donne: VANC-EAU-TOTEMSE.P 255

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 11:20
Anniki faisantdu Reiki à Moircy, sur la pierre de ND. de Lorette

Anniki faisantdu Reiki à Moircy, sur la pierre de ND. de Lorette

 
Anniki van Damme Vous avez une famille,Danielle! Violette,Françoise,Poline,Nath,toutes ces belles amies qui vous aiment profondément depuis qu'elles vous ont rencontré!Une famille qui vous soutient. Vous êtes le dernier Monstre Sacré en Ardennes! Une telle Personnalité.Vous ne devez pas avoir tant de mépris pour celles ou ceux qui vivent cette fête selon leur Foi.Elles ne doivent pas être écartées de votre Respect envers toutes les femmes et tous les hommes d'horizons différents.

 

Anniki van Damme L'Intellect et l'intelligence doivent être nourris.L'âme et l'Amour doivent être nourris.Je vous invite à glisser sur mon mur.Bonne nuit Mon Totem.Vos photos sont éblouissantes dans la savane ardennaise.Vous êtes scellé tel le sceau de Salomon dans ma poitrine.Vous faites partie des Êtres inouïs et remarquablement habités que j'ai le privilège d'aimer, d'instinct! Cheetah

 

Christian Vancau Je n'ai pas de mépris Anniki, je ne suis pas concerné tout simplement et me suis toujours senti étranger à toute forme de groupe et à toute forme de religion. Je n'aime que les dialogues et de plus en plus les silences ou alors les champs des oiseaux. Tu as toujours ton écriture magnifique à la fois sauvage et ciselée. Bises

Ce 26 décembre 2015 sur Facebook

 
 
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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 16:44
Biographie de Nietszche

Friedrich Nietzsche (biographie)

 
Friedrich Nietzsche
Description de cette image, également commentée ci-après

Nietzsche vers 1875

 
Nom de naissance Friedrich Wilhelm Nietzsche
Naissance
Röcken
Décès
Weimar
Nationalité Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
apatride à partir de 1869
Profession
Activité principale
Autres activités
Formation
Famille

Friedrich Wilhelm Nietzsche (prononcé en allemand [ˈfʁiːdʁɪç ˈvɪlhɛlm ˈniːsʃə], souvent francisé en [nit͡ʃ ]) est un philosophe et un philologue allemand né le à Röcken, Prusse, près de Leipzig, et mort le à Weimar (Allemagne).

Le présent article est une biographie de ce philosophe. Pour l'article sur sa pensée, voir article principal : Friedrich Nietzsche.

 

  Phases Lieux Événements, activités Publications
1844-1850
Enfance
Röcken
44 : naissance le 15 octobre. — 46 : naissance de la sœur. — 48 : naissance du frère. — 49 : mort du père. — 50 : mort du frère.
 
1850-1858 Naumbourg
50 : <Wilhelm Pinder>, <Gustav Krug> — 51 : premières leçons de piano. — 55 : décès de la tante. — 56 : décès de la grand-mère.
 
1858-1864
Collège
Pforta
58 : entrée au collège de Pforta ; <Paul Deussen>
60 : N. fonde la société Germania. — 61 : <Carl von Gersdorff>
64 : baccalauréat (août)
 
1864-1865
Étudiant
Bonn
64/65 : inscription à la faculté de théologie, suivi des cours de Friedrich Ritschl ; inscription à l’association d’étudiants Franconia.
 
1865-1869 Leipzig
Suivi des cours de Friedrich Ritschl ;
66 : Association philologique créée par Ritschl ; <Heinrich Romundt>, <Erwin Rohde>
67 : début du service militaire (9 oct.)
68 : accident de cheval (mars) ; fin du serv. mil. (oct.) ; <Richard Wagner> (Leipzig, 8 novembre)
 
1869-1879
Professeur
de
philologie
Bâle
69 : nomination comme professeur extraordinaire (février) ; <Jacob Burckhardt> ; abandon de la nationalité prussienne (avril) ; 1re visite à R. Wagner (Tribschen, 15 mai).
70 : <Franz Overbeck> (avril) ; nomination comme professeur ordinaire (avril) ; infirmier volontaire pendant la guerre (août-sept. ; dysentrie).
72 : dernière des 23 visites à Richard Wagner et Cosima à Tribschen (avril) ; pose de la première pierre du th. de Bayreuth (22 mai, 59 ans de RW) et <Malwida von Meysenbug> (mai)
73 : <Paul Rée> (mai)
74 : <Albert Brenner> ; <Marie Baumgartner> (nov.)
75 : <Heinrich Köselitz>, alias Peter Gast
76 : 1er festival de Bayreuth (août) ; N. y assiste à la fin des répétitions et au premier cycle du Ring ; <Édouard Schuré>
76-77 : Séjour à Sorrente (27 oct-7 mai ; invité par Malwida von M. ; avec P. Rée et Albert Brenner) ; dernière rencontre avec les Wagner (5 novembre 76) et rupture.
79 : démission pour raison de santé (2 mai) ; il se voit allouer une pension.
72 : NT
73 : Inact I
74 : Inact II et III
76 : Inact IV
78 : HTH I
79 : OS
1879-1889
Vie errante

Allemagne,
Italie,
Suisse,
France.
81 : idée de l’éternel retour (Surlei, Engadine, août) ; découverte de Carmen de Bizet (27 nov., Gênes)
82 : <Lou Salomé> (Saint-Pierre de Rome, avril ; N. demande Lou en mariage — via Paul Rée —, refus ; Monte sacro d’Orta, 5 mai ; photo à Lucerne avec Paul Rée, 13 mai ; demande en mariage — directe — et nouveau refus de Lou ; passage à Tribschen ; Tautenburg, trois semaines en août)
83 : mort de Richard Wagner (13 février, Venise)
84 : <Meta von Salis> (juillet, Zurich)
88 : abandon du projet de La Volonté de puissance (août) ; écriture de EH ; relations épistolaires avec Hippolyte Taine, August Strindberg, Jean Bourdeau, Georg Brandes.
Séjours longs :
1 été à Saint-Moritz (79)
3 hivers à Gênes (80/81, 81/82, début 83)
5 séjours à Venise : 4 au printemps (80, 84 à 86) ; 1 en automne (oct. 87)
1 été à Tautenburg (82)
1 hiver à Rapallo (82/83)
7 étés à Sils-Maria (81, 83 à 88)
5 hivers à Nice (83/84 à 87/88)
2 séjours à Turin (88 : avril-mai et sept-jan.)
80 : VO
81 : A
82 : GS
83 : Za 1
84 : Za 2 et 3
85 : Za 4
86 : PBM
87 : GM
88 : CW, CI, NW.
1889-1900
Folie
Turin
Iéna
Naumbourg
Weimar
89 : effondrement : épisode du cheval battu (Turin, 3 janvier) ; billets de la folie (1er-6 janvier) ; Bâle (10 janvier...) ; Iéna : clinique (17 janvier...).
90 : déplacement de N. dans un quartier privé, Iéna (24 mars...) ; déplacement de N. à Naumburg (12 mai...).
94 : création des Archives Nietzsche, dirigées par la sœur.
96 : déplacement des Archives Nietzsche à Weimar.
97 : mort de la mère (20 avril) ; déplacement de N. à Weimar (20 juillet...).
00 : décès de N. (, Weimar) — inhumation à Röcken.
92 : DD (dans Za)
94 : AC
posthume
09 : rupture de Peter Gast avec la sœur.
18 : mort de Peter Gast.
35 : mort de la sœur.
01 : [VP]
08 : EH

De 1844 à 1869

Röcken (1844 – 1850)

Friedrich Wilhelm Nietzsche naît à Röcken, en Prusse, le , dans une famille pastorale luthérienne. Son père, Karl-Ludwig, né en 1813, pasteur évangélique1 et son grand-père avaient enseigné la théologie. Le père de Nietzsche, qui éduqua un membre de la famille royale de Prusse, fut un protégé de Frédéric-Guillaume IV. Mais la maladie (de violents maux de tête) le contraignit à demander une paroisse dans la région de sa famille, vers Naumburg. Karl-Ludwig et sa femme, Franziska (1826 – 1897), s'installèrent à Röcken. Ils eurent deux fils, Friedrich Wilhelm et Ludwig Joseph (27 février 1848 – 4 janvier 1850), et une fille, Elisabeth Nietzsche ().

 
Franziska

 

En août 1848, le père de Nietzsche fit une chute et se cogna la tête contre les marches de pierre d'un perron. Il mourut un an plus tard, l'esprit égaré, le . Quelque temps plus tard, en janvier 1850, le frère de Nietzsche meurt à son tour :

« En ce temps-là, je rêvai que j'entendais l'orgue dans l'église résonner tristement, comme aux enterrements. Et comme je cherchais la cause de cela, une tombe s'ouvrit rapidement et mon père apparut marchant dans son linceul. Il traversa l'église et revint bientôt avec un petit enfant dans les bras. [...] Dès le matin, je racontai ce rêve à ma mère bien-aimée. Peu après, mon petit frère Joseph tomba malade, il eut des attaques de nerfs et mourut en peu d'heures. »

 

Naumburg (1850 – 1858)

La famille vient s’installer à Naumburg. Nietzsche ressent ce départ comme un abandon du village natal :

« [...] l'abandon du village natal ; l'entrée dans l'agitation urbaine, tout cela agit sur moi avec une telle force que chaque jour je la ressens en moi. » (Note d'octobre 1862).

Il souhaite à cette époque être pasteur comme son père. Il développe une conscience scrupuleuse, particulièrement portée à l'analyse et à la critique de soi, et fière, croyant à la noblesse de la famille Nietzsche (selon une tradition familiale transmise par sa grand-mère, les ancêtres des Nietzsche venaient de Pologne et s'appelaient alors Nietzki). Son caractère est bien résumé par cette remarque qu'il fit à sa mère : « Un comte Nietzki ne doit pas mentir. »

 

Vers l'âge de neuf ans il se met au piano, compose des fantaisies et des mazurkas, écrit de la poésie. Il s'intéresse à l'architecture, et, pendant le siège de Sébastopol, en 1854, à la balistique. Il créa également un théâtre des Arts, où il joua avec ses amis des tragédies qu'il écrivit (Les dieux de l'Olympe, Orkadal).

 

Il entre au collège de Naumburg à l'âge de dix ans. Élève brillant, sa supériorité fait que sa mère reçut le conseil de l'envoyer à Pforta. Elle accepta et obtint une bourse du roi Frédéric-Guillaume. En 1858, avant de partir pour Pforta, le jeune Nietzsche s'interroge sur la nature de Dieu :

« À douze ans, j'ai vu Dieu dans sa toute-puissance. » (Note de 1858).

 

Cherchant à expliquer le mal, il l'intègre à la Trinité : le Père, le Fils et le Diable. Nietzsche rédige alors un cahier où il consigne l'histoire de son enfance, et conclut :

« Il est si beau de faire repasser devant sa vue le cours de ses premières années et d'y suivre le développement de l'âme. J'ai raconté sincèrement toute la vérité, sans poésie, sans ornement littéraire... Puissé-je écrire encore beaucoup d'autres cahiers pareils à celui-ci ! »

Pforta (1858 – 1864)

 
Nietzsche en 1861

 

Il entre au collège de Pforta en 1858, collège où passèrent Novalis, les frères Schlegel, Fichte. Il y fait ses Humanités, y rencontre Gersdorff (1844 – 1904) et Paul Deussen (1845 – 1919), le futur sanskritiste. Cette époque est marquée par les premières questions angoissées sur son avenir, par de profonds troubles religieux et philosophiques et par les premiers symptômes violents de la maladie.

 

L'unique document dont nous disposons sur les premiers mois de la vie de Nietzsche dans ce collège relate une anecdote qui exprime sa personnalité : il y avait une discussion à propos de l'histoire de Mucius Scaevola. Les camarades de Nietzsche la tenaient pour une légende, personne ne pouvant avoir le courage de plonger sa main dans le feu. Nietzsche, alors, se saisit d'un charbon brûlant dans un poêle allumé et le tint devant les yeux de ses camarades.

Pendant les vacances d'été 1859, il visita Iéna et Weimar. Il écrit quelques récits philosophiques :

« C'est ma vie que je découvre. [...] – Même en ce beau monde, il y a des malheureux. Mais qu'est-ce donc, le malheur ? »

 

À partir de la rentrée d'août 1859, il rédige un journal, projette des plans d'études en géologie, astronomie, latin, hébreu, sciences militaires et enfin en religion. Il souffre d'un appétit dévorant de connaissances et éprouve de grandes difficultés à se décider pour un domaine d'étude bien délimité :

« Je devrai détruire plusieurs de mes goûts, cela est clair, et, pareillement, en acquérir de nouveaux. Quels seront les malheureux que je jetterai par-dessus bord ? Peut-être mes plus chers enfants ! »

 

Les années passent dans la discipline sévère de Pforta, et, à dix-sept ans, il lit Schiller, Hölderlin (Hypérion et Empédocle), Lord Byron où il trouve son inspiration. Il se passionne pour Manfred :

« Le savoir est triste : ceux qui savent le plus
Plus profondément pleurent la vérité fatale,
L'arbre du savoir n'est pas l'arbre de la vie. »

Nietzsche aimait à improviser au piano, ce qui provoquait l'admiration de Gersdorff et de Deussen :

« De sept heures à sept heures et demie, nous nous rendions ensemble à la salle de musique. Je ne crois pas que les improvisations de Beethoven aient été plus poignantes que celles de Nietzsche, surtout lorsque l'orage couvait au ciel. » (Lettre de Gersdorff à Peter Gast, ).

 

Il souhaite alors abandonner la théologie pour devenir musicien, mais sa mère l'en dissuade, il doit continuer ses études. Sa foi est néanmoins de plus en plus faible ; les écrits de cette époque témoignent d'une inquiétude profonde face aux problèmes religieux et philosophiques qu'il rencontre. Il hésite à délaisser l'autorité de la tradition pour les enseignements positifs des sciences naturelles :

« Qu'est-ce que l'humanité ? Nous le savons à peine : un degré dans un ensemble, une période dans un devenir, une production arbitraire de Dieu ? L'homme est-il autre chose qu'une pierre évoluée à travers les modes intermédiaires des flores et des faunes ? Est-il dès à présent un être achevé ? que lui réserve l'histoire ? ce devenir éternel n'aura-t-il pas de fin ? [...] Se risquer, sans guide ni compas, dans l'océan du doute, c'est perte et folie pour un jeune cerveau ; la plupart sont brisés par l'orage, petit est le nombre de ceux qui découvrent des régions nouvelles... »

Il commence alors à souffrir de violents maux de tête et de troubles visuels.

 

Il passe enfin les derniers examens qu'il obtient de justesse à cause des mathématiques. Mais ses professeurs lui donnèrent son diplôme au vu de l'excellence dont Nietzsche faisait preuve dans les autres matières. En octobre 1864, il quitte Naumburg en compagnie de Paul Deussen et d'un cousin de ce dernier, et se rend à l'université de Bonn.

 

Bonn (1864 – 1865)

En 1864, il entre à l'université de Bonn. Il participe à la vie étudiante, malgré son caractère réservé : promenades sur le fleuve, auberges et un duel qu'il fit avec un bon camarade, n'ayant pas d'ennemi. Il reçut un coup d'épée au visage et en garda une cicatrice. Mais Nietzsche se sent mal à son aise dans ce milieu, et il passe seul, dans la tristesse, les fêtes de fin d'année. C'est le début d'une longue série de Noëls solitaires, passé à examiner sa vie, à se reprocher le temps perdu. Cherchant à remédier à la situation, il proposa de réformer l'association d'étudiants mais il fut mis à l'écart.

 

Il y étudie la philologie, une discipline qui ne l'intéresse pas. Mais sa passion de la connaissance rendait difficile un choix qui lui fut véritablement agréable. Il travaille avec intensité, en partie pour oublier sa solitude, partie grâce au soutien vigoureux de Friedrich Wilhelm Ritschl (1806 – 1876), un professeur latiniste auteur d'ouvrages importants sur Plaute. Nietzsche écrit alors quelques mémoires. Il ne trouve aucun intérêt aux modes matérialistes et démocratiques de pensée de bien des étudiants de son âge, et se sent toujours tourmenté par la recherche de la vérité :

« Pour un véritable chercheur, le résultat de la recherche n'est-il pas indifférent ? Dans notre effort que cherchons-nous ? le repos, le bonheur ? Non, rien que la vérité, tout effrayante et mauvaise qu'elle puisse être. » (Lettre à sa sœur).

 

Leipzig (1865 – 1869)

Nietzsche suivit Ritschl à Leipzig où ce dernier avait été nommé professeur. Il y découvre Schopenhauer, et fait la connaissance d'Erwin Rohde.

 

Au cours de ses études à l'université de Leipzig, la lecture de Schopenhauer (Le Monde comme volonté et comme représentation, 1818) va constituer les prémices de sa vocation philosophique. Toutefois, l'importance de cette lecture, qui sera au fondement de sa relation avec Wagner, est contestée, car Nietzsche, à cette même époque, s'intéresse à des penseurs rationalistes, en particulier Démocrite. En outre, il lit bien d'autres penseurs et scientifiques : Lange, von Hartmann, Emerson notamment. C'est à cette époque qu'il s'enthousiasme pour la musique de Wagner, en 1868, à Leipzig.

 

Une anecdote bien connue, datant de février 1865, rapporte que Nietzsche qui s'était rendu à Cologne pour assister à un festival de musique, fut conduit dans une maison de tolérance où il se retrouva au milieu de femmes en tenue très légère : « J'allai droit à ce piano [dans le salon] comme au seul être qui dans cette pièce eût une âme. » Il fit une improvisation, se leva et partit.

 

De Bâle à la maladie (1869 – 1879)

Élève brillant, doué d'une solide éducation classique (milieu dominé par les femmes et imprégné de piétisme protestant), Nietzsche est nommé à 24 ans professeur de philologie à l'université de Bâle, puis professeur honoraire l'année suivante. Il développe pendant dix ans son acuité philosophique au contact de la pensée de l'antiquité grecque dans laquelle il voit dès cette époque la possibilité d'une renaissance de la culture allemande, — avec une prédilection pour les Présocratiques, en particulier pour Héraclite et Empédocle, mais il s'intéresse également aux débats philosophiques et scientifiques de son temps. Pendant ses années d'enseignement, il se lie d'amitié avec Jacob Burckhardt et Richard Wagner (qu'il revoit à partir de 1869) dont il serait un parent éloigné.

En 1870, il s'engage comme infirmier volontaire dans la guerre franco-allemande, mais l'expérience est de courte durée, Nietzsche eut la diphtérie. Bien qu'il soit à cette époque patriote, Nietzsche commence à formuler quelques doutes à propos des conséquences de la victoire prussienne.

Wagner et Nietzsche

 
Richard Wagner

 

Il fait la connaissance de Richard Wagner en 1868.

 

En 1872 paraît L'origine de la tragédie, qui obtient un certain succès, mais qui le discrédite comme philologue et fait l'objet d'une vive querelle avec le philologue Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff. Erwin Rohde, philologue et ami de Nietzsche, et Wagner qui considère ce texte comme l'expression de sa pensée, prennent sa défense. Nietzsche formera ensuite le projet d'écrire une dizaine d'essais, les Considérations Inactuelles, mais il n'en paraîtra finalement que quatre, et, mis à part Richard Wagner à Bayreuth, ces œuvres eurent très peu de succès.

 

Au premier semestre de l'été 1872, il donne des cours sur Eschyle, Les Choéphores, et sur les philosophes présocratiques. Il fait également un séminaire sur Théognis. Erwin Rohde publie un compte rendu de La Naissance de la tragédie le 26 mai et à la fin du mois parait le pamphlet de Willamowitz-Moellendorff contre ce premier ouvrage :

« Que M. Nietzsche tienne parole, qu'il prenne son thyrse, qu'il aille d'Inde en Grèce, mais qu'il descende de sa chaire, où il doit enseigner la science ; qu'il réunisse tigres et panthères à ses pieds, s'il le veut, mais non les jeunes philologues allemands. »

Sa sœur vient s'installer à Bâle le 1er juin.

Le 23 juin, Wagner publie une lettre ouverte à Nietzsche dans la Norddeutsche Allgemeine Zeitung pour prendre sa défense. Dans une lettre du 25, Wagner lui écrit :

 
« À strictement parler, vous êtes, après ma femme, le seul gain que la vie m'ait apporté. »

 

Nietzsche se rend à Munich, où se trouve également Mawilda von Meysenburg, du 28 au 30 juin pour assister à une représentation de Tristan et Isolde dirigée par Hans von Bülow. Le 20 juillet, Nietzsche envoie à ce dernier sa Manfred-Meditation qui est qualifiée d'épouvantable et de nuisible par le chef d'orchestre, et de « viol d'Euterpe. » Franz Liszt jugera bien moins sévèrement une autre œuvre de Nietzsche.

 

Il prépare une étude, La Joute chez Homère. En septembre et octobre, il se promène en Suisse. Au semestre d'hiver 1872-73, il donne un cours sur la rhétorique grecque et romaine. Les étudiants se font rares, il n'a que deux auditeurs. Rohde se retrouve également isolé et dans une situation difficile. Wagner fait lui-même l'objet d'attaques assez basses (il est jugé cliniquement fou par un professeur de l'université de Munich).

 

Nietzsche passe Noël 1872 avec sa mère et sa sœur ; il offre à Cosima Wagner, pour son anniversaire, Cinq préfaces à cinq livres qui n'ont pas été écrits. Le 26 décembre, il est à Weimar pour assister à une représentation de Lohengrin. Il rencontre Ritschl à Leipzig qui le blâme de son manque de réussite en tant que professeur. L'incompréhension, ou peut-être l'amertume, du maître est extrême ; dans une lettre à Wilhelm Vischer datée du , il fait de Nietzsche ce portrait instructif :

« Mais notre Nietzsche ! – C'est vraiment un chapitre affligeant, comme vous l'exprimez vous-même dans votre lettre – en dépit de toute votre bienveillance pour l'homme remarquable qu'il est. Il est étonnant de constater comment dans cet être deux âmes cohabitent. D'une part, la méthode la plus rigoureuse dans la recherche scientifique et académique [...] d'autre part, cet engouement wagnéro-schopenhauérien pour les mystères de la religion esthétique, cette exaltation délirante, ces excès d'un génie transcendant jusqu'à l'incompréhensible ! »

 

Du 6 au 12 avril, Rohde et Nietzsche sont à Bayreuth. Nietzsche a avec lui le manuscrit de La Philosophie à l'époque tragique des Grecs qu'il lit à Cosima et à Wagner. Il revient à Bâle le 15 avril, où il commence sa première Considération inactuelle sur David Strauss.

 
Friedrich Nietzsche, vers 1875.

 

Vers 1875, Nietzsche tombe gravement malade, et, à la suite de plusieurs malaises, ses proches le croient à l'agonie. Presque aveugle, subissant des crises de paralysie, de violentes nausées, l'état d'esprit de Nietzsche se dégrade au point d'effrayer ses amis par un cynisme et une noirceur qu'ils ne lui connaissaient pas. Nietzsche commence à se détacher de Wagner qui le déçoit de plus en plus, et il considère le milieu wagnérien comme un rassemblement d'imbéciles n'entendant rien à l'art wagnérien8. Alors que Nietzsche rédige Richard Wagner à Bayreuth, il écrit dans ses carnets une première critique de son ami. Non seulement il ne se sent plus lié avec ce dernier par la philosophie de Schopenhauer, mais Wagner s'est révélé un ami indiscret, ce qui conduira Nietzsche à ressentir certains propos de Wagner comme des offenses mortelles. Wagner soupçonna en effet Nietzsche de quelques penchants « contre nature » censés expliquer son état maladif : « un effet de penchants contre nature préfigurant la pédérastie9 ».

 

Il abandonne alors ses idées sur l'Allemagne dans lesquelles il ne voit plus que grossièreté et illusions. Il discute longuement avec Paul Rée, avec qui il partage ses idées et son cynisme sur l'hypocrisie de la morale, et commence à écrire un livre, d'abord intitulé Le soc, puis Humain, trop humain. Quand Wagner reçoit ce dernier livre (envoi auquel il ne répondra pas), Cosima Wagner, l'épouse de Richard, écrit dans son journal : « Je sais qu'ici le mal a vaincu. » L'antisémitisme de Cosima semble également avoir joué un rôle dans la rupture entre son mari et Nietzsche.

 

En 1877, Marie Baumgartner traduit en français Richard Wagner à Bayreuth.

 

En 1878, rupture avec Wagner.

 

En 1879, Nietzsche obtient une pension car son état de santé l'oblige à quitter son poste de professeur. Commence alors une vie errante à la recherche d'un climat favorable aussi bien à sa santé qu'à sa pensée (Venise, Gênes, Turin, Nice - où il sera en même temps que Guyau sans le savoir vers 1888, Sils-Maria, etc.) :

« Nous ne sommes pas de ceux qui n'arrivent à former des pensées qu'au milieu des livres — notre habitude à nous est de penser en plein air, marchant, sautant, grimpant, dansant… ».

L'errance en Italie et en France (1879 – 1888)

 

À la fin du mois d'avril 1881, Nietzsche est à Gênes, travaillant à la correction des épreuves d'Aurore avec Peter Gast. Le travail est achevé à la mi-juin. En juillet, il est à Sils-Maria et lit Hellwald (Histoire de la civilisation, La Terre et ses habitants) et le livre de Kuno Fischer sur Spinoza. Il voit en ce dernier l'un de ses précurseurs.

 

C'est au mois d'août que se situent les pensées sur l'éternel retour. Nietzsche est alors dépressif.

 

En septembre, il étudie les sciences de la nature. Il écrit à Overbeck (18 septembre) :

« Sum in puncto desperationis. Dolor vincit vitam voluntatemque. » (« Je suis désespéré. La douleur a vaincu la vie et la volonté. »)

Il retourne à Gênes à la fin du mois où, toujours en mauvaise santé, Nietzsche entend la Sémiramide de Rossini, Giulietta e Romeo et Sonnambula de Bellini. Il entend également Carmen, l'opéra de Bizet, qui le marquera à vie. À la mi-décembre, Nietzsche projette d'écrire une suite à Aurore.

 
Lou Andreas-Salomé, Paul Rée et Nietzsche en 1882

 

Invité à Rome par Malwida von Meysenbug, Nietzsche fait la connaissance de Lou Andreas Salomé dont il tomba éperdument amoureux en avril 1882. Puis Lou, Rée et Nietzsche se rendent en Suisse. Nietzsche corrige les épreuves des Idylles de Messine et met au propre une copie du Gai Savoir.

 

Nietzsche passe les mois de novembre et décembre 1882 à Rapallo. Ses relations avec Lou Andreas-Salomé et Paul Rée se dégradent. À la fin du mois de janvier 1883, il écrit au propre la première partie d'Ainsi parlait Zarathoustra.

 

Le 13 février, Wagner meurt. Nietzsche l'apprend le lendemain et écrit à Cosima.

 

Nietzsche est ensuite de nouveau à Gênes à partir du . Il lit le livre de son ami Paul Deussen sur la doctrine des Védanta. Il rompt ses relations avec Rée et Lou, et déprime gravement :

« Je ne comprends plus du tout à quoi bon je devrais vivre, ne fût-ce que six mois de plus [...] » (Lettre à Overbeck, 24 mars).

Le jugement de Gast à propos de Zarathoustra lui remontera le moral : « À ce livre il faut souhaiter la diffusion de la Bible, son prestige canonique, la série de ses commentaires, sur laquelle repose en partie ce prestige. » (Lettre à Nietzsche, ). Vers la fin du mois, il renoue avec sa mère et se décide à rencontrer sa sœur à Rome, où il loge chez le peintre Max Müller. Avec sa sœur, il voyage en Suisse et séjourne de nouveau à Sils-Maria. Il écrit la deuxième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra au mois de juillet. Il se brouille définitivement avec Lou :

« Elle me manque, même avec ses défauts. [...] Maintenant c'est comme si j'étais condamné au silence ou à une sorte d'hypocrisie humanitaire dans mes rapports avec tous les hommes. » (Lettre à Overbeck, fin août).

 

Fin août 1883, il retrouve Overbeck à Schuls et envisage de donner des cours à Leipzig. Le recteur de l'université, qui est un ami de Nietzsche, lui explique que sa candidature serait un échec à cause de ses idées sur le christianisme. Il part alors pour Naumburg le 5 septembre. Sa sœur se fiance avec Bernard Förster, l'antisémite soi-disant admirateur de Nietzsche.

 

Il passe à Bâle début octobre, chez les Overbeck, puis à Gênes. Il tombe malade, ressent la solitude de plus en plus durement, et fait le bilan accablant des dernières années qu'il vient de passer. À la fin novembre, il passe à Villefranche, puis s'installe à Nice pour l'hiver. Il rencontre Joseph Paneth, l'ami de Freud. Il est de plus en plus malade : « Malade, malade, malade ! » (Lettre à Overbeck, 26 décembre 1883). Il écrit néanmoins la troisième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra en janvier 1884, après notamment des promenades le long du chemin qui porte son nom à Èze. Nouvel enthousiasme de Peter Gast. Nietzsche s'interroge avec inquiétude sur la portée de sa philosophie :

« Est-elle vraie ou plutôt sera-t-elle crue vraie – c'est ainsi que tout changera et se renversera et que toutes les valeurs traditionnelles seront dévaluées. » (Lettre à Overbeck, ).

 

Il rompt de nouveau avec sa sœur : « Ce maudit antisémitisme est la cause d'une rupture radicale entre ma sœur et moi. » (Lettre à Overbeck, 2 avril).

 

À la fin du mois d'avril, il se rend à Venise avec Peter Gast : « [...] je frémis à la pensée de tout l'injuste et l'inadéquat qui un jour ou l'autre se réclamera de mon autorité. » (Lettre à Mawilda von Meysenburg, juin 1884). Puis il est de nouveau chez les Overbeck, à Bâle, de la mi-juin au 2 juillet. Il fait la connaissance de Meta von Salis à Zurich vers la mi-juillet. Il séjourne pour la troisième fois à Sils-Maria de juillet à septembre. Du 26 au 28 août, il reçoit Heinrich von Stein.

 

À Nice, en janvier 1885, il écrit la quatrième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra. Il le fait paraître à ses frais vers la fin mars en tirage limité à 40 exemplaires.

Le , Nietzsche, venant de Venise, arrive à Turin. Il s'installe à la Pension de Genève. Commence une phase où Nietzsche se retourne sur sa vie et son œuvre :

 
« Dix ans de maladie, plus de dix ans ; et pas simplement une maladie pour laquelle il existe des médecins et des remèdes. Quelqu'un sait-il seulement ce qui m'a rendu malade ? Ce qui, des années durant m'a tenu au seuil de la mort, et appelant la mort ? Je n'en ai pas l'impression. [...] Ces dix dernières années que j'ai derrière moi m'ont fait amplement apprécier ce que cela signifie d'être seul, isolé à ce point. [...] Pour n'en retenir que le meilleur, cela m'a rendu plus indépendant ; mais aussi plus dur, et plus contempteur des hommes que je ne le souhaiterais moi-même. » (Lettre à Overbeck, 12 novembre).

Il écrit beaucoup, avec le sentiment de la tâche accomplie ou sur le point de l'être :

« [...] je sais ce qui est fait, et ce qui est définitivement réglé : c'est un trait qui est tiré sous toute mon existence jusqu'alors : – voilà le sens des dernières années. Sans doute, par cela même, l'existence que j'ai menée jusqu'ici a révélé ce qu'elle était réellement — une simple promesse. » (Lettre à Peter Gast, 20 décembre).

Il lit Montaigne, Galiani, le Journal des Goncourt. Le 26 novembre, il reçoit une lettre de Georg Brandes :

« Vous faites partie du petit nombre d'hommes avec qui j'aimerais causer. »

Vers la fin de l'année, Nietzsche retombe dans la dépression :

« [...] le poids de mon existence pèse à nouveau plus lourd sur mes épaules ; presque pas un jour entièrement bon ; [...] » (Lettre à Overbeck, 28 décembre).

 

Néanmoins, dans les mois qui suivent, qu'il passe à Nice, il travaille beaucoup et annonce à Gast, dans une lettre du 13 février 1888, qu'il a terminé la mise au propre du premier livre de l'Essai d'une inversion des valeurs. (cf. Cahiers WII 1, WII 2, WII 3). Il lit Plutarque, Baudelaire, Dostoïevski, Tolstoï, Renan, Benjamin Constant. Sa célébrité s'accroît : Carl Spitteler fait des comptes rendus des livres de Nietzsche dans le canton de Berne, et Georg Brandes fait des conférences sur la pensée de Nietzsche à Copenhague.

 

Il quitte Nice le 2 avril, et se rend en pèlerinage à Gênes le 4, avant de parvenir à Turin, ville « pour les pieds comme pour les yeux, un lieu classique ! » (Lettre à Gast, 7 avril). Il rédige le Cas Wagner et travaille toujours autant (cf. Cahiers WII 5, WII 6). Son humeur est particulièrement joyeuse, « il souffle ici un air délicieux, léger, espiègle, qui donne des ailes aux pensées trop lourdes... » (Lettre à Gast, 1er mai).

 

À Sils-Maria depuis le début du mois de juin, sa santé se dégrade de nouveau. Il se diagnostique un épuisement nerveux général incurable en partie héréditaire (Lettre à Overbeck, 4 juillet). Il s'occupe de l'impression du Cas Wagner et élabore un dernier plan de la Volonté de puissance. Essai d'une inversion de toutes les valeurs daté du 29 août. Il lit la Vie de Richard Wagner par Ludwig Nohl, et Rome, Naples et Florence de Stendhal qu'il admire. Il passe quelques semaines avec son amie Meta von Salis. Richard Meyer, un étudiant d'origine juive, lui offre anonymement 2000 marks. Nietzsche emploie alors toutes les ressources dont il dispose pour faire imprimer ses livres et se plaint des pratiques douteuses de certains éditeurs : « Mais je suis en guerre : je comprends que l'on soit en guerre avec moi. » (Lettre à Spitteler, 25 juillet). Il restera à Sils-Maria jusqu'au 20 septembre.

 

Après un voyage difficile, Nietzsche arrive de nuit à Turin. Le Cas Wagner paraît alors, tandis qu'il travaille avec Gast à l'impression du Crépuscule des Idoles et que le manuscrit de L'Antéchrist est prêt pour l'impression le 30 septembre.

Les derniers mois : octobre – décembre 1888

La folie (1889 – 1900)

 
Portrait datant de 1889

 

L'effondrement

 

Nietzsche s'effondre le à Turin. Alors qu'il croise une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval, il s'approche de l'animal, enlace son encolure et éclate en sanglots, interdisant à quiconque d'approcher le cheval : « Nietzsche (...) fut assez fou pour pleurer auprès d'un animal, sous le regard ou contre la joue d'un cheval que l'on frappait. Parfois je crois le voir prendre ce cheval pour témoin, et d'abord, pour le prendre à témoin de sa compassion, prendre sa tête dans ses mains » (Jacques Derrida, L'Animal que donc je suis). Son ami Franz Overbeck, alerté par des lettres délirantes de Nietzsche, accourt le 8 janvier. Nietzsche chantait et hurlait sans cesse depuis plusieurs jours, prétendant être le successeur de Napoléon pour refonder l'Europe, créer la « grande politique ». Vu l'état extrême d'agitation de Nietzsche, Overbeck se fait aider d'un dentiste bâlois de passage à Turin, qui pour le calmer lui fait croire qu'à Bâle on prépare les festivités et les cérémonies qu'il croit lui être dues. Au départ de la gare de Turin, Nietzsche veut haranguer la foule ; on lui fait comprendre que ce n'est pas digne d'un homme de son rang.

 

Arrivé à Bâle, on le conduit dans une clinique d'aliénés dont le directeur s'était entretenu avec Nietzsche sept ans plus tôt. Nietzsche se rappelle en détail cette rencontre, mais ne se rend pas compte qu'il est dans un asile d'aliénés — il remercie pour le bon accueil qui lui est fait.

 

Au début de cette folie, Nietzsche semble s'identifier aux figures mythiques et mystiques de Dionysos et du Christ, symboles pour lui de la souffrance et de ses deux interprétations les plus opposées. Il parle constamment et chante beaucoup, se rappelant encore ses compositions musicales et ses poèmes. Selon le témoignage de son ami Overbeck venu le chercher à Turin, il est alors encore capable d'improviser au piano de bouleversantes mélodies ; pendant quelque temps, il sera encore capable de tenir des conversations, mais celles-ci, selon son ami Overbeck, sont stéréotypées et Nietzsche ne semble capable que d'évoquer certains souvenirs. Il prononcera encore quelques phrases, comme ce jour où, sur une terrasse ensoleillée, il s'adresse à sa sœur : « N'ai-je pas écrit de beaux livres ? » ; il notera encore quelques phrases plus ou moins cohérentes comme celle-ci : « Maman, je n'ai pas tué Jésus, c'était déjà fait. » Sa mère était en effet très pieuse, et les différends de Nietzsche avec elle en matière de religion remontaient à l'adolescence.

 

Il reçoit plusieurs visiteurs, et certains tentent de le récupérer pour leur propre cause. Puis, au bout de quelques années, il sombre dans un silence presque complet jusqu'à sa mort. Quand Overbeck le revoit pour la dernière fois, en 1892, il trouve Nietzsche dans un état végétatif.

 

Il est soigné par sa mère, puis par sa sœur revenue d'Amérique du Sud, jusqu'à sa mort, le 25 août 1900.

 

La maladie de Nietzsche

 

On s'est beaucoup interrogé sur les causes de sa maladie et l'image même d'un penseur devenu fou a conduit à diverses appropriations, du vivant même de Nietzsche Certaines théories à ce sujet ont eu pour but de réduire la pensée de Nietzsche à sa folie. Une explication qui fut couramment acceptée, est relative à la syphilis que Nietzsche aurait contractée, comme nombre d'artistes et écrivains célèbres de son temps, et qui dans sa phase tertiaire, dite de « neurosyphilis » peut mimer toutes sortes de pathologies psychiatriques. Nietzsche, au début de sa folie (« folie » qui ne l'empêchait pas dans les premiers temps de discuter presque normalement), déclara avoir été infecté en 1866. Il semble, d'après les travaux d'Otto Binswanger, qui s'est occupé de lui lors de son internement, que Nietzsche ait présenté une démence vasculaire : maladie de Binswanger comparable à la leucoaraiose, ce qui va dans le sens des propos de Franz Overbeck, qui, quand il le revoit pour la dernière fois, en 1892, trouve Nietzsche dans un état végétatif.

 

Mais il convient cependant de relativiser les informations que l'on possède sur la -possible- syphilis de Nietzsche : Cette maladie pourrait être une légende inventée par un critique, Lange-Eichbaum, après la Seconde Guerre mondiale.

 

Biographie de Nietszche
Biographie de Nietszche
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 07:48
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse

Nous les avons visitées en octobre 2015. Elle sont complètement fascinantes

Au plaisir de vous accueillir très bientôt !

Les Grottes de Thouzon
2083 Route d'Orange (D16) - 84250 LE THOR
04 90 33 93 65 - www.grottes-thouzon.com

email : grottesdethouzon@wanadoo.fr Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Grotte de Thouzon à Le Thor en Provence

 

Grotte de thouzon - Grotte en Provence

La grotte de Thouzon, appelée aussi la Grotte aux Fées, s'ouvre aux pieds de la colline de Thouzon, dans le Vaucluse, en Provence.

Voici 60 millions d'années que la grotte de Thouzon effectue sa cristallisation : stalactites, stalagmites, draperies, gours, perles de cavernes... Les cheminées d'équilibre, cônes d'éboulis, diaclase colmatée, puits, méandres, rognon de silex, la grotte de Thouzon est d'un grand intérêt géologique.

La cavité s'ouvre sur environ 230 mètres de longueur. Une multitude de stalactites "fistuleuses" caractérisent la grotte de Thouzon. Ces stalactites peuvent atteindre 2 mètres pour un diamètre de 3 millimètres.

La grotte de Thouzon est découverte par des ouvriers le 23 janvier 1902, lors de l'exploitation des carrières de pierres. La grotte est restée intacte grâce à son aménagement immédiat.

C'est le seul site naturel sous-terrain aménagé pour le tourisme dans le Vaucluse, en Provence.


Depuis 1981, les exploitants de cette splendeur naturelle, Michèle et Denis MATHIEU, ont amené certains aménagements intérieurs et ont valorisé le parcours de la grotte de Thouzon.

Leurs guides vous feront parcourir 60 millions d'années en 45 minutes.

Attention, il fait 13° dans la grotte !

 

© François Lochon

Grotte de thouzon - Grotte en Provence
Grotte de thouzon - stalagtites

 

Grotte de Thouzon à Le Thor

 

Grotte de thouzon - Grotte en Provence

Grotte de Thouzon

2083, route d'orange - 84250 Le Thor
Provence, Vaucluse - France

Tél. : + 33(0)4 90 33 93 65 - Fax. : + 33(0)4 90 33 74 90

CONTACT

Les Grottes de Thouzon en Vaucluse

Voici donc les photos que j'ai prises ce 4 octobre 2015, lors de notre visite des grottes de Thouzon avec Danielle

D'abord le prospectus, puis les photos

Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
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Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
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Les Grottes de Thouzon en Vaucluse
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 09:15

Michel Guérin

 

Michel Guérin
Michel-guerin.jpg

Michel Guérin, chez lui

Naissance
(69 ans)
Nantes (France)
Nationalité
Langue maternelle
Principaux intérêts
Idées remarquables
Figurologie, espace plastique
Influencé par

Michel Guérin, né le , est un écrivain et philosophe français.

 

 

Biographie

Michel Guérin quitte sa ville natale, Nantes, après le bac (1964) pour entrer en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où il se lie d'amitié avec Guy Lardreau.

N'ayant pas réussi à intégrer une ENS, Michel Guérin reste imperméable au maoïsme, qui connait alors un vif succès chez les normaliens de la rue d'Ulm. Rétif à Lacan, il est également indifférent à la pensée d'Althusser, pour les mêmes raisons. À la différence de la plupart de ses anciens condisciples de khâgne, il ne s'investit pas outre-mesure dans le politique et traverse en solitaire la fin des années 1960. Guérin est reçu de loin en loin par Sartre dont il a lu en terminale L'Être et le Néant et la Critique de la raison dialectique. S'il s'en éloigne progressivement sur la doctrine (au fur et à mesure de sa lecture attentive de Kant, Nietzsche, Diderot et Rilke, qui lui livre l'instrument de pensée qu'est la figure), il reste fidèle à Sartre qui a incarné pour lui le geste philosophique.

 

Guérin est reçu à l'agrégation de philosophie en 1970, année faste qui voit un quasi doublement du nombre de postes ouverts au concours. Il enseigne au lycée Albert-Camus à Nantes, puis au lycée Thiers à Marseille (1974-1982). En 1975, il publie Nietzsche, Socrate héroïque (Grasset, « Théoriciens ») et Lettres à Wolf ou la Répétition en 1976 (Grasset, « Figures »). En dépit d'une couverture médiatique importante due à l'intervention de Bernard-Henri Lévy, qui dirige les collections où paraissent ces ouvrages, le livre est un échec, comme le sera également son roman L'Homme Déo (1978), ignoré par la presse, à l'exception de Jérôme Garcin et de Jacques De Decker qui, dans Le Soir, souligne l'ambition du livre. Entre temps, soudain mal à l'aise dans le climat de « pub-philosophie » où il se trouve malgré lui, Guérin décide de dissiper le malentendu et publie dans Le Monde une mise au point, qu'il répète en 1979 en faisant paraître un essai, Le génie du philosophe, au sous-titre ouvertement polémique.

 

Carrières diplomatique et universitaire

Il publie donc au Seuil, dans la collection dirigée par François Wahl « L'Ordre philosophique », Le Génie du philosophe (1979), dont l'avant-propos se veut une polémique contre les « nouveaux philosophes ». Le livre est dédié à René Char qui a adressé à l'auteur une lettre de félicitations et de soutien à la suite de la lettre parue dans Le Monde, qui ne lui vaudra pas que des amis.

Entre 1982 et 1993, Guérin, nommé d'abord à Bonn (RFA) sur proposition de Régis Debray, conseiller culturel de François Mitterrand, est détaché au ministère des Affaires étrangères (à l'époque Relations extérieures). Il est attaché culturel en Allemagne, puis conseiller à Vienne et finalement à Athènes, tout en dirigeant l'Institut français dans ces deux capitales. Sa pièce sur Socrate, Le Chien, écrite en Grèce, y est jouée à l'été 1993 dans la traduction de l'écrivain Tákis Theodorópoulos ; elle sera mise en scène trois ans plus tard par les Comédiens Français au Théâtre du Vieux Colombier (Roland Bertin étant Socrate) et diffusée sur France Culture et RFI.

 

En 1986, Guérin fonde chez Actes-Sud, à l'instigation d'Hubert Nyssen, la collection « Le génie du philosophe ». Il y publie l'essentiel de son œuvre philosophique, en particulier La Terreur (1990) et La Pitié (2000), mais aussi la thèse de Hans-Georg Gadamer, sur Platon, Manfred Frank, Nicolas Grimaldi, Guy Lardreau, Jean-Pierre Faye, Karl Popper, etc. La série est interrompue en 2000.

 

Rentré de l'étranger, Guérin retrouve l'enseignement, au lycée Cézanne d'Aix-en-Provence, avant d'intégrer le Département des Arts plastiques et sciences de l'art de l'Université de Provence. Ayant soutenu une thèse sur travaux dans les années 1980, puis une Habilitation, il est nommé professeur des universités en 1997 et est élu quelques années plus tard membre de l'Institut universitaire de France (2005), chaire « Théorie de l’art et de la culture ». Il poursuit, notamment comme directeur du LESA (Laboratoire d’études en Sciences des Arts) une activité éditoriale importante, dirigeant des ouvrages collectif sur les questions de l'art et de l'esthétique à l'époque contemporaine.

 

Activités éditoriales récentes

Michel Guérin préside l’Association Des Sud : celle-ci a coédité avec Actes Sud de 2000 à 2010, avec le soutien de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Conseil général des Bouches-du-Rhône, une revue littéraire et de débats, La Pensée de midi, dirigée par l’essayiste Thierry Fabre, et placée sous le « parrainage » moral et intellectuel d’Albert Camus et de René Char.

 

Parmi les 31 livraisons en dix ans de la revue (de forme livre, avec un dossier thématique, des rubriques et une iconographie), un numéro double (24/25) sur le Mépris, coordonné par Renaud Ego et Michel Guérin avec des textes de Marcel Cohen, Hubert Nyssen, David Le Breton, Axel Honneth, Pierre-Damien Huyghe, Bernard Stiegler, Bernard Noël, Renaud Ego, etc.

Les archives de La Pensée de Midi ont été déposées à la Bibliothèque de l’Alcazar à Marseille (BMVR).

Programme philosophique

Sa réflexion développe quatre principaux axes de recherche : une pragmatique de la croyance, une théorie culturelle de la sensibilité moderne appuyée sur des études sur le XIXe siècle, une théorie de l'œuvre, de ses dimensions et de ses limites, une méditation sur la transparence comme mode post-métaphysique de la véracité après « la fin des phénomènes » et l'exténuation de la phénoménologie.

Le concept-clef, transversal à ses travaux, est celui, largement revisité, de « Figure ».

 

Figure et figurologie

La notion-clef, transversale aux travaux de Michel Guérin, est celle de la Figure. Elle est associée à l’Idée régulatrice d’une figurologie. Pour l'auteur, la majuscule initiale codifie un usage qui, d’une part fait référence à la Figur chez le poète autrichien Rainer Maria Rilke, d’autre part entend se distinguer de la signification banale du mot7. Les Figures ne sont ni des concepts, ni des métaphores, ni des images, mais des instruments de pensée - qui contiennent tout ensemble la chose à dire et la façon de la dire8. C'est en comparaison avec la peinture qu'on la peut saisir, comme on peut dire de Bacon qu'il a peint la Figure de la chair, où Rembrandt, celle de l'individu.

La Figure de X transparaitra donc dans l'essai qui, en l'écrivant, la rend réelle. La Figure est rythme premier, dans l’acception grecque de forme émergente.

La figurologie peut se concevoir comme une post-phénoménologie usant de Figures comme instruments de pensée. De plus en plus nettement, la figurologie se réfléchit comme écriture, où se mêlent de façon indiscernable le fond et la forme.

Car la pensée (à la différence des sciences, productrices de connaissances et procédant par détermination) est toujours modale: sa forme, son mouvement, son geste est co-extensif de la chose qu'elle cherche à saisir, créer, rendre. Guérin appelle cela: l’affectivité de la pensée. La philosophie, écrit souvent l’auteur, est « ce qui s’enseigne ».

 

Anthropologie (geste et croyance)

Philosophie du geste

L’auteur étudie quatre gestes – ce qu’il appelle « gestique transcendantale » ou encore « quadrature du geste » : faire, donner, écrire, danser.

Faire donne lieu à la technique, donner enclenche l’économie des échanges, écrire noue et commande le faisceau des institutions, danser est le premier pas de l’esthétique.

 

  • Faire : La technique démultiplie la percussion ; la frappe est le tour premier qui provoque en retour l’enchaînement polytechnique, la subrogation prothétique, la logique de la technique appelée à se renverser aujourd’hui en technologie par la rencontre et le mariage des gestes et des symboles extériorisés.
  • Donner est, pour l'homme, ce geste paradoxal qui consiste à se déprendre. Il appelle le contre-don, l’enchère, l’émulation, le cycle répété des échanges socio-économiques.
  • Écrire est un geste littéralement « ré-volté », renversé : percussion qui ne vise pas à changer la matière, mais à y imprimer des formes (mentales) qui seront « levées » par la lecture. Geste qui « rebrousse de la matière vers l’esprit ».
  • Danser enfin est essentiellement tourner (volter), passer et repasser, troquer circulairement le corps visible de marche et de saut (déplacement local) pour un corps invisible d’exultation (mouvement pur) : les « deux corps de la danse » thématisés par Guérin font lien avec ce qu’il appelle l’arc pieds-mains, c’est-à-dire la correspondance des termes, l’écho que le geste se fait à lui-même depuis ses extrémités.

Dans chaque plan, la structure dynamique (cyclique) du re-tour est patente. Le geste atteste l’être-corps. Il est indice de finitude.

Les travaux sur le geste infléchissent indéniablement la figurologie vers une anthropologie du point de vue pragmatique.

Mystère de la croyance

Partagée entre l’opinion (sentire) et la confiance (credere), rythmée par l’oscillation du « croire » et du « décroire » (qui la relance, loin de l’éteindre), la croyance est, chez Michel Guérin, protéique. Une croyance n’est ni vraie ni fausse, elle est (relativement) saine ou pathogénique. Si toutes les croyances ne se rapportent pas à Dieu, il n'en reste pas moins que les croyances sont un sûr moyen de rassembler (religare).

Les Figurologiques

Parallèlement à son travail philosophique, Michel Guérin écrit des livres à ranger parmi les « figurologiques », constituant une illustration des principes philosophiques qu'il théorise comme Figurologie. Parmi eux se trouvent de rares romans, des textes critiques (sur Stendhal, Goethe), des essais libres, tels l’Île Napoléon.

Comme figures ainsi illustrées, on peut retenir :

  • Celle de l’Âge, dans son essai Les quatre Mousquetaires.
  • Celle de l’Ambition. Forgée à partir de travaux consacrés à Stendhal et au XIXe siècle, elle a été développée dans La Grande Dispute et dans Nihilisme et modernité – Essai sur la sensibilité des époques modernes de Diderot à Duchamp.

 

Les écrits esthétiques et autres essais

Sur la transparence : le thème de la transparence (ombreuse), en tant qu’elle relègue au passé le mode phénoménologique, se situe au carrefour de la réflexion esthétique et anthropologique et de l’approfondissement de la Figure, dont le mode de manifestation relève non de l’ap-paraître mais d’un trans-paraître.

Sur une modernité d’après-coup (post- ou hypermodernité).

Sur le caractère immémorial de la peinture, régulièrement promise à la mort.

Sur la notion d’œuvre.

Outre les ouvrages sur la peinture et les peintres (surtout Rembrandt et Cézanne), Michel Guérin collabore depuis de nombreuses années avec des artistes contemporains, notamment le peintre Patrick Moquet et le sculpteur-photographe François Méchain.

Notes

  1. Commencée dans la camaraderie, cette amitié résistera durant plus de quatre décennies à tous les emportements et aux divergences. C'est Lardreau qui présente Guérin à Bernard-Henri Lévy, s'entremet pour la publication chez Grasset, en 1976, des Lettres à Wolf, dont il rédige la préface. Plus tard, Guérin édite dans sa collection chez Actes-Sud, deux ouvrages de Lardreau, Fictions philosophiques et science-fiction, récréation philosophique (1988) et Présentation criminelle de quelques concepts majeurs de la philosophie, fantaisie pédagogique (1997).
  2. 102 postes sont ouverts en 1970, contre une petite soixantaine l'année précédente, elle-même en nette progression par rapport aux années antérieures. Cf. la Revue de l'Enseignement Philosophique, no 21, 1970.
  3. Le Monde du 27 mai 1977 ayant publié un dossier sur les « nouveaux philosophes » censément « contre la gauche », Guérin adresse une lettre au journal (publiée dans l'édition du 3 juin 1977) où il déclare : « Le journal Le Monde a bien voulu me compter au nombre des représentants de la "nouvelle philosophie", et je l'en remercie. Mais il ne m'est pas possible de laisser croire que je me reconnais dans le tableau qui est brossé et dans les propos que d'autres tiennent. (...) ceux qui ont lu mes livres savent que je suis et reste sans l'ombre d'une hésitation un homme de gauche. Je n'ai pas à renier ou à encenser des maîtres que je n'ai pas eus : Althusser ne m'a guère plus effleuré que Lacan. (...) Enfin, je me déclare complètement étranger à l'affairement "philosophique" dont vous rendez compte. ».
  4. « Défense et illustration de la métaphysique en réponse à quelques anti- et nanti-philosophes, dits "nouveaux" »
  5. Nommé par le décret du 15 décembre 1997 [archive].
  6. Voir en particulier l'avant-propos de La Terreur, « Idée d'une figurologie » et le premier des essais de Pour saluer Rilke, « La vérité parle en Figures ». Dans Qu'est-ce que la philosophie? (Éditions de Minuit, 1991), Gilles Deleuze et Félix Guattari remarquaient : « Dans la pensée contemporaine, Michel Guérin est un de ceux qui découvrent le plus profondément l'existence de personnages conceptuels au cœur de la philosophie ; mais il les définit dans un "logodrame" ou une "figurologie" qui met l'affect dans la pensée » ; ce qui revient à assimiler massivement ce que Deleuze cherche justement à articuler philosophiquement : le concept et l'affect (avec le percept comme troisième terme).
  7. Qu’est-ce qu’une œuvre ?, 1986, p. 126 sq.
  8. a et b « De la philosophie comme figurologie » (2012)
  9. "Le geste de penser", dans Philosophie du geste, 2011.
  10. L’Affectivité de la pensée, 1993
  11. La Terreur, 1990, p. 95.
  12. Philosophie du geste, 2011, p. 105. Le Geste entre émergence et apparence, p. 8-9.
  13. La Croyance de A à Z (Un des plus grands mystères de la philosophie, 2015, p. 45
  14. La transparence comme paradigme, 2008
  15. Nihilisme et modernité, essai sur la sensibilité des époques modernes, 2003
  16. La peinture effarée: Rembrandt et l'auto-portrait, 2011. La cause de la peinture, 2008.
  17. Qu'est-ce qu'une œuvre ?, 1986
  18. Origine de la peinture : sur Rembrandt, Cézanne et l'immémorial, 2013
  19. François Méchain, L'exercice des choses, 2002

Références

  1. Le Monde, 27 mai 1977.
  2. Le Monde, 3 juin 1977.
  3. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la Philosophie?, Paris, Éditions de Minuit, 1991, p. 65.

Ouvrages

Fiction
  • Lettres à Wolf ou la Répétition, Grasset, 1976.
  • Les Compagnons d’Hélène, Hallier, 1976.
  • L'Homme Déo, Grasset, 1978.
  • Robert le Diable, théâtre, NTNM Marcel Maréchal, inédit.
  • Le Chien, théâtre, Comédie Française/France-culture, inédit.
Philosophie
  • Nietzsche, Socrate héroïque, Grasset, 1975.
  • Défense et illustration de la métaphysique en réponse à quelques anti-et nanti-philosophes (dits nouveaux), Seuil, 1979.
  • La politique de Stendhal, préface de Régis Debray, Presses universitaires de France, 1982.
  • Jour/Goethe-ballet, Actes-Sud, 1983.
  • Qu'est-ce qu'une œuvre ?, Actes-Sud, 1986.
  • L'île Napoléon, Actes-Sud, 1989.
  • La Terreur et la Pitié, 1. La Terreur, Actes-Sud, 1990.
  • L'Affectivité de la pensée, Actes-Sud, 1993.
  • Philosophie du geste, Actes-Sud, 1995.
  • Les Quatre mousquetaires, Rocher, 1995.
  • La Terreur et la Pitié, 2. La Pitié. Apologie athée de la religion chrétienne, Actes-Sud, 2000.
  • Nihilisme et modernité, essai sur la sensibilité des époques modernes, Jacqueline Chambon, 2003.
  • La grande dispute, essai sur l'ambition, Stendhal et le XIXe siècle, Actes-Sud, 2006.
  • La seconde mort de Socrate (le concept d'éducation a-t-il un sens dans le monde actuel ?), Québec (Canada), Presses de l'Université Laval, 2007.
  • L'artiste ou la toute-puissance des idées, Publications de l'Université de Provence, 2007.
  • Pour saluer Rilke, Circé, 2008.
  • L'espace plastique, Bruxelles, La Part de l'œil, 2008.
  • Marcel Duchamp, portrait de l’anartiste, Nîmes, Lucie éditions, 2008.
  • La peinture effarée: Rembrandt et l'auto-portrait, éditions La Transparence, 2011.
  • Philosophie du geste : essai, Actes Sud, 2011 (ed. augmentée).
  • Origine de la peinture : sur Rembrandt, Cézanne et l'immémorial, Encre marine, 2013
  • La croyance de A à Z : un des plus grands mystères de la philosophie, Encre marine, 2015
Ouvrages collectifs
  • avec Colette Garraud et l'artiste, François Méchain, L'exercice des choses, Somogy éditions d’art, 2002.
  • avec Pascal Navarro (dir.), Les Limites de l’œuvre, Publications de l'Université de Provence (PUP), 2007.
  • Ce que Cézanne donne à penser, Actes du colloque du Centenaire à Aix, Gallimard, 2008.
  • (dir.), La transparence comme paradigme (dir. Michel Guérin), PUP, 2008.
  • (dir.), La cause de la peinture, Publications de l'Université de Provence (PUP), 2008.
  • avec Jean-Noël Bret et Marc Jimenez (dir.), Penser l'art, Klincksieck, 2009.
  • avec Odile Billoret-Bourdy (dir.), Picasso-Cézanne : quelle filiation ?, PUP, 2011.
  • avec Jean Arrouye (dir.), Le photographiable, PUP, 2013.
  • (dir.), Le geste : entre émergence et apparence : éthologie, éthique, esthétique, PUP, 2014.

Bibliographie

  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la Philosophie?, Paris, Éditions de Minuit, 1991.
  • Le Monde, 27 mai 1977.
  • Le Monde, 3 juin 1977.

Lien externe

Michel Guerin Philosophe français
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Construisant au fil de son œuvre ce qu’il nomme une figurologie, Michel Guérin, comme autant de fragments, a retenu ici quatre gestes : faire (le geste de la technique et du travail), donner (celui du social et des échanges), écrire (le geste renversé, révolté), danser (le geste pur).
Pointant le geste comme première tournure de la pensée et de l’action, l’auteur révèle de façon pertinente sa part dans la construction progressive d’une œuvre et, interrogeant le sens du geste, fait apparaître que c’est le geste lui-même qui fait sens.

- Présentation de l'éditeur -

Auteur Michel Guérin
Edition Actes Sud
Année 2011

Du même auteur

9 février 2014

 

Michel-Guerin_357.jpg

Michel Guérin, 2013

 

 

Keith Jarret, The Köln Concert, 1975

 

Aujourd'hui remontons en amont de l’œuvre d'art au moment où un geste inouï va se saisir de la matière, notes, mots, corps, couleurs, pour tout simplement créer, et c'est en compagnie du philosophe Michel Guérin...

 

Henri Matisse, La danse, 1909 - Musée de l'Ermitage

Henri Matisse, La danse, 1909 – Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

 

Michel Guérin, quel est ce geste créateur que vous comparez à une danse et qui se situerait à l'origine de tout processus de création...

Dans tout art, il y a un geste de danser, pas seulement dans la danse, dans la chorégraphie, pas seulement dans la musique, éventuellement la mélodie ou la musique qui fait danser, mais je pense que dans les arts visuels mêmes – et pas seulement dans la sculpture, dans le drapé, dans des figures qui pourraient directement évoquer, de manière figurative, en quelque sorte, la danse –, je pense qu'il y a plus radicalement encore un danser de tout art, et ce danser de tout art, c'est tout simplement le commencement, c'est le geste lui-même, mais je dirais que le geste de l'art, ce n'est pas le geste technique habituel. Alors, évidemment, n'allons pas trop loin dans le paradoxe, il n'y a pas d'art sans technè, sans technique, sans ars, au sens latin du terme. L'art est une transformation, pas seulement une transformation d'objets, une transformation de choses en objets, il ne consiste pas simplement à construire des artefacts, il peut y avoir une construction, une transformation, mentale ou symbolique, mais quoi qu'il en soit, l'art, en effet, suppose une technique, et cependant, il rompt, à un moment donné, avec la logique habituelle de la technique, c'est-à-dire que l'art est un faire libre, c'est-à-dire un faire qui a envie d'explorer son propre commencement, qui n'est plus assujetti à un but. Lorsqu'on construit un objet, un outil, c'est pour s'en servir. L'art, comme la philosophie peut-être, ne sert à rien, c'est-à-dire qu'il explore quelque chose à partir de la conscience profonde de cette liberté. Comment se manifeste-t-elle ? Je dirais : comme mouvement, comme mouvement du corps – et le mouvement du corps le plus libre, le plus spontané, le plus gratuit, le plus gracieux, ça s'appelle encore la danse.

Lorsque je parle du geste, il faut entendre « les gestes », mais je pense qu'ils ont un air de famille entre eux, et cet air de famille, je vais essayer de l'expliquer comme peut-être je ne l'ai pas fait encore, et c'est le très beau morceau de piano -

Keith Jarrett, The Köln Concert -

que vous avez fait entendre, qui me le suggère peut-être avec une vigueur particulière. C'est que, dans ce danser, il y a ce paradoxe, à savoir que l'intention ne se sait pas encore.

Je rappelle que le morceau qu'on a entendu est une improvisation.

Voilà ! C'est bien parce que je savais que c'est une improvisation que, en plus, j'insiste sur ce point, c'est-à-dire qu'on a affaire à une intention qui n'est pas sûre d'elle-même, qui ne se précède pas. D'habitude, l'idée qu'on a de l'intention créatrice, ou de l'intention tout court, c'est qu'elle est dans la conscience avant la réalisation. Or, on a affaire ici, au contraire, à une forme qui se cherche elle-même dans la matière. Autrement dit, qu'est-ce que l'improvisation ? C'est la précellence de la matière sur la forme.

 

 

 

Michel Guérin, Adèle Van Reeth, ré. : Olivier Guérin, lectures : Marianne Denicourt, 2013

 

Pech Merle, main en négatif

Pech Merle, il y a 25.000 ans

 

Francis Bacon, Lying Figure in a Mirror, 1971

Francis Bacon, Lying Figure in a Mirror, 1971

« C'est alors que surgit quelque chose qu'on n'attendait pas et qui arrive inopinément […]. Le plus étonnant, c'est ce quelque chose qui est apparu comme malgré soi […]. Lorsque je commence une nouvelle toile, j'ai une certaine idée de ce que je veux faire, mais pendant que je peins, tout d'un coup, en provenance, en quelque sorte, de la matière picturale elle-même, surgissent des formes et des directions que je ne prévoyais pas. C'est cela que j'appelle des accidents. »

Francis Bacon, Entretiens avec Michel Archambaud, Lattès, 1992

 

Paul Cézanne, La baie de L'Estaque, 1886

Paul Cézanne, La baie de L'Estaque, 1886

 

Antoni Tàpies, Le chapeau renversé, 1967

Antoni Tàpies, Le chapeau renversé, 1967

 

Pablo-Picasso, Homme assis à la canne, 1971

Pablo Picasso, Homme assis à la canne, 1971

 

Honoré de Balzac, La Belle noiseuse

Honoré de Balzac, Le chef-d’œuvre inconnu, 1831-1837

 

Joyce Pensato, Maxi Mickey

Joyce Pensato, Maxi Mickey, 1993

 

Relisons-nous, relisons Lou.

« Dans cette peinture en acte, l’artiste s’investit en se représentant, la représentation n’étant que l’empreinte d’un déplacement.

[...]

Joyce Pensato est une femme de taille moyenne.

Le cercle du ventre de Mickey est tracé d’un seul geste, c’est l’empreinte corporelle de l’artiste. Prenez les mesures du tableau, mettez-vous à l’aune de Joyce et tracez un cercle, d’un unique trait de pinceau, selon Shitao.

Le Mickey est une empreinte, une représentation, un déplacement. »

 

 

Wolfgang Amadeus Mozart, Exsultate Jubilate, Cecilia Bartoli, dir. Riccardo Muti, 2006

Le corps, l'intention, le corps. Le chant vient des entrailles. Il faut que ça vibre en bas (regardez les plis de la robe) pour que ça chante en haut.

A la fin, elle est vraiment heureuse, elle l'a fait ! La note très haute. Oui, ce sont de grands professionnels, mais non. C'est de l'art et ce n'est jamais gagné d'avance.

 

 

 

Boby Lapointe, La peinture à l'huile, 1969

 

_ _ _

 

Plus loin.

 

Comment le philosophe éprouve-t-il la situation qui lui est faite aujourd’hui ? Cette question, trop générale, enveloppe une multitude d’interrogations. Les unes touchent le regard que les autres, les non-philosophes, c’est-à-dire la société, portent sur celui dont la profession ou la vocation est de philosopher; les autres, intérieures à cette pratique même, concernent les inflexions, plus ou moins irrépressibles, que connaissent nos philosophèmes dès lors qu’on considère, comme c’est mon cas, qu’il n’existe pas dephilosophia perennis, mais une histoire de la philosophie solidaire de l’histoire tout court ; en d’autres termes, le philosophe contemporain réinvestit moinsles problèmesde la philosophie (sous-entendu : éternels) qu’il ne s’efforce d’élever àla dignité philosophiquedes questions qui germent dans le terreau de l’époque. Maiscomment les formuler, ces questions ? Par quel effort de langage les rendre pertinentes ? Si la voie directe s’avère impraticable, celle de l’analogie – de la métaphore – est-elle en mesure de prendre le relais ? Ou faut-il aller encoreau-delà, au risque, en perdant totalement de vue toute référence objectivable, de prêter le flanc au reproche de faire passer pour philosophie une sorte de « littérature » aussi vague qu’indigeste ?

 

Michel Guérin, De la philosophie comme figurologie, in Analogia e Mediaçao : Transversalidade na Investigaçäo em Arte, filosophfia, et Ciência, dir. José Quaresma, CIEBA-FBAUL / CFUL, 2012

 

VOIR SON SITE       http://www.guerin-figurologie.fr/p/bienvenue.html

Bienvenue

 

Bienvenue sur le site de Michel Guérin

Michel Guérin, professeur émérite (Université d´Aix-Marseille) est membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Philosophe, écrivain, il a publié des ouvrages de philosophie, des essais critiques, et de la fiction. Sa prochaine publication : La Croyance de A à Z paraîtra en mars 2015 chez encre marine, éditions des Belles Lettres. Dans l'ensemble de ses ouvrages, il poursuit la constitution d'une philosophie à partir de la notion centrale de Figure.
Son essai à paraître s’efforce de penser sous la forme d'un abécédaire le problème de la croyance depuis l’hypothèse qu’il s’agit de la question cruciale d’une époque qui aura dû abandonner les unes après les autres les certitudes modernes : progrès, croissance, rationalisation et pacification du monde – toutes conquêtes de haute lutte, d’ailleurs subordonnées à une pétition de sens finalement déçue. L’irraison, la violence, le chaos imposent, sur fond de cynisme ou de désenchantement, leur évidence obscène.

Qu'est-ce que la Figurologie ?

La figurologie est une entreprise philosophique construisant un système autour d’une notion fondamentale : la Figure
Parce que la Figure est une Idée, elle est indéterminable. On ne la définit d’abord que par exclusion : ni concept, ni métaphore, ni symbole, ni allégorie, ni modèle, car elle est dynamique. Mais elle n’est pas non plus le schème, car si elle est comme lui réalisatrice, ce qu’elle réalise n’est pas de l’ordre de la connaissance. Le schème est l’affirmation de l’être temporel de la pensée rendant possible de manière dynamique la connaissance, son objet, et le sens de cette connaissance dans un Sujet. Le schème constitue la vérité sur un mode événementiel. La Figure est la forme synchronique et cependant généalogique de toutes les articulations du sens.  Elle donne à la vérité un caractère avènementiel.
Sa spécificité, donc, vient de ce qu’elle porte avec elle sa propre généalogie, et c’est dans cette généalogie que l’objet de la pensée trouve sa place et son sens. N’est pensable que ce qui est pris dans le « tour » de la Figure.
C’est pourquoi la Figure se saisit à travers des « figurologiques », ses incarnations. Michel Guérin édifie ainsi une pragmatique de la croyance, une théorie culturelle de la sensibilité moderne, une théorie de l'œuvre, et  tente d’édifier avec le concept de « transparence » une post-métaphysique de la véracité.
La figurologie tiendrait sa place après « la fin des phénomènes » et l'exténuation de la phénoménologie.

Si à la figurologie correspond une ambition métaphysique de système, les « figurologiques » sont un essai avec le caractère opératoire du dit système.
 

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Published by Christian VANCAU - dans Philosophes
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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 11:40

Michel ONFRAY:
La philosophie du plaisirOnfray LIRE203Onfray interviewé par Frank-Olivier-Giesbert

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Émission du 1er octobre 2000

Michel Onfray est né en 1959, d’un père ouvrier agricole et d’une mère femme de ménage, à Argentan dans l’Orne. Il enseigne à mi-temps la philosophie dans un lycée technique de Caen. Il est l’auteur de 16 livres (voir liste plus bas), dont le tout dernier, sorti cette année, Théorie du corps amoureux, chez Grasset.

 

L'Intégrale Michel Onffray


u3x7d2hp1INSPIRATION

De toute évidence Onfray est fasciné par la philosophie ancienne, grecque et latine, et à l’intérieur de ce très vaste ensemble qui n’est une galaxie perdue que pour ceux qui l’abandonnent, sa préférence va aux cyniques, une école à laquelle l’acception moderne du nom ne rend pas justice. Il est aussi profondément nietzschéen. Nietzsche est cité sans cesse, partout mis en exergue, référence indispensable. Et puis, parmi les maîtres plus récents, Foucault, Deleuze, ...

LES CYNIQUES

Il faut distinguer le cynisme qu’Onfray qualifie de vulgaire du cynisme dont il se réclame, celui de Diogène de Sinope (oui, celui du tonneau et de la lanterne, celui qui lança au grand Alexandre venu lui rendre visite et lui dit : " Demande-moi ce que tu veux " l’apostrophe célèbre :  " Ôte-toi de mon soleil ") et de son maître Antisthène, celui que l’on considère comme le fondateur de l’école.

Sans revenir sur le personnage de Diogène qui est pourtant haut en couleurs, plutôt réjouissant, extravagant et en même temps sage, bien sûr, disons que les cyniques de son espèce sont de merveilleux provocateurs, désespérés (car l’espoir enchaîne) mais truculents et jouisseurs; farouchement rebelles devant le pouvoir et la richesse; farouchement individualistes et indépendants et solitaires.

"Le cynique veut faire éclater les structures culturelles caduques. (…) Diogène veut promouvoir le Déracinement contre le Sol, l’Exil contre la Patrie, le Mélange contre la Race, l’Intelligence contre le Sang ". (Michel Onfray, Cynismes)

Ce sont ces cyniques-là, caractérisés à grands traits, qui ont les faveurs de Onfray, il les appelle de ses vœux pour conclure le petit livre qu’il leur consacre : " De nouveaux cyniques auraient à dire en quoi nous sommes encore pieux, ils sauraient nuire à la sottise, désespérer des lieux communs, inviter à la singularité pure, défier les entreprises grégaires et promouvoir la vérité du singulier. Avec eux, on découvrirait une alternative à l’esprit de lourdeur, aux marchands d’apocalypse et aux théoriciens du nihilisme. (…) Ni cuistre, ni abonné aux lamentions, ni pédant, ni pleureur et annonceur du retour de la barbarie ou de la décadence, le cynique est un insolent pour lequel la philosophie est un contrepoison à la perpétuelle arrogance des médiocres. " Un contrepoison, il va sans dire, au cynisme vulgaire aussi.
 
NIETZSCHEOnfray Nietzsche204

Pas question bien sûr de résumer Nietzsche en quelques phrases. Disons qu’on a dit que Nietzsche a été un des inspirateurs du nazisme et il est sûr que certains de ses écrits (surtout revus et corrigés par sa sœur qui, elle, en effet, était mariée à un homme d’extrême droite) ont pu être utilisés par l’extrême droite. Mais il est clair que Nietzsche, penseur complexe, dont le style est tantôt lumineux, tantôt cryptique, a aussi nourri toute une tradition de gauche. C’est de cette tradition que se réclame Onfray. Mais au-delà de cela, il est le penseur phare du XXe siècle, après lui, plus moyen de penser sans lui.
Deux ou trois choses importantes que l’on retiendra du penseur mort en 1900, fou, après onze années de silence et une vie errante, comme en cavale de l’université, de la famille, une vie de tourments physiques sans cesse reliés par lui à la pensée. Pour Nietzsche, on pense avec son corps :

- le drame de la mort de Dieu donc la solitude de l’humain. Le surhomme, c’est l’homme qui peut vivre sans Dieu, c’est-à-dire sans vérité;
- s’il n’y a pas de vérité forte, c’est notre volonté qui nous fait vivre, c’est la fameuse volonté de puissance;
- la morale est construite historiquement, elle est fondée sur la violence et la force. Aujourd’hui, elle serait fondée sur la violence de la masse, la violence de la démocratie, en quelque sorte. Nietzsche en ce sens est profondément anti-démocratique;
- Nietzsche est avec Marx et Freud considéré comme un penseur du soupçon. Pour Nietzsche, la morale cache la volonté de puissance des individus ou de la masse;

Nietzsche est un pourfendeur du ressentiment, il dit oui à la vie, non à la plainte. L’homme devrait arriver à considérer tout ce qui lui arrive comme le fruit de sa volonté à lui. L’homme fort doit accepter d’être fort et l’homme faible doit accepter sa faiblesse.

Pour en savoir plus: The Nietzsche Page   (http://nietzsche.usc.edu/)

FOUCAULTtumblr lt241zbuoY1qgwgkro4 400

Philosophe français (1926-1984), membre du Collège de France, co-fondateur en 1971 du Groupe d’information sur les prisons qui a été très important pour toute une activité militante de la jeunesse anti-autoritaire.

Foucault se présente, selon sa propre expression, comme un archéologue, dont la recherche est consacrée à la reconstitution des clivages qui, en profondeur, rendent compte d’une culture : archéologie du " silence imposé aux fous " (Histoire de la folie à l’Âge classique, 1961); archéologue du regard médical (Naissance de la clinique, 1963); des sciences humaines (Les mots et les choses. Un archéologie des sciences humaines, 1966); du savoir en général (L’archéologie du savoir, 1969) et de la société disciplinaire (Surveiller et punir. Naissance de la prison, 1975).
Explorateur des savoirs et des pouvoirs, philosophe des corps, Foucault meurt en 1984 avant d’avoir achevé le quatrième volume de Histoire de la sexualité. Il a sûrement été un des personnages les plus marquant pour la jeune génération des philosophes. Il domine la scène de la philosophie française après Sartre.

Foucault est sûrement un continuateur de Nietzsche. " La puissance de Foucault, est de faire comprendre que nos plus exacts savoirs sont transitoires et mortels. Ils résultent d’un agencement temporaire du discours, d’un système de représentations dont les enquêtes historiques ont révélé l’origine et la fin. La vérité n’est pas… – il n’y a que des discours historiquement repérables. (…) Nous sommes face à un relativisme absolu. (…) Foucault a tenté de mille façon, de répondre à cette question : que faire après Nietzsche ? C’est-à-dire après la destruction sans retour de l’idée même de vérité. (…) Si Nietzsche a tué la vérité, son lecteur a entamé l’interminable rédaction de l’acte de décès."  (Roger-Pol Droit, La compagnie des philosophes, Éditions Odile Jacob, Paris, 1998, p. 296)

Pour en savoir plus : Michel Foucault   http://philo.8m.com/fouc.html

LA POLITIQUEOnfray 118 FR MG 9982W

Onfray se situe clairement à gauche, fidèle à ses origines modestes et à sa révolte d’adolescent contre le contre-maître, féroce et stupide, de la fromagerie où il travaillait pour aider à payer ses études. La politique du rebelle, sous-titré Traité de résistance et d’insoumission, comme tous les livres de Onfray commence par cet épisode autobiographique : l’expérience du travail en usine, l’exploitation paternaliste du patron et de l’exigence bornée des intermédiaires de l’autorité.

Onfray enracine son propos non seulement dans ce qu’il a vécu mais aussi dans une tradition. Il reprend les analyses de Robert Antelme sur les camps de concentration et fait le rapport entre l’homme des camps, l’homme " contesté comme homme " (selon l’expression de Antelme) et l’exploitation de l’homme par l’homme dans le monde du travail par exemple. C’est évidemment commencer avec un coup de poing. Onfray évoque ainsi la ségrégation de classe, si vive dans la société européenne et dont on peut trouver sans doute des équivalents dans la société nord-américaine, déclinés peut-être sur d’autres registres.

Onfray part en guerre contre la misère, l’exploitation, la frénésie du travail, l’exclusion des sans-abris, des pauvres mais aussi des jeunes, des travailleurs aux emplois précaire. Il reprend la topologie de l’Enfer de Dante et décrit les " cercles " de la misère :

- Premier cercle : les damnés. Sans-abris, vagabonds clochards.
- Deuxième cercle : les réprouvés. Vieux, fous, malades délinquants dans un groupe et dans un autre : immigrés, clandestins, réfugiés politiques, chômeurs et personnes sur le bien-être social.
- Troisième cercle : les exploités. Dans un groupe : les contractuels et les apprentis, dans un autre : les adolescents, les scolarisés, les prostituées, les prolétaires.

Il faut retrouver une mystique de gauche, lutter contre l’idée que la distinction droite gauche n’a plus cours et reprendre les idées qui ont inspiré les événements de mai 68, retrouver le souffle libertaire d’alors " poétiser l’existence, …révolutionner la vie quotidienne,… réaliser l’art en l’injectant dans le réel…promouvoir un urbanisme ludique " (Michel Onfray, Politique du rebelle), bref retrouver le goût de l’utopie et de la critique de la publicité, de la consommation, du mandarinat, de la pensée unidimensionelle.
 

Pour Onfray, l’esprit de Mai 68, c’est moins celui de Marx que celui de" Fourier, " le fondateur d’une théorie de l’attraction passionnée, une modalité majeure de la mystique de gauche. Pour les temps à venir, elle devrait devenir une vertu cardinale… " (Michel Onfray, Politique du rebelle). Volonté libidinale, puissance libertaire. Ce sont les maîtres mots.

" La négativité de Mai 68, si d’aventure elle est repérable, l’est dans la mesure où l’œuvre reste à accomplir et n’a pas été terminée. "(Michel Onfray, Politique du rebelle). Il faut pour cela reprendre le flambeau de Foucault et Deleuze. Faire surgir une individualité plus rebelle, plus libre.
Il faut à la suite de Foucault faire la critique de l’humanisme. " La déclaration de principe, fût-elle généreuse superbe et magnifique – comme dans le cas de l’humanisme et des droits de l’homme – vaut pour rien en regard du monde concret si le passage à l’acte est impossible. " (Michel Onfray, Politique du rebelle).
 

L’humanisme et le discours des droits de l’homme fonctionnent sur le mode de la légitimation d’un état de fait et c’est en cela qu’ils sont dangereux.   Gare au discours humaniste, à l’institutionnalisation des vieilles notions de charité et de compassion, il ne sert qu’à désamorcer le désir de réforme ou de révolution.

Alors, que faire ?

- Ne plus fétichiser l’État, ce n’est pas le seul lieu du pouvoir. " Une pensée anarchiste contemporaine doit rompre avec cette fétichisation de l’État. " " La révolution sur le mode du coup d’État est morte, vive la révolution sur le mode libertaire, moléculaire pour le dire avec les mots de Deleuze et Guattari. ".
- Il faut cesser de vivre dans l’expectative d’un avenir radieux, il faut vivre ici et maintenant, le présent absolu.
- Installer l’éthique et la politique sur le terrain de la résistance
- Renouer avec les vertus du détournement, de l’ironie, de l’humour, du cynisme (le rire de Foucault, la danse de Nietzsche, le grotesque de Rabelais, les folies de Swift, le ricanement de Voltaire… tout cela sont des exemples de détournement)
- Opter pour un dandysme révolutionnaire, contre l’égalitarisme, le culte de l’argent, l’esprit bourgeois, le populisme;
- Faire sienne la formule de Baudelaire : " Il ne peut y avoir de vrai progrès (c’est-à-dire moral) que dans l’individu et par l’individu lui-même. "
- Se définir comme un libertin, c’est-à-dire s’inspirant du sens du Littré " un individu rebelle à l’endroit de toutes les tentatives d’assujettissement menées contre son autonomie, son indépendance. "

Accepter que le combat ne cesse jamais, qu’il n’y ait pas de victoire finale, de fin de l’histoire.

Mettre de la pensée dans sa vie et sa vie dans la pensée

" Je n’imagine pas de philosophie sans le roman autobiographique qui la permet " écrit Michel Onfray au début de Politique du rebelle. Et en effet, au fil de ses livres, il enracine son propos dans l’expérience, dans la sienne, scènes choisies d’une autobiographie qui se construit aussi, sur un mode différent, dans son journal hédoniste dont il a écrit pour le moment deux tomes : Le désir d’être un volcan et Les vertus de la foudre. Ces deux livres sont des recueils de textes courts, des fragments, des réflexions faites à partir de la vie quotidienne, de rencontres, de lectures, d’admirations. " Ce qui donne le goût de la vie est dans ce livre : ", écrit-il toujours dans la préface du premier tome, " l’amitié et la lecture, la musique et les beaux-arts, la littérature et les voyages, la conversation et la gastronomie, l’écriture et le corps, la poésie et la philosophie, l’enfance et le silence, l’admiration et la colère, les livres et les chats, la mémoire et la mort. "

Il y a donc une forte connotation autobiographique dans l’œuvre de Onfray, une œuvre qui se déroule sur deux registres entremêlés, celui des essais et celui du journal. Dans une entrevue accordée à Sébastien Charles, philosophe d’Ottawa, lui demande s’il n’y a pas un certain narcissisme dans son journal hédoniste et dans le projet hédoniste lui-même. À cela , il répond :
 

 " Il faudrait s’entendre sur la question du narcissisme. La tradition judéo-chrétienne enseigne le moi haïssable, le je indéfendable, elle oblige au travestissement et à la haine de soi, sinon à la fâcherie avec soi. Je ne vois pas quelles bonnes raisons il y aurait à se détester, à ne pas s’aimer. Maintenant, je n’en vois pas plus à s’adorer, se vénérer, prendre un plaisir absolu à soi. Le narcissisme que je trouve indéfendable est celui-ci : le plaisir excessif pris à soi-même, l’amour inconsidéré de soi. Entre haine de soi et adulation de soi, il y a place pour ce que Foucault appelait un souci de soi.
 

En ce sens, je revendique, en effet, un narcissisme singulier : celui qui suppose qu’on soit capable de travailler à soi, à l’élaboration, la construction et l’échafaudage de soi, sans hypertrophie, en sachant qui l’on est, comment on peut agir sur soi, etc. C’est, bien sûr, l’antique projet socratique du " Connais-toi toi-même ". Des siècles de discrédit du moi et du je, du corps et de soi sont à dépasser, mais sûrement pas au profit de l’excès inverse qui supposerait une vénération de soi telle que l’hédonisme consumériste, libéral et marchand le propose. "

LE STYLEMichel Onfray au balcon

Parlons d’abord du style propre de Onfray. De toute évidence, il y a chez lui un très grand souci de l’écriture et une très grande culture littéraire. Cela donne un style assez limpide, très soigné, avec une certaine verve polémiste parfois, de la fougue, presque du lyrisme. Un grand souci de la lisibilité, malgré une évidente coquetterie du mot savant, précis, recherché. Onfray n’est pas du tout hermétique mais il oblige parfois à tourner les pages du dictionnaire pour découvrir certains termes techniques peu communs de la philosophie, de la rhétorique, du droit, etc.onf

Quand Serge Truffaut dans l’entrevue du Devoir   (http://www.ledevoir.com/edu/1998/onfr250598.html)   lui demande de préciser ce qu’il entend par " politesse de la clarté ", Onfray répond ainsi : " On n’a pas le droit d’ennuyer le lecteur. Le manque de clarté est un vice de la profession. Il y a d’ailleurs là un paradoxe, car il y a une grande tradition française de la politesse et de l’éloquence. Je me place dans cette tradition soucieuse de la clarté et soucieuse de produire des effets. Je me sens plus un philosophe proche du monde que proche du monde des philosophes. "M-MO 065

On sent par ailleurs que le style est au cœur de son œuvre, comme l’esthétique ou le plaisir. Il y a sans doute une forme de jubilation dans l’écriture de Onfray. On sent le soin, le souci du livre bien construit, bien ficelé, la recherche du raffinement, avec l’idée nietzschéenne que la forme c’est le fond; qu’il faut se fier aux apparences, qu’il n’y a pas de fond à chercher derrière, pour la bonne raison qu’il n’existe pas.166607-avec-crepuscule-idole-philosophe-horsx


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QUELQUES CITATIONS

 

 
" L’authentique travail philosophique consiste à découvrir la supercherie, à la dénoncer et à pratiquer une pédagogie du désespoir. " (Cynismes, p. 55)

" La seule issue pour un philosophe consiste à être la mauvaise conscience de son temps, de son époque, donc de son monarque, quel qu’il soit. "
(Cynismes, p. 132)

" Plus que jamais, la tâche de la philosophie est de résistance, plus que jamais elle exige l’insurrection et la rébellion, plus que jamais elle se doit d’incarner les vertus de l’insoumission " (Cynismes, p.132)

" Tout système philosophique où le Corps de l’homme ne joue pas un rôle fondamental, est inepte, inapte. " (citation des Cahiers de Paul Valéry, mise en exergue dans L’art de jouir, p.89)

" Sur le terrain philosophique, je m’intéresse prioritairement à ceux qui trouvent plutôt qu’à ceux qui cherchent – et j’ai toujours préféré une petite trouvaille existentiellement utile à une grande recherche de philosophie inutile dans la vie quotidienne. " (Théorie du corps amoureux, p. 39)

 " Où sont les philosophes qui firent la théorie de la misère, ceux qui après Proudhon et Marx, suivis par Simone Weil, ont fait de la condition des miséreux et des ouvriers un objet philosophique aussi digne politiquement que la question des droits de l’homme, du droit d’Ingérence ou de la fin de l’histoire ? J’attends encore qu’un contemporain en vue, moins soucieux de son inscription dans l’actualité d’une mode que dans la logique d’un travail authentiquement philosophique, soit à son temps ce que Proudhon fut au sien en écrivant sa Philosophie de la misère, un ouvrage qui, malgré ses limites, reste le prototype du travail politique par excellence : celui qui consiste à poser en termes clairs ce qui fait à ses propres yeux de penseur l’objet du scandale majeur.

Le mien – mon scandale majeur – est qu’il existe dans mon voisinage, dans le cadre d’une proximité douloureuse et quotidienne, un enfer dans lequel on entretient un certain nombre d’hommes, de femmes (…) Ma logique demeure hédoniste, elle ne cesse de l’être livre après livre. J’ai précisé souvent mais jamais assez, que l’impératif catégorique de l’hédonisme envisageait le jouir et le faire jouir – cette seconde partie, indissociable, constitue la généalogie de la politique que je propose – elle vaut comme modalité d’une éthique alternative à celle de l’idéal ascétique. " (Politique du rebelle, p. 64-65)u3x7d2hp1


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LISTE DES OEUVRES DE MICHEL ONFRAY :

Georges Palante, Essai sur un nietzschéen de gauche 1989

Le ventre des philosophes, Critique de la raison diététique 1989

Cynismes, Portrait du philosophe en chien 1990

L'art de jouir, Pour un matérialisme hédoniste 1991

L'oeil nomade, La peinture de Jacques Pasquier 1993

Onfray La Sculpure de Soi 2211La sculpture de soi, La morale esthétique 1993Onfray La Sculpure de Soi 1210-1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ars Moriendi, Cent petits tableaux sur les avantages et les inconvénients de la mort 1994


La raison gourmande, Philosophie du goût 1995

Métaphysique des ruines, La peinture de Monsu Désidério 1995

Les formes du temps 1996

Le désir d'être un volcan, Journal hédoniste 1996

Les vertus de la foudre, Journal hédoniste II, 1998

Politique du rebelle 1997Onfray Politique du Rebelle 1206Onfray Politique du Rebelle2 1207-1

Ars Moriendies 1998

À côté du désir d'éternité 1998

Théorie du corps amoureux, Pour une érotique solaire 2000.

 

Prêter n'est pas voler, Mille et une Nuits 2000

 

Antimanuel de Philosphie Bréal 2001

 

Esthétique du Pôle Nord, Stèles hyperboréennes Grasset 2002.

 

Physiologie de Georges Palante, Pour un Nitzschéisme de gauche Grasset 2002.

 

L'Invention du plaisir, Fragments cyrénaïques

 

La Sagesse tragique (Nietzsche) 2006  LGE 2002.

 

Célébration du génie colérique, Tombeau de Pierre Bourdieu  Galilée 2002.

 

Les Icônes payennes, Variation sur Ernest-Pignon-Ernest Galilée 2003.

 

Archéologie du présent, Manifeste pour une esthétique cynique Grasse-Adam Biro 2003..

 

Fééries anatomiques, Généalogie du corps faustien, Grasset 2003  LGF 2009

 

Epiphanies de la séparation, la peinture de Gilles Aillaud Galilée 2004

 

La Communauté philosophique, Manifeste pour l'Université populaire, Galilée 2004

 

Oxymoriques, Les Photo graphies de Bettina Rheims, Jannink 2005

 

Traité d'athéologie, Physique de la métaphysique Grasset 2005. LFG 2009OnfrayTraité d'Athéologie208

OnfrayTraité d'Athéologie2e209

Suite à la Communauté philosophique. Une machine à porter la voix, Galilée 2006

 

Traces de Feux furieux, La Philosphie féroce II, Galilée 2006.

 

Splendeur de la catastrophe, La peinture de Vladimir Velikovic, Galilée 2007

 

Théorie du Voyage. Poètique de la Géographie, LGF, 2007

 

La Pensée de midi, Archéologie d'une gauche libertaire, Galilée 2007

 

Fixer des vertiges, Les Photographies de Willy Ronis, Galilée, 2007

 

La Sagesse tragique, Du bon usage de NIetzsche, LGF, 2008Onfray Nietzsche204Onfray Nietzsche verso205L'Innocence du devenir, La vie de Frédéric Nietzsche, Galilée 2008

 

La puissance d'exister, Manifeste hédoniste, Grasset 2006; LFG 2008Onfray Puissance d'exister201Onfray Puissance d'exister202-1

 

Le Songe d'Eichmann, Galilée 2008

 

Le Chiffre de la Peinture, L'oeuvre de Valério Adami, Galilée 2008

 

Le Souci des Plaisirs, Construction d'une érotique solaire, Flammarion 2008, J'ai lu 2010

 

Le Bûchers de Bénares. Cosmos, Eros et Thanatos, Galilée 2008

 

La vitesse des simulacres. Les sculptures de Pollès, Galilée 2008

 

La Religion du Poignard. Eloge de Charlotte Corday, Galilée 2009

 

L'Apiculteur et les Indiens, La peinture de Gérard Garouste, Galilée 2009

 

Le Corps de mon père, Hatier 2009

 

Le Recours aux forêts. La Tentaion de Démocrite, Galilée 2009

 

Philosopher comme un chien. La Philosophie féroce III, Galilée 2010

 

Nietzscha, se créer liberté, dessins de M.Leroy, Le Lombard 2010

 

Manifeste hédoniste, Autrement 2011

 

Le Crépuscule d'une idole, Grasset 2010; LFG 2011Freud d'Onfray197-copie-1Freud d'Onfray-verso198

 

 

La Construction du Surhomme, Grasset 2011

 

Journal hédoniste:

I. Le Désir d'être un volcan Grasset 1996 LFG 2008

II. Les Vertus de la foudre -Grasset 1998; LFG 2000

III. L'Archipel des Comètes, Grasset, 2001; LFG 2002

IV. La Lueur des orages désirés, Grasset, 2007

 

Contre-histoire de la Philosophie  Grasset  De 2006 à 2011Onfray La Construction du Surhomme 1212Onfray La Construction du Surhomme 2213


 

 

Le Crépuscule d'une idole (Freud) Grasset 2010.Freud d'Onfray197-copie-1

Freud d'Onfray-verso198

 

 

L'Ordre libertaire (La vie philosophique

 

d'AlbertCamus) 2012

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Contre-histoire de la philosophie en CD, Fremeaux et associés. De 2004 à 2010.

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BIOGRAPHIE de Michel ONFRAY:

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Docteur en philosophie, Michel Onfray enseigne en classe terminale au lycée technique de Caen. Il démissionne de l'Education Nationale en 2002 pour créer l'Université Populaire de Caen, afin d'y enseigner une "contre-histoire" de la philosophie. La première année de cette université est consacrée à "Archipel pré-chrétien". Il y montre toute la richesse de cette époque qui ne se limitait pas à la philosophie de Platon, chère aux chrétiens, avec des penseurs tels Démocrite, Antiphon, Aristippe, Diogène le cynique, Epicure, Lucrèce… chez lesquels il trouve une alternative au spiritualisme.

Michel Onfray est l'auteur de nombreux ouvrages où il développe une théorie de l'hédonisme. Il propose de réconcilier l'homme avec son corps, machine sensuelle, et de bâtir une éthique fondée sur l'esthétique. Pour lui, la philosophie est comme un art de vivre, de mieux vivre, qui permet de se débarrasser de ses illusions.

Michel Onfray estime qu'il n'y a pas de philosophie sans psychanalyse et se définit comme un "freudo-marxiste". Sa philosophie est celle d'un rebelle, admirateur de Nietzsche. Il prône une révolte contre le conformisme et le dogmatisme qui génèrent le conservatisme social.

Affichant un athéisme sans concession, il considère que le christianisme est indéfendable.

 

Bibliographie partielle : Le ventre des philosophes (1989), Cynisme (1990), L'art de jouir (1991), La sculpture de soi (1991), La raison gourmande (1995), Les formes du temps (1996), Politique du rebelle (1997), A côté du désir d'éternité (1998), Théorie du corps amoureux (2000), Cynismes (2000), L'invention du plaisir (2002), Féeries anatomiques (2003), La philosophie féroce (2004), Traité d'athéologie (2005).

Liens:
      Site officiel de Michel Onfray et de l'Université populaire de Caen
      Les écrivains du recours aux forêts - Michel Onfray - La politique du rebelle
      Onfray, un philosophe nietzschéen


CITATIONS de Michel ONFRAY :
   

"Le religieux conduit à l'émasculation, il vise la castration des énergies, leur inclusion dans des instances qui les stérilisent. L'Etat et L'Eglise excellent dans ces entreprises.
La religion produit des communautés et celles-ci s'évertuent à fonctionner de manière autonome, instruisant leur dossier pour produire, ensuite, des lois, des ordres, des règles, des commandements auxquels il s'agit de se subordonner. Abdiquer sa souveraineté au profit d'une sécurité obtenu par le groupe, c'est toute l'alchimie du contrat social auquel voudrait nous faire croire ses partisans."
(Michel Onfray / né en 1959 / La Sculpture de soi / 1991)

"…il s'agit d'éviter ce à partir de quoi se sont constituées les religions du siècle, à savoir la croyance à des entités singulières, autonomes, susceptibles de vénération, d'adoration. Dieu, l'Etat, la Race, le Prolétariat, l'Argent furent totems durant de longues décennies. Aux pieds des fétiches, on a versé du sang, de la sueur et des énergies. Ils se sont nourris de passions, d'enthousiasmes, de foi, ont grandi avant de se transformer en léviathans et béhémoths qui ont absorbé toutes les vitalités passant à leur portée. Ridicules et niais, les adorateurs et leurs clercs ont produit des doctrines universalistes à l'aide desquelles ils ont châtré les velléités singulières et individualistes."
(Michel Onfray / né en 1959 / La Sculpture de soi / 1991)

"… autrui est, de toute façon, un épiphénomène d'une égoïste relation à Dieu : il faut aimer son prochain pour plaire à Dieu, puis, promesse non négligeable pour ceux qui sacrifient à cette mythologie, pour un salut de notre âme, notre petite âme privée."
(Michel Onfray / né en 1959 / La Sculpture de soi / 1991)

"Devant tout pouvoir qui exige soumission et sacrifices de toute nature, la tâche du philosophe est l'irrespect, l'effronterie, l'impertinence, l'indiscipline et l'insoumission. Rebelle et désobéissant, et bien que convaincu du caractère désespéré de sa tâche, il se doit d'incarner la résistance devant le Léviathan et ses porteurs d'eau. Il s'agit d'être impie et athée en matière politique."
(Michel Onfray / né en 1959 / Cynismes / 2000)

"L'argent, le pouvoir, les honneurs, la jouissance, la puissance, la domination, la propriété c'est pour eux, une poignée, l'élite ; pour les autres, le peuple, les petits, les sans-grade, la pauvreté, l'obéissance, le renoncement, l'impuissance, la soumission, le mal-être suffisent..."
(Michel Onfray / né en 1959 / Les Deux violences / 27 mars 2003)

"Trop de siècles chrétiens ont enseigné qu'elles [les femmes] n'étaient rien, moins que rien, la lie de l'humanité, sans âme, indigne de considération, pécheresses, tentatrices et autres sornettes."
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"Les religions monothéistes communient dans une même foi : la vie sur terre est une fiction; seul compte un arrière-monde peuplé de créatures à faire pâlir les contes d'enfant - un dieu qui voit tout, un barbu qui fend la mer en deux, une vierge qui enfante, un mort qui ressuscite, un prophète abstème détestant la charcuterie; le corps est une punition; la femme, une catastrophe; l'enfantement, une nécessité pour perpétuer une négativité au nom de laquelle on nous châtre..."
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"Les monothéismes détestent également les individus qui ne sacrifient pas au même Dieu qu'eux. Intolérants, jaloux, exclusifs, arrogants, sûrs d'eux, dominateurs, ils s'érigent en loi pour autrui. D'où leur complicité de toujours avec les guerriers, les soldats, les militaires - du sicaire payé par les tribus primitives au terroriste surfant sur le Net, en passant par les armées régulières de tant d'Etats..."
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"... les jeunes filles voilées, même si elles se réclament de la liberté - quel aliéné reconnaît d'ailleurs son aliénation ? c'est son principe même et sa signature que de se parer des plumes du libre choix ! -, sont des victimes en bout de course là où, très en amont, se trouvent les véritables protagonistes de cette affaire. Va pour le voile - le pétard et le trottoir -, mais pas pour les caïds qui manipulent les marionnettes.
Laissons donc se voiler celles qui croient - quelle étrange idée quand on y pense... - se rapprocher du ciel en cachant leurs cheveux !"
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"Chaque fois que j'ai souhaité m'entretenir avec un vendeur d'arrière-monde juif, chrétien ou musulman - ils vendent les mêmes tapis -, je n'ai rencontré que des gens doués d'une bonne mémoire, mais qui la plupart du temps mettent leur intelligence sous le boisseau... Mémoire des lieux communs enseignés et écrits dans la chair de leur enfance ; et refus de penser pour mieux entretenir leurs illusions."
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"Au vu de l'état du monde, l'urgence me semble plutôt l'enseignement du fait athée !"
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"... les chrétiens paraissent plus doués pour le ressentiment et la haine que pour l'amour du prochain."
(Michel Onfray / né en 1959 / La philosophie féroce / 2004)

"Le désir n'est pas une expression du manque... c'est de l'excès qui appelle débordement."
(Michel Onfray / né en 1959 / émission TV sur Arte : désirs de femmes, désirs d'hommes)

"Les trois monothéismes - je dis bien les trois - professent fondamentalement une même détestation des femmes, des désirs, des pulsions, des passions, de la sensualité et de la liberté, de toutes les libertés. Qu'on n'aille pas s'exciter sur la pertinence ou non de l'enseignement du fait religieux à l'école, l'urgence, c'est l'enseignement du fait athée."
(Michel Onfray / né en 1959)

"Ne pas être paresseux suppose se sacrifier totalement aux impératifs sociaux."
(Michel Onfray / né en 1959)

"L'avenir de chacun réside dans son vouloir et sa résistance à l'endroit de ce qu'on veut qu'il soit socialement, à l'exclusion de tout autre dessein".
(Michel Onfray / né en 1959)

"La vie de tous les jours, l'emploi de son corps et de son temps, l'usage des plaisirs et les techniques de soi, voilà le fond de toute quête philosophique".
(Michel Onfray / né en 1959)

"La plus belle réussite d'un dandy est l'emploi de son temps, et non son argent. Car il méprise l'or dans lequel croupissent les bourgeois: son chef d'oeuvre est sa liberté, l'acquisition de sa liberté."
(Michel Onfray / né en 1959)

Citations : "Traité d'athéologie" (2005)




UNE AUTRE BIOGRAPHIE

Onfray 71135 110082702394926 5714306 n-copie-1

  Interview par Frank Olivier Giesbert sur l'Université populaire de Caen

Michel ONFRAY, né le 1er janvier 1959, docteur en philosophie a enseigné dans les classes terminales d’un lycée technique de Caen de 1983 à 2002 avant de créer une Université Populaire à Caen en octobre 2002, puis une Université Populaire du goût à Argentan en 2006. Natif d’Argentan, dans l’Orne, où il est domicilié.

 

Il a publié une cinquantaine d’ouvrages dans lesquels il propose une théorie de l’hédonisme : que peut le corps ? En quoi est-il l’objet philosophique de prédilection ? Comment penser en artiste ? De quelle manière installer une éthique sur le terrain de l’esthétique ? Quelle place laisser à Dionysos dans une civilisation tout entière soumise à Apollon ? Quelles relations entretiennent l’hédonisme éthique et l’anarchisme politique? Selon quelles modalités une philosophie est-elle praticable? Quelles chances le corps peut-il attendre des sciences post-modernes ? Quelles relations entretiennent biographie et écriture en matière de philosophie ? Selon quels principes sont fabriquées les mythologies philosophiques ? Comment déchristianiser l’épistémè occidentale ? De quelle façon non institutionnelle incarner et transmettre ses idées ?Onfray-biblio

Les réponses supposent le détour par le vitalisme libertin, l’éthique immanente, l’individualisme libertaire, le philosophe artiste, le nietzschéisme de gauche, le matérialisme sensualiste, l’utilitarisme jubilatoire, l’esthétique généralisée, la subjectivité païenne, le libertinage solaire, le corps faustien, la vie philosophique, l’historiographie alternative, l’athéologie post-chrétienne ou les Universités Populaires.

Ses œuvres l’ont conduit à célébrer les sens décriés, tels l’olfaction et le goût : Le Ventre des philosophes. (1989) (Prix de la Fondation del Duca, Prix Chiavari), L’art de jouir. (1991), Les Formes du Temps. (1996) et La Raison Gourmande. (1995, Prix Liberté Littéraire).

Pour autant, il ne néglige pas les sens visuels et propose une esthétique contemporaine : L’Oeil Nomade (1993), Métaphysique des Ruines (1995), Splendeur de la catastrophe (2002), Les icônes païennes (2003), Epiphanies de la séparation, (2004), Le chiffre de la peinture (2008) examinent les œuvres peints de Jacques Pasquier, Monsu Desiderio, Vladimir Vélickovic, Ernest Pignon Ernest, Gilles Aillaud et Adami. Ou encore, sur l’art contemporain, Archéologie du présent. (2003). Un ouvrage intitulé Fixer des vertiges analyse les photographies de Willy Ronis (2007). La vitesse des simulacres (2008) propose une réflexion sur la sculpture. L’organe de la crainte, (2009) une correspondance avec le compositeur Pascal Dusapin, envisagera la musique.

Il s’est également soucié de formuler une éthique moderne athée avec Cynismes (1990), puis La Sculpture de Soi (1993, Prix Médicis) et d’en proposer la formule politique dans Politique du rebelle (1997). La religion du poignard, (2009) un éloge de Charlotte Corday, La pensée de midi, sur la genèse des idées libertaires au XX° siècle, affinent ses options politiques. Dans Théorie du corps amoureux (2000), il tâche de répondre à la question : comment peut-on être libertaire en amour ? Et, dans Le souci des plaisirs. Construction d’un érotisme solaire (2008) comment élaborer une intersubjectivité sexuelle hédoniste ? Enfin, dans Féeries anatomiques il propose une bioéthique résolument postchrétienne (Prix de l’Union des Athées, 2004). Le Traité d’athéologie (2005) pose les bases radicalement athées de ce projet philosophique.affiche michel-onfray 1

De même, il a initié des variations sur le thème hédoniste dans les volumes d’un journal philosophique Le Désir d’être un volcan (1996), Les vertus de la foudre (1998), L’archipel des comètes (2001), La lueur des orages désirés (2007). Le tome 5 s’intitule Le magnétisme des solstices.

Il a également publié la biographie de l’un des premiers nietzschéens français, Physiologie de Georges Palante (2002), un essai sur Nietzsche. La sagesse tragique (2006) et un scénario sur la vie du philosophe L’innocence du devenir, La vie de Frédéric Nietzsche (2008).

Il a aussi écrit Ars Moriendi (1995), et un récit de voyage en Arctique, Esthétique du pôle nord (2002), en Égypte, À côté désir d’éternité, (1998), en Inde, Les bûchers de Bénarès (2008). Une Théorie du voyage (2006) propose une méditation sur l’art de voyager.

Son Antimanuel de philosophie (2001), synthétise avec ironie et jubilation dix-sept années de cours avec ses élèves de Lycée technique. Dans L’invention du plaisir (2002), il établit la première édition en langue française des textes qui subsistent sur Aristippe de Cyrène et les Cyrénaïques. Enfin, dans Célébration du génie colérique (2002), il rend hommage à la figure de Pierre Bourdieu.

Avec La philosophie féroce (2004), Trace de feux furieux (2006), il propose une lecture libertaire de l’actualité. La foudre gouverne le monde est le titre du prochain volume à paraître. Le quatrième tome sera constitué par le journal des présidentielles 2007 : Tout un Léviathan.

Il est édité plus de vingt fois au livre de poche, traduit en néerlandais, brésilien, espagnol (Espagne et Amérique du sud), allemand, portugais, roumain, japonais, italien, chinois, grec, serbe, coréen, finnois, catalan, turc, anglais (USA, Grande-Bretagne, Canada, États-Unis ) suédois, polonais, norvégien, hongrois, russe.3020570

La création de l’Université Populaire de Caen en 2002 a été l’occasion de publier : La communauté philosophique (2004), un manifeste expliquant les raisons de ce projet. Les cours donnés bénévolement dans cet espace où travaillent une quinzaine d’enseignants, ont été publiés sous le titre Contre histoire de la philosophie, tome 1 : Les sagesses antiques ; tome 2 : Le christianisme hédoniste (2006) ; tome 3 : Les libertins baroques ; tome 4 : Les Ultras des Lumières ; tome 5 : L’eudémonisme social et tome 6 : Les radicalités existentielles (2008). Quelques quatre autres tomes sont prévus. Le tome 7 s’intitulera La construction du surhomme. Suite à la communauté philosophique (2006) établit un premier bilan du projet d’architecture en dur pour l’Up de Caen. Ce qui n’est pas donné est perdu rapportera la chronique de la création et de l’existence de l’université Populaire du goût créée en 2006.

Autres publications : un ouvrage synthétique sur tout son travail La puissance d’exister (2006) ; une pièce de théâtre Le songe d’Eichmann (2008) ; La religion du poignard. Eloge de Charlotte Corday (Galilée, 2009) ; L’apiculteur et les indiens. La peinture de Gérard Garouste (Galilée, 2009) ; Le recours aux forêts. La tentation de Démocrite (Galilée, 2009), qui a fait l’objet de la création à la Comédie de Caen-CDN de Normandie, d’un spectacle de Jean Lambert-wild et Jean-Luc Therminarias ; Philosopher comme un chien (Galilée, 2010) ; Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne (Grasset, 2010) ; Apostille au Crépuscule. Pour une psychanalyse non freudienne. (Grasset, 2010).

A paraître : une suite à l’édition audio de ses séminaires à l’Université Populaire de Caen. 15 coffrets de 13 CD audio parus, plus d’une vingtaine sont prévus. Également : un recueil d’entretiens : Les paroles données ; une anthologie des textes de la philosophie hédoniste : Génie de l’hédonisme ; un texte de morale : Le plaisir de l’Autre.

Travaille à : L’éthique de Camus. Essai sur la pensée libertaire.

Parution en 2012 chez Flammarion de L'Ordre libertaire, La vie philosophique d'Albert Camus ONFRAY-CAMUS170-copie-1faut-il-bruler-l-art-contemporain-michel-onfray-cd-audio

Et le petit mais gros dernier. Un très beau livre
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Published by Christian VANCAU - dans philosophie
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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:40

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Carl Gustav Jung (prononcé [ˈkarl ˈɡʊstaf ˈjʊŋ]r) est un médecin, psychiatre, psychologue et essayiste suisse né le 26 juillet 1875 à Kesswil, canton de Thurgovie, et mort le 6 juin 1961 à Küsnacht, canton de Zurich, en Suisse alémanique.

 

Penseur influent, il est l'auteur de nombreux ouvrages de psychologie et de psychosociologie en langue allemande traduits en de nombreuses autres langues. Il est le fondateur du courant de la psychologie analytique. Son œuvre a été d'abord liée à la psychanalyse de Sigmund Freud, dont il fut l’un des premiers collaborateurs, et dont il se sépara par la suite pour des motifs personnels, et en raison de divergences théoriques.

 

Carl Gustav Jung a été un pionnier de la psychologie des profondeurs en soulignant le lien existant entre la structure de la psyché (c'est-à-dire l'« âme », dans le vocabulaire jungien) et ses productions et manifestations culturelles. Il a introduit dans sa méthode des notions de sciences humaines puisées dans des champs de connaissance aussi divers que l'anthropologie, l'alchimie, l'étude des rêves, la mythologie et la religion, ce qui lui a permis d'appréhender la « réalité de l'âme ». Si Jung n'a pas été le premier à étudier les rêves, ses contributions dans ce domaine ont été déterminantes.

 

Auteur prolifique, il mêle réflexions métapsychologiques et pratiques à propos de la cure analytique. Jung a consacré sa vie à la pratique clinique ainsi qu'à l'élaboration des théories psychologiques, mais a aussi exploré d'autres domaines des humanités : depuis l'étude comparative des religions, la philosophie et la sociologie jusqu'à la critique de l'art et de la littérature. On lui doit les concepts d'« archétype », d'« inconscient collectif » et de « synchronicité ».

 

Père fondateur d'une psychologie des cultures, il a rassemblé autour de ses travaux des générations de thérapeutes, d'analystes et d'artistes. En dépit de la polémique concernant ses relations avec le régime nazi (son rôle d'agent secret des Alliés est longtemps resté méconnu), Jung a profondément marqué les sciences humaines du XXe siècle.

 

  JUNG Planète 2105

Biographie 

Sources biographiques et le cas de Ma Vie 

La biographie de Carl Gustav Jung n'est pas parfaitement connue car il a toujours refusé de rédiger lui-même l'intégralité de ses mémoires. Sa biographie « officielle » a été écrite en grande partie par Aniéla Jaffé, qui a obtenu de Jung qu'il lui confie des éléments de sa vie à partir de 1957, alors qu'il était âgé de 83 ans. Il en a résulté l'ouvrage Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées (sous titré « recueillis par Aniéla Jaffé » et publié en allemand en 1961 sous le titre « Erinnerungen, Träume, Gedanken »), et dans lequel au moins quatre chapitres sont de la plume de Jung lui-même. Cette œuvre profondément personnelle a été dès lors acceptée comme son autobiographie officielle par ses proches collaborateurs. Elle est célèbre par les premiers mots avec lesquels Jung l'ouvre : « Ma vie est l’histoire d'un inconscient qui a accompli sa réalisation ». C'est aussi précisément en raison de son caractère personnel que Jung n'a pas voulu la faire figurer dans la liste de ses œuvres complètes.

 

Tous les biographes de Jung insistent sur la difficulté à relier entre eux les événements de sa vie, d'autant que nombre de ses écrits, notamment sa volumineuse correspondance, sont encore inexploités. De plus, les informations fournies sont souvent contradictoires, selon les sources, notamment en ce qui concerne les relations de Jung avec le régime nazi. Plusieurs de ses collaboratrices ont publié des biographies, notamment Marie-Louise von Franz (C. G. Jung son mythe en notre temps, 1972) et Barbara Hannah (Jung, sa vie et son œuvre, publié en français en 2005). D'autres auteurs, comme Charles Baudouin, dans L'Œuvre de Jung et Henri F. Ellenberger dans le chapitre consacré à Jung de son Histoire de la découverte de l'inconscient , ont commenté son œuvre tout en faisant le parallèle avec les événements de sa vie. Leurs ouvrages contiennent des détails qui complètent les propos recueillis dans Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées. Ils mettent en perspective certains passages en les clarifiant et en les contextualisant.

Le travail de Deirdre Bair, traduit en français en 2007 sous le titre Jung. Une biographie,Derdre Bair Flammarion Jung---une-biographie-38070-copie-1 donne de nombreux détails et précisions ne figurant pas dans les ouvrages précédents. Deirdre Bair, qui n'est pas affiliée aux théories jungiennes, a en effet obtenu un accès quasi-total aux archives familiales et a bénéficié de nombreux entretiens avec des personnes ayant rencontré Jung.

Premières années 

 

Carl (ou Karl) Gustav Jung naît en 1875, à Kesswil, en Suisse alémanique, au sein d'une famille d'ascendance allemande et de tradition cléricale du côté paternel (son père est en effet pasteur luthérien). De son côté maternel, Jung compte parmi ses ascendants des médecins éminents. Jung explique dans Ma Vie que cette double filiation prestigieuse éclaire son attrait à la fois pour la théologie et pour la médecine, et qu'elle a modelé sa pensée. Il y voit la raison de sa passion pour l'introspection et de l'existence de ses deux personnalités. Très tôt en effet, Jung sent en lui deux attitudes qui cohabitent, qu'il nomme « personnalité no 1 » et « personnalité   2 ». Sa mère, férue de spiritisme, est la première à parler de cet état dissocié de conscience. Plus tard, C. G. Jung, dans son autobiographie, décrit la personnalité no 1 comme « consciente et conventionnelle », « inoffensive et humaine », identifiée à son père, et la n° 2 comme inconsciente, « redoutable (...) ne se manifestant que par moments mais toujours à l'improviste et faisant peur. » Cette dualité entraîne des répercussions sur de nombreux aspects de la vie de Jung, expliquant son comportement avec ses conquêtes féminines ou ses relations avec ses collègues masculins par la suite  ainsi que son intérêt pour le paranormal.

 

Dans Ma Vie, Jung parle de son « mythe personnel ». Il se plaît à rappeler qu'il remonte par parenté à Goethe Goethe; son grand-père paternel et homonyme, Karl Gustav Jung, affirme en effet être le fils illégitime du poète allemand. Chirurgien d'avant-garde, franc-maçon, ce grand-père a été recteur de l'université de Bâle et titulaire d'une chaire d'anatomie. Il a aussi été le fondateur d'un établissement pour les enfants handicapés mentaux : la « Fondation de l'espérance » (Zur Hoffnung), en 1857. Très moderne, il a écrit un article préfigurant la psychothérapie, en y parlant de la « dimension psychologique de la médecine ». Le père de Carl Gustav, Paul Jung, se consacre lui au sacerdoce et devient pasteur de campagne et aumônier de l'hôpital psychiatrique de Friedmatt, à Bâle.

 

Sa mère Émilie, née Preiswerk, est originaire de Nürtingen et appartient à une fratrie de douze enfants. Elle descend de protestants français établis en Allemagne après la révocation de l'édit de Nantes. C'est une femme passionnée d'occultisme, ce qui explique la présence dans la famille Jung d'une aura de phénomènes paranormaux ainsi que l'attrait et la fascination de Carl Gustav pour ces phénomènes au cours de sa carrière. Deirdre Bair rapporte plusieurs épisodes étranges vécus par Jung auprès de sa mère, qui se passionne pour les tables tournantes et pour le dialogue avec l'au-delà. Jeune homme, Carl Gustav participe lui-même à des séances de spiritisme. Jung fera du spiritisme le sujet de sa thèse de médecine et, devenu psychiatre, sera même l'initiateur de plusieurs séances.

Enfance et adolescence. Tout ceci est très proche de Victor HUGO 

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Portrait de Goethe, dont Jung est un grand lecteur et dont une légende familiale dit qu'il serait l'arrière-petit-fils du côté paternel.

 

Enfant introverti et solitaire, Jung est très tôt témoin de scènes violentes ou macabres, en rapport avec le métier de pasteur exercé par son père. Il raconte par exemple avoir été fasciné par le sang s'écoulant de cadavres de noyés. Sa mère dépressive fait des séjours fréquents et prolongés en maison de repos, ce qui nourrit la culpabilité de l'enfant et ébranle sa confiance envers le genre féminin. Souvent livré à lui-même, Carl Gustav est de fait éduqué par ses servantes. Il « ne pouvait compter que sur son imagination pour se distraire et il avait fréquemment recours aux rêves et aux songes pour inventer des jeux et des rituels secrets auxquels lui seul pouvait participer » explique Deirdre Bair. Le jeune Jung se passionne pour les romans de chevalerie, les traités de théologie et surtout les textes fondateurs de la religion catholique et de la littérature que contient la bibliothèque paternelle. À l'âge de quatre ans, il apprend le latin, dont il se plaît par la suite, durant sa scolarité, à parsemer ses devoirs.

 

Son attitude renfermée lui vaut d'être stigmatisé comme un « monstre asocial » (selon le mot de son ami d'enfance Albert Oeri), mais elle lui permet en revanche de se concentrer sur sa vie intérieure, source de connaissance et d'introspection. Ses rêves à cette époque ont souvent des contenus macabres ou sexuels. Le rêve dit du « phallus » notamment, première confrontation pour lui avec le complexe du Soi, est pour Jung « un message destiné au monde (…) parvenu avec une force écrasante... Et de là émergea [s]on œuvre scientifique. »

 

Son enfance est marquée par une peur irrationnelle des églises et des curés en soutane, consécutive à une chute dans une église au cours de laquelle il s'était blessé au menton. Assimilant sa blessure à une punition pour sa curiosité, il amalgame ce souvenir négatif à « une peur secrète du sang, des chutes et des Jésuites » dit-il dans Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées.

Bagarreur et agressif, il est constamment puni par ses professeurs, parfois injustement : il garde le souvenir traumatisant d'avoir été accusé à tort d'avoir copié une composition d'allemand. Ses camarades de classe le surnomment, en raison de sa vaste culture personnelle, le « patriarche Abraham ».

 

Son père est ensuite affecté comme aumônier à la clinique psychiatrique universitaire de Bâle, car à cette époque, en Suisse, les pasteurs sont tenus d'avoir une activité complémentaire. Carl Gustav découvre alors secrètement les lectures de son père sur les maladies mentales. Il est sujet à cette époque à de nombreuses syncopes inexpliquées qui perturbent sa vie quotidienne, au point que son père l'envoie chez son frère, Ernst Jung. Carl Gustav Jung raconte que, ayant entendu ses parents parler de son cas et de son incurabilité, le jeune homme réussit, par la seule force de sa volonté, à surmonter une autre crise. Cet épisode l'initie à la notion de névrose . Dès lors, il intensifie ses lectures, et montre un profond intérêt pour les essais de philosophes comme Hartmann, Nietzsche (notamment son Ainsi parlait Zarathoustra), mais aussi pour le sociologue Bachofen, ainsi que pour Goethe qui le fascine. Il lit également Schopenhauer et Kant, Hölderlin et les légendes du Graal qu'il connaît par cœur. « Tous les mythes – de tous les pays et de toutes les cultures – devinrent ses thèmes de prédilection » explique Deirdre Bair.

 

De cette époque, il garde une certaine déception pour la manière avec laquelle son père aborde le sujet de la foi, notion que Jung considère comme intellectuellement précaire. Un rêve récurrent témoigne alors de sa relation au religieux : il voit souvent Dieu déféquer sur une église. Cette image le marque à vie et explique, selon lui, sa recherche d'une spiritualité fondée avant tout sur l'homme dans son entier. Pourtant, pour la famille et les amis, il va de soi que Carl Gustav Jung serait un jour ministre du culte. Mais, en raison des problèmes financiers de ses parents, il décide, « par opportunisme » dit-il, de s'orienter vers la médecine, décision renforcée encore par la mort de son père, décédé brutalement d'un cancer le 28 janvier 1896 et qui l'intronise de fait responsable de la famille.

Études et rencontres formatrices 

 

Jung s'inscrit en 1895 à la faculté de médecine de l'université de Bâle où il étudie durant les deux premières années l'anatomie et la physiologie, deux matières qui ont pour lui un attrait particulier. Mais l'anthropologie et surtout l'archéologie l'intéressent encore davantage. Stimulé par le milieu universitaire, l'étudiant introverti s'épanouit progressivement. Mais sa famille, faute de moyens, le presse d'abandonner la médecine et de se tourner vers un métier plus rapidement rémunérateur. Jung, pour ne pas renoncer à son ambition, contracte alors un accord avec son oncle Ernst Jung, par lequel celui-ci lui prête de l'argent à intervalles réguliers jusqu'à l'obtention du titre universitaire de privat-Dozent.

 

Durant ses années d'études, Jung donne cinq conférences auprès de la « Zofingiaverein » , une fraternité d'étudiants fondée en 1820. Jung en est membre et secrétaire à la section de Bâle. Ses conférences dévoilent notamment sa parfaite assimilation de la pensée kantienne et notamment des textes : Les rêves d'un visionnaire (qui propose une critique des thèses de Emmanuel Swedenborg), Critique de la raison pure et Critique de la raison pratique, lesquels ont profondément influencé son système de pensée, selon Luigi Aurigemma . Jung suit les cours de Ludwig Wille (1834–1912) puis il obtient son diplôme le 28 septembre 1900.

 

Vers la fin de ses études, devant choisir une spécialité, ses lectures de Krafft-Ebing et de son livre fondateur de la sexologie, Psychopathia Sexualis (1886), le convainquent de se spécialiser en médecine psychiatrique. Néanmoins ce sont peut-être deux phénomènes occultes d'alors qui orientent son choix, la psychiatrie ne s'intéressant alors pas du tout aux « phénomènes dits occultes ». La thèse de doctorat choisie par Jung porte en effet sur le cas d'une jeune médium, Hélène Preiswerk (1880–1911) . Cet intérêt pour ce domaine méprisé est conforté par des lectures d'ouvrages spirites tels que ceux de Johann Zöllner, de Crookes, ou de Swedenborg.

 

Jung exerce parallèlement comme généraliste un temps dans le village de Männedorf, près du lac de Zurich, ne pouvant être psychiatre qu'une fois sa thèse validée. Il fait ainsi sa première conférence, en novembre 1896, à la société de Zofingue sur « Les frontières des sciences exactes ». Cependant, son attrait pour la théologie est toujours vivace ; il fait une autre conférence sur le théologien Albrecht Ritschl qui dénie la dimension mystique dans la religion. La lecture de la Vie de Jésus de Renan initie son intérêt pour le personnage historique de Jésus. À côté de ses activités scientifiques, il participe toujours à des séances de spiritisme organisées par la société de Zofingue et qui constituent la matière première pour sa thèse, consacrée aux « phénomènes dits occultes ». En juin 1895, il étudie le phénomène des tables tournantes au sein même de sa famille, expérimentant le cas de sa cousine Helly, reconnue comme médium et rassemblant des matériaux qu'il utilise durant toute sa carrière.

Le Burghölzli 

Débuts 

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La clinique psychiatrique universitaire de Zurich, dit « le Burghölzli », vers 1890.

Désireux de continuer sa thèse tout en pratiquant la psychiatrie, Jung s'inscrit à l'université de Zurich en 1900. Il est engagé par Eugen Bleuler comme second assistant psychiatre à la clinique psychiatrique universitaire (surnommée le « Burghölzli »), considérée à l'époque comme un établissement d'avant-garde. Des difficultés financières l'incitent à se concentrer sur son travail, à tel point qu'il ne quitte pas l'institut pendant les six premiers mois. Devenant rapidement un objet de méfiance de la part de ses collègues , Jung se retranche dans les lectures : il entreprend de lire la totalité des cinquante volumes de la prestigieuse revue Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie, fondée en 1836, afin de parfaire ses connaissances. Eugen Bleuler se montre intéressé par les recherches de Jung sur le cas de sa cousine Helly mais ne donne à son élève aucune orientation dans son travail. Jung accorde dans sa thèse une large part aux étrangetés psychiatriques observées chez les médiums et à l'étude des phénomènes de conscience modifiée comme la cryptomnésie dont Nietzsche a fait l'expérience. Pour le besoin de ses recherches, il entretient des liens épistolaires avec la sœur du philosophe, Elisabeth Förster-Nietzsche. Parallèlement, il effectue son service militaire et en sort en 1901 avec le grade de lieutenant de l'armée suisse.

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Eugen Bleuler (1857–1939), directeur du Burghölzli de 1898 à 1927.

Sa thèse achevée, Jung collabore, de 1901 à 1904, avec son cousin Franz Riklin, à la mise au point de la méthode dite des « associations de mots » (ou « associations verbales ») . Avec Franz Riklin, Jung observe que les patients confrontés à des mots liés à un vécu personnel douloureux ont des temps de réaction variables. Les deux chercheurs proposent le terme de « complexe (gefühlsbetonte Komplexe)] » pour désigner ces fragments psychiques à forte charge affective, séparés du conscient et constitués « d'un élément central et d'un grand nombre d'associations secondaires constellées ». Pour améliorer les résultats de la méthode des associations verbales, Jung met au point un modèle de galvanomètre[6] (nommé plus tard le « psycho-galvanomètre ») permettant l'enregistrement de la réponse électrodermique du sujet aux mots inducteurs selon les « effets galvaniques », en même temps que d'autres phénomènes végétatifs comme le rythme respiratoire, le pouls et la transpiration. Leurs travaux sont publiés sous le titre de Diagnostische Assoziationsstudien, préfacé par Eugen Bleuler.

Le 14 février 1903 , il épouse Emma Rauschenbach, avec qui il aura cinq enfants. Emma est issue d'une famille aisée de fabricants de montres du canton de Schaffhouse, ce qui met dès lors Jung à l'abri des soucis financiers. Leur relation conjugale est cependant troublée par les infidélités de Jung dont la plus connue est sa liaison avec une de ses anciennes patientes, elle-même devenue analyste par la suite, Toni Wolff, et avec laquelle il entretient durant des années une relation intellectuelle fertile.

À la même époque, Jung se penche sur le phénomène du somnambulisme médiumnique, après avoir lu l'ouvrage du genevois Théodore Flournoy consacré à ce sujet, Des Indes à la planète Mars. En 1902, le jeune psychiatre prend un congé sabbatique pour approfondir ses connaissances dans ce domaine. Il passe l'hiver 1902–1903, d'abord à Paris (où il assiste aux cours de Pierre Janet et d'Alfred Binet à la Salpêtrière ) puis à Londres. À son retour en 1904, Jung est nommé professeur adjoint à l'université de Zurich et le jeune couple emménage non loin du Burghölzli. Carl Gustav travaillant toujours davantage, les Jung n'ont pas de vie sociale. La même année naît leur première fille, Agathe Regina. À partir de ce moment, Emma Jung se consacre au foyer, délaissant ses propres travaux de recherche sur la symbolique de la légende du Graal.

Confirmation 

Au Bürghölzi, Jung continue ses recherches sur les complexes, « s'efforçant de trouver dans l'esprit de chacun l'intrus responsable du blocage de la libido », une problématique souvent attribuée à Freud seul, et dont l'influence devient dès lors déterminante. Jung a en effet lu L'Interprétation des rêves paru en 1900 et sa thèse recèle des références au fondateur de la psychanalyse  qui, à son tour, considère les recherches de Jung et de Riklin comme étant des constatations a posteriori des siennes. La théorie de la névrose et du refoulement lui fournit les outils conceptuels pour continuer ses recherches, même s'il ne partage pas l'opinion de Freud sur l'origine traumatique des refoulements névrotiques. La psychanalyse l'attire toujours davantage, et peu à peu, les deux hommes s'écrivent. Jung se confie à Freud dès le début. Dans une lettre du 23 octobre 1906, la deuxième de leur correspondance, Jung expose le cas d'une de ses patientes en analyse, Sabina Spielrein, hospitalisée pour des crises d'hystérie, sans toutefois mentionner son nom, ni, surtout, lui révéler qu'elle est devenue sa maîtresse. Alors que leur liaison est à son apogée, vers 1908–1909, une lettre anonyme informe les parents de Sabina de la situation : ils exigent dès lors que Jung y mette fin. Le 7 mars 1909, pris de panique, il avoue à Freud avoir une liaison avec « une patiente » qu'il a autrefois sauvée d'une « très difficile névrose » et qui maintenant menace de déclencher un scandale. Freud minimise la gravité de l'affaire. Jung ayant compris que c'est sa femme et non Sabina Spielrein qui a ébruité le secret, il écrit le 21 juin à son mentor Freud : « Ma façon d'agir était une muflerie dictée par la peur, et je ne vous l'avoue guère volontiers, à vous que je considère comme mon père » .

Lorsqu'en 1905, Jung accède à la Chaire de psychiatrie de l'université de Zurich, il a déjà avec Franz Riklin publié deux volumes sur les associations verbales . Mais la même année Franz Riklin quitte Zurich et Jung fait alors appel à d'autres médecins pour continuer ses recherches : Karl Abraham, Alphonse Maeder, Hans Maier et Emma Fürst. Ses premiers cours portent sur la « signification psychopathologique des expériences d'associations ». Dès lors, Jung commence à acquérir une solide réputation, recevant la visite de plusieurs collègues étrangers. Le succès de son psycho-galvanomètre le conduit à accepter également le poste d'expert-psychiatre auprès des tribunaux du canton de Zurich : l'examen des témoignages en justice selon ses méthodes permet en effet la résolution d'affaires difficiles, notamment pour détecter une voleuse parmi trois infirmières. Hugo Münsterberg, professeur de psychologie à Harvard utilise lui aussi ses expériences d'associations de mots en milieu judiciaire en s'en attribuant la primauté . Lorsque Jung apprend ce détournement, il exige et obtient de Munsterberg des excuses publiques.

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Le galvanomètre mis au point et utilisé par Jung au Burghölzli pour enregistrer la réponse électrodermale aux mots de l'inducteur. Les plans sont de la main de Jung.

 

Dans les années 1900, l'enseignement universitaire de Jung devient très populaire en raison de sa diversité et de ses qualités didactiques. Jung aborde en effet des thèmes aussi divers que l'hypnose ou le processus de création chez les écrivains (tels Conrad Ferdinand Meyer, autre personnalité de Zurich[note 2]) ou chez les musiciens (avec Robert Schumann). Ses cours sont fréquentés par des femmes de la bourgeoisie surtout zurichoise, que ses détracteurs surnomment les « Zürichberg Pelzmäntel » (« les manteaux de fourrure des beaux quartiers de Zurich »), qui lui font une « renommée locale de magicien » en même temps que Sabina Spielrein rend publique leur liaison adultérine.

En 1906, malgré la réticence de Bleuler, Jung est nommé « Oberarzt » (« médecin adjoint »), et doit alors assumer des tâches administratives. Ses détracteurs fustigent son manque de considération pour ses patients qui ne sont pour lui que des matériaux de travail. La brouille avec Bleuler s'exacerbe en 1906, lorsque Jung décide d'entrer en contact avec Freud, alors persona non grata dans le monde universitaire et clinique, même si les deux hommes ne se rencontrent qu'en 1907. Son implication active dans la psychanalyse naissante débute alors. Lucide, Jung est conscient des risques qu'il prend : « Quand j'ai commencé avec Freud, je savais que je risquais ma carrière »[D 8] explique-t-il. En 1906, il publie, en se référant abondamment à Freud, ses Études diagnostiques sur les associations, qui font la synthèse de ses recherches depuis son entrée au Burghölzli. Il donne en même temps des cours sur l'hystérie, l'hypnose et la démence précoce . Concernant l'hypnose, à l'instar de Freud, et bien que Jung lui doive ses premiers succès (avec le cas d'une femme venue le consulter et présentant une paralysie hystérique d'une jambe) il considère qu'elle appartient au phénomène du transfert et en abandonne donc la pratique .

La correspondance entre Freud et Jung est alors intense et dure jusqu'en 1914, date de leur rupture officielle. Jung a toujours manifesté une grande émotion en évoquant Freud, en dépit de leurs différences d'âge (Freud a alors cinquante ans, Jung trente-et-un an) . Peu après, Bleuler rejoint le mouvement psychanalytique, faisant de Zurich, après Vienne, le second pôle acquis aux théories de Freud. Pourtant, dès ces débuts, la divergence qui conduit les deux hommes à la rupture existe déjà de manière latente. Dans un article défendant Freud contre son détracteur Gustav Aschaffenburg, Jung se montre en effet peu enclin à admettre le « fondement sexuel » de l'hystérie et il écrit plus tard à Freud qu'« un grand nombre de cas ont une origine sexuelle, mais pas la totalité »[9]. Le rythme de la correspondance entre les deux hommes témoigne également de leur différence : Freud répond le jour même aux questions de Jung alors que celui-ci attend plusieurs jours voire des semaines avant d'envoyer sa réponse, étant toujours accaparé par des tâches administratives ou des travaux de recherche[10].

Relation avec Sigmund Freud 

Rencontre et amitié 

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En septembre 1909, lors de la série de conférence faite à la Clark University, à Worcester, Massachusetts. De gauche à droite en bas Sigmund Freud, G. Stanley Hall, C. G. Jung ; derrière : Abraham A. Brill, Ernest Jones, Sandor Ferenczi .

 

En 1906, Jung publie sa Psychologie de la démence précoce un ouvrage dans lequel il soutient, à l'encontre de l'opinion de Bleuler, l'hypothèse de l'origine neurotoxique de la démence précoce. Il fait parvenir un exemplaire de son livre à Freud qui l'accueille favorablement. Les propos de Jung en faveur de la psychanalyse provoquent l'enthousiasme de Freud qui cherche alors à établir une relation plus soutenue. Il s'ensuit une amitié intense mais « conflictuelle », selon le mot de Freud, car ce dernier remarque vite chez son correspondant des « propos équivoques » et une absence d'adhésion totale à ses vues. Freud néanmoins évite de relever les points de désaccord, conscient de l'intérêt stratégique de l'« école de Zurich » pour le développement de la psychanalyse naissante en Europe . Dans une lettre datée du 29 décembre 1906, Jung analyse la nature de leurs divergences, énumérant cinq points polémiques. Linda Donn, dans Freud et Jung. De l'amitié à la rupture, voit dans cette lettre le point de départ de la querelle entre les deux hommes.

C'est également à cette époque que les relations entre Jung et Eugène Bleuler Eugen Bleuler, directeur du Buchholz-copie-1se détériorent définitivement . Emma Jung suggère alors à son mari de quitter le Burghölzli pour ouvrir un cabinet et acquérir sa propre clientèle. Pour éviter de rendre publics leurs différends, Jung et Bleuler se mettent d'accord pour ne pas précipiter le départ du jeune psychiatre. Cette ambiance conflictuelle ne l'empêche pas de continuer ses recherches sur les associations, qu'il expérimente aussi sur lui-même, avec l'assistance du médecin Ludwig Binswanger. En 1907, Jung décide de s'éloigner de Bleuler, en allant rendre visite à Freud à Vienne. Il réalise alors son intronisation à la psychanalyse ; ce faisant, il est « comme le trait d'union entre ses deux maîtres » , Bleuler et Freud. Les deux hommes se rencontrent le dimanche 3 mars 1907, chez Freud, en famille . La relation avec l'homme de Vienne se consolide durant l'année 1907 et cette rencontre avec le père de la psychanalyse (de 19 ans son aîné) est pour Jung déterminante. Les deux hommes échangent près de 360 lettres en l'espace de huit ans. Intégrant les postulats de la psychanalyse, Jung n'en demeure pas moins sceptique sur divers points. Il écrit par exemple : « Un coup d'œil superficiel sur mon travail suffit pour voir ce que je dois aux géniales conceptions de Freud. Je puis assurer qu'au départ, j'ai passé en revue toutes les objections qui ont été lancées par les spécialistes contre Freud. Mais je me suis dit qu'on ne pouvait réfuter Freud qu'à condition d'avoir soi-même utilisé souvent la méthode psychanalytique et d'avoir vraiment fait des recherches de la même manière que Freud, c'est-à-dire en considérant la vie quotidienne, l'hystérie et le rêve de son point de vue, sur une longue période et avec patience. Si on ne peut pas le faire, on n'a pas le droit de porter un jugement sur Freud à moins de vouloir agir comme ces fameux hommes de science qui refusaient de regarder à travers la lunette de Galilée. » D'emblée, Freud le désigne comme son « fils et héritier scientifique », comme son « dauphin » selon l'expression d'un de ses biographes, Ernest Jones, qui a suivi la relation des deux hommes 

 Jung à 35 ans en 1910.Jung en 1910-copie-1 En 1910, Freud écrit en parlant de Jung : « Je suis plus que jamais convaincu qu'il est l'homme de demain » alors qu'Ernest Jones dit de lui qu'il « avait cru trouver en Jung son successeur direct » , le seul apte à soustraire « la psychanalyse au danger de devenir une affaire nationale juive »  (en effet la quasi-totalité des membres de l'entourage de Freud étaient juifs comme lui ). S'ensuivent treize heures de discussions intenses qui se terminent sur une polémique. Jung veut en effet connaître l'opinion de Freud sur les phénomènes parapsychologiques. Freud dénigre cet intérêt pour un sujet qu'il considère comme appartenant au folklore. Cependant, alors qu'ils argumentent, un bruit de craquement se fait entendre à deux reprises dans la bibliothèque. Jung y voit une manifestation parapsychologique, ce qui terrifie Freud et lui inspire dès lors une certaine méfiance envers Jung. Plus tard, celui-ci y voit une manifestation de la synchronicité. Jung a l'intuition dès ce moment qu'il doit exister un « complexe tout à fait particulier, universel et en rapport avec les tendances prospectives des hommes ». Selon Linda Donn « Jung avait franchi un pas hors de l'orbite de Freud et avait perçu quelque chose de ses propres possibilités créatrices » . L'entrevue se termine sur une supplique solennelle de l'« homme de Vienne », racontée par Jung lui-même : « J'ai encore un vif souvenir de Freud me disant : 'Mon cher Jung, promettez-moi de ne jamais abandonner la théorie sexuelle. C'est le plus essentiel ! Voyez-vous, nous devons en faire un dogme, un bastion inébranlable.' Il me disait cela plein de passion et sur le ton d'un père disant : 'Promets-moi une chose, mon fils : va tous les dimanches à l'église !' Quelque peu étonné, je lui demandai : 'Un bastion - contre quoi ?' Il me répondit : 'Contre le flot de vase noir de ...' Ici il hésita un moment pour ajouter : '... de l'occultisme !' Ce qui m'alarma d'abord, c'était le 'bastion' et le 'dogme' ; un dogme c'est-à-dire une profession de foi indiscutable, on ne l'impose que là où l'on veut une fois pour toutes écraser un doute. Cela n'a plus rien d'un jugement scientifique, mais relève uniquement d'une volonté personnelle de puissance. Ce choc frappa au coeur notre amitié ». Pour Jung, ce comportement démontre la névrose de Freud, son ambition de se comporter en patriarche de la psychanalyse, et prouve son « matérialisme scientifique » qui est à la source de leur rupture à venir, en 1914. Cependant, en dehors de ces divergences, la communion est totale à l'issue de cette première rencontre et il s'établit dès ce moment un pacte d'amitié entre les deux hommes. Selon Linda Donn, « Freud et Jung essaieraient ensemble de dévoiler les mystères de la psyché et défieraient l'ordre psychiatrique établi » .

Psychanalyse et reconnaissance 

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Sigmund Freud en 1922.

 

Peu après cette visite, Jung devient membre de la Société psychanalytique de Vienne qui vient d'être fondée (en 1908) et qui réunit tous les partisans de Freud. Il révèle également un de ses rêves à Freud que ce dernier interprète comme antisémite et qui constitue pour nombre de ses détracteurs un des premiers éléments à l'origine de sa dissidence d'avec Freud. La même année, Jung décide de créer son propre cabinet d'analyse. Il fait construire à cet effet une solide bâtisse, à Küsnacht, en bordure du lac. Il en dessine lui-même les plans et confie la réalisation à son cousin architecte, Ernst Fiecher. Il souhaite avant tout une maison inspirant la sécurité pour favoriser le développement de sa vie intérieure et fait graver au-dessus de l'entrée un adage d'Érasme symbolisant sa pensée : « Vocatus atque non vocatus, Deus aderit », qui signifie : « Qu'on l'invoque ou non, Dieu sera présent ».

Au printemps 1908, Jung organise à Salzbourg le premier congrès de psychanalyse auquel il convie Freud et les autres psychanalystes de Vienne, de Zurich et d'ailleurs. C'est au cours de ce congrès qu'est créée une revue spécialisée, destinée à faire le lien entre Vienne et Zurich , la Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen (Annales de recherches psychanalytiques et psychopathologiques, abrégée en Jahrbuch, éditée chez Deuticke, à Vienne et à Leipzig). Bleuler, Freud et Jung en sont les directeurs. Jung participe ensuite à la création d'une société suisse de recherches freudiennes, réunissant psychiatres et médecins. Sa proximité avec Freud s'accroît encore lorsqu'il donne une conférence au vif succès intitulée « L'importance de la théorie de Freud en neurologie et en psychiatrie » . En 1909, le premier numéro de la revue est édité ; Jung en est alors le rédacteur en chef. Sa notoriété internationale permet à cette revue naissante de toucher rapidement nombre de scientifiques, en particulier aux États-Unis, grâce à ses recherches sur les associations surtout . Alors que Freud souhaite que Jung mette toute son énergie et son temps dans la promotion de la psychanalyse, le psychiatre suisse nourrit d'autres préoccupations, notamment pour les phénomènes occultes. Il est ainsi élu membre honoraire de la Société américaine de recherches psychiques pour ses « mérites comme occultiste ».

 

Jung travaille alors au cas d'Emil Schwyzer, dit l'« homme au soleil phallique », interné au Burghözli, où Jung continue ses travaux de recherche. Il souhaite faire de Schwyzer le cas exemplaire d'une nouvelle théorie de la démence précoce. Un autre cas pathologique, celui d'Otto Gross  (fils d'Hans Gross, un célèbre magistrat autrichien) lui permet d'appliquer sa théorie des types psychologiques qu'il présente la première fois dans un article de la Jahrbuch intitulé « De l'influence du père sur la destinée de ses enfants ». Cet article mentionne aussi la possibilité d'un « inconscient collectif », une théorie en germe dès 1908 et s'appuyant sur le cas Schwyzer (voir infra). Jung a psychanalysé Otto Gross en deux semaines ce qui fait dire à Freud qu'il est étonné du « rythme juvénile » de son collègue zurichois et d'ajouter qu'avec lui, à Vienne, le traitement aurait été plus long. Gross s'est ensuite enfui du Burghölzli, ce qui fait de ce traitement un échec dont Jung s'explique longuement dans une lettre à Freud datée du 26 juin 1908

 

Parallèlement, sa relation avec Sabina Spielrein entre dans une phase de cercle vicieux pour Jung qui a de plus en plus de mal à s'en défaire. Spielrein correspond également avec Freud, lui donnant sa version de sa relation. Jung se défend alors en disant que Spielrein a transféré sur lui la figure du sauveur et de l'amant. Néanmoins il n'accepte pas de parler de relation adultérine lorsque Freud lui demande de s'expliquer . Voici ce qu'il écrit à Freud en guise de justification : « S. Spielrein est précisément la personne dont je vous ai parlé (…) Elle a été pour moi mon cas psychanalytique d'apprentissage, et c'est pourquoi je lui ai gardé une reconnaissance et une affection particulières » .

 

À son cabinet privé, Jung se fait connaître en soignant l'Américain fortuné Joseph Medill McCormick, fils du magnat de la presse de Chicago. Dès lors, son cabinet ne cesse d'accueillir des américains impressionnés par ses théories et sa cure. Il se rend donc aux États-Unis, accompagnant Freud, Sándor Ferenczi (présenté à Freud par Jung) et Ernest Jones, pour une série de conférences à l'université Clark à Worcester, Massachusetts, invité par son président G. Stanley Hall

En 1909, de gauche à droite ,devant: Freud-G.Stanley Hall et Jung. A l'arrière Abraham A Brill, Ernest Jones-Sandor Ferenczy

Hall Freud Jung in front of Clark 1909-copie-1. Les deux hommes se voient honorés du titre de LL. D. (docteur des deux droits . C'est durant cette période que Freud désigne explicitement Jung comme son « successeur et prince héritier » . Freud se méfie des États-Unis, incapables pour lui d'accueillir la psychanalyse. La notoriété de Jung dans ce pays accroît encore sa méfiance. Pour Jung, la méfiance de Freud s'explique par des motifs personnels : « Au cours de toutes ces années où nous fûmes si proches, il n'y eut que des projections » explique-t-il dans Ma Vie. Réfractaire donc, Freud ne se sent pas à l'aise et, lors de leur retour, sur le port, le médecin viennois défèque dans son pantalon. Secouru par Jung, celui-ci lui dit vouloir l'analyser. Freud refuse, arguant ne pas vouloir risquer son autorité. Cet épisode accroît davantage la mésentente entre les deux hommes. Reclus dans sa chambre d'hôtel, Freud ne voit rien des États-Unis alors que Jung, enjoué, rencontre Stanley Hall, William Stern, Albert Michelson, Franz Boas l'anthropologue, Adolf Meyer, Ernst Neumann, John Dewey et Wilhelm Wundt ; il développe donc ses relations outre-Atlantique. Avec William James, qu'il rencontre lors d'une conférence à l'université Clark, Jung s'entretient à propos des phénomènes parapsychologiques et de leur volonté commune d'œuvrer dans leur étude, en vain puisque James meurt en 1910.

L'inconscient collectif et la contribution de Honneger 

Articles détaillés : Inconscient collectif et Joahann Jakob Honneger.

Sous l'autorité de Jung depuis son entrée au Burghözli en 1909, un jeune psychiatre en formation, Johann Jakob Honneger (1885–1911), se passionne pour la psychanalyse. Jung lui donne alors à étudier le cas d'Emil Schwyzer, pensionnaire de la clinique zurichoise depuis 1901. Un délire de ce patient intéresse particulièrement Jung : Schwyzer y voit le soleil comme un astre sexué, possédant un phallus dont le mouvement érotique produit le vent. Très vite, Honneger et Jung y reconnaissent l'expression de mythes inconnus du patient, comme celui lié à la liturgie de Mithra .

 

Un rêve de Jung l'oriente alors vers le concept d'archétype, qu'il développe formellement à partir de 1911, dans l'ouvrage fondateur de la psychologie analytique, Métamorphoses et symboles de la libido qui traite des images mythologiques dans les rêves et les hallucinations. Jung demande à Honneger de recueillir le maximum de renseignements cliniques de ce patient, dont l'observation est ensuite utilisée par le jeune assistant pour rédiger sa thèse de psychiatrie. Entrevoyant l'importance de ses découvertes, Jung impose à Honneger un rythme de travail extrême, à tel point que l'étudiant sera plus tard considéré par certains critiques de Jung comme le véritable découvreur du concept d'inconscient collectif : l'appropriation des travaux d'Honneger par Jung est par exemple un thème central dans la rhétorique de Richard Noll, son principal détracteur[21]. Cependant, la théorie culturelle de Jung a précédé les conclusions d'Honneger puisqu'elle est déjà formulée dans une lettre adressée à Freud, dans laquelle Jung résume sa position en ces termes : « Nous ne résoudrons pas le fond de la névrose et de la psychose sans la mythologie et l'histoire des civilisations »[22]

 

En 1910, dans une conférence intitulée « La formation du délire paranoïaque » donnée à Nuremberg, Honneger expose ses propres conclusions relatives au cas de Schwyzer. Mais souffrant de dépression, il se suicide l'année suivante, en mars 1911 et Jung récupère les notes de son élève pour terminer son travail. Ces documents ayant par la suite disparu, Jung a été accusé d'avoir repris à son propre compte le travail de Honneger. C'est cependant lui qui avait orienté son jeune assistant vers des ouvrages lui permettant de comprendre le « cas Schwyzer ». Pour Deirdre Bair, « il n'existe aucun document permettant d'élucider cette question, et l'on en est réduit aux conjectures »[I 13]. Il reste certain que Jung s'est penché sur le cas d'Emil Schwyzer dès 1901.

Rupture avec Freud 

Mésententes et divergences 

En 1911, Jung commence sa relation adultérine avec Toni Wolff, qui le fascine notamment parce qu'elle est férue de mythologie. Jung entretient alors une relation triangulaire avec elle et sa femme. Pour Deirdre Bair, « Toni Wolff devint la première d'une longue série de femmes qui gravitèrent autour de Jung parce qu'il leur permettait de mettre leurs intérêts et leurs capacités intellectuelles au service de la psychologie analytique » . Cette année-là, la psychanalyse a acquis une renommée mondiale, grâce notamment au Congrès de Weimar . Parallèlement, Jung consacre de moins en moins de temps à éditer les Jahrbuch ; selon le biographe de Freud, Ernest Jones, la dégradation de leur relation commence réellement en 1911, au congrès de Weimar et à la fondation de la Société Internationale de Psychanalyse, mais elle ne porte pas sur le concept de libido ou sur l'utilisation des mythes comme souvent on a pu le penser. Selon Jones, le problème vient plutôt de ce que « Jung était si absorbé dans ses recherches, que celles-ci nuisaient gravement à ses obligations de président » de l'Association psychanalytique internationale .

 

La critique de Freud porte sur le fait que Jung s'appuie sur trop de sources extérieures, du domaine religieux ou mythologique . Jung réplique en expliquant qu'il trouve « trop inquiétant de laisser de côté de larges domaines du savoir humain ». La méthode dite circulaire de Jung, qui revient sans cesse sur ses écrits antérieurs, dérange également Freud. Jung est par ailleurs de plus en plus accaparé par des tâches administratives, trouvant peu de temps pour continuer ses recherches, notamment sur l'origine de la religion. Président de la Société Internationale de Psychanalyse, rédacteur en chef des Jahrbuch, il ne peut assurer une correspondance avec Freud qui le soupçonne de vouloir créer son propre mouvement psychanalytique et d'échapper à son autorité. Le psychanalyste anglais, fervent défenseur de Freud, Ernest Jones, est le premier à entrevoir la future rupture entre les deux hommes, dont les causes mêlent mésententes personnelles, divergences théoriques et conflit de caractères[G 5].

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Photographie du 21 septembre 1911 lors du congrès de Weimar. Jung est au centre, à la gauche de Freud.

Jung rencontre en 1912 « Miss Miller », portée à sa connaissance par les travaux de Théodore Flournoy, et dont le cas névrotique étaye davantage sa théorie de l'inconscient collectif. L'étude de ses visions lui procure les matériaux nécessaires pour avancer son raisonnement, dans Métamorphoses de l'âme et ses symboles .JungMetamorphose-de-l-ame-et-ses-symboles078-copie-2.jpg Freud parle alors d'« hérésie », ce qui précipite leur rupture. Néanmoins celle-ci fut largement consommée par ce qui a été appelé le « geste de Kreuzlingen »: un malentendu sur l'envoi d'une lettre entre les deux hommes, et qui disparaît, renvoyant chacun sur sa position.

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Published by Christian VANCAU - dans PSYCHANALYSTES
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 11:19

A 20 ans

 

René Char représente en France, un paradoxe. Sinon hermétique, du moins "difficile", il est néanmoins l'un des poètes modernes, sinon le poète, le plus célèbre et le plus fréquenté par les lecteurs. Surréaliste puis éloigné peu à peu du mouvement surréaliste, Résistant de première heure (Capitaine Alexandre), puis retrait de la politique, sinon pour défendre chaque fois qu'elle était en jeu la liberté, donc farouchement opposé au stalinisme, ayant toujours lié poésie et peinture, dans des manuscrits enluminés comme par les lithographies, dessins, peintures dont il enrichissait ses plaquettes,

Char est sur tous les fronts de la culture, de l'indépendance de la poésie, de, comme disait Maurice Blanchot, "la poésie de la poésie". Du commentaire inspiré, ligne à ligne, de ses poèmes par Paul Veyne, aux oeuvres des peintres amis, jusqu'à la parole de Heidegger aux "Séminaires du Thor", par la narration philosophique qu'en fait Jean Beaufret, voici quelques allures d'un des grands voyants de notre temps..

(Extrait du magazine littéraire n°340 de février 1996)

René Char (2) 

 

Albert Camus a écrit:"Je tiens René Char pour notre plus grand poète vivant et "Fureur et Mystère" pour ce que la poèsie française nous a donné de plus surprenant depuis Les Illuminations et Alcools (Apollinaire) "

 

Maurice Blanchot dans "L'Entretien Infini": "...Les phrases de René Char, îles de sens, sont, plutôt que coordonnées, posées les unes sur les autres, d'une puissante stabilité, comme les grandes pierres des temples égyptiens qui tiennent debout sans lien, d'une compacité extrême et toutefois capables d'une dérive infinie, délivrant une possibilité fugace, destinant le plus lourd au plus léger, le plus abrupt au plus tendre, comme le plus abstrait au plus vivace"

 

 

C'était un écrivain, qui, très tôt conscient que la barbarie nazie menaçait la civilisation, troqua sa plume contre les armes.

 

C'était un chef du maquis qui fit voeu de silence pendant quatre années.

 

C'était une force de la nature, un géant magnétique, né sous le signe du feu.

 

C'était un apôtre de la révolution par l'art qui adorait jouer du poing au côté des surréalistes.

 

C'était surtout un poète qui célébra à coup de fulgurances sensuelles sa terre, le désir, les femmes, la Résistance, et transforma sa retraite de l'Isle-sur-la-Sorgue en creuset artistique

 

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La SORGUE

 

 

LA SORGUE

 

Rivière trop tôt partie d'une traite, sans compagnon

Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion

 

Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison

Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma maison

 

Rivière, en toi terre et frisson, soleil anxiété

Que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de la moisson

 

Rivière souvent punie, rivière à l'abandon

 

Rivière des apprentis à la calleuse condition

Il n'est vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons

 

Rivière de l'âme vide, de la guenille et du soupçon

Du vieux malheur qui se dévide, de l'ormeau de la compassion

 

Rivière des farfelus, des fiévreux, des équarisseurs

Du soleil lâchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur

 

Rivière des meilleurs que soi, rivière des brouillards éclos

De la lampe qui désaltère l'angoisse autour de son chapeau

 

Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer

Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer

 

Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux

De l'ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau

 

Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison

Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon

 

(René Char. Extrait de Fureur et mystère, 1948).

 

"J'avais dix ans, la Sorgue m'enchâssait "

  sorgueChar Rea sorgue

Aube-new_090725120343_71.jpgCaisse-d-Epargne-new_090724104836_47.jpg800px-L'Isle sur la Sorgue1Je suis allé souvent à l'Ise-sur-Sorgue, fasciné par les Roues à Aubes.

 

Une aquarelle de René Char enluminant son manuscrit "Déclarer son  nom".

 Déclarer son nom

BIOGRAPHIE

 

René Char est né en 1907, le 14 juin dans la propriété de Névons à l'Isle-sue-la-Sorgue.

Le grand-père paternel, abandonné à l'assistance publique dès sa naissance en 1826, avait troqué le nom de Charles Magne en Magne Char.

Le père du poète, Joseph-Emile Char, est né en 1863. Il deviendra administrateur des Plâtrières du Vaucluse et sera à partir de 1905, le maire de l'Isle-sur-la-Sorgue. Veuf de Julia Rouget, qui mourut à vingt ans, en 1886, un an après son mariage, il épousa sa belle-soeur, Marie-Thérèse Rouget, en 1888. Ils eurent quatre enfants dont René Char, le petit dernier. Le père mourra en 1918.

1925 Etudie à Marseille dans une école de commerce.

1927 Fait son service militaire à Nîmes

1928 Publication des Cloches sur le Coeur (Ed.Le Rouge et le Noir)

1929 Se rend à Paris où il rencontre Breton, Aragon, Crevel. Il adhère au groupe surréaliste et collabore au n°12 de La Révolution Surréaliste.1929 2e manifeste du Surréalisme

Voici Char et ses compagnons du Surréalisme, dans " L'Echiquier surréaliste" 1934 De haut en bas et de gauche à droite:1. Breton, Ernst, Dali, Arp 2. Tanguy, Char, Crevel, E luard 3.Chirico. Giacometti, Tzara, Picasso 4.Magritte, Brauner, Peret, Rosey 5.Miro, Mesens, Hugnet, Man RayL'Echiquer surréaliste 1934

1930 Le Tombeau des Secrets est dédié à Gala et Paul Eluard, accompagné d'un collage de Breton et d'Eluard. Voici Breton, Eluard et Char en 1930. Lit Rimbaud, Lautréamont, les Présocratiques, les traités d'alchimie. Publication de Ralentir Travaux, qui a été écrit en commun par Breton, Eluard et René Char, au cours de promenades à Avignon et dans le Vaucluse. Les voici...Breton-Eluard-Char 1931A Montparnasse, lors du saccage par les surréalistes du bar malencontreusement appelé Maldoror, René Char est blessé d'un coup de couteau à l'aine.

Fonde avec Eluard, Breton et Aragon, Le surréalisme au service de la Révolution où il publie "Le jour et la nuit de la liberté"

1931. Promenades à Gordes, Saumane, Lacoste, lieux chers à Sade avec Eluard, Jean et Valentine Hugo.

 

Voyage en Espagne avec Nush et Paul Eluard, escale à Cadaquès où se trouvent Gala et Salvador Dali.Gala-Char-Eluard-Nush-Cadaquès 19301932 "L'Affaire Aragon". Le poète est poursuivi pour incitation au meurtre

Char épouse Georgette Goldstein, à qui sera dédié "Le Marteau sans Maître"

1933 Réside à Saumane où il compose "Abondance viendra".

1934 Participe aux manifestations anti-fascistes.

Kandinsky illustre d'une pointe sèche les exemplaires du "Marteau sans Maître"

Char découvre l'oeuvre de Georges de la Tour et particulièrement "Le Prisonnier" sur lequel il écrira "Sa maigreur d'ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner. L'écuelle est une ruine. Mais la robe gonflée emplit soudain tout le cachot. Le verbe de la femme donne naissance à l'inespéré mieux que n'importe quelle aurore "Georges-de-la-Tour-copie-1.jpg1935. Voyage en Suisse où il retrouve à Davos, Eluard et Crevel. Crevel se suicidera le 19 juin et Char écrira "C'est l'homme parmi ceux que j'ai connus, qui donnait le mieux et le plus vite l'or de sa nature. Il ne partageait pas, il donnait".

1936. Il est nommé administrateur de la S.A des Plâtrières du Vaucluse.

Immobilisé par une septicémie diagnostiquée tardivement

"Dépendance de l'adieu" chez Guy Levis Mano avec un dessin de Pablo Picasso.

"Moulin premier" chez Guy Levis Mano.

1937. Convalescence au Canet. Rejoint par Paul et Nush Eluard;

Abandonne ses fonctions d'administrateur.

Retour à Paris et voyage en Hollande.

1938. "Dehors la nuit est gouvernée"

1939. Le 3 septembre: déclaration de guerre. Il est mobilisé dans un régiment d'artillerie lourde, en Alsace.

1940.Participe à la défense du pont de Gien pour permettre aux civils de passer la Loire.

Démobilisé le 26 juillet.

Est dénoncé comme mlilitant d'extrême-gauche; perquisition à la maison des Niévons. Char est averti par un policier que pèse sur lui une menace d'arrestation. Il quitte l'Isle-sur-la-Sorgue pour Céreste..Voici Céreste  où je suis allé plusieurs fois. (Voir mon article sur Céreste, sur mon Blog)800px-Rue du Chat-qui-Peche

Voici" la Maison de René Char" à l'Isle-sur-la Sorgue, devenue Musée Campredon

new_090724112647_60.jpg

1941. Noue ses premiers liens avec la Résistance.

Revoit à Marseille André Breton, Pierre Mabille et Wilfredo Lam en attente de départ pour l'Amérique.

1942.Participe à la Résistance sous le nom d'Alexandre et est responsable du secteur de l'armée secrète Durance-SudCapitaine Alexandre 1943-copie-1Capitaine Alexandre1943. Institution du STO.

Chute de Mussolini remplacé par Badoglio, favorable aux alliés.
Avec d'autres résistants et résistantes, Francis Curel  est arrêté au petit jour dans sa maison à l'Isle-sur-Sorgue, et déporté à Linz

René Char sous le nom de Capitaine Alexandre est adjoint au chef régional du réseau Action. Accueille les réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO), aménage des terrains de parachutage, constitue des dépôts d'armes. Voici la maison de Char que j'ai photographiée à CérestePR.07-372.jpgPR.07 371

Prend des notes sur un carnet. une partie en sera publiée sous le nom de "Feuillets d'Hypnos".

1944. Perd au combat ses amis Emile Cavagni, Roger Chaudron et  Roger Bernard  , fusillé devant ses yeux par les SS sur la Nationale 100, le 22 juin. Il avait 23 ans. Char dit à ses hommes (ils sont sur la colline) de ne pas tirer pour éviter que le village ne subisse de terribles représailles. Voici l'endroit exact de l'assassinat. Tout le monde y passe quant on roule de Cavaillon vers Forcalquier. Roger Bernard, ami de Jean Giono, était éditeur et poète. Il avait déjà publié chez Seghers"Ma Faim noire dejà". Il avait laissé un cahier de poèmes à Char qui le fit publier après la Libération.

"S'il est possible

Je m'agenouille devant la taciturne

Quête de la nuit

Et je regarde avec l'oeil de l'oiseau

S'il est possible de mourir

Le front ceint

De l'insigne aux sept couleurs du rayon décomposé "

 

Sa veuve Lucienne Bernard et son fils Alain furent par la suite, protégés par René Char. Comme Lucienne était jolie, Char l'adrese au peintre Matisse qui la prend pour modèle. Il ne cessera de l'aider, elle et son fils. Leurs échanges épistolaires ne cesseront qu'avec la mort de Lucienne qui avait rendu ses lettres à René pour qu'il les publie

N.100 Roger BernardEt Voici le Bastidon. Dans cette grange de Céreste se réfugiaient des réfractaires au STOCéreste Le BastidonLa ferme du Bontemps, sur les hauteurs de Céreste (Promenades de Char avec Claude Lapeyre. "A Claude Lapeyre qui m'a aidé à bâtir sur le givre sept petites maisons pour y recevoir cet hiver-là, mon errance endurcie")Ferme du Bontemps Hauts de Céreste

Char fait une grave chute sur le dos alors qu'il allait retirer des armes dans une cache; il est blessé à la tête et à la colonne vertébrale et a une fracture du bras.

Est appelé à l'Etat major à Alger pour la préparation du débarquement en Provence.

Fin août 1944, après la libération de Paris, il revient en France.Le voici au milieu des habitants de Céreste. Le village en effet rejoue pour le journal des Actualités françaises, ses heures héroiques. Mais le film ne sortira jamaisCéreste 1944

1945. Amitié pour Georges Braque et Albert Camus.

"On ne sait plus précisément combien il mesurait. Ses papiers militaires assurent que sa taille était de 1,92 mètre. D'autres papiers indiquent 1,96 . Qu'importe, sa carcasse faisait vibrer l'air et il ressemblait, à un gladiateur taciturne ou à un bucheron déterminé, prêt à empoigner sa cognée" .

Francis Curel, déporté à Linz, est rapatrié

Voici Char et Camus à l'Isle-sur-la-Sorgue, en  1946 . Leur première rencontre eut lieu autour d'un manuscrit, " Feuillets d'Hypnose", que Camus admira tant qu'il le publia dans la collection "Espoir" qu'il dirigeait depuis peu chez Gallimard (avril 1946).

Char fait découvrir à Camus le Luberon et le Ventoux. Après un long séjour dans la maison familiale, René Char rejoindra ses amis Zervos sur la côte méditerranéenne. Il y rencontrera Henri Matisse Char-et-Camus.jpg

1947. Représentation de "La Conjuration" au théâtre des Champs Elysées. Un ballet. Rideau de scène et costume de Georges Braque.

En mai, aux Editions Fontaine, publication du Poème pulvérisé. Les 65 exemplaires de tête comportent une gravure originale d'Henri Matisse

Ouverture en juin de l'exposition de peintures et de sculptures contemporaines, organisée au Palais des Papes à Avignon par Yvonne Zervos. Cette exposition qui réunissait tous les grands noms de l'art contemporain, fut l'occasion d'un long séjour de Braque dans le Vaucluse. Elle fut aussi le point de départ de ce qui deviendra le Festival de Théâtre d'Avignon, qu'animera Jean Vilar 

Parution de La Peste d'Albert Camus

1948 . Mort d'Antonin Artaud à Ivry-sur-Seine. Georges Braque et René Char s'étaient longuement entretenus avec lui à l'hospice d'Ivry quelques jours auparavant. Le professeur Henri Mondor  les tenait informés des progrès de la maladie

1949. Nombreuses publications: Les Transparents, L'homme qui marchait dans un rayon de soleil, Sur les Hauteurs, le Soleil des Eaux, Claire...

En Juillet : Divorce de Char et de Georgette Goldstein. Ils s'étaient mariés en 1932

1950. "Les Matinaux"

1951 Char se lie d'amitié avec Nicolas de Staêl. En novembre il publiera "Poèmes" illustré de quatorze bois du peintre

Décès de sa mère Mme Veuve Emile Char.

Début d'une longue collaboration avec Pierre-André Benoit dit PAB.

 

1952  Mort de Paul Eluard.

 

1953. Lettera amorosa paraît chez Gallimard.

La collection Poètes d'aujourd'hui de Pierre Seghers, publie en juin un René Char, par Pierre Berger.

En juillet, Nicolas de Staël se met en quête d'une maison à acheter dans le Vaucluse et acquiert "Le Castellet", à Ménerbes (voir mon article sur le blog "Ménerbes")

De StaëlNicolas  de Staël. Colonnes. 1953-1954. Huile sur toile

Mais c'est sans doute avec de Staël, que la symbiose fut pour Char la plus complète. Cette concentration du langage par laquelle Pierre Boulez définit l'écriture du poète, c'est celle à laquelle tend Staël dans son progressif retour à une figuration elliptique où se construit par pans de couleurs, une émotion immédiate. Char lui-même n'écrivait-il pas, associant leurs démarches "Nous nous approchons quelquefois plus près qu'il n'est permis de l'inconnu et de l'empire des étoiles"

 

1954. Parution de "Le Deuil des Névons", avec une pointe sèche de Louis Fernandez. Après la mort de leur mère, le poète et sa soeur Julia souhaitaient préserver la demeure familiale. mais les deux autres enfants, à savoir Albert et Emilienne, en exigèrent la vente aux enchères, ce qui fut fait.

 

1955. Février "Poèmes des deux années" avec une eau-forte d'Alberto Giacometti pour les cinquante exemplaires de tête. Mort de Nicolas de Staël à Antibes. Il se jette dans le vide, par la fenêtre de son atelier. Un drame...de l'amour semble t'il. Une inconnue prénommée Jeanne, qui est mariée, et ne veut que de l'amitié. Pourtant elle aurait eu une brève liaison avec René Char, qui longtemps refusera de croire a la thèse du suicide de Nicolas. Voici la rue de Reveli où Nicolas s'est fracassé à Antibes, le rue à gauche, à l'avant-plan sur cette photo. Dans le fond, à droite le Fort Carréde Staël-Rue de Revely img036

Voici la dernière peinture inachevée de Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein, emigré russe né à St Petersbourg en 1914, "Le Grand Concert", réalisé après avoir entendu à Paris un concert dirigé par Boulez, au cours duquel on avait donné du Webern que Staël adorait Nicolas de Staël Le Concert. Sa dernière toile

Et Voici de Staël dans son atelier. Il avait 41 ans lors de son suicide. Il laisse une fille de treize ans, Anne qui a publié un livre "Staêl du trait à la couleur"correction-de-stael094

 

"L'espace pictural est un mur mais tous les oiseaux du monde y volent librement à toutes profondeurs".

 

Juin 1955. Pierre Boulez met en musique trois poèmes du "Marteau sans Maître". Création à Baden-Baden.Manuscrit du Marteau sans Maître

Octobre 1955. Les Névons sont mis en vente publique. La surenchère empêche le poète et sa soeur Julia de s'en rendre acquéreurs. Ne dsiposant pas des fonds nécessaires pour payer leur achat, Albert Char et Emilienne Moustrou, qui se sont donc rendus propriétaires, sont contraints de séparer le parc de la maison. Le parc des Névons est alors acheté par une société qui abat les arbres et construit une cité HLM. La maison quoiqu'occupée, est quasi à l'abandon. Le Névon, ruisseau qui bordait le parc, est recouvert et devient une route.

 

Le Deuil des Névons (La Parole en Archipel).

 

Un pas de jeune-fille

A caressé l'allée

A traversé la grille

 

Dans le parc des Névons

Les sauterelles dorment

Gelée blanche et grêlons

Introduisent l'automne

 

C'est le vent qui décide

Si les feuilles seront

A terre avant les nids

 

 

Bravo Albert et Emilienne. Vous êtes passés à la postérité....(Note de l'Auteur).

 

La revue "Cahiers d'Art" publie sept merci pour Vieira da Silva.

Voici "la Bibliothèque en feu" de Vieira, inspirée par un message codé de René Char pour la BBC

Vieira da Silva-La Bibliothèque en feu

Durant l'été, première rencontre et premier entretien à Paris chez le philosophe Jean Beaufret, de René Char et de Martin Heidegger, sous le marronnier de Ménilmontand. Char a senti chez Heidegger une "présence fraternelle".

1956."La Chute d'Albert Camus".

1957. Création à Cologne du "Visage nuptial", poèmes de René Char mis en musique par Pierre Boulez.

1959. Nombreuses publications dont "Cinq poésies en hommage à Georges Braque" avec une lithographie de couverture, de Braque

1960. Mort d'Albert Camus dans un accident de voiture (Voir mon blog sur Camus)

Mort de Pierre Reverdy

Mort de Boris Pasternak.

1961. Parution de "L'inclémence lointaine" choix de poèmes, illustré de vingt-cinq burins de Vieira da Silva.

1962. "La Parole en archipel".Effacement du Peuplier-Les Busclats 1962

L'effacement du peuplier 1962-Les Busclats

Mort de Georges Bataille. Il avait été l'ami et voisin de René Char, lorsqu'il occupait de 1949 à 1951, le poste de conservateur à la bibliothèque de Carpentras. Les deux hommes se voyaient souvent et s'estimaient.

 1963. Lettera amorosa avec vingt-sept lithographies de Georges Braque.

Mort de Georges Braque.

En été la revue "L'ARC" publie un numéro consacré à Char.

En 1963 disparaissent aussi Tristan Tzara, le poète américain William Carlos Williams, fidèle ami de René Char et le peintre Jacques Villon.

 

1964. Flux de l'aimant, un texte sur le peintre Joan Miro, repris par la suite dans "Recherche de la base et du sommet".

 

1965. Mort de Julia Delfau, sa soeur

 

Mort de Francis Curel, "le cher Elagueur".

 

Picasso en visite chez Char "Le pompier et l'Indien".Char et Picasso 1965

Une plaquette: "La Provence point oméga", porte témoignage de la campagne de protestation organisée à la suite de l'implantation en Haute Provence, d'une base de lancement de fusées atomiques.(Plateau d'Albion) Une affiche est dessinée par Pablo Picasso.

Voici René char militant à la Fontaine de Vaucluse1966 Ftaine de Vaucluse-Anti-Albion1966. Mort d'Alberto Giacometti et de Victor Brauner, amis et illustrateurs de René Char depuis les années trente. Ici Brauner..Char par Brauner

Pendant l'été, et répondant à l'invitation de René Char, premier séjour de Martin Heidegger au THOR, proche de l'Isle-sur-Sorgue. C'est en effet à l'initiative de René Char que Heidegger vint séjourner  à trois reprises au Thor, dans le Vaucluse, à 5 Kms de l'Isle-sur-Sorgue: en 1966, 1968 et en 1969, année de son 80e anniversaire. Ces séminaires ont commencé de la manière suivante: c'était tout simple, quelques invités rassemblés en 1966 autour de Heidegger avaient imaginé de lui poser des questions, et c'est l'ensemble de ces questions et des réponses qui ont abouti à ce que l'on a appelé les "Séminaires de Thor".

Cette soirée où Heidegger et René Char firent connaissance eût lieu au domicile parisien de Jean Beaufret dans le XXe arrondissement, passage Stendhal. C'est aussi ce soir-là que René Char et Jean Beaufret se virent pour la première fois et que se nouèrent leurs relations. Char (qui habitait Paris à l'époque) prenait goût à revenir de temps à autre au passage Stendhal au cours des années suivantes. une exquise sympathie naquit entre eux et Heidegger resta évidemment au centre de leurs conversations. Char ne sachant pas l'allemand,  les lettres que lui adressait Heidegger transitaient souvent par le passage Stendhal où Beaufret tenait lieu d'Hermès, rôle qui lui convenait à merveille come le montre la fameuse lettre écrite par Heidegger à René Char, après la mort de Georges Braque dont la traduction française est bien d'un Beaufret au sommet de son art

 Heidegger aux BusclatsChar et HeideggerChar à Heidegger

Au Centre de gauche à droite, Char, Beaufret et Heidegger, à la PétanqueHeidegger Char et Beaufret à la Pétanque

Mort d'André Breton.

1967.Publication des "Transparents" avec 4 gravures de Pablo Picasso

1968. Peu avant les évènements de mai 68, Char tombe gravement malade.

Deuxième séjour de Martin Heidegger au Thor.

1969. Le Chien de coeur avec une lithographie originale de Joan MiroComplainte du Lezard amoureuxMiro Lezard amoureux

Dent prompte, illustré de onze lithographies en couleur de Max Ernst.

Dernier des trois séjours de Martin Heidegger au Thor.

 

1970. Yvonne Zervos meurt en janvier à Paris

De mai à octobre se tient au Palais des Papes à Avignon, l'exposition Picasso qu'elle avait conçue et mise au point.Yvonne Zervos

Décembre: Mort de Christian Zervos. Depuis 1926, la revue "Cahiers d'Art" qu'il avait fondée et la galerie du même nom que dirigeait Yvonne, étaient les plus clairvoyants et attentifs soutiens de l'art contemporain et de ses maîtres.

 

1971. La revue l'Herne consacre un des numéros de ses cahiers à René Char.

 

1972." La Nuit talismanique" paraît aux Editions Skira.
 

 

1973. Mort de Pablo Picasso et du peintre Louis Fernandez.

 

1976. "Le Marteau sans Maître", illustré de 23 eaux-fortes de Miro, paraît aux Editions "Au Vent d'Arles".

Mort de Martin Heidegger;

Mort du poète Pierre Jean Jouve à Paris.

 

1978. Au printemps, René Char quitte son domicile parisien de la rue de Chanaleilles où il vécut plus de vingt ans. Dès cette époque, le poète vit dans sa maison des Busclats sur le coteau de l'Isle-sur-Sorgue, sans cesser de parcourir les lieux alentours; les Monts du Vaucluse, les dentelles de Montmirail, le Ventoux et jusqu'à la veille de sa disparition. Saint-Remy et le prieuré de Saint-Paul-de-Mausole, dans les Alpilles.

Début août, un grave accident cardiaque immobilise le poète

1980 Photo de René Char. Il a 73 ansChar en 1980-73 ans

1982. Mort du philosophe Jean Beaufret.

1983. Publication des oeuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade.

1985. "Les Voisinages de Van Gogh" Deuxième accident cardiaque.
1987. Char épouse à Blauvac (Vaucluse), face au mont Ventoux, Marie-Claude de Saint-Seine, dont il avait fait la connaissance onze ans plus tôt à Paris.

1988. 19 février, mort de René Char d'une crise cardiaque.

Photo de René Char en octobre 1986 à sa table de travail aux Busclats1966-Aux-Busclats.jpgEt toujours aux Busclats en 1966 avec le peintre Alexandre Galpérine, l'enlumineur des derniers ouvrages de René Char 'Le Gisant mis en lumière".

Alexandre Galpérine se rendait régulièrement dans la maison de Char, Les Busclats, où le poète s'était retiré pour y poursuivre avec plus d'assiduité qu'il ne pouvait le faire à Paris, celle qui fut l'amour de sa vie: la poésie. Les dimanches ils dinaient ensemble. Galpérine se souvient:

"Parfois lorsqu'il avait un peu de vague à l'âme loin de cette vie parisienne dont il avait aimé l'effervescence créatrice, je lui parlais de Montparnasse, de la rue de Chanaleilles où il avait vécu, des jardins du Luxembourg et des rues de la ville où il aimait marcher, de tous ces lieux que j'avais fréquentés après lui dans son sillage. Et je le voyais sourire, s'illuminer à ces évocations"1986 Les Busclats ave Galpérine

 

Voici les oeuvres de René Char que je possède:Char 4Char3 

 

Rouge-gorge, mon ami, qui arriviez quand le parc était désert, cet automne votre chant fait s'ébouler des souvenirs que les ogres voudraient bien entendre.

 

Nous sommes écartelés entre l'avidité de connaître et le désespoir d'avoir connu. L'aiguillon ne renonce pas à sa cuisson et nous à notre espoir.

 

Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l'austère nuit des marais s'appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d'amour toute la fatalité de l'univers.

 

J'ai confectionné avec des déchets de montagnes des hommes qui embaumeront quelque temps les glaciers.

 

Serons-nous plus tard semblables à ces cratères où les volcans ne viennent plus et où l'herbe jaunit sur sa tige.

 

Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul. Là est ton contrat.

 

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil

 Char5

 

Terre , devenir de mon abîme, tu es ma baignoire à réflexion.

 

Mains obscures mains si terribles

Filles d'excommuniés

Faites saigner les têtes chaudes.

 

 

Tu ouvres les yeux sur la carrière d'ocre inexploitable

Tu bois dans un épieu l'eau souterraine

Tu es pour la feuille hypnotisée dans l'espace

A l'approche de l'invisible serpent 

O ma diaphane digitale Char1

 

Comment me vint l'écriture? Comme un duvet d'oiseau sur ma vitre, en iver. Aussit^t s'éleva dans l'âtre une bataille de tisons qui n'a pas, encoré à présent, pris fin.

 

 

Beauté, ma toute- droite, par des routes si ladres

A l'étape des lampes et du courage clos

Que je me glace et que tu sois ma femme de décembre

Ma vie future, c'est ton visage quand tu dors

 

 

 

Tel le chant du ramier, quand l'averse est proclamée...l'air se poudre de pluie, de soleil revenant...je m'éveille lavé, je fonds en m'élevant; je vendange le ciel novice

 

Allongé contre toi, je meus ta liberté. Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

 

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne?

Demander c'est mourir !

 

L'aile de ton soupir met un duvet aus feuilles. Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

 

Je suis dans la grâce de ton visage que mes ténèbres couvrent de joie.

 

Comme il est beau ton cri qui me donne ton silence !

 

 

 

  La Nuit TalismaniqueChar6

 

S'endormir dans la vie, s'éveiller par la vie, savoir la mort, nous laissent indigent, l'esprit rongé, les flancs meurtris.

 

Voici le temps venu des grottes d'acier, de l'invisibilité démente. Perdue est la Sirène devant laquelle autrefois les fougères s'exprimaient, goutte après goutte.

 

J'ai le souvenir de Buisson, de Visan, aussi de Richerenches,

où les odeurs de soupe s'enfermaient dans les chambres

Silencieuses comme les semelles d'un maçon vieilli sans paradis 

J'ai le souvenir d'horizons sans sommeil autour de ces villages; la première neige les montrait droits tels des accusés qu'effraie leur innocence

Avec René Char le mot est un météore venu d'un monde inconnu

Publié le 30/11/2011 à 16:33 par soleildanslatete Tags : blog amour nuit monde poésie
Avec René Char le mot est un météore venu d'un monde inconnu

Dans les analyses percutantes que Maurice Blanchot va dédier à René Char on trouve les définitions les plus radicales d'une poésie à nulle autre comparable où l'on peut voir qu'elle rejoint la densité de la maxime philosophique, encore que l'allusion à la philosophie écarte la matière lumineuse dont est faite cette incursion dans le verbe. Mots immaculés ou portés à l'incandescence de leur sens premier.
 

Il parle de l'arête tranchante de ces fragments que rien ne peut briser, comme quelque pierre dure, arrachée au magma primitif ;  il évoque ce "météore détaché d'un ciel inconnu". Si bien que lire Char c'est approcher d'une matière dense et sans lien avec ce que l'on connaît pour découvrir les facettes, les météores d'un monde qui ne s'est pas sali aux complaisances de la vulgarité qui nous menace.
 

C'est toute la force de la poésie quand elle est dominée par René Char
"Nous sommes ingouvernables. Le seul maître qui nous soit propice, c'est l'éclair, qui tantôt nous illumine tantôt nous pourfend".
Ou encore : "L'amour qui sillonne est préférable à l'aventure qui humilie, la blessure de l'humeur".
"La grande nuit terrienne n'est pas faite de terriers mais de malentendus éparpillés. Batailler contre l'absolu de s'enfouir et de se taire".
Avec parfois dans sa sobriété, cette note de mélancolie qui touche à l'intime :

 

"J'ai commencé par rêver les choses impossibles, puis les ayant atteintes, le possible à son tour est devenu impossible. Mon pouvoir s'est évanoui".

voir le beau blog de Patrik Tafani

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Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 11:50
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Nous sommes partis pour Gould, le 8 octobre 2015, un jeudi, jour de Marché. Nous venions de Velleron. Le Marché c'est sur la place du Café de la Poste, celui de lEé Meurtrier avec Adjani et Souchon; J'avise un magnifique plat en Olivier.; Cent euros, c'est trop cher. Jamais se moquer des touristes...

Nous commencerons par monter jusqu'au-dessus du village, cette partie étant en plein dans les travaux, lorsque nous sommes venus en 2013

Notre escalade du village de Goult, avant d'aller manger au Café de la Poste où j'ai réservé une table

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Et vers midi nous nous installons en terrasse du Café de la Poste, celui de L'Eté Meurtrier de Jean Becker, tourné en 1983 et ayant obtenu 9 Césars en 1984 d'après le roman de Sébastien Japrisot avec Isabelle Adjani et Alain Souchon.

Nous aurons deux voisines de table bien sympathiques et intéressantes, Marie-Georgette Eberhardt, alsacienne d'origine et son amie Maryvonne Overdelinden, bretonne.

Nous passerons avec elles plusieurs heures bien intéressantes. Nous parlerons notamment du compositeur français Pierre Henri, né en 1927, inventeur de la musique électro-acoustique, collaborateur de Pierre Schoeffer et de Maurice Béjart pour qui il a composé "La Messe pour le Temps présent"

Il a fait un temps magnifique, une vraie journée d'été un 8 octobre

 

GOULT en LUBERON. Visité en 2015
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Goult

 

 
   
Goult est un vieux village situé dans le Parc Naturel Régional du Luberon qui fera le bonheur des amoureux des vielles pierres et de belle nature. Restauré avec soin, le village présente de belles bâtisses de pierre et d'ocre.


Goult - Rue

Vous vous baladerez avec plaisir dans ses petites rues, après avoir passer l'église vous tomberez sous le charme de ses passages voûtés, ses arcades et portes anciennes. Vous y découvrirez les vestiges d'anciens remparts ainsi que le château de la famille d'Agoult émergeant de la roche (propriété privée qui ne se visite pas).


Goult - Place

De grandes places ombragées de micocouliers centenaires vous accueilleront pour vous faire partager la douceur de vivre bien provençale qui règne à Goult. Après cette agréable pause, vous pourrez de nouveau repartir à la découverte du village ... et visiter les terrasses de cultures du
Conservatoire des Terrasses.


Goult - Paysage


De grandes oliveraies, de beaux chênes verts et des plantations agricoles encadrées de jolis murets de pierres sèches sont entretenus restaurés et aménagés par les bénévoles du Conservatoire. Vous en profiterez bien sûr pour admirer les somptueux paysages qui entourent ces terrasses, vous êtes ici dans une belle campagne provençale...

 

 

 

A voir, à visiter :

Eglise romane.
Conservatoire des terrasses de culture.
Prieuré ND de Lumières.
Chapelle romane St Véran.

Goult

 
 
Goult La Bastide
Image illustrative de l'article Goult
Blason de Goult
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Apt
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Apt-Pont Julien
Maire
Mandat
Didier Perello
2014-2020
Code postal 84220
Code commune 84051
Démographie
Gentilé Goultois
Population
municipale
1 147 hab. (2012)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 51′ 50″ Nord 5° 14′ 39″ Est / 43.86388889, 5.24416667
Altitude Min. 121 m – Max. 335 m
Superficie 23,77 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

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Goult
 
  goult.fr
 

Goult est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

 

 

Géographie

Goult est une commune situé au cœur du Parc naturel régional du Luberon.

Au nord du territoire de la commune se trouvent les Monts de Vaucluse avec les villages de Gordes et Saint-Pantaléon. À l'est, se trouvent les villages de Roussillon et Gargas, et au sud, en direction de la montagne du Luberon, les villages de Bonnieux, Lacoste et Ménerbes.

Le village est perché sur une colline au cœur de la vallée nord du petit Luberon, un château et un moulin reconstitué peuvent être aperçus au sommet.

Plusieurs hameaux peuvent être distingués sur le territoire de Goult: le hameau de Lumières, à proximité de la départementale 900 et le hameau de Saint Véran, au sud, en direction de Lacoste, sont les deux principaux.

Accès et transports

La gare TGV la plus proche est la gare d'Avignon TGV. La commune est desservie par les sorties de l'autoroute A7 à Avignon sud ou Cavaillon. On accède au village par route départementale D900 (ancienne nationale N100) , route qui se dirige vers Apt, à l'est, quand on arrive en provenance d'Avignon, à l'ouest.

Hameaux et lieux-dits

 
Cave coopérative de Lumières
  • Hameau de Lumières : construit autour du sanctuaire de Notre Dame des Lumières et de la cave coopérative viticole, il compte également quelques commerces.

Sismicité

À l'exception des cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis classés en zone Ib (risque faible), tous les cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Hydrographie

 
L'Imergue à Lumières

La commune est arrosée par plusieurs rivières : le Calavon (ou Coulon) l'Imergue (affluent du Calavon) et un de ses affluents, la Roubine ainsi que la Riaille (affluent du Calavon).

Jusqu'en 1863, la traversée du Calavon, au niveau du hameau de Lumières, se faisait par le biais d'un passage à gué. Celui-ci, malaisé à basses eaux, devenait difficile, voire impossible à hautes eaux. Un pont est alors construit, après souscription des habitants de la commune. Les travaux auront lieu de 1864 à 1866. Détruit lors d'une crue, le , il sera reconstruit trois ans plus tard. Plusieurs crues continueront à frapper le pont, jusqu'en 1909, date à laquelle une reconstruction, plus solide avec une travée métallique et non en bois, est décidée[6].

Climat

Après une année 2007 caractérisé par une très faible pluviométrie, 435 mm d'eau en pays d'Apt, 2008 avec 1 202 mm, soit 2, 8 fois plus, se place juste derrière l'année 1968. Quant à la moyenne des températures elle augmente de 0, 5°, l'hiver et le printemps ayant été très doux. Le temps pluvieux a affecté la durée de l'ensoleillement avec une centaine d'heures en dessous de la normale[7].

GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015

Histoire

 
Rue du Château

Préhistoire et antiquité[

Les pointes de flèches, les haches polies et les maillets à rainures retrouvés autour du Coulet Rouge attestent que les hommes du Néolithique ont parcouru le territoire de l'actuelle commune. Durant cette période, une importante agriculture se développait sur les rives du Calavon. Les spécialistes ont rattaché ces occupations à la civilisation lagozienne après la découverte d’un grand fragment de stèle anthropomorphe représentant une face à deux nez et trois yeux, sans doute la représentation d’une divinité. Sur la rive gauche du Calavon a été découvert le second dolmen du département. Dénommé Dolmen de l’Ubac, il a été fouillé entre 1995 et 2001.

Si l’on en juge par les vestiges gallo-romains mis au jour (autel aux Nymphes et à Sylvain, urnes, poteries, lampes et objet de verre), une villa devait occuper le site. Il existe nombre de bories ou cabanes de pierres sèches regroupées près de Saint-Véran et aux Baquis. Elles sont difficilement datables.

Haut Moyen Âge

Le premier seigneur de Goult est Guillaume, qui s’installe sur un domaine ayant appartenu à son arrière-grand-père Foucher de Valensole. Ce fils de Humbert de Caseneuve prendra comme patronyme le nom de son fief Agoldi (castrum Agoldi, 1031)[8]. Le nouveau seigneur fait édifier un sanctuaire à Saint-Michel puisqu’en 1084, le pontife Grégoire VII désigne dans une de ses bulles «in Episcopalu Cavalicensis, cellam S. Michaelis in balma Agoldi». Cette chapelle (trop et mal restaurée) se situe dans les hauts du parc de Notre-Dame de Lumières. À peu de distance, sous la falaise, se trouve une borie effondrée où l’on peut voir une cuve vinaire rupestre et son fouloir.

Bas Moyen Âge

Au XIIe siècle, le fief de Goult est revendiqué par Guillaume de Sabran, le nouveau comte de Forcalquier, auprès de son cousin Alphonse d’Aragon, comte de Provence. Cette exigence faisait suite au mariage, en 1193, de Gersande de Sabran et d’Alphonse II d’Aragon qui prévoyait l’union des comtés de Provence et de Forcalquier.

C’est à cette période qu’est construit Saint-Pierre, l’église du village, dont le mur pignon est orné d’une tête de bovidé, et Saint-Véran, dédié à l’évêque de Cavaillon.

Le XIIIe siècle va d’abord voir la confirmation de cette seigneurie aux Agoult par un acte pris en 1224 par Raymond Béranger V, comte de Provence, avant de passer par alliance, en 1284, à Bertrand des Baux. En 1301, celui-ci accorde à ses villageois le droit de nommer quatre syndics. Trois quarts de siècle plus tard, son descendant François des Baux, en rébellion contre la reine Jeanne, se fait confisquer ce fief avec toutes ses possessions provençales. Durant cette période le nom du village évolue d’Agoldo (1277) vers Agouto qui sera utilisé de 1311 à 1526.

Pierre de Sault (?-av.1356), baile de Sisteron (1355), fut juriconsulte, chevalier, originaire d'Aix et seigneur de Goult. Il apparut à Aix à la suite de son mariage avec Jacobée, fille du riche drapier Aixois, François Mensure[9]. Une de ses filles, Philippa, fut mariée au chevalier Blacas de Beaudinard et une autre au maitre rational Raymond de Crota.

Au XIVe siècle, s'installe une importante industrie de verrerie. La qualité du résultat de cette industrie lui valut la protection du Roi René.

Renaissance

Les XVe et XVIe siècles sont marqués par une valse des seigneurs. Reviennent d’abord les Agoult-Simiane, puis le fief passe aux Sade et enfin aux Donis d'origine florentine. Ces deux dernières familles vont se heurter aux hérétiques et réformés de la vallée du Calavon.

 

Entre 1528 et 1533, Paul de Sade devient le bras armé du sinistre inquisiteur Jean de Roma, nommé par Clément VII pour extirper l'hérésie vaudoise de la vallée du Calavon et du Luberon. Les deux hommes y gagnèrent une réputation de bouchers.

 

En 1563, les Donis doivent défendre leur seigneurie contre une incursion des Huguenots venus de la Valmasque, entre Bonnieux et Ménerbes. C’est à cette époque – vers 1538 – que l’on prend l’habitude d’élider le A d’Agoult et que le village est désormais appelé Goult.

Période moderne

Louis XIV, en 1659, sur la sollicitation de Jean-Baptiste Donis, érige sa terre de Beauchamp en marquisat.

Le territoire de la commune fut sous la gouverne de plusieurs châteaux. Le plus ancien et le plus élevé fut celui de Babilony, en dessus de Bon Repos, construit au XIIIe siècle, il a été restauré de fond en comble par les Donis en 1805. Le château de Maricamp, utilisé comme résidence seigneuriale au XVIIIe siècle, jouxte la Voie Domitienne (R.N. 100).

Période contemporaine

En réaction au coup d'Etat du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, les républicains du Luberon et du pays d'Apt s'insurgent. Le lundi 8 décembre 1851, la colonne insurrectionnelle partie d'Apt au matin, s'arrête dans la commune de Goult, au hameau de Lumières. Auparavant, un détachement de cent cinquante insurgés se présente devant le maire Demarre pour réquisitionner les fusils de la garde nationale. Auguste Saunier et Frédéric Carbonnel, président de « la Montagne » à Goult insistent auprès du maire pour que leur soit remis les douze fusils entreposés à la mairie. Le maire, « défenseur de l'ordre », s'opposent aux Montagnards de Goult qui lui posent la question légitime de la représentation du pouvoir déchu au niveau communal. En effet, le maire conservateur se défend, et s'en remet aux décisions de l'autorité bonapartiste, autorité illégale devant la Constitution de 1848. Les Montagnards de Goult se joignant à la colonne insurrectionnelle sont Pharon Combe, Adrien Molinas, Jean Baptiste Soultzard, Louis Lavigne, Siffroi Eymard, Porte, épicier, Joseph Bremond, Simon Brémond, Joseph Ferdinand Grangier, Camille Granier, Mouret qui est le recruteur de « la Montagne » à Goult, Marius Bouchard, Marius Rey, Lambert Berlinguet, Balthazar Pare, Antoine Louet, cultivateur et Henri Granier cafetier, chez qui « la Montagne » se réunit constamment. Joseph Briand, cultivateur déclare qu’il faudra brûler tous les registres des notaires et des conservations des hypothèques »[12]. À la nuit tombante, Frédéric Carbonnel accompagné par deux hommes armés annonce au maire de Goult, « qu'une troupe très nombreuse est arrivée à Lumières et l'attend pour délivrer des bons de subsistance ». Le porte drapeau exhibe un ordre écrit et signé par Creste et Seymard, pour que le maire se rende immédiatement à Lumières. Le maire se rend sous la contrainte à Lumières et aperçoit « une troupe composée d'environ 800 hommes chantant la Marseillaise et criant vive la République ». Le président étant déchu, tous les moyens sont mis en œuvre pour obtenir le rétablissement de la République, dans le cadre prescrit par la Constitution de 1848. Ces actes ne sont en aucun cas des pillages, le respect strict des personnes et des biens est observé par les insurgés. Les sommes dues aux aubergistes sont réglées par des bons, ce qui prouve la pratique légale des commandants de la colonne ainsi que le sens très clair de cette insurrection : défendre la République.

Le village vu par des ethnologues

 
Les toits de Goult et Luberon

En 1970, des étudiants en ethnologie dans le cadre du CERESM, mis en place part l'Université de Provence d'Aix-en-Provence, ont étudié le village tant au point de vue de ses spécificités environnementales que matrimoniales.

 

Goult est défini comme un « village du type classique perché » puisque établi sur un piton, à l'extrémité occidentale du bassin d'Apt, et dominant un ensemble de terroirs aux possibilités variés. Ils notent aussi son évolution à travers l'existence de deux places, celle de l'Ancienne Poste et celle de la Libération, qui témoignent du déplacements des zones d'habitat et par conséquent des centres du village.

 

Non seulement le nombre de mariages ne diminue pas mais tend même à augmenter grâce à l'activité agricole importante qui s'y pratique. De plus, une comparaison de 1900 à 1970 a démontré que le nombre d'unions contractées au-delà d'un rayon de 50 km restait stable (1/6 des mariages).

 

Le rôle attractif est joué par Apt et ensuite par des zones au développement agricole important : cantons de Bollène, Valréas, Bédarrides, Beaumes-de-Venise, L'Isle-sur-la-Sorgue et Cavaillon. Ce qui a permis aux chercheurs d'expliquer que ces unions matrimoniales :

« Avec le réseau d'alliances et de relations sociales qu'elles entraînent, facilitent l'échange des informations et des innovations techniques, économiques mais aussi bien politiques ou culturelles. Loin d'affaiblir la structure sociale villageoise, elles la renforcent ou la maintiennent embrayée sur l'évolution de la société globale ».

A contrario, l'implantation de résidences secondaires occupées par des Marseillais ou des Parisiens, voire des Anglo-Saxons, des Suisses, des Belges ou des Allemands, a pris souvent un caractère conflictuel et perturbateur qui se traduit, dans la grande majorité des cas, par une absence de mariage avec ces personnes extérieures au village.

 

Instances administratives et judiciaires

Goult est une des huit communes du canton de Gordes qui totalise 4 833 habitants en 2008. Le canton fait partie de l'arrondissement d'Apt depuis 1801 (sauf de 1926 à 1933 où ce fut Cavaillon) et de la cinquième circonscription de Vaucluse depuis 2010 (avant l'ordonnance no 2009-935 du 29 juillet 2009 elle appartenait à la deuxième circonscription de Vaucluse). Goult fait partie du canton de Gordes depuis 1793.

Goult fait partie de la juridiction d’instance d’Apt et de grande instance, de prud'hommale, de commerce et d' affaires de Sécurité sociale d’Avignon].

Agriculture

 
Production de la cave coopérative de Lumières

La commune produit des vins AOC Ventoux et Côtes-du-luberon. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays d'Aigues]

 

Tourisme

Comme l'ensemble des communes du Luberon, le tourisme joue un rôle, directement ou indirectement, dans l'économie locale.

On peut considérer trois principales sortes de tourisme en Luberon. Tout d'abord, le tourisme historique et culturel qui s'appuie sur un patrimoine riche des villages perchés ou sur des festivals. Ensuite, le tourisme détente qui se traduit par un important développement des chambres d'hôtes, de l'hôtellerie et de la location saisonnière, par une concentration importante de piscines et par des animations comme des marchés provençaux. Enfin, le tourisme vert qui profite des nombreux chemins de randonnées et du cadre protégé qu'offrent le Luberon et ses environs.

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

  • Tour de l'Horloge
  • Vieux quartier avec ruelles, jolies maisons et boutiques d'artisanat provençal.
  • Fontaine avec lavoir (eau de source), lieu-dit « la Ferraille ».

Moulin de Jérusalem

Ce moulin à vent est situé en haut du village, derrière le château. Il figure dès 1750 sur le cadastre de Cassini où il porte le nom de Tré Casteau (hors du château). Il prendra par la suite le nom du quartier dit de Jérusalem, vraisemblablement en mémoire des croisades où allèrent guerroyer les seigneurs du lieu d'Agoult. Il a été restauré par l'APARE. Son site offre une vue exceptionnelle sur la vallée du Calavon.

Anciens remparts

Le vieux village, dominé par son château, était protégé par une enceinte fortifiée et des fossés. Ceux de la partie septentrionale, toujours visibles, ont été creusés dans le rocher. Les remparts s'ouvraient par des poternes ainsi que par trois portes à herse remaniées aux XVe et XVIe siècle.

Église Saint Sébastien

De style roman, elle a été édifiée au cours du XIIe siècle. À l'intérieur, son retable baroque est remarquable.

Château

Ce château, aujourd'hui privé, a appartenu à la famille d'Agoult. Il fut construit au XIIIe puis remanié au XVIIe et XIXe siècle.

Notre-Dame de Lumières

 

 

Lumières

 

À deux kilomètres du village, en contrebas, se trouve le hameau de Lumières, lieu de pèlerinage avec un sanctuaire et une chapelle datant du XVIIe siècle.

 

En 1664, après l'apparition de miraculeuses lumières (qui vont soigner un homme d'une éventration) près de la chapelle de la Baume, l’ordre religieux des Carmes s'intéresse au lieu.

 

En 1699, Jean-Baptiste de Sade, évêque de Cavaillon, dédiait, au bas du village, un sanctuaire à Notre-Dame de l’Éternelle Lumière. Il est plus simplement nommé de nos jours Notre-Dame de Lumières. C’est un lieu de pèlerinage où la statue d’une Vierge Noire est chaque année montée en procession, le 15 août, jusqu’à Saint-Michel de la Baume.

 

Jules Courtet est l’un des premiers à avoir expliqué le sens de cette cérémonie : « Cette tradition pourrait remonter aux temps du paganisme, car les peuples allaient invoquer saint Michel, le gardien des âmes, sur les montagnes où ils adressaient autrefois leurs hommages à Mercure, le conducteur des âmes aux Enfers ».

Chapelle romane de Saint Véran

 
Chapelle Saint Véran

Située sur la rive gauche du Calavon, au pied de la colline des Artèmes, cette chapelle a été défigurée par une restauration du XVIIIe siècle. Dans la tradition des églises du XIe-XIIe, son abside est plus élevée que sa nef et sa corniche intérieure comporte un décor torsadé et en pointe de diamant. L'édifice roman originel à nef unique s'achève sur une abside en cul de four. Il a servi de sépulture. Les fouilles ont mis au jour, au seuil de l'entrée nord, une tombe où se trouvait un squelette dont le crâne était entouré d'un « aménagement de pierres » connu sous le nom de loge céphalique. Près de celui-ci avait été placé un « dépôt votif » monétaire de cinq pièces de monnaie melgoriennes. Elles sont datables de la fin du XIIe siècle / début du XIIIe siècle.

 

Dolmen de l'Ubac

C'est la seconde sépulture de ce type découverte dans le Vaucluse après celui de la Pitchoune à Ménerbes. Il est situé à l'extrémité de la plaine de Marican sur la rive gauche du Calavon. Sa découverte fortuite, après une importante crue du torrent en 1995, a fait ouvrir un chantier de fouilles dirigé par Gérard Sauzade et Jacques Buisson-Catil. Ils ont mis au jour, sous deux dalles de couverture reposant sur des parois latérales en pierres sèches, la tombe de quatre individus inhumés là au néolithique.

 

Vie pratique - Commerces

Un document municipal, daté du , fait état de l'importance des relations entre le village et les deux principales villes voisines :

« Les marchés d'Apt et de Cavaillon sont très fréquentés par les habitants de cette commune qui y conduisent leurs bestiaux ».

Goult dispose de sa propre poste.

Marché : tous les jeudis de 8h à 13h, rue de la République.

Commerces et services de proximité dans le village : boucheries, épicerie, bar-restautant, café-brasserie, boulangerie, salon de coiffure, pharmacie (à Lumières)

Divers : fromagerie, domaines viticoles, petit cinéma de quartier dans la salle des fêtes.

Personnalités liées à la commune

GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
GOULT en LUBERON. Visité en 2015
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Published by Christian VANCAU - dans LUBERON
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 06:53

Aperçu de trois séjours à l'Ile-sur-Sorgue, effectués en septembre 2009 - 2013 - et 2015

L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015

L'Isle sur la Sorgue

 

Département du Vaucluse - Population : 22.000 h.
 
25 Km à l'est d'Avignon, entre Cavaillon et Carpentras.
A8: sortie
Cavaillon ou Avignon sud. Aéroport Marseille 70 Km
Isle sur la Sorgue




L'Isle sur la Sorgue fait partie des musts incontournables de Provence. Les "chineurs", amateurs de beaux objets, brocantes et galeries d'art seront comblés, il y a en effet près de 300 antiquaires dans cette petite ville !



Isle sur la Sorgue - La Sorgue



Colorée de vert et d'eau, cette ville-île posée au pied du plateau du Vaucluse, dans la plaine du Comtat Venaissin, est traversée de plusieurs canaux alimentés par la Sorgue.



Isle sur la Sorgue


La rivière étend ses deux longs bras autour de la ville comme pour mieux l'étreindre. Vous apprécierez tout son charme en vous baladant le long de ses canaux qui se faufilent entre les rues étroites et anciennes. Vous passerez sur de petits ponts et suivrez le travail des grandes roues à aubes moussues entraînées par la Sorgue.


Isle sur la Sorgue
Ne manquez pas le spectacle du "Partage des eaux" situé à 1 km en amont de la ville, là où la rivière se partage en deux et forme un plan d'eau ombragé dans lequel se reflètent platanes et verdure généreuse... Jadis, les habitants vivaient essentiellement de la pêche (jusqu'à 15 000 écrevisses par jour!), les grandes roues à aubes servaient de "moteur" à de nombreuses manufactures de soie du XVIII°, puis de papier au XIX°. Certaines roues fonctionnent toujours, mais pour le seul plaisir des passants...

Isle sur la Sorgue - Eglise

Le patrimoine historique de L'Isle sur la Sorgue illustre l'importance de la ville au sein du Comtat Venaissin au XIV° siècle. La Collégiale ND des Anges avec son intérieur baroque est exceptionnelle, la pharmacie de l'Hôpital, dans son décor d'origine (XVIII°) possède une rare collection de pots en faïence de Moustiers.


Isle sur la Sorgue - Café de France


De magnifiques hôtels particuliers reconvertis en galerie d'art sont à découvrir, parmi eux le célèbre Maison René Char - Hôtel Donadeï de Campredon (XVIII°), devenu musée, qui abrite en permanence un espace dédié à René Char et des expositions de haut niveau (Miro, Gauguin, Dufy...).



Isle sur la Sorgue - Placette
L'Isle sur la Sorgue connaît aujourd'hui une renommée internationale par le grand nombre d'antiquaires répartis sur la ville (ouverts surtout le week-end) et par les nombreuses galeries d'art et de peinture. Deux fois par an, à Pâques et au 15 Août plus de 500 antiquaires et brocanteurs se donnent rendez-vous ici pour présenter leurs trésors à une clientèle venue des 4 coins du monde... cette foire a de quoi donner le vertige, y compris aux connaisseurs éclairés.
Isle sur la Sorgue


Bref, vous l'aurez compris, L'Isle sur la Sorgue mérite vraiment votre détour... et pour mieux vous imprégner de son atmosphère si singulière, laissez votre voiture au parking et promenez vous nez au vent, vous n'en apprécierez que mieux ses nombreux charmes.

 

 

 

L'Isle-sur-la-Sorgue ou couramment L'Isle-sur-Sorgue est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les habitants sont appelés les Islois [ilwa].

Géographie

L’Isle-sur-la-Sorgue est située entre Avignon et la vallée Nord Luberon, à quelques pas de Fontaine-de-Vaucluse. L'Isle-sur-la-sorgue compte trois hameaux qui sont Saint Antoine, Petit-Palais et Velorgues.

Transports

 
Carte de l'Isle-sur-la-Sorgue

Environ 800 km de Paris, 80 km de Marseille et 20 km d'Avignon.

Distance de l'Autoroute A7 : 13 km par la RD 25 pour la sortie Avignon Sud et 12 km par la RD 938 pour la sortie Cavaillon.

Gare de L'Isle sur la Sorgue - Fontaine de Vaucluse en centre ville desservie par la ligne 09 d'Avignon-Marseille via Cavaillon des TER Provence de la SNCF, gare d'Avignon TGV à 20 km.

Lignes d'autocars subventionnées par le département du Vaucluse et assurées par les compagnies Voyages Arnauds et Transdev Sud est: La ligne Avignon-L'Isle, Avignon-Apt, Carpentras-Marseille, Carpentras-Cavaillon passent par l'Isle sur la Sorgue.

Aéroport d'Avignon à 15 km par la RD 25 et de Marseille-Provence à 70 km.

Hydrographie

 

L’Isle-sur-la-Sorgue tient son nom de la Sorgue qui prend sa source quelques kilomètres en amont à Fontaine-de-Vaucluse. Celle-ci se divise en de multiples canaux (voir Histoire), qui font alors apparaître la ville comme un groupement d'îles. Certains l'ont surnommé Venise Comtadine (par référence au Comtat Venaissin, dont L'Isle faisait partie).

Passage du canal de Carpentras et du canal Saint-Julien.

Toponymie

Le mot provençal sorgo signifie source, petit cours d'eau. Le nom de la rivière, la Sorgue, est le résultat de la transformation en un nom propre en français d'un nom commun en provençal.
Le nom de la commune en provençal est l'Ilo. Sur les panneaux de signalisation, la commune a ajouté l'appendice de Venisso, c'est-à-dire « du Comtat Venaissin ». La graphie « islo » utilisée sur ces panneaux est fautive, résultat d'un amalgame entre la graphie française « isle » et le mot provençal isclo, qui signifie également île, tombé en désuétude au profit de ilo - cf. Lis isclo d'or, de
Mistral.

L'Illa de Venissa selon la norme classique de l'occitan ou L'Ilo de Venisso en provençal selon la norme mistralienne

 

L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
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Histoire

Antiquité et Moyen Âge

Mention d'un castrum pendant l'occupation romaine (vestiges gallo-romains à Velorgues).

Aux XIIe et XIIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait le prieuré Saint-Gervais, qui relevait auparavant de l’abbaye Saint-Gervais de Fos. Fief des comtes de Provence, puis des comtes de Toulouse, enfin du Saint-Siège (1274). La cité a été fortifiée par les papes et devint le refuge des cités voisines. Elle fut ainsi épargnée par les guerres de Religion. C'est ici que César de Bus fonda à la fin du XVIe siècle les Doctrinaires.

Épidémies de peste en 1458, 1628, 1629 et 1721 et de choléra en 1837 et 1854.

Période moderne

Pendant la Révolution française, la commune est rattachée aux Bouches-du-Rhône en avril 1792, avant la création du département de Vaucluse, en août 1793. Des arbres de la liberté sont plantés à la place aux Grains (de l’Église), rue de la Juiverie, au couvent des Cordeliers, devant celui des Minimes, et place aux Herbes (du marché) 2 .

 

Début juillet 1793, les fédéralistes insurgés entrent dans la ville et poursuivent sur Avignon. Lorsque la ville est reprise par la légion des Allobroges du commandant Doppet le 23 juillet 1793, le bourg est pillé et incendié, mais aucun massacre n’est commis, les fédéralistes insurgés ayant fui pendant l’assaut, avec la majorité des habitants. Les fédéralistes eurent 4 morts, les assaillants, 21 morts3. L’incendie cause la destruction, notamment, de la synagogue, une des plus belles du département4. Dans la répression qui se déclenche, les dénonciations vont bon train, et 1223 personnes sont incarcérées. Après enquête et jugement, onze furent guillotinées5. En novembre 1794, le représentant en mission Maignet fait arrêter la municipalité Tiran, qui avait soutenu le jacobinisme depuis le début de la Révolution, mais qui relâcha un peu vite quelques fédéralistes, et qui profita des saisies et ventes de biens nationaux pour s’enrichir6. C’est à L’Isle-de-Venise que fut arrêté Jourdan Coupe-Têtes à la même époque.

 

Les différentes saisies de mobilier religieux permirent la fonte de 82 kg d’argent. Une partie des sommes récoltées fut utilisée au creusement d’un canal d’irrigation à partir de la Sorgue7.

 

En février 1795, une insurrection a lieu. En janvier 1797, le général Tisson préconise la mise en état de siège de la commune, qui est suspendu début mai, avant d’être rétabli le 26 mai pour quelques semaines. Vu l’agitation royaliste, et même l’insécurité qu’elle entretient, des commissions d’administrateurs sont nommés par l’administration départementale, qui ordonne un désarmement général. L’administration municipale ne parvient pas à retirer leurs armes aux royalistes, la commune est donc à nouveau mise en état de siège le 18 brumaire an V. L’instabilité de la municipalité réduit son rôle à sa plus simple expression : prélever les impôts. En dehors de ça, les routes ne sont plus entretenues, quelques marchés sont organisés.

Période contemporaine

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les alliés bombardent la ville.

Économie

Avec sa proximité du Luberon, du Golf de Saumane, du TGV d'Avignon, le tourisme occupe directement (hôtellerie, camping, gîtes, restauration, loisirs) ou indirectement (artisanat culinaire, produits provençaux.) une part importante de l'économie de la ville… Mais c'est surtout et avant tout un centre européen de la brocante et des antiquaires.

 
Marché à la brocante et aux antiquités à l'Isle-sur-la-Sorgue
 
Étal de brocanteur à l'Isle-sur-la-Sorgue

Au cours des années 1960, la ville s'est spécialisée dans le marché de la brocante et des antiquités. La Venise provençale est depuis devenue le troisième centre européen après Londres et Paris. Quatre grandes foires ont lieu à Pâques, Pentecôte, le 15 août et à la Toussaint. Leur renommée est internationale. De nombreux brocanteurs et antiquaires se sont installés en ville et sur la commune créant des regroupements dont le Quai de la Gare et le l'Isle des Antiquaires dans les années 1980.

 

Autrefois, la force de l'eau et les multiples canaux servaient pour des filatures de soie, papeteries, teintureries et moulins. La modernisation a fait disparaître tout cela.

Coopératives fruitière et agricole, conserveries et industries légères.

Deux piscicultures.

La qualité du sol et l'abondance de l'eau ont permis de riches cultures maraîchères et fruitières. Culture du melon, vigne, oliviers entre autres.

Ressources minières : extraction de gypse.

Artisanat : tapis.

La commune produit des vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée, ils peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays d'Aigues

Les Marchés

 
 
Le marché dominical

En centre-ville :

  • marché du jeudi matin de 6 h à 14 h ;
  • marché du dimanche matin de 6 h à 14 h ; il passe pour être un des plus importants de France en nombre de visiteurs. Toutes les rues du centre ville sont occupées par les commerçants ;
  • au hameau de Petit Palais, marché agricole le samedi matin de 6 h à 14 h (ouvert de mars à novembre).

Une fois par an, a lieu le marché flottant qui se déroule sur la Sorgue, le 1er dimanche du mois d'août.

Tous les dimanches, sur l'avenue des 4 otages en centre-ville, a aussi lieu le marché des brocanteurs.

L’Isle-sur-la-Sorgue est, après Saint-Ouen et Londres, la troisième plate-forme européenne du commerce des antiquités. En 1966 des deux foires internationales ont été créées, à Pâques et au 15 août. C'est là que la ville enregistre les pics de fréquentation les plus importants de l’année, tant au niveau des visiteurs amateurs de brocante (120 000) que des marchands professionnels (200 à 220 exposants haut de gamme5.

L'édition 2015 (du 13 au 16 août) a été la 99e foire internationale de l'Art et des Antiquités. La 100e se déroulera pendant le week-end de Pâques 2016

Commerces

La ville possède de nombreux commerces dont supermarchés et GSS.

Depuis maintenant près de 40 ans, la brocante a forgé l’identité de la cité l’isloise, lui assurant une notoriété internationale. L’Isle-sur-la-Sorgue constitue, après Saint-Ouen et Londres, la troisième plate-forme européenne du commerce des antiquités. Au fil du temps, des commerces d’antiquités, de décoration, des galeries d’art se sont développés et sédentarisés. Ils constituent aujourd’hui une activité économique majeure pour la ville qui est passée de 7 000 habitants en 1960 à plus de 18 000 aujourd’hui.

Ci-dessous, la Cour aux trente antiquaires

L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
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En 2014, la commune comptait 22.000 habitants

 

Canoë, joutes et autres activités aquatiques sur la Sorgue. Le négo chin, qui se traduit par noie-chien, est une barque à fond plat typiquement provençale. Peu stable, cette embarcation réservée aux eaux peu profondes ou aux marais, servaient à pêcher ou à chasser. Pour se déplacer, il est utilisé une grande perche en bois dont la taille varie entre 3 et 5 mètres. Cette perche, glissée dans un trou spécialement aménagé permet d'immobiliser le nego chin. C'est alors que chasseurs et pêcheurs pouvaient ajuster leurs tirs ou lancer leurs filets.

 
Deux nego-chins

Sa rusticité, sa légère, sa rapidité et sa maniabilité l'ont imposé sur les Sorgues. Cette embarcation est composée de trois planches, une pour le fond et deux pour les côtés. Cet ensemble est maintenu par des flèches (bois ou fer) qui en assurent la solidité. Un nego chin mesure près 5 mètres de long, pour 65 centimètres de large et 40 centimètres de profondeur. Cette barque glisse littéralement sur l’eau et se dirige debout, car elle ne comporte pas de banc.

Les Nego-chins
Les Nego-chins
Les Nego-chins

Les Nego-chins

Les Restaurants et les Terrasses

Ils sont mutiples, le long des canaux. Nous avons fait Le Grand Café de la Sorgue, l'Ile de Beauté, restaurant Corse, Le Bouchon, chez Robert, quartier général du chanteur Renaud, Quai Jaurès, et le Longchamp, spécialisé dans les fruits de mer

L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
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Lieux et monuments

 
L'Arquet, près de la place Buisson

Le seul témoin des anciennes fortifications de la ville est la tour Boutin (IMH), place de la Liberté. Il s'agit d'un donjon médiéval de forme carrée aux murs épais de 2,30 m. À côté d'elle, les vestiges d'une maison cardinalice du XIVe.

Ancien grenier public de 1779 (IMH), exemple d'architecture fonctionnelle Louis XVI (syndicat d'initiative).

Hôtel de Palerne (IMH) XVIIIe, rampe en fer forgé, gypseries, remise à carrosses. Plusieurs maisons (dont trois IMH) aux façades allant du XVIe au XIXe.

Hôpital-hospice (MH et IMH), agrandi et remanié au XVIIIe. Dans le jardin, un buffet d'eau de 1768.

L’Ilot de la Tour d’Argent, composé d’une tour datée de la fin du XIIe siècle et de bâtiments s’échelonnant du XVe au XVIIIe siècle et situé en cœur de cité, face à la Collégiale Notre-Dame-des-Anges.

À Velorgues, quelques restes de l'ancienne enceinte et une tour du XIIe démantelée. Plusieurs hôtels XVIe/XVIIe.

Le bureau de poste de l'Isle-sur-la-Sorgue a été décoré par la céramiste Alice Colonieu.

Châteaux et domaines

Liés à l'eau

 
Une roue à aube en ville.

Architecture religieuse

  • La collégiale Notre-Dame-des-Anges, d'origine romane, une des plus belles églises baroques de Provence
  • La chapelle Saint-Andéol de Velorgues, XIe/XIIe siècle, entièrement romane.
  • Chapelle de Pénitents Blancs XVIe, désaffectée.
  • Chapelle de la Congrégation des Hommes XVIIe : tableaux de Parrocel, Mignard, Vouet, statues.
  • Chapelle de l'hôpital XVIIIe (IMH) : retable, statues, chaire, boiseries.
  • Chapelle de l'ancienne maison de la Charité (hôtel Jean Favier) XIXe, désaffectée.
  • Petite chapelle classique Saint-Gervais, désaffectée.
  • Chapelle des Pénitents Bleus XVIe (théâtre).
  • Vestiges du premier couvent des Ursulines de France XVIe.
  • Couvent des Capucins XVIIe (maison d'habitation), chapelle.
  • Chapelle rurale Saint-Pancrace ruinée.
  • Ancienne juiverie dont les habitants, protégés du pape, participèrent activement à la prospérité de la cité ; Cimetière juif de L'Isle-sur-la-Sorgue.

Musées

  • Campredon-Centre d'Art
  • Musée de la poupée et du jouet ancien
  • Musée de l'école d'autrefois
  • Pharmacie de l'hôpital : collection de pots de pharmacie en Moustiers
L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
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Les rues et étalages de L'Isle-sur-Sorgue

L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
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Les roues à aubes sur la Sorgue

L'Isle sur la Sorgue > le marché flottant > roues à aubes > foires à la brocante & antiquités > antiquaires brocanteurs décoration galeries d'art

Roue à aubes Isle sur la Sorgue

Vous aurez le bonheur de découvrir les roues à aubes de l'Isle sur Sorgue en parcourant ses rues et en longeant rivières et canaux.

Il reste 14 roues à aube disséminées sur les multiples bras de la Sorgue, elle furent plus de 70 au 19ème siècle. La rivière fournissait l'énergie pour des filatures de soie, des teintureries, papeteries, moulins à grain et à huile.

L'Isle sur la Sorgue était alors une petite cité industrieuse dont l'activité a aujourd'hui depuis longtemps périclité, mais dont le souvenir entretenu par les islois reste vivace.

Roue Aubes Isle Sorgue Roue Aubes Isle Sorgue  

Les roues à aubes ont aujourd'hui une simple fonction décorative, mais est c'est un spectacle prenant : les lourdes pales moussues gorgées de l'eau claire de la Sorgue, se meuvent lentement, et une fois en haut, ruissellent en scintillant sous le soleil.

Roue Aubes Isle Sorgue Roue Aubes Isle Sorgue

L'Isle-sur-la Sorgue en Vaucluse en octobre 2015
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Published by Christian VANCAU - dans VAUCLUSE
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