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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:59

BIO 32  Ma mère et mes études- 1951

Ma mère s'occupait-elle de mes études? Et bien, oui, quand elle était là ! Dans quelles matières? En Histoire et en Géographie. L'Histoire d'abord, mais uniquement en ce qui concernait la France et un peu aussi la Belgique, tout de même! Quelle France, quelle Belgique? Mais celle des Rois et des Reines, bien entendu! Elle connaissait par coeur, toutes les dynasties des Rois de France: Capétiens, Valois, Bourbons etc... (Dans la vie de tous les jours, c'est très utile, vous savez!). Elle me les faisait réciter de mémoire, bien que cette matière ne fût en rien inscrite au programme. Sa Reine préférée, Marie-Antoinette, la "décapitée", la dernière Reine française, en fait!  D'ailleurs en 1946, notre première visite à Paris, a été pour la "Conciergerie", ses cachots, ses salles de torture, ses oubliettes et bien sûr,  le pied...sa guillotine. Après cinq ans de schleus, d'eau de Vichy et de pétarades tueuses, elle m'a emmené directement  là-bas, histoire de m'aérer un peu. Heureusement que nous étions tout de même en route pour les cimes neigeuses de Haute-Savoie.

Et puis, il y avait ma mère et la géographie. Elle passait des heures à me recopier au papier-calque, des cartes géographiques. C'était obsessionnel chez elle. Et ça ne me servait à rien pour mes interros. Elle avait envie de dessiner des cartes,  point barre ! Peu importe que j'en aie besoin ou non !. En outre, de la sorte, elle donnait à tout le monde, l'image d' une mère exemplaire !

Mais très étrangement, il m'en est resté quelque chose de toutes ces cartes. On les retrouve dans certaines de mes peintures et j'ai toujours été féru d'atlas et de cartes routières ( Mais le scoutisme a aussi joué un rôle dans cette manie, car nous devions manipuler cartes et boussoles, à longueur de randonnées ! )

Donc en septembre 1951, j'entre comme semi-interne, en 5e gréco-latine et je m'attaque au Grec. Empoisonnant Xenophon, ses marches forcées et ses batailles. Assommant. Par contre je m'entends à nouveau bien avec le titulaire, le Père Conter s.j ( traduisez "de la société de Jesus" ), homme pudique et souffrant. Ses yeux sont blancs derrière ses lunettes un peu fumées, car il est myope. Et comme toujours, lorsqu'un contact s'établit avec un de mes professeurs (cela m'arrivera trois fois en six ans ) je me mets à bien travailler (remplacement du père??) Je suis doué pour les langues mortes, je me hisse dans le peloton de tête et fais trembler les premiers de classe (Hmmm.c'est bon, et ce sera d'ailleurs la seule fois) dans certaines matières, en faisant des résultats insolents, en versions latines et Grecques (Je ne suis pas un "Fort en Thème" ), en composition française et en religion. Sensation tout à fait nouvelle pour un élève, jusque là, très moyen. A telle enseigne que l'on me demande de m'occuper d'un élève laborieux, nouveau-venu au Collège, que j'ai un peu connu aux Scouts, et que je vais aider pendant un an à réussir son année! Peu doué, il terminera néanmoins ses humanités, et rentrera dans les pantoufles de son père, directeur d'une grande aciérie liégeoise.
 

Donc, contrairement aux prévisions de ma mère, ma seconde année d'humanités, se déroule très bien. C'est probablement la seule année où je serai un "bon élève". Allez savoir pourquoi ? Une erreur de parcours? J'ai toujours préféré les cancres !

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:54

BIO 31 Mes Lectures

Je puis donc dire que mon retour à Liège marque le début de ma révolte. A Bruxelles, j'ai été étouffé, inexistant. Liège c'est la lumière. A Liège en plus, nous habitons sur les hauteurs, nous surplombons la ville.

 A Bruxelles, au contraire, nous étions  enterrés dans un artère centrale et grise, en pleine ville, une rue sur laquelle il n'y a rien à raconter.  Rien, hormis un chow-chow noir qui déambulait librement entre les poubelles et on disait de lui qu'il avait mangé un enfant, ce qui je dois l'avouer, me plaisait assez. Car déjà, à cette époque, j'étais un fan du Jack London de "Croc blanc" et de "Barry Chien-Loup", fan des Castors de Grey Owl et du dernier de Mohicans de Fennymore Cooper. Et à la fin de la guerre, je dévorais chez mes grands-parents maternels, qui avaient vécu aux Etats-Unis pendant 4 ans, d'énormes livres, rouges brochés or, avec de superbes gravures, représentant des Cheyennes, des Iroquois, des Delawares et des Hurons, débusqués par des anglos-belgo-franchouillards, connards porteurs de chrétienté et de culture bouillie blanche, ces blancs aux casques blancs, comme leurs spermes évangélisateurs, prenant leurs queues pour des goupillons, cracheurs de feu et de sermons, odeurs mêlées de poudre et d'encens. J'avais instinctivement choisi mon camp au sein de ces livres, écrits, reliés et publiés par des blancs "lave bien plus blanc que blanc". Une fois pour toutes, les Indiens seraient mes frères. Le seul blanc auquel je m'identifiais était Tarzan, en bande dessinée "Tarzan des Singes" avec se muscles saillants, sa solitude et son choix de vivre avec les animaux et les indigènes de couleur. Tarzan, le seul homme blanc, digne de pardon.

Et tout cela pour dire que le Robert Seghers, qui vient se battre avec moi dans la cour de récréation est un basané, ayant vécu en Afrique, ce n'est pas un blanc ou alors c'est un Tarzan, un sauvage irrécupérable (Il partira se battre au Congo, lors des évenements de 1960). Bref il n'a rien d'un cow-boy. Car le cow-boy vit en groupe, il pue, il pète, il rote et il tue.Voir TRUMP. Musiques de kermesses et vapeurs de frites molles. Il écrase et piétine toute la beauté qui l'entoure, chevaux, vachettes, bronzés analphabètes et femelles en goguette. Je déteste les cow-boys !

Revenons au Snapeux. Dans le jardinet étroit de notre petite maison, tout au fond, j'essaie de construire un bassin (Déjà !) En effet comme en 1947, c'est la canicule durant cet été 1949. J'achète du ciment. Je ne me suis, jusque là, jamais servi de mes mains. Mon père, oui, mais uniquement dans le corps des malades. A part cela, le seul bricolage que je lui aie jamais vu faire, consistait à tendre des fils dans le salon, un peu comme s'il tissait sa toile. Sans doute tissait-il la toile de ma mère l'araignée 'L'universelle Aragne", la toile qui finira par l'étrangler.(lui, pas ma mère) Je n'ai jamais pu comprendre l'utilité de ces constructions de fils (les "installations" de l'art contemporain n'existaient pas encore) reliant murs, tables et fauteuils. Construction plus mentale que charnelle, peut-être les mêmes "fils" que ceux avec lesquels il recousait les malades. Quant aux talents de bricoleuse de ma mère n'en parlons pas; elle n'a même jamais pu s'occuper de ses jardins successifs.
 

Il fallait donc que je sois motivé pour creuser ce trou d'un mètre carré et le cimenter. Résultat l'eau que j'y versais disparaissait après une heure de temps. mais ça ne m'empêchait pas de m'y baigner, si on peut dire!.
 

Biographie 31     Mes lectures fin des années quarante
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:13
Biographie 30  La plaque d'Egout 1949-1950 - Vacances à Palogne

BIO 30 La plaque d’égout 1949-1950- Leçons de piano- Ferme de Palogne

Et un jour j'oublie de remettre la plaque de fonte sur l'égout. Et il y a dans cette cour, mon adorable petit frère Etienne, 3 ans

 Mes parents sont partis. J'ai  la garde de mon frère Etienne. Mes parents reviennent. L'égout est ouvert!! J'y ai plongé le fil de ma canne à pêche, par jeu et j'ai oublié de refermer la taque. Ton petit frère??? Un acte manqué? C'est bien possible, après tout, mais comme le dirait mon inconscient, c’est à l’insu de mon plein gré.
 

Alors j'ai dû me déshabiller. Tout sauf le slip. Ma mère orchestrait l'expédition punitive, comme de bien entendu. Jamais mon père n'aurait pensé à cela. Mais il a obéi comme toujours! Ils m'ont pris chacun par une cheville et m'ont laissé descendre (des cendres), lentement, tout à mon aise dans l'égout. Mon visage se rapprochait peu à peu de la boue noire et épaisse. Et ils m'y ont plongé jusqu'à la ceinture, s'agenouillant même, en bons chrétiens, pour me laisser descendre plus bas. A ce niveau, pourquoi ne pas me lâcher tant qu'à faire? Moi le gamin de merde ! Ils m'ont remonté, noir, gluant, dégoulinant. Merci maman, merci papa. Pas étonnant que sur quatre enfants, vous en ayez fait trois, tarés ou presque. Vous auriez mieux fait de vous abstenir, mais voilà, à l'époque, les cathos n'avaient le droit de copuler, que sous peine de procréation. Ils copulaient sous les crucifix et éjaculaient dans leurs saintes vierges épouses, de l'eau bénite, à la consistance suspecte. Jamais en entrant dans les églises et en trempant ma main dans les éponges humides, je n'ai aperçu de sperme dans les bénitiers. Quel dommage! La même blancheur pourtant que les hosties dont nous étions gavés, comme les oies le sont, de foie gras
 

Pour faire dans le plus léger, car c'est lourd, je le sais mieux que personne, les années 1949-1950, il y a aussi les leçons de piano, dans le quartier Saint-Laurent, chez Madame Dehain-Delacroix. J'irai chaque semaine pendant un an et demi, en apprenant des morceaux retranscrits dans des partitions simplifiées. "Tristesse" de Chopin, "La Sonate au Clair de Lune" de Beethoven, "le Beau Danube bleu" de Strauss et un morceau de Rimski- Korsakov. Une méthode nouvelle qui comportait six ans d'études. Je passe mes deux premières années en une, lors d'un concours à Bruxelles, en interprétant Chopin et puis j'abandonne, j'ignore pourquoi, mais cela aura suffi à me donner le sens des accords et à pouvoir rejouer d'oreille dès 1983. Mais je n'ai plus jamais fait de solfège! Et bien sûr, je joue très mal, mais je joue!
 

Souvenir aussi de vacances passées à Palogne. une ferme, à côté d'une rivière, la Logne, avec un bac pour passer la rivière. C'est moi qui finalement, vais jouer le rôle du passeur de rivière, les gens de la ferme, me faisant confiance. Je fais traverser les touristes dans mon "bac". Il y a là dans ce gîte, un couple de fiancés, avec les parents de la fille. Bientôt le mariage et il y a de l'orage dans l'air, dans le ciel, mais aussi entre eux. Atmosphère lourde. Le tonnerre gronde. J'assiste alors à une bagarre violente et le fiancé se tire en m'emmenant avec lui. Nous allons nous baigner dans la rivière. L'homme est sympathique, une espèce d'aventurier mais je sens que c'est foutu avec sa fiancée et qu'il en souffre!
 

La ferme de Palogne est perpendiculaire à la rivière et il y a des tables dehors. Un jour, où mes parents sont attablés et alors que je joue avec des gosses de mon âge, je crie "couillon" à l'un d'entre eux. Mes parents m'appellent; ils sont horrifiés. Interdiction formelle de prononcer ce mot-là ! Pour moi, ça veut dire froussard et je ne comprends rien à cette interdiction. Plus tard, j'irai voir dans le dictionnaire et j'apprendrai que couillon au sens premier du mot veut dire "qui a de grosses couilles" Et depuis lors je me suis toujours demandé si tous les froussards avaient forcément de grosses couilles ! Heureusement que je ne suis pas froussard !

 

Biographie 30  La plaque d'Egout 1949-1950 - Vacances à Palogne
Biographie 30  La plaque d'Egout 1949-1950 - Vacances à Palogne
Biographie 30  La plaque d'Egout 1949-1950 - Vacances à Palogne
Biographie 30  La plaque d'Egout 1949-1950 - Vacances à Palogne
Biographie 30  La plaque d'Egout 1949-1950 - Vacances à Palogne
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:57

Bio 29  Folcoche

Donc à douze ans, je suis réservé et timide, on pourrait même dire "muet", ce qui paraît invraisemblable, quand on me connait aujourd'hui. Je ressemble donc à mon père, pas du tout à ma mère qui, elle, parle sans arrêt et court chaque jour à travers la ville, pour bavarder avec ses amie cheftaines. Parfois elle reste à la maison, c'est rare, mais alors elle téléphone pendant des heures; elle a dû engloutir une fortune en conversations téléphoniques (et en taxis) Et quand elle n'est pas au téléphone, elle parle seule à mi-voix, pas seule mais avec des amies imaginaires ou non, mais absentes, qui sont censées lui donner la réplique, par la bouche de ma mère, bien sûr. Elle joue alternativement son rôle, puis celui de son amie, vis à vis de laquelle, elle essaie de justifier les actes de sa vie réelle, qui, forcément sont loin d'être clairs. Alors elle explique, se justifie, et en fin de compte, l'amie finit toujours par approuver sa conduite. Cela donne à peu près ceci: "Mais enfin Suzanne, c'est évident, tu as tout à fait raison " dit l'amie ! "Oui mais je me demande tout de même, si je n'aurais pas mieux fait de..." rétorque ma mère ( très honnête avec elle-même ) Et l'amie de s'exclamer: "Mais pas du tout au contraire"

Ce jeu à deux voies, je m'en suis rappelé en voyant Psychose d'Hitchcock, où Perkins, prend la voix de sa mère "morte". En attendant, l'oreille plaquée contre la porte, j'assiste au travail ténébreux de la culpabilisation, suivie d'une habile auto-absolution, au travers d'amies, qui n'étant pas réellement face à elle, l'approuvent à tous les coups, à force. C'est du grand art. Et moi j'assiste à ces faux dialogues, derrière les portes ou du dessus de la cage d'escalier. Un vrai spectacle psychotique (on pourrait dire Psy-Kotick, Kotick étant le totem de ma mère. Le Kotick est un curieux animal, mi-Loup, mi-Phoque, donc loufoque ) En attendant ma mère se justifie sans arrêt; elle se sent donc coupable au fond d'elle-même et elle évacue cette culpabilité, non pas en changeant ses comportements, hélas, car elle n'a jamais écouté personne, mais en les accentuant, confortée en cela par ses interlocuteurs imaginaires. C'est très fort!

Les années cinquante marquent aussi l'apparition des premiers chats à la maison. Car, des animaux, j'en veux depuis toujours et n'en ai toujours pas. Combien de chiens abandonnés, ramenés à domicile car ils  me suivaient d'instinct, et impitoyablement laissés sur le seuil, interdits d'entrée par ma mère. Et voici que miracle, il y un chat tigré à la maison. L'expérience sera courte car très rapidement ma mère les fera embarquer par la SPA, sous prétexte qu'ils font des crasses et que je ne m'en occupe pas, ce qui est évidemment faux; "je fais rien d'autre que de m'en occuper ", après douze ans de frustration. Elle enferme le chat, avec moi, dans la cave, puis elle quitte la maison. Pour moi on va simplement mettre le chat dans une famille; c'est déjà terrifiant en ce qui me concerne. Et voici l'homme avec son sac. Inquiet je lui demande ce qu'on va faire du chat. Il me répond en ricanant 'Ah, une balle dans la tête, bien entendu" Et voilà, il est beau le monde des adultes. les adultes qui font des enfants à tour de bras et prétendent les éduquer, alors qu'ils sont juste capables de les "cochonner". Mais donc voilà, c'est de ma faute, me répétera ma mère . L'essentiel est là; Il faut que ce soit de ma faute. Le chat on s'en fout, il n'est qu'un instrument de castration; les démolisseurs sont à l'ouvrage. Je vais donc être traumatisé à mort (ça et la taque d'égout, c'est pas mal tout de même, en peu de temps; on a construit des assassins pour moins que cela).

 Il me faudra vingt ans pour être à même d'accueillir un nouveau chat, ramené à l'essai par ma compagne, à Liège, en 1970. C'est une Siamoise. En rentrant du boulot, je m'exclame "Non pas de ça (de chat) ici!" "Ca," c'est une siamoise. je m'assieds, elle saute sur mes genoux, sachant très bien que c'est moi qu'elle doit séduire, et elle ronronne. et moi je craque. Nous l'appellerons Mistinguett, à cause de ses "bas noirs"de Siamoise. Le déblocage s'est opéré. D'un chat, nous passerons à deux, en quittant Liège pour Libramont, l'année suivante, nous aurons un bâtard de siamoise, une superbe panthère noire, que nous appellerons Figaro et nous finirons par avoir jusqu'à sept chats simultanément. Ma première chienne n'apparaîtra qu'en 1985! Craquotte ! J'en suis à ma troisième, en 2007. Toujours des femelles! Et la réapparition du chat, en début de cette année, une petite tigresse, apparue à l'aube, au mois d'avril, d'où son nom "Potron-Minette", une chatte perdue, abandonnée, surgie de la forêt toute proche et qui s'est installée d'emblée, sans me demander mon avis. Peut-être la chatte "assassinée" par la SPA, réincarnée, allez savoir !

Par la suite j'ai encore eu 3 chiens, Canaille le griffon belge et Benji et Groucho, les deux chiens de Danielle. En 2017, seul Groucho survit à mes côtés. Il est adorable...

Biographie  29  Folcoche
Biographie  29  Folcoche
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:51
Jamboree en Autriche. 1951

Jamboree en Autriche. 1951

BIO 28  SCOUTISME-1949

1949, c'est aussi mon entrée dans le Scoutisme à Liège. A la XXe Saint-Hubert, une troupe catholique mais inter-paroissiale, qui a son local à Cointe,  au  lieu-dit "Le petit Bourgogne", la troupe de la grande bourgeoisie liègeoise, de la noblesse aussi. Des noms à charnière, comme  de Laminne de Bex, Begasse de Dhaem, de Ville de Goyet, de Theux de Melan de Montjardin, chevaler du Saint-Empire (oui ça existait encore; il se prénommait Louis et se présentait "Louis de Theux de Montjardin, Chevalier du Saint-Empire du même style de folie que celle de Jean-Edern Hallier, à qui il ressemblait d'ailleurs ), de Spirlet, de Pierpont et autres  Nagelmackers. Rien que du beau linge! Voici deux photos de mon premier camp en 1949 à Bérisménil. Photo du haut, le blondinet à droite sans chapeau, c'est moi. Le 2e, debout à gauche, c'est Vincent Halkin, futur Doc Gyneco et fils du Professeur d'Université Leon Halkin. Photo de bas, le petit chétif, debout à gauche, devant mon chef de patrouille, Jean-Pierre Paquot, futur toubib, c'est encore moi. A sa droite, mon cousin germain François Duesberg, de quatre ans mon aîné. Accroupi devant moi, Baudhuin Nagelmackers. Accroupi à l'extrême droite, Hervé de Borman (futur Notaire). Debout derrière lui le second de patrouille, Baudhuin Jamar de Bolzée.

Je vais sur mes 12 ans et je m'allonge, devenant presque chétif et courbé. Après mon entrée flamboyante au Collège Saint-Servais, il est en train de se passer quelque chose avec l'entrée dans le tunnel de l'adolescence, car aux scouts, je vais devenir un garçon timide, complètement recroquevillé sur lui-même, totalement silencieux (parmi ceux qui sont en train de me lire et qui me connaissent aujourd'hui, je devine beaucoup de regards incrédules).

 

Eh bien non tous les scouts savent que je suis le garçon qui ne parle pas. La preuve: deux ans plus tard, on me totémisera Ecureuil Réservé. De cette torpeur, je ne me réveillerai que vers 17-18 ans!

Il n'empêche que le scoutisme m'a aidé. D'abord à avoir une famille. Ensuite à côtoyer la nature régulièrement, ce qui pour un enfant de villes est fondamental Mais des amitiés, je n'en ai gardé aucune car à 18 ans, j'ai quitté ce monde catholico-bourgeois, en dehors de quelques boums dans des familles très "chic" au cours desquelles j'ai foutu un tel bordel que très rapidement je n'ai plus été "prié" Et oui "Prié"c'est comme cela qu'on disait! chez les cathos bourgeois. Il n'empêche que jusqu'à mes 18 ans, je vais faire une "brillante carrière" dans le scoutisme, passant une à une les épreuves initiatiques (Le Wood Badge notamment) qui vont m'amener à 18 ans, à être consacré Scout du Roi et Scout de la Couronne.( J'étais mal barré, là)

A 18 ans, entré à l'Université, j'ai fait un dernier camp à Marcourt, comme assistant de Troupe et puis... terminé ! Je ne suis pas devenu routier, ni routier-maître comme la plupart des autres et n'ai jamais assisté à un banquet d'Unité. Comme autres faits marquants, il y aura un Jamboree en Autriche à Bad Ischl, en 1951, à deux pas de chez Thomas Bernhard, qui heureusement n'était pas du tout scout, lui. Et puis un tournoi de tennis que j'ai remporté en battant tous mes amis qui, eux, étaient affiliés à un club chic, celui du Sart-Tilman, moi pas, et un tournoi de rugby où j'ai marqué de nombreux essais en finale contre une autre troupe liégeoise. Je n'étais pas spécialement baraqué mais je courais très vite et puis surtout, j'avais la rage ! Et puis j'avais 17 ans et je commençais à sortir de ma réserve. C'est cette même rage qui m'amènera sur les rings autour de mes 20 ans, à La Sauvenière, à Liège en 1963.

 

Biographie 28  Le Scoutisme
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:45

Revenons  dans la cour du Collège Saint-Servais,

 Deux jours après cette première bagarre je suis provoqué en duel par le deuxième caïd de la cour. un fils de colonial, une tête basanée aux cheveux blonds coiffés en arrière. Johnny Weissmuller et son corps tarzanique, déjà trapézique. C'était une merveille de le voir coulisser son crawl dans la piscine. Il s'appelle Robert Seghers, comme l'éditeur. Deuxième arène, mais cette fois il s'agit de lutte et non plus de boxe. C'est du corps à corps, des bras qui se nouent, des prises de tête. C'est de nouveau la foule autour de nous et je ne suis bien sûr, pas le favori. Mais je résiste à ce bull-dozer, il ne parvient pas à me terrasser...et c'est la cloche qui retentit. Match nul ! déclare la foule! Il ne faut pas se leurrer, je fais mon entrée dans un monde qui ne m'a pas attendu pour fonctionner et établir sa hiérarchie, une hiérarchie avant tout physique et pré-sexuelle ou pré-pubertienne. Priorités de mâles. Nous sommes en plein "Lord of the Flies" (Le seigneur des Mouches ) de William Golding.

En effet, je suis arrivé en janvier dans une école qui fonctionne depuis le mois de septembre précédent, j'ai un an de plus que ceux de ma classe et je viens de Bruxelles dans un milieu liégeois. Je suis donc l'étranger, il faut me mettre au pas tout de suite. Et c'est raté !. Moi qui, jusque là, ai été un garçon solitaire et quasi"hors scolarité", je me retrouve dans un groupe et heureusement pour moi, j'ai des couilles. Cela veut dire simplement qu'il n'est pas question que l'on m'enterre. C'est l'enfant sauvage qui résiste. Pour la première fois l'enfant sauvage, rencontre la tribu des hommes et il refuse de se soumettre aux lois du clan.

 

Avec le recul, je suis effaré de constater comme tout est déjà dit chez les jeunes garçons. La force physique comme valeur suprême, consacrée aussi par les compétitions sportives, les hiérarchies se constituant rapidement pour permettre aux plus forts de dominer les plus faibles, les chefs de clan et sans arrêt les petites guerres, faux fusils, faux revolvers (en attendant les vrais) cris de mitraillettes et de balles sifflantes, tout est déjà mis en place. Aussi l'immense importance du football et du marquage de buts. Sacrée symbolique sexuelle. L'homme doit marquer des buts, il doit tirer son coup (Quant à la femme, elle est ou n'est pas "un bon coup". La femme est là pour se faire tirer par l'homme) Plus tard, il ira à la chasse, puis à la guerre et de retour, il battra sa femme, "entre les coups". L'homme a le phallus assassin.                          

 

Et de ces deux combats, je vais émerger, déguisé en petit voyou, chef de bande, comme mes deux nouveaux amis et m'opposant néanmoins au pouvoir officiel, celui des Jésuites qui nous entourent.

Lors de l'excursion de fin d'année 49, j'organise une fugue, avec mes deux amis, loin des entiers battus, loin des pions qui nous encerclent. C'est à Profondeville. Nous quittons les rangs, entrons dans la forêt. Nous, enfants des villes, nous taillons notre jungle imaginaire à coups de machettes et nous nous perdons dans les gorges profondes du barrage (pas encore dans celles des femmes). Nous allons marcher pendant huit heures, totalement égarés, mais nullement effrayés. Tout le "collège excursionniste" est à notre recherche. Nous apprenons qu'on nous a vus "morts" au fond d'un ravin, qu'aucun de ces couillons n'a osé dévaler pour confirmer le sinistre diagnostic.

Nous finissons enfin par retrouver notre chemin à travers la brousse, jusqu'à notre point de départ. la nuit est tombée (et nous la ramassons). Il n'y a plus personne, excepté le petit pion corbeau blanc-blond qui vient à notre rencontre, en écumant. Nous rentrons avec lui en taxi dans un silence de mort. Nous sommes les héros de l'Equateur liégeois. Nous devenons "mythiques" et le lendemain, nous passons notre journée, à genoux sur l'estrade. A genoux, détail non-négligeable, sur une régle à quatre faces, de quoi nous dégoûter à tout jamais de toute forme de "règles"; c'est une vraie torture. On n'a pas encore inventé la "gégène" mais l'Algérie n'est pas loin. Mon entrée dans le monde se fait de cette manière. mais j'apprends déjà que je ne suis pas de ce monde et que mon parcours sera difficile

 

Légende de la Photo: L'excursion de fin d'année. 1949. Le petit voyou Vancau c'est celui, au 2e rang, à droite du milieu de la photo, qui pose une bouteille (déjà) sur la tête de son camarade assis, (qui ressemble à Francis Blanche)

 

Biographie 27  Revenons au Collège Saint-Servais - 1949
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:26

BIO 26   Rue du Snapeux à Liège 1949

Voici notre maison de la Rue du Snapeux à Liège où nous avons vécu de 1949 à 1955-56. Ma chambre est au-dessus à droite. Dans le fond la fameuse propriété arborée. Au fond  de la rue, à droite, on aperçoit en retrait, la maison que mes parents ont fait construire en 1954-55, sur un terrain de 50 ares. Dans cette maison, cette villa très "Le Zoute" devrais-je dire, je vais vivre de 1955 à 1962, date à laquelle je quitte mes parents et vais vivre en ville, dans un taudis ou presque, puisque je ne paierai même pas de loyer. Mais la maison du fond, restera la maison de ma folle jeunesse, de la fin de mes humanités et du début de mes études de Droit à l'Université.

 

Mais revenons en 1949. Au fond de la rue à gauche, dans la maison du coin, j'ai une galante; c'est "ma crapaude", comme on dit à Liège, mon deuxième amour, après Morzine. Elle s'appelle Liliane Mathieu (Non ce n'est pas la soeur de Mireille !) Voici, en bas de page, la photo de Liliane devant sa maison du coin. A gauche, c'est moi, en Scout, à ma droite Aline China, une autre voisine. La petite basanée avec des tresses ramenées au sommet de sa tête, c'est Liliane, elle était jolie, et à l'extrême droite, c'est Jules China, un petit rouquin avec lequel je m'entendais très bien. Le père China était gardien de prison à Saint-Léonard. La mère de Liliane était veuve. Que sont nos amours devenues?

 

J'avais une furieuse tendance à "jouer sur la rue" avec les enfants du quartier. Pas si facile, parce que j'étais le" fils du docteur", dans un quartier assez populaire et que les gens gardaient leurs distances. Heureusement j'étais loin d'être "fier"et ça plaidait en ma faveur. Il y avait même une bande de petits voyoux, la bande des frères Cabay, qui faisaient la loi. Un jour, une voisine bien intentionnée, Madame Lambert, a téléphoné à mes parents, pour signaler que je jouais au foot dans la rue avec les frères Cabay. Et mon père est venu me chercher, sans un mot et m'a fait rentrer à la maison. Et voilà. Le clivage social brutal ! Il aurait pu penser que si je jouais "sur la rue", c'est que peut-être je n'étais pas bien chez moi. Mais je suis persuadé que mon père  agit sur ordre de ma mère, car il n'est pas du tout comme cela. Mon père, à la clinique ne dialogue qu'avec les malades, les infirmiers et les infirmières. Il fuit ses collègues médecins, refuse tout jeu de pouvoir. Et c'est cet homme-là qui, comme un toutou, obéit aux ordres de Suzanne la snob.
 

Donc terminé de jouer "sur la rue" avec des gosses "de condition inférieure". Suzanne est issue d'une grande famille, elle ! Son fils aîné ne doit pas se salir avec des bouseux. Elle est la seule à pouvoir le cochonner, foi de "Folcoche".  Ceci dit, j'ai tout de même continué à jouer "sur la rue". J'ai toujours joué où je voulais.
 

Cette page est une parenthèse dans mon récit et je vais donc revenir au Collège Saint-Servais à la page suivante

 

 

 

Biographie 26. Notre maison à Liège, rue du Snapeux
Biographie 26. Notre maison à Liège, rue du Snapeux
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:57

 

BIO 25  Collège St Servais 1949

Voici le Collège Saint-Servais en Juin 1949. C'est la cinquième année primaire, la classe de Monsieur Dassy. Je suis à l'avant-dernière rangée sur le dessus de la photo et le cinquième en partant de la gauche. Derrière nous le Parc du collège, avec une piscine en plein air. Moi qui adore nager, quelle aubaine ! Je me souviens de la plupart des noms de mes condisciples. Dans l'immédiat, je me suis fait deux copains privilégiés, Pol Scuvie et Robert Seghers dit l'Africain. Deux caîds auxquels on m'a confronté lors de  mon arrivée. Deux combats organisés dans la cour de récréation pour tester le nouveau en le confrontant aux deux chefs de bande, sous l'oeil indulgent des pions. Premier combat avec Paul Scuvie, des fonderies Scuvie, rue du Calvaire, près de chez moi; il me provoque en duel, au poing levé. Pas de doute, son truc c'est la boxe (ce n'est pas encore le mien, hélas) Je relève le défi. Autour de nous, un immense cercle, cette cour fait bien deux terrains de foot et je me défends plus que bien, mais le mec, finalement m'envoie un direct au foie et foi de chrétien, je me plie en deux, et c'est le coup de gong, à savoir le coup de cloche de fin de récréation. Chacun regagne ses rangs. J'entends des commentaires: " t'as vu le nouveau, il a tenu tête à Scuvie. Ouais mais il a tout de même été battu "

 

 Moi qui croyais que la guerre était finie ! En fait la guerre des hommes c'est en cour de récréation qu'elle commence !  "Un nouveau ? Faut le mettre au pas. On va chercher le chef. Aïe, aïe, le nouveau résiste " Car Scuvie règne sur la cour, il a dû en abattre plus d'un, avant moi. Ce scénario-ci n'était pas prévu. la preuve que je lui aie résisté c'est que je vais devenir son meilleur ami . Si je m'étais écroulé dans la cour, je serais devenu un de ses sujets. Mais je me suis seulement plié et j'ai été sauvé par la cloche, sinon pauvre de moi. Mais avant je l'avais fait vaciller à plusieurs reprises, moi l'étranger, venu de Bruxelles, et un doute s'était introduit dans la tête de ses fidèles vassaux. Scuvie ne serait-il pas invincible ? J'ai eu le temps d'entrevoir dans la foule qui nous encerclait, un jeune cadavre jésuitique, un jeune corbeau, le pion de service, maigre macchabée aux blonds cheveux. Le spectacle semble le fasciner et ce n'est qu'au son de cloche qu'il bondit pour nous séparer. Il vient de projeter son homosexualité refoulée sur deux gladiateurs de onze ans

 

Cinquième primaire. Classe de Mr Dassy 1949 et mon ami Paul Scuvie, en bas à gauche de la photo de droite et Robert Seghers, au-dessus à gauche
Cinquième primaire. Classe de Mr Dassy 1949 et mon ami Paul Scuvie, en bas à gauche de la photo de droite et Robert Seghers, au-dessus à gauche

Cinquième primaire. Classe de Mr Dassy 1949 et mon ami Paul Scuvie, en bas à gauche de la photo de droite et Robert Seghers, au-dessus à gauche

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 08:52

BIO 24  LIEGE 1949

A Liège en 1949, nous emménageons sur les hauteurs de la ville, dans un quartier populaire, non loin de l'Eglise Saint Gilles, rue du Snapeux (Sinapisme = L'art du moutardier), nous devons donc nouc trouver au milieu d'anciens champs de moutarde. Mon père est à quinze minutes à pied de son travail. La Clinique de l'Espérance est d'abord une clinique de charbonnage, le Charbonnage "Espérance et Bonne fortune" situé à Montegnée (Espérance et Bonne fortune, pour qui ?). Quant à moi, je suis à une demi-heure du centre- ville; il me suffit d'enfiler l'interminable rue Saint-Gilles pour me retrouver dans mon nouveau collège. jésuitique, le Collège Saint-Servais
 

Toujours à pied puisque pas de voiture à la maison. A la fin de mes humanités, en 1956, j'aurai totalisé plus de 40.000 Kms à pied, soit le tour de la terre. Rimbaud peut repasser !
 

Le quartier n'est pas désagréable car nous avons en face de chez nous une immense propriété arborée, qui deviendra nôtre en 1955-56 (50 ares). Quant à mon père il va commencer à réparer les os brisés des mineurs, mais aussi ceux des accidentés en tous genres car la clinique à commencé à se diversifier, pressentant peut-être la fin des charbonnages.

 

Pour rappel, mon père est chirurgien mais a fait en plus une spécialisation dans tout ce qui touche au redressement ou au recollage des os brisés (broches etc...) Mon père devrait donc être  riche mais il ne l'est pas encore et il a 41 ans. Je me souviens d'une scène de ménage, en plein repas. Ma mère réclame de l'argent à mon père (elle le fera jusqu'au bout.) Mon père d'habitude calme et réservé, se met en colère. Il dit "Je gagne onze mille francs par mois ! " ( je me souviens que le sachet de frites était à cinq francs plus deux francs de Tartare). Il vient de toucher son salaire (car il est appointé comme "full-time" par la Clinique ). Il tire les onze billets de mille francs de son porte-feuille et les jette sur la table

 

A Liège, tout comme ma mère, je me retrouve dans mon élément. C'est tout de même la ville de mon enfance. Notre maison est modeste avec un petit jardin, qui sent un peu la campagne, car comme je l'ai dit, il y a encore de la verdure rue du Snapeux à l'époque (aujourd'hui c'est la sortie de l'Autoroute, la sortie Burenville près du Boulevard Sainte-Beuve, la "sainte patronne" de notre quartier) Et là, il y a une énorme propriété en friche, peut-être les anciens champs de moutarde, à l'état sauvage, entourée d'un mur de pierres. Il y a de grands arbres et on entend les oiseaux, ça me change de Bruxelles. Ma chambre est à rue, au deuxième étage, mais la rue est calme. De temps en temps une marchande ambulante, poussant sa charrette de poires et criant "Quite Peu-er", ce qui en wallon légeois, veut dire "Poire cuite";

 

J'ai donc un peu plus de onze ans lorsque ma mère, en cours d'année scolaire, puisque nous sommes en janvier, va m'inscrire chez les Jésuites. J'ai un long entretien avec le recteur du Collège Saint-Servais, le Père Crèvecoeur. Un nom lourd de promesses et de béatitudes. Il teste mes connaissances qui sont plutôt  faibles, avec les études chahutées que j'ai menées jusque là. Résultat, on me fait redescendre de classe et je vais entrer en cinquième année, alors que j'avais commencé ma sixième année à Bruxelles (Je parle des années primaires et non des humanités). Processus assez particulier puisque j'avais réussi ma cinquième année à Bruxelles (J'étais monté de classe comme on disait ). Me voilà donc redescendu. J'ai appris plus tard que me mère avait fortement poussé à la charrette (comme on disait aussi, en tout cas à Liège, Liège étant un peu le Québec de la Belgique, si vous voyez ce que je veux dire ! ). Il ne faut jamais oublier que Liège a été une ville française de 1815 à 1830. On peut même dire d'elle qu'à l'époque, elle ressemblait à une ville du Sud de la France. Liège a toujours eu un côté provencal

Voici notre nouvelle maison marquée d'une flèche rouge. Au fond de la rue photo de droite), le terrain que nous achèterons en 1953
Voici notre nouvelle maison marquée d'une flèche rouge. Au fond de la rue photo de droite), le terrain que nous achèterons en 1953

Voici notre nouvelle maison marquée d'une flèche rouge. Au fond de la rue photo de droite), le terrain que nous achèterons en 1953

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 15:22

BIO 23 Louveteau en 1947

La musique, les deux chiens, les poissons, les deux paralytiques, voilà ce qui me permet d'émerger de ces deux années 1947 et 1948, lourdes et tristes

Pendant cette même période il y a les incontournables séjours à la Côte belge, à Pâques et en septembre. Un rite qui s'était déroulé à Saint-Idesbald et à Coxyde, avant la guerre, et qui se déroule après cette guerre, au Coq-sur-mer d'abord, puis à Duinbergen ensuite et celà jusqu'à mes 20 ans passés
 

Principales occupations: les baignades, la pêche aux moules et aux crevettes et le tennis que je commence à apprendre vers mes huit ans , tout comme j'ai appris à nager, à cet âge-là, avec mon oncle Lucien, mais à Anseremme cette fois, dans la Meuse et non dans la Mer. On flotte nettement mieux dans l'eau salée et la Mer du Nord ne manque pas de sel.
 

Une anecdote, à Duinbergen, m'est restée en mémoire. le fameux Charles F., celui qui me donnait des oranges au Conservatoire de Liège, pendant la guerre, refait son apparition, de temps en temps. Il faut dire que mon père ne nous rejoint que les WE, et encore. Et ma mère, décidément pas très claire comme dirait Bashung, fait souffrir son amoureux transi. Un jour, nous nous retrouvons à trois, dans une aubette d'autobus. Charles retourne à Liège. Ambiance de bagarre. Il pleure, c'est le drame. C'est alors que ma mère (Elle s'appelle Suzanne ma mère et son totem c'est Kotick, un phoque; c'est Loup-Phoque qu'on aurait dû la totémiser) me dit d'aller cacher la mallette de Charles, derrière l'aubette, au moment où le bus se pointe, et je le fais. Au moment où le pauvre Charles veut monter dans le bus, il se retourne et...plus de mallette ???. Résultat, il rate son bus. Nouvelles disputes et nouveaux pleurs. Dans quels jeux d'adultes suis-je à nouveau impliqué??. En tout cas l'anecdote est très révélatrice de l'attitude sadique de ma mère, à l'égard des hommes et donc de son goût prononcé pour les hommes masos. Mais Charles reviendra aussi à Bruxelles, rue Montoyer, pendant la journée. Je pense que mon père sait, mais qu'il fait confiance, c'est dans son style. Mais un jour, il perdra patience et mettra fin à cette histoire. Charles disparaîtra à jamais. C'est gênant car il est devenu le parrain de mon frère Etienne en 1946. Il se serait marié par la suite et aurait engendré un fils, bien connu dans le monde musical. Retour au Conservatoire de Liège!
 

Dans toute cette période de guerre et d'après-guerre, je dois aussi mentionner la présence permanente des amies de ma mère, qui sont toutes, des cheftaines de son Clan Reine Astrid, le clan qu'elle a fondé. J'ai donc des tas de tantes que j'appelle exclusivement par leurs totems. Tante Isard, tante Poulain, tante Chevreau, tante Girafe, tante Brontosaure etc...Une vraie ménagerie. Et on se demandera  pourquoi par la suite je me suis mis à peindre des totems. D'ailleurs, j'entre chez les louveteaux à Liège puis à Bruxelles, puis aux Scouts, dés mon arrivée à Liège en 1949, et mon totem sera Ecureuil.
 

Et voilà c'et fini Bruxelles car mon père a trouvé une situation à Liège et nous allons nous y installer en Janvier 1949. Ma mère ne s'étant pas plue à Gand, ni à Bruxelles, nous devions irrémédiablement revenir dans le berceau maternel, à liège, ville-fleuve et donc ville amniotique. Les liégeois quittent très difficilement leur ville. On revoit les mêmes têtes en se promenant à Liège, cinquante ans plus tard. C'est très difficile de couper le cordon avec une ville-fleuve. Personnellement je quitte Bruxelles sans regrets si ce n'est celui de mes deux chiens, Néri et  Cesar

Vancau louveteau en 1947, je n'ai pas encore 10 ans. Sur la photo du dessus, en 1946, lors d'un camp dans la campagne

 

Ma Biographie 23   . Louveteau en 1947
Ma Biographie 23   . Louveteau en 1947
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