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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 15:49

  Vancau Photo Sites-Juin 2009-2 


 

Thème astral de Christian VANCAU, rédigé en 1976 par un certain Monsieur Lekeu d'Arlon, professeur et peintre et qui comporte plus de cent pages écrites à la main. Je l'en remercie


Mais d'autres analyses ont été réalisées par la suite (Astroscope, notamment).

En voici un résumé succinct....

Né le  1er Novembre 1937, à Gand (Nord Belgique) à 18h20

SCORPION, Ascendant GEMEAUX

Soleil et MERCURE en Scorpion

Mercure symbolise la jeunesse, le mouvement, les voyages, les écrits

 " Le Scorpion fait partie des signes dominants de votre thème et fait de vous un être tout en force et en perspicacité, compliqué et passionné, peu tolérant et parfois destructeur, mais volontaire, résistant à tout et d'une audace qui peut parfois friser l'agressivité. Tant de qualités et de dangers réunis dans une même personne! Evidemment cela crée vite une sélection naturelle autour de vous; ceux qui vous résistent et vous apprécient ou vous admirent et ceux qui ne vous supportent plus. Mais c'est justement ce que vous souhaitez. Vous êtes ce que vous êtes et vous ne vous transformez pas pour plaire, et l'affrontement, vous n'en avez jamais eu peur..Mais cela dit quel charme d'enfer, vous avez ! 



Solaire Scorpion, Ascendant Gemeaux

Mercure et Soleil en Scorpion


Milieu du Ciel en Verseau


Mars et Jupiter en Capricorne


Saturne en Poissons


Uranus en Taureau


Neptune en Vierge

 
Venus et Lune en Balance

Pluton en Lion


Gémeaux en Maison 1

Cancer en Maisons 2 et 3


Lion en Maison 4


Vierge en Maison 5


Balance en Mai
son 6


Sagittaire en Maison 7


Capricorne en Maison 8 et 9


Verseau en Maison 10


Poissons en Maison 11


Bélier en Maison 12


Les 3 Planètes les mieux représentées dans mon thème sont MERCURE, VENUS et MARSAstro1035Astro2036

 

Les Maisons 6, 9 et 5 sont les plus occupées:


La 6. Intérêt pour une occupation quotidienne qui me prend beaucoup de temps. Intérêt aussi pour les animaux de compagnie

 

La 9. Le voyage et le lointain jouent pour moi un rôle majeur, fut-ce même au simple niveau symbolique (philosophie, religion, spiritualité)." Vous pouvez être considéré, aux yeux de votre entourage, comlme un véritable courant d'air, toujours à l'affût de découvertes passionnantes ou de nouveaux horizons ensorceleurs d'air."

 

La 5. La plus importante dans mon thème, la maison des loisirs, des sports, de la vie amoureuse, de la création artistique

L'AIR (36,2%) (Voyages réels ou par l'esprit )et L'EAU (31,6%) (Je fonctionne par le coeur et par les émotions)sont mes éléments dominants

astro w2at 01 christian vc hp.33899.5120



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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 10:22

BIO 39  1954  Opération des amygdales et Lettre de Brigitte Bardot

On m’enlève les amygdales. Je resterai une bonne semaine à la Clinique Sainte-Rosalie, la clinique préférée de ma mère, qui s'y connait. J'ai mal à la gorge, la cicatrisation est très lente. Ma mère  qui adore lire à haute voix, me lit "Le Bossu" de Paul Féval. Cela fait aussi partie de ses mythologies à la con "Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère iratatoi", et je me souviens avoir écouté aussi mais ça m'intéressait nettement plus, les trois volumes de  Flika, l'histoire d'une jument, gros succès de librairie de l'époque, écrit par une certaine Mary o' Hara, si ma mémoire est bonne. Mais ma mère avait censuré certains chapitres, probablement tout ce qui concernait la saillie et les accouchements de cette jument célèbre, à laquelle peut-être, elle s'identifiait inconsciemment. Même les animaux, je ne pouvais pas savoir ce qu'ils faisaient pour avoir des jeunes. Mais je préférais nettement ces histoires de bêtes à celle des mousquetaires de la garde de la Reine. Je pense que le troisième volume devait s'appeler "L'herbe verte du Wyoming" et les deux autres, ça me revient "Mon amie Flika" et " Le fils de Flika".
 

En 1954, il y a aussi l'épisode Brigitte Bardot. On joue au cinéma " Le portrait de son père" un film de Bertomieu avec Jean Richard et j'ignore pourquoi, nous sommes nombreux dans la classe à aller voir ce navet, qui est un des premiers rôles de BB, dont personne ne parle encore, à cette époque. Et tous, nous avons le coup de foudre pour cette petite bourgeoise et collégienne de Neuilly. Mais je suis le seul à lui écrire via "Ciné-Revue". Et miracle, trois semaines plus tard, BB me répond. L'exhibition de cette lettre dans la cour de récréation, fait un tabac ! La voici ci-dessous
 

Ma Biographie 39  1954   Opération des amygdales - Lettre de B.B
Ma Biographie 39  1954   Opération des amygdales - Lettre de B.B
Ma Biographie 39  1954   Opération des amygdales - Lettre de B.B
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:55

Bio 38 Saint-Moritz 3

II y a un dortoir. je me souviens d'un grand con, à côté de mon lit, exhibant généreusement, chaque matin, sa pine en "berne" . Je n'avais jamais vu ça et j'étais d'autant plus effaré que j'étais toujours impubère à quinze ans. Il y avait aussi un garçon timide qui se prénommait Denis. C'était le souffre-douleurs. La nuit, les plus âgés se levaient pour lui tremper la main dans un bol d'eau, pendant son sommeil et le faire pisser tout son saoûl.  Qui a inventé ce jeu stupide? Mais je vous jure que ça marchait et que le gars se réveillait trempé le lendemain. Pipi  au lit !  Marqué à jamais ! 

Mieux que cela, un jour il  répond grossièrement à la professeur d'anglais, le pied-bot. Et le soir dans la salle de récréation, Denis a dû baisser son pantalon devant Directrice, professeurs et élèves et le pied-bot lui a administré une raclée "fesses nues". Voici pour l’éducation sexuelle dans un collège anglais à Saint-Moritz en 1953 !
 

Heureusement qu'il y avait la glisse quotidienne, dans une neige souvent poudreuse, avec au soleil, des scintillements de pierres fines. Ce n'était tout de même pas le Sana, ni celui de  "La Montagne magique " de Mann, ni celui du "Siloë" de Paul Gadenne !
 

Alors, il y a eu les vacances de Pâques et tout le monde est rentré dans sa famille, sauf moi. Je me suis retrouvé seul, une fois de plus, à échanger quelques rares phrases avec John Bird, beau grand jeune-homme classieux, comme dirait Ginsbar, inséparable de sa mère, l'incontournable Mrs.Bird. Et je me suis promené dans les montagnes de printemps, à la recherche des chevreuils, avec mon appareil photo de l'époque, un Agfa Box.
 

Parfois je prenais le bus, pour descendre dans la vallée de l'Engadine, à 1800 mètres. Des noms sonnent encore à mon oreille, comme des clochettes de traîneaux: Campfer, Silvaplana, Pontresina, Sils-Maria, Piz Nair, Piz Maloya, Muotas Muragle, Diavolezza. Sur les lacs glaçés, les anglais jouent au "Curling". La population locale parle le Romanche, un dialecte alémanique. Il y a un côté carte postale "Merry Christmas", traîneaux à la Jivago, Santa Klaus de rigueur, pralines aux étalages kitsch des "Conditorei". Bref, très schleu finalement, les Grisons!
 

Ce qui me frappait, c'était l'ombre précoce dans la vallée de l'Engadine, dés quinze ou seize heures, provoquée par les montagnes saillantes environnantes. Je n'aimais pas ce soleil court dans le fond de la vallée. Alors je remontais vers mon collège-villa, pour m'y dorer en terrasse au soleil couchant !
 

Et puis, il y a eu une visite de ma mère pendant ces vacances de Pâques, une véritable catastrophe, qui a duré trois jours. Trois jours de bagarres ! A l'origine, une anecdote qui peut paraître stupide. Elle m'avait tricoté un pull en grosse laine, d'un bleu électrique pètant,  absolument difforme, manches trop longues, épaules tombantes, dont la base m'arrivait presqu'aux genoux. Bref inmettable et j'ai donc refusé de le porter. Ma mère l'a très mal pris. Elle avait passé des journées à me tricoter ce sac à pommes de terre et je refusais d'être transformé en topinambour. Obstinément. Ma mère, en effet, tricotait des pulls déformés à ses hommes (mon père et les trois garçons car nous étions trois, mes deux frères étant nés en 1946 et 1950 ), nous achetait des chemises à pointes de cols tordues et des pantalons difformes, qu'elle nous avait appris à repasser, en nous les faisant allonger, bien pliés, sous nos matelas, le soir, avant de nous coucher; une corvée ménagère en moins pour elle . Bref elle nous rendait "laids". Mon père lui, s'en foutait complètement. Pourtant il n'était pas laid du tout (comment dire le contraire alors que tout le monde a toujours affirmé que je lui ressemblais) mais habillé par ma mère, on aurait pu le planter au milieu d'un champ de blé, en guise d'épouvantail à moineaux. D'autant plus étrange comme attitude maternelle, que ses frères s'habillaient très anglais, très "chic", très"smart", très "Oxford", comme ils disaient ces cons. Et pourtant c'était tout de même mon père et non pas eux, qui avait passé cinq ans en Angleterre. Allez comprendre ? Je me souviens très bien de mon père, le veston de travers, le pantalon froissé avec "de l'eau dans les caves ", la cravate mal nouée, le noeud en oblique et surtout, toujours, au moins une des pointes du col de sa chemise débordant sur le revers de son veston

Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
Ma Biographie 38     Saint-Moritz  3
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:33

Bio 37  Institut Montalia.

Saint-Moritz, 2000 mètres d'altitude. Je vais y vivre  pendant une année scolaire 1952-1953. J'arrive donc là-bas, un soir de septembre 1952, dans l'obscurité. Il faut imaginer ces deux photos avec d'énormes masses neigeuses, car elles ont été prises au printemps 1953 et l'effet est tout différent. Le lendemain  de mon arrivée, je réaliserai que je suis sur le toit du monde et qu'il n'y a aucune autre habitation aux alentours. C'est un peu la demeure du "Psychose" d'Hitchcock. J'arrive donc un soir dans une salle où je suis accueilli par élèves et professeurs. Je me souviens d'un liégeois très chaleureux (comme tous les liégeois) qui s'appelait Ricardo des Mezières (Franco-Espagnol) . Il y a une majorité de belges, mais aussi un anglais et un italien. Parmi les belges, je me souviens de Frédéric de Limelette et de Patrick Dumont de Chassart. Rien que du beau linge,une fois de plus.

La Directrice, Mrs Bird est anglaise

A six heures du matin, on se retrouve tous en training, pour faire notre gymnastique dans la neige. On se croirait à la Starac. A 7 heures nous sommes en classe et les  3 professeurs défilent toute le matinée. Comment font-ils pour donner le même cours à des élèves de différentes classes d'Humanités ? Je n'ai toujours pas compris ! Après le repas de midi, il y a une sieste d'une heure et puis on skie jusqu'à 17 heures ! Alors là, c'est le pied ! Je n'ai plus skié depuis 7 ans, à Morzine, mais ça revient très vite, car dés le premier WE, je suis embarqué avec la troupe et je me tape le glacier de la Diavolezza, en peau de phoque, les skieurs me comprendront et je le redescends en glisse, avec les autres. Je porte des lunettes de glaciers, le soleil tape dur et le soir, lorsque je les enlève, j'ai des yeux de hibou (chouette alors). Visage brûlé et deux cercles blancs à la place des lunettes.
 

A 17h00, il y a étude jusqu'au souper. Comme à midi, on mange tous à la même table familiale- tous à savoir cinq adultes et quinze élèves, table où trône majestueusement notre directrice anglaise, la" grande mère". Quand l'un de nous a terminé son repas et veut quitter la table, il doit prononcer une phrase rituelle " Puis-je disposer, Mrs Bird ? " et attendre l'autorisation, qui parfois se fait attendre et il faut recommencer plusieurs fois, en criant de plus en plus fort. Dire une telle phrase, avec une violence menaçante, ce n'est pas évident. Essayez et vous verrez! C'est donc dans ce décor que je vais fêter mes quinze ans le 1er Novembre 1952!

 

In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza
In fine le Glacier de la Diavolezza

In fine le Glacier de la Diavolezza

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:24

BIO 36 1953 Saint-Moritz

Eh bien oui, fin septembre 52, nous les collégiens, passons à la "Cuti". La cuti réaction, j'ignore si cela existe toujours, mais le but en  était de détecter une tuberculose éventuelle. Et je suis "positif"; je fais ce qu'on appelle une primo-infection tuberculeuse. Enfin, il paraît, je n'y ai jamais cru et n'en ai jamais rien ressenti. 

Et on m'envoie faire ma 4e latine à Saint-Moritz dans un établissement bien connu des jésuites de Saint-Servais, l'Institut Montalia, situé à 2000 mètres d'altitude, soit à 200 mètres au-dessus de la vallée de l'Engadine, en fait, une grande villa, complètement isolée dans la montagne. Une directrice anglaise, Mrs Bird, 3 professeurs:  Mr Julmy, un Suisse, Mr.Cattaneo un Italien et une dame dont j'ai oublié le nom et qui avait un pied bot (ça par contre je m'en souviens)
 

Tout cela, pour une quinzaine d'élèves de toutes nationalités, dont l'âge oscillait entre 12 et 18 ans. On pourrait dire, des gosses de riches dont les parents n'avaient pas le temps de s'occuper, ils avaient juste l'argent pour ne pas devoir s'en occuper.

 

 Bref un soir de septembre 1952, me voilà embarqué à la Gare des Guillemins à Liège dans le train de nuit pour Bâle. Je me souviens de ce réveil au petit matin avec les premières montagnes neigeuses. On n'y croit pas parce qu'on a dormi et on n'a rien vu arriver.
 

A Bâle, changement de train pour Chur (Choir) dans les Grisons, je traverse la Suisse d'Ouest en Est et à Choir, nouveau train pour St Moritz, direction Sud où je vais arriver vers les 17 heures. On vient me chercher à la Gare et on grimpe, on grimpe. Voici sur la photo du bas, St Moritz vu du haut avec un des lacs de l'Engadine, lacs bordés par d'autres petits villages, Campfer, Silvaplana, et enfin  Pontresina, et Sils-Maria où je vais rencontrer Nietzsche, 52 ans après sa mort
 

 

En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria
En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria

En 3 la maison de Nietzsche à Sils Maria

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:14

BIO 35-1952. Quatrième Latine

Sur la photo ci-dessous, je suis à la deuxième rangée, en partant du bas, l'avant-dernier sur la droite, à côté de mon ami Paul Gielen, le premier de la classe avec de Lamotte. Notre professeur, nous l'appelons Portos et j'ai oublié son vrai nom.

Un des trois mousquetaires, mais j'ignore l'origine de ce surnom. Il était bien gentil mais il devait avoir un problème. Comme j'étais souvent avec mon ami Paul G., dans les rangs, dans la cour et à la Chapelle, il n'arrêtait pas de nous séparer en nous faisant changer de place. Personne ne comprenait pourquoi. Il avait dû lire Gide, nous pas encore. Bref c'est cela, l'éducation. Projeter ses manques sur les gosses en les culpabilisant.
 

Quand je me regarde, je me dis que je devenais complètement difforme et bouffi, adipeux, boulot.  A la rangée du bas, le deuxième, en partant de la gauche, il y a un phénomène dont je me souviendrai toujours, Justin Furnelle, le clown de la classe, prestidigitateur et capable d'improviser à tout moment. Par exemple, en se confectionnant une sorte de béret avec 2 pinces à linge, et en empoignant une chaise à barreaux qu'il renversait sous son bras pour en faire une cornemuse dont il reproduisait le son, de sa voix nasillarde, avec un réalisme surprenant. Chaque fois qu'en classe ou à l'étude, il y avait un changement de professeur ou de pion, il empoignait sa chaise et traversait la classe en cornemusant.

Ceci dit, il ne fallait pas l'emmerder car il faisait du Judo. J'aimais beaucoup ce mec-là!

A ce propos,  c'était aussi l'époque des combats de boxe, organisés par notre professeur de gym, Monsieur Alain, qui était un ami d'une vedette de l'époque, le celèbre Kid Dussart (le Cerdan wallon). je me suis donc retrouvé deux fois sur le ring opposé à un collègue, Guy Philippart, qui tenait absolument à me casser la gueule, je n'ai jamais su pourquoi. Il a remporté le 1er match et nous avons fait match nul au second. Ce garçon est devenu Jésuite, comme beaucoup d'autres et en est sorti comme presqu’autant d'autres. De tout cela, je reparlerai plus tard. Cette classe, je ne l'ai vécue qu'en septembre 1952, avant mon départ en Suisse, et ne l'ai retrouvée qu'en Juin 1953, date de la photo, juste avant les vacances  

In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste
In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste
In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste

In fine, moi et mon frère Marc, né en 1950-Autiste

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:40
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951

BIO 34    JAMBOREE en Autriche 1951.

J'ai oublié de dire qu'en Eté 1951, j'ai  la chance d'être sélectionné alors que je n'ai pas l'âge requis de 15 ans, à un Jamboree Scout qui se déroule à Bad-Ischl, en Autriche, non loin de Salzbourg. une immense plaine entre deux chaines de montagnes, avec des milliers de tentes et des scouts de tous les pays, des noirs, des rouges, des jaunes. Souvenir fort, mais assez brumeux. J'ai 13 ans et ne suis pas bien dans ma peau; je vis tout au travers d'une vitre. J'ignore même que je suis à deux pas de la ferme de Thomas Bernhard, 'Gmunden)qui, probablement ne s'y trouve pas encore. un des plus grands écrivains autrichiens (oh si peu) contemporains, que je ne découvrirai que dans les années 1990, soit 40 ans plus tard. J'ai bien fait d'attendre.

 Oui bien sûr, c'était aussi le festival de Salzbourg et nous sommes allés entendre Amadeus. J'ignorais que 33 ans plus tard, un certain Milosz Forman...mais on n'en finirait plus...
Voici le gamin en 1951, à droite, j'ai en fait, treize ans et demi, les jambes ont poussé mais pas le reste

Et je viens de faire ma promesse de Scout et me suis fait totémiser "Ecureui réservé"

Il y a aussi les inévitables séjours à la Côte belge, deux fois par an, à Pâques et en septembre, à Duinbergen principalement. Voir ci-dessous une photo de 1951, dans les dunes et sur la digue avec mes deux frères, nés en 1946 et 1950 . Etienne et Marc

 

Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
Ma biographie 34   Jamboree en Autriche  1951
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:05

BIO 33  1950   Sixième Gréco-latine

Retour au Collège Saint-Servais, en sixième primaire, en 1950. Nous avons un professeur de religion, le Père Denis, complètement gâteux. Long et décharné comme un personnage du Greco, un épouvantail croassant. Il ne supporte pas les garçons qui portent des chemises à manches courtes et à col ouvert. Voyez le malade et de quoi, je ne vous fais pas un dessin. Ce sont des gens comme ceux-là qui sont censés nous apprendre la vie. Son grand amusement sadique consiste, durant les cours, à s'approcher de l'un d'entre nous, dont la tenue est normale, enfin décente, pour l'engueuler copieusement, en prononçant finalement le nom de l'élève "impudique", qui, lui, se trouve de l'autre côté de la classe et auquel il tourne le dos. Et ça dure et c'est violent. Et ce vieux corbeau nous fait peur. Une bonne torgnole qu'il lui aurait fallu . "Oh, Gibets noirs, manchots éteints, dansent, dansent les paladins, les maigres paladins du diable, les squelettes de Saladin (François Villon, faut-il le préciser)

"Je suis François dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col, que mon cul poise"

 

Je termine donc mon cycle primaire en Juin 1950, et dés la rentrée scolaire, j'entre en sixième gréco-latine, toujours dans le même collège Saint-Servais. Jusque là, j'ai eu des professeurs titulaires laïcs. L'heure est venue d'entrer dans les soutanes, dans l'espoir de pouvoir les enfiler six ans plus tard, car, bien sûr, nous serons travaillés au corps, enfin disons, à l'âme.

Dés la rentrée, je me signale à l'attention de mon nouveau professeur, le père Jacquemin. Il a un problème, le bégaiement et pour en sortir, il prononce chaque mot en l'articulant exagérément. Il insiste donc sur l'importance du "bien articuler". Il nous demande  dés le premier jour de classe, si l'un d'entre nous estimerait qu'il n'articule pas bien. Oui, moi ! Et je lève le doigt. Surprise, il me félicite de ma franchise et je deviens son chouchou. A la cour de récréation, un petit con au sein du groupe, il s'appelle Darimont, me crie hargneusement "Chouchou, chouchou", suivi évidemment par le troupeau bêlant. Je lui file une tarte sur la joue droite et il s'écroule. On parle de tympan percé et les parents seront à deux doigts de porter plainte. Oh là là, mal barrées mes "gréco-latrines".

  Mon ami Robert Seghers, le Tarzan colonial, intervient à nouveau contre la meute vociférante, prenant ma défense et disant que j'ai fait preuve de franchise et qu'il n'y a dans mon attitude aucun "manchabalisme". Et moi j'apprends que j'ai une force dangereuse en moi, qui me jouera des tours par la suite, à savoir que lorsque je frappe, je frappe fort et dur!

A la fin de l'année, j'obtiendrai soixante pour cent des points. Donc pas de problème !

Mais ma mère va voir mon professeur, le Père Jacquemin et lui déclare :
" Christian ne devrait il pas doubler ou alors faire d'autres études?" Lui, interloqué ne comprend pas "Non pas du tout ", lui répond-il. Pour rappel. deux ans auparavant, elle est déjà parvenue à me faire redescendre de classe, mais apparemment cela ne lui suffit pas! Devant la réponse de mon professeur, elle n'ose insister et décide de  me mettre en semi-internat pour ma cinquième latine. Cela va lui permettre de se tirer encore plus de chez elle et de ne plus faire à manger à midi (mon père mangeant à  la Clinique)

Ma Biohraphie 33  1950   Ma sixième Latine
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:59

BIO 32  Ma mère et mes études- 1951

Ma mère s'occupait-elle de mes études? Et bien, oui, quand elle était là ! Dans quelles matières? En Histoire et en Géographie. L'Histoire d'abord, mais uniquement en ce qui concernait la France et un peu aussi la Belgique, tout de même! Quelle France, quelle Belgique? Mais celle des Rois et des Reines, bien entendu! Elle connaissait par coeur, toutes les dynasties des Rois de France: Capétiens, Valois, Bourbons etc... (Dans la vie de tous les jours, c'est très utile, vous savez!). Elle me les faisait réciter de mémoire, bien que cette matière ne fût en rien inscrite au programme. Sa Reine préférée, Marie-Antoinette, la "décapitée", la dernière Reine française, en fait!  D'ailleurs en 1946, notre première visite à Paris, a été pour la "Conciergerie", ses cachots, ses salles de torture, ses oubliettes et bien sûr,  le pied...sa guillotine. Après cinq ans de schleus, d'eau de Vichy et de pétarades tueuses, elle m'a emmené directement  là-bas, histoire de m'aérer un peu. Heureusement que nous étions tout de même en route pour les cimes neigeuses de Haute-Savoie.

Et puis, il y avait ma mère et la géographie. Elle passait des heures à me recopier au papier-calque, des cartes géographiques. C'était obsessionnel chez elle. Et ça ne me servait à rien pour mes interros. Elle avait envie de dessiner des cartes,  point barre ! Peu importe que j'en aie besoin ou non !. En outre, de la sorte, elle donnait à tout le monde, l'image d' une mère exemplaire !

Mais très étrangement, il m'en est resté quelque chose de toutes ces cartes. On les retrouve dans certaines de mes peintures et j'ai toujours été féru d'atlas et de cartes routières ( Mais le scoutisme a aussi joué un rôle dans cette manie, car nous devions manipuler cartes et boussoles, à longueur de randonnées ! )

Donc en septembre 1951, j'entre comme semi-interne, en 5e gréco-latine et je m'attaque au Grec. Empoisonnant Xenophon, ses marches forcées et ses batailles. Assommant. Par contre je m'entends à nouveau bien avec le titulaire, le Père Conter s.j ( traduisez "de la société de Jesus" ), homme pudique et souffrant. Ses yeux sont blancs derrière ses lunettes un peu fumées, car il est myope. Et comme toujours, lorsqu'un contact s'établit avec un de mes professeurs (cela m'arrivera trois fois en six ans ) je me mets à bien travailler (remplacement du père??) Je suis doué pour les langues mortes, je me hisse dans le peloton de tête et fais trembler les premiers de classe (Hmmm.c'est bon, et ce sera d'ailleurs la seule fois) dans certaines matières, en faisant des résultats insolents, en versions latines et Grecques (Je ne suis pas un "Fort en Thème" ), en composition française et en religion. Sensation tout à fait nouvelle pour un élève, jusque là, très moyen. A telle enseigne que l'on me demande de m'occuper d'un élève laborieux, nouveau-venu au Collège, que j'ai un peu connu aux Scouts, et que je vais aider pendant un an à réussir son année! Peu doué, il terminera néanmoins ses humanités, et rentrera dans les pantoufles de son père, directeur d'une grande aciérie liégeoise.
 

Donc, contrairement aux prévisions de ma mère, ma seconde année d'humanités, se déroule très bien. C'est probablement la seule année où je serai un "bon élève". Allez savoir pourquoi ? Une erreur de parcours? J'ai toujours préféré les cancres !

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:54

BIO 31 Mes Lectures

Je puis donc dire que mon retour à Liège marque le début de ma révolte. A Bruxelles, j'ai été étouffé, inexistant. Liège c'est la lumière. A Liège en plus, nous habitons sur les hauteurs, nous surplombons la ville.

 A Bruxelles, au contraire, nous étions  enterrés dans un artère centrale et grise, en pleine ville, une rue sur laquelle il n'y a rien à raconter.  Rien, hormis un chow-chow noir qui déambulait librement entre les poubelles et on disait de lui qu'il avait mangé un enfant, ce qui je dois l'avouer, me plaisait assez. Car déjà, à cette époque, j'étais un fan du Jack London de "Croc blanc" et de "Barry Chien-Loup", fan des Castors de Grey Owl et du dernier de Mohicans de Fennymore Cooper. Et à la fin de la guerre, je dévorais chez mes grands-parents maternels, qui avaient vécu aux Etats-Unis pendant 4 ans, d'énormes livres, rouges brochés or, avec de superbes gravures, représentant des Cheyennes, des Iroquois, des Delawares et des Hurons, débusqués par des anglos-belgo-franchouillards, connards porteurs de chrétienté et de culture bouillie blanche, ces blancs aux casques blancs, comme leurs spermes évangélisateurs, prenant leurs queues pour des goupillons, cracheurs de feu et de sermons, odeurs mêlées de poudre et d'encens. J'avais instinctivement choisi mon camp au sein de ces livres, écrits, reliés et publiés par des blancs "lave bien plus blanc que blanc". Une fois pour toutes, les Indiens seraient mes frères. Le seul blanc auquel je m'identifiais était Tarzan, en bande dessinée "Tarzan des Singes" avec se muscles saillants, sa solitude et son choix de vivre avec les animaux et les indigènes de couleur. Tarzan, le seul homme blanc, digne de pardon.

Et tout cela pour dire que le Robert Seghers, qui vient se battre avec moi dans la cour de récréation est un basané, ayant vécu en Afrique, ce n'est pas un blanc ou alors c'est un Tarzan, un sauvage irrécupérable (Il partira se battre au Congo, lors des évenements de 1960). Bref il n'a rien d'un cow-boy. Car le cow-boy vit en groupe, il pue, il pète, il rote et il tue.Voir TRUMP. Musiques de kermesses et vapeurs de frites molles. Il écrase et piétine toute la beauté qui l'entoure, chevaux, vachettes, bronzés analphabètes et femelles en goguette. Je déteste les cow-boys !

Revenons au Snapeux. Dans le jardinet étroit de notre petite maison, tout au fond, j'essaie de construire un bassin (Déjà !) En effet comme en 1947, c'est la canicule durant cet été 1949. J'achète du ciment. Je ne me suis, jusque là, jamais servi de mes mains. Mon père, oui, mais uniquement dans le corps des malades. A part cela, le seul bricolage que je lui aie jamais vu faire, consistait à tendre des fils dans le salon, un peu comme s'il tissait sa toile. Sans doute tissait-il la toile de ma mère l'araignée 'L'universelle Aragne", la toile qui finira par l'étrangler.(lui, pas ma mère) Je n'ai jamais pu comprendre l'utilité de ces constructions de fils (les "installations" de l'art contemporain n'existaient pas encore) reliant murs, tables et fauteuils. Construction plus mentale que charnelle, peut-être les mêmes "fils" que ceux avec lesquels il recousait les malades. Quant aux talents de bricoleuse de ma mère n'en parlons pas; elle n'a même jamais pu s'occuper de ses jardins successifs.
 

Il fallait donc que je sois motivé pour creuser ce trou d'un mètre carré et le cimenter. Résultat l'eau que j'y versais disparaissait après une heure de temps. mais ça ne m'empêchait pas de m'y baigner, si on peut dire!.
 

Biographie 31     Mes lectures fin des années quarante
Biographie 31     Mes lectures fin des années quarante
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