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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 06:27
En dernière photo, Michèle Raiser sa femme
En dernière photo, Michèle Raiser sa femme
En dernière photo, Michèle Raiser sa femme
En dernière photo, Michèle Raiser sa femme
En dernière photo, Michèle Raiser sa femme

En dernière photo, Michèle Raiser sa femme

Jean-Marc REISER, de son vrai nom Jean-Marc Roussillon, scénariste et dessinateur de bande dessinée, né à Réhon (Meurthe et Moselle) le 13 avril 1941 et mort à Paris le 5 novembre 1983, à 42 ans, des suites d'un cancer des os. Il a été l'époux de Michèle Reiser, réalisatrice de télévision et membre du CSA, auteur du livre "Dans le creux de la main"

Il commence à dessiner en 1958 et en 1960, il participe à la création de Hara-Kiri fondé par Cavanna, Georges Bernier (professeur Choron) et Fred (Fred Othon Aristidès), Hara-Kiri qui deviendra un des fleurons de la culture underground des années 70. En 1966, il entre au Journal Pilote avec Gotlib. Après l'interdiction d'Hara-Kiri Hebdo en 1970, en raison de l'annonce irrespectueuse de décès du général de Gaulle, il collabore naturellement dès le premier numéro à Charlie-Hebdo qui lui succède
Reiser Jean-Marc-BD-Roussillon-Hara-Kiri-Pilote-Charlie Hebdoreiser2reiser6reiser8reiser4reiser3reise9reise7reiser5
La tombe de Reiser est au cimetière Montparnasse et a été brocardée par Pierre Desproges dans un de ses sketchs
Elle présente en effet le profil d'une aile car Reiser était passionné d'aviation (il est l'un des pionniers du vol libre français à travers l'expérimentration  des ailes Delta )
Tombe Reiserau Cimetière Montparnasse; 1941.1983Tombe Reiser 2

Jean-Marc Reiser, dit Reiser, qui a signé à ses débuts Jean-Marc Roussillon (né à Réhon en Meurthe-et-Moselle le 13 avril 1941 et mort à Paris, le 5 novembre 1983 (à 42 ans) des suites d'un cancer des os), est un auteur de bande dessinée français connu pour ses planches à l'humour féroce.

 

Biographie

Après avoir commencé dans la vie comme livreur chez le caviste Nicolas durant quatre ans, Reiser commence en 1958 une carrière de dessinateur en publiant dans différentes revues mineures, telles que Blagues (pseudo JIEM) et La Gazette de Nectar (pseudo J-M Roussillon - journal interne à la maison Nicolas).

 

En 1960, il participe à la création du mensuel Hara-Kiri fondé par Cavanna, Georges Bernier (Professeur Choron) et Fred (Fred Othon Aristidès), magazine qui deviendra l'un des fleurons de la culture underground des années 1970. En 1966, il entre au journal Pilote où il collabore avec Gotlib, Alexis, Mézières, Mandryka, etc. En mai 68, il dessine dans Action, avec Siné et Wolinski.

 

Après l'interdiction d'Hara-Kiri Hebdo en 1970, en raison de l'annonce irrespectueuse du décès du général de Gaulle (le fameux Bal tragique à Colombey : un mort, amalgame iconoclaste de la mort du général et de l’incendie d’un dancing en Isère où périrent 146 personnes), il collabore naturellement dès le premier numéro à Charlie Hebdo qui lui succède. Tout au long de sa carrière, Reiser a également publié dans La Gueule ouverte (il s'intéresse de très près à l'écologie, particulièrement à l'énergie solaire), BD, Charlie Mensuel, Métal hurlant, L'Écho des savanes (ce dernier avec la collaboration de Coluche).

 

Son œuvre est considérable. On retiendra ses personnages : Gros Dégueulasse, Jeanine… Ses dessins ont été rassemblés dans de nombreux recueils : Ils sont moches, La Famille Oboulot en vacances, Les Oreilles rouges, La Vie au grand air, Vive les femmes, La Vie des bêtes etc. La série des Sales Blagues publiée dans L'Écho des Savanes, poursuivie par Vuillemin, continue d'attirer un grand nombre de lecteurs.

 

Parmi les principales caractéristiques de son style, on peut retenir :

  • Son habitude de parler des gens ordinaires, de leur vie de tous les jours. Il a très rarement dessiné les hommes politiques de son époque, alors qu'il travaille pour un hebdomadaire satirique ;
  • La simplicité de son dessin. Reiser va toujours à l'essentiel. Son but : faire rire ;
  • Son humour, très cru pour l'époque, et souvent d'un mauvais goût assumé.

 

« Il est allé au cimetière à pied » (il est enterré au cimetière du Montparnasse), pour reprendre le titre du numéro spécial d'Hara-Kiri à sa mort qui reprenait un de ses dessins, réalisé initialement pour Franco. Lors de son enterrement, l'équipe d'Hara-Kiri avait déposé une gerbe sur laquelle on pouvait lire : « De la part de Hara Kiri, en vente partout ».
 

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


La tombe de Reiser, d'une forme peu conventionnelle, a été brocardée par Pierre Desproges (qui vouait une véritable admiration pour Reiser) dans l'un de ses sketches.

Elle présente en fait le profil d'une aile car Reiser était un passionné d’aviation (il est l’un des pionniers du vol libre français à travers l’expérimentation des ailes delta). Il croque les travers de ce milieu avec le trait féroce qui caractérise son œuvre : la crise de l’industrie aéronautique française et de l’aéropostale, les difficultés de Concorde, les grèves des pilotes d’Air France, les détournements d’avion, le choc pétrolier... Une exposition au musée de l'air a dévoilé ce côté méconnu de Reiser.

Il a été l'époux de Michèle Reiser, réalisatrice de télévision et membre du CSA, auteur des livres Dans le creux de la main, Jusqu'au bout du festin.

Œuvre

Publications dans des périodiques

  • Histoires courtes et illustrations dans Hara-Kiri, 1960-1982.
  • Histoires courtes (scénario), avec divers dessinateurs, dans Pilote, 1966-19702.
  • Actualités, dans Pilote, 1967-1972.
  • L'Histoire de France en 80 gags (scénario), avec Pouzet (dessin), dans Pilote, 1967-1969.
  • Gribouillons (scénario), avec Alain Dubouillon (dessin), dans Tintin, 1967-1969.
  • Gazoual (scénario), avec Alain Dubouillon (dessin), dans Record, 1967-1969.
  • Histoires courtes et illustrations dans Hara-Kiri Hebdo, 1969-1970.
  • Histoires courtes dans Charlie Mensuel, 1969-1970.
  • Mon papa, dans Charlie Mensuel, 1969-1970.
  • La Vie au grand air, dans Charlie Mensuel, 1970-1979.
  • Histoires courtes et illustrations dans Charlie Hebdo, 1970-1981.
  • Gros Dégueulasse, dans BD, 1977-1978.
  • Les Sales Blagues de Coluche et Reiser, avec Coluche (scénario), dans L'Écho des savanes, 1982-1983.
  • Histoires courtes dans L'Écho des savanes, 1982-1984.

Albums et recueils

  • L'Histoire de France en 100 gags (scénario), avec Pouzet (dessin), Dargaud, 1969. Réédition sous le titre 1515 connais pas !, 1984.
  • Ils sont moches, Éditions du Square, coll. « Série bête et méchante », 1970.
  • Mon Papa, Éditions du Square, coll. « Série bête et méchante », 1971.
  • Je vous aime, Euréditions, 1971.
  • La Vie au grand air :
  1. La Vie au grand air, Éditions du Square, coll. « Série bête et méchante », 1972.
  2. La Vie au grand air 2, Albin Michel, 1996.
  3. La Vie au grand air 3, Albin Michel, 1997.
  • La vie des bêtes, Éditions du Square, coll. « Série bête et méchante », 1974.
  • On vit une époque formidable, 1976.
  • Vive les femmes, Éditions du Square, 1978.
  • Vive les vacances, Éditions du Square, 1979.
  • Phantasmes, Éditions du Square, 1980.
  • Les Copines, Albin Michel, 1981.
  • Gros Dégueulasse, Albin Michel, 1982.
  • Fous d'amour, Albin Michel, 1984.
  • La Saison des amours, Albin Michel, 1986 . Repris dans La vie au grand air 2 et 3.
  • Jeanine, Albin Michel, 1987.
  • La Famille Oboulot en vacances, Albin Michel, 1989.
  • Y'en aura pour tout le monde (dessin), avec Coluche (scénario), Albin Michel, 1989.
  • Les Oreilles rouges, Albin Michel, 1992.
  • Tam tam, Albin Michel, 1993. Repris dans La vie au grand air 2 et 3.
  • Les années Reiser (préf. Delfeil de Ton), Albin Michel :
  1. On est passé à côté du bonheur, 1994. Année 1974.
  2. Sont pas plus fort que nous, 1995. Année 1975.
  3. À bas tout !, 1996. Année 1976.
  4. Votez printemps !, 1996. Année 1977.
  5. C'est beau une femme !, 1996. Année 1978.
  6. Plage privée, 1997. Année 1979.
  7. La ruée vers rien, 1998. Année 1980.
  8. L'année des handicapés, 1999. Année 1981.
  9. Vive le soleil, 2001. Années 1982 et 1983.
  • Dessins cochons, Albin Michel, 1998.
  • Ça va être ta fête, Albin Michel, 2003.
  • Reiser à la une, Glénat, coll. « Humour », 2008. Sélection de couvertures pour l'Hebdo Hara Kiri et Charlie Hebdo.
  • Reiser. L'écologie, Glénat, 2010. Recueil thématique de planches écologistes.
  • Reiser. Les années Pilote (préf. Jean-Marc Parisis), Dargaud, 2011. Planches publiées en 1967-1972.

Illustration de disque

  • La Grande Bouffe (BOF du film - 45T, 1973)
  • Vive les femmes ! (BOF du film - 45T, 1984)
  • Gros Dégueulasse (BOF du film - 45T, 1985)

Ouvrages collectifs

  • Les Meilleures couvertures de Charlie Hebdo, Alain Moreau, 1978.
  • 1407 couvertures auxquelles vous avez échappé(es) de Charlie Hebdo, Alain Moreau, 1978.
  • Mai 68, Michel Lafon, 2008.

Tirages limités

  • En avant pour une vie de bonheur. Reiser, 1987. Tirage limité à 500 exemplaires, pour l'inauguration du lycée professionnel Reiser de Longlaville (Meurthe-et-Moselle).

Récompenses

Hommages

 

REISER, le dessinateur français le plus corrosif des années 70
REISER, le dessinateur français le plus corrosif des années 70
REISER, le dessinateur français le plus corrosif des années 70
REISER, le dessinateur français le plus corrosif des années 70
REISER, le dessinateur français le plus corrosif des années 70
REISER, le dessinateur français le plus corrosif des années 70
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Published by Christian VANCAU - dans Mes AMIES et AMIS
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 20:57
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné

Ce qu'il s'est passé dans l'immeuble de "Charlie Hebdo"

En quelques minutes, deux terroristes assassinent 12 personnes à la rédaction de l'hebdomadaire satyrique. Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Bernard Maris comptent parmi les victimes.

Les attaquants de Charlie Hebdo face à des policiers, le 7 janvier 2015.  (AFP PHOTO / ANNE GELBARD) Les attaquants de Charlie Hebdo face à des policiers, le 7 janvier 2015. (AFP PHOTO / ANNE GELBARD)
 

"C'est où Charlie Hebdo ?"

• Peu avant 11h30, une Citroën C3 noire conduite par un troisième homme dépose les deux attaquants devant le 6 rue Nicolas Appert, dans le 11e arrondissement de Paris. Ils s'aperçoivent qu'il ne s'agit pas de la rédaction de "Charlie Hebdo". Ils demandent autour d'eux où se trouve "Charlie Hebdo", puis se dirigent alors devant le siège de l'hebdomadaire,  au numéro 10 de la rue. 

• La dessinatrice Coco vient d'aller chercher sa fille à la garderie. Comme elle le raconte dans son témoignage à "L'Humanité", elle est devant la porte du journal quand les deux hommes cagoulés et armés la contraignent sous la menace à taper le code de l'immeuble : "Ils voulaient entrer, monter. J’ai tapé le code. Ils ont tiré sur WolinskiCabu."

• Armés d'une kalachnikov et d'un lance-roquette, les deux hommes pénètrent dans le bâtiment et tirent en criant toujours qu'ils cherchent "Charlie Hebdo". Ils tirent sur les deux hommes en charge de l'accueil et tuent l'un d'eux.

• Une quinzaine de personnes assistent à la conférence de rédaction de l'hebdomadaire à ce moment précis. Les tireurs font irruption dans la salle et demandent leurs noms aux journalistes avant d'ouvrir le feu : ils disent chercher particulièrement Charb.

"Appelle la police, c'est un carnage"

• Dans son témoignage, Coco explique que, pendant ce temps, elle se réfugie sous un bureau et entend les deux hommes qui "parlaient parfaitement le français". Ils se revendiquent d'Al-Qaïda, toujours selon Coco qui raconte que les coups de feu durent au moins cinq minutes.

• Laurent Léger, journaliste de "Charlie Hebdo" se trouve dans la salle au moment de l'attaque. A 11h40, il parvient à prévenir un ami proche :

Appelle la police. C'est un carnage. Tout le monde est mort."

Puis la communication est coupée.

• Charb, l'un des deux policiers chargés de sa protection, Wolinski, Cabu, Tignous, l'économiste Bernard Maris, actionnaire de l'hebdomadaire, Michel Renaud, fondateur du festival Rendez-vous du carnet de Voyage, ainsi que trois autres personnes sont tuées (On ignore encore leurs identités).

Gérard Biard, le rédacteur en chef de "Charlie Hebdo", est en vie.

• La journaliste Catherine Meurisse arrive en retard à la conférence de rédaction. Dans la rue, elle voit surgir deux hommes encagoulés de l'immeuble de "Charlie Hebdo" qui prennent la fuite.

"On a vengé le prophète Mohamed"

• A la sortie de l'immeuble, une série de trois fusillades éclate avec des policiers :

> Une première a lieu dans un axe perpendiculaire à la rue Nicolas Appert, sans faire de blessé.

> La seconde avec une brigade policière en VTT, sans que personne ne soit touché.

> Enfin, avant de s'enfuir en voiture, les deux attaquants tirent sur une voiture de police. Ils descendent alors de voiture et exécutent l'un des agents étendu au sol, blessé, à bout portant, d'une balle dans la tête. Ils repartent en criant : "On a vengé le prophète Mohamed", témoigne une passante.

• Commence alors la traque à travers Paris.

En fin d'après-midi mercredi, les deux meurtriers n'avaient pas encore été arrêtés.Il s'agit des Frères KOURACHI

Un numéro vert (08.05.02.17.17) a "été mis à disposition" et "activé" afin de recueillir tout témoignage sur cet attentat.

&lt;span id="mce_marker" data-mce-type="bookmark"&gt;&amp;#xFEFF;&amp;#200B;&lt;/span&gt;

EN DIRECT. Attentat à "Charlie Hebdo" : les frères Kouachi recherchés, 7 personnes en garde à vue

L' Obs

Saïd et Chérif Kouachi, sont activement recherchés alors qu'un troisième homme s'est rendu à la police à Charleville-Mézières. Jeudi a été "déclaré jour de deuil national". Suivez l'évolution de la situation en direct.

Deux frères de 34 et 32 ans, Saïd et Chérif Kouachi, sont toujours recherchés dans l'enquête sur l'attaque contre "Charlie Hebdo" qui a fait 12 morts, mercredi. (FRENCH POLICE / AFP) Deux frères de 34 et 32 ans, Saïd et Chérif Kouachi, sont toujours recherchés dans l'enquête sur l'attaque contre "Charlie Hebdo" qui a fait 12 morts, mercredi. (FRENCH POLICE / AFP)
 

Charlie Hebdo est un journal hebdomadaire satirique français. Largement illustré, il est fait de multiples chroniques et pratique de temps en temps le journalisme d'investigation en publiant des reportages à l'étranger ou sur des domaines comme les sectes, l'extrême droite, le catholicisme, l'islamisme, le judaïsme, la politique, la culture, etc. Selon Charb, directeur de la publication jusqu'en 2015, la rédaction du magazine reflète « toutes les composantes de la gauche plurielle, et même des abstentionnistes ».

 

 

Histoire

 

Prémices

Articles connexes : Hara-Kiri (journal) et Charlie Mensuel.

 

L'histoire de Charlie Hebdo trouve principalement ses racines dans celle d'un autre journal, Hara-Kiri. S'étant connus en collaborant au journal Zéro destiné à donner leur première chance aux jeunes talents, Georges Bernier alias le Professeur Choron, et François Cavanna lancent en 1960 le mensuel Hara-Kiri, « journal bête et méchant ». Choron (dont le pseudonyme dérive du nom de la rue du 9e arrondissement de Paris où était installé le siège du journal) est le directeur de publication. Cavanna, rédacteur en chef, rassemble progressivement une équipe qui comprend Francis Blanche, Topor, Fred, Reiser, Wolinski, Gébé, Cabu. Interdit de publication dès 1961, il reparaît pour être de nouveau interdit en 1966. L'interdiction est levée six mois plus tard. Lorsqu'il reparaît, certains collaborateurs ne reviennent pas, tels Gébé, Cabu, Topor, Fred. On remarque les nouveaux : Delfeil de Ton, Fournier, qui signe alors Jean Nayrien Nafoutre de Sayquonlat et Willem.

 

En 1969, Cavanna, Choron et Delfeil de Ton lancent le mensuel Charlie3. Ce journal de bande dessinées était initialement la version française du mensuel italien Linus (du nom d'un personnage des Peanuts), qui publiait des séries américaines classiques et des BD contemporaines, à la fois françaises, italiennes et américaines4. La plupart des séries anglo-saxonnes étaient traduites par Cavanna à partir des traductions italiennes de Linus. Comme Linus, Charlie doit son nom à un des personnages des Peanuts, en l'occurrence Charlie Brown. Delfeil de Ton est pendant un an le rédacteur en chef de ce Charlie Mensuel et y publie, les introduisant ainsi aux adultes en France, les Peanuts de Charles M. Schulz (que le magazine Spirou avait déjà présentés en mini-récit à ses lecteurs, mais ceux-ci étaient des enfants).

1969-1981

 
François Cavanna, l'un des fondateurs de Charlie Hebdo

 

En 1969, l'équipe de Hara-Kiri, rassemblée par Cavanna qui, tout en continuant le mensuel, décide de créer un hebdomadaire. Gébé et Cabu reviennent. En février 1969, Hara-kiri-hebdo est lancé. En mai 1969 il est renommé L'hebdo hara-kiri.

 

En novembre 1970, le général de Gaulle meurt, alors que dix jours auparavant un incendie dans une discothèque à Saint-Laurent-du-Pont avait fait 146 morts. L'hebdo titre en couverture, de façon sobre, sans aucun dessin, « Bal tragique à Colombey - un mort ». L'hebdo hara-kiri est interdit de paraître par le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin. Faisant fi de l'interdiction, l'équipe décide que le journal doit continuer à paraître et trouve la parade en changeant son titre : il devient Charlie Hebdo, en référence au mensuel Charlie. Le nouveau titre constitue également une allusion à de Gaulle. Charlie Hebdo continuera ensuite à paraître sous ce titre et ne reprendra pas l'une de ses appellations initiales L'Hebdo Hara-Kiri.

 

Comme à l'époque de Hara-Kiri, le professeur Choron est directeur de publication, tandis que Cavanna est rédacteur en chef. Lors des dernières années de parution c'est « toute l'équipe » qui assure la rédaction en chef et Cavanna est nommé « ange tutélaire ». Vers 1977, le journal publia une chronique sur l'extrême droite de l'époque (le Groupe Action Jeunesse, le Groupe Union et Défense, les Groupes Nationalistes Révolutionnaires de base de François Duprat, appelés "greuneubeu", les Groupes de Base du Mouvement de Yves Bataille...) qui témoignait d'une objectivité et d'une connaissance surprenantes[réf. souhaitée].

 

Le 23 décembre 1981, faute de lecteurs réguliers en nombre suffisant, la parution s'arrête au numéro 580. Un numéro 581 paraîtra un an plus tard en décembre 1982 pour commenter les incidents provoqués par les anciens membres du journal, dont le Professeur Choron, lors de l'émission Droit de réponse consacrée à la mort de l'hebdomadaire. Ce journal n'avait pas de revenus publicitaires, mais surtout pas assez d'abonnés Avant de disparaître, il lance un dernier gag, le quotidien Charlie Matin… qui ne paraît que trois jours de suite.

 

Depuis 1992

L'acte de naissance du nouveau Charlie Hebdo correspond à la démission de Philippe Val et Cabu de La Grosse Bertha à la suite d'un différend avec le directeur de publication Jean-Cyrille Godefroy et à leur désir d'avoir leur propre hebdomadaire. Au cours d'une réunion-repas, à la recherche d'un titre, Wolinski lança « et pourquoi pas Charlie Hebdo, le titre est libre ! » La proposition fut immédiatement acceptée8. Philippe Val, Gébé, Cabu et Renaud apportèrent le capital pour financer le premier numéro. Une société par actions fut créée, Les Éditions Kalachnikof. Ils en détiennent environ 80 % ce qui les rend quasiment propriétaires du journal et assure son indépendance. Renaud vendra ses parts à son départ du journal, et la veuve de Gébé les revendra pour 300 000 euros à la société.

 

C'est ainsi que Charlie Hebdo nouvelle mouture est né en juillet 1992. Il bénéficia pour son lancement de la prestigieuse notoriété du Charlie Hebdo historique, d'autant plus qu'on y retrouvait les signatures vedettes des années 1970 : Cavanna, Delfeil de Ton, Siné, Gébé, Willem, Wolinski, Cabu et une maquette identique. Sont également présents Charb, Oncle Bernard, Renaud, Luz et Tignous. Il fut présenté et accueilli non comme un nouvel hebdomadaire mais comme la suite, la reparution de l'ancien. Le premier numéro s'est vendu à 120 000 exemplaires. Sur la page de une, la légende titre URBA, Chômage, Hémophiles, Superphénix, on voit en dessous François Mitterrand dire « Et Charlie Hebdo qui revient ! ».

 

Le professeur Choron, à qui on n'avait pas proposé de poste par lui jugé acceptable, tenta pour sa part de relancer simultanément un Hara-Kiri hebdomadaire, où travaillait aussi Philippe Vuillemin, mais sa parution fut brève. Par la suite, il lancera La Mouise, vendu par des personnes à faible revenu (étudiants, SDF…) et leur assurant quelques revenus (initiative saluée d'ailleurs par Cavanna). Dans ce nouveau Charlie Hebdo, Philippe Val, Gébé et Cabu détiennent toutes les responsabilités. Philippe Val est directeur de rédaction, Gébé responsable artistique. Sous la direction de Philippe Val, le journal mène des combats rappelant la lignée contestataire d'extrême gauche. En cela, il se différencie de l'ancien Charlie Hebdo sans réelle ligne ni appartenance politique particulière, ce que le talent individuel reconnu de ses collaborateurs, rédacteurs et dessinateurs - humour corrosif, contestation efficace - et la stabilité de l'équipe renforçaient encore. Cette continuité et cette stabilité seront finalement malmenées. Plusieurs collaborateurs quitteront le journal ou en seront renvoyés. Les méthodes du nouveau directeur de rédaction du journal seront contestées au sein même de la rédaction, mises au jour parfois par plusieurs cas d'opposition ou de démission (Philippe Corcuff, Olivier Cyran, Lefred-Thouron ou François Camé, ainsi que des collaborateurs extérieurs réguliers…), voire de licenciements (par exemple le critique de cinéma Michel Boujut et l'actuelle collaboratrice du Monde diplomatique, Mona Chollet) à la fin des années 1990 et au début des années 200012.

 

Une large diversité d'opinions s'y exprime cependant, montrant que n'y existe pas de ligne éditoriale de prêt-à-penser. Comme Hara Kiri (aujourd'hui disparu), Charlie Hebdo est associé à une rare liberté de ton, et ce en son sein même, Charb ne se privant pas par exemple d'éreinter le fumeur Siné, et ce dernier incitant à voter « non » au référendum de 2005 sur la constitution européenne alors que Philippe Val milite fortement pour le « oui ». Le journal est édité tous les mercredis et publie également un certain nombre de hors-séries à périodicité variable.

2002-2004

En novembre 2002, le chroniqueur philosophe Robert Misrahi publie une tribune sur l'ouvrage d'Oriana Fallaci La Rage et l'orgueil intitulée « Courage intellectuel » dans laquelle il fait un éloge de l'ouvrage. Il écrit notamment : « Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. […] Elle ne proteste pas seulement contre l'islamisme assassin. […] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l'opinion européenne, qu'elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’Islam qui part en croisade contre l'Occident et non pas l'inverse. »

 

Cet article crée une polémique auprès de plusieurs associations qui estiment que l'ouvrage contient des propos racistes et le soutien de Misrahi à l'auteur italienne est vivement critiqué dans des publications comme Acrimed. La semaine suivant la publication de l'article, plusieurs lettres de lecteurs choqués sont publiées dans Charlie Hebdo et une réponse de l'hebdomadaire à ces courriers désavoue le chroniqueur. Après les attentats du 11 septembre 2001, Charlie Hebdo se désolidarise de certains courants d'extrême gauche qui, par antiaméricanisme, n'ont pas condamné les islamistes. Ces positions lui vaudront des relations conflictuelles avec cette gauche tiers-mondiste, en particulier, lorsqu'il dénonce la présence de Tariq Ramadan au FSE en 2003. Dans son éditorial du 15 novembre 2003, Philippe Val dénonce une « rhétorique immuablement semblable à celle qui innerva l’Europe d’avant-guerre » et qui, « a de quoi alarmer tous ceux qui savent comment meurent la paix et la démocratie ». Il affirme que Tariq Ramadan « est un propagandiste antisémite ». Il critique une partie de la gauche à qui il prête des positions antisémites au nom de l'antiracisme, se référant en particulier à la conférence de Durban en 2001 durant laquelle le sionisme fut assimilé à une politique raciste.

 

Après le décès de Gébé, Philippe Val, toujours rédacteur en chef, lui succède comme directeur de la publication. La vente est d'environ 60 000 exemplaires[réf. nécessaire]. En décembre 2004, le sociologue Philippe Corcuff, chroniqueur depuis avril 2001, quitte Charlie Hebdo suite à des désaccords éditoriaux avec la direction et en particulier avec Philippe Val13.

2006

 
Des gendarmes protègent Charlie Hebdo à la suite de la publication des caricatures.

Tandis que le tirage régulier est de 140 000 exemplaires, le 8 février 2006 160 000 sont publiés et vendus. Le journal procède alors à deux réimpressions et 400 000 exemplaires s'écoulent14. Cette semaine-là, Charlie Hebdo publie la série de caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten. La semaine précédente, ces dessins avaient déclenché des protestations dans des pays à majorité musulmane après que des imams danois y avaient fait campagne contre elles. Certains voient dans cette démarche, une tentative d'augmenter l'autocensure pratiquée par des pays européens à propos de l'islam. Des organisations musulmanes françaises comme le Conseil français du culte musulman, ont demandé l'interdiction du numéro, qui contient également des caricatures de Mahomet dessinées par les collaborateurs réguliers du journal. Cette demande n'a pas abouti à cause d'un vice de procédure. Le président de la République, Jacques Chirac condamne par la suite ces « provocations manifestes ». L'affaire des caricatures amène la publication du Manifeste des douze le 1er mars 2006.

Le 15 mars 2006, le ministère de la Culture organise une soirée en l'honneur du dessin de presse pour saluer les dessinateurs et caricaturistes après l'affaire en question. Plantu, Cabu, Wolinski et les plus jeunes Sattouf, Jul, Charb et Luz, tous les dessinateurs de Charlie sont particulièrement salués. Un hommage est adressé aux caricaturistes, occasion, un mois après la polémique suscitée par la publication des caricatures de Mahomet, d'entendre le directeur de cabinet du ministre, Henri Paul, réaffirmer leur statut d'« acteurs de la liberté », et d'apprendre la création d'une « mission pour la conservation et la valorisation du dessin de presse », parrainée par Wolinski. L'association des amis d'Honoré Daumier, avait inspiré l'événement.

Libération publie des réflexions de plusieurs dessinateurs du journal, en réaction à cette affaire :

Charb déclare : « J'ai vu les dessins, c'est énormément de bruit pour pas grand-chose. En France, je parle pour Charlie, on a publié des représentations du prophète qui étaient beaucoup plus choquantes que ce qui a été publié au Danemark. Une fois, une association musulmane très minoritaire et plutôt discrète a intenté un procès à Charlie parce qu'un dessin avait mis en scène le prophète. Ils sont allés en justice, ils ont perdu. À Charlie, avant qu'on soit embêtés par les musulmans intégristes, on a eu affaire à l'extrême droite catholique. Ça s'est terminé normalement devant les tribunaux, ils ont perdu et voilà. Ils attaquent pour tester en espérant gagner et que la législation change. Les juifs, on doit constater qu'ils ne nous font pas chier. Dans Charlie, on traite surtout de l'Église catholique parce qu'elle est encore très majoritaire ». Luz explique « en tant qu'athée, il est évident puisque l'on est dans un pays catholique que l'on va s'attaquer plutôt aux catholiques qu'aux musulmans, et plutôt au clergé, qui est le vrai représentant de cette aliénation, qu'à Dieu. Après, tout dépend du média qui porte le message. Quand c'est Charlie Hebdo, la critique ne porte pas sur les musulmans mais sur l'aliénation dans la foi ». De son côté, Jul explique également « c'est beaucoup plus facile de faire des dessins violents sur les chrétiens que sur les autres religions. Sans doute parce qu'on est dans un pays catholique. On ne peut pas taper sur une religion minoritaire comme on tape sur une religion majoritaire. Si l'hystérie provoquée par ces dessins est aussi forte, c'est aussi parce qu'il y a un racisme anti-arabe et anti-musulman en Europe. Mais je trouve totalement anormal que cette affaire ne se soit pas simplement réglée devant les tribunaux ».

D'autres intellectuels comme le philosophe Michel Smadja dans le même journal, qui loue le travail de Charlie Hebdo, écrit à ce propos : « comment se fait-il que Charlie Hebdo et ses collaborateurs (dont Caroline Fourest) semblent un vivier d'intelligence du monde et d'honnêteté bien plus crédible que certaines unités du CNRS ? Peut-être parce que, dans la rédaction de ce journal satirique, on a conservé l'idée qu'être de gauche n'est pas une simple posture sociale, mais plutôt, avant toute prise de position, l'exigence de la lucidité ».

2007-2009

 
Ancien siège de Charlie Hebdo à Paris.

Charlie Hebdo a été poursuivi par la Grande Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la ligue islamique mondiale pour la publication de deux des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten ainsi que la une dessinée par Cabu représentant « Mahomet débordé par les intégristes » déclarant que « c'est dur d'être aimé par des cons » (Le Monde du 08/02/07). Le procès de Charlie Hebdo, qui s’est tenu au Tribunal de grande instance de Paris du 7 au 8 février, a abouti à la relaxe, requise par le procureur de la République, et prononcée le 22 mars. Joann Sfar a publié un compte-rendu du procès dans un de ses carnets. Le CFCM se déclara néanmoins pour sa part satisfait des attendus du jugement. La société éditrice de Charlie Hebdo, les Éditions rotatives, est bénéficiaire de 968 501 euros. Sur cette somme, 85 % ont été reversés aux actionnaires (Philippe Val et Cabu ont touché 330 000 euros, Bernard Maris 110 000 euros et Éric Portheault, responsable financier, 55 000 euros).

 

En juillet 2008 éclate l'« affaire Siné », qui aboutira au licenciement du dessinateur (lire plus bas). En août, Charlie lance sa propre maison d'édition, Les Échappés, dirigée par le dessinateur Riss. Le 10 septembre, l'hebdomadaire lance son site Internet20. Le même jour paraît le premier numéro de son concurrent Siné Hebdo.

 

Le 12 mai 2009, le journal indique dans un communiqué que Philippe Val quitte son poste pour rejoindre Radio France Le dessinateur et chroniqueur Charb devient le nouveau directeur de la publication et le dessinateur Riss occupe désormais les fonctions de directeur de la rédaction avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. Le départ de Philippe Val, à la tête du journal (d'abord comme rédacteur en chef, puis directeur de la publication et de la rédaction) depuis 17 ans, ouvre une nouvelle ère. Dans l'éditorial du numéro 899 de Charlie Hebdo, Charb annonce un « Charlie 3 ». Riss affirme qu'« il y aura plus de dessins et les textes seront plus courts, mais c’est tout ». Pour Charb, « le principal changement c’est que Charlie ne sera plus associé à [Philippe] Val. (...) On a envie de renouer avec ce qui nous rassemble : le goût de la satire. »22 Enfin, le journal s'ouvre à l'investigation, genre journalistique jusque là peu présent dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique, avec les signatures de Guillaume Dasquié et Laurent Léger. En octobre 2009, Charlie Hebdo était vendu à 53 000 exemplaires, dont 13 000 par abonnement24.

2010-2015

 
Nouveau siège du journal rue Serpollet à Paris

Confronté à une diminution des ventes, le journal fait appel, début avril 2010, à un prestataire de service afin d'optimiser sa diffusion et limiter les retours25. Le 9 juin, le prix de l'hebdomadaire, qui n'avait pas augmenté depuis 9 ans, passe à 2,50 euros au lieu de 2 euros. Selon le directeur de la publication Charb, cette augmentation de 25 % est liée à l'augmentation des charges qui pèsent sur le journal (papier, impression, électricité, etc.). Le même réaffirme auprès des lecteurs la volonté d'indépendance de la rédaction de Charlie Hebdo : « En pleine crise de la presse (en pleine crise tout court), nous n’avons pas et nous ne voulons pas d’industriels fortunés comme actionnaires. Pas plus que nous ne voulons dépendre de la publicité. Nous ne touchons donc pas les aides de l’État dont bénéficient les journaux dits « à faibles ressources publicitaires », puisque, de publicité, nous n’en avons pas. L’indépendance, l’indépendance totale, a un prix. La presse gratuite coûte des millions de compromis éditoriaux, la presse libre coûte, elle, 2,50 euros. Et son existence ne repose que sur vous. »

Le 16 février 2011, Charb annonce dans le journal que Philippe Val, son prédécesseur à la tête de l'hebdomadaire, n'est plus actionnaire de Charlie Hebdo. Il cède toutes ses parts pour un euro symbolique. Le capital du journal est désormais partagé entre Charb (600 parts), Riss (599), Éric Portheault (299), Bernard Maris (1) et Cabu (1). Les actions sont estimées à zéro euro, selon Charb27. Le 5 avril, Charb annonce dans Libération que Charlie Hebdo déménage dans des locaux porte de Montreuil, à Paris. Les ventes du journal se situent autour de 48 000 exemplaires hebdomadaires, dont 12 000 abonnés, indique le directeur de la publication28. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, les locaux de Charlie Hebdo (situés au 62, boulevard Davout, 20e arrondissement29) sont la cible d'un incendie criminel provoqué par un cocktail molotov30. Le site du journal est piraté, la page d'accueil étant remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran31. Ces attaques font suite à l'annonce de la sortie du journal daté du 2 novembre, baptisé spécialement Charia Hebdo avec Mahomet comme rédacteur en chef afin de « fêter la victoire » du parti Ennahdha en Tunisie29. À la suite de l'incendie, l'équipe de Charlie Hebdo a été hébergée durant deux mois dans les locaux de Libération, avant de rejoindre de nouveaux locaux dans le 20e arrondissement de Paris32. À ce jour, l'enquête n'a pas démontré de lien entre les deux faits.

En janvier 2012, Charlie Hebdo publie une fausse affiche de la candidate Marine Le Pen, qui portera plainte33.

Le 19 septembre 2012, une vive polémique naît à la suite de la publication de nouvelles caricatures du prophète Mahomet avec de nombreuses condamnations tant de la part de certains dirigeants politiques que d'instances religieuses tels que le Conseil français du culte musulman (CFCM)34 ou encore le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)35. Rappelant que « la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de la République », le Premier ministre Jean-Marc Ayrault affirme pour sa part « sa désapprobation face à tout excès »36.

François Fillon et Marine Le Pen ont à cette occasion défendu Charlie Hebdo37. Ces caricatures sont par ailleurs perçues comme une provocation alors même que des émeutes secouent le monde musulman quelques jours après la diffusion d'une vidéo qualifiée d'« anti-islam »38. Une plainte a été déposée au parquet de Paris contre Charlie Hebdo pour « provocation à la haine » par l'Association syrienne pour la liberté. Une autre plainte pour « diffamation » et « injure publique » a été déposée à Meaux par l'Association des musulmans de Meaux et de sa région39. Le site web de Charlie Hebdo est, le jour même, piraté et rendu inaccessible40.

Attentat du 7 janvier 2015

Le mercredi 7 janvier 2015 en fin de matinée, trois hommes vêtus de noir et lourdement armés entrent dans le siège du journal Charlie Hebdo à Paris et y ouvrent le feu à la Kalachnikov, tuant douze personnes dont deux policiers, et blessant grièvement au moins quatre personnes selon le parquet de Paris42, ce qui constitue le bilan le plus meurtrier d'un attentat depuis au moins quarante ans en France. Cette attaque est désignée comme un « attentat terroriste » par le président de la République François Hollande.

Parmi les victimes se trouvent les dessinateurs CharbCabu, HonoréTignous, Wolinski, ainsi que l'économiste Bernard Maris

Positionnement

Charlie Hebdo, publication satirique de tradition libertaire, à l'esprit caustique et irrespectueux hérité de Hara-Kiri, a gardé une réputation marquée à gauche. Si l'hebdomadaire fustige plus volontiers les idées et hommes politiques de droite, il n'est guère complaisant avec les partis de gauche, qu'ils soient au gouvernement ou non. Il est fréquent que les différents chroniqueurs soient en désaccord plus ou moins profond, par exemple lors du référendum sur la Constitution européenne.

Polémiques

Dispute avec le Professeur Choron

Le professeur Choron était pour des raisons historiques propriétaire du titre Hara-Kiri et autres titres des éditions du Square. Le titre Charlie Hebdo ne fut jamais déposé légalement. C'est lui qui avait été directeur de toutes les publications hara-kiriennes des éditions du Square et en assurait la gestion financière. Selon Cavanna, sans lui, Hara-Kiri n'aurait jamais pu exister, pas plus que les publications qui en émanèrent, dont Hara-Kiri hebdo nommé Charlie Hebdo pour seule raison d'interdiction du premier. S'il accepta de prendre tous les risques financiers (nombreux procès et mauvaises ventes pour certains titres), il fut, de par sa personnalité même, un très mauvais gestionnaire.

Aucune place ne lui fut réellement proposée dans le nouveau Charlie Hebdo de 1992. Sa réaction immédiate fut de lancer son propre hebdomadaire satirique nommé Hara-Kiri, qui eut peu de succès et finit par disparaître, et d'intenter un procès à Charlie Hebdo tout en laissant la disposition du titre à la nouvelle équipe pendant six mois. Pour des raisons strictement juridiques, les membres de l'équipe historique ne firent pas valoir leur droit à être ensemble les détenteurs du titre. Il y fut plaidé le droit d'auteur. Delfeil de Ton révéla toutefois dans sa chronique du Nouvel Observateur le 14 août 200845 que chaque membre de la nouvelle équipe livra au tribunal un papier signé attestant que Cavanna était l'unique inventeur du titre. Cela pourrait être considéré comme un faux, et du reste, Delfeil de Ton n'a été ni contredit, ni attaqué en diffamation.

Cet élément n'étant alors pas connu, Choron perdit son procès. Par décision de la 3e chambre du tribunal de grande instance de Paris, le 30 janvier 1993, Cavanna est reconnu, de droit, l'auteur du titre. En 2002 il est également reconnu comme propriétaire de la formule « Hara Kiri : journal bête et méchant » qui figure dès lors dans un bandeau sur la quatrième de couverture de l'hebdomadaire regroupant les « couvertures auxquelles vous avez échappé ».

Le professeur Choron s'exprima de façon virulente envers Philippe Val dans son mensuel, Zéro, et lança un autre magazine satirique nommé La Mouise, vendu par et pour des SDF.

Lors de la parution du livre Les années Charlie en 2004, il n'est cité que brièvement dans une préface de Cavanna (il y est fait mention de l'odeur de ses cigarettes dans les locaux du journal). La plus célèbre Une du journal, « Bal tragique à Colombey », dont il est l'auteur46, ne lui est pas créditée non plus.

Direction par Philippe Val

Le journal connaît des polémiques par rapport à sa ligne éditoriale et son fonctionnement interne :

  • Philippe Val décidait seul du dessin sélectionné pour être publié en Une. Alors qu'avant 1981 la décision était prise à l'unanimité47.
  • Philippe Val, membre fondateur d'Attac, fut rayé de la liste des membres fondateurs d'Attac, à sa demande. Il se trouve toutefois qu'il n'avait jamais payé sa cotisation48. Le journal PLPL est critique envers Philippe Val, ce qui lui pose quelques problèmes. Philippe Val est en effet plus proche de la gauche parlementaire que de l'extrême-gauche. Sa position est bien éloignée des positions éternellement ambiguës de Choron. On lui reproche également sa stigmatisation fréquente de l'altermondialisme.
  • Certains anciens collaborateurs de Charlie Hebdo comme Olivier Cyran ont participé et participent encore au journal CQFD. Libération a décrit CQFD comme le journal des déçus de Charlie Hebdo, qui a démenti... mais interdit à cinq de ses dessinateurs de collaborer à CQFD49. Cela dit, Charlie Hebdo n'est pas une chapelle, Wolinski en restait membre même quand il travaillait de front à L'Humanité (sa collaboration à Paris Match fut d'ailleurs presque autant contestée). De même, Charb publie régulièrement dans l'Humanité et Fluide glacial, et Cabu dans le Canard enchaîné.
  • Bien qu'indépendant de toute forme de publicité, Charlie Hebdo a tout de même conclu un accord avec le journal Libération et affiche chaque semaine dans ses pages une publicité (la seule) présentant la Une de ce journal.
  • Philippe Val est particulièrement virulent envers Internet et a longtemps refusé que Charlie Hebdo s'en serve pour communiquer, par le biais d'un site web par exemple. Il a fait fermer le site d'un particulier qui faisait un résumé hebdomadaire des éditions de Charlie Hebdo. En revanche, le fait qu'il ne mette plus systématiquement son courriel en signature comme il le faisait il y a quelques années peut être vu comme une mesure de protection de sa tranquillité : sans doute pour éviter les spams et insultes faciles. Le 10 septembre 2008, cependant, Charlie Hebdo annonce en page 3 le lancement de son site Internet.
  • La direction de Charlie Hebdo par Philippe Val s'achève courant mai 2009, lorsque ce dernier décide de rejoindre Jean-Luc Hees, le nouveau président de Radio France. Cette information a été divulguée par l'hebdomadaire, sans toutefois donner de détails sur le poste qu'occupera Philippe Val à Radio France.
  • Charb, dessinateur et chroniqueur au sein de l'hebdomadaire, lui succède à la direction de la publication et le dessinateur Riss aux fonctions de directeur de la rédaction, avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. Bernard Maris quitte ses responsabilités à la direction de la rédaction, mais il prend à sa charge l'éditorial. Enfin, Gérard Biard demeure rédacteur en chef du journal.

Licenciement de Siné

Article détaillé : Affaire Siné.
  • Dans le numéro du 2 juillet 2008, Siné, dans sa chronique hebdomadaire « Siné sème sa zone », ironise sur l'ascension de Jean Sarkozy. Il y fait notamment allusion aux fiançailles de celui-ci avec l'héritière, de confession juive, des fondateurs du groupe Darty, et à une possible conversion au judaïsme (rumeur lancée par Patrick Gaubert, président de la LICRA dans Libération du 23 juin 2008). L'entourage de Jean Sarkozy signale50 cette chronique à Claude Askolovitch du Nouvel observateur, qui la déclare « antisémite » sur RTL. Philippe Val, qui affirme l'avoir publiée sans la lire51, reçoit un coup de téléphone50 d'un proche collaborateur de Jean Sarkozy, écrit une lettre d'excuse et demande à Siné de la signer52. Il est également prévu que la rédaction du journal dans son ensemble signe un texte désavouant l'article de Siné. Ce texte ne sera finalement pas publié, une partie de la rédaction — notamment Michel Polac — refusant de s'y associer, mais Siné considère néanmoins cette initiative comme une « pétition contre lui » et refuse alors de présenter des excuses51. Philippe Val annonce dans le numéro du 16 juillet la fin de la collaboration du journal avec Siné. Celui-ci accuse alors Val d'avoir cherché un prétexte pour le licencier en raison de leur désaccord à propos de Denis Robert et Clearstream pour lequel il l'attaquait également dans le même article53, l'avocat de Charlie Hebdo étant aussi avocat de Clearstream.
  • L'éviction de Siné entraîne une vive polémique médiatique. Deux tendances opposées s'affrontent dans les médias français, l'une prenant la défense de Siné, l'autre dénonçant ses propos comme étant antisémites. Philippe Val fait l'objet de nombreuses attaques affirmant que la chronique incriminée n'aurait été qu'un prétexte pour se débarrasser d'un collaborateur historique de Charlie Hebdo avec lequel il avait très peu d'affinités. Des pétitions sont lancées dans les deux camps, et de nombreuses personnalités prennent parti pour l'un ou l'autre.
  • Siné est cité à comparaître le 9 septembre 2008 devant la 6e chambre correctionnelle (presse) du tribunal de grande instance de Lyon par la LICRA pour « incitation à la haine raciale ». L'audience sur le fond a été fixée au 29 janvier 2009. Elle se tient finalement les 27 et 28 janvier 2009.
  • Le 10 septembre 2008, Siné lance son propre hebdomadaire : Siné Hebdo, disparu en 2010, qui a été tiré jusqu'à plus de 100 000 exemplaires chaque semaine.
  • Le 24 février 2009, il est relaxé à Lyon, les juges considérant que Siné avait usé de son droit à la satire.
  • Le 30 novembre 2010, le tribunal de grande instance de Paris condamne la société les Éditions Rotatives, société éditrice du journal Charlie Hebdo, à payer à Siné 40 000 euros de dommages et intérêts pour rupture abusive de leur collaboration.
  • En décembre 2012, la cour d’appel de Paris confirme la condamnation de Charlie Hebdo et augmente le montant des dommages et intérêts à 90 000 euros.

Équipes

Direction

La rédaction de Charlie Hebdo est composée de journalistes et de dessinateurs, qui sont aussi des chroniqueurs. Depuis mai 2009, le directeur de la publication était le dessinateur/chroniqueur Charb (jusqu'à son assassinat le 7 janvier 2015) et le directeur de la rédaction est le dessinateur Riss. Ce dernier a pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. La rédaction en chef est assurée par le journaliste Gérard Biard. Enfin, le dessinateur Cabu était, jusqu'à son assassinat le 7 janvier 2015, directeur artistique de l'hebdomadaire satirique, une fonction originale dans le milieu de la presse.

CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
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CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
CHARLIE-HEBDO assassiné
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Georges Wolinski

 

Georges Wolinski

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Georges Wolinski au salon du livre de Paris en mars 2011.

 
Activités Dessinateur de presse
Naissance 28 juin 1934
Tunis (Tunisie)
Décès 7 janvier 2015 (à 80 ans)1
Paris (France)
Langue d'écriture Français

Œuvres principales

  • Elles ne pensent qu'à ça
  • Sales gosses

Georges Wolinski, né le 28 juin 1934 à Tunis et mort assassiné le 7 janvier 2015 lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo à Paris2, est un dessinateur de presse français.

Il a collaboré au journal Hara-Kiri (versions mensuelle et hebdomadaire), ainsi qu'à Action, Paris-Presse, Charlie Hebdo, L'Humanité, Le Nouvel Observateur et enfin Paris Match. Il a également été rédacteur en chef de Charlie Mensuel.

 

Débuts

Né d'une mère juive franco-italienne et d'un père juif polonais à la tête d’une entreprise de ferronnerie d’art à Tunis, il est élevé par ses grands-parents maternels pâtissiers, son père étant mort lorsqu'il a 2 ans et sa mère tuberculeuse envoyée en sanatorium en France. Il rejoint à l'âge de 13 ans sa mère remariée. Au lycée de Briançon, il rencontre sa première femme Jacqueline épousée en 1961, avec qui il aura deux filles. Il travaille d'abord dans l’entreprise de tricot de son beau-père à Fontenay-sous-Bois, puis publie ses premiers dessins dans Rustica en 1958. Après avoir envoyé ses dessins à François Cavanna, il entre en 1960 dans l'équipe de Hara-Kiri, puis en 1968 dans Le Journal du dimancheil rencontre sa seconde femme Maryse, il devient rédacteur en chef de Charlie Hebdo de 1970 à 1981.

 

Wolinski oscille au début entre des styles très différents, pour se fixer à terme sur un graphisme évoquant au départ celui de Copi. Rapidement, il acquiert la patte spécifique de l’auteur, qui met l’accent sur l’expressivité de ses personnages là où au contraire Copi les voulait neutres. Les événements de mai 1968 font connaître son travail par l’éphémère revue Action, où il dessine régulièrement. C’est alors la gloire. Les personnages si typiques de Wolinski plaisent et sont sollicités pour des campagnes de publicité d’envergure nationale :

  • Immeuble « Le Broca », près du canal Saint-Martin à Paris.
  • IBM (Wolinski dessine un de ses personnages qui balance ses papiers à l’ordinateur en lui disant : « Tiens, débrouille-toi! »)
  • Mars (barre chocolatée)
  • Rizla+, papier à cigarette (une jeune femme sort d'un paquet en déclarant "je suis dans les petits papiers de Riz la +"; une jeune femme s'habille de petits papiers etc.)7

Ces publicités seront reprochées à Wolinski par les puristes. Il les choisit pourtant au compte-gouttes, n’acceptant que celles qui lui donnent prétexte à faire des choses qui l’inspirent.

Georges Wolinski meurt le 7 janvier 2015, assassiné lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo à Paris.

Carrière

Hara-Kiri

L'Enragé

Pendant les événements de Mai 68, Wolinski — qui a commencé par dessiner dans Action — fonde avec Siné le journal L’Enragé, dans lequel ses dessins prennent une coloration politique. Le journal disparaîtra vite, mais le ton du futur Hara-Kiri Hebdo (puis Charlie Hebdo) commence à apparaître.

France Soir

Après la parenthèse d’Action, Wolinski est sollicité pour tenir une page de contestation dans le quotidien France-Soir de Pierre Lazareff, où il prend l’habitude de ne « pas seulement y contester la société, comme tout le monde, mais aussi le directeur du journal », comme il le résume. La collaboration prendra vite fin.

Charlie Hebdo

C’est dans Hara-Kiri hebdo devenu par la suite Charlie Hebdo, que Wolinski prend sa pleine mesure en dessinant de façon pratiquement hebdomadaire deux personnages repris d’Action : un gros sûr de lui et dominateur, et un maigre d’allure timide, qui tiennent des propos de café du commerce, mais toujours présentés de façon humoristique. Commençant imperturbablement par un « Monsieur », qu’on devine prononcé avec emphase, les bandes présenteront ces morceaux de bravoure typiques du style wolinskien :

  • « Monsieur, je suis pour la liberté de la presse à condition que la presse n’en profite pas pour dire n’importe quoi ! »
  • « Monsieur, il y a des moments où je me demande si ça valait la peine de gagner la guerre contre un homme qui nous aurait débarrassés du communisme. »
  • « Le socialisme, c’est comme la marijuana : c’est peut-être inoffensif, mais ça peut conduire à des drogues plus dures comme le communisme. »

La bande hebdomadaire se nomme au début « L’évolution de la situation ». Elle inspirera ensuite plusieurs revues théâtrales de Claude Confortès, toutes nommées « Le roi des cons ».

Ce roi des cons est aussi une trouvaille de Wolinski. Avant lui, l’expression était certes usitée, mais personne n’avait jamais eu l’idée de donner au personnage un visage et moins encore un costume. Le dessinateur lui donnera celui d’un benêt invariablement coiffé d’une couronne et revêtu d’un manteau d’hermine. Ce personnage apparaît pour la première fois lorsque le Shah d’Iran organise des fêtes immenses pour les « 2500 ans de monarchie ininterrompue » à Persépolis (seule la monarchie d’Éthiopie incarnée à l’époque par Haïlé Sélassié fait mieux). Tous les chefs d’État ou presque y sont conviés. Tous hésitent à assister en raison du caractère peu démocratique de ce pays (Pompidou se défaussera et enverra son premier ministre Jacques Chaban-Delmas). Un dessin soulagera d’un seul coup la tension et déclenchera l’hilarité générale. Il est titré : « Le Shah au roi des cons : « Vous avez bien fait de venir » »

L’Humanité

Le directeur du journal L'Humanité, Roland Leroy, qui apprécie l’humour de Wolinski, lui propose de devenir dessinateur officiel du journal, en lui garantissant qu’il pourra « y caracoler en toute liberté ». Au grand désespoir de François Cavanna, Wolinski accepte en donnant comme excuse que « ça l’amuse d’être honnête ». Mais il ne donne plus à ses dessins le caractère militant et parfois agressif qu’ils avaient dans Action, et opte au contraire pour un style bon enfant où il se moque presque de lui-même et où percent parfois des allusions au style du dessinateur du Monde à l’époque, qui se nomme alors Konk. Bien que dénués de ce côté grinçant qui était sa marque de fabrique, ses dessins de l’époque ne perdent rien de leur drôlerie ; et puis la collaboration avec Charlie Hebdo et Hara-Kiri continue pour ce genre de dessins-là.

Prix Gat Perich

En 1998, a reçu le Prix International d'Humour Gat Perich.

Paris-Match

Wolinski franchira une dernière étape de sa carrière en devenant également dessinateur de presse à Paris-Match : son mode de contestation a fini par faire partie du paysage français, et Wolinski, dorénavant, de l’establishement, comme un Sempé.

Bande dessinée

Wolinski a également été auteur de bande dessinée. Il a par exemple été le scénariste de la série des Paulette, dessinée par Georges Pichard.

Légion d’honneur

En janvier 2005, Wolinski a reçu la Légion d'honneur.

Festival d’Angoulême

Lors de l’édition 2005 du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, Wolinski a reçu le Grand prix de la ville d'Angoulême.

Hannukah Harry

Associé avec Pierre Barkats, un avocat américain, Georges Wolinski s'est lancé dans une nouvelle aventure. Un petit personnage universel qui parcourt les époques interpelle le lecteur sur l'état de la planète. C'est lui qui a apporté le feu aux sauvages dans leurs grottes et il se sent un peu coupable quelque part du réchauffement climatique.

 

Style

 

Le style de Wolinski possède quelques constantes : de fréquents doubles sens, souvent à connotation coquine. Une présentation si convaincante des positions de la droite que ses lecteurs peuvent parfois se demander s’il s’agit de caricaturer des positions ou si Wolinski n’est pas réellement de droite (certains de ses dessins, sous condition qu’on les prenne au premier degré, auraient très bien trouvé leur place dans Le Figaro). Et en fait cette ambiguïté voulue sera elle aussi une caractéristique du travail de Wolinski : au fond, il ne hait pas la droite, il la comprend. Elle l’amuse. Elle n’a plus à ses yeux, ou plus toujours, ce caractère borné qu’il lui trouvait du temps d’Action. Elle fait partie de son paysage comme il fait d’ailleurs partie de la sienne, car les dessins de Wolinski, perçus comme plus gaulois, égrillards, irrévérencieux et frondeurs que proprement politiques sont appréciés maintenant par toute une France qui retrouve un peu d’elle-même dans ses personnages.

 

 

À l’initiative de Jérôme Duhamel, Wolinski collaborera à un livre commun avec le dessinateur du Figaro Jacques Faizant. « C’est mon bon facho », dit Wolinski. « C’est mon bon gaucho », dit Faizant. Et tous deux ajoutent en commun qu’ils n’en pensent pas un mot, mais qu’au cas où il y aurait une épuration, ils préfèrent se faire des relations dans l’autre camp à tout hasard !!

 

Wolinski ne se veut pas dans la vie aussi libertin que ses personnages. Il est l’auteur d’une émouvante Lettre ouverte à ma femme, déclaration d’amour à Maryse Wolinski où il s’émerveille que sur dix ans de vie commune ils n’aient passé que trois nuits séparés. Dans sa réponse quelques années plus tard, Chambre à part, celle-ci précisera qu'ils dormaient dans le même logement, mais pas systématiquement dans le même lit.

 

Invité à ApostrophesBernard Pivot lui demande : « Mais enfin, lorsque vous draguez une minette ? ». Il répond avec le plus grand sérieux : « Je suis marié, monsieur Pivot. Donc je ne drague pas des minettes. Je fais l’amour avec ma femme ». Info, ou intox ? Déclaration en tout cas typique de l’ambiguïté toujours voulue par l’inclassable Wolinski.

CHARLIE-HEBDO assassiné
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CABU

 

 

Cabu

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Cabu au Salon du livre de Paris, en 2008.

 
Nom de naissance Jean Cabut
Alias
Cabu
Naissance 13 janvier 1938
Châlons-sur-Marne (France)
Décès 7 janvier 2015 (à 76 ans)
Paris (France)
Nationalité Française
Profession
Famille
Mano Solo (fils)

Jean Cabut, dit Cabu, est un caricaturiste, dessinateur de presse et auteur de bande dessinée français, né le 13 janvier 1938 à Châlons-en-Champagne (Marne) et mort assassiné le 7 janvier 2015 lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo.

 

Créateur des personnages du Grand Duduche et du Beauf, participant aux équipes de journaux satiriques comme Hara-Kiri, Charlie Hebdo ou Le Canard Enchaîné, il collabore en outre à plusieurs émissions de télévisions aussi bien de débat - avec Droit de réponse - que pour enfants - avec Récré A2 - qu'il illustre en direct.

 

Biographie

Jean Cabut remporte un concours à 12 ans dans Cœurs vaillants, gagne une bicyclette et voit son dessin publié. Il continue donc à dessiner et publie ses premières illustrations en 1954 dans le quotidien régional l'Union de Reims. Il effectue ensuite des études artistiques à Paris (École Estienne). Sa carrière est contrariée par la guerre d'Algérie : il est mobilisé pendant plus de deux ans (27 mois) durant lesquels il met ses compétences au service du journal de l'armée, Le Bled, basé à Constantine, dans lequel signent également Philippe Labro et Francis Veber. Il y publie notamment la série La Fille du colonel. Il garde de cette période un antimilitarisme militant et une vision un peu anarchiste de la société qu'il transpose dans ses dessins. Son personnage de l'adjudant Kronenbourg est inspiré par cette période. Il collabore également au magazine Paris Match pendant son incorporation militaire1.

 

Démobilisé en 1960, il dessine toujours dans différents journaux, dont l’Enragé, publication éphémère ne publiant que des caricatures. Il entre ensuite à Hara-Kiri, créé par François Cavanna et Bernier (le professeur Choron), où il trouve une ambiance qui correspond à ses idées et d'autres dessinateurs de talent : Gébé, Fred, Wolinski, Reiser... Il collabore aussi au magazine Pilote à partir de 1962. C'est là qu'il crée son personnage fétiche Le Grand Duduche, lycéen lymphatique et maladroit inspiré par ses souvenirs de lycéen à Châlons, et celle du « Beauf »3.

 

Il se lance dans le reportage dessiné pour Paris Presse avant de couvrir, en 1966, le procès Ben Barka pour Le Figaro et reçoit en 1969 le Crayon d'or du dessin de presse qui lui est remis par Pierre Dac. La même année, il fait partie du groupe de dessinateurs de Hara-Kiri hebdo6, puis après l'interdiction de celui-ci en 1970, de Charlie Hebdo à raison de deux pages par semaine.

 

Il rencontre un grand succès dans les années 1970/1980 et publie de nombreux albums. Il oriente alors son art vers la caricature politique en dessinant pour le nouveau Charlie Hebdo à partir de 1982, et pour Le Canard enchaîné où il transpose le Beauf qui connaitra une actualisation en 1995.

 

Engagé par Jacqueline Joubert, Cabu apparaît également dans l'émission télévisée Récré A2 : il crée des planches en direct et fait partie de l'équipe d'animateurs aux côtés de Dorothée. En 1982, il travaille pour les trois chaînes de télévision française (FR3, Antenne 2 et TF1 pour Droit de réponse, présenté par Michel Polac). Il publie en 1986 Le Nez de Dorothée, sélection de ses dessins pour Récré A2. Il ne suivra pas Dorothée lors du départ de celle-ci sur TF1 en 1987 et participera à l'ultime saison de Récré A2 matin avec Marie Dauphin et Charlotte Kady. Sa notoriété lui vaut un article biographique dans le Petit Robert des noms propres dès 19857.

 

Cabu a aussi travaillé épisodiquement dans Ici Paris, Jazz Hot, Rallye, Rock & Folk, Candide, Le Journal du dimanche, France-Soir, Paris-Presse, Le Figaro, Le Figaro littéraire, La revue de médecine, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Ciné Revue, Action, Jours de France, Pariscope, CFDT syndicalisme, 20 ans, Le Journal de la Maison, Journal des messageries maritimes, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel, Politique hebdo, La Grosse Bertha... Il a également participé au journal municipal de Paris sous la mandature de Bertrand Delanoë, en y faisant une pleine page de BD.

 

Il a illustré de nombreux livres, et la pochette du 3e album de Maxime Le Forestier intitulé « Caricatures ». Il a illustré également la série de double CD Cabu chez Nocturne, anthologies consacrées à quelques grands musiciens de jazz : Ellington, Basie, Gillespie, Peterson, Kenton, Bechet... Dès 1982, il participe aux pochettes des albums et 45 tours de Dorothée. Il illustre les pochettes des deux albums Hou ! La menteuse (1982) et Pour faire une chanson (1983). Ensuite, et jusqu'en 1987, il y aura toujours une Dorothée dessinée par Cabu sur les pochettes de disques de la chanteuse (sa dernière participation sera pour le 45 tours Où se cache l'Amour en 1987).

 

De septembre 2006 à janvier 2007, une exposition-hommage, Cabu et Paris, a lieu à l'Hôtel de ville de Paris et d'octobre 2006 à février 2007, la Médiathèque Georges Pompidou de Châlons-en-Champagne, sa ville natale, lui consacre pour la première fois une rétrospective. Un documentaire, Cabu, politiquement incorrect !, écrit par Bernard Fournier et réalisé par Jérôme Lambert et Philippe Picard, a été consacré à Cabu et diffusé sur France 5 en septembre 2006.

Une exposition « Hommage au Grand Duduche » a été organisée du 12 décembre 2008 au 10 janvier 2009 à la Librairie Goscinny.

Il meurt le 7 janvier 2015, assassiné lors de la fusillade au siège du journal Charlie Hebdo à Paris.

Famille

Le dessinateur est le père du chanteur Emmanuel Cabut, dit Mano Solo, mort en 2010.

CHARLIE-HEBDO assassiné
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Hara-Kiri (journal)

 
 
Hara-Kiri
Pays France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre Presse satirique
Diffusion Jusqu'à 250 000 ex. (1965-1966)
Fondateur Georges Bernier
François Cavanna
Date de fondation Septembre 1960
Date du dernier numéro Décembre 1985
Ville d’édition Paris

Hara-Kiri est un magazine, créé en 1960 à l'initiative de François Cavanna et du professeur Choron, entre autres. Ce journal satirique de tendance cynique, parfois grivoise, bénéficia d'un soutien télévisé discret de la part du réalisateur Jean-Christophe Averty (dont l'émission Les Raisins verts participait du même esprit) et connut un succès relativement important en France, à l'histoire riche en publicités radiophoniques provocantes (« Si vous ne pouvez pas l’acheter, volez-le ») et entrecoupée de quelques interdictions. Le magazine est d'abord vendu par colportage sur les trottoirs pour atterrir dans les kiosques à la fin de la même année.

 

Une lettre irritée arrive un jour au courrier des lecteurs, qui dit en substance : « vous êtes bêtes. Et non seulement vous êtes bêtes, mais vous êtes méchants ». Le sous-titre du magazine est immédiatement adopté : « Hara-Kiri, journal bête et méchant ». Dans chaque numéro, le professeur Choron (le siège est au 4 rue Choron) proposera le jeu bête et méchant du mois.

Historique

Au milieu des années 1950, François Cavanna et George Bernier se rencontrent dans la rédaction du journal Zéro où travaille également Fred1. Diffusé uniquement par colportage, le journal est dirigé par Jean Novi et est renommé Cordées en 1958.

À la fin des années 1950, Jean Novi meurt brutalement d'un infarctus et sa veuve Denise Novi devient la nouvelle directrice. De son côté, Cavanna souhaite se lancer dans la création d'un nouveau magazine plus corrosif et qui s'inspirerait de la revue satirique américaine Mad2. Avec Fred et d'autres dessinateurs de Cordées, il parvient à convaincre Georges Bernier de se rallier à eux. En tant que directeur des ventes, Bernier est en effet essentiel pour s'assurer du soutien des colporteurs de Cordées2.

 

En mai 1960, Bernier fait réunir l'ensemble de ses colporteurs au 4 rue Choron, un local dans le 9e arrondissement de Paris où Bernier possède un bail, et leur propose de travailler pour lui seul et non plus pour la directrice de Cordées2. Suite à ce « putsch », celle-ci perd donc tous ses vendeurs d'un coup et vend son stock de journaux quelques semaines plus tard2.

  •  
  • Septembre 1960 : Création du magazine Hara-Kiri, mensuel. La première de couverture est un dessin de Fred sur fond rouge représentant un samouraï éventré et surlégendé « honni soit qui mal y panse ». Il est initialement tiré à 10000 exemplaires vendus par des colporteurs dans les rues. Il sera interdit deux fois, en 1961 puis en 19663.
  •  
  • Février 1969 : Hara-Kiri crée, sans supprimer le mensuel, un hebdomadaire qu'il nomme alors Hara-Kiri Hebdo. Cavanna y indique dans son éditorial que le but est de mieux coller à l'actualité et que le journal a failli se nommer Vite fait, vite lu ou Hara-Kiri vite fait. Le journal est en vente en kiosque (et parfois même par colportage, boulevard Saint-Michel. Peut-être pour écouler un numéro interdit à la vente en kiosque soit en 1969, soit 1970) pour 1 franc, prix modeste qui contribuera d'ailleurs à son succès. Ce premier numéro montre le déjà célèbre petit bonhomme de Wolinski s'esclaffer en citant divers sujets, dont les « pendus de Bagdad ».
  •  
  • Mai 1969 : Le nom de l'hebdomadaire devient L'hebdo Hara-Kiri, le mensuel continuant toujours à paraître.

Cavanna raconte l’histoire du journal dans toute la deuxième partie de son livre Bête et méchant.

Interdiction de l’hebdo

Dans son no 94, daté du lundi 16 novembre 1970, la couverture de l'hebdomadaire titre : « Bal tragique à Colombey : 1 mort »4 suite au décès du général de Gaulle dans sa propriété de La Boisserie à Colombey-les-Deux-Églises, le 9 novembre 1970.

 

Ce choix de titre faisait référence à un fait divers qui avait défrayé la chronique le 1er novembre précédent : l’incendie d'un dancing, le « Cinq-Sept », à Saint-Laurent-du-Pont (Isère) où 146 personnes avaient trouvé la mort5. Durant la semaine suivante, ce drame avait été rebattu par une presse plus préoccupée de spectacle que d’information, et employait unanimement le terme de « bal tragique », pour évoquer le sinistre. En signe de désapprobation, ce titre fut repris de façon parodique par Hara-Kiri.

 

Une rumeur veut que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Raymond Marcellin, ait alors interdit la parution du journal le 17 novembre. Une autre, plus sceptique sur les délais de réaction réels des ministères, veut que la procédure d’interdiction, déjà en cours, ait simplement abouti par coïncidence cette semaine-là6.

La relève immédiate

Une semaine plus tard est lancé Charlie Hebdo. Le prénom Charlie dans le titre serait une référence à Charles de Gaulle selon Georges Wolinski (cf L’Écho des savanes no 239). En fait, les Éditions du Square éditaient alors un mensuel de bandes dessinées nommé Charlie et dont le rédacteur en chef était Wolinski. Or on remarque que :

  • Les premiers numéros de Charlie Hebdo contiennent des bandes dessinées (et justement Charlie Brown dans les Peanuts) sur une page à fond de couleur, comme pour signaler en somme qu’elles sont surajoutées au journal.

Le journal tire un parti comique de la situation :

  • « Comme l’avait signalé notre malheureux confrère L’hebdo Hara-Kiri, dont nous déplorons la disparition »
  • « L’Hebdo Hara-Kiri est mort. Lisez Charlie Hebdo, le journal qui profite du malheur des autres »

 

Les rubriques sont rebaptisées de façon à rester parfaitement identifiables. Ainsi « Je ne l’ai pas lu, je ne l’ai pas vu, mais j’en ai entendu causer » devient « Si ce n’est pas vrai, je suis un menteur ». Certaines ne le sont même pas comme « Les lundis de Delfeil de Ton » ou « le petit coin de la culture » du même.

L’humour de Charlie Hebdo ne sera pas du goût de tout le monde. Lors de la visite surprise du président égyptien Anouar el-Sadate à Tel-Aviv, sa couverture mentionne la rencontre en termes argotiques qui lui vaudront un procès intenté par la LICRA. Les positions antiracistes bien connues et largement affichées de Charlie Hebdo, ainsi que quelques témoignages prestigieux, feront débouter la demande. Les couvertures de Charlie Hebdo sont alors si grinçantes que le journal publie en prime toutes celles qui ont été envisagées, toujours irrévérencieuses, souvent très drôles[réf. nécessaire], dans le journal, en petit format.

 

L’arrivée au pouvoir de la gauche en 1981 semble avoir été fatale à Charlie Hebdo première manière, qui disparaît en 1982 pour cause d’irrégularité des ventes. Ironie du sort : les premiers numéros du journal disaient : « Vous pouvez vous abonner, mais on aimerait mieux pas parce que ça nous oblige à vous l’envoyer ».

 

Charlie Hebdo reparaît en 1992, sous la direction de Philippe Val.

Un baroud d’honneur aura pourtant été réalisé au préalable : « Charlie matin », quotidien qui dès le départ avait été conçu pour ne durer que trois numéros... et provoquer un battage médiatique à sa création comme à son arrêt de parution.

Hara-Kiri mensuel

Le mensuel continue à paraître jusqu'en 1986. On y retrouve tous les collaborateurs de l'hebdomadaire (y compris Delfeil de Ton qui avait quitté l'hebdomadaire en 1975). Avant gardiste, Hara-Kiri ouvre ses pages régulièrement à des auteurs ou dessinateurs non conformistes, à l'humour absurde, noir ou outrancier, souvent rejetés par les autres publications ou tout simplement impubliables à l'époque7. Les détournements salaces de publicités ou de tableaux de maître feront la gloire du journal, lequel multipliait des images et photos à caractère pornographique mais sous couvert de dérision, à l'instar de L'Écho des savanes.

 

Le journal fut innovant et osé, profitant de l'espace de liberté que la troupe avait toujours rêvé de trouver. On peut voir le premier journal avec le cadeau gadget, les premiers détournements photos.

 

Le titre était la propriété de Georges Bernier (le professeur Choron). Après l'échec du mensuel pour enfants Grodada, interdit au début des années 1990, Le Professeur Choron se sentant trahi par la création du Charlie-Hebdo nouvelle manière — qui ne lui proposa pas de poste à sa convenance —, et suivi par Vuillemin, tenta sa propre aventure en 1993 avec un Hara-Kiri hebdomadaire qui ne durera que quelques semaines. La nouvelle équipe incluait Schlingo, Bruno Blum, Patrick Eudeline, Cécile (Legros), Nat (avec les aventures de Pifo), les couvertures étaient dessinées par Vuillemin, dessinateur vedette de L’Écho des savanes. Il vend en fin de compte le titre Hara-Kiri à des acheteurs extérieurs qui conduiront rapidement le magazine à la faillite. Le Professeur Choron continue de son côté le magazine La Mouise, qui contient principalement des dessins de Vuillemin et est vendu par des colporteurs volontaires, comme l'était Hara-Kiri à ses débuts.

 

Le journal Hara-Kiri reparaît en mars 2000, sous la direction d'André Bercoff qui avait racheté le titre en 1998, contre l'avis de François Cavanna mais avec le soutien de Choron. Cependant le journal sera arrêté au bout de 4 numéros sans donner d'explication.

 

En mai 2002, la justice reconnaît la paternité des titres Charlie Hebdo et Hara-Kiri à François Cavanna, au détriment de Choron.

Le lieu de l'Attentat à savoir les locaux de CHARLIE HEBDO, dans le XIe arrondissement, 10 rue Nicolas Appert

Le lieu de l'Attentat à savoir les locaux de CHARLIE HEBDO, dans le XIe arrondissement, 10 rue Nicolas Appert

Charlie Hebdo: Charb, Cabu, Wolinski et Tignous décédés dans l'attaque

 

 

Les dessinateurs vedette Charb, Cabu, Wolinski et Tignous sont décédés dans l'attaque menée contre la rédaction de Charlie Hebdo ce mercredi en France, a-t-on appris de source judiciaire. Le journaliste et économiste Bernard Maris, actionnaire de Charlie Hebdo et chroniqueur du France Inter, a également perdu la vie dans l'attaque, a confirmé Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, via Twitter.
 
De gauche à droite et de haut en bas : Cabu, Tignous, Charb et Wolinski.

De gauche à droite et de haut en bas : Cabu, Tignous, Charb et Wolinski. - STEPHANE DE SAKUTIN - BELGAIMAGE

Jean Cabut (Cabu), Stéphane Charbonnier (Charb), Bernard Verlhac (Tignous) et Georges Wolinski sont décédés dans l'attaque du siège de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dans le XIème arrondissement à Paris. L'avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, a confirmé leur mort en début d'après-midi.

Selon de nombreux témoignages, les assaillants connaissaient les noms des journalistes et étaient venus dans l'intention claire de les assassiner. "Ils connaissaient les prénoms des journalistes", a ainsi expliqué Vincent Justin, un témoin présent sur place.

 

Portrait des victimes

 
Stéphane Charbonnier photographié le 27 décembre 2012 à Paris.

Stéphane Charbonnier photographié le 27 décembre 2012 à Paris. - FRANCOIS GUILLOT - BELGAIMAGE

Une carte postale réalisée en 2000 par Charb pour le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (mrap).

Une carte postale réalisée en 2000 par Charb pour le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (mrap). - © Tous droits réservés

Charb (47 ans)

Stéphane Charbonnier, plus connu sous le nom de Charb, avait 47 ans. Il était le directeur de la publication de l'hebdomadaire satirique depuis mai 2009. Avant cela, il avait notamment été le dessinateur de L'Écho des Savanes, Télérama, L'Humanité ou encore de la gazette Fluide glacial pour lequel il signait chaque mois une rubrique intitulée "La fatwa de l'Ayatollah Charb".

Dans Charlie Hebdo, il tenait, entre autres, la chronique "Charb n'aime pas les gens". Dans ses dessins, on retrouvait notamment le chien et le chat anticapitalistes, Maurice et Patapon, qui personnifiaient son impertinence, son esprit corrosif et irrévérencieux.

Très engagé, Stéphane Charbonnier s'attaquait aux extrémistes de notre temps, aux discriminations et aux injustices à travers des caricatures au vitriol pour lesquelles il ne semblait pas se fixer de limites. Il était par ailleurs un soutien de longue date du Parti communiste français (PCF) et du Front de gauche.

"Les choses ne changent pas dans le bon sens, mais je dessine plutôt pour arriver à supporter le monde, disait-il dans une interview accordée au journal Le Soir en 2004. Aucun dessinateur n'a la puissance ni le pouvoir de révolutionner la société."

Il avait fait l'objet de menaces après la publication de plusieurs dessins et caricatures polémiques. Il avait été placé sous protection policière, depuis l'incendie criminel qui avait visé la rédaction de Charlie Hebdo en novembre 2011.

Dans son dernier dessin, publié dans le numéro de Charlie Hebdo paru ce mercredi 7 janvier, Charb fait référence aux attentats, un dessin tristement prémonitoire.

Le dernier dessin de Charb publié dans le numéro de Charlie Hebdo de ce mercredi 7 janvier 2015.

Le dernier dessin de Charb publié dans le numéro de Charlie Hebdo de ce mercredi 7 janvier 2015. - © Tous droits réservés

 
Charlie Hebdo: Charb, Cabu, Wolinski et Tignous décédés dans l'attaque

Charlie Hebdo: Charb, Cabu, Wolinski et Tignous décédés dans l'attaque - MIGUEL MEDINA - BELGAIMAGE

Cabu (76 ans)

Jean Cabut, alias Cabu, avait 76 ans. Il était l'une des légendes du dessin de presse et de la caricature politique. Après être passé par le très culte Hara-Kiri jusqu'à son interdiction, il avait rejoint Charlie Hebdo à sa naissance en 1970. Dans le même temps, il continuait à illustrer les pages du Canard enchaîné.

Il avait également participé à l'émission télévisée pour les jeunes "Récré A2" où il créait des planches en direct et faisait partie de l'équipe d'animateurs aux côtés de Dorothée. Passé par France 3, Antenne 2 et TF1, il a également participé à "Droit de réponse", présenté par Michel Polac.

Côté presse, Cabu a travaillé épisodiquement pour de nombreux journaux et hebdomadaires, dont Ici Paris, Le Journal du dimanche, France-Soir, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, Le Monde, Ciné Revue, La Grosse Bertha, Politique hebdo...

Parmi ses plus mythiques personnages, on retrouve le "Grand Duduche", un lycéen maladroit pour lequel il s'inspirait de ses propres souvenirs d'école, ou encore le "Beauf", ce personnage bedonnant, moustachu et vulgaire, qui participa à la popularisation du mot d'argot français que l'on connaît bien aujourd'hui.

Face aux censeurs modernes qu'il pointait comme ceux "qui transforment des religions en politiques", Jean Cabut, disait de l'humour qu'il s'agit d'une "arme" et que renoncer à un dessin à cause de la peur serait le pire. Mais "c'est la peur aussi, qui fait voter Front national", ajoutait-il dans une interview publiée dans la Dernière Heure le 22 décembre dernier.

Ci-dessous le dernier dessin de Cabu, publié dans Le Canard enchaîné de ce mercredi 7 janvier.

 
 
Georges Wolinski avait 80 ans.

Georges Wolinski avait 80 ans. - GUILLAUME BAPTISTE - BELGAIMAGE

Un dessin de Wolinski.

Un dessin de Wolinski. - Georges Wolinski

Wolinski (80 ans)

Georges Wolinski était l'un des autres grands noms de Charlie Hebdo. Durant les mouvements de Mai 68, il s'était fait un nom grâce à sa plume dans le journal militant Action.

Comme Cabu, il avait fait ses armes dans la rédaction d'Hara-Kiri, avant de devenir rédacteur en chef du nouvel hebdomadaire satirique, Charlie Hebdo, de 1970 à 1981. Dans les années 90, il travaillait également pour Paris Match et Le Journal du dimanche.

Provocateur, cynique, érotomane, pessimiste et homme aux nombreuses contradictions, Wolinski était, avec Cabu, le doyen des dessinateurs et caricaturistes de presse et le père spirituel de bon nombre d'entre eux. Il avait reçu la légion d'honneur des mains de Jacques Chirac.

Comme ses collègues décédés avec lui ce mercredi 7 janvier, il incarnait la liberté d'expression. "L'humoriste n'appartient à aucun parti, ne croit en aucune religion, disait-il. Tous les actes sont suspects, surtout ceux qui ne sont pas guidés par l'intérêt."

Quand on lui demandait comment il appréhendait la mort, Georges Wolinski répondait par une boutade : "Je veux être incinéré. J'ai dit à ma femme : tu jetteras les cendres dans les toilettes, comme cela je verrai tes fesses tous les jours."

 
 
Bernard Verlhac, alias Tignous.

Bernard Verlhac, alias Tignous. - FRANCOIS GUILLOT - BELGAIMAGE

Tignous (57 ans)

Bernard Verlhac avait 57 ans, et dessinait sous le pseudonyme Tignous dans Charlie Hebdo. Il collaborait également à l'hebdomadaire français Marianne, au magazine humoristique Fluide glacial, mais également à L'Écho des Savanes.

Tignous avait par ailleurs participé à différentes émissions télévisées aux côtés de Laurent Ruquier, Marc-Olivier Fogiel ou encore Bruno Masure. Ses dessins réalisés en cours d'émission illustraient alors les débats.

Dans ses caricatures, il était l'un des plus farouches détracteurs de Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci était à la tête de l'État français. Plus largement, ses principales cibles étaient le capitalisme, les grands actionnaires ou encore les inégalités sociales, tournant en dérision la folie du monde avec un humour acerbe, percutant et quelque peu désespéré.

Ci-dessous, l'un de ses dessins, révélateur de son talent.

 
 
Charlie Hebdo: Charb, Cabu, Wolinski et Tignous décédés dans l'attaque

Charlie Hebdo: Charb, Cabu, Wolinski et Tignous décédés dans l'attaque - CHRISTOPHE ABRAMOWITZ - BELGAIMAGE

Bernard Maris (68 ans)

Économiste, journaliste et écrivain, Bernard Maris avait 68 ans. Il était l'un des piliers de Charlie Hebdo pour lequel il écrivait sous le pseudonyme "Oncle Bernard".

Fondateur de l'hebdomadaire satirique lors de sa renaissance en 1992, il était alors actionnaire à hauteur de 11% et est resté jusqu'en 2008, directeur adjoint de la rédaction.

Il avait écrit pour différents journaux dont Marianne, Le Nouvel Observateur, Le Figaro Magazine ou encore Le Monde.

Chroniqueur pour la radio France Inter, il y animait également une émission hebdomadaire, intitulée "Le débat économique", chaque vendredi à 7h50.

Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, a confirmé la mort de Bernard Maris dans l'attaque de ce mercredi via le tweet ci-dessous.

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:06
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 15:01
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri

Cette majestueuse cathédrale végétale est un véritable lieu de recueillement pour les amoureux de la nature

 
 
 
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Giuliano, un artiste italien, a lancé un projet architectural des plus incroyables : la construction d’une cathédrale entièrement végétale, utilisant la subtile technique du tissage d’antan. DGS vous présente cette somptueuse bâtisse florale d’une beauté à couper le souffle ! 

 

Décédé au printemps 2009, c’est en 2002 que Giuliano Mauri a eu l’idée de lancer un projet d’architecture fantastique en construisant une cathédrale entièrement végétale, dans le nord de l’Italie. Hébergeant pas moins de 5 nefs et 42 colonnes, la cathédrale a été construite à partir de bois de sapin, de châtaignier et de noisetier. Construite sur une colline isolée et uniquement entourée d’arbres, la bâtisse offre une vue spectaculaire sur les sommets de Pizzo et Arera dell’Aben.

« Quatre rangées d’arbres formeront cette cathédrale dont j’ai toujours rêvé. Dans une vingtaine d’années, les gens s’apercevront qu’il y a eu une création par un dialogue entre la nature et l’homme », a déclaré Giuliano avant son décès. On vous laisse admirer…

La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri
La Cathédrale végétale de Giuliano Mauri

Nous avons été fascinés par la beauté de cette construction. Les décors végétaux sont vraiment envoûtants. Nous aimerions beaucoup voir ça de nos propres yeux, cet endroit semble très apaisant. A la rédac, certains trouvent que les cathédrales sont les plus belles constructions qui soient. Aimeriez-vous parcourir les allées végétales de cette bâtisse ?

 
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 17:46
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge

Émile Verhaeren

 
Page d'aide sur l'homonymie

Émile Verhaeren

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait, c 1910-1916N 1

 
Nom de naissance Émile Adolphus Gustavus Verhaeren
Activités Poète, dramaturge
Naissance 21 mai 1855
Saint-Amand, Province d’Anvers Drapeau de la Belgique Belgique
Décès 27 novembre 1916 (à 61 ans)
Rouen
Mouvement Symbolisme

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d'expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes dont il parle avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. Il a su traduire dans son œuvre la beauté de l'effort humain.

 

 

Biographie

Verhaeren est né à Saint-Amand (en néerlandais : Sint-Amands) en Belgique, au bord de l'Escaut, dans une famille aisée où on parlait le français, tandis qu'au village et à l'école régnait le flamand. Il fréquenta d'abord l'internat francophone Sainte-Barbe, tenu par des jésuites à Gand, puis il étudia le droit dans la vieille université de Louvain. C'est là qu'il rencontra le cercle des écrivains qui animaient La Jeune Belgique et il publia en 1879 les premiers articles de son cru dans des revues d'étudiants.

 
La Lecture (1903) par Théo van Rysselberghe. Verhaeren est représenté en veston rouge.

 

Chaque semaine, l'écrivain socialiste Edmond Picard tenait à Bruxelles un salon où le jeune Verhaeren put rencontrer des écrivains et des artistes d'avant-garde. C'est alors qu'il décida de renoncer à une carrière juridique et de devenir écrivain. Il publiait des poèmes et des articles critiques dans les revues belges et étrangères, entre autres L'Art moderne et La Jeune Belgique. Comme critique d'art, il soutint de jeunes artistes tels que James Ensor.

 

En 1883, il publia son premier recueil de poèmes réalistes-naturalistes, Les Flamandes, consacré à son pays natal. Accueilli avec enthousiasme par l'avant-garde, l'ouvrage fit scandale au pays natal. Ses parents essayèrent même avec l'aide du curé du village d'acheter la totalité du tirage et de le détruire. Le scandale avait été un but inavoué du poète, afin de devenir connu plus rapidement. Il n'en continua pas moins par la suite à publier d'autres livres de poésies. Des poèmes symbolistes au ton lugubre caractérisent ces recueils, Les Moines, Les Soirs, Les Débâcles et Les Flambeaux noirs.

 

En 1891, il épousa Marthe Massin, peintre connue pour ses aquarelles, dont il avait fait la connaissance deux ans plus tôt, et s'installa à Bruxelles. Son amour pour elle s'exprime dans trois recueils de poèmes d'amour : Les Heures claires, Les Heures d'après-midi et Les Heures du soir.

 

Dans les années 1890, Verhaeren s'intéressa aux questions sociales et aux théories anarchistes et travailla à rendre dans ses poèmes l'atmosphère de la grande ville et son opposé, la vie à la campagne. Il exprima ses visions d'un temps nouveau dans des recueils comme Les Campagnes hallucinées, Les Villes tentaculaires, Les Villages illusoires et dans sa pièce de théâtre Les Aubes. Ces poèmes le rendirent célèbre, et son œuvre fut traduite et commentée dans le monde entier. Il voyagea pour faire des lectures et des conférences dans une grande partie de l'Europe. Beaucoup d'artistes, de poètes et d'écrivains comme Georges Seurat, Paul Signac, Auguste Rodin, Edgar Degas, August Vermeylen, Henry van de Velde, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, André Gide, Rainer Maria Rilke, Gostan Zarian et Stefan Zweig l'admiraient, correspondaient avec lui, cherchaient à le fréquenter et le traduisaient. Les artistes liés au futurisme subissaient son influence. Émile Verhaeren était aussi un ami personnel du roi Albert et de la reine Élisabeth ; il fréquentait régulièrement toutes les demeures de la famille royale.

 
Transfert des restes d'Émile Verhaeren en Belgique, 1927.

 

Quand en 1914 la Première Guerre mondiale éclata et que, malgré sa neutralité, la Belgique fut occupée par les troupes allemandes, Verhaeren se réfugia en Angleterre. Il écrivit des poèmes pacifistes et lutta contre la folie de la guerre dans les anthologies lyriques : La Belgique sanglante, Parmi les Cendres et Les Ailes rouges de la Guerre. Sa foi en un avenir meilleur se teinta pendant le conflit d'une résignation croissante. Il n'en publia pas moins dans des revues de propagande anti-allemandes et tenta dans ses conférences de renforcer l'amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni. Le 27 novembre 1916, il alla visiter les ruines de l'abbaye de Jumièges. Le soir, après avoir donné une nouvelle conférence à Rouen, il mourut accidentellement, ayant été poussé par la foule, nombreuse, sous les roues d'un train qui partait.

 

Le gouvernement français voulut l'honorer en l'ensevelissant au Panthéon, mais la famille refusa et le fit enterrer au cimetière militaire d'Adinkerke. En raison du danger que représentait l'avancée des troupes, ses restes furent encore transférés pendant la guerre à Wulveringem avant d'être en 1927 définitivement enterrés dans son village natal de Saint-Amand où depuis 1955 un musée, le musée provincial Émile Verhaeren, rappelle son souvenir.

Dans un champ d'orge

 
Portrait par Théo van Rysselberghe

Poème autographe paru dans La Plume en février 1904.

Emile Verhaeren - Dans un champ d'orge.jpg

 

Œuvres

Principaux recueils
 
Portrait d'Émile Verhaeren
par Félix Valloton
paru dans Le Livre des masques
de Remy de Gourmont (1898).
Œuvre critique
  • James Ensor
  • Rembrandt
  • Monet
  • Impressions (3 volumes) recueils de textes et d'articles critiques sur des écrivains.
Théâtre
  • Le cloître (drame en quatre actes).
  • Philippe II
  • Hélène de Sparte
  • Les Aubes
Prose

Correspondance

Reconnaissance, honneurs

Le roi Albert Ier de Belgique a donné le titre honorifique de Poète national à Émile Verhaeren en 1899.

Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
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Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
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Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge
Emile Verhaeren, immense poète belge

LES HEURES D'APRÈS-MIDI (1905)

À celle qui vit à mes côtés

I.

Ô la splendeur de notre joie
Tissée en or dans l'air de soie!

Voici la maison douce et son pignon léger;
Et le jardin et le verger.

Voici le banc, sous les pommiers
D'où s'effeuille le printemps blanc,
À pétales frôlants et lents.

Voici des vols de lumineux ramiers
Planant, ainsi que des présages,
Dans un ciel clair du paysage.

Voici, pareils à des baisers tombés sur terre
De la bouche du frêle azur,
Deux bleus étangs simples et purs,
Bordés naïvement de fleurs involontaires.

Ô la splendeur de notre joie et de nous-mêmes,
En ce jardin où nous vivons de nos emblèmes.

Émile Verhaeren, Les Heures d'Après-Midi,
Paris, Mercure de France,
XXVI, rue de Condé

    Emile Verhaeren  (1855-1916)
 

 

Sa vie

Son oeuvre


Lire Verhaeren

 

 

 

 

 

   

Poète belge. Après des études à Gand et à l'Université de Louvain, Verhaeren se voue aux lettres; s'il s'installe comme avocat stagiaire à Bruxelles, il fréquente aussi Rodenbach, le peintre Théo van Rysselberghe et James Ensor et débute déjà dans la critique d'art.

C'est vers le naturalisme qu'il paraît s'orienter d'abord, dans ses premières poésies, Les Flamandes (1884). Mais aussitôt après avoir ainsi restitué la Belgique sensuelle, Verhaeren se retourne vers la Belgique mystique avec Les Moines (1886) après un séjour à la trappe de Notre-Dame de Chimay.
Cependant Verhaeren traverse bientôt une grave crise spirituelle et donne des recueils d'une morbidité exaspérée et fiévreuse, véritable «trilogie de la neurasthénie», ce seront Les Soirs (1887), Les Débâcles (1888) et Les Flambeaux noirs (1889). Il a voyagé en Espagne et en Allemagne et séjourné à Londres.

L'année de son mariage, Les Apparus dans mes chemins (1891) sont publiés; malgré le pessimisme qui l'habite on y reconnaît aussi les premiers signes de la guérison. Verhaeren se tourne résolument vers les problèmes contemporains et publiera Les Villes tentaculaires (1895), Les Visages de la vie (1899), Les Forces tumultueuses (1902), La Multiple Splendeur (1906) et Les Rythmes souverains (1910). Verhaeren découvre déjà les promesses d'un avenir meilleur et il exprime sa foi toute profane en l'Homme.

   

 

Sa renommée s'étend. Le «Mercure de France» réédite ses premières oeuvres. Il écrit aussi Les Heures claires (1896-1905-1911), qui diront le charme du foyer et l'amour pour Marthe Massin, qui a rendu à Verhaeren le goût de vivre après la grande crise morale de sa jeunesse. Jamais la mélancolie, même à l'approche de la mort, ne pourra atteindre cette joie profonde de la vie secrète.

Dans les cinq recueils de Toute la Flandre (1904-1911), Verhaeren exprime son amour pour le pays natal et ses éléments : la plaine, le vent, les digues, le calme des petites villes flamandes...

Et en 1916 Verhaeren voulut encore lier son destin à celui, douloureux, de sa patrie. Venu à Rouen pour y faire une conférence, il allait connaître une mort tragique en roulant sous un train.
Outre les oeuvres déjà mentionnées, Verhaeren a également écrit Les Contes de minuit (1885), Les Bords de la route (1895), Petites légendes (1900), Le Cloître (1909), Les Blés mouvants (1912) et Quelques chansons de village (posthume, 1924).

 

 

 

 

retour aux poètes

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 15:32

Et soudain je vis apparaître l 'Everest et l'Anapurna, en revenant de ma promenade sur les plateaux d'en haut et je me suis dit "Pourquoi Voyager ???"
"
VOYAGER C'EST PERDRE DES PAYS" (Fernando PESSOA)

Regardez avec moi, j'aperçois l'Everest (le Sagarmatha dit le Toit du monde), à 8848 m., Le Chogo Gangri, dit le K2 à 8611 m., le Khangcheng Dzö-nga "Les 5 trésors et la Neige éternelle", à 8586 m, le Lhotse dit le Pic Sud à 8501 m., le Daulaghiri, "la Montagne blanche à 8167 et l'Anapurna "La déesse des Moissons   à 8091 m.
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IMGA0798 editedIMGA0796 editedIMGA0795 editedPIECES JOINTES 182HIMALYA800px-HimalayasIMGA0791 edited

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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 10:10

 

Je n'ai pas connu Borgès. Il est mort en 1986 (à 87 ans). Il avait progressivement perdu la vue et sur la fin de sa vie, les mots étaient devenus son unique lien avec le monde. Le voici à l'hôtel Villa Igica, à Palerme en 1984 . "Tu deviendras aveugle, écrit-il prophétiquement dans l'Autre. Mais ne crains rien, c'est comme  la longue fin d'un très beau soir d'été".

Il ne pouvait plus lire, lui qui avait dirigé la Bibliothèque de Buenos Aires, lui dont les livres constituaient la seule passion. Il avait heureusment mémorisé ses auteurs préférés-Schopenhauer, Bloy, de Quincey, Kipling, qu'il convoquait dans sa tête pour de longs colloques à  bouche fermée.
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Souvent j'imagine Borges à la nuit tombante, étendu sur une chaise longue, une couverture sur les genoux. Puis il ferme doucement les yeux. Son esprit est déjà ailleurs, dans un monde où les mots priment sur le réel et où les hommes sont des marionnettes aux mains des littérateursBORGESv

 

Jorge Luis Borges, selon l'état civil Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo est né à Buenos Aires le 24 août 1899 et mort à Genève le 14 juin 1986, est un écrivain argentin de prose et de poésie. Ses travaux dans les champs de l'essai et de la nouvelle sont considérés comme des classiques de la littérature du XXe siècle.

 

Biographie

Enfance

Jorge Luis Borges est le fils de Jorge Guillermo Borges, avocat et professeur de psychologie féru de littérature et de Leonor Acevedo Suárez, à qui son époux a appris l'anglais et qui travaille comme traductrice. La famille de son père était pour partie espagnole, portugaise et anglaise ; celle de sa mère espagnole et vraisemblablement portugaise aussi. Chez lui on parle aussi bien l'espagnol que l'anglais et depuis sa plus tendre enfance, Borges est donc bilingue, même s'il dira toute sa vie qu'il ne maîtrise pas parfaitement l'anglais.

Débuts littéraires

Pendant la Première Guerre mondiale, la famille Borges habite durant trois années à Lugano puis à Genève où le jeune Jorge étudie au Collège Calvin. Puis après la guerre la famille déménage de nouveau à Barcelone, Majorque puis Séville et enfin Madrid. En Espagne, Borges devient membre d'un mouvement littéraire d'avant-garde ultraïste. Son premier poème, Hymne à la mer, écrit dans le style de Walt Whitman, est publié dans le magazine Grecia.

Il retourne à Buenos Aires en 1921 et s'engage dans de multiples activités culturelles : il fonde des revues, traduit notamment Kafka et Faulkner, publie des poèmes et des essais.Borges 1921

À la fin des années 1930, il commence à écrire des contes et des nouvelles et publie l'Histoire universelle de l'infamie, qui le fait connaître en tant que prosateur.

Principalement connu pour ses nouvelles, il écrit aussi des poèmes et publie une quantité considérable de critiques littéraires. Il est également l'un des auteurs des récits policiers parodiques signés Bustos Domecq, écrits en collaboration avec son ami Adolfo Bioy Casares, et de chansons sur des musiques d'Astor Piazzolla.

En 1938 il obtient un emploi dans une bibliothèque municipale de Buenos Aires. C'est à cette époque qu'il écrit Pierre Ménard, auteur du Quichotte, son premier conte fantastique.614px-JorgeLuisBorges Il perd cet emploi en 1946 en raison de ses positions contre la politique péroniste et devient inspecteur des lapins et volailles sur les marchés publics. En 1955, le gouvernement « révolutionnaire » militaire qui chasse Juan Perón du pouvoir, nomme Borges directeur de la bibliothèque nationale. Il devient également professeur à la faculté de Lettres de Buenos Aires. Comme son père avant lui, il souffre d'une grave maladie qui entraîne une cécité progressive, laquelle deviendra définitive en 1955.

Reconnaissance internationaleJorge Luis Borges 1951, by Grete Stern

C'est seulement dans les années 1950 que Borges est découvert par la critique internationale. L'écrivain Roger Caillois, qui avait proposé des nouvelles de lui dans la revue Lettres Françaises en octobre 1944 (numéro 14) à Buenos Aires, offre dans la collection "La Croix du Sud", chez Gallimard, Fictions en 1951. C'est une découverte pour le public français et européen. Après Drieu La Rochelle et l'importante action de Roger Caillois -reconnue par J.L Borges lui-même qui fait de lui son "inventeur"- c'est la revue Planète qui le fait connaître du grand public.

La reconnaissance internationale de Borges commence au début des années 1960. En 1961, il reçoit le Prix international des éditeurs, qu'il partage avec Samuel Beckett. Alors que Beckett est bien connu et respecté dans le monde anglophone, Borges est inconnu et non traduit — ce qui ne manque pas de susciter la curiosité des locuteurs anglophones. Le gouvernement italien le nomma Commendatore et l'Université du Texas à Austin le recrute pour un an. La première traduction de son œuvre en anglais date de 1962, avec des lectures en Europe et dans la région des Andes les années suivantes.Jorge Luis Borges Hotel Paris 1969 Borgès à Paris en 1969

 

Borges reçoit de nombreuses distinctions, telles que le Prix Cervantes en 1979, le Prix Balzan en 1980 (pour la philologie, linguistique et critique littéraire) ou la Légion d'honneur en 1983. Il est même nommé plusieurs fois pour le prix Nobel de littérature mais ne l'obtiendra jamais, pour des raisons inconnues qui ont donné lieu à de nombreuses spéculations.Borgesygroupies 1976

Après la mort de sa mère (en 1975), Borges se met à voyager partout à travers le monde et ce jusqu'à la fin de sa vie.800px-Plaque Jorge Luis Borges, 13 rue des Beaux-Arts, Pari624px-Borges 001

Borges se marie deux fois. En 1967, il épouse une vieille amie, Elsa Astete Millán, veuve depuis peu. Le mariage dure trois ans. Après le divorce, il retourne chez sa mère. Pendant ses dernières années, Borges vit avec son assistante, María Kodama, avec qui il étudie l'anglo-saxon pendant plusieurs années. En 1984, ils publient des extraits de leur journal, sous le nom d'Atlas, avec des textes de Borges et des photographies de Kodama. Ils se marient en 1986, quelques mois avant sa mort.

Borges meurt d'un cancer à Genève en 1986 ; il avait choisi, à la fin de sa vie, de retourner dans la ville où il a étudié. Il est incinéré et ses cendres reposent au cimetière des Rois.401px-Tumba-de-Jorge-Luis-Borges-7430 10 Genève

450px-Homenaje a Borges en Santiago de Chile450px-Borges Lisboa 1450px-Maria KodamaOpinions politiques

Politiquement, il se définit volontiers comme un conservateur, ce qui est pour lui une manière d'être sceptique (cf. préface au Rapport de Brodie). Quand Juan Perón revient d'exil et est réélu président en 1973, Borges renonce à son poste de directeur de la bibliothèque nationale. Opposé à « l’abominable dictature du général Perón »3, il reste silencieux face aux crimes de la junte militaire au pouvoir en Argentine dans les années 1970 pendant la période qualifiée de « guerre sale », ce qui lui sera reproché.

Plusieurs nouvelles de Fictions peuvent être lues comme des dénonciations du totalitarisme. Par exemple La Loterie à Babylone ou encore Tlön, Uqbar, Orbis Tertius, dont la spécialiste Annick Louis affirme dans le Magazine Littéraire qu'elle peut être lue « comme une réflexion sur un des paradigmes dominants de l'époque - celui qui postule le réel comme une forme de chaos régi par une vérité occulte »6.

Œuvre

Borges en 1963,
photo de Alicia D'Amico

 

Borges privilégie l'aspect fantastique du texte poétique, rejetant une écriture rationnelle qu'il juge insuffisante et limitée. Certains considèrent Borges comme l'une des influences majeures du réalisme magique latino-américain. D'autres y voient au contraire un écrivain universel dans lequel peut se reconnaître toute l'humanité.

Son travail est érudit, et à l'occasion délibérément trompeur (Tlön, Uqbar, Orbis Tertius). Il traite souvent de la nature de l'infini (La Bibliothèque de Babel, Le Livre de sable), de miroirs, de labyrinthes et de dérive (Le Jardin aux sentiers qui bifurquent), de la réalité, de l'identité ou encore de l'ubiquité des choses (La Loterie à Babylone).

 

« Jorge Luis Borges est l'un des dix, peut être des cinq, auteurs modernes qu'il est essentiel d'avoir lus. Après l'avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. » a dit à son propos Claude Mauriac.

 

Des ouvrages comme Fictions ou L'Aleph contiennent des textes souvent courts et particulièrement révélateurs du talent de Borges pour l'évocation d'univers ou de situations étranges qui lui sont propres. Dans Le Miracle secret, un écrivain, face au peloton d'exécution, dans la seconde qui précède sa fin, se voit accorder la grâce de terminer l'œuvre de sa vie. Le temps se ralentit infiniment. Il peaufine mentalement son texte. Il retouche inlassablement certains détails… Il fait évoluer le caractère d'un personnage suite à l'observation d'un des soldats qui lui font face… Dans un autre récit, "histoire d'Emma Zunz" (Fuera de Emma Zunz), une jeune fille trouve un moyen inattendu, cruel et infaillible de venger son honneur et celui de sa famille…FictionsALEPH

Homère surgit peu à peu d’un autre texte, L’immortel, après un extraordinaire voyage dans l'espace et le temps. Dans Pierre Ménard, auteur du Quichotte, Borges nous dévoile son goût pour l'imposture, et un certain humour littéraire souvent rare, mais qui dans l'ouvrage Chroniques de Bustos Domecq, écrit en collaboration avec Adolfo Bioy Casares, s'épanouira dans l'évocation d'une étonnante galerie de personnages artistes dérisoires et imposteurs.Jorge Luis Borges Color

La concision, les paradoxes, les associations fulgurantes de mots comme « perplexes couloirs » sont typiques de son style unique.

Borges est devenu aveugle assez jeune mais de façon progressive, ce qui eut une forte influence sur ses écrits. Dans une de ses nouvelles, L’Autre, il se rencontre lui-même plus jeune, sur un banc, et se livre à quelques prédictions : « Tu deviendras aveugle. Mais ne crains rien, c'est comme la longue fin d'un très beau soir d'été ». À ce sujet, il raconte dans l’Essai autobiographique que cette cécité était probablement d'origine héréditaire et que certains de ses ascendants avaient connu la même infirmité. N'ayant jamais appris le braille, il dut compter sur sa mère pour l'aider, puis sur son assistante Maria Kodama. Il se faisait lire journaux et livres et dictait ses textes.Borges y Sabato - 1Avec son ami Sabato

 

Outre les fictions, son œuvre comprend poèmes, essais, critiques de films et de livres. On y trouve une sorte de réhabilitation du roman policier, plus digne héritier de la littérature classique à ses yeux, que le nouveau roman. Ce genre littéraire demeure seul, selon lui, à préserver le plan de la construction littéraire classique, avec une introduction, une intrigue et une conclusion.Jorge Luis Borges

On trouve également parmi ses écrits de courtes biographies et de plus longues réflexions philosophiques sur des sujets tels que la nature du dialogue, du langage, de la pensée, ainsi que de leurs relations. Il explore aussi empiriquement ou rationnellement nombre des thèmes que l'on trouve dans ses fictions, par exemple l'identité du peuple argentin. Dans des articles tels que L’histoire du Tango et Les traducteurs des Mille et Une Nuits, il écrit avec lucidité sur des éléments qui eurent sûrement une place importante dans sa vie.

Il existe de même un livre qui réunit sept conférences dans diverses universités, qu'on peut considérer comme sept essais, clairs, ordonnés, d'une simplicité dérivant de leur caractère oratoire. Dans ce petit recueil de savoir, Les Sept Nuits (Siete Noches), on trouve un texte sur les cauchemars, sur les Mille et une nuits, sur la Divine Comédie de Dante, sur le bouddhisme et d'autres thèmes que Borges exploite et nous fait partager avec l'autorité didactique et la simplicité pédagogique d'un véritable professeur, érudit de la littérature.

Écrits entre 1923 et 1977, ses poèmes retrouvent les thèmes philosophiques sur lesquels repose la pluralité de l'œuvre de Borges. Des poèmes comme El Reloj de Arena (Le Sablier) ou El Ajedrez (Les Échecs) reconstruisent les concepts borgesiens par excellence, comme le temps, instable et inéluctablement destructeur du monde, ou le labyrinthe comme principe de l'existence humaine, mais d'un point de vue poétique, condensé dans des images surprenantes. Ces poèmes sont réunis dans Antologia Poética 1923-1977 (Recueil Poétique).

Sous le pseudonyme de H. Bustos Domecq, il écrit en collaboration avec Adolfo Bioy CasaresSix problèmes pour Don Isidro Parodi, série d'énigmes mi-mondaines mi-policières. Le héros, Don Isidro Parodi, joue les détectives depuis la prison où il est enfermé et dans laquelle il est sollicité par une étrange galerie de personnages. L’isolement forcé semble stimuler sa clairvoyance, car sans quitter sa cellule il résout chaque énigme aussi facilement que les autres détectives de la littérature, tels Auguste Dupin, Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.

Publications

Borges en 1969.
  • BIBLIOGRAPHIE
  •  
  • Ferveur de Buenos Aires (Fervor de Buenos Aires) (1923)
  • Lune d'en face (Luna de frente) (1925)
  • Inquisiciones (non traduit) (1925)
  • Cuaderno San Martín (traduit tel quel) (1929)
  • Evaristo Carriego (traduit tel quel) (1930)
  • Discussion (Discusión) (1932)
  • Histoire universelle de l'infamie (Historia universal de la infamia) (1935)
  • Histoire de l'éternité (Historia de la eternidad) (1936)
  • Six problèmes pour Don Isidro Parodi (1942)
  • Fictions (Ficciones) (1944) (recueil contenant « La Bibliothèque de Babel »)Fictions
  • L'Aleph (El Aleph) (1949)31ZFKTJSKZL. SY445
  • Enquêtes puis Autres inquisitions (Otras inquisiciones) (1952)
  • L'Auteur puis L'auteur et autres textes (El hacedor) (1960) (ISBN 2-07024-037-1)
  • L'Autre, le Même (El otro, el mismo) (1964)
  • Pour les six cordes (Para las seis cuerdas) (1965)
  • Le Livre des êtres imaginaires (El libro de los seres imaginarios) (1967) collab. Margarita Guerrero41V1F3HTZEL. SY445 -copie-1 (rééd. augm. du Manuel de zoologie fantastique, 1965, trad. de Manual de zoologiá fantástica, 1957)
  • Éloge de l'ombre (Elogio de la sombra) (1969)
  • Le Rapport de Brodie (El informe de Brodie) (1970)41KBSTT84VL. SY445
  • Essai d'autobiographie (An autobiographical essay) (1970) (traduit en 1980 avec Livre de préfaces)
  • L'Or des tigres (El oro de los tigres) (1972)
  • Livre de préfaces puis Préfaces avec une préface aux préfaces (Prólogos con un prólogo de prólogos) (1975)
  • Le Livre de sable (El libro de arena) (1975)51TZCT65BQL. SY445
  • La Rose profonde (La rosa profunda) (1975)
  • La Monnaie de fer (La moneda de hierro) (1976)
  • Libro de sueños (non traduit) (1976).
  • Qu'est-ce que le bouddhisme? (Qué es el budismo?) (1976) (ISBN 2-07032-703-5)
  • Histoire de la nuit (Historia de la noche) (1977)
  • Sept nuits (Siete noches) (1980)
  • Livre de préfaces, suivi de Essai d'autobiographie (1980) (ISBN 2-07037-794-6)
  • Le Chiffre (La Cifra) (1981)
  • Neuf essais sur Dante (Nueve ensayos dantescos) (1982)
  • Atlas (1984)
  • Les Conjurés (Los conjurados) (1985)Les conjures
  • Le Martin Fierro (1985) trad. Bernard Lesfargues - Éditions Curandera, (ISBN 2-86677-022-1), 1985
  • Conversations à Buenos Aires (Dialogos Jorge Luis Borges Ernesto Sábato) (1996) Jorge Luis Borges - Ernesto Sábato (ISBN 2-26404-042-4)
  • Ultimes dialogues (1996) Jorge Luis Borges - Osvaldo Ferrari (ISBN 2-87678-013-5)
  • La proximité de la mer, anthologie (2010) (ISBN 978-2-07-012842-6)la Proximité de la Mer

Par ailleurs, Borges a publié un grand nombre de chroniques, notamment dans Proa (1924-1926), La Prensa (1926-1929), Sur et El Hogar (1936-1939)Pleïade.

Dans une entrevue, à l'automne 2010, María Kodama7 suggère, à qui veut s'initier à l'œuvre de Borges, de commencer par Le livre de sable (1975), Les Conjurés (1985) et Le rapport de Brodie (1970), avant d'aborder Fictions (1944) et L'Aleph (1949).L'art de Poésie

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Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:51

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Louis-Ferdinand Céline

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Louis-Ferdinand Céline. CELINE.Carte d'identité

 

Données clés

Nom de naissance Louis Ferdinand Destouches1
Autres noms Céline
Activités romancier, essayiste, médecin
Naissance 27 mai 1894
Courbevoie, France
Décès 1er juillet 1961   (à 67 ans)
Meudon,  France
Langue d'écriture Français
Genres roman, essai
Distinctions Prix Renaudot 1932
 

 

Louis Ferdinand Destouches, né le 27 mai 1894  à Courbevoie, département de la Seine, et mort le 1er juillet 1961 à Meudon, plus connu sous son nom de plume Louis-Ferdinand Céline (prénom de sa grand-mère et l'un des prénoms de sa mère), généralement abrégé en Céline, est un médecin et écrivain français, le plus traduit et diffusé dans le monde parmi ceux du XXe siècle après Marcel Proust.

Sa pensée pessimiste est teintée de nihilisme. Controversé en raison de ses pamphlets antisémites, c'est un « écrivain engagé »2, d'une proximité coupable avec les collaborationnistes3. Il est cependant, en tant qu'écrivain, considéré comme l'un des plus grands novateurs de la littérature française du XXe siècle, introduisant un style elliptique personnel et très travaillé qui emprunte à l'argot et tend à s'approcher de l'émotion immédiate du langage parlé.Un Rabelais de l'Ere atomique

 

Biographie

Jeunesse en région parisienne

 

Louis Ferdinand Auguste Destouches naît à Courbevoie, au 11, rampe du Pont-de-Neuilly (aujourd'hui chaussée du Président-Paul-Doumer). Il est le fils de Fernand Destouches (Le Havre 1865 - Paris 1932), issu du côté paternel d'une famille de petits commerçants et d'enseignants d'origine normande installés au Havre et bretonne du côté maternel, et de Marguerite Guillou (Paris 1868 - Paris 1945), propriétaire d'un magasin de mode, issue d'une famille bretonne venue s'installer en région parisienne pour travailler comme artisans, et de petits commerçants. Il est baptisé le 28 mai 1894 avant d'être confié à une nourrice. Son père est employé d'assurances et « correspondancier » selon les propres mots de l'écrivain et a des prétentions nobiliaires (parenté revendiquée plus tard par son fils avec le chevalier Destouches, immortalisé par Jules Barbey d'Aurevilly), et sa mère est commerçante en dentelles dans une petite boutique du Passage Choiseul, dont j'ai ramené les images suivantes en 2010.Choiseul10Passage Choiseul OldP1020119

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Le no 64 du passage Choiseul où vécut Louis Destouches enfant.CELINE2

Ses parents déménagent en 1897 et s'installent à Paris, d'abord rue de Babylone puis, un an plus tard, rue Ganneron et enfin, durant l'été 1899, passage Choiseul, dans le quartier de l'Opéra, où Céline passe toute son enfance dans ce qu'il appelle sa « cloche à gaz » en référence à l'éclairage de la galerie par la multitude de becs à gaz au début du XXe siècle.

En 1900, il entre à l'école communale du square Louvois. Après cinq ans, il intègre une école catholique durant une année avant de revenir à un enseignement public. Il reçoit une instruction assez sommaire, malgré deux séjours linguistiques en Allemagne d'abord, à Diepholz pendant un an puis à Karlsruhe, et en Angleterre ensuite. Il occupe de petits emplois durant son adolescence, notamment dans des bijouteries, et s'engage dans l'armée française en 1912, à 18 ans, par devancement d'appel.

Première Guerre mondiale et Afrique

Il rejoint le 12e régiment de cuirassiers à Rambouillet. Il utilisera ses souvenirs d'enfance dans Mort à crédit Mort à Crédit251et ses souvenirs d'incorporation dans Voyage au bout de la nuit ou encore dans Casse-pipe (1949). Il est promu brigadier en 1913, puis maréchal des logis le 5 mai 1914.Le Cuirassier Destouches Quelques semaines avant son vingtième anniversaire, il est ainsi sous-officier.

Trois mois plus tard, son régiment participe aux premiers combats de la Première Guerre mondiale en Flandre-Occidentale. Pour avoir accompli une liaison risquée dans le secteur de Poelkapelle au cours de laquelle il est grièvement blessé à l'épaule droite – et non à la tête, contrairement à une légende tenace qu'il avait lui-même répandue, affirmant avoir été trépané6 –, et dès l'automne 1914 avoir eu le tympan abîmé7, il sera décoré de la Croix de guerre avec étoile d'argent, et de la Médaille militaire, le 24 novembre 1914. Ce fait d'armes sera relaté dans L'Illustré national.

 

Réopéré en janvier 1915, il est déclaré inapte au combat, et est affecté comme auxiliaire au service des visas du consulat français à Londres (dirigé par l'armée en raison de l'état de siège), puis réformé après avoir été déclaré handicapé à 70 % en raison des séquelles de sa blessure. L'expérience de la guerre jouera un rôle décisif dans la formation de son pacifisme et de son pessimisme. Il se marie, à Londres, avec Suzanne Nebout, le 19 janvier 1916, puis contracte un engagement avec une compagnie de traite qui l'envoie au Cameroun, où il part surveiller des plantations. Malade, il rentre en France en 19175.

Rencontre importante qui complète sa formation intellectuelle : il travaille en 1917-1918 auprès du savant-inventeur-journaliste-conférencier Henry de Graffigny. Embauchés ensemble par la mission Rockefeller, ils parcourent la Bretagne en 1918 pour une campagne de prévention de la tuberculose.

La formation du médecinCELINE à 21 ans (1915)

Après la guerre, Louis-Ferdinand Destouches se fixe à Rennes. Il épouse Édith Follet, la fille du directeur de l'école de médecine de Rennes, le 10 août 1919 à Quintin (Côtes-du-Nord). Celle-ci donne naissance à son unique fille, Colette Destouches, le 15 juin 1920. Il prépare alors le baccalauréat, qu'il obtiendra en 1919, puis poursuit des études de médecine de 1920 à 1924 en bénéficiant des programmes allégés réservés aux anciens combattants. Sa thèse de doctorat de médecine, « La vie et l'œuvre de Philippe Ignace Semmelweis » (soutenue en 1924), sera plus tard considérée comme sa première œuvre littéraire.

 

Il publie La Quinine en thérapeutique (1925). Après son doctorat, il est embauché à Genève par la fondation Rockefeller qui subventionne un poste de l'Institut d'hygiène de la SDN, fondé et dirigé par le Dr Rajchman. Sa famille ne l'accompagne pas. Il effectue plusieurs voyages en Afrique et en Amérique avec des médecins. Cela l'amène notamment à visiter les usines Ford au cours d'un séjour à Détroit qui dure un peu moins de 36 heures, le temps pour lui d'être vivement impressionné par le fordisme et plus largement par l'industrialisation. Contrairement à la légende souvent reprise, il n'a jamais été conseiller médical de la société des automobiles Ford à Détroit.

 

Son contrat à la SDN n'ayant pas été renouvelé, il est engagé, après avoir envisagé d'acheter une clinique en banlieue parisienne et un essai d'exercice libéral de la médecine, par le dispensaire de Bezons (1940-1944) où il effectue quatre vacations de deux heures par semaine pour lesquelles il est payé 2 000 F par mois. Il y rencontre Albert Sérouille et lui fera même une fameuse préface à son livre Bezons à travers les âges. Pour compléter ses revenus, il occupera un poste polyvalent de concepteur de documents publicitaires, de spécialités pharmaceutiques et même de visiteur médical dans trois laboratoires pharmaceutiques.

Elizabeth Craig 

 

En 1926, il rencontre à Genève Elizabeth Craig (1902-1989), une danseuse américaine, qui sera la plus grande passion de sa vie. C'est à elle, qu'il surnommera « l'Impératrice », qu'il dédiera Voyage au bout de la nuit. Elle le suit à Paris, rue Lepic, mais le quitte en 1933, peu après la publication du Voyage. Le VOYAGE 001Il partira à sa recherche en Californie, mais ce sera pour apprendre qu'elle a épousé Ben Tankel qui se trouve être Juif ; après quoi on n'entendra plus parler d'elle jusqu'en 1988, date à laquelle l'universitaire américain Alphonse Juilland la retrouvera, quelques jours avant Jean Monnier, qui était sur sa trace également. Elle affirmera alors dans une interview qu'elle craignait qu'en perdant sa beauté avec l'âge, elle finisse par ne plus rien représenter pour lui.

La formation de l'écrivain]

 

Comme beaucoup d'écrivains, Céline a su habilement bâtir toute une série de mythes sur sa personnalité. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l'image de libertaire qu'on s'est faite de lui. Dans le premier des deux articles publiés dans cette revue en mai 1928, Céline vante les méthodes de l'industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l'existence ». Cette sorte d'ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu'une autre ». Céline déplore qu'il n'existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ».

 

Dans le deuxième article, publié en novembre 1928, Céline propose de créer des médecins-policiers d'entreprise, « vaste police médicale et sanitaire » chargée de convaincre les ouvriers « que la plupart des malades peuvent travailler » et que « l'assuré doit travailler le plus possible avec le moins d'interruption possible pour cause de maladie ». Il s'agit, affirme Céline, d'« une entreprise patiente de correction et de rectification intellectuelle » tout à fait réalisable pourtant car « Le public ne demande pas à comprendre, il demande à croire. » Céline conclut sans équivoque : « L'intérêt populaire ? C'est une substance bien infidèle, impulsive et vague. Nous y renonçons volontiers. Ce qui nous paraît beaucoup plus sérieux, c'est l'intérêt patronal et son intérêt économique, point sentimental. » On peut toutefois s'interroger sur la correspondance entre ces écrits et les réels sentiments de Céline, sur le degré d'ironie de ces commentaires « médicaux » (ou sur une éventuelle évolution) car, quelques années plus tard, plusieurs passages de Voyage au bout de la nuit dénonceront clairement l'inhumanité du système capitaliste en général et fordiste en particulier.

 

C'est toute cette partie de sa vie qu'il relate à travers les aventures de son antihéros Ferdinand Bardamu, dans son roman le plus connu, le premier, Voyage au bout de la nuit (1932), pour lequel il reçoit le prix Renaudot, après avoir manqué de peu le prix Goncourt (ce qui provoquera la démission de Lucien Descaves du jury du Goncourt).

 

Son éditeur esi le belge Robert DENOEL qui sera assassiné après la guerreRobert DENOEL


Robert Denoël commence son activité éditoriale en juillet 1928 en s’associant à l'Américain Bernard Steele pour fonder à Paris les « éditions Denoël et Steele ». Durant les années 1930, il se fait connaître comme un éditeur de grand talent publiant des textes d'Antonin ArtaudRoger VitracLouis AragonElsa TrioletJean GenetNathalie SarrauteCharles BraibantPaul VialarSigmund FreudRené AllendyOtto Rank... et particulièrement Louis-Ferdinand Céline et divers auteurs d'extrême droite comme Lucien RebatetRobert Brasillach ou Adolf Hitler. Il dirige également de 1934 à 1939 la maison d'édition La Bourdonnais qui fera paraître une cinquantaine de titres. À partir de 1937, Steele, qui craint la montée de l'antisémitisme en France, part pour les États-Unis dans sa famille très aisée. Denoël poursuit sous le nom les éditions Denoël.

 Grand admirateur de Céline, il fait l'éloge, dans le cahier jaune, en novembre 1941, de la noblesse de la haine propre à l'auteur de Bagatelle pour un massacre1. Denoël est tué à la Libération, le 2 décembre 1945, dans des conditions troubles. Il est touché par une balle de revolver, au sortir de sa voiture garée à l'angle du boulevard des Invalides et de la rue de Grenelle à Paris. Des papiers importants - tel un dossier établissant le comportement collaborationniste de tous les éditeurs parisiens pendant la guerre, rédigé pour préparer sa défense dans un procès intenté à sa maison d'édition - et une valise contenant des pièces et des lingots d'or disparaissent de sa voiture. Il est accompagné de Jeanne Loviton. Ils vont au théâtre. Un pneu crève. Jeanne va chercher du secours. Quand elle revient, Denoël est mort..... et voyez ci-dessous

 

Zones d'ombre autour de l'assassinat de Robert Denoël

 Sa maison d'édition est devenue la propriété de Jeanne Loviton, qui après avoir été l'épouse de Pierre Frondaie puis la maîtresse de Paul Valéry, était devenue la sienne. Cette dernière, moins d'un an après l'assassinat de Denoël, a revendu 90 % des parts à Gaston Gallimard, l'adversaire acharné de Denoël. Au cours des nombreux procès autour de l'assassinat et la succession de Denoël sont apparus les noms de personnalités entendues comme témoins tels l'avocat Pierre Roland-Lévy, proche du Parti communiste français, alors chef de cabinet du ministre du Travail,Ambroise Croizat, et qui a été promu en 1947 membre du Conseil supérieur de la magistrature ; Guillaume Hanoteau, avocat radié du Barreau de Paris, qui devint ensuite dramaturge puis journaliste à Paris-Match en 1952; Jeanne Loviton, écrivain sous le pseudonyme de Jean Voilier. Celle-ci est morte en 1996. Cécile Denoël, l'épouse est morte dans le Midi de la France en 1980. Son fils, Robert Denoël Jr, épousa Arlette Aubinière qui lui donna deux fils, Patrice et Olivier4.

 

Le 1er octobre 1933, Céline prononce à Médan, sur l'invitation de Lucien Descaves, un discours intitulé « Hommage à Zola » lors de la commémoration annuelle de la mort de l'écrivain, qui demeure la seule allocution publique littéraire de sa carrière. À cette époque, en raison de la publication du Voyage, Céline est particulièrement apprécié des milieux de gauche qui voient en lui un porte-parole des milieux populaires et un militant anti-militariste.

L'époque des pamphlets antisémites

 

À la fin des années 1930, alors qu'il est en contact avec Arthur Pfannstiel, un critique d'art et traducteur travaillant pour le Welt-Dienst (service mondial de propagande nazi anti-maçonnique et antisémite), organe auprès duquel il se renseigne, Céline publie deux pamphlets fortement marqués par un antisémitisme virulent9 : Bagatelles pour un massacre (1937) et L'École des cadavres (1938).Bagatelle pour un massare

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Il présente lui-même ces ouvrages ainsi :

« Je viens de publier un livre abominablement antisémite, je vous l'envoie. Je suis l'ennemi n° 1 des juifs ».

Dès la fin des années 1930, Céline se rapproche des milieux d'extrême droite français pro-nazis, en particulier de l'équipe du journal de Louis Darquier de Pellepoix, La France enchaînée.    

L'Occupation]

Sous l'Occupation, Céline envoie des lettres aux journaux collaborationnistes, certaines y sont publiées. Il y fait preuve d'un antisémitisme violent. Par exemple, le 4 septembre 1941, le journal collaborateur Notre combat pour la nouvelle France socialiste publie un article intitulé « Céline nous parle des Juifs » : Céline y déclare

« Pleurer, c'est le triomphe des Juifs ! Réussit admirablement ! Le monde à nous par les larmes ! 20 millions de martyrs bien entrainés c'est une force ! Les persécutés surgissent, hâves, blêmis, de la nuit des temps, des siècles de torture... »

Visitant l'exposition « Le Juif et la France », Céline reproche à Sézille d'avoir éliminé de la librairie de l'exposition Bagatelles pour un massacre et L'École des cadavres. Ces ouvrages sont controversés jusque Bagatelle6568412094chez les nazis : si Karl Epting, directeur de l'Institut allemand de Paris décrit Céline comme « un de ces Français qui ont une relation profonde avec les sources de l'esprit européen », Bernard Payr, qui travaille au service de propagande en France occupée se plaint du fait que Céline « gâcherait » son antisémitisme par des « obscénités » et des « cris d'hystérique ».

Durant cette période, Céline exprime ouvertement son soutien à l'Allemagne nazie. Lorsque celle-ci entre en guerre contre l'Union soviétique, en juin 1941, il déclare :

« pour devenir collaborationniste, j’ai pas attendu que la Kommandantur pavoise au Crillon… On n’y pense pas assez à cette protection de la race blanche. C’est maintenant qu’il faut agir, parce que demain il sera trop tard. […] Doriot s’est comporté comme il l’a toujours fait. C’est un homme… il faut travailler, militer avec Doriot. […] Cette légion (la L.V.F.) si calomniée, si critiquée, c'est la preuve de la vie. […] Moi, je vous le dis, la Légion, c'est très bien, c'est tout ce qu'il y a de bien. ».

Il publie alors Les Beaux Draps, son troisième et dernier pamphlet antisémite (Nouvelles éditions françaises, 1941), dans lequel il exprime clairement sa sympathie pour l'occupant :

« C’est la présence des Allemands qu’est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys scouts. Pourtant on peut pas les piffer… Pourquoi je vous demande ? Ils ont humilié personne… Ils ont repoussé l’armée française qui ne demandait qu’à foutre le camp. Ah, si c’était une armée juive alors comment on l’adulerait ! »

En 1943 Hans Grimm membre du SD à Rennes fournira à Louis Ferdinand Céline une autorisation pour se rendre en villégiature à Saint-Malo (zone d'accès limité à cette période du conflit). L’auteur lui offrira un exemplaire d'une première édition d'un de ses romans.

L'exil : Sigmaringen, puis le Danemark 

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Après le débarquement du 6 juin 1944, Céline, craignant pour sa vie, quitte la France le 14 juin 1944 et se retrouve d'abord à Baden-Baden, en Allemagne, avant de partir pour Berlin, puis pour Kraenzlin (le Zornhof de Nord), d'où il ne peut rejoindre le Danemark... Apprenant que le gouvernement français se forme à Sigmaringen, Céline propose alors à Fernand de Brinon, le représentant de Vichy pour la France occupée, d'y exercer la médecine ; celui-ci accepte. Céline gagne par le train Sigmaringen, voyage qu'il relate dans Rigodon ; là-bas, il côtoie le dernier carré des pétainistes et des dignitaires du régime de Vichy (D'un château l'autre)

 Ci-dessous le château de Sigmaringen où Céline fut emprisonné dès novembre 1944.Sigmaringen013 C'est seulement après, le 22 mars 1945, qu'il quitte Sigmaringen pour le Danemark, occupé par les Allemands, afin de récupérer son or, qui y est conservé.

Chronologiquement, la « trilogie » allemande commence par D'un château l'autre, se continue par Nord NORD246

et finit par le livre posthume Rigodon. Céline, dans Nord, fait plusieurs allusions à D'un château l'autre. Il atteint enfin le Danemark pour y vivre en captivité : près d'une année et demie de prison, et plus de quatre ans dans une maison au confort rudimentaire près de la mer Baltique.

Il vit dans un taudis qu'il ne peut chauffer, et est boycotté par le monde littéraire. En 1950, dans le cadre de l'Épuration, il est condamné, pour collaboration, à une année d'emprisonnement (qu'il a déjà effectuée au Danemark), à 50 000 francs d'amende, à la confiscation de la moitié de ses biens et à l'indignité nationale. Raoul Nordling, consul général de Suède à Paris, serait intervenu en sa faveur auprès de Gustav Rasmussen, ministre danois des affaires étrangères, pour retarder son extradition et aurait écrit en sa faveur au président de la Cour de justice qui le jugeait par contumace

Retour en France 

 

En avril 1951, Tixier-Vignancour son avocat depuis 1948, obtient l'amnistie de Céline au titre de « grand invalide de guerre » (depuis 1914) en présentant son dossier sous le nom de Louis-Ferdinand Destouches sans qu'aucun magistrat ne fasse le rapprochement. De retour de Copenhague l'été suivant, Céline et son épouse - ils sont mariés depuis 1943- Lucette (née Almanzor, le 20 juillet 1912 à Paris) s'installent chez des amis à Nice en juillet 1951. Son éditeur Robert Denoël ayant été assassiné en 1945, il signe le même mois un contrat de cinq millions de francs avec Gaston Gallimard pour la publication de Féerie pour une autre fois, la réédition de Voyage au bout de la nuit, de Mort à crédit et d'autres ouvrages.

CELINE Meudon 1959CELINE

En octobre de la même année le couple s'installe dans un pavillon vétuste, route des Gardes, à Meudon, dans les Hauts-de-Seine (à l'époque, département de la Seine-et-Oise). Inscrit à l'Ordre des médecins, le Docteur L.-F. Destouches, docteur en médecine de la Faculté de Paris accroche une plaque professionnelle au grillage qui enclot la propriété, ainsi qu'une plaque pour Lucette Almanzor qui annonce les cours de danse classique et de caractère que son épouse donne dans le pavillon.Celine1266CELINE Meudon 1957Celine 2267c Il vit pendant plusieurs années des avances de Gallimard jusqu'à ce qu'il renoue avec le succès, à partir de 1957, grâce à sa « Trilogie allemande », dans laquelle il romance son exil.CELINE 1955CELINE en 1960 (66 ans.Un an avant sa Mort)

  CELINE Meudon 1959
La tombe de Céline au cimetière de Meudon. Il voulait être jeté dans la fosse publique mais sa femme Lucette n'en a pas eu le couragetombe63593472

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Publiés successivement et séparément, D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969) forment en réalité trois volets d'un seul roman. Céline s'y met personnellement en scène comme personnage et comme narrateur.

 

Louis-Ferdinand Destouches décède à son domicile de Meudon, le 1er juillet 1961, vraisemblablement des suites d'une artériosclérose cérébrale - bien que d'autres pathologies soient parfois évoquées - laissant veuve Lucette Destouches. Il est enterré au cimetière des Longs Réages, à Meudon ; le pavillon qu'il occupait brûlera en mai 1968, détruisant alors ses lettres et manuscrits.

Le style Céline]

 

Le style littéraire de Louis-Ferdinand Céline est souvent décrit comme ayant représenté une « révolution littéraire ». Il renouvelle en son temps le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique ». Le vocabulaire à la fois argotique et scientifique, familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse. Révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire

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Un témoignage inédit sur l'enterrement de Céline

PAR ROGER GRENIER. C'était il y a exactement cinquante ans. Début juillet 1961, ils étaient une poignée aux obsèques de Céline. Parmi eux se trouvait l'écrivain Roger Grenier, qui se souvient du Bas-Meudon, de Lucien Rebatet, de la pluie fine et du corbillard qui avance dans le petit matin.

Mort le 1er juillet 1961, Louis-Ferdinand Céline fut enterré trois jours plus tard, dans la discrétion, à Meudon. La photographie qui le montre ici chez lui avait été prise l'été précédent, en juillet 1960, par Pierre Duverger. © collection Pierre DUVERGER / Fonds Louis-Ferdinand Celine / IMEC ImagesMort le 1er juillet 1961, Louis-Ferdinand Céline fut enterré trois jours plus tard, dans la discrétion, à Meudon. La photographie qui le montre ici chez lui avait été prise l'été précédent, en juillet 1960, par Pierre Duverger. © collection Pierre DUVERGER / Fonds Louis-Ferdinand Celine / IMEC Images

D'UN ENTERREMENT L'AUTRE

Quand André Gide est mort, en 1951, le seul journaliste disponible à «France-Soir» était un spécialiste du fait divers, d'ailleurs excellent. On l'expédia rue Vaneau. Il ne rappela que le soir:«Aucun intérêt, c'est une mort naturelle.» C'est sans doute pour éviter un tel malentendu que, pour l'enterrement de Céline, comme j'étais catalogué littéraire, c'est moi qui fus envoyé.

Céline est mort le samedi 1er juillet 1961.Ses voisins ne l'ont su que lorsqu'ils ont vu apporter son cercueil. Lucette Almanzor aurait voulu un enterrement le plus intime possible, sans journalistes. Mais il a dû y avoir une fuite. Je pense que Roger Nimier a prévenu Pierre Lazareff. Bref, avec mon ami André Halphen, de «Paris-Presse», nous n'étions que deux reporters.

Je revois le Bas-Meudon, sous une petite pluie, tôt le matin. Sortant de la villa Maïtou, pavillon vieillot, 23 ter route des Gardes, descendant le jardin banlieusard pour rejoindre le corbillard, le cercueil était suivi d'un tout petit nombre de personnes: la fille de Céline, née d'un premier mariage, Roger Nimier, Marcel Aymé, Claude Gallimard, Max Revol, Jean-Roger Caussimon et la comédienne Renée Cosima, qui était la femme de Gwenn-Aël Bolloré. J'ai reconnu aussi Lucien Rebatet. En novembre 1946, j'avais assisté au procès de «Je suis partout» et je l'avais vu condamner à mort.

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Né en 1919, écrivain et éditeur chez Gallimard, Roger Grenier a été journaliste à "France-Soir" après avoir fait ses débuts, au côté d'Albert Camus, à "Combat". (DR)

Suivi de quelques voitures, le corbillard entama la montée, à travers les rues de Meudon, vers le cimetière des Longs-Réages. Il continuait à pleuvoir. Le convoi n'est pas passé par l'église, et il n'y a pas eu de discours. A peine au cimetière, le cercueil a été glissé dans la fosse. Quelques fleurs et c'en fut fini à jamais du docteur Destouches, alias Louis-Ferdinand Céline, dont la vie fut si longtemps pleine de bruit et de fureur. Il était à peine 9 heures du matin. Dans mon reportage de «France-Soir», je m'étais permis d'écrire: «Il est toujours triste d'être obligé d'avoir honte d'un grand écrivain.»

L'après-midi de ce mardi 4 juillet, je suis allé interviewer, dans un hôtel parisien, Karen Blixen, qui, dans son grand âge, ressemblait à la momie de Ramsès II.

Céline est mort à Meudon le 1er juillet. Le 2, à Ketchum (Idaho), Ernest Hemingway mettait fin à ses jours. Une semaine après avoir assuré le reportage de l'enterrement de Céline, j'étais à Pampelune en train d'enregistrer pour la radio une messe que le matador Antonio Ordoñez faisait célébrer, dans la chapelle San Fermin de l'église San Lorenzo, à la mémoire de son célèbre afcionado. Orson Welles était là, ainsi que quelques vedettes du cinéma et de la littérature qui semblaient s'être donné le mot pour se retrouver à la Feria de Pampelune, en souvenir d'Ernesto.

Roger Grenier

Dernier livre paru: «le Palais des livres» 

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 08:08

 

Toujours pendant le tournage DU FILM "Homme de Boue"au mois de juin 2011et cette fois de tous gros plans impitoyables sur un vieux CheyenneMG 4213MG 4216MG 4218MG 4222MG 4225
MG 4256MG 4253MG 4257MG 4258MG 4322MG 4310-copie-1MG 4263MG 4305

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 10:44
&quot;The Last Resort-Le Dernier Recours-Lagunitas (C.A) David Lee Hoffman
&quot;The Last Resort-Le Dernier Recours-Lagunitas (C.A) David Lee Hoffman

A propos de «  THE LAST RESORT » Le Lien:   www.thelastresortlagunitas.org

La maison de mon ami David Lee Hoffman, . Terrain acheté en 1973 et maisons en constructions successives depuis lors

THE LAST RESORT- LE DERNIER RECOURS Traduction française réalisée par Christian Vancau

 

La mission de Last Resort in Lagunitas, Californie, est de découvrir et de perfectionner des solutions d'environnement soutenables  pour l'aménagement de l'espace, la réutilisation de l’eau et la sanité de la nourriture

 

THE LAST RESORT(Le DERNIER RECOURS) est un ensemble architectural étonnant, un amalgame de plus de 25 stuctures originales reconnues pour leur beauté et pour leur fonctionnalité. Depuis plus de 40 ans, David Lee Hoffman a construit et dessiné une série de structures manuelles, utilisant une grande quantité de matériaux recyclés. Son territoire paisible, est le reflet d'un monde naturel et est bâti pour pouvoir durer pendant des siècles. ll a incorporé dans sa construction l'utilisation de la pierre, de la maçonnerie, du bois, du bambou  et de la terre ainsi que des influences qui lui ont été apportées par des années de voyage à travers le monde.C'est un important et signifiant exemple d'Art Folk Est-Ouest, en concordance  avec les idées de l'architecte Sim Van der Rijn, qui est appointé comme architecte de l'Etat de Californie par le Gouverneur Jerry Brown, et qui est à la base de l'architecture de le l'Université de Berkley-Californie. Beaucoup de gens considèrent que ce travail est un témoignage essentiel du "Faites-le par vous-même", du retour à la terre et du respect de la Mère Terre, éthiques mises en pratique dès le début des années  soixante

 

Dans l'esprit de "gaspiller n'est pas gaspillé jusqu'à ce que ce soit gaspillé, « The Last Resort » est un modèle d'environnement et de mode de vie harmonieuse. Il essaie d'assimiler à la fois les méthodes naturelles du passé et du savoir- faire  moderne afin de créer un système de vie qui effectivement démontre les possibiltés de faire pousser de la végétation dans un environnement sain et non pollué. Sa mission est de découvrir et perfectionner des structures à bas prix, pour l'aménagement du gaspillage, le réutilisation de l'eau et la sanité de la nourriture.

 

A cette fin, un système de bio-organisation intégré a été installé avec succès. Une utilisation visionnaire de la vermiculture, du compostage et de la saine eau grise a produit un efficace fertilisant pour créer un sol et des germes de nourritures organiques  de haut niveau. Beaucoup de découvertes et de perspectives qui s'avèrent pouvoir être très utiles dans notre défi de changer le monde ont émergé tout au long de cette recherche

 

Le système de l'eau grise.Tout commence et finit dans la cuisine.Le voyage commence à l'évier de la cuisine. Toutes les eaux d'évacuation, tous les déchets de nourriture, entrent dans LE PALAIS des VERS,(Lombrics rubellus,  Vers de terre, Eisenia fetida et toutes sortes d’autres micro ou macro-organismes) qui se chargent de les transformer en compost. Les eaux qui vont dans un bassin supérieur sont filtrées et fertilisées, ce que prouve la richesse de la  flore qui pousse directement au sein des bassins en question ainsi que celle de la faune qui y vit (serpents, grenouilles, salamandres, scarabées d'eau, libellules, oiseaux...).

 

L'eau quitte alors le fossé supérieur et à  travers une terre bio humide, accède à un bassin inférieur. Du côté opposé au bassin inférieur, se trouve la Tour de la Douche à la puissance solaire où l'eau de la douche est filtrée à travers une autre terre humide bio et remonte vers l'évier de la cuisine. Il y a en outre un grand réservoir d'eau filtrée qui se remplit et qui alimente le potager, les arbres fruitiers et les poules. Et le cycle est achevé, en récoltant la délicieuse nourriture nutritive ainsi que les œufs aux fins de les préparer dans la cuisine. Tout ceci est accompli sans utiliser d’électricité et en plus l’environnement physique célèbre la beauté et le respect de la vie donneuse de vie

 

Le Dernier Recours et l’explication de sa démarche ont paru dans de nombreuses publications, y compris dans le New-Tork Times et dans le NBC News. Le Dernier Recours a attiré des visiteurs du monde entier et les a inspirés pour aller de l’avant avec un nouvel espoir de participer à la création de solutions environnementales positives

 

En savoir plus sur : http://thelastresortlagunitas.org

 

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