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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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Christian VANCAU

6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:25

Mondain certes, mais attentif aux affres d'une société qui le fascine par ses extrêmes, Rops compose de grands dessins à résonance sociale, tels que " La Buveuse d'Absinthe "  et  "La Dèche " (1882 )  (voir photos ci-jointes, de haut en bas). La peinture des bas-fonds le retient plus que jamais et de sa pérégrination aux antres malsains, il a ramené cette saisissante Buveuse d'Absinthe au regard dur enchassé dans un visage glacé; tout est exprimé en condensé: le regard dur et froid de la fille, un mur, l'attente et la quête du client comme seule action
"Je reviens de Paris, avec mes poches pleines de Parisiennes, des folles, des sombres, des étranges, des squelettables; je les ai fait poser, mais comme j'enrage de ne pas encore avoir assez de talent pour bien les rendre, ces terribles filles. Et c'est en 1969 qu'il expose au Salon de Bruxelles, sa Buveuse d'Absinthe, "une fille appelée Joliet qui arrivait tous les soirs, ivre au Bal Bullier et qui regardait avec des yeux de mourante galvanisée. Je l'ai fait poser et j'ai tâché de rendre ce que je voyais(...)la vie, tâcher de rendre la vie, et c'est assez rude " Plusieurs oeuvres (aussi " Le Gandin Ivre", "Le Bouge à matelots" et "L'attrapade"incarnent  cette froide désepérance du vice. Rops accède ici, à une dimension réaliste et sociale

 

 "La Dèche" (ci-contre) représente une prostituée devant l'affiche des tarifs. Celle-ci n'est éclairée que par un faible réverbère. Ce ne sont pas des femmes, ce sont des nuits, écrit Alfred Delvau en 1860 dans Les Dessous de Paris.

L'ambiance est celle de la rue, exprimée en condensé par le décor et l'attitude de la femme.
"Mais ce sont les jeunes femmes, écrit Rops à Poulet-Malassis, qui sont formidables ! En voilà qui ont laissé toute espérance; des fatiguées et des rassasiées, la vie leur a charrié de rudes émotions, tout celà a laissé sa trace sur les fronts et sur les bouches en rides et en maculatures sinistres, et ce splendide maquillage qui jette de chaudes lueurs sur tout celà, c'est réellement très beau à faire pour un peintre, mais il faut savoir un outil-comme Baudelaire-il a saisi, lui "


Ci-dessous "Le Bouge à Matelots"

 

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:23

Pris dans la frénésie du salon de 1878 et de la grande exposition, Rops travaille avec acharnement. SPornocratès-Félicien Rops-1896on talent s'épanouit pleinement. Il cherche de nouvelles techniques en dessin, associe pastel, aquarelle, gouache, crayon de couleur. Il dessine "Pornocratès"(ci-contre) et "LaTentation dLa tentation de St Antoine-Rops- 1877e Saint-Antoine" ( ci-dessous). A la peinture réaliste des bas-fonds succède ainsi une vision allégorique et ironique de l'emprise du sexe sur la réalité humaine

 

La nudité ropsienne est née, "cette nudité ornée de notre époque". Rops la montre sous un jour" plus intense, dégageant un frisson inconnu qui doit exister dans le domaine de l'Art". Une femme puissante, souple, langoureuse. Beauté fatale qui lui sert à démasquer l'hypocrisie de la société bourgeoise à travers les moeurs du temps ou simplement à traduire le trouble du désir.

 

Rops est aussi très accaparé par la constitution d'un marché et d'un public. Très mondain, il "éventaillise" volontiers pour les dames, d'une façon personnelle et originale "une gouache sur simple toile grise, cela fait un effet charmant quand cela est traité haut le pinceau et que lon connait la fleur et les amours"
Il compose aussi des menus pour les repas donnés dans les milieux artistiques et littéraires
Rops n'a rien d'un ermite. Il se rend chez Victor Hugo, fréquente le café Gerbois cher à Manet, le café La Rochefoucauld àù il rencontre Degas, le Café Riche boulevard des Italiens...Sa conversation impressionne. Sa mémoire est prodigieuse; il donne l'impresssion d'avoir tout lu et virevolte de citations en références. On sait par Huysmans que le 16 avril 1877, il est du fameux diner chez Trapp, considéré comme le repas du baptême du naturalisme.

 

Néanmoins, malgré la fascination qu Paris exerce sur Rops, l'envie d'ailleurs se fait sans cesse sentir: "il faut traîter Paris comme une maîtresse ardente et aller de temps à autre se remettre au vert, en plein bois". Rops voyage, il a besoin de liberté. La nature lui apporte paix et sérénité; "la mer et les bois sont pour moi les grands consolateurs, les apaisants. Vis à vis d'eux l'on sent le côté transitoire, fugace et fragile de toutes les douleurs, et ils ont de mystérieuses paroles qui endorment et calment".

 

Cette soif d'évasion l'a déjà conduit à fréquenter les bords de la Meuse (Anseremme) et la Mer du Nord ( dès 1871). Il se lance ensuite dans les grands voyages qui font oublier le spleen parisien. Monte-Carlo (1874-1876-1877), " nid de fantaisistes dont les hantises sont chères aux Muses" où il séjourne chez son ami Camille Blanc, la Suède et Stockholm, la Hongrie (1879) qu'il sacrera terre de ses origines. La musique Tzigane l'ensorcèle "odieuse et adorable, folle...qui entre en vous, fouille dans les replis de votre être, en fait sortir les joies et les douleurs oubliées, et sous son étreinte, vous donne le pressentiment des angoisses futures et des bonheurs toujours espérés", l'Espagne (1880), Tolède, Séville "où il sent une plénitude de vie que l'on ne sent nulle part, on est plongé dans l'ivresse de la lumière et des fleurs, il a besoin de Grenade et surtout d'Alhambra "; la Hollande (1882)" un pays qui ressemble à un bain de pied dans lequel on a jeté des épinards, des populaces mornes et mélancoliques" les Etats-Unis (1887) où il accompagnera les soeurs Duluc parties présenter les modèles de leur maison de couture; l'Afrique du Nord et la Bretagne où il retrouve la mer

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:54

C'est dans ce château situé à Mettet en Belgique (Province de Namur) que Félicien Rops revenait régulièrement auprès de son épouse. Charlotte de Favereau, à qui il appartenait. Il y peignait, gravait et était un passionné de jardinage. On peut dire que le jardin fait partie, luis aussi, de son oeuvre. Ce domaine est géré par le Fonds Rops qui a été créé il y a des années par mon ami cinéaste Thierry Zeno. Je m'y suis souvent rendu
   

Voir ma biographie de Félicien Rops ( 6 articles)

CET ENDROIT EST MAGIQUE......

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:53

Dés 1863, Rops fait des aller-retours incessants entre Bruxelles et Paris. En effet, il étouffe en Belgique. Il écrit à son beau-père "Il est nécessaire que je passe trois mois à Paris par année". Il y rencontre l'éditeur le plus osé du moment, Auguste Poulet-Malassis (c'est le cas de tous les poulets d'être mal assis), qui deviendra un intime de Thozée. L'éditeur le présente à Felix Bracquemond, son futur maître en eau-forte. Rops abandonne la caricature et désire réussir dans l'illustration du livre. Il rencontre les frères Goncourt qui le décrivent dans leur "Journal" comme: " un bonhomme brun, les cheveux rebroussés et un peu crépus, de petites moustaches noires pincées, un foulard de soie blanche au cou, une tête où il y a du mignon d'Henri III et de l'Espagnol des Flandres, une parole vive, ardente, précipitée "
 

 

Rops se fera de plus en plus souvent absent de Belgique. Charlotte s'installe à Thozée à cause de Paul qui souffre de toux qualifiées par les médecins de "nerveuses", ne se calmant qu'à la campagne. Elle lui écrit de longues lettres, racontant le charme de la gentilhommière, son effet bénéfique sur la santé de Paul et se languit des absences de son mari: " Aime-moi, comme je voudrais être aimée ", lui écrit-elle en 1874.
 

 

Mais, dés 1868, Rops rencontre à Paris, deux jeunes couturières, Léontine ( 1849-1915) et Aurélie ( 1852-1924)Duluc. Elles s'occupent avec leur mère d'une maison de couture. Rops est séduit. L'amour des deux soeurs pour lui est fusionnel; les lettres qu'elles lui adressent portent le doux nom d'Aureleon, ce mélange équitable d'Aurélie et de Leontine. Elles deviendront les compagnes de sa vie: "Elles ont apporté dans ma vie, charme, consolation, gaieté rayonnante, bonne humeur, belle santé physique, elles m'ont rendu meilleur, positivement, par leur honnêteté simple et pénétrante "
 

 

Mais la relation que Rops entretient avec sa femme  devient de plus en plus houleuse. Charlotte a toléré longtemps ses aventures jusqu'à la connaissance d'une nouvelle liaison de son mari avec une cantatrice belge, Alice Renaux, rencontrée sur la plage de Blankenberg en 1872. De son côté Alice ayant appris l'existence de l'épouse légitime ainsi que des deux maîtresses parisiennes, se rend au château de Thozée pour faire à Charlotte, une scène qualifiée par Rops de furieuse et théâtrale. Charlotte ne divorce pas mais demande la séparation de biens et Félicien s'installe définitivement à Paris chez les soeurs Duluc en 1874,au 76 rue de Richelieu. En 1884, elles déménagent rue de Grammont,, 19, en plein quartier de couturières. En 1887 et 1889 elles partent pour les Etats-Unis, afin de créer une succursale de leur maison de couture à New-York. Félicien devient pour elles "conseiller artistique" et leur dessine croquis de costumes de ville et de théâtre

Leontine lui donne une fille, Claire: "Ma fille dira Rops, c'est l'enfant des jours pénibles, l'enfant pour lequel j'ai abaissé ma morgue de bourgeois ex-riche pour vendre. . et puis c'est la fille de mon corps et de mon esprit, je l'aime doublement la vraie vie moderne qui crie, s'amuse, se tue, étale au soleil ses dorures et et ses haillons, ses joies et ses douleurs, avec sa physionomie nerveuse et surmenée. Rops lui donna une éducation sérieuse, l'envoya en Angleterre pour parfaire son anglais. Elle épousera en 1895, l'écrivain belge Eugène Demolder.
Aurélie Duluc, à son tour donne un garçon à Félicien, Jacques, "qui n'a vécu que le temps de se faire aimer et regretter et qui est mort subitement d'une embolie, âgé de quelque jours. ( A gauche une photo de Claire, fille de Léontine )

 

Dès 1876, Rops trouve sa place dans la société artistique parisienne. A Paris il trouve enfin  "une vie artistique vivace et vibrante, la vraie vie moderne qui crie, rit, s'amuse, se tue, étale au soeil ses dorures et ses haillons, ses joies et ses douleurs, avec sa physionomie nerveuse et surmenée, qui n'appartient à aucune autre"
Le modèle vivant qu'il cherchait dés l'académie s'impose à lui: c'est la femme qu'il surprend sur les boulevards, dans les bouges, au théâtre, au cirque...
Il se plaît à saisir l'instantané des évènements qui se passent sous ses yeux, à prendre, comme il le dit, en pleine nature le sujet, telle "L'attrapade" 1877 (ci-dessous) dans laquelle Rops représente deux femmes à l'issue d'une dispute, qui se menacent du poing sur l'escalier d'un cabaret, le Moulin vert à Paris
 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 08:52

Charlotte Polet-Félicien ROPS-Château de Thozée Depuis l'université, Rops connaît une jeune namuroise, Charlotte Polet de Faveaux (photo, ci-contre) fille d'un juge au tribunal de Namur.Le château de Thozée appartient à cette famille et c'est ainsi que Rops découvrira ce lieu enchanteur: "Je file pour l'instant un amour platonico-culinaire, écrivait-il en 1854, trois ans avant son mariage, j'entrecoupe chaque bouchée par un madrigal, et j'effeuille une marguerite entre deux verres de bordeaux; on tient à ce que les qualités physiques du gendre ne soient pas détériorées et on le soigne, le gendre-bohême se laisse pousser des rubis sur  le nez, et tout le monde est content. Voilà ce que j'appelle la vie de château"
Le mariage est célébré le 28 Juin 1857 et les jeunes époux habitent dans la demeure familiale, rue Neuve, 13 à Namur. Le 7 novembre 1858, Rops annonce en grandes pompes la naissance de son fils: "Il m'est né né un fils qui s'appelle Paul. Il avait le nez rouge foncé en venant au monde, j'en ferai un rude coloriste ".
Juliette rejoint le cercle familial en 1859. Rops la décrit: " Elle a des cheveux noirs et de grands yeux bleus, je l'adore, prie Dieu de me la conserver, je me tuerais si je la perdais-ces yeux-là feront bien souvent rêver leur père. Je l'aime " Elle
décèdera d'une méningite, à l'âge de 6 ans(ci-dessous les photos de Juliette et de Paul ) " C'est mon grand malheur, confie Rops à Alfred Delvau. Il faut du temps pour s'habituer à supporter une douleur quand on n'a jamais rien supporté du tout "
Le quotidien du couple se partage entre Namur et le château de Thozée, propriété de l'Oncle de Charlotte, Ferdinand de Faveaux, et ensuite Bruxelles, ù le couple se fera construire une maison au Rond Point de l'avenue Louise
Au décès de son Oncle en 1877, Charlotte hérite du domaine de Thozée. Feliceine y accueille nombres de ses amis artistes. Parmi eux le poète
Charles Bau
delaire. Rops écrit à Henri Liesse: " Ici rien de nouveau, -  les grands saules chantent dans le vent et les ormes prennent des airs sombres qui font présager l'automne. Les brouillars lumineux de septembre vont venir et me rappeler les jolis départs de chasse de mon enfance...Moi trop jeune pour prendre mon repos, j'ai accroché dans la panoplie sous la trompe bosuée des grands parents qui, jadis avait tant sonné la curée, à côté du fusil à baguette de mon père, le bon Léfauchaux dont le damasquinage s'est usé sur mon épaule et qui abattait si vaillamment les bécasses en novembre dans les aulnaies de la Mare aux pies. J'ai pris la pique et le sac du paysagiste tant méprisé par les figuristes

Braconnier ne puis
Chassaillon ne daigne
Peintre je suis
Et voilà comment mon cher ami je me suis fait paysagiste ".
Et voici comment Rops n'hésite pas à faire de Thozée le château de ses ancêtres

Voici une peinture de Rops réalisée en 1874, représentant son épouse Charlotte se dirigeant vers l'étang 'Huile sur panneau 15/30) et plus bas " Neige à Thozée" réalisée en 1875 (Huile sur toile 42/67,5            

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 11:10

Le jeune illustrateur, cependant réserve un coup de théâtre à ses complices de l'Uylenspiegel ; Il se marie le 28 Juin 1857 avec Charlotte Polet,( voir mes articles sur Thozée) dans cette même rubrique) fille d'un juge au tribunal de Namur et comble de l'inconséquence, retourne vivre en Namurois. Voici une vue de son atelier à Namur à cette époque, rue Neuve n°13 et juste en-dessous une oeuvre de son époque namuroise qui date de 1863 et s'intitule " Un enterrement en pays wallon ";Un-enterrement-en-pays-wallon.jpg
Dans une lettre à Charles De Coster, Rops décrit un triste cortège funêbre qu'il a suivi, à Namur et qu'il a fidèlement reproduit:
" J'étais à Namur, ne sachant que fire(...)En chemin, je rencontre un enterrement. J'ai toujours eu un faible pour les enterrements. c'était un enterrement triste celui-l, c'est rare. Derrière le cerccueil (...) suivait un petit garçon blond, de ce blonf fade né des cours de récréation sans air et des verbes copiés 10 fois en punition d'un sourire. C'était lui le pauvret qui menait le deuil, avec son petit nez rouge et de grosses marmes à travers les cils. A ses côtés, digne et protiectant, ambulait un monsieur, le "mon oncle" ou le tuteur légal (...)Un gris curé goutteux,avec les bras tombant sur les boucles de ses souliers, deux prêtre psalmodiant 
lugubrement grotesques, encore enluminés par la digestion dérangée, un bedeau avec  de l'ouate dans ses oreilles, deux membres mâle et femelle de quelque congrégation, un enfant de coeur et un chien, c'est tout(...)L'enfant de choeur pendant les derniers oremus, aspergeait le chien, et les porteurs buvaient le pequet de circonstance. Celà m'a plu.  Je l'ai dessiné sur une grande pierre lithographique, et voilà ! "

 

La presse namuroise a violemment attaqué cette oeuvre qu'elle trouvait anticléricale. Difficile, en effet, de ne pas voir dans cette lithographie, la dénonciation de la bêtise du clergé, absorbé par les conventions cléricales, et celles des adultes, coincés dans leurs fonctions respectables. Pas un geste de consolation ou de tendresse pour le petit orphelin debout, face à la fosse. La seule présence féminine, en face de lui, semble froide, distante et indifférente. L'homme de dos, à côté de l'enfant, ne fait pas un mouvement vers lui. Les deux pieds plantés dans le sol, il paraît plutôt autoritaire qu'amical. N'oublions pas qu'à l'âge de quinze ans, Rops perd son père et est confié à un tuteur avec qui il ne s'entendra jamais. Dans cette oeuvre, l'artiste a t'il stigmatisé une part tragique de sa jeunesse?
On a souvent comparé" Un enterrement en pays wallon" à" l'Enterrement à Ornand de Courbet". Cependant le propos en est différent. Courbet a fait oeuvre de réalisme en peignant un village au grand complet, rassemblé pour un enterrement. Rops, quant à lui, insiste sur la physionomie des personnages, touchant à la caricature On remarquera" L'Ecriture de Rops " qui était aussi un grand écrivain et dans son style, très en avance sur son temps, tout comme dans sa "peinture"

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 11:07

Rops est né le 7Juillet 1833 à Namur (Belgique). Son père Nicolas-Joseph Rops fait commerce "d'indiennes"; des tissus imprimés aux couleurs de l'arc-en -ciel par des procédés analogues à ceux de l'impression sur papier et qui sont destinés à l'impresion des robes d'été et des lingeries.
Félicien fera ses études chez les Jésuites à Namur, puis à l'Athénée. Il est également inscrit à l'Académie des Beaux-Arts de Namur.
En 1851, il s'inscrit à l'Université libre de Bruxelles, pour une candidature en philoosphie préparatoire au Droit. Il plonge avec enthousiasme dans une vie de bohême étudiante dont les points d'ancrage, véritables champs d'expression des premières avant-gardes artistiques et littéraires de la toute jeune Belgique de l'époque (1830), seront les ferments de sa future carrière artistique. Dans les années 1850-1860, on le verra lutter pour le réalisme à l'atelier Saint-Luc et, plus tard, au sein de la Société libre des Beaux-Arts et de la Chrysalide, fonder la Société internationale des aquafortistes et animer au bord de Meuse la fameuse colonie d'Anseremme où il attirera nombre de ses relations bruxelloises. Parallèlement, il découvre le support journalistique et la lithographie, au sein des cecles étudiants qu'il aborde avec certes plus de conviction qu'il n'envisage ses études universitaires.( Noter que son père est mort en 1849 alors que Félicien avait 16 ans ) Les amitiés qu'il nouera à cette époque seront déterminantes et même  capitales, la plus importante étant celle qui le liera avec Charles De Coster. Dés 1851, Rops fait partie de la Société des Joyeux, cercle d'étudiants de l'Université libre de Bruxelles. Rops devient aussi un membre actif du cercle des Crocodiles, joyeuse bande d'étudiants qui se retrouvent au Trou, célèbre estaminet . Cette bande qui se veut loufoque mais conscientisée édite Le Crocodile, journal des Loustics, une feuille dont le succès ira croissant dans le Bruxelles des années 1853-1856. Chaque semaine, pendant trois ans, Félicien y publie un dessin lithographique.( En 1856 en effet, il fonde son propre journal : L'Uylenspiegel, journal des ébats artistiques et littéraires ). Le Bruxelles bourgeois qu'il découvre sera sa première cible avant qu'en 1855, l'afflux des immigrés français du coup d'Etat de Napoleon III ne le pousse peu à peu vers la caricature politique et les idéaux démocratiques, dans l'esprit de Gavarny et de Daumier.
Initié à la satire politique et sociale? Rops se lance également dans la critique artistique et s'attaque à ces véritables instututions artistiques que sont les Salons annuels. Il publie sous l'égide de la Société des Joyeux, une série de petits opuscules caricaturaux qui les mettent directement en pièces
Le Diable au Salon paraît en 1851 et atteste d'une étonannte compréhension de l'actualité satirique de son temps pour un artiste qui es esr à ses premières arms. Rops a notamment assimilé le fameux salon caricatural de 1846 publié à Paris par Baudelaire, Banville et Vitu et s'en inspire librement "Les Cosaques. Invasion au salon de 1854" paraît cette année-là ave 20 lithographies. La dérison se fait toujours plus ravageuse voire même destructrice. Les Cosaques font oeuvre d'iconoclastes, remarque Michel Daguet qui commente l'illustration de tête : "ils renversnt les statues et lacèrent les toiles de leurs lances devenues des plumes acérées. Là où le diable ne se voulait que tentateur, le cosaque se fait destructeur. Là où le Malin révélait aus masses infantilisées les dessous d'une expositon, le barbare détruit ce que d'aucuns considéraient peut-être comme un signe de culture. Le texte des Joyeux rend compte des aspirations de ces jeunes échevelés en rupture de conventions. S'affirme ainsi la primauté pour ainsi dire primitiviste - et la référence au cosaque va en ce sens - de l'intuition spontanée. Rompant le carcan des conventions, les auteurs proclament : " Nous avons le plus profond mépris pour la couleur et pour la ligne; le jet, l'idée, voilà notre idole "."
On peut peut-être mettre en parallèle cette profession de foi collective et les références que Rops se donnera bien des années plus tard, lorsque, artiste reconnu, il voudra mettre son individualisme en images. L'aquafortiste-alchimiste n'affirmera t'il pas à plus d'une reprise, vouloir sauvegarder le jaillissement spontané du dessin au travers de son travail de graveur ? Et l'anticonformiste ne cherchera t'il pas vers de lointaines teFélicien ROPS-Namur-Graveur-Thozéerres de l'Est qui le séduisent par leur beauté brute, les racines d'une personnalité qu'il veut hors du commun.
Ce sera ensuite au tour d'Uylenspiegel de chambouler les conventions. Les Joyeux se réclamaient de la facétie, les Crocodiles se voulaient "fils du désert", indépendants de toute doctrine ou mouvement. Nul doute que l'indépendance d'esprit prônée en ces cercles ait convenu à la personnalité profondément individualiste d'un Rops qui restera toujours allergique à la soumission aux conventions dominantes. La vocation à la critique artistique qu'il a pu exprimer en ces premières et foisonnantes années ne le quittera jamais.
Rops, sous divers pseudonymes, se fait ainsi la main par le biais de sa collaboration à cs journaux. Il perfectionne sa technique du dessin et de la lithographie qu'il portera bientôt à un remarquable aboutissement. Parallèlement, il s'exerce à la peinture et s'inscrit, en 1853, à l'atelier libre Saint-Luc, un autre centre de ralliement de la bohème bruxelloise de l'époque où s'échangeaient les idées d'avant-garde dans un climat de joyeuse contestation ( à suivre...)

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 11:02

  L'occasion de rendre hommage à mon ami Thierry ZENO, qui a fait revivre cette demeurede rêve.

   

Tout rebelle qu'il fût, Felicien ROPS ( 1833-1898) épousa en 1857 la fille d'un Thozée-Rops-Zeno-Vancau-Mettetjuge namurois, Charlotte Polet de Faveaux, dont l'Oncle possédait le Château de Thozée, dont elle allait hériter en 1877, alors que depuis 1874, Le beau Fély, vivait à Paris, avec 2 couturières, les soeurs Duluc. Mais Félicien revient souvent au château et y installe un atelier de gravure, tout en s'occupant activement du jardin, introduisant des plantes rares dans ce domaine de 19 hectares.

Il y invite notamment Charles Baudelaire et Charles De Coster ! Le château se situe sur la commune de Mettet.! Il est MAGIQUE !. Bien caché dans son écrin de verdure, au coeur d'un parc arboré de 19 hectares, ce château est une gentilhommière du 18e siècle, un vériable havre de paix qui appartenait à la famille  Polet. 

La demeure a été habitée, jusqu'à son décès en 1996, par Elisabeth Rops, la petite-fille du peintre et graveur (donc fille de Paul Rops). En 1993, Elisabeth a oeuvré à la création d'une asbl "Fonds Félicien Rops" qui serait chargée de la restauration du lieu et de sa mise en valeur, notamment en proposant un lieu de travail et de ressourcement pour les artistes avant-gardistes du 21e siècle

Je me suis souvent rendu dans ce château, au petit matin, dans ce décor totalement onirique, situé sur la Commune de METTET, en Belgique

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 08:39
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne

EPOISSES

Village de Côte d’Or, l’Art et le Plaisir de vivre en pays d’Auxois, Bourgogne.
Si le nom d’Époisses est associé à son château, il l’est aussi à son fromage fameux : deux éléments qui font la renommée de ce petit bourg de 803 habitants.
Époisses, Carrefour entre la Haute Bourgogne , le Morvan et le Tonnerrois, est un centre commercial et artisanal rayonnant sur les communes qui l’entourent et lieu de vacances pour les citadins en quête du calme de la vie rurale.

Le village d'Époisses est jumelé avec la ville de
Lörzweiler – Allemagne

.HISTORIQUE

Des rois mérovingiens au Moyen Age
La tradition fait remonter l’origine du château d’Epoisses au VIe siècle. A cette époque, le roi de Bourgogne, Thierry, étant encore un enfant, sa grand-mère, la reine Brunehaut, exerçait la régence. D’abord maison royale, Epoisses devint maison seigneuriale au XIIe siècle avec la famille de Montbard. Il appartint de 1237 à 1421 à la famille de Mello qui y reçut Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, en 1377.

Du Moyen Age aux Guerres de Religion
 

A la mort de Claude de Montagu, neveu des Mello, l’un de ses héritiers, le Maréchal de Hochberg le reçut en don du roi Louis XI. Il le laissa à sa fille unique Jeanne qui épousa Louis d’Orléans, duc de Longueville. Ils habitèrent souvent Epoisses et y firent beaucoup de travaux. Des Longueville, Epoisses passa à Jacques de Savoie, duc de Nemours. Brillant politique et habile capitaine, adulé à la cour d’Henri II, il fut pris par Mme de Lafayette, au XVIIe siècle, pour héros de son roman «La Princesse de Clèves». Son goût du faste ayant amenuisé sa fortune, Jacques de Savoie vendit Epoisses au maréchal de Bourdillon en 1561.

Des Guerres de Religion à Louis XIV
 

Le Maréchal de Bourdillon fut de toutes les guerres de son temps. Il fut gouverneur du Piémont et Henri II le chargea de nombreuses missions militaires et diplomatiques. Bourdillon fit exécuter à Epoisses de très importants travaux dont le porche de la tour qui porte son nom. Le maréchal légua Epoisses à sa nièce Françoise, épouse de Louis d'Anssienville. De 1591 à 1595, les ligueurs s'emparèrent du château et le pillèrent. Ils édifièrent des fortifications que Louis d'Anssienville dut rembourser pour récupérer son château. La petite-fille de Louis d'Anssienville, Madeleine de la Grange d'Arquien épousa en 1661 Guillaume de Pechpeyrou Comminges de Guitaut. Elle lui légua le château par l'intermédiaire du Prince de Condé

 

Louis XIV à nos jours
 

Guillaume de Guitaut effectua à Epoisses d’importantes restaurations et y reçut de nombreux amis, notamment la Marquise de Sévigné, célèbre par ses lettres dont plusieurs sont adressées aux Guitaut. Lors de la Révolution, le comité de Salut Public décida que la moitié du château serait détruite. M. de Guitaut sacrifia la partie la plus curieuse pour garder celle qui était la plus habitable. Après la Révolution, les Guitaut entreprirent la restauration de leur demeure, faisant araser les ruines et construire une balustrade qui domine les fossés. Ces travaux d’entretien et d’embellissement ont été poursuivis à toutes les générations jusqu’à aujourd’hui.

 

Un livre pour en savoir plus :
"Epoisses, chroniques d'un château"
Marguerite de Guitaut
Edition de l'Armançon

       
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
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Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne

Nous y sommes allés ce 24 mai 2014. Il n'y avait personne à part deux Labradors. C'est une endroit de rêve, à deux pas de Semur. Madame de Sévigné y a séjourné, tout comme au Château de Bussy-Rabutin, non loin d"Epoisses. Nous sommes aussi dans la région de Buffon (Montbard)

Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
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Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
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LE FROMAGE D'EPOISSES

L'Époisses est un fromage français de la région Bourgogne, bénéficiant d'une AOC depuis 1991 et d'une AOP depuis 1996. Son aire d'appellation couvre environ la moitié Nord-Ouest de la Côte-d'Or, deux cantons de la Haute-Marne et trois cantons de l'Yonne. Son nom est celui du village d'Époisses, situé à l'ouest de ce territoire.

C'est un fromage à base de lait de vacheà pâte molle, à croûte lavée, son poids est généralement de 250 grammes mais on peut le trouver dans des formats plus grand. Ce fromage qui contient au moins 50 % de matière grasse, est affiné en étant frotté au Marc de Bourgogne. Sa couleur ivoire orangée à rouge brique est due aux bactéries de surface : l'utilisation de colorants est strictement interdite.

Bien qu'excellent de décembre à avril, sa période de dégustation optimale s'étale de mai à novembre (périodes de pâturage).

Production : 1094 tonnes en 2009 (361 tonnes en 1992), 11,3 % au lait cru, le reste au lait pasteurisé. Trois fabricants industriels et un agri-producteur fermier.

Le lait utilisé, la transformation fromagère et l'affinage des Époisses doit être effectué dans la zone définie par l'AOC. 53 agri-producteurs de lait qualifiés pour un volume de 16,3 millions de litres de lait se répartissent les volumes. Les races laitièresautorisées sont la Brune, la Montbéliarde et la Simmental française.

 

Historique

Ses origines remontent au xvie siècle, il aurait été créé par une communauté de moines cisterciens installés à Époisses. Le secret de fabrication est transmis ensuite aux fermières de la petite région, qui n'auront de cesse d'améliorer la qualité et la typicité de leurs fabrications. Consommé à la cour de Louis XIV, l'Époisses est un fromage réputé à la fin de l'Ancien RégimeBrillat-Savarin le consacre « roi des fromages » et dès 1820, il s'en fait un commerce considérable. Vers 1900, il existe une centaine de producteurs, si bien qu'après 1945, l'industrialisation comme la généralisation de la vache frisonne au détriment de la tachetée de l'est menacent l'Époisses traditionnel. En 1956, sous l'impulsion d'une famille bourguignonne et de quelques producteurs, l'Époisses traditionnel renaît et connaît depuis un succès croissant.

Le château d&quot;Epoisses en Bourgogne
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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 11:28

Jean-Claude Pirotte

Le vin des rêves, tant de bouteilles à la mer

Edité par "L'ESPRIT NOMADE" que je remercie au passage

 

 

 

 

Pirotte

 

« Les romanciers authentiques ne mentent jamais. Je ne suis pas romancier. Je préfère raconter des histoires, des fables qui me seraient dictées par les nuits, dont la brume lâche enveloppe des terroirs indécis, quand le fleuve reflète, au sortir du bistro, le même néon, répété mille fois, et qui tremble comme mon regard. Des paquets d'ombre se détachent d'un firmament blessé, peut-être est-ce une montagne, peut-être une menace portée par les tombereaux cahotants de l'ivresse. »(Récits incertains)

 

Trempant sa plume dans les contes bleus du vin, dans le sang des jours, Pirotte est notre grand écrivain errant.
Il ne se pose que très rarement, jalonnant sa route étoilée d’auberges et parfois de combes, et il ne laisse traces de passages que par ses aquarelles laissées en
paiement au patron, de plis perdus, de livres abandonnés, de fonds de tiroir ressortis pour vivre un peu de pain aussi.


Il continue sa marche, Namur-Texas, commencée il y a si longtemps, du temps où il était avocat. Sa cause s’est élargie à l’humanité entière.
Non ce n’est pas une fuite, mais une libération, une
fusion.
Sa course d’étoile filante s’est posée quelque temps à Cabardès, avec un logis à Montolieu près de l’église d’où s’échappait haut et fort la musique de Ravel ou d’autres puis un nouveau
départ en triant ses chers livres de ses amis, ses musiques, et cap sur l’Anjou et il vit maintenant en Arbois.
La boussole des vignobles est sa vraie Croix du Sud. Son étoile verte est entre la nuit et les soleils du vin.
Lui qui se décrit comme« un peintre du dimanche et un écrivain du samedi » oscille entre les mots et les aquarelles. Romancier, chroniqueur, peintre, conteur, lecteur, animateur de revues, découvreur de talents, poète toujours, il a écrit plus de trente livres sur la dislocation des gouffres, les
rencontres entrevues et le grelot des chiens perdus. Pirotte est notre grand écrivain actuel de l'errance. Parmi tous ses livres qui, un jour, ont heurté nos vies minuscules, il faut citer: Pluie à Réthel,Un été dans la combe, Sarah, feuille-morte, Récits incertains, L'épreuve du jour, Plis perdus et le déchirant Il est minuit depuis toujours.


Et surtout il émane de lui cette fraternité chaude qui en fait notre plus proche voisin en angoisses et en nuits recourbées :
« Je tempère l'angoisse et la noirceur avec l'humour. Je trouve qu'il est toujours plus facile de parler de son angoisse que de son bonheur ; d'où mon désir de lumière. Grâce aux ombres je parviens à atteindre une lumière. S'il n'y a pas de contraste, il n'y a rien… Et cela aussi bien en littérature qu'en peinture. »

 

 

 

 

Traces de vie, tâches de temps

 

Jean-Claude Pirotte est né belge sous la pluie des jours et des gens . Son adolescence porte tout le ciel bas de la Wallonie, puis de la Hollande avec des détours en Bourgogne. Il essaie une vie sociale et exerce par défaut la profession d'avocat pendant onze ans. Il défendait les exclus, les marginaux, des délinquants, les pauvres, les immigrés. Choisissant la cavale plutôt que la prison, faussement accusé de complicité d’évasion d’un de ses clients, et commence alors une vie de vagabond avec des « étés dans les combes », des clandestinités et surtout des errances dans toute la France profonde. Il aura toujours été du côté des perdants, des revenants.
Quand on sonde sa mémoire oublieuse il répond « qu'il a vécu quelquefois, est mort souvent », mais il récuse sa légende de poivrot errant sous les voûtes du ciel, ou du moins ne veut plus s’en souvenir, tout en la vivant encore au quotidien.
Parfois émergent les traces de son adolescence, les longues virées en Hollande, en Bourgogne à Malaga, à Florence, au Portugal, dans les Ardennes. Tout cela fait une douce mousse de mémoire. Il sait que dans cette vie
impossible rabotée par le temps, il faut comme le commande Baudelaire s’enivrer. Seule la chute au fond des comptoirs des bars ralentit la véritable chute.


« Si j'ai vécu, ce ne peut être que dans les livres, et plus encore dans ceux des autres que dans les miens. À chaque voyage, il faut se reconstruire, tout est à refaire. Une vie, ce n'est pas la somme de vies improbables. »
Pour parler de sa vie improbable, il faut lui laisser la dire. Pour son éditeur Le temps qu’il fait Jean-Claude Pirotte a commis une sorte d’autobiographie que nous nous permettons de reprendre.

Pirotte

 

 

« Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n'aime pas tellement parler de moi, bien que je donne l'impression de ne faire que ça. Raconter sa vie n'a pas d'intérêt, ou alors il faut en explorer toutes les profondeurs, en extraire ce qui fait le plus mal, et aussi ramener au jour, au présent, ce que chaque instant ménage d'incomparable à qui sait l'accueillir…
Le Jan Idsega de Fond de Cale, ce n'est pas moi : je ne suis pas né en Hollande mais à Namur dans les Ardennes, le 20 octobre 1939, je n'ai pas tué ma sœur car je suis fils unique, je n'ai pas été professeur de dessin mais avocat (de 1964 à 1975), et ainsi de
suite. Ceci dit, le personnage emprunte sans doute mes traits (mais d'une manière équivoque), lorsqu'il se met à vagabonder, ce que j'ai beaucoup fait, à écrire, ce que je ne cesse de faire, à être malade, ce que je suis aussi, comme un peu tout le monde...
Pour le dessin, la lecture, l'écriture, j'étais un enfant précoce. J'ai publié trop jeune, à quinze ou seize ans, quelques nouvelles,
plus tard des poèmes, j'ai écrit des romans heureusement perdus. Il a fallu que je me débarrasse de cette infecte facilité. Et justement ce n'est pas facile d'étrangler la facilité...
En vérité, j'ai eu beaucoup de chance. D'abord de naître dans un milieu social qui, pour être conformiste, n'en considérait pas moins la musique ou la littérature comme
autre chose que des ornements de la vie bourgeoise.

Je ne m'entendais pas du tout avec mes parents, qui avaient tout de même une autre idée que la mienne de l'existence, au point que j'étais persuadé que ma place n'était pas chez eux, que j'étais une sorte d'enfant trouvé. Ils me regardaient comme un rebelle, mais j'ai très vite conquis la liberté de lire, de dessiner, de peindre, et surtout de vagabonder. Cette liberté s'est illuminée en Hollande, dans cette famille Prins qui m'accueillit, à Ede, où il me semble avoir pris définitivement conscience de ce qui était beau à mes yeux, pas question d'ouvrir ici un quelconque débat esthétique. Pour simplifier, disons que ma sensibilité a trouvé là de quoi s'alimenter, et c'est ainsi que je ne suis pas devenu tout à fait un voyou. J'ai découvert là ce qui désormais me serait nécessaire, l'art et la vie dirais-je un peu pompeusement, l'art indissociable de la vie la plus quotidienne...


Ma condamnation, elle aussi, a été une chance miraculeuse. De nouveau je me suis trouvé dans l'obligation de conquérir et de protéger ma liberté. Ces policiers, ces magistrats qui se sont fourvoyés en me poursuivant et en me condamnant, et qui n'ont même pas réussi à entamer mon idéal de justice, je devrais les bénir. Dans la misère et l'insécurité de ce qu'il faut bien appeler une « cavale », la littérature, la peinture, la musique, et la vigilante tendresse de ma compagne (qui m'apportait, où que je sois, avec sa présence furtive mais éblouissante, des livres et de quoi peindre) m'ont rendu à la vérité. À la paresse. Au vagabondage. Active, la paresse. Productif, le vagabondage...»

 

Vie donc de résistance, vie parfois clandestine, mais naissance à l’écriture, la poésie, la peinture et à jamais refus de l’enfermement. Il a connu son « élargissement », sa fugue idéale :

« Ce qui compte, c'est le loisir merveilleux que me ménagent aujourd'hui ceux qui m'ont condamné, en m'apprenant à leur insu que la lumière éblouissante de l'exil se mérite. »

 

 

 

À la santé de Pirotte

 

Pourquoi parler de Jean-Claude Pirotte encore et encore. D’abord pour souhaiter à cet ami, bonne santé et bonne boisson de la treille et de la vie. Et aussi par amour, bien sûr, de cet étrange écrivain «qui confond et marie les arômes de la vie et de la mort » et,tout simplement, pour vous donner l'envie urgente de ces petits récits incertains qu'il trace au fil du quotidien. Dans les ornières des sentiments où l'amour est une plante morte., Dans cette longue errance qu'est la fuite de notre enfance,il y a un homme posé comme un épouvantail à moineaux dans le champ de blé de notre mémoire, c'est Pirotte. Quelques mots grappillés au hasard de cette âme insoumise donneront un éclairage sur cet écrivain.


Et nous lui devons tant à celui qui nous a révélé ses compagnons d’âme et de lecture (Thomas bien sûr, Robin, Dhôtel, Follain, Frénaud, Pierre-Jean Jouve, Tardieu, Leon-Paul Fargue…)
Recevoir ses livres est déjà grand bonheur, recevoir ses lettres parsemées de dessins est plus grande joie encore. On sait alors qu’il est en chemin vers vous, soit pour une lecture de ses écrivains fétiches, soit pour ses textes (Pirotte est un merveilleux lecteur !), et de sa voix râpeuse et grave il va dénouer devant nous, pour nous, ses mots. Parfois il vous parle aussi avec flamme de ses dernières illuminations musicales.
Il affranchit ses mots au trébuchet du cœur, et pour lui toute amitié perdure contre le gel du temps. Il connaît les ornières des sentiments, la fuite de l’enfance, les amours comme chiendent.


Pudique dans sa vie, merveilleusement impudique dans ses écrits, il laisse affleurer les rencontres des écrivains qui lui auront donné le pain des rêves et la force d’écrire : Henri Thomas, Georges Perros, Jacques Chardonne, André Dhôtel, Marcel Arland, des peintres également, des fantômes plus vivants que nous.
Il aura donné les plus beaux carnets de
route écrits depuis Nicolas Bouvier, dans une géographie intérieure, où les paysages ne comptent que comme anecdotes, là où se dressent les balises de mots de Pirotte.
Son écriture est un fleuve sensoriel, qui revient souvent sur ses pas, à ses sources et repart.

L'écriture de Pirotte est une pluie lente, une halte parmi quelques vagabonds de rencontres. «Je ne cesserai pas de jardiner ma misère, ni de tirer modestement gloire des voix célestes de la pluie ». Un livre-image, Lettres de Sainte-Croix du Mont, visualise ses paysages intérieurs.

Pirotte


Digressions comme autant de buissons ardents, citations comme bornes le long des routes, lire Pirotte c’est accepter de voyager, de se perdre surtout.
Voyage de couleurs (Pirotte est un grand peintre !) et d’odeurs.
Des odeurs du Portugal, à celles des bars ou des fossés qui l’auront tant accueilli, et surtout de celles des femmes qui montent comme signaux de fumée sur l’horizon des jours, ses livres sont des compagnons de
route. Un guide non pas du routard mais des papiers semés en guirlande au bord du chemin, pour témoigner du monde amer, du monde doux, du monde ordinaire.

Des sons montent aussi de ses livres, celui des chiens au lointain des villages, celui de Mozart ou Ravel, celui des rencontres entrevues dans les petits matins gonflés d’oiseaux et de légendes.
Les mots de Pirotte vous tombent dessus comme une pluie
lente mais obstinée.

 

 

 

 

Le chemin d’une âme insoumise

 

Que de bouteilles vidées et jetées à la mer des sentiments autour de son ombre qui titube !

 

Pirotte

La solitude est en laisse et Pirotte avance. Dans le champ de blé à midi de tous nos jours il y a un épouvantail dressé contre le soleil pour faire fuir les corbeaux du malheur. Pirotte voltige au bord de la folie, dans les lourds et poisseux lendemains de la picole, dans les rencontres et le mélange des gens.

Pirotte est en fuite permanente et sa lucidité tendre nous ouvre tous les chemins de traverse des jours.

Avec sa solitude en laisse, des reflets de ciel éclatés, des bouteilles vides et lézardées autour de son ombre, Pirotte promène sa merveilleuse oisiveté dans la langue française, dans les matins qui titubent de rosée, mais aussi dans la boue des villages et le gouffre amer de la terre.


Il nous protège des minuits de toujours, c’est l’ami Pirotte, veilleur de vent et de fraternité.
Je tiens des livres comme
Pluie à Rethel, Sarah feuille morte, Il est minuit depuis toujours, Récits incertains, Un été dans la combe, comme la prose la plus entêtante, la plus forte et bouleversante de la littérature contemporaine.


Que de superbes livres, que de fonds de tiroir aussi car il faut bien faire chauffer la marmite. Et ses fonds de tiroir à lui feraient tout l’ameublement de tant d’autres !
Autobiographies vraies ou fausses, regain coupé entre légende et mémoire, ses livres sont bien un miroir qui marche le long des routes.
Sa belle voix profonde de prodigieux conteur, il l’offre au service des autres, peintre entrevu, écrivain venant vers lui.

Ses remparts de pudeur laissent passer les caravanes du partage.
Je suis toujours touché par sa ferveur à citer ceux qui ont tissé son ciel de lit, plein d’étoiles en allée et de feu de camp de l’amitié.


« Il y a des choses, chaque jour, qu’il faut toucher du doigt, faute de quoi c’est l’enfer » (Paul de Roux), cité par Pirotte.
Les livres de Pirotte font partie de ces choses.

Livres de naufrageurs que sont Il est minuit depuis toujours et Plis perdus.

Il existe un autre versant à son écriture nomade,des livres coupants, violents, loin des brumes, des aubes froides.

Ainsi Absent de Bagdad, Cavale, son odyssée portugaise dans Un voyage en automne révèlent un écrivain de résistance, à jamais insoumis
Pirotte est un immense écrivain, celui du quotidien
triste, de la cavale permanente, de l'ordinaire le plus gris au bonheur aigre-doux d'être seul.
Souvent, les mots de Pirotte pleuvent obstinément comme pour une attente sur les berges de la misère.

 

« J'ai froid,j'ai peur et je sais que l'amour qui n'est peut-être que littérature, ne sauve rien,ne sauve de rien, ni des autres, ni de soi ».


Ainsi parle Jean-Claude Pirotte. Lui toujours en lutte contre « les naufrageurs du vin », contre la bêtise, les empêcheurs de rêver en rond ; les « pisse-vinaigre », le reste du monde en fait.


« Le vin, la littérature, la peinture, la musique, la philosophie même ne sont pas des ornements de la vie. Ils sont la vie même, qui n'est tissée que de confidences. Nous n'existons que dans l'à-peu-près, l'instable, le précaire et l'insoupçonnable. Nous ne pouvons compter que sur une planche de salut, où cependant nous redoutons de nous aventurer, car elle apparaît plus menacée, plus risquée encore, que nos certitudes mesquines et le sentiment taraudant de notre dépossession. »

Ne parlons surtout pas de Pirotte, lisons-le comme au coin d'un bar, sur une banquette de métro, au milieu des vignes, et toujours laissons-lui la parole:

«J'ai retrouvé la nuit, mais je ne retrouverai pas l'enfance».


Son vin des rêves est notre réalité.

 

Gil Pressnitzer

 

Suite et fin:

 

«Ma propre disparition a eu lieu plusieurs fois.» écrivait récemment Jean-Claude Pirotte, elle a bien eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, en Belgique. Cette Belgique qu'il avait finit de rejoindre, lui «le fuyard céleste» a posé son sac, ses bouteilles et son cancer qui depuis si longtemps l'accompagnait, compagnon clandestin dans tous ses chemins vicinaux oubliés que fut sa vie errante. Entre la fumée des cigarettes et des jours, la tendre caresse du vin, celle des femmes de passage, la joie de pouvoir encore voir s'envoler un oiseau, il avait dit toute sa mémoire et son oubli dans son dernier livre, Brouillard:

 

« C’est que j’avais encore envie de vivre, et de voir passer les nuages, et d’écrire ceci, ou autre chose. Il arrive que la douleur soit en voie d’excéder mes forces. Mais je m’obstine, je tiens la fenêtre ouverte, au moins je respire et un chien aboie. »

 

Homme libre, merveilleux lecteur de sa voix profonde, plein des rochers de la vie errante, découvreur de ses frères en poésie, homme libre attentif à la simple condition humaine, la toute petite vie humaine, Jean-Claude Pirotte, le mélancolique clochard céleste, nous laisse les fragments de « sa vie perdue» comme autant de douces bruines de tendresse.

« l’heure vient d’échanger contre un corps volatil / cet encombrant fardeau d’os d’humeur et de chair ».

Le brouillard des jours incertains s'est dissipé, et Jean-Claude Pirotte demeure parmi nous, timide, rieur, libre, au petit matin du monde:

 

«C'est le seul moment du jour où je m'éprouve en vie avec une sorte de ravissement enfantin. La cigarette, le café fumant, le dessin gris bleuté des branches nues dans les jardinets. Le silence aérien. Il fait frisquet dans la cuisine et cela ne me gêne pas, moi qui ai toujours froid.
Une fumée blanche s'échappe d'un coin de la maison et s'évade entre deux sapins à la tête blanchie pour se mêler au ciel pâle. un chien noir
traverse une pelouse.»
(Brouillard)

 

le corps s’il est privé
de pitance il se meurt
et se meurt l’âme aussi
abandonnée des heures

de l’âge et de l’enfance
qui toujours la
visite
trop tard quand il est l’heure
de se quitter encore

après s’être quitté
si souvent que le corps
n’en peut plus d’être vif.
(Pirotte)

pirotte

Jean-Claude Pirotte, écrivain belge et Insoumis
Jean-Claude Pirotte, écrivain belge et Insoumis
Jean-Claude Pirotte, écrivain belge et Insoumis
Jean-Claude Pirotte, écrivain belge et Insoumis
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Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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