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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Site traduit en Allemand :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/de/index.html

 

Site traduit en Anglais :

http://fp.reverso.net/christianvancautotems/3733/en/index.html


Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
  • Contact

Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Jetez un oeil dans mes LIENS sur Richard OLIVIER, BIG MEMORY, mon ami Richard, Cinéaste belge, étant sur un gigantesque projet: Filmer tous les CINEASTES BELGES, morts ou vifs. Enfin, un artiste qui s'intéresse à ses pairs !http://www.bigmemory.be

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Je suis sur les blogs pro-tibétains:

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VENEZ M'Y REJOINDRE !

Christian VANCAU

1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 08:27

En 1980, Serge July, rédacteur en chef de Libération offre à Marguerite Duras d'y tenir une chronique quotidienne et elle le fait pendant 3 mois, puis retombe en dépression et est transportée à l'Hôpital de Saint Germain en Laye  où elle reste 5 semaines. Ensuite abstinence et à nouveau dépression  mais cette fois elle la vit avec un certain Yann Lemée, un homosexuel de 27 ans qui lui a écrit plusieurs lettres et qu'elle invite à Trouville. Elle changera son nom en Yann Andrea et il lui estera dévoué jusqu'à la fin.

En 1981, elle voyage au Canada pour une série de conférences de presse à Montreal, publie des articles avec Yann Andrea. Elle réalise "Agatha ou les lectures illimitées" et "L'Homme atlantique"

Elle entre en cure de désintoxication à l'Hôpital américain de Neuilly en octobre 1982. La voici avec Yann AndreaYann Andrea publie M.D. Il témoigne dans son livre de leur relation décadente. Du matin au soir, ils boivent. C'est lui qui lui écrit ses textes car Duras tremble trop pour celà. Elle ne change plus de vêtements et marche difficilement , obligée de se tenir au mur pour ne pas chuter. Elle vomit les verres de vin du matin et reboit. Elle avoue être en dépression mais ne s'estime pas pour autant malade:" Vous dites ce n'est pas la peine de m'examiner, je ne suis pas malade, je suis simplement alcoolique, je le sais complètement...Vous dites: je ne supporte plus les médecins, personne ne peut rien faire pour moi. Je dois seule décider"
Elle publie" l'Homme atlantique" et "La Maladie de  la mort"


Elle accepte cependant de suivre une nouvelle cure de désintoxication le 18 octobre 1982 à l'hopital américain. Le traitement est le suivant: deux comprimés de Témesta et une piqûre de Tranxène pour dormir; Aldactone et Atrium, 3 fois par jour. La cure se passe bien, la cirrhose a été prise à temps. Mais à psteriori elle a très mal vécu sa cure: "Je vais faire un article, je dirai comment c'est effrayant une cure anti-alcoolique. Je regrette de l'avoir faite"

En 1983, elle réalise Dialogue de Rome

Elle décroche le prix Goncourt pour "L'Amant" en 1984. Les perdants sont Bertrand Poirot-Delpech pour "L'été 36" et Bernard-Henri-Lévy pour " Le Diable en tête". L'amant est déjà sur toutes les listes des meilleures ventes depuis plusieurs semaines et atteindra les 450.000 exemplaires à la fin novembre, ce qui donnera lieu à une grande réception au Théatre de l'Odeon. "C'est un livre tellement dans la littérature qu'il en paraît sans littérature aucune L'Amant obtient aussi le" Prix Ritz-Paris-Hemingway "meilleur roman de l'année, publié en Anglais. Après avoir obtenu le Goncourt elle fait une rechute violente, durant maquelle elle boit 6 à 8 litres de vib par jour

En 1985, elle publie
"La Douleur" et prend position dans l'affaire Villemin
En 1986, Entretiens avec François Mitterrand.
En 1987, elle publie
"Emily L" et "La vie matérielle" dans laquelle elle donne une explcation d'ordre métaphysique à son alccolisme profond. " Dieu est mort, l'alcool est là comme substitut "
A la fin de 1988, elle doit être hospitalisée et reste dans le coma pendant plusieurs mois. Mais une fois de plus elle s'en remet

En 1989 Jean-Jacques Annaud part en repérage au Vietnam et en octobre il arrive à Neauphles avec des tas de photos des lieux de l'enfance de Marguerite. Elle téléphone à Claude Berri "Il est sympathique ce garçon. Et ouis il parle très bien du film. Il en parle même comme si c'était son film". Leur lune de miel durera quelques semaines. Car Annaud écrit son scenario et rejette celui de Duras; il préfère s'inspirer directement du roman. Avant de rompre avec Annaud, elle lui dira "L'amant c'est de la merde. C'est un roman de gare. Je l'ai écrit quand j'étais saoûle"

En 1990 elle publie "La Pluie d'été".
Robert Antelme son premier mari meurt
Duras apprend que son amant chinois est mort depuis longtemps


En 1991, elle publie "L'Amant de la chine du Nord"
En 1992 "Yann Andréa Steiner
En 1993 "Ecrire"

Ici avec Yann Andrea à Trouville
Avec son fils Jean MascoloEn 1994 apparaissent ls premiers symptômes du déclin et on parle même d'Alzheimer. Les visiteurs sont refusés exceptés les fidèles comme son fils Jean, Yann Andrea, Dionys Mascolo et les deux soignantes

"C'est Tout" est publié en 1995. Il provoque de vives polémiques. Journal intime du dernier souffle. Dans ce dialogue Duras ne parle que de la mort. Après la mort il ne reste rien "...que les vivants qui se sourient, qui se soutiennent"
"Pourquoi le corps résiste-t-il alors que les mots ne peuvent plus se former?" La mère l'a fait rester en vie "J'aime toujours ma mère. Y a rien à faire, je l'aime toujours"  Elle résite à Yann qui lui, croit en Dieu. Le paradis ça la fait rigoler. Elle s'apprête à partir, yeux ouverts vers nulle part
A Yann la dernière phrase:
"Je vous aime
Au-revoir"


Marguerite meurt le 3 mars 1996, à son domicile parisien, au 5 de la rue Saint-Benoît, à l'âge de 82 ans. Elle sera enterrée au Cimetière de Montparnasse


Adieu Marguerite !

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 07:23

En 1980, Serge July, rédacteur en chef de Libération offre à Marguerite Duras d'y tenir une chronique quotidienne et elle le fait pendant 3 mois, puis retombe en dépression et est transportée à l'Hôpital de Saint Germain en Laye  où elle reste 5 semaines. Ensuite abstinence et à nouveau dépression  mais cette fois elle la vit avec un certain Yann Lemée, un homosexuel de 27 ans qui lui a écrit plusieurs lettres et qu'elle invite à Trouville. Elle changera son nom en Yann Andrea et il lui restera dévoué jusqu'à la fin.

En 1981, elle voyage au Canada pour une série de conférences de presse à Montreal, publie des articles avec Yann Andrea. Elle réalise "Agatha ou les lectures illimitées" et "L'Homme atlantique"

Elle entre en cure de désintoxication à l'Hôpital américain de Neuilly en octobre 1982. La voici avec Yann AndreaYann Andrea publie M.D. Il témoigne dans son livre de leur relation décadente. Du matin au soir, ils boivent. C'est lui qui lui écrit ses textes car Duras tremble trop pour celà. Elle ne change plus de vêtements et marche difficilement , obligée de se tenir au mur pour ne pas chuter. Elle vomit les verres de vin du matin et reboit. Elle avoue être en dépression mais ne s'estime pas pour autant malade:" Vous dites ce n'est pas la peine de m'examiner, je ne suis pas malade, je suis simplement alcoolique, je le sais complètement...Vous dites: je ne supporte plus les médecins, personne ne peut rien faire pour moi. Je dois seule décider"
Elle publie" l'Homme atlantique" et "La Maladie de  la mort"

Elle accepte cependant de suivre une nouvelle cure de désintoxication le 18 octobre 1982 à l'hopital américain. Le traitement est le suivant: deux comprimés de Témesta et une piqûre de Tranxène pour dormir; Aldactone et Atrium, 3 fois par jour. La cure se passe bien, la cirrhose a été prise à temps. Mais à psteriori elle a très mal vécu sa cure: "Je vais faire un article, je dirai comment c'est effrayant une cure anti-alcoolique. Je regrette de l'avoir faite"

de Rome

Elle décroche le prix Goncourt pour "L'Amant" en 1984. Les perdants sont Bertrand Poirot-Delpech pour "L'été 36" et Bernard-Henri-Lévy pour " Le Diable en tête". L'amant est déjà sur toutes les listes des meilleures ventes depuis plusieurs semaines et atteindra les 450.000 exemplaires à la fin novembre, ce qui donnera lieu à une grande réception au Théatre de l'Odeon. "C'est un livre tellement dans la littérature qu'il en paraît sans littérature aucune
L'Amant obtient aussi le" Prix Ritz-Paris-Hemingway "meilleur roman de l'année, publié en Anglais. Après avoir obtenu le Goncourt elle fait une rechute violente, durant maquelle elle boit 6 à 8 litres de vib par jour

En 1985, elle publie "La Douleur" et prend position dans l'affaire Villemin
En 1986, Entretiens avec François Mitterrand.
En 1987, elle publie "Emily L" et "La vie matérielle" dans laquelle elle donne une explication d'ordre métaphysique à son alccolisme profond. " Dieu est mort, l'alcool est là comme substitut "
A la fin de 1988, elle doit être hospitalisée et reste dans le coma pendant plusieurs mois. Mais une fois de plus elle s'en remet

En 1989 Jean-Jacques Annaud part en repérage au Vietnam et en octobre il arrive à Neauphles avec des tas de photos des lieux de l'enfance de Marguerite. Elle téléphone à Claude Berri "Il est sympathique ce garçon. Et puis il parle très bien du film. Il en parle même comme si c'était son film". Leur lune de miel durera quelques semaines. Car Annaud écrit son scenario et rejette celui de Duras; il préfère s'inspirer directement du roman. Avant de rompre avec Annaud, elle lui dira "L'amant c'est de la merde. C'est un roman de gare. Je l'ai écrit quand j'étais saoûle"

En 1990 elle publie "La Pluie d'été".
Robert Antelme son premier mari meurt
Duras apprend que son amant chinois est mort depuis longtemps


En 1991, elle publie "L'Amant de la chine du Nord"
En 1992 "Yann Andréa Steiner"
En 1993 "Ecrire"

Ici avec Yann Andrea à TrouvilleAvec son fils Jean MascoloEn 1994 apparaissent ls premiers symptômes du déclin et on parle même d'Alzheimer. Les visiteurs sont refusés exceptés les fidèles comme son fils Jean, Yann Andrea, Dionys Mascolo et les deux soignantes

"C'est Tout" est publié en 1995. Il provoque de vives polémiques. Journal intime du dernier souffle. Dans ce dialogue Duras ne parle que de la mort. Après la mort il ne reste rien "...que les vivants qui se sourient, qui se soutiennent"
"Pourquoi le corps résiste-t-il alors que les mots ne peuvent plus se former?" La mère l'a fait rester en vie "J'aime toujours ma mère. Y a rien à faire, je l'aime toujours"  Elle résite à Yann qui lui, croit en Dieu. Le paradis ça la fait rigoler. Elle s'apprête à partir, yeux ouverts vers nulle part
A Yann la dernière phrase:
"Je vous aime
Au-revoir"

Marguerite meurt le 3 mars 1996, à son domicile parisien, au 5 de la rue Saint-Benoît, à l'âge de 82 ans. Elle sera enterrée au Cimetière de Montparnasse


Adieu Marguerite !

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 19:27

La maison de Neauphles va jouer un rôle essentiel dans les années 60. Elle est située en Seine-et-Oise. Marguerite a un don évident pour arranger les maisons et cette maison, achetée en 1958, possède une présence et un forte intensité. Ici, conversant avec Xavière GauthierMarguerite Duras à Neauphles-BiographieLa maison de Neauphles, c'est la caverne, le refuge et tout à la fois, le lieu de la perdition la plus extrême, des joies les plus intenses, la chambre d'écriture de Nathalie Grangier, de Lol.V.Stein et du Vice-Consul. Lieu de toutes les aventures et d'abord de celle de l'enfant, Jean Mascolo, dit Outa et elle le sera. Le voici Outa, fils de Dionys Mascolo, photographié dans un miroir. mais aussi  la solitude. Sa longue liaison avec Gérard Jarlot touche à sa fin.

Elle voudra aussi que cette maison soit habitée par so
n Mascolo. Il a commencé sa carrière dans le cinéma en 1965, comme assistant-réalisateur de René Clément dans "Paris brûle-t-il". Entre 1965 et 1981, il travaille sur une vingtaine e films, avec, entre autres, Alain Cavalier, Claude Faraldo et Marguerite Duras. En 1981, il produit et réalise avec Jérôme Beaujour "Duras filme". En 1991-92, il coproduit et coréalise avec Jean-Marc Turine "Autour du groupe de la rue Saint-Benoît ou l'Esprit d'insoumission" ainsi qu'un hommage à Robert Antelme "Autour de Robert Antelme-L'Espece humaine"Duras et son fils, Jean Mascolo
Marguerite ouvre ses portes en fin de semaine aux amis de toujours: Robert et Monique Antelme, Dionys et sa femme Solange, Edgar Morin, Louis-René des Forêts et les autres. Marguerite n'a pas la main verte. C'est Dionys qui s'occupe du jardin, il y cultive notamment, pivoines et roses anciennes
Mais à Neauphles, il y a aussi les chats, beaucoup de chats abandonnés qui viennent quémander.
 Voici Marguerite dans son jardin à Neauphles. Elle a 45 ans. Un visage d'asiatique. Mimétisme de l'enfance??
Le visage de ces années-là est abîmé, détruit. C'est le visage de la solitude et du désespoir, les traits sont enflés comme d'avoir trop pleuré, à la fois une peine immense et une dureté implacable, comme de la vengeance qui se prépare. Sa force malgré son errance, est brutale, sensible, entière, elle est perceptible à l'objectif, le déchirement est sensible. Son vocabulaire est simple: il de décline en quelques termes, toujours les mêmes, passion, désir, sauvagerie, barbarie. Il faut, dit-elle, choisir entre l'écrivain et le romancier. Le premier traite du sacré, le second des contingences subalternes

En 1960 Duras va s'engager dans le Manifeste des 121, mouvement  initié par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot, qui fut un des actes de résistance intellectuelle les plus importants contre l'Algérie française, très exactement "La Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie". Avant la rédaction du Manifeste, Dionys et Marguerite avaient concrètement apporté leur soutien à tous ceux qui luttaient pour la  cause de l'indépendance de l'Algérie : ainsi dans la cheminée de la rue Saint-Benoît, ils avaient tous deux caché de l'argent du FLN. Les 13 premières personnes à signer ce manifeste sont, Marguerite, André Pieyre de Mandiargues, Tristan Tzara, Alain Robbe-Grillet, Jean-Pierre Vernant, Jérôme Lindon, Christiane Rochefort, Simone de Beauvoir, Arthur Adamov, Maurice Blanchot, Robert Antelme, Dionys Mascolo en Gérard Jarlot.
Malraux, ministre de la Culture rend publique une circulaire destinée à refuser l'aide financière de l'Etat à tout film faisant appel à la collaboration d'un artiste signataire du manifeste. Ces mesures interprétées comme arbitraires, provoquent l'inverse de l'effet voulu; l'audience du manifeste s'élargit en France et trouve un retentissement à l'étranger

En 1960 aussi elle sera élue membre du Jury du Prix Medicis. Elle y siègera pendant 6 ans en compagnie notamment de Félicien Marceau, Nathalie Sarraute, Alain Robbe-Grillet et ClaudeRoy. En 1963, Gérard Jarlot remportra le prix Médicis avec "Le Chat qui aboie", l'emportant de justesse (au 5e tour) sur Jean-Edern Hallier

C'est à ce moment-là d' "Une aussi longue absence"(écrit avec Gérard Jarlot) et dont Henri Colpi tirera un film , interprété admirablement par Georges Wilson et Alida Valli et de "L'Après-Midi de Monsieur Andesmas", et de "Dix heures et demie du soir en été", qu'elle va acheter un autre lieu qui deviendra mythique et légendaire : un appartement dans l'ancien palace des "Roches Noires", face  à la grande plage de Trouville. Elle découvre l'annonce dans le Figaro et se rue seule en voiture sur la côte. Proust y avait eu sa chambre
La voici sur son balcon des années plus tardDuras-Trouville-Roches NoiresEt voici une autre vue de  son appartement des Roches Noires.

Photo de - ERIK POULET-RENEY - .

Neauphle-le-Ch-teau.jpgElle aime Trouville et le large des Roches Noires "parce que la ville n'a aucune chance d'y parvenir". Devant l'imposante façade, ce n'est que la mer et encore la mer. Les soirs de brouillard, elle peut capter la corne de brume qui appelle les bâteaux à rentrer au port. La mer de Trouville la ramène à ses phantasmes d'envahissement par l'eau, de noyade, à tous les motifs de son enfance, aux terres du barrage. Toujours le même rêve de la vacance, du vide et de l'inachevé auxquels renvoient les sables et les marées, les petits lacs d'eau salée et tiède où croupissent des crabes, comme dans les eaux troubles du Mekong
Marguerite Duras achève au cours de l'été 1963, face à la mer "Le ravissement de Lol V.Stein". Ce roman fait d'elle un écrivain majeur. La folie de Lol laisse pantois ses lecteurs, et tous les psychiatres et psychanalystes du monde. Aux Etats-Unis, on étudie le roman, on le dépèce, il est l'objet de thèses et de mémoires. Jacques Lacan lui-même admire la description clinique de Lol V.Stein. Il écrit "Cette femme sait". Sans aucune expérience dogmatique, Duras est arrivée à décrire des états de folie avec une justesse inégalée, comme plus tard, maniant pour la première fois une camera, elle inaugurera un style d'écriture cinématographique inédit

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 05:04

 

1950 "Un Barrage contre le Pacifique" est un succès et manque de peu le Goncourt. Ce fut Paul Collin avec "Les Jeux sauvages" qui obtint le prix.
Un barrage contre le Pacifique demeure aujourd'hui l'un des grands livres du XXe siècle, sur la maternité, une maternité tourmentée, violente, vénéneuseMarie et Marguerite Donadieu-Duras-
Et justement 1950 c'est aussi le retour définitif de la mère, Marie Donadieu, en France. Depuis qu'elle a créé un collège de jeunes-filles à Saïgon, elle a recouvré une relative aisance due à des indemnités de l'Etat. Elle revient définitivement, passe quelques semaines rue Saint-Benoît, achète à son fils Pierre à Amboise, une propriété  qu'il joue et perd au Poker . Marie s'achète un château délabré dans le Loir-et-Cher, à Onzain. Fausse folie Louis XV délabrée, édifiée au début du siècle dernier sur l'emplacement de l'ancien pavillon de chase du comte de RostaingVous m'excuserez, mais je suppose que vous avez pu vous rendre compte que cette femme, Marie Donadieu, est complètement tarée. Donc dans son nouveau château ci-dessus, elle conçoit à nouveau de vastes projets qui échouent pitoyablement, installant des couveuses électriques dans les grands salons Louis XV. Peu experte en élevage de poulets (pas plus que dans l'élevage de sa fille ou de ses fils), elle ne sait pas manipuler les rayons infra-rouges et obtient des poussins mal formés qui s'ébattent monstrueux et meurent. No comment! Après les crabes, les poulets
Dans la foulée d'Un Barrage", au début des années 50, Marguerite va publier successivement "Le Marin de Gibraltar", "Les petits chevaux de Tarquinia" et "Dix heures et demi du soir en été"

D'autre part la passion éprouvée pour Mascolo s'émousse quoique le couple continue à vivre ensemble rue Saint-Benît. Mais Duras a toujours besoin d'autre chose. Dans ces années 1955-1965, elle a de nombreuses relations amoureuses dont elle ne se cache pas. Jorge Semprun disait d'elle qu'on la surnommait alors"La Messaline". Sa beauté pourtant a déjà connu cette destruction qu'elle évoque dans les premières pages de l'Amant. Les photographies de cette époque montrant une femme au visage empâté, loin de ctte grâce des années de guerre qui lui faisait des airs à la Riva

En 1955, "Le Square" marque la naissance d'un nouveau type d'écriture proche de la technique de la sous-conversation décrite par Nathalie Sarraute dans "L'Ere du soupçon". Maurice Blanchot lui consacre une chronique dans la NRF (il deviendra un des proches de la rue Saint-Benoît en 1958). A la même époque elle est très marquée par le livre d'Hemingway "Les vertes collines d'Afrique"

De 1955 à 1958, avec ses amis de la rue Saint-Benoît, elle lutte contre la guerre d'Algérie, puis contre le pouvoir gaulliste

En 1957 c'est la rencontre avec Gerard Jarlot, journaliste mondain, aimant les femmes, le mensonge et les virées à Saint-Tropez." Moderato Cantabile" lui sera dédié. Gérard avait connu des femmes plus belles et il a rompu avec la comédienne Françoise Arnould pour vivre sa laison avec Marguerite . Certains racontent qu'il la joua une nuit au poker, d'autres qu'il avait fait le pari de l'emballer devant des copains et de coucher avec elle le lendemain au plus tard. Le jour où il obtint le Prix Médicis, il eût droit à son portrait dans plusieurs journaux. Un film de vacances le montre en maillot de bain en train de nager dans la grande bleue avec Marguerite. Sportif, souriant, pas vraiment intello rive gauche, plutôt styl
Marguerite Duras et Gerard Jarlot-Prix Medicis 1963e grand reporter baroudeur.
Bref un bon vivant qui avait de quoi séduire une femme venant de vivre si longtemps avec un intellectuel plutôt tourmenté. Il avait publié son premier roman chez Gallimard à 24 ans. Fils chéri de la bonne bourgeoisie de province (Autun, ville qu'il a décrite dans son 2e roman "Un mauvais lieu"). Monté à Paris, il devient l'ami de Boris Vian, puis se lie avec Aragon aux côtés duquel il travaille jusqu'en 1953. Amoureux de Jazz et d'art contemporain, il ouvre avec sa femme Eva, qui en était propriétaire, la petite galerie du Luxembourg, d'où fut lancé le mouvement de l'abstraction lyrique avec Wols, mathieu et Riopelle.
 L
eur liaison est une véritable passion et c'est dans cette terreur de la passion qu'elle apprend la mort de sa mère en 1957. Elle s'y rend, elle le racontera plus tard dans "La Vie matérielle". Jarlot l'accompagne, ils font l'amour durant ce voyage "sans cesse", comme si  la rencontre entre la mère morte, le frère haï et elle-même la renvoyait aux pires jours de Saïgon. On lui apprend que le fils et la mère se sont tenus enlaçés jusqu'au dernier souffle de vie. Chez le notaire elle apprend qu'elle est déshéritée. le frère hérite de presque tout et une nouvelle fois il flambera tout au jeu. Marguerite refusera désormais de le revoir, le laissant à sa perte, à sa propre nuit ; En 1957 elle découvre le journalisme et écrit pour le  "Nouvel Observateur" et "Constellation"

 En 1958, Moderato Cantabile atteint 500.000 exemplaires.. Elle jouit alors d'une reconnaissance publique presque triomphale. Romancière célébrée grâce à Moderato, journaliste reconnue à France-Observateur, elle fait évènement ai théâtre avec "Le Square". Et le cinéma l'appelle. Elle vient de commencer un scénario à la demande d'Alain Resnais et le film de René Clément, tiré du Barrage contre le Pacifique sort dans de nombreuses salles, avec Sylvana Mangano et Anthony Perkins.

Marguerite acquiert une maison à Neauphle-le-Château
Duras-Neauphle-le-Château-Le Camion-Moderato Cantabile
Dans cette maison ,Duras écrira de nombreux livres et y réalisera"" Le Camion" et "Nathalie Grangie"r

En 1959, sortie du film d'Alain Resnais "Hiroshima mon amour" avec Emmanuelle Riva. Le film sera un succès. René Clair, Roberto Rossellini, jean Cocteau, Claude Chabrol, François Truffaut, Louis Malle crient leur enthousiasme.
Brisant la structure narrative habituelle, Hiroshima adopte le temps de la mémoire affective et nous entraîne dans un territoire brûlé: celui où l'amour est un crime et la connaissance de soi-même, imposiible

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 16:51

 

En 1939 : Mariage avec Robert ANTELME et installation rue Saint-Benoît. Il semble y avoir un creux entre son retour à Paris en 1934, après avoir passé son deuxième bac en Indochine et son mariage en 1939. Ses études probablement. Creux aussi concernant sa mère retournée là-bas après son congé d'enseignement

 

D'ailleurs de la France, Marguerite ne connait d'abord que Duras, le village de son père qui domine la plaine maraîchère de Marmande et où elle ira chercher son nom d'écrivain

 

Toujours est-il qu'en 1939, elle est engagée chez Gallimard. Elle y commettra, c'est le mot, avec un certain Philippe Roques, un ouvrage qui est une aplogie du colonialisme français, intitulé "L'Empire français"

En 1941, elle publie son premier livre, refusé par Gallimard, "La famlle Tameran"

Elle devient ensuite secrétaire de la Commission de contrôle du papier et accepte d'être sous les ordres du Commissaire culturel du IIIe Reich, Otto Abetz
Elle ne peut faire autrement que de refuser du papier à des écrivains, juifs, communistes. Celà officiellement, mais peu à peu, elle ruse avec la Propagandastaffel
Elle attend un garçon de Robert Antelme mais il mourra à la naissance en 1942

 

La même année, Marguerite fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant et dont elle aura un fils en 1954, Jean Mascolo dit Outa.

 

Voici Dionys Mascolo et MargueriteDyonis Mascolo et Duras

Voici son mari Robert AntelmeRobert Antelme et Marguerite DurasEn 1942, mort à Saigon du petit frère de Marguerite, Paul, le grand frère Pierre (ignoble individu) l'ayant laissé sans médicaments. Décès aussi à la naissance de l'enfant de Robert et de Marguerite.
Tous les deux, vont entrer dans la Résistance en 1943. Ils habitent rue Saint-Benoit et y tiennent des réunions secrètes alors que dans le même immeuble, juste au-dessus de son appartement, habite Ramon Fernandez, collaborateur notoire et amateur de belles lettres.. Ramon Fernandez, né en 1894 est le fils de l'Ambassadeur du Mexique en France. Il a loué un appartement à Marguerite Duras, au-dessus de chez elle, au 5 de la rue Saint-Benoit. C'est un des plus grands critiques français et un essayiste renommé (Proust-Balzac-Molière); De communiste, il deviendra fasciste et collabo. Il meurt juste à temps d'une embolie, le 2 août 1944.

Mais sa femme Betty Fernandez-Van Bouwens, d'origine hongroise, sera tondue à la Libération et promenée dans le quartier latin. Duras la fera revivre dans "Hiroshima mon amour. Il est le père de l'écrivain Dominique Fernandez qui a écrit un livre sur lui Ramon Fernandez-Collaboration-Cristique et EssayisteSon épouse Betty dont Duras fera aussi  le portrait dans l'Amant, est séduisante. Elle est quelquefois invitée aux soirées des Fernandez où est réunie la fine fleur de l'intelligentsia collaboratrice, de Drieu la Rochelle au sinistre Gerhard Helle, réprésentant de la Propagandastaffel. Chez elle, à l'étage en-dessous, elle a d'autres fréquentations depuis que Robert Antelme, sous l'influence de certains amis a sympathisé avec les résistants; parmi eux, Jacques Morland, alias François Mitterrand. Y viennent aussi, Paulhan, Michaux et Leiris

C'est aussi en 1943 qu'elle prend le nom de
Duras, village de son père, pour publier son premier livre "Les Impudents"
Et qu'elle entre dans la Résistance, dans le même réseau que FrançoisMitterrand

Voici une photo de Dionys Mascolo (à gauche), Duras et Robert AntelmeMascolo-Duras-Antelme1944. Duras publie "La vie tranquille" chez Gallimard. Mort de son petit frère, Paul, en Indochine,

Ci-dessous, Duras à Paris pendant la Résistance et l'Occupation

Arrestation et déportation de Robert Antelme , qui sera miraculeusement sauvé des camps l'année suivante comme elle le raconte dans "La Douleur" (1985). Robert Antelme (1917-1990), démobilisé est entré en Résistance en 1943, dans la Mouvement National des Prisonniers de guerre, créé par François Mitterrand. Arrêté par la Gestapo (Duras parvient à y échapper) sur dénonciation, il est déporté à Buchenwald puis à Dachau où François Mitterrand le découvre en avril 1945, dans un état innommable.
Il écrit en 1947, un livre remarquable intitulé "L'Espèce humaine". Réflexion sur les sens de la volonté d'extermination des SS. ll démontre la conscience d'appartenance des victimes et des bourreaux à une seule espèce: "Il n'y a pas des espèces humaines, il y a une espèce humaine." L'Espèce humaine" est un livre unique, bouleversant, d'une élévation de pensée absolue et d'une lucidité terrifiantes

Robert Antelme est mort en 1990 mais était immobilisé par un accident cérébro vasculaire depuis 1983. En automne 1944, Marguerite s'inscrit au Parti Communiste

En 1946. Divorce d'avec Robert Antelme

1947 Naissance de son fils Jean Mascolo dit Outa
Publication, à la Cité universelle, maison d'édition fondée par Robert Antelme et Marguerite Duras, fin 1945, rue Saint-Benoît, de " L'Espèce humaine" de Robert Antelme

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 07:27

 

En 1914, naissance de Marguerite Donnadieu à Gia-Dinh, près de Saïgon

Son père est professeur de mathématiques. II  a déjà deux fils d'un premier mariage, ils vivent dans le Lot-et-Garonne (Duars) dont il est originaire et où il possède une maison

Sa mère est institutrice et fille de fermiers pauvres du Nord de la France

Marguerite a deux frères : l'un est plus âgé qu'elle (Pierre), l'autre naît en 1917(Paul). Marguerite les appelle dans son oeuvre," Le Grand Frère" et le "Petit Frère"
Voici une photo de famille. A l'avant-plan et de gauche à droite, le grand frère, Marguerite, sa mère et son petit-frère1918: Nomination du père à Pnom Penh. Il est nommé Directeur de l'Enseignement en Cochinchine. Mais il conracte une dysanterie amibienne, rentre se faire soigner en France et meurt le 4 décembre 1921?, à quarante-neuf ans Marguerite a 7 ans.
 Pendant ces quelques années de splendeur, lafamille a connu des demeures de fonction fastueuses, débris de vieux palais impériaux, mais où le marbre et les stucs subsistent encore. En voici une en 1919. Les trois enfants sont juchés sur la balustrade d'un vieux palais cambodgien. Les parents sont entourés des professeurs et des élèves de l'école qu'ils dirigent1924: Départ avec la mère pour Sadek puis Vinh Long, sur les bords du Mékong
La mère, Marie Donnadieu, achète une concession qui se révèle incultivable car régulièrement envahie par les crabes et donc par les eaux de la mer (Lire "Barrage contre le Pacifique"). Cet échec marque profondément la santé de la mère de Marguerite Duras1926:  Une crise très grave secoue Marguerite "A douze ans, j'ai cru que je devenais folle", sa mère recueille une mendiante qui cherche à vendre son enfant; c'est de cette époque qu'elle date sa volonté d'écrire
Années de grande liberté au milieu de la forêt indochinoise, avec le "petit frère"
Départ pour le pensionnat de Saïgon

En 1929, marie Donadieu, ruinée pa sa concession, inscrit Marguerite au Lycée Chasseloup-Laubat de Saïgon . Elle a décidé que sa fille réussirait comme elle avait décidé que la concession la rendrait riche et Marguerite devient pensionnaire, non pas à la Pension Lyautey (dont  lle parle  dans L'Amant) qui n'a jamais existé mais chez l'inénarrable Mlle C., dont Marguerite deviendra l'otage sexuel(Scène terrible racontée dans Le Boa )

1930: Rencontre avec l'amant chinois Huynh Thoai Lê. Il a 32 ans, elle en a 15 et demi. Leur liaison durera 2 ans. Son argent fait vivre la famille de Marguerite. Pendant cinquante ans, elle refusera de raconter leur histoire. Puis comme un aveu, elle publie "L'amant". Avec en épilogue, le coup de téléphone du chinois venu à Paris avec sa femme. Il lui a dit qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort
Et voici Duras quand elle rencontre l'amant en 1930Dans un cahier, Duras écrit :
" Ce fut sur le bac entre Sadec et Saigon, que je rencontrai Léo pour la première fois, je rentrais à la pension et quelqu'un-je ne sais plus qui-m'avait prise en charge dans son auto en même temps que Leo. Léo était indigène (en fait Chinois de la Chine du Nord) mais il s'habillait à la française et parlait parfaitement le français. Il revenait de Paris; moi je n'avais pas quinze ans
et je n'avais été en France que fort jeune. Je trouvais que Leo était très élégant. Il avait un gros diamant au doigt et il était habillé de tussor de sari grège"
"L'auto de Léo exercait sur moi une véritable fascination. Léo me dit que c'était une Amédée Bollée"
"Je continuerai à voir Leo pendant plusieurs semaines. Je m'arrangeais toujours pour le faire parler de sa fortune. Il avait à peu après cinquante millions d'immeubles disséminés dans toute la Cochinchine, il était fils unique, il disposait d'un argent considérable "
Jamais la petite et Leo ne pourront s'unir. Celà restera jusqu'au bout une sordide histoire de sous. La famille du Chinois ne voudra pas du mélange et refusera la dilapidation de la fortune
En effet Marguerite était à vendre. Les frères n'envisageaient pas de travailler, la mère considérait comme normal que sa fille quitte la famille contre espèces sonnantes et trébuchantes. La rencontre avec Léo dans ce contexte paraît miraculeuse. "Comment Leo me remarqua-t-il? Il me trouva à son goût. Je ne m'explique la chose que parce que Leo lui-même était laid. Il avait eu la petite vérole et il en avait gardé des traces
L'amant deviant alors l'objet d'échange, la source de l'argent, l'unique ressource de la famille Donadieu

Dans le même temps sa mère et son frère aîné Pierre, la battent régulièrement "Quand maman ne me battait ps de la façon qui convenait à mon frère, il lui disait "attends" et la relayait. Mais elle le regrettait vite parce qu'à chaque fois elle pensait que je resterais sur le carreau. Elle poussait des hurlements épouvantables mais mon frère s'arrêtait difficilement "

1932: Retour en France avec sa mère qui a un congé d'un an dans l'Enseignement. Marguerite reviendra avec elle  et passera son deuxième bac en Indochine en 1933. Puis elle reviendra seule à Paris en 1934. Ou plutôt d'abord à Duras, le village de son père (En Guyenne dans le Lot-et-Garonne) qui domine la plaine maraîchère de Marmande, Duras avec son château si gracieux de pierre blonde et ses maisons toutes regroupées autour de lui, bâti comme un éperon au-dessus de la vallée
 Retrouve le frère aîné, le préféré de sa mère, celui que Marguerite qualifiera plus tard de "fils dévoyé".. Il vit en France, joue et dilapide le patrimoine familial
Bac de philosophie. Etudes supérieures de droit, mathématiques, sciences politiques
Marguerite à Paris en 1934-1935. Elle a 20 ans

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 06:10

Le" Ravissement de Lol.V.Stein" terminé en 1963 à Trouville (voici Marguerite à Trouville en 1962) 1962 Duras à Trouvillemais publié seulement en 1964, consommera la séparation d'avec Gerard Jarlot. L'amant dans Lol V. s'appellera d'abord Gerard et on trouvera une version de Lol dans sa garçonnière. lol dit à l'amant"Je ne vous aime pas, cependant je vous aime, vous me comprenez". Le Ravissement aura été leur dernier terrain d'entente, leur ultime collaboration. Après la fin de sa cure. Marguerite décide de quitter Gérard et de vivre seule. Elle se sent trop malheureuse pour accepter ses aventures, trop défaite par la torture de la jalousie: "La seule connaissance qu'il avait de lui-même en passait par les femmes," écrira-t-elle dans "L'Homme menti".  "Je l'ai vu dans des bars, la nuit pâlir soudain à l'approche de certaines d'entre elles, comme tout à coup au bord de l'évanouissement. Pendant qu'il la regardait, il perdait le souvenir de toutes les autres. Chacune se présentait à lui comme la seule et la dernière. Et celà a duré jusqu'à sa mort". Jarlot nie toujours les faits, supplie, promet mais Marguerite apprend qu'il a une liaison avec une strip-teaseuse...de gauche. C'en est trop. Jarlot tente de faire intércéder Louis-René des Forêts, et Alain Resnais, pour obtenir un rendez-vous. Plus jamais ils ne se rencontreront
Gérard Jarlot meurt le 22 février 1966. De quoi? D'une crise cardiaque, en faisant l'amour. Il a été retrouvé mort dans un hôtel deSaint-Germain-des-Prés, à l'heure de la sieste. Une jeune femme a téléphoné d'une cabine pour prévenir la police. Marguerite quand elle apprend la nouvelle devient folle, de douleur, certes mais aussi de jalousie envers la femme qu'elle rendait responsable de sa mort. Elle mena elle-même l'equête pour découvrir son identité
1963 c'est aussi un séjour à New-York, payé par un producteur américain qu a fait aussi appel à
Beckett, Ionesco et Genet. En compagnie de son ami, le peintre Jo Dawning, elle s'embarque à bord du France avant de découvrir émerveillée "son Amérique", une amérique qu'elle va ensuite tant aimer et tant défendre. Mais le projet américain tourne court.
Voici Marguerite à New-York.
1963-Duras à New-YorkEn 1965, elle publie le Vice-Consul
En 1966 elle coréalise  La Musica avec Paul Seba et rencontre Delphine Seyrig. Pendant une quinzaine d'années, elle élabore une oeuvre cinématographiq
ue hors norme, cohérente, un cinéma de la fascination fondé sur la durée et sur les jeux croisés des voix et de la musiqueMarguerite Duras et Delphine Seyrig

En 1968, elle participe aux évènements de Mai
. Le 5 mai, en compagnie de Dionys et de Robert, elle se joint aux intellectuels qui appellent au boycott de l'ORTF, fait signer la pétition, et commence à militer activement. Dès les premières manifestations, elle descend dans la rue chanter à tue-tête, courir devant les flics, participe aux barricades, rieuse, gamine. Mai 1968 la ressuscite (elle n'est pas la seule). Pour elle mai68 c'est l'exploration d'un lieu sauvage, l'expression du désordre fondamental qui nous habite

En 1969 elle porte au cinéma "Détruire dit-elle" qu'elle vient de publier. Elle auditionne rue Saint-Benoît, Roland Dubillard, Michel Bouquet et bien d'autres. Finalement elle choisra Michaël Lonsdale, Daniel Gélin, Henri Garcin; Mais Marguerite est en panne d'inspiration. Elle écoute par hasard l'Art de la Fugue. La musique travaillera à sa place. Le tournage se fait dans le parc de la maison d'un riche banquier. Film-slogan, film-propagande," Détruire" se veut aussi prophétique, appelant à un nouvel optimisme politique. Il ne provoque guère la curiosité du grand public, mais fait beaucoup parler de lui dans les cercles intellectuels influencés par la psychanalyse. Philippe Sollers y voit un grand bouleversement formel et une nouvelle lecture du texte d'Engels, "L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat". Film très sexuel aussi. Il aurait pu s'appeler "Castrer dit-elle"Duras-Michaël Lonsdale-Détruire dit-elle
En 1970, elle publie Abahn Sabana David. C'est une démonstration de l'inefficacité du militantisme

En 1971, elle publie" l'Amour" où la mer est omniprésente " cette masse visqueuse qui bat, avance et engloutit, cette mer qu'elle observe à Trouville, des nuits entières d'insomnie, cette mer qui lui fait si peur (remplacez mer par mère et vous aurez tout compris) et réalise "Jaune le soleil". Elle signe l'appel de 5 avril 1971 des "343 salopes" avec entre autres Deneuve, Beauvoir, Moreau, réclamant l'abolition de la loi punissant l'avortement

En 1973 elle réalise "La femme du Gange"

Et elle réalise
India Song en 1974, qui obtient le prix de l'Association française des cinémas d'art et d'essai au Festival de Cannes en 197. C'est son chef d'oeuvre. La musique de Carlos d'Alessio y est pour beaucoup, lancinante, envoûtante, elle scande les images que Duras voudrait presqu'effacées, éteintes



En 1975 c'est la rechute lors du dernier jour de tournage du "Camion" à ChartresDuras-Le Camion-Bruno NuyttenEn 1979, elle tourne"Le Navire night" et fait un voyage en Israël, pays qu'elle a toujours défendu. Elle y présente " India Song" et  "Le Camion". Il lui semble revivre l'histoire du Christ en parcourant le pays qu'il avait parcouru

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