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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

14 mai 2017 7 14 /05 /mai /2017 07:32
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Romain Rolland

 
 
 
Romain Rolland
Description de cette image, également commentée ci-après

Romain Rolland en 1914.

 
Naissance
Clamecy (Drapeau de la France France-Bourgogne)
Décès (à 78 ans)
Vézelay (Drapeau de la France France)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriturefrançais
MouvementPacifisme
Genres
roman, essai

Œuvres principales

Compléments

Romain Rolland, né à Clamecy (Nièvre) le et mort à Vézelay le , est un écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915.

 

D’une culture sculptée par la passion de l’art et de la musique (opéra, Michel-Ange, Scarlatti, Lully, Beethoven, amitié avec Richard Strauss) et le culte des héros, il rechercha durant toute sa vie un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix « au-dessus de la mêlée » pendant et après la Première Guerre mondiale. Il est animé par un idéal humaniste et la quête d’un monde non violent, par son admiration pour Léon Tolstoï, grande figure de la non-violence, par les philosophies de l’Inde (conversations avec Rabindranath Tagore et Gandhi), l’enseignement de Râmakrishna et Vivekananda, par sa fascination pour ʿAbd-al-Bahāʾ (il lui fait référence dans Clerambault), puis par le « monde nouveau » qu'il espérait voir se construire en Union soviétique.

 

 

Biographie

 
Maison où Romain Rolland a vécu à Vézelay de 1938 à 1944.
 
Plaque sur la maison où Romain Rolland a vécu à Vézelay de 1938 à 1944.

 

Issu d’une famille de notaires, il compte dans son ascendance des paysans et des bourgeois aisés. Il passe ses quatorze premières années à Clamecy, où il accomplit d'excellentes études au lycée de la ville. En 1880, sa famille s'installe à Paris, où il suit les cours du lycée Saint-Louis puis du lycée Louis-le-Grand. Il est reçu à l’École normale supérieure en 1886, où il se lie avec André Suarès et Paul Claudel. Il est agrégé d’histoire en 1889.

 

Il passe ensuite deux ans à Rome, de 1889 à 1891, comme membre de l’École française de Rome, où sa rencontre avec Malwida von Meysenbug – qui avait été l’amie de Nietzsche et de Wagner – ainsi que la découverte des chefs-d’œuvre de l’art italien, sont décisives pour la construction de sa pensée.

À son retour en France en 1892, il s’installe à Paris, épouse Clotilde Bréal et rassemble de la documentation pour ses thèses de doctorat. Les années suivantes, il enseigne l’histoire aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand. En 1895, il obtient son doctorat de lettres en soutenant une thèse sur « Les origines du théâtre lyrique moderne. Histoire de l’opéra en Europe avant Lulli et Scarlatti ». Il est chargé de cours d’histoire de l’art à l’École normale supérieure. En 1900, il organise à Paris le premier congrès d’histoire de la musique.

 

En 1901, il divorce et s’installe seul au 162 boulevard du Montparnasse à Paris. À partir de 1904, il enseigne l’histoire de la musique à la Sorbonne. Son roman-fleuve Jean-Christophe, publié de 1904 à 1912, lui apporte la notoriété. En 1912, il démissionne de la Sorbonne pour se consacrer uniquement à son œuvre littéraire.

 

Romain Rolland pendant la Grande Guerre

 
Romain Rolland en 1921.

 

Romain Rolland est en Suisse lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale, dont il comprend très vite qu’elle est un « suicide » de l’Europe. Bouleversé à l’idée du déclin de l’Europe et n’étant pas mobilisable du fait de son âge (48 ans), il décide de ne pas quitter le pays. Outre son engagement au sein de la Croix-Rouge, basée à Genève, il demeure aussi en Suisse afin de pouvoir librement diffuser ses œuvres. La plus célèbre est son appel pacifiste de 1914, Au-dessus de la mêlée, paru dans le Journal de Genève. Romain Rolland y condamne la violence. Restant « au-dessus de la mêlée », Rolland veut agir aussi bien vis-à-vis de la France que de l’Allemagne. En raison de ses idées, il est considéré par certains (fervents nationalistes ou non) comme un traître dans son pays. Outre-Rhin en revanche, il passe presque inaperçu.

 

Cependant, la publication de ses articles, à Paris, a eu un large écho dans la seconde moitié de la guerre : ils sont traduits en plusieurs langues — sauf en allemand. En novembre 1916, l'Académie suédoise décide de décerner à Romain Rolland le Prix Nobel de littérature de 1915, « comme un hommage à l’idéalisme de sa production littéraire et à la sympathie et l’amour de la vérité avec laquelle il a décrit les différents types d’êtres humains. »

 

Pour avoir critiqué les deux camps à propos de leur désir de poursuivre la guerre, de leur volonté d’obtenir une victoire destructrice, Rolland devient une figure non seulement du mouvement pacifiste international, mais aussi du mouvement de la Troisième internationale, aux côtés entre autres d'Henri Guilbeaux. En mai 1917, il adresse aux Russes un salut et une mise en garde :

« Que votre Révolution soit celle d’un grand peuple, sain, fraternel, humain, évitant les excès où nous sommes tombés ! »

 

En 1919, il rédige un manifeste et invite tous les travailleurs de l'esprit à le signer. Ce texte, la Déclaration de l'indépendance de l'Esprit, cherche à tirer les leçons de la guerre, en définissant une voie libre au-delà des nations et des classes.

 

Engagement politique

 

En avril 1922, Romain Rolland s’installe en Suisse, à Villeneuve, au bord du lac Léman. Quoique de santé fragile, il continue à travailler à son œuvre littéraire, voyage en Europe, et entretient un très vaste réseau de correspondance avec des intellectuels du monde entier. Depuis 1906, et jusqu’à sa mort, il est en relations épistolaires et amicales avec Alphonse de Châteaubriant, malgré d'importantes divergences politiques. Il entretient également une correspondance avec Hermann Hesse, Richard Strauss, André Suarès, Stefan Zweig, Alain (Émile-Auguste Chartier) René Arcos et Jean Guéhenno jusqu’à sa mort, en 1944.

 

À compter de 1923, et jusqu’en 1936, il entretient une discussion avec Sigmund Freud sur le concept de sentiment océanique que Romain Rolland puise dans la tradition indienne qu’il étudie alors avec ferveur. La même année, il préside à la fondation de la revue Europe, avec des membres du groupe de l'Abbaye, notamment René Arcos

 

En 1924, son livre sur Gandhi contribue beaucoup à faire connaître ce dernier (qu’il rencontrera à Villeneuve en 1931), et son engagement pour la non-violence.

 

Cependant, Romain Rolland finit par se détourner de la non-violence, qui n’apporte pas de remède à la montée des fascismes en Europe (Fascisme en Italie, NSDAP en Allemagne, Franquisme en Espagne6…). À partir de 1930, il s’engage en faveur de la défense de l’URSS, et d’autant plus lorsqu’Hitler arrive au pouvoir en Allemagne (30 janvier 1933). En 1934, Romain Rolland épouse une Russe, Maria Koudacheva. Il accomplit avec elle un voyage à Moscou en 1935, à l’invitation de Gorki. Au cours de ce périple, il rencontre Staline. Il est l’un des fondateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel.

 

Cependant, les procès de Moscou (août 1936 - mars 1938), puis le pacte germano-soviétique en août 1939, le convainquent de s’éloigner de l’action politique. En 1938, il a quitté la Suisse pour venir s’établir à Vézelay, qui tombe en zone occupée en 1940. Pendant l’Occupation, Romain Rolland garde le silence et poursuit son travail. Il tient son Journal, publié en 2012, et termine en 1940 ses Mémoires. Il met également une touche finale à ses recherches musicales sur Beethoven. Enfin, il écrit Péguy, paru en 1945, dans lequel ses souvenirs personnels éclairent la réflexion d’une vie sur la religion et le socialisme.

 

Avec Danielle ma compagne, nous sommes allés visiter en 2014, à Vezelay, la maison de Romain Rolland, où il mourut en 1944, devenue le Musée Zervoz. Le salon de Rolland avec son piano Pleyel a été conservée telle quelle. Voir photos ci-dessous

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Romain Rolland et Stefan Zweig

 
Stefan Zweig en 1900.

Les deux hommes avaient quinze ans de différence. Le jeune Stefan Zweig a d’emblée été conquis par l’œuvre de Romain Rolland et plus encore par l’homme quand il aura l’occasion de le rencontrer. Il a été séduit par son humanisme, son pacifisme, sa connaissance de la culture allemande qui lui semble représenter une synthèse entre leurs deux cultures. Ils s’écrivent beaucoup : on a retrouvé 520 lettres de Stefan Zweig à Romain Rolland et 277 lettres de Romain Rolland à Stefan ZweigN 1.

Le 22 décembre 1912, à l'occasion de la publication de Jean-Christophe, Stefan Zweig publie un article dans le Berliner Tageblatt: « Jean-Christophe est un événement éthique plus encore que littéraire. »

Ils sont atterrés par la guerre qui commence et le 3 août 1914, Romain Rolland écrit :

« Je suis accablé. Je voudrais être mort. Il est horrible de vivre au milieu de cette humanité démente et d’assister, impuissant, à la faillite de la civilisation. »

Mais contrairement à Stefan Zweig, il se reprend vite et publie en 1915 l’un de ses textes les plus connus : Au-dessus de la mêlée. C’est l’opiniâtreté de Romain Rolland dans sa lutte contre la guerre qui sauve Stefan Zweig de la dépression et fait qu’il admire de plus en plus celui qu’il considère comme son maître. En 1921, Stefan Zweig publie une biographie de Romain Rolland intitulée Romain Rolland : sa vie, son œuvre.

Entre ces deux hommes, c’est l’histoire d’une grande amitié qui va se développer à partir d'une relation de maître à disciple, même si leurs voies vont quelque peu diverger sur la fin. Stefan Zweig fait connaître Romain Rolland en Allemagne, travaillant inlassablement à sa renommée. Il fait représenter son Théâtre de la Révolution et Romain Rolland lui dédie la pièce qu’il termine en 1924 intitulée Le Jeu de l’amour et de la mort avec ces mots : « À Stefan Zweig, je dédie affectueusement ce drame, qui lui doit d’être écrit. »

Durant cette période, ils se voient souvent, chaque fois qu’ils en ont l’occasion :

  • En 1922, Stefan Zweig est à Paris et l’année suivante, c’est Romain Rolland qui passe deux semaines au Kapuzinerberg ;
  • En 1924, ils sont à Vienne pour le soixantième anniversaire de Richard Strauss où Stefan Zweig présente son ami à Sigmund Freud qu’il désirait rencontrer depuis longtemps ;
  • En 1925, ils se retrouvent à Leipzig pour le festival Haendel puis ils partent pour Weimar visiter la maison de Goethe et consulter les archives de Nietzsche ;
  • En 1926, pour les soixante ans de Romain Rolland, paraît son livre jubilaire conçu en grande partie par Stefan Zweig qui va donner dans toute l’Allemagne de nombreuses conférences sur l’œuvre de son ami à propos de qui il a cette phrase magnifique : « La conscience parlante de l’Europe est aussi notre conscience. »
  • En 1927, c’est à Vienne qu’ils commémorent ensemble le centenaire de la mort de Beethoven. À l’initiative de Stefan Zweig, Romain Rolland fait partie des personnalités invitées aux festivités et ses articles, son hommage à Beethoven paraissent dans nombre de journaux.

Mais cette grande amitié va peu à peu buter sur des divergences à propos de la situation internationale. En 1933, Romain Rolland écrit sur Stefan Zweig : « Il est trop clair que nos chemins se sont séparés. Il ménage étrangement le fascisme hitlérien qui cependant ne le ménagera pas… » Stefan Zweig de son côté, éprouve les mêmes sentiments. En 1935, il écrit à sa femme Friderike : « La visite à Rolland, décevante hélas, il a l’air vieilli et fatigué. »

Adolf Hitler accède au pouvoir en janvier 1933. Pressentant la tragédie qui s'annonce, Stefan Zweig quitte l'Autriche en février 1934. Il se suicide en 1942 au Brésil. Romain Rolland meurt à Vézelay le 30 décembre 1944.

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Jean-Christophe (roman)

 
 
Jean-Christophe
Image illustrative de l'article Jean-Christophe (roman)
Couverture du 1er volume

AuteurRomain Rolland
PaysDrapeau de la France France
GenreRoman
ÉditeurCahiers de la quinzaine
Date de parution1904

Jean-Christophe est un roman de Romain Rolland publié en dix volumes de 1904 à 1912 aux Cahiers de la quinzaine et ayant reçu en 1905 le prix Femina. Le roman contribua sans doute grandement à l'attribution à Romain Rolland du prix Nobel de littérature en 1915.

Résumé

Jean-Christophe Krafft est un musicien allemand. Ce héros qui incarne un espoir d'une humanité réconciliée, notamment en montrant la complémentarité de la France et l'Allemagne, est aussi un héros romantique comme le Werther de Goethe et l'image de Beethoven y apparaît en filigrane.

La vie du héros se transforme ainsi en quête d’une sagesse : il doit passer par une série d’épreuves, les « cercles de l’Enfer », maîtriser ses passions, avant de dominer sa vie et d’atteindre à l’Harmonie, qui est coïncidence avec le rythme de la Vie universelle.

Les dix volumes

  • L'Aube
  • Le Matin
  • L'Adolescent
  • La Révolte
  • La Foire sur la place
  • Antoinette
  • Dans la maison
  • Les Amies
  • Le Buisson ardent
  • La Nouvelle Journée

Éditions

Adaptation à l'écran

Jean-Christophe a été adapté pour la télévision par le réalisateur François Villiers en 1978.

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

Œuvres

 
Romain Rolland en 1914.
 
Signature de Romain Rolland.
  • Amour d'enfants (1888)
  • Les Baglioni (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Empédocle (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Orsino (1891). Rédaction. Pièce restée inédite du vivant de l'auteur.
  • Le Dernier Procès de Louis Berquin (1892)
  • Les Origines du théâtre lyrique moderne (1895). Thèse érudite et un travail approfondi récompensé par un prix de l'Académie française.
  • Histoire de l'opéra avant Lully et Scarlatti (1895). Thèse de son doctorat ès lettres.1
  • Cur ars picturae apud Italos XVI saeculi deciderit (1895). Thèse latine sur le déclin de la peinture italienne au cours du XVIe siècle.
  • Saint-Louis (1897)
  • Aërt (1897). Drame historique et philosophique.
  • Les Loups (1898). Drame historique et philosophique.
  • Le Triomphe de la raison (1899). Drame historique et philosophique.
  • Danton (1899). Drame historique et philosophique.
  • Le Poison idéaliste (1900)
  • Les Fêtes de Beethoven à Mayence (1901)
  • Le Quatorze Juillet (1902). Drame historique et philosophique.
  • Jean-François Millet (1902)
  • Vie de Beethoven (1903)
  • Le temps viendra (1903)
  • Le Théâtre du peuple (1903)
  • La Montespan (1904). Drame historique et philosophique.
  • Jean-Christophe (1904-12). Cycle de dix volumes répartis en trois séries, Jean-Christophe, Jean-Christophe à Paris7 et La Fin du voyage, publiés dans les Cahiers de la Quinzaine
  • L'Aube (1904). Premier volume de la série Jean-Christophe
  • Le Matin (1904). Deuxième volume de la série Jean-Christophe
  • L'Adolescent (1904). Troisième volume de la série Jean-Christophe
  • La Révolte (1905). Quatrième volume de la série Jean-Christophe
  • Vie de Michel-Ange (1907)
  • Musiciens d'aujourd'hui (1908). Compilation d'articles et études sur la musique.
  • Musiciens d'autrefois (1908). Compilation d'articles et études sur la musique.
  • Antoinette (1908). Premier volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • La Foire sur la place (1908). Deuxième volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • Dans la maison (1908). Troisième volume de la série Jean-Christophe à Paris
  • Haendel (1910)
  • Les Amies (1910). Premier volume de la série La Fin du voyage
  • La Vie de Tolstoï (1911)
  • Le Buisson ardent (1910). Deuxième volume de la série La Fin du voyage
  • La Nouvelle Journée (1912). Troisième volume de la série La Fin du voyage
  • L'Humble Vie héroïque (1912)
  • Au-dessus de la mêlée (1915). Manifeste pacifiste.
  • Salut à la révolution russe (1917)
  • Pour l'internationale de l'Esprit (1918)
  • Empédocle ou L'Âge de la haine (1918)
  • Colas Breugnon (1919). Récit bourguignon. Inspira plus tard un opéra de Dmitri Kabalevski (1937, révisé 1967–1968).
  • Pour l'internationale de l'Esprit (1919)
  • Liluli (1919). Illustrée avec les bois originaux de Frans Masereel
  • Déclaration de l'indépendance de l'Esprit, manifeste (1919)
  • Les Précurseurs (1919)
  • Clerambault (1920)
  • Pierre et Luce (1920)
  • Pages choisies (1921)
  • La Révolte des machines (1921)
  • Annette et Sylvie (1922). Tome I de L'Âme enchantée
  • Les Vaincus (1922)
  • L'Été (1924). Tome II de L'Âme enchantée
  • Gandhi (1924)
  • Le Jeu de l'amour et de la mort (1925)
  • Pâques fleuries (1926)
  • Mère et fils (1924). Tome III de L'Âme enchantée
  • Léonides (1928)
  • De l'Héroïque à l'Appassionata (1928)
  • Essai sur la mystique de l'action (1929)
  • L'Inde vivante (1929)
  • Vie de Ramakrishna (1929)
  • Vie de Vivekananda (1930)
  • L'Évangile universel (1930)
  • Goethe et Beethoven (1930)
  • L'Annonciatrice (1933). Tome IV de L'Âme enchantée
  • Quinze Ans de combat (1935)
  • Compagnons de route (1936)
  • Beethoven, Les grandes époques créatrices : Le Chant de la Résurrection (1937)
  • Valmy (1938). Traduit en allemand par Hilde Wertheim (Autriche), avec des illustrations d'après des dessins de Jean Trubert, Éditions Prométhée, Paris 5e, France, Imprimeur Coopérative Étoile, Paris 11e, France
  • Les Pages immortelles de J.-J. Rousseau (1938)
  • Robespierre (1939). Drame historique et philosophique.
  • Le Voyage intérieur (1942)
  • La Cathédrale interrompue (1943-45). 3 volumes : 1. La Neuvième Symphonie (1943) ; 2. Les Derniers Quatuors (1943) ; 3. Finita Comœdia (1945, posthume)
  • Péguy (1945)
  • Inde : journal (1915-1943), Paris Lausanne Bâle, Éditions Vineta, 1951.
  • Journal des années de guerre, 1914-1919, Éditions Albin Michel, 19528.
  • Journal de Vézelay 1938-1944, Jean Lacoste (ed.), Éditions Bartillat, 2012.
  • Liluli, suivi de La Révolte des Machines (rééd.), illustrés avec les bois originaux de Frans Masereel, Montreuil, Le Temps des cerises, 2015, 253 p.

Correspondance

  • Correspondance (1894-1901) entre Romain Rolland et Lugné-Poe,présentée avec une introduction des notes par Jacques Robichez, Ouvrage publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique, L'Arche, 1957.
  • Correspondance (1910-1919) entre Romain Rolland et Stefan Zweig, Albin Michel, 2014.
  • Une amitié perdue et retrouvée : correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland, édition établie, annotée et présentée par Gérald Antoine et Bernard Duchatelet, Gallimard, coll. « Les cahiers de la NRF », Paris, 2005. (ISBN 2-07-077557-7).
  • Correspondance (1916-1944) entre Romain Rolland et Charles Baudouin - une si fidèle amitié, Blum A., Lyon, Césura, 2000.
  • Richard Strauss et Romain Rolland, correspondance, Albin Michel, 1951
  • L'indépendance de l'esprit, correspondance avec Jean Guéhenno de 1919 à 1944
  • Lettres inédites de Romain Rolland, présentées par Adrienne Lautère ; dans L'Âge nouveau, Idées - Lettres - Arts N° 35 (Mars 1949)
  • Sigmund Freud et Romain Rolland correspondance 1923-1936 par Henri Vermorel et Madeleine Vermorel, PUF 1993.
  • Hermann Hesse et Romain Rolland : D'une rive à l'autre : Correspondance, Albin Michel, 1972.
  • Chère Sofia : choix de lettres de Romain Rolland à Sofia Bertolini Guerrieri-Gonzaga, Albin Michel, 1960.
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
ROMAIN ROLLAND (1866-1944)

A cinquante ans, Colas Breugnon, robuste paysan bourguignon du XVIIe siècle, croit avoir gagné le droit de souffler un peu. Un pot le vin à sa droite, un cahier et un encrier devant lui, il entreprend le raconter. Raconter quoi? Tout, les contes d'autrefois et la vie comme elle est, l'anecdote vécue et les bonnes histoires, au rythme des fêtes et des travaux villageois. Le curé de Brèves, aussi fidèle à la dive bouteille qu'au tabernacle. Le berger, le loup et l'agneau, fable lucide sur les petits de ce monde, toujours victimes, même de ceux qui prétendent les protéger... Tout ce qui donne chair à une- sagesse rustique, rabelaisienne et lucide. Écrite en 1913-1914, cette réjouissante chronique de son pays natal, au langage coloré, poétique, truffé d'archaïsmes plaisants, est une pause dans la vie d'écrivain de Romain Rolland, après les années consacrées à ,Jean-Christophe et à la lutte pacifiste. Publiée en 1919, elle apparaîtra rétrospectivement, selon l'expression de Gorki, comme « un défi gaulois à la guerre ».

ROMAIN ROLLAND (1866-1944)
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 15:08
Leopoldine HUGO
Leopoldine HUGO
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Leopoldine HUGO
Leopoldine HUGO

Léopoldine Cécile Marie-Pierre Catherine Hugo, née le  à Paris, et morte le  à Villequier (Seine-Maritime), à l'âge de 19 ans, est la fille du romancier, poète et dramaturge Victor Hugo et d’Adèle Fouche

 

Biographie

Née au 90 rue de Vaugirard, Léopoldine rencontre Charles Vacquerie (1817-1843), fils d’un armateur du Havre, lors d’une visite de courtoisie que les Hugo font aux Vacquerie dans leur maison de Villequier en 1838. Léopoldine, qui a 14 ans, et Charles, qui en a 21, s’éprennent l’un de l’autre mais l’écrivain, très attaché à sa fille (qu'il surnomme Didine ou Didi), trouve celle-ci trop jeune (bien qu'elle soit l'aînée) pour pouvoir penser au mariage.

Après avoir patienté cinq ans, Léopoldine épouse Charles Vacquerie, le 15 février 1843, en l'église Saint-Paul à Paris, dans la plus stricte intimité.

Le 2 septembre suivant, le couple arrive à Villequier. Le lundi matin, 4 septembre, vers dix heures, Charles Vacquerie embarque sur la Seine, en compagnie de son oncle, Pierre Vacquerie (1781-1843), ancien marin, et du fils de celui-ci, Arthur (1832-1843), âgé de onze ans, lauréat de la veille, pour se rendre chez Me Bazire, le notaire de Caudebec, à une demi-lieue de Villequier, où il avait affaire, dans un canot de course que son oncle venait de faire construire.

Au moment de partir, Charles demande à sa jeune femme si elle veut les accompagner. Celle-ci refuse parce qu’elle n’est pas habillée. Les trois voyageurs se mettent en route après avoir promis d’être de retour pour le déjeuner. Quelques instants plus tard, Charles revient prendre deux lourdes pierres en bas de la maison parce que le canot n’a pas assez de lest. Alors qu’il les met dans le bateau pour lui donner plus de solidité, sa jeune femme s’écrie : « Puisque vous voilà revenus, je vais aller avec vous ; attendez-moi cinq minutes ». On l’attend, elle monte dans le canot. Madame Vacquerie mère recommande de rentrer pour le déjeuner, regarde le canot s’en aller, et pense : « Il fait trop calme, ils ne pourront pas aller à la voile, nous déjeunerons trop tard ». En effet, la voile du canot retombe sur le mât. Pas une feuille ne tremble aux arbres. Cependant un léger souffle venant de temps en temps gonfler la voile, le bateau avance lentement et arrive à Caudebec, où ils se rendent chez le notaire auquel Charles allait parler pour des affaires relatives à la succession de son père, mort dernièrement.

À Caudebec, le notaire veut les persuader de ne pas s’en retourner par la rivière parce qu’il ne fait pas de vent et qu’ils feraient la route trop lentement. Il leur offre donc sa voiture pour les reconduire à Villequier. Les voyageurs refusent et reprennent leur canot.

L’oncle Vacquerie tient la barre du gouvernail, lorsque tout à coup entre deux collines, s’élève un tourbillon de vent qui, sans que rien ait pu le faire pressentir, s’abat sur la voile, et fait brusquement chavirer le canot. Des paysans, sur la rive opposée, voient Charles reparaître sur l’eau et crier, puis plonger et disparaître puis monter et crier encore, et replonger et disparaître six fois. Ils croient qu’il s’amuse alors qu’il plonge et tâche d’arracher sa femme, qui, sous l’eau, se cramponne désespérément au canot renversé. Charles est excellent nageur, mais Léopoldine s’accrochait comme le font les noyés, avec l’énergie du désespoir. Les efforts désespérés de Charles restent sans succès ; alors, voyant qu’il ne la ramènera pas avec lui dans la vie, ne voulant pas être sauvé, il plonge une dernière fois et reste avec elle dans la mort. Pendant ce temps, Madame Vacquerie, attend dans le jardin. Elle a pris une longue-vue et regarde dans la direction de Caudebec. Ses yeux se troublent, elle appelle un pilote et lui dit : « Regardez vite, je ne vois plus clair, il semble que le bateau est de côté. » Le pilote regarde et ment : « Non, madame, ce n’est pas leur bateau », mais ayant vu le canot chavirer, il court en toute hâte avec ses camarades. Mais il est trop tard.

Lorsqu’on apporte quatre cadavres à Madame Vacquerie, sur ce même escalier d’où ils étaient partis, trois heures auparavant, elle ne veut pas les croire morts, mais tous les soins sont inutiles. Léopoldine n’avait que dix-neuf ans et son mari en avait vingt-six, l'oncle Pierre, soixante-deux et le cousin Arthur, à peine onze.

Léopoldine Hugo repose au cimetière de Villequier, dans le même cercueil que Charles Vacquerie.

Léopoldine dans l’œuvre de son père[modifier | modifier le code]

Les morts prématurées et tragiques de sa fille et de son gendre auront une très grande influence sur l’œuvre et la personnalité de Victor Hugo. L’écrivain n'apprendra la mort de sa fille que quatre jours plus tard dans la presse. Il ne pourra venir sur sa tombe qu'en septembre 1846 et consacrera à la mémoire de sa fille de nombreux poèmes, notamment « Demain, dès l'aube… » et À Villequier dans Pauca Meae, le quatrième livre Les Contemplations, ainsi que : « Elle avait pris ce pli... ». Il rencontra bientôt Léonie d'Aunet qui lui permit de supporter son deuil.

 
Léopoldine lisant, Adèle Foucher, 1837, dessin, 19,2 x 27 cm , Maison de Victor Hugo, Paris

La mort de Léopoldine impressionnera beaucoup sa jeune sœur Adèle Hugo âgée de 13 ans, au point d'ébranler la santé psychique de l'adolescente.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 11:12
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)

Natalité et fragilité

Cette notion d'action est aussi fortement liée à celle de la « natalité », en ce que c'est par l'action que l'humain produit de la nouveauté véritable, car inattendue, imprévisible, et irréductible à la simple causalité. C'est en ce sens que Hannah Arendt considère l'homme libre comme « faiseur de miracle » : « le nouveau apparaît donc toujours comme un miracle. Le fait que l'homme est capable d'action signifie que de sa part on peut s'attendre à l'inattendu, qu'il est en mesure d'accomplir ce qui est infiniment improbable. . De fait, Arendt ne conçoit pas la liberté comme une souveraineté de la volonté intérieure ou un libre arbitre, et selon elle, il ne faut pas chercher à maîtriser toutes les conséquences de ses actes, puisque celles-ci ne sont pas prévisibles.

 

Par-là même, l'action, par laquelle seulement l'humain peut exercer sa liberté, est aussi liée à la notion de « fragilité », puisqu'il résulte de l'action et de la liberté une instabilité et une indétermination concernant l'avenir. Hannah Arendt invite à assumer la fragilité de l'espace public, à rester sensible à la natalité, aux événements qui surgissent. D'où l'intérêt d'Hannah Arendt pour les révolutions spontanées (Essai sur la révolution) comme La Commune ou la révolution hongroise : « Dans les conditions de vie modernes, nous ne connaissons donc que deux possibilités d’une démocratie dominante : le système des partis, victorieux depuis un siècle, et le système des conseils, sans cesse vaincu depuis un siècle ». Arendt admirait la figure de la conseilliste Rosa Luxemburg, à laquelle elle consacre un long article repris dans Vies politiques.

 

La conception arendtienne de la modernité

Hannah Arendt développe une réflexion critique sur la modernité au sein de l'un de ses ouvrages majeurs : The Human Condition (littéralement : La condition humaine, publié en français sous le titre Condition de l'homme moderne). Elle décrit la modernité comme correspondant à la société de masse et de consommation, et à une époque où l'administration bureaucratique et le travail anonyme de « l'animal laborans » se sont progressivement substitués à la politique et à « l'action » qui s'y rapporte.

En ce sens, elle critique l'essor du social et de l'économique (c'est-à-dire de l'activité travail, vouée à la production des biens de consommation et non à l'édification de ce qui s'inscrit dans la durée) au détriment de la politique, et ainsi dénonce la disparition de la sphère publique au profit de la sphère privée et de ses valeurs (production, consommation).

 

L'exercice de la pensée

Les réflexions de Arendt sur l'action ne l'ont pas empêchée de s'interroger sur le rôle de la pensée, en particulier dans La Vie de l'esprit. Il ne s'agit plus d'une vita contemplativa, censée permettre d'accéder à la vérité avant de décider comment agir. La pensée a un rôle purgatoire : elle est l'occasion de se retirer du monde, de s'en rendre spectateur. C'est en restant ainsi dans le domaine privé qu'il est possible d'utiliser la volonté pour décider ce qui est bien et ce qui est mal (ce qui peut donner lieu à la méchanceté, au mal radical). Mais c'est surtout par cette purgation par la pensée qu'il est possible face à un événement dans le domaine public de faire preuve de discernement, de juger ce qui est beau et ce qui est mal (et c'est faute d'un tel jugement que peut apparaître la banalité du mal comme dans le cas d'Eichmann). Pour Hannah Arendt, la pensée la plus haute n'est pas celle qui se réfugie dans la contemplation privée, mais celle qui, après la pensée purgatrice et la volonté légiférante, s'expose dans le domaine public en jugeant les événements, en faisant preuve de goût dans ses paroles et ses actions.

 

Mais elle se méfie de ceux qu'elle qualifie de professionnels de la pensée, tels les philosophes, en remarquant qu'ils s'allient trop souvent avec des dictateurs, à l'exemple de Platon ou Heidegger. Elle défend la position de Socrate, penseur qui, selon elle, ne prétendait à rien. Ce n'est pas enseigner la vertu qui animait Socrate, mais seulement la possibilité de penser la vertu. Socrate maintient une démarche aporétique dans ses dialogues, dans une argumentation qui ne mène nulle part, en dehors de tout savoir qu'il aurait déjà. Ce mécanisme de la pensée par dialogue indique un dédoublement de la personnalité du penseur, dédoublement qui cesse quand il revient au monde courant.

 

Pour concrétiser la pensée, on développe le « jugement ». Hannah Arendt n'a pu vivre assez de temps pour développer complètement ce point. Elle travaillait à partir des conceptions de Kant sur le jugement réfléchissant dans la Critique de la faculté de juger, qui procède en dérivant un particulier vers le général, contrairement au jugement déterminant, qui contraint le particulier dans des règles générales. Ce jugement réfléchissant peut s'assimiler à ce que fait un spectateur, au théâtre, en situation de pouvoir juger l'ensemble d'une pièce, alors qu'un comédien qui y participe ne le peut pas. Le spectateur procède à partir de ses propres goûts et imaginations, en les mettant en relation avec un sens commun. Le jugement se fait toujours en présence d'une autre personne. Ainsi, la capacité de juger vient de la capacité de penser avec plusieurs points de vue, sans changer l'identité de celui qui pense et juge. Le jugement exprime l'identité auprès de la diversité.

Critiques

 

Influence de la pensée de Heidegger

L'influence de la pensée de Martin Heidegger, qui fut son professeur mais aussi son amant, est régulièrement débattue, notamment du fait de ses liens avec l'idéologie nazie.

 

Dans son ouvrage paru en 2016 et intitulé « Arendt et Heidegger. Extermination nazie et destruction de la pensée », Emmanuel Faye soutient que Hannah Arendt a entrepris, dans Les Origines du totalitarisme, de disculper entièrement les élites intellectuelles du nazisme. Dans les années 1960, c’est Martin Heidegger en personne qu’elle défend. Elle le présente en 1969, dans un discours pour ses 80 ans, comme « le roi secret dans le royaume du penser ». Dans son livre posthume sur « La vie de l’esprit », elle oppose, pour mieux le disculper, Heidegger, le penseur à l’écoute de « l’appel de l’être » à Adolf Eichmann, l’exécutant, l’un des maîtres d’œuvre de l’extermination des Juifs d’Europe, qu’elle suppose « dépourvu de pensée » et sans aucun motif.

 

Hannah Arendt reprend les termes et les thèses de son ancien professeur et amant. Elle affirme dans une lettre à Heidegger de 1960 que son livre Condition de l'homme moderne lui doit « à peu près tout, à tous égards ». De fait, la critique arendtienne de l’animal laborans reprend et développe celle proposée par Heidegger en 1954 de « l’animal laborieux » (arbeitende Tier). En septembre 1954, dans une conférence devant l’Association Américaine de Sciences politiques, Arendt introduit dans la théorie politique les existentiaux de Être et temps, celui de l’être-au-monde et celui de l’être en commun (Mitsein). Et c’est en référence à Heidegger qu’elle parle de la pluralité. En s'appuyant sur le vocabulaire de la version en allemand des Origines du totalitarisme, Emmanuel Faye montre qu’Arendt reprend la vision heideggérienne de la modernité et son interprétation du national-socialisme rapporté à la technicisation des sociétés modernes et à la « désolation », à l’« absence de patrie » (Heimatlosigkeit) qui s’en suit. C’est à Heidegger que se réfère Arendt, lorsqu’elle affirme, dans La Vie de l’esprit, s’être « mise dans les pas de ceux qui ont entrepris de démanteler la philosophie avec ses catégories ». Emmanuel Faye soutient qu’elle reprend à la « Lettre sur l’humanisme » de Heidegger l’opposition entre la « pensée » et la « philosophie » qu’elle récuse comme lui.

 

On peut se rapporter sur ces différents points à la présentation d’« Arendt et Heidegger » par Emmanuel Faye dans les Rencontres avec Perrine Simon-Nahum. Les thèses critiques d’Emmanuel Faye sur la pensée d’Hannah Arendt ont fait l’objet de présentations positives par Roger-Pol Droit dans Le Point et par Nicolas Weill dans Le Monde.

Totalitarisme

 
Ian Kershaw, historien du nazisme qui a critiqué la méthode d'Arendt.

L'œuvre de Hannah Arendt a suscité de nombreuses critiques dès le Procès de Nuremberg, notamment de la part d'historiens. Certaines de ses analyses autour du thème du totalitarisme seraient un peu dépassées par l'avancée des recherches, ou souffriraient de contradictions et d'un manque de cohérence, par exemple celles sur la « république plébiscitaire », sur le rôle de la « populace », sur la « société de masse » comme vivier du totalitarisme, sur le fascisme, de sorte que sa typologie des systèmes totalitaires est contestée par l'historiographie actuelle. Ainsi, pour Ian Kershaw, « [...] elle ne parvient pas à élaborer une théorie claire ou une conception satisfaisante des systèmes totalitaires. Enfin, son argument essentiel pour expliquer le développement du totalitarisme — la disparition des classes et leur remplacement par une « société de masse » — est à l'évidence erroné. »

Les conseils juifs

Dans Eichmann à Jérusalem, Arendt évoque notamment « le comportement des membres de certains Judenräte (conseils juifs) », qui furent selon elle « amenés à collaborer avec les autorités nazies » ou qui, en cachant la vérité sous prétexte d'humanité, conduisirent des gens à se porter volontaires pour être déportés à Auschwitz. Ces remarques, qui reprennent celles formulées par Raul Hilberg sur la coopération et qui ont été rappelées par le United States Holocaust Memorial Museum, provoquèrent une importante polémique. Le terme « collaboration » concernant les Judenräte n'est pas utilisé par le mémorial de Yad Vashem. Max Weinreich déjà au procès de Nuremberg et, plus récemment 'historien Simon Epstein ont eux aussi et sévèrement mis en cause les thèses d'Arendt, selon Epstein : "Brillante et caustique, libre de toute empathie, elle trace un tableau trompeur, voire falsifié, de l'attitude des juifs pendant la guerre mondiale.(...) Les expertises n'auront aucun mal à démontrer la fausseté de la base documentaire étayant ses thèses.".

L’historienne Annette Wieviorka estime pour sa part que parler de « collaborateurs » pour les Judenräte est inadéquat.Dans une interview publiée dans Libération en 2013, l’historienne critique Hannah Arendt en ces termes : « Donc, la petite phrase d’Hannah Arendt sur la responsabilité de la collaboration des Juifs dans leur propre mort est absurde. En Union soviétique, les Allemands ont fusillé plus d’un million et demi de Juifs, et il n’y avait pas de conseils juifs. Pourquoi Arendt s’est-elle tant fourvoyée ? Elle n’a suivi qu’une petite partie du procès. Elle a écrit ses articles, devenus un livre, deux ans après le procès. Elle l’a rédigé très vite, et « dans un étrange état d’euphorie », écrit-elle à son amie Mary Mac Carthy. Si elle a une expérience de l’Allemagne nazie et des camps d’internement en France, elle ne semble pas avoir perçu la situation à l’Est. »

La judéité

La publication d'Eichmann à Jérusalem provoque très tôt des critiques, qui ne mettent pas seulement en cause la pertinence ou le bien-fondé des propos qui y sont tenus, mais la responsabilité supposée d'Hannah Arendt à l'égard d'un peuple juif de l'image duquel elle serait tributaire. Dans une lettre du , Gershom Scholem lui adresse ainsi ce reproche : « Dans la langue juive, il y a une chose que l'on ne peut définir complètement, mais qui est tout à fait concrète et que les Juifs appellent Ahavat Israël, « l'amour pour les Juifs ». En vous, chère Hannah, comme en beaucoup d'intellectuels issus de la gauche allemande, je n'en trouve que peu de traces ». Tout en assumant sa judéité – de même que son statut de femme - comme constitutifs de son être, Arendt se refuse en effet à identifier son discours à celui d'un groupe constitué, d'un peuple ou d'une collectivité.

La personnalité d'Eichmann

La philosophe allemande Bettina Stangneth (2014) montre que l'interprétation de Hannah Arendt sur la personnalité d'Eichmann ne correspond pas à la réalité, se basant sur son engagement, avant, pendant, et après la guerre.

HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)
HANNAH ARENDT ( Deuxième partie)

Hannah Arendt et la « banalité du mal »

« Que vous soyez fils d’Eichmann, tandis que ces hommes étaient fils de Juifs, cela ne joue aucun rôle ici : car votre mère et leur mère est une seule et même personne, vous êtes fils d’une seule et même époque. Et quand cette époque distribue les destinées qui sont caractéristiques pour eux, c’est sans se soucier des lignes séparant les rangs et les fronts, qui nous paraissent à nous tellement capitales ; et même les différences entre frappeur et frappé lui demeurent indifférentes : ces destinées se ressemblent alors entre elles dans ce qui leur est le plus essentiel : à aucun de nous il n’est loisible de choisir de qui nous voudrions nous distinguer, à qui nous aimerions ressembler. » Günther Anders, Nous, fils d’Eichmann, Rivage Poche, Payot, p.86.

 

Hannah Arendt est l’un des penseurs les plus marquants du 20ème siècle. Élève de Heidegger1, elle fut docteur en philosophie, et l’épouse de Günther Stern, ce jeune philosophe allemand, mieux connu sous le nom de Günther Anders, pour son mémorable Nous, fils d’Eichmann. Divorcée en 1939, remariée avec Heinrich Blücher, puis installée aux Etats-Unis, après la guerre, pour y enseigner successivement aux universités de Californie, Chicago, Columbia et Princeton, elle se rendra célèbre en questionnant la possibilité de juger les crimes contre l'humanité, lors du procès Eichmann en 1964. Ayant écrit plusieurs ouvrages, dont La condition de l'homme moderne, et Les origines du totalitarisme, Hannah Arendt est surtout connue pour avoir menée avec une rigueur sans relâche et un sens critique tout à fait novateur, une réflexion sur la nature de la politique à l'âge des masses, et une réflexion inédite à partir de la phénoménologie de Heidegger, des causes morales et politiques du nazisme, ainsi qu’une réflexion inédite et très éclairante sur la « banalité du mal ».

 

La « Banalité du mal » ? Voilà donc une expression des plus paradoxales. Utilisée pour la première fois par Hannah Arendt à l’occasion du procès de Eichmann, responsable nazi capturé à Buenos Aires en mai 1960 par les services secrets israéliens, et jugé à Jérusalem en avril 1961, elle fut à l’origine d’une polémique passionnée qui emporta, comme un raz-de-marée, Hannah Arendt taxée d’antisémitisme, et d’autres maux, si mal comprise, si novatrice dans sa manière d’aborder le mal. Jusqu’ici on connaissait le mal radical selon Kant par exemple, qui était la subordination de la raison aux passions, avec pour conséquence principale la possibilité de restaurer le fondement dernier de toute maxime, dans sa pureté, en choisissant de se démettre du mal.

Mais avec la nouvelle approche du mal, selon Arendt, les choses se compliquent.

 

Dissipons d’abord tout malentendu : Hannah Arendt était juive. Journaliste reporter, elle couvrit tout le procès Eichmann, ce fonctionnaire nazi retrouvé par les services secrets israéliens, qui courut d’avril 1961 au 31 mai 1962. Elle ne s’attendait pas à rencontrer l’homme qu’elle vit dans le box des accusés. Peut-être s’attendait-elle à y trouver le « diable », ou tout du moins l’un de ces hommes monstrueux, au caractère indéfinissable, d’une cruauté et d’un cynisme sans précédents. Le spectacle fut, à son grand étonnement, tout l’inverse. Cet homme qui avait joué un rôle non négligeable dans la déportation des juifs, durant la seconde guerre mondiale, demeura à ses yeux, pour le moins médiocre, avant tout préoccupé par sa carrière : un bourgeois, ni bohème, ni criminel sexuel, ni fanatique pervers, pas même un aventurier, dira-t-elle plus tard dans son ouvrage sur Eichmann

 

Hannah Arendt le décrivit comme des plus ordinaires. Un homme commun, moyen, sans la moindre envergure exemplaire. D’une banalité si affligeante que cela rejaillissait sur les actes mêmes pour lesquels on l’incriminait. Le problème philosophique se profile déjà à l’horizon : si cet homme qu’elle décrit est si banal, alors que dire de ce qu’il a accompli ? Est-ce qu’on peut dire que c’est également banal ? La réponse donnée dans son ouvrage à propos de Eichmann pourra choquer le lecteur non averti. Oui ! Adolf Eichmann est l’auteur d’un mal d’une grande banalité. Certes cette banalité qu’elle met en cause n’a rien à voir avec le mal génocidaire. Ce fut d’ailleurs l’erreur commise par de nombreux lecteurs de Hannah Arendt. En réalité son approche est politique. Dans la logique de sa démarche le mal est à lire comme celui que l’on fait à l’autre. Ni manquement au sentiment intérieur, ni manquement à la loi morale, le mal concerne une action prise dans un espace public ; une action qui en rencontre d’autres, et se confrontent entre elles. Pour comprendre la pertinence de l’analyse de Hannah Arendt quand elle emploiera pour la première fois le terme de « banalité » à propos du mal commis par Eichmann, il faut penser l’action dans les champs de la liberté et de la volonté.

 

Le terme de « banalité » ne sert donc pas à minimiser les crimes commis, ni à réduire le mal de la Shoah à un simple « détail ». Ce que beaucoup comprirent. Bien au contraire, dans son rapport sur ce procès retentissant, la réflexion de Hannah Arendt tend à mesurer l’extrême difficulté à juger de crimes aussi insupportables, car dit-elle, les criminels étaient si ordinaires. Voilà donc posé la plus grande interrogation pour la pensée : tous ces gens incriminés pour des crimes d’une gravité exemplaire, étaient d’une banalité si confondante, que cela rendait la question du génocide encore plus terrifiante. Certes, « il eut été réconfortant de croire qu’Eichmann était un monstre " écrit-elle. Pourtant, beaucoup comme lui, lui ressemblaient « ni pervers, ni sadiques ». Ces gens étaient « effroyablement normaux ».

 

La « banalité du mal » est un concept philosophique d’une importance sans précédent, car il pose donc la possibilité de l’inhumain en chacun d’entre nous. En cela, il est certes, novateur. Novateur et précisément attaché au 20ème siècle, parce que cette possibilité de l’inhumain émerge nécessairement de la nocivité d’un système totalitaire, et suppose que le crime soit commis dans des circonstances telles, que les « criminels » ne puissent sentir ou savoir qu’ils font le mal. Elle suppose que le système totalitaire en place ait veillé préalablement à tuer « l’animal politique » en l’homme, qu’il veut rayer de la surface de la terre, pour n’en conserver que l’aspect biologique. Pour les nazis spécifiquement, il s’agissait, à travers la Shoah, de créer « l’espèce animale humaine ». Pour ce faire, il s’agissait de déshumaniser l’homme en le dépolitisant, au sens étymologique du mot. Tendre à supprimer la chose qui faisait de lui un être humain, en détruisant d’abord ce qui le rattachait à une communauté. Ces condamnés faisaient alors l’insoutenable expérience de « non-appartenance » au monde qu’Arendt appellera : « la désolation ».

 

Ce contexte de destruction de la personnalité morale est important à comprendre, parce qu’il entraîne l’individu à perdre toute référence individuelle aux notions de « bien » et de « mal ». Et l’ignoble réduction à l’animalité qu’on imposait à ces hommes effaçait en eux toute moralité. De leurs côtés, ceux qui sont conduit à fabriquer cette espèce humaine, ne sont plus capables de regarder leurs sujets d’expérimentation comme des êtres qui leurs ressemblent. Ces êtres ne sont plus leurs semblables. Ce sentiment est exprimé par Primo Levi dans l’admirable recueil qu’il rapporta de l’horreur de la déportation : Si c’est un homme. Il le décrit ainsi : « son regard ne fut pas celui d’un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard, échangé comme à travers la vitre d’un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j’aurais expliqué du même coup l’essence de la grande folie du troisième Reich. »

On efface à ce moment là, toute culpabilité possible dans l’esprit des bourreaux. Car, faut-il encore, pour ressentir la moindre culpabilité, que les criminels aient conscience d’avoir atteint l’humanité dans sa chair, en commettant leurs crimes infâmes. La subtilité même du projet nazi consistait à distinguer radicalement victimes et bourreaux. Ils n’appartenaient plus à la même espèce après l’accomplissement de l’entreprise de déshumanisation, et une nouvelle espèce d’hommes émergeaient s’appliquant simplement à une tâche confiée, sans jamais avoir conscience de violer un quelconque interdit. De fait ils ne se sentirent jamais coupables. Ou du moins, « nous n’avons pas la moindre preuve » de cela, dit Hannah Arendt, en substance. Et si « les nazis, et particulièrement les organismes criminels, auxquels appartenait Eichmann, avaient, pendant les derniers mois de la guerre, passé le plus clair de leur temps à effacer les traces de leurs propres crimes » cela prouvait seulement « que les nazis étaient conscients du fait que l’assassinat en série était chose trop neuve pour que les autres pays l’admettent. »

Le problème philosophique du mal changeait donc de nature ; avec lui, était posée la question de la morale.

 

Certes, les nazis ne purent, fort heureusement, parvenir à achever leur projet : « libérer » l’humanité du « règne des espèces sous-humaines ». Ils avaient perdu, et se reconnaissaient volontiers vaincus. Mais « se seraient-ils sentis coupables s’ils avaient gagné ? » se demande Hannah Arendt. On ne répondra pas à la question à sa place. Mais il est difficile de penser que le moindre souffle de culpabilité aurait saisi la plus petite parcelle de conscience de ces criminels tant ils étaient convaincus d’avoir obéit aux « ordres supérieurs », donc à la loi. La banalité du mal se constituant précisément de cette soumission insolite à la loi.

 

 
Martin HEIDEGGER
Martin HEIDEGGER
Martin HEIDEGGER

Martin HEIDEGGER

Dans son rapport sur Eichmann, Hannah Arendt se livre à une méticuleuse description du personnage – qui visiblement fait problème pour beaucoup de consciences n’arrivant pas encore à admettre que le mal peut-être ordinaire, et au plus profond de chaque homme. Eichmann est un homme tout à fait « normal » ; pas de traits exceptionnels ni sur le plan psychologique, ni sur le plan sociologique. Aucune cause ne ferait comprendre le moindre motif de son action. L’analyse de comportement sans signe particulier, pousse Arendt à formuler la notion controversée de « banalité » du mal que l’on doit définitivement opposer à celle de « mal radical ». Faut-il donner raison à Kant, contre ceux qui pensent le mal comme une exception monstrueuse, un satanisme ? Hannah Arendt s’en expliquera d’ailleurs : selon elle, la notion de « banalité du mal » exprime l’idée que le sujet n’est pas la source même du mal, mais un de ses lieux de manifestations, ce qui oblige à penser différemment sa culpabilité. Une description trouvant une fois de plus un écho dans les textes de Primo Levi : « Ils étaient faits de la même étoffe que nous, c’étaient des êtres humains moyens, moyennement intelligents, d’une méchanceté moyenne : sauf exception, ce n’étaient pas des monstres, ils avaient notre visage. »6

Donc, pas la moindre profondeur diabolique.

 

Le mode de propagation du mal appelle alors une élucidation. Pour ce faire, Eichmann devant ses juges incrédules, invoquera sa référence à « l’impératif catégorique » kantien. Pour faire court, chez Kant, l’impératif catégorique, c’est l’impératif du devoir, proprement moral. Mais sans le savoir, Eichmann apportait durant toutes ces années, une notable modification à l’impératif de Kant, puisqu’il transformait le « agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle » de la seconde critique par un « agissez de telle manière que le Führer, s’il avait connaissance de vos actes, les approuverait ». Cette déformation inconsciente de la pensée de Kant est analysée par Eichmann, comme un impératif catégorique qui doit entraîner tout homme à faire plus qu’obéir à la loi, à aller au-delà des impératifs de l’obéissance et identifier sa propre volonté au principe de la loi, à la source de toute loi. Cela montre alors à quel point, un impératif moral mal compris peut entraîner un glissement effroyable. Adapté à l’homme ordinaire, l’impératif catégorique devient un principe de soumission absolue à la loi, qui lui interdit toute lucidité, et plus encore le dispense de penser par lui-même. C’est donc parce qu’il adhère sans réserve mais aussi sans réflexion au principe qui fonde la loi civile que le citoyen ordinaire peut devenir un Eichmann. La leçon de Hannah Arendt fait désormais frémir. Elle est riche sur le point philosophique, et amène à se poser la question de notre rapport à la loi, et de ses conséquences.

 

Dans le cas de ce nouveau type de criminels que furent les nazis, nous avions affaire à une catégorie d’hommes qui « commet(taient) des crimes dans des circonstances telles qu’il (leurs était) impossible de savoir ou de sentir qu’ils (avaient) fait le mal ». C’est en cela seul qu’ils échappent à la forme traditionnelle de jugement que l’on peut porter sur le crime ; ils n’ont pas conscience d’avoir mal agi, et ils ont, d’autre part, l’intime conviction d’avoir fait leur devoir en obéissant à la loi. C’est ainsi que l’on constate le déplacement du problème : le mal n’étant plus une violation de la loi, mais devient, au contraire, uneobéissance à la loi. Du moins, ce fut précisément la plaidoirie de Eichmann.

 

Avec le texte de Hannah Arendt, nous observons qu’une évolution doit être apportée, face à cette inversion inédite du bien et du mal. Dans le cadre du procès d’Adolf Eichmann, le mal ne peut plus être pensé en terme de « transgression » d’une loi ; il faut à présent le penser comme l’oubli fondamental d’une appartenance à une communauté. « Et parce que vous avez soutenu et exécuté une politique qui consistait à refuser de partager la terre avec le peuple juif et les peuples d’un certain nombre d’autres nations[…] pour cette raison seule vous devez être pendu. 8

La culpabilité dans sa forme élémentaire n’est dès lors plus envisagée. Hannah Arendt ne retient la culpabilité en tant qu’intention ; mais l’applique à présent à l’atteinte fondamentale à l’idée de communauté : le refus de partager la terre avec tous les hommes.

 

Le mal dans sa forme extrême et dans sa forme banale devient un refus de communiquer avec l’autre, de le reconnaître comme tel, comme si l’identification à la loi se substituait à l’identification au semblable. C’est d’ailleurs ainsi qu’Arendt délie volonté et responsabilité. On peut faire le mal sans le vouloir, avoir le sentiment de faire son devoir et pourtant être responsable. Telle est la leçon donnée par le procès Eichmann. Telle est la leçon philosophique capitale que nous propose Hannah Arendt, dont le concept de « banalité du mal » n’a pas fini de nous laisser penser, en ce nouveau siècle.

Marc Alpozzo

 

Bibliographie indicative :

Hannah Arendt :

Journal de pensée, 2 tomes, Seuil, 2005

Responsabilité et jugement, Payot, 2005.

La philosophie de l’existence, et autres essais, Payot, 2005.

Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal, Gallimard, Folio histoire, 1991.

 

Biographie :

Laure Adler, Dans les pas d’Hannah Arendt, Gallimard, 2005.

1 Heidegger. Elle aura une liaison secrète avec le penseur, et nourrira jusqu’à sa mort, en 1975, une longue correspondance avec ce dernier. Voir Laure Adler, Dans les pas d’Hannah Arendt, Paris, Gallimard, 2005.

2 « La restauration en nous de la disposition primitive au bien n'est donc pas l'acquisition d'un mobile pour le bien, mobile perdu par nous, car ce mobile, qui consiste dans le respect de la loi morale, nous n'avons jamais pu le perdre, et, si c'eût été possible, nous ne pourrions jamais plus de nouveau l'acquérir. Il ne s'agit donc que de restaurer la pureté du mobile en tant que fondement dernier de toutes nos maximes, et, par là même, il doit être accueilli dans le libre arbitre non uni seulement à d'autres mobiles ou peut-être même subordonné à eux (c'est à dire aux inclinations) comme conditions, mais en toute sa pureté, en qualité de mobile, en soi et suffisant, de détermination de ce libre arbitre », La religion dans les limites de la simple raison. Première dissertation- De l'inhérence du mauvais principe à côté du bon, ou du mal radical dans la nature humaine, pp. 69 à 71, Vrin.

3 Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, Rapport sur la banalité du mal, trad. A. Guérin, Folio histoire, Gallimard, 1991.

4 Ibid., p. 443 sq.

5 Editions Presse-pocket.

6 Si c’est un homme, op. cit..

7 Voir Kant, Critique de la Raison pratique.

8 Op. cit., p. 443 sq.

9 Voir Hannah Arendt, Responsabilité et Jugement, Payot, 2005.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 08:26
HANNAH ARENDT  (Première partie)

 

Hannah Arendt, née Johanna Arendt à Hanovre le et morte le à New York, est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme, la modernité et la philosophie de l'histoire.

 

Elle soulignait toutefois que sa vocation n'était pas la philosophie mais la théorie politique (« Mein Beruf ist politische Theorie »). C'est pourquoi elle se disait « politologue » (« political scientist ») plutôt que philosophe. Son refus de la philosophie est notamment évoqué dans Condition de l'homme moderne où elle considère que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s'interpréterait aisément comme une série d'essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d'une évasion définitive de la politique ».

 

Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine. Ses livres les plus célèbres sont Les Origines du totalitarisme (1951), Condition de l'homme moderne (1958) et La Crise de la culture (1961). Son livre Eichmann à Jérusalem, publié en 1963 à la suite du procès d'Adolf Eichmann en 1961, a fait l'objet d'une controverse internationale.

 

Biographie

Vie et études en Allemagne

Hannah Arendt est née à Hanovre en 1906. Son père était ingénieur de formation et sa mère pratiquait le français et la musique. Des deux côtés, les grands-parents étaient des Juifs laïcs. Son père meurt en 1913 de la syphilis.

 

En 1924, après avoir passé son Abitur — équivalent du baccalauréat français en Allemagne — en candidate libre avec un an d'avance, elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg-en-Brisgau et Heidelberg où elle suivra les cours de Heidegger, de Husserl puis de Karl Jaspers. Elle s'y révèle d'une brillante intelligence et d'un non-conformisme encore peu commun.

 

En 1925, sa rencontre avec Heidegger est un événement majeur de sa vie, sur les plans tant intellectuel que sentimental. Elle est très jeune et voue une grande admiration à son maître, de dix-sept ans son aîné. C'est le début d'une relation secrète, passionnée et irraisonnée, qui laissera chez Arendt des traces durant toute sa vie. Après avoir interrompu leur relation, elle poursuit ses études à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l'élève de Husserl ; puis, sur recommandation d'Heidegger, à Heidelberg pour suivre l'enseignement de Karl Jaspers sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur Le Concept d'amour chez Augustin. Quelle que soit la position ambiguë de Heidegger à l'égard du judaïsme, elle restera fidèle à leur relation et au souvenir du rôle de la pensée de Heidegger dans son propre parcours. Par-delà la guerre et l'exil, Hannah Arendt se fera l'infatigable promotrice du philosophe, aussi éminent que controversé, aux États-Unis.

 

En 1929, elle épouse Günther Stern (nommé plus tard Günther Anders), un jeune philosophe allemand rencontré en 1925 dans le milieu universitaire et devenu son compagnon en 1927. La même année, elle obtient une bourse d'études qui lui permet de travailler jusqu'en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une Juive allemande de l'époque du romantisme, qui ne paraîtra qu'en 1958.

Avec la montée de l'antisémitisme et l'arrivée des nazis au pouvoir, elle s'intéresse de plus près à ses origines juives. Elle se rapproche dès 1926 de Kurt Blumenfeld, ancien président de l'Organisation sioniste mondiale, vitrine du mouvement sioniste, président de l'Union sioniste allemande depuis 1924 et ami de la famille . Chargée par Blumenfeld de recueillir les témoignages de la propagande antisémite, elle est arrêtée, en 1933, par la Gestapo et relâchée grâce à la sympathie d'un policier. Elle quitte l'Allemagne sur le champ.

 

Fuite hors d'Allemagne et exil aux États-Unis

Arrivée en France, elle devient la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild et participe à l'accueil des réfugiés fuyant le nazisme. Depuis Paris, elle milite pour la création d'une entité judéo-arabe en Palestine. Elle facilite l'émigration des jeunes Juifs vers la Palestine Divorcée en 1937, elle se remarie le avec Heinrich Blücher, un réfugié allemand, ancien spartakiste.

 

En mai 1940, en raison de l'avancée éclair de la Wehrmacht en France, elle est internée au camp de Gurs (Basses-Pyrénées) avec d'autres apatrides. Dans la confusion qui suit la signature de l'armistice en juin 1940, elle est libérée et parvient à s'enfuir à Montauban, où elle retrouve son mari. Puis, elle gagne Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d'Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu'elle rejoint en train. Elle vit alors quelque temps à Lisbonne dans l'espoir d'embarquer pour l'Amérique, ce qui sera rendu possible en mai 1941, par l'intervention du diplomate américain Hiram Bingham IV, qui lui délivre illégalement un visa d'entrée aux États-Unis, en même temps qu'à environ 2 500 autres réfugiés juifs. À l'issue d'une traversée éprouvante, elle s'installe à New York. Dans une situation de dénuement, elle doit gagner sa vie, trouve un emploi d'aide à domicile dans le Massachusetts, et envisage de devenir assistante sociale. Elle décide finalement de regagner New York, et y collabore à plusieurs journaux, dont l'hebdomadaire Aufbau.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne, travaillant pour une association d'aide aux rescapés juifs. Elle reprend contact avec Heidegger, témoignant en faveur du philosophe lors de son procès en dénazification. Elle renoue également avec le couple Jaspers dont elle devient une amie intime. En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis, elle entame une carrière universitaire comme conférencière et professeur invité en sciences politiques dans différentes universités : Berkeley, Princeton (où elle devient la première femme nommée professeur), Columbia, Brooklyn College, Aberdeen, Wesleyan. C'est également en 1951 qu'elle publie son livre Les Origines du totalitarisme, puis Condition de l'homme moderne en 1958, et le recueil de textes intitulé La Crise de la culture en 1961.

 

Le procès Eichmann, Chicago et la New School de New York

Après ces trois livres fondamentaux, elle couvre à Jérusalem le procès du responsable nazi Adolf Eichmann, en qui elle voit l'incarnation de la « banalité du mal ». Les articles qu'elle écrit alors, réunis dans un livre publié en 1963, nourrissent une importante polémique. La même année, elle publie également Essai sur la révolution.

Son ami Gershom Scholem, spécialiste de mystique juive, polémique avec Arendt par lettres au sujet de la banalité du mal et d'autres thèmes.

À partir de 1963, elle devient titulaire de la chaire de sciences politiques à l'université de Chicago, avant d'être nommée professeur à la New School for Social Research (New York) en 1967, où elle restera jusqu'à sa mort. En 1966, elle apporta son soutien à la pièce de théâtre de l'allemand Rolf Hochhuth, Le Vicaire, œuvre qui déclencha une violente controverse en critiquant l’action du pape Pie XII face à la Shoah.

Dernières années

En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur « La pensée » et « Le vouloir » : elles constituent les deux premières parties de son livre posthume La Vie de l'esprit, dont elle n'a pas eu le temps d'écrire la troisième et dernière partie, « Juger ».

Elle meurt le à New York. Elle est enterrée au Bard College d'Annandale-on-Hudson, où son mari avait enseigné pendant de nombreuses années. Lors des obsèques, son ami Hans Jonas, après avoir prononcé le kaddish, lui dira : « Avec ta mort tu as laissé le monde un peu plus glacé qu'il n'était. »

Présentation de sa pensée

Thèmes principaux et influences

 
Hannah Arendt sur un timbre allemand à sa mémoire imprimé en 2006

 

La philosophie politique d'Hannah Arendt échappe aux catégories traditionnelles de la pensée politique (socialisme, libéralisme). Elle ne forme pas un système philosophique à proprement parler, mais aborde au contraire un ensemble de problématiques variées, dont celles de la révolution, du totalitarisme, de la culture, de la modernité et de la tradition, de la liberté, des facultés de la pensée et du jugement, ou encore de ce qu'elle désigne comme la « vie active », et ses trois composantes que représentent les notions qu'elle forge du travail, de l’œuvre et de l'action. C'est notamment au travers de la distinction qu'elle opère entre ces trois types d'activités que ressort l'un des axes centraux de sa réflexion, concernant ce qu'est la vie politique et la nature de la politique, thématique qu'elle aborde sous un angle largement phénoménologique, influencé en cela par Heidegger et Jaspers. Elle s'inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche.

Le totalitarisme et l'extermination des Juifs

La réflexion politique d'Hannah Arendt, appuyée sur la question de la modernité, c'est-à-dire de la rupture du fil de la tradition, l'a amenée à prendre position sur le monde contemporain, notamment sur des sujets très polémiques, comme le sionisme, le totalitarisme et le procès d'Adolf Eichmann. Ces prises de position l'ont rendue très célèbre, au risque parfois d'occulter le fond de sa pensée.

La question du totalitarisme

Arendt souhaitait penser son époque, et elle s'est ainsi intéressée au totalitarisme. Son analyse continue à faire autorité, à côté de celle, différente et plus descriptive, de Raymond Aron. Dans le livre Les Origines du totalitarisme, elle met sur le même plan stalinisme et nazisme, contribuant ainsi à systématiser le nouveau concept de « totalitarisme ».

Eichmann et la banalité du mal

Articles détaillés : Banalité du mal et Eichmann à Jérusalem.

Sur les droits de l’Homme

Dans son chapitre de L'Impérialisme (t. 2 des Origines du totalitarisme) sur les « perplexités des droits humains », elle démontre le processus qui finit par identifier les droits de l’Homme à l’identité nationale, les États excluant de ces droits les non-nationaux.

La vita activa, oïkos et polis

L'espace public et l'espace privé

La pensée d'Hannah Arendt est avant tout une nouvelle conception de la politique, développée dans Condition de l'homme moderne et La Crise de la culture. Loin des traditionnels liens établis entre théorie et pratique, selon lesquels il s'agirait de comprendre le monde pour ensuite le transformer[non neutre], elle pense l'espace public comme un lieu fait de fragilité car continuellement soumis à la natalité, c'est-à-dire à l'émergence de nouveaux êtres humains.

Elle a tout à la fois étudié les conditions historiques de disparition d'un tel espace public (en particulier dans Condition de l'homme moderne avec la question de la sécularisation et de l'oubli de la quête d'immortalité), et les événements qui indiquent de nouvelles possibilités (en particulier dans son Essai sur la révolution).

Elle distingue et hiérarchise selon leur ordre d'importance trois types d'activités qui caractérisent la condition humaine : le travail, l’œuvre et l'action.

 

Son analyse de l'espace public repose sur la distinction conceptuelle entre le domaine privé et le domaine public, chacune des principales activités de l'homme devant être bien localisée, sans quoi ce sont les conditions de possibilité de la liberté humaine qui ne sont pas réalisées. C'est d'ailleurs sous cet angle qu'elle critique la modernité, en ce que justement celle-ci serait caractérisée par la disparition d'une véritable sphère publique, par laquelle seulement l'humain peut être libre.

 

Ces propositions au sujet de la nécessaire distinction entre ce qui doit participer de la vie privée (l'« idion », qui se déroule dans l'« oïkos », la maisonnée) et de la vie publique (« koinon », qui se déroule au sein de la « polis », sphère publique lié à la communauté politique) s'inspirent principalement de l'expérience sociale et politique de l'Antiquité grecque et romaine. Arendt perçoit dans cette expérience l'origine de ces répartitions et, par suite, de l'expérience de la liberté, entendue comme participation à l'activité politique et donc à la vie publique.

Le travail et l'« animal laborans »

Le travail chez Hannah Arendt correspond à l'activité visant à assurer la conservation de la vie, par la production des biens de consommation subvenant aux besoins vitaux. En cela, il renvoie d'une part à la nécessité, d'autre part à la production de ce qui est rapidement consommé, et donc de ce qui doit être constamment renouvelé, ne créant ainsi aucune permanence. En tant que référée à la satisfaction des besoins biologiques, et donc en ce qu'elle se caractérise par la non-liberté, il s'agit là pour Arendt de l'activité qui nous rapproche le plus de l'existence animale, et par conséquent l'activité la moins humaine, se rapportant pour cette raison à l'humain comme animal laborans.

 

À ses yeux, le travail doit rester dans le domaine privé, sous peine que la vie de l'homme devienne une quête d'abondance sans fin, subordonnée à la production et consommation, et donc à ce qui participe de l'éphémère. Cette critique de la société de consommation et cette invitation à l'auto-limitation du travail préfigure l'écologie politique et les notions de simplicité volontaire et de décroissance. Hannah Arendt est citée par Yves Frémion parmi les pionniers et penseurs de l'écologie. Ses concepts, et notamment le travail, sont aussi utilisés par des penseurs de la décroissance, par exemple : Michel Dias et Bernard Guibert.

L’œuvre et l'« Homo Faber »

L’œuvre, qui caractérise l'humain comme Homo Faber, désigne pour Arendt la production d'objets destinés à l'usage plutôt qu'à être simplement consommés. Se référant notamment à la production de bâtiments, d'institutions ou d’œuvres d'art, l’œuvre participe à la fabrication d'un « monde commun » s'inscrivant dans une certaine durée et stabilité. À la différence du travail, l’œuvre renvoie à la « non-naturalité » de l'être humain, en cela qu'en œuvrant, l'humain crée un monde distinct du monde strictement naturel — monde au sein duquel peut se dérouler la vie humaine comme vie collective. Néanmoins, en tant qu'activité finalisée, elle n'est pas totalement libre, mais se rapporte encore à une certaine nécessité.

 

L'œuvre doit selon H. Arendt être créée au sein de la sphère privée avant d'être exposée publiquement : c'est ainsi qu'elle crée un monde dans lequel l'action peut prendre place. Ce point, développé dans Condition de l'homme moderne, explique que Hannah Arendt dénonce la massification de la culture et la transformation de l'art en objet de consommation dans son célèbre essai « La crise de la culture : sa portée sociale et politique » (dans La Crise de la culture).

L'action, la liberté et l'humain comme « zoon politikon »

 
La Politique d'Aristote, qui contient la citation « l'homme est un animal politique » commentée par Arendt.

 

 

HANNAH ARENDT  (Première partie)
HANNAH ARENDT  (Première partie)
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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 19:41

Un des écrivains majeurs du siècle dernier. Vous devez lire Thomas Bernhard dont on a commémoré le 20 ème anniversaire (de son décès... en 1989)

Biographie de Thomas Bernhard, écrivain autrichien né à Heerlen (Pays-Bas) en 1931 et mort à Gmunden (Autriche) en 1989, à l'âge de 58 ans

Une enfance à Salzbourg auprès de son grand-père maternel, au temps du nazisme triomphant, marque le début de l'enfer pour Thomas Bernhard. Suite à l'Anschluss en mars 1938, il est envoyé dans un centre d'éducation national-socialiste en Allemagne, puis plaçé dans un internat à Salzbourg où il vivra la fin de la guerre. Atteint de tuberculose, Bernhard est soigné en sanatorium, expérience qu'il inscrira dans sa production littéraireThomas Bernhard-Biographie-Les Naufragés-Gmunden-Le Neveu de Wittgenstein
Il voyage à travers l'Europe, surtout en Italie et en Yougoslavie puis revient étudier à l'Académie de Musique et d'art dramatique de Vienne ainsi qu'au Mozarteum de Salzbourg. Son premier roman "GEL" lui vaut l'obtention de nombreux prix et une reconnaissance internationale
Par la suite, Bernhard se consacre également à des oeuvres théatrales. En 1970 "UNE FETE POUR BORIS" remporte un grand succès au Théâtre allemand de Hambourg. Cette pièce a été rejouée cette année au Festival d'Avignon, mise en scène par Denis Maileau  qui avait déjà fait une lecture des "Maîtres anciens" au dit festival en 2005Théâtre de Thomas Bernhard-Burgtheater-Un fête pour Boris
Paraît ensuite, entre 1975 et 1982, un cycle de
5 oeuvres autobiographiques: L'Origine, La Cave, Le Souffle, Le Froid et l'EnfantThomas Bernhard-1932-1980-La Vave-L'origine-Le Souffle-Le froid
En 1985 "Le faiseur de théâtre", véritable machine à injures, fera scandale. Mais c'est avec "Heldenplatz" son ultime pièce, que Thomas Bernhard s'attirera le plus d'ennuis, dénonçant encore les vieux démons de son pays: L'hypocrisie et le fanatisme d'une société toujours aux prises avec le national-socialisme.
Le cinquantenaire de l'Anschluss en 1988 est pour Bernhard, l'occasion de dénoncer avec une virulence sans précédent-même chez lui- l'amnésie d'un pays qu'il semble haïr. Dans "Place des Héros" il rappelle comment les Viennois vinrent en mase applaudir Hitler (L'enfant du Pays), lors de l'annexion de l'Autriche au Reich Nazi et clame que "l'Autriche compte aujourd'hui plus de nazis qu'en 1938 ", provocant un véritable scandale puisque la pièce subventionnée est en outre créée au
Burgtheater

Gl


Thomas Bernhard-écrivain autrichien-Gmünden






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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 10:23

Magnan-©Houdart5 

Forcalquier et son Marché du lundi matin. J'ai rendez-vous avec l'écrivain Pierre Magnan. Avant mon départ il m'avait propose par mail un rendez-vous le lundi 2 Février au Café le Bourguet. J'avais répondu, impossible, j'arrive à St Saturnin la veille et le temps de m'installer après 2 jours de route... Mais je serai au Bourguet le 3e lundi de février soit le 16 février, sous un beau soleilMagnan Revest
 

Après avoir été harponnés par un vendeur de charcuterie corse de Salerne, très sympathique et vendeur-né et avoir longuement plaisanté avec lui, nous lui avons acheté deux morceaux de jambon corse et un saucisson et même du fromage corse 'Fiori della Montagna", et lourdement chargés, nous sommes remontés jusqu'à la place principale du Marché et avons trouvé le Café LE BOURGUET et nous y sommes attablés dehors à 11 heures. Voici notre entrée à ForcalquierForcalquier-Fev.2009new 090722083309 32new 090722083405 82Le Marché de Forcalquier-Lundi matinUn charcutier du Sud de la Corse, vendeur de haute voléenew 090722083812 65new 090722083605 60Et voici le BOURGUET. Je suis attablé à l'entrée de la pergola et j'ai prévenu les garçons que j'avais rendez-vous avec Pierre Magnan "Vous pensez qu'il viendra??" Réponse "ça dépendra de son humeur". Ah bon ! Je leur demande de me prévenir dès qu'il arrivera. Je viens d'acheter son dernier livre "Chronique d'un château hanté"new 090722084008 30new 090722085021 7

pour le lui faire dédicacer. Bref je suis fin prêt. Nicole est partie au Marché et moi je pastisse.Je guette tous les hommes qui pourraient ressembler à Magnan, dont j'ai vu une photo, appuie mon regard sur certains mais rien. J'ai mon beau nouveau chapeau. S'il est allé sur mon blog dont je lui ai envoyé le lien, il pourrait aussi me reconnaître éventuellement???. A midi, Nicole revient. Pas de Pierre Magnan. Il ne viendra pas, c'est tout. A 12h05, je lui écris un billet et le remets au comptoir en insistant pour qu'on le lui remette et dans ce billet je laisse percer ma déception. A ce jour je n'ai aucune réaction. Il n'a peut-être pas eu mon mot. Je vais donc lui envoyer cette page de blog. Il faut lire Pierre Magnan, c'est un tout grand de la Littérature française.

 

Pierre Magnan est un écrivain français né le 19 septembre 1922 à Manosque(Basses-Alpes) rue Chacundier1. Indéfectiblement attaché à cette partie de laProvence qui a aussi inspiré son maître et ami Jean Giono, il y a situé toute son œuvre. Il est mort le 28 avril 2012 à Voiron en Isère, à l'âge de 89 ans, où il s'était retiré depuis un peu plus d'un an. Il est enterré au cimetière du REVEST.

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Biographie de Pierre MAGNAN

Il fait de rapides études au collège de sa ville natale jusqu'à douze ans.

De treize à vingt ans, il est typographe dans une imprimerie locale. À quinze ans, « percuté pour la première fois par une émotion inconnue », il rencontre Jean Giono et participe aux rencontres du Contadour. Giono, qui lui prêtera de nombreux livres, sera le premier à qui il osera faire lire ses œuvres. Dans la logique du pacifisme de Giono, appelé aux Chantiers de jeunesse pendant l'Occupation, il est réfractaire au service du travail obligatoire (STO), et se réfugie à Saint-Pierre d'Allevard, en Isère, avec Thyde Monnier qui en connaissait l'instituteur. Il y écrit son premier roman, inspiré par les villageois et les maquisards.Il y vit dans un pigeonnier

Thyde Monnier convainc son éditeur, René Juillard, de publier ce premier roman. L'Aube insolite paraît en janvier 1946, avec un succès d'estime. La critique est partagée et l'accueil du public pas franchement enthousiaste (10 000 exemplaires vendus)4. Trois autres romans suivent sans davantage de succès.pierre-magnan-laube-insolite-L-1

Pour vivre, il travaille alors dans une société de transports frigorifiques, où il reste vingt-sept ans, tout en continuant à écrire des romans qui ne sont pas publiés.

En 1976, il est licencié pour raisons économiques et profite de ses loisirs forcés pour écrire un roman policier, Le Sang des Atrides qui obtient le p rix du Quai des Orfèvres en 1978. À cinquante-six ans, une nouvelle carrière s'ouvre désormais à lui.Magnan-Atrides-77-78.jpg

Il écrit alors son ouvrage le plus célèbre : La Maison assassinée en 1984,48189 qui obtient le prix RTL grand public. Ce livre est porté à l'écran avec, entre autres interprètes, Patrick Bruel. Le prix de la nouvelle du Rotary Club lui est décerné pour Les Secrets de Laviolette.elegie-laviolette-pierre-magnan-L-2

En 1990, il écrit Pour saluer Giono, délicat portrait du maître mais aussi de l'adolescent familier, ébloui et secret qui le voyait quasi chaque jour. Pierre Magnan a vécu jusqu'à la fin de sa vie dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Forcalquier.  Il a habité dans un pigeonnier sur trois niveaux très étroits mais donnant sur une vue imprenable. L'exiguïté de sa maison l'aurait obligé à sélectionner strictement jusqu'à ses livres : il y possédait selon ses dires seulement vingt-quatre ouvrages de la Pléiade. Aujourd'hui, selon les chroniques et les billets d'humeur, comme Rubrique de l'indigné permanent, qu'il livre sur son site web, le pigeonnier aurait été mis en vente.

Au cours des dernières années, l'auteur s'est consacré à la rédaction d'un nouveau roman policier intitulé  dont l'action, située dans la région de Manosque et Forcalquier, se déroule de la peste noire (1349-1350) à nos jours, livre paru chez Denoël en avril 2008, et a ressuscité le commissaire Laviolette en mai 2010 (Élégie pour Laviolette5).pierre-magnan-modestie-leloquence-provencal-L- lV1oU-175x13

Œuvre  

Romans  

MontCouvJEAdr  

Série Gendarme Laviolette (aïeul du commissaire) [modifier]

  • Les Charbonniers de la mort, Fayard, 1982
  • La Folie Forcalquier, Denoël, 1995

Série Séraphin Monge  

Autres romans  

  • L'Aube insolite, Julliard, 1945 (réédition Denoël, 1998 (ISBN 9782207247044))pierre-magnan-laube-insolite-L-1
  • Le Monde encerclé, Julliard, 1949 (réédition l'Envol, 2001)
  • La Mer d'airain, Julliard, 1961
  • La Biasse de mon père, Alpes de Lumière, 1983
  • Périple d'un cachalot, Denoël, 1993 (d'après un manuscrit de 1940, édité en Suisse 1951, réédité aux éditions Plaisir de Lire à Lausanne 1986)
  • Un grison d'Arcadie, Denoël, 1999
  • L'Occitane, Denoël, 2001images (3)
  • Apprenti, Denoël, 2003apprenti-memoires-pierre-magnan
  • Un monstre sacré, Denoël, 2004
  • L'Enfant qui tuait le temps, Folio, 2004 (ISBN 978-2070301751)
  • Laure du bout du monde, Denoël, 2006 (ISBN 978-2070347216)33053416 6993133
  • Chronique d'un château hanté, Denoël, 2008 (ISBN 978-2070398560) (histoire romancée du Château de Sauvan et de ses propriétaires)chateau-hante-magnan.1212137321

Nouvelles 

Recueils de nouvelles de la série Commissaire Laviolette 

  • Les Secrets de Laviolette, (nouvelles: Le fanal; Guernica; L'arbre) Denoël, 1992, prix de la nouvelle du Rotary-Club

Nouvelle isolée de la série Commissaire Laviolette 

  • Mon ami Laviolette (Le Monde, édition du 11 janvier 1981)

Textes autobiographiques 

  • L'Homme rejeté, Julliard, 1977 ; réédition, Éditions l'Envol, 2001
  • La Naine, Denoël, 1987
  • L'Amant du poivre d'âne, Denoël, 1988

Autres publications

Pour saluer Giono, Denoël, 1990

  • Les Promenades de Jean Giono, (album) Chêne, 199461FMWQ6SVQL._SX342_.jpg
  • Les Romans de ma Provence, (album) Denoël, 1998
  • Mon théâtre d'ombres, l'Envol, 2002
  • Ma Provence d'heureuse rencontre : Guide secret, Denoël, 2005 (ISBN 978-2070342488)

Adaptations à l'écran ]

 

 

Pierre Magnan m'a répondu en me disant "une prochaine fois peut-être". Non Monsieur Magnan, il n'y aura pas de prochaine fois...J'ai fait 1000 kilomètres pour vous voir et vous n'avez pas été foutu de faire quelques mètres. Je sais maintenant que vos lecteurs ne valent pas le déplacement.

Pierre Magnan est décédé le 20 avril 2012

Le Café Le Bourguet-Pierre Magnannew 090722083934 62new 090722084048 38

Nicole achète un magnifique sac en jute réalisé par cette dame. Il est à droite de la photonew 090722084333 19Et c'est la fin du Marché du lundi matinnew 090722084545 70new 090722084716 38new 090722084900 54new 090722084945 17x

 

 

 

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 10:20

Eh bien oui le TOURBILLON (Cyrus Bassiac)  c'est lui....Ici aux côtés de Jeanne Moreau, dans le film de Truffaut "JULES et JIM ". Jeanne Moreau a chanté douze de ses chansons, dont "J'ai la mémoire qui flanche". Anna Karina chante une de ses chansons dans "Pierrot le Fou": "Je ne t'ai jamais dit que je t'aimerais toujours oh mon amour"bassiakLe MagicienRezvani1Le Roman d'une MaisonRezvani

La Cité PotemkineRezvani2  Les années Lumière

La Nuit transfigurée

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helena L'Origine du Monde

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Rezvani7 Albums de Rezvani St Tropez à l'EnversChansons

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 05:42

 Guy de Maupassant (1850-1893)

 
 
Guy de Maupassant
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait par Nadar.

 
Nom de naissance Henry-René-Albert-Guy de Maupassant
Alias
Joseph Prunier
Guy de Valmont
Chaudrons-du-diable
Maufrigneuse
Naissance
Tourville-sur-Arques (Seine-Inférieure)
Décès (à 42 ans)
Paris
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Réalisme
Naturalisme
Fantastique
Genres

 

 
Signature de Guy de Maupassant

Henry-René-Albert-Guy de Maupassant  est un écrivain français né le au château de Miromesnil à Tourville-sur-Arques (Seine-Inférieure) et mort le à Paris, à l'âge de 42 ans.

 

Lié à Gustave Flaubert et à Émile Zola, Guy de Maupassant a marqué la littérature française par ses six romans, dont Une vie en 1883, Bel-Ami en 1885, Pierre et Jean en 1887-1888, et surtout par ses nouvelles (parfois intitulées contes) comme Boule de suif en 1880, les Contes de la bécasse (1883) ou Le Horla (1887). Ces œuvres retiennent l’attention par leur force réaliste, la présence importante du fantastique et par le pessimisme qui s’en dégage le plus souvent, mais aussi par la maîtrise stylistique. La carrière littéraire de Maupassant se limite à une décennie — de 1880 à 1890 — avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie et ne meure peu avant ses quarante-trois ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations filmées de ses œuvres.

 

 

Biographie

 
Gustave de Maupassant, le père de l'écrivain.
 
Laure Le Poittevin, mère de Guy de Maupassant (date de prise de vue inconnue).
 
Guy de Maupassant à sept ans.

La famille Maupassant, venue de Lorraine, s’est installée en Seine-Inférieure (aujourd'hui Seine-Maritime) au milieu du XIXe siècle. Le père de Guy, Gustave de Maupassant (né Maupassant a obtenu par décision du tribunal civil de Rouen, le le droit à la particule), homme volage, a épousé en 1846 Laure Le Poittevin, une demoiselle de la bonne bourgeoisie. Avec son frère Alfred, elle est l’amie de Gustave Flaubert, le fils d’un chirurgien de Rouen qui devait exercer une certaine influence sur la vie de ce dernier. Le père d'Alfred et de Laure est le parrain de Gustave Flaubert. Laure fut une femme d’une culture littéraire peu commune, aimant beaucoup les classiques, particulièrement Shakespeare. En 1854, la famille s’installe au château Blanc de Grainville-Ymauville, près du Havre. En 1856 naît Hervé, le frère cadet de Guy. En 1859, Gustave de Maupassant trouve un emploi à la banque Stolz à Paris, Guy est scolarisé au lycée impérial Napoléon (lycée Henri-IV). Séparée de son mari volage en décembre 1860, Laure s'installe avec ses deux fils à Étretat (elle survivra à ses deux fils, comme leur père).

 

Guy passe le reste de son enfance dans la maison « Les Verguies », une grande bâtisse du XVIIIe siècle à Étretat — que Laure sur les conseils de son frère, Alfred Le Poittevin, a acquise avant son mariage — où, entre mer et campagne, il grandit dans l’amour de la nature et des sports en plein air ; il va pêcher avec les pêcheurs de la côte et parle patois avec les paysans. Il est profondément attaché à sa mère.

 

À treize ans, il est pensionnaire de l'Institution ecclésiastique d'Yvetot, selon le souhait de sa mère. C’est en ces lieux qu’il commence à versifier. De sa première éducation catholique, il conservera une hostilité marquée envers la religion ; il finira par se faire renvoyer. Il est alors inscrit au lycée de Rouen, où il se montre bon élève, s’adonnant à la poésie et participant beaucoup aux pièces de théâtre. À cette époque, il côtoie Louis Bouilhet et surtout Gustave Flaubert, dont il devient le disciple. En 1868 en vacances à Étretat, il sauve de la noyade le poète anglais décadent Charles Algernon Swinburne qui l'invite à dîner en remerciement pour son courage. Il voit à cette occasion une main coupée (il en tirera la nouvelle La Main d'écorché, qu'il modifie et publie en 1883 sous le titre de La Main). Bachelier des lettres en 1869, il part étudier le droit à Paris sur le conseil de sa mère et de Flaubert. La guerre qui s'annonce va contrarier ces plans.

 

En 1870, il s’enrôle comme volontaire lors de la guerre franco-prussienne. Affecté d’abord dans les services d’intendance puis dans l’artillerie, il participe à la retraite des armées normandes devant l’avancée allemande. Après la guerre, il paie un remplaçant pour achever à sa place son service militaire et quitte la Normandie pour s'installer durablement à Paris.

 

À Paris, Guy de Maupassant passe dix années comme commis d’abord au ministère de la Marine puis au ministère de l’Instruction publique où il est transféré en 1878 grâce à Flaubert ; il y restera jusqu'en 1882. Le soir, il travaille d'arrache-pied à ses œuvres littéraires. En février 1875, il publie son premier conte, La Main écorchée, sous le pseudonyme de Joseph Prunier, dans L'Almanach lorrain de Pont-à-Mousson et Le Bulletin Français publie le , sous la signature de Guy de Valmont son conte En canot. En octobre 1876, à Catulle Mendès qui l'approche pour devenir franc-maçon, Maupassant répond : «... Je veux n'être jamais lié à aucun parti politique, quel qu'il soit, à aucune religion, à aucune secte, à aucune école ; ne jamais entrer dans aucune association professant certaines doctrines, ne m'incliner devant aucun dogme, devant aucune prime et aucun principe, et cela uniquement pour conserver le droit d'en dire du mal. ». Fin janvier 1877, le romancier russe Tourgueniev le rencontre et le trouve tout décati. Le diagnostic tombe : syphilis. Cette maladie — il en mourra — ne cessera d'empoisonner l'existence du jeune homme, même s'il s'en gausse alors :

 

« J'ai la vérole ! enfin la vraie, pas la misérable chaude-pisse, pas l'ecclésiastique christalline, pas les bourgeoises crêtes de coq, les légumineux choux-fleurs, non, non, la grande vérole, celle dont est mort François Ier. Et j'en suis fier, malheur, et je méprise par-dessus tout les bourgeois. Alléluia, j'ai la vérole, par conséquent, je n'ai plus peur de l'attraper ! ... »

— 11

 

Pendant huit ans, de 1872 à 1880, sa distraction fut le canotage sur la Seine, toujours en galante compagnie, le dimanche, et pendant les vacances. Il va à Bezons, Argenteuil, Sartrouville, Chatou, Bougival et le plus souvent se rend à l’auberge Poulin à Bezons, à la Maison Fournaise à Chatou et à La Grenouillère, un radeau-établissement de bains située face à Croissy-sur-Seine. En compagnie de ses amis, « Tomahawk » (Henri Brainne), « Petit Bleu » (Léon Fontaine), « Hadji » (Albert de Joinville), et « La Tôque » (Robert Pinchon), Maupassant forme une joyeuse confrérie, et emmène en promenade des filles dociles sur la yole achetée en commun et baptisée Feuille de rose. Lui se fait appeler « Maistre Joseph Prunier, canoteur ès eaux de Bezons et lieux circonvoisins ». Une autre activité « physique » de Maupassant est la chasse : il ne manquera que rarement « l'ouverture », dosant la poudre de ses cartouches et sélectionnant ses chiens d'arrêt. L'activité cynégétique de l'auteur est surtout présente dans l'imaginaire des contes, et les métaphores relatives au « beau sexe » tenant le rôle de « gibier » abondent.

 

Flaubert le prend sous sa protection et devient pour lui une sorte de mentor littéraire, guidant ses débuts dans le journalisme et la littérature. Le , dans l'atelier du peintre Becker, dans le VIe arrondissement, en présence de Flaubert, d'Émile Zola, de Valtesse de La Bigne, de Suzanne Lagier - la princesse Mathilde voulait venir à tout prix, masquée... L'ermite de Croisset l'en dissuada - et d'Edmond de Goncourt, Maupassant et ses amis organisent une seconde représentation de la pièce À la feuille de rose, maison turque.

 

À la même époque, il se rend chez Mallarmé, pour ses jeudis au 87, rue de Rome dans le XVIIe. Au mois d'août de cette même année de farces et de salons, le jeune Maupassant suit une cure à Loèche dans le Valais suisse : Flaubert à cette occasion rapporte à Tourgueniev : « Aucune nouvelle des amis, sauf le jeune Guy. Il m'a écrit récemment qu'en trois jours il avait tiré dix-neuf coups ! C'est beau ! Mais j'ai peur qu'il ne finisse par s'en aller en sperme... » Flaubert cependant ne craint pas de le rappeler à l'ordre, comme en témoigne cette lettre du  : « Il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que cela. J'arrive à vous soupçonner d'être légèrement caleux. Trop de putains ! trop de canotage ! trop d'exercice ! oui, monsieur ! Le civilisé n'a pas tant besoin de locomotion que prétendent les médecins. Vous êtes né pour faire des vers, faites-en ! “Tout le reste est vain” à commencer par vos plaisirs et votre santé ; foutez-vous cela dans la boule ». Chez Flaubert, outre Tourgueniev, il rencontre Émile Zola, ainsi que de nombreux écrivains appartenant aux écoles naturalistes et réalistes. Il écrit beaucoup de vers et de courtes pièces. Il commence aussi à fournir des articles à plusieurs journaux importants comme Le Figaro, Gil Blas, Le Gaulois et L'Écho de Paris, puis consacre ses loisirs à l’écriture de romans et de nouvelles. Toujours encouragé par Flaubert, le vieil ami de sa famille, il publie en 1879 son premier livre, un fascicule d’une centaine de pages, Histoire du vieux temps. Celui-ci est représenté le chez Ballande, au Troisième Théâtre Français, sous la forme d'une comédie en un acte et en vers ; c'est un honnête succès.

 

S'étant lié avec Zola, il participe en 1880 au recueil collectif des écrivains naturalistes Les Soirées de Médan avec sa première nouvelle, Boule de suif qui remporte d'emblée un grand succès et que Flaubert qualifie de « chef d'œuvre qui restera ». Maupassant a décrit dans sa nouvelle l'Auberge du cygne à Tôtes, il y a également séjourné comme Flaubert qui y écrivit en partie Madame Bovary. La même année, la disparition subite de Flaubert, le , laisse le nouvel écrivain seul face à son destin (C'est à l'auberge Poulin de Bezons que Guy de Maupassant apprend par un télégramme, la mort de son maître) À cette occasion, il écrit un peu plus tard : « Ces coups-là nous meurtrissent l'esprit et y laissent une souffrance continue qui demeure en toutes nos pensées. Je sens en ce moment d'une façon aiguë l'inutilité de vivre, la stérilité de tout effort, la hideuse monotonie des évènements et des choses et cet isolement moral dans lequel nous vivons tous, mais dont je souffrais moins quand je pouvais causer avec lui. ».

 
Maupassant à la fin de sa vie.

 

La décennie de 1880 à 1890 est la période la plus féconde de la vie de Maupassant : il publie six romans, plus de trois cents nouvelles et quelques récits de voyage. Rendu célèbre par sa première nouvelle, il travaille méthodiquement, et produit annuellement deux et parfois quatre volumes. Le sens des affaires joint à son talent lui apporte la richesse.

 

En mai 1881, il publie son premier volume de nouvelles sous le titre de La Maison Tellier, qui atteint en deux ans sa douzième édition. Le 6 juillet, il quitte Paris pour l'Afrique du Nord comme envoyé spécial du journal Le Gaulois, il a tout juste le temps d'écrire à sa maîtresse Gisèle d'Estoc : « Je suis parti pour le Sahara !!! [...] Ne m'en veuillez point ma belle amie de cette prompte résolution. Vous savez que je suis un vagabond et un désordonné. Dites-moi où adresser mes lettres et envoyez les vôtres à Alger poste restante. Tous mes baisers partout... ».

 

Il revient à Paris vers la mi-septembre après un bref séjour en Corse. Engagé par contrat vis-à-vis du Gaulois, Maupassant se choisit un pseudonyme : Maufrigneuse, sous lequel il se permettra ses articles les plus polémiques. Maupassant termine son premier roman, qui lui aura coûté six années, en 1883 : les vingt-cinq mille exemplaires d'Une vie sont vendus en moins d’un an ; l'ouvrage, vu sa tonalité, sera un premier temps censuré dans les gares, mais l'interdiction sera vite levée Léon Tolstoï en personne, dira à propos de ce roman : « C'est le plus grand chef-d'œuvre de la littérature française, après Les Misérables »

 

 Avec les droits d’auteur de La Maison Tellier, Maupassant se fait construire sa maison, « La Guillette », ou « maison de Guy », à Étretat La maison est envahie chaque été par Maupassant et ses amis. Le 27 février 1883 naît son premier enfant, Lucien, un garçon qu'il ne reconnaît pas, fils de Joséphine Litzelmann couturière modiste. Une fille naît l'année suivante, puis un troisième en 1887, non reconnus.

 

En novembre 1883, sur les recommandations de son tailleur et afin de se libérer des obligations matérielles, Guy de Maupassant embauche à son service un valet, le belge François Tassart.

 

En 1884, il vit une liaison avec la comtesse Emmanuela Potocka, une mondaine riche, belle et spirituelle. (Cette comtesse italienne et polonaise était la fondatrice du diner des Macchabées ou morts d'amour pour elle. Le parfumeur Guerlain créa pour elle, le parfum Shaw's Caprice) En octobre de la même année, il achève l'écriture de son second roman, Bel-Ami, à la « Guillette ».

 
Guy de Maupassant caricaturé par Coll-Toc, 1884

 

Dans ses romans, Guy de Maupassant concentre toutes ses observations dispersées dans ses nouvelles. Paru en 1885, Bel-Ami connaît trente-sept tirages en quatre mois. Et si l'on ajoute à la littérature son sens bien normand des affaires, Maupassant dira en riant : « Bel-Ami c'est moi ! ». Ayant réglé les détails de la parution de Bel-Ami en feuilleton, Maupassant quitte Paris pour l'Italie, le 4 avril 1885 en compagnie de quelques amis : Paul Bourget, Henri Amic et les peintres Henri Gervex et Louis Legrand, tous ayant le point commun d'être « Macchabées » chez la comtesse Potocka. À Rome dès le 23 mai, le « Taureau normand » presse son hôte, le comte Primoli, de le conduire dans une maison close via di Tor di Nona, à proximité du palais Farnèse Des ouvrages marquants par le style, la description, la conception et la pénétration s’échappent de sa plume féconde. Cependant, à quoi songe t-il, ce 2 juillet, longeant avec nostalgie, les berges de la Seine à Chatou, cinq ans après la mort de Flaubert... À l'auberge Fournaise, reconnu, on lui offre un copieux déjeuner, et rassasié, l'écrivain inscrit sur un mur, sous une gueule de chien peinte : « Ami, prend garde à l'eau qui noie, / Sois prudent, reste sur le bord, / Fuis le vin qui donne l'ivresse;/ On souffre trop le lendemain./ Prend surtout garde à la caresse/ Des filles qu'on trouve en chemin... » . Trois ans plus tard, Maupassant écrit ce que d'aucuns considèrent comme le plus abouti de ses romans, Pierre et Jean, en 1887-1888.

 

Son aversion naturelle pour la société ainsi que sa santé fragile le portent vers la retraite, la solitude et la méditation. Il voyage longuement en Algérie, en Italie, en Angleterre, en Bretagne, en Sicile, en Auvergne, et chaque voyage est pour lui synonyme de volumes nouveaux et de reportages pour la presse. Il fait une croisière sur son yacht privé, nommé « Bel-Ami », d’après son roman de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay et Saint-Tropez lui inspire Sur l'eau. Il y aura un « Bel-Ami II ». De ses voyages, il garde une préférence pour la Corse ; il place même le paysan corse au-dessus du paysan normand, car hospitalier… Quoi qu'il en soit, cette vie fiévreuse, ce besoin d'espaces, et souvent pour oublier la maladie qui l'accapare, ne l’empêchent pas de nouer des amitiés parmi les célébrités littéraires de son temps : Alexandre Dumas fils lui voue une affection paternelle. Guy tombe également sous le charme de l’historien et philosophe Hippolyte Taine, lequel habitait pendant l'été sur les bords du lac d'Annecy. Guy de Maupassant, qui se rendait à Aix-les-Bains lui rendit visite quelquefois.

 

S'il reste ami avec Zola et Tourgueniev, en revanche l’amitié de l'écrivain avec les Goncourt dure peu : sa franchise et son regard acéré sur la comédie humaine s’accommodent mal de l’ambiance de commérage, de scandale, de duplicité et de critique envieuse que les deux frères ont créée autour d’eux sous l’apparence d’un salon littéraire à la manière du XVIIIe siècle… La brouille avec les Goncourt commence à propos d'une souscription pour un monument à la gloire de Flaubert.

 
De gauche à droite: Mme Straus, Mme Lippmann née Colette Dumas et Guy de Maupassant, en barque sur le lac Léman,1889 (photographie du comte Primoli).

 

En 1887, récit de ses pérégrinations thermales en Auvergne, parait Mont-Oriol, roman sur le monde des affaires et les médecins, dans lequel Guy de Maupassant, sous l'influence de Paul Bourget, déploie ce qui était une science neuve à l'époque : la psychologie. De même est abordé un antisémitisme de salon, à travers le personnage de William Andermatt dans une œuvre teintée de pessimisme. En février 1887, Maupassant signe avec d'autres artistes la pétition publiée dans Le Temps « contre l’érection […] de l’inutile et monstrueuse Tour Eiffel »

 

Puis sollicité, il finance la construction d'un aéronef qui doit se nommer Le Horla. Le départ a lieu le à l'usine à gaz de La Villette jusqu'en Belgique à l'embouchure de l'Escaut à Heist - puis il voyage en Algérie et en Tunisie. En janvier 1888, Maupassant s'arrête à Marseille et achète le côtre de course Le Zingara, puis il rejoint Cannes à son bord. Bien qu'il soit loin de Paris, Edmond de Goncourt ressasse à son sujet (la même année, son frère Hervé est interné une première fois ; il retombe malade en fin d'année).

 

L'écrivain jette alors ses dernières forces dans l'écriture. En mars 1888, il entame la rédaction de Fort comme la mort qui sera publié en 1889. Le titre de l'œuvre est tiré du Cantique des cantiques : « L’amour est fort comme la mort, et la jalousie est dure comme le sépulcre. » Le soir du 6 mars 1889, Maupassant dine chez la princesse Mathilde. Il y croise le docteur Blanche ainsi qu'Edmond de Goncourt, leurs rapports restent distants. En août 1889, Hervé de Maupassant est de nouveau interné à l'asile de Lyon-Bron. Le 18 août 1889 à Étretat, cherchant à conjurer le sort, Guy donne une fête : Hermine Lecomte du Nouÿ et Blanche Roosevelt figurent parmi les invités qui se font tirer les cartes par une mauresque, puis après une pièce de théâtre, la fête s'achève par une bataille de lances à incendie. Les derniers lampions s'éteignent. Le 20 août, l'écrivain et son valet se mettent en route. Le lendemain, Guy visite Hervé. Celui-ci meurt le à l'âge de trente-trois ans.

 

Durant les dernières années de Maupassant, se développent en lui un amour exagéré pour la solitude, un instinct de conservation maladif, une crainte constante de la mort, et une certaine paranoïa, dus à une probable prédisposition familiale, sa mère étant dépressive et son frère mort fou, mais surtout à la syphilis, contractée pendant ses jeunes années. Maupassant se porte de plus en plus mal, son état physique et mental ne cesse de se dégrader, et ses nombreuses consultations et cures à Plombières-les-Bains, Aix-les-Bains ou Gérardmer n'y changent rien. En mai 1889, Guy de Maupassant commence ce qui restera comme son dernier roman publié : Notre cœur ; racontant les amours contrariés de Michèle de Burne et André Mariolle, cette peinture de mœurs mondaines sans dénouement est d'abord publiée dans la Revue des deux Mondes en mai et juin 1890, puis en volume ce même mois de juin chez Ollendorff et reçoit un accueil favorable. À la mi-juillet Maupassant se rend à Plombières-les-Bains sur les conseils de ses médecins, puis le 29 juillet fait une courte croisière à bord de Bel-Ami II.

 

Un mois plus tard en août 1890, Guy de Maupassant commence L'Âme étrangère, qu'il ne finira jamais. Le 23 novembre 1890, il se rend à Rouen pour l'inauguration du monument Flaubert, aux côtés d'Émile Zola, José-Maria de Heredia et Edmond de Goncourt ; le soir Goncourt note dans son Journal : «... Je suis frappé, ce matin, de la mauvaise mine de Maupassant, du décharnement de sa figure, de son teint briqueté, du caractère marqué, ainsi qu'on dit au théâtre, qu'a pris sa personne, et même de la fixité maladive de son regard. Il ne semble pas destiné à faire de vieux os ». En 1891, il commence un roman, L'Angélus, qu'il n'achève pas non plus. Le 31 décembre, il envoie une lettre d'adieu au docteur Cazalis, ce sont ses dernières lignes : «... Je suis absolument perdu. Je suis même à l'agonie. J'ai un ramollissement du cerveau venu des lavages que j'ai faits avec de l'eau salée dans mes fosses nasales. Il s'est produit dans le cerveau une fermentation de sel et toutes les nuits mon cerveau me coule par le nez et la bouche en une pâte gluante. C'est la mort imminente et je suis fou ! Ma tête bat la campagne. Adieu ami vous ne me reverrez pas !... ».

 

Dans la nuit du 1er janvier au , il fait une tentative de suicide au pistolet (son domestique, François Tassart, avait enlevé les vraies balles). Il casse alors une vitre et tente de s’ouvrir la gorge. Il se fait une plaie peu profonde au côté gauche du cou. On l'interne à Paris le 8 janvier dans la clinique du docteur Blanche, où il meurt de paralysie générale un mois avant son quarante-troisième anniversaire, après dix-huit mois d’inconscience presque totale, le 6 juillet 1893, à onze heures quarante-cinq du matin. Sur l’acte de décès figure la mention « né à Sotteville, près d’Yvetot », ce qui ouvre la polémique sur son lieu de naissance.

 

Le 8 juillet, les obsèques ont lieu à l'église Saint-Pierre-de-Chaillot à Paris. Il est enterré au cimetière du Sud à Paris (26e division). Émile Zola prononce l'oraison funèbre : «... Je ne veux pas dire que sa gloire avait besoin de cette fin tragique, d'un retentissement profond dans les intelligences, mais son souvenir, depuis qu'il a souffert de cette passion affreuse de la douleur et de la mort, a pris en nous je ne sais quelle majesté souverainement triste qui le hausse à la légende des martyrs de la pensée. En dehors de sa gloire d'écrivain, il restera comme un des hommes qui ont été les plus heureux et les plus malheureux de la terre, celui où nous sentons le mieux notre humanité espérer et se briser, le frère adoré, gâté, puis disparu au milieu des larmes... »

 

Quelques jours après l'enterrement, Émile Zola propose à la Société des gens de lettres d'élever un monument à sa mémoire. Le monument fut inauguré le au parc Monceau, Zola prononçant une courte allocution.

 

En 1891, Guy de Maupassant avait confié à José Maria de Heredia : « Je suis entré dans la littérature comme un météore, j’en sortirai comme un coup de foudre ».

Analyse de l'œuvre

 
Buste de Maupassant au parc Monceau à Paris.

Principes esthétiques

Maupassant a défini ses conceptions de l’art narratif en particulier dans la Préface de Pierre et Jean intitulée Le Roman en 1887-1888.

 

Pour lui, le romancier qui doit tout mettre en œuvre « pour produire l’effet qu’il poursuit c’est-à-dire l’émotion de la simple réalité, et pour dégager l’enseignement artistique qu’il en veut tirer, c’est-à-dire la révélation de ce qu’est véritablement l’homme contemporain devant ses yeux », pour lui en effet « les grands artistes sont ceux qui imposent à l’humanité leurs illusions particulières ».

 

Rejetant le roman romantique et sa « vision déformée, surhumaine, poétique » comme le roman symboliste marqué par les excès du psychologisme et de l’écriture artiste, Maupassant adhère à l’idéal d’un « roman objectif » à la recherche du réalisme, mais conscient des limites de ce dernier. Pour lui, « le réalisme est une vision personnelle du monde qu’il (le romancier) cherche à nous communiquer en la reproduisant dans un livre » et pour ce faire le romancier effectue, à partir de sa personnalité, un choix dans le réel. « C’est toujours nous que nous montrons », déclare-t-il comme il affirme que le roman est une composition artistique, « un groupement adroit de petits faits constants d’où se dégagera le sens définitif de l’œuvre ». Maupassant rejette donc également le naturalisme avec sa lourde documentation et avec son ambition démonstratrice d’un réalisme total à la Zola, mais il pratique un réalisme sans exclusive morale vis-à-vis de la réalité sordide comme lors de la mort de Forestier dans Bel-Ami ou la chienne en gésine au chapitre X dans Une vie.

 

Maupassant recherche la sobriété des faits et gestes plutôt que l’explication psychologique, car « la psychologie doit être cachée dans le livre comme elle est cachée en réalité sous les faits dans l’existence ». Cette sobriété s’applique aussi aux descriptions, rompant ainsi fortement avec l’écriture balzacienne. Ce goût pour la densité conduit d’ailleurs Maupassant à privilégier l’art de la nouvelle : il en écrit plus de trois cents et seulement cinq romans, en une décennie il est vrai.

 

Enfin Maupassant rendant hommage à Flaubert reprend la formule de Buffon selon laquelle « le talent est une longue patience » et revendique une « langue claire, logique et nerveuse », opposée à l’écriture artiste des années 1880-1890 qu’illustrent par exemple les frères Goncourt.

Thèmes

 
Boule de suif (1880).

Ils sont liés à la vie quotidienne de son époque et aux différentes expériences de la vie de l’auteur, et bien sûr se combinent les uns aux autres :

  • La Normandie, région natale de Maupassant, tient une place importante dans son œuvre avec ses paysages (campagne, mer ou villes comme Rouen dans Une vie ou Le Havre dans Pierre et Jean) et ses habitants, qu’ils soient paysans (Aux champsToine…), hobereaux et petits notables (Une vie) ou petits bourgeois (Pierre et Jean). Elle ne constitue cependant pas un cadre spatial unique puisque Paris sert de toile de fond au grand roman Bel-Ami qui en montre différents quartiers socialement définis, en particulier pour les milieux mondains et affairistes qu’on retrouve ailleurs dans Fort comme la mort ou Mont Oriol. Le milieu des petits employés de bureau parisiens et des classes populaires est lui plutôt présent dans des nouvelles comme L’Héritage ou La Parure pour les premiers, Une partie de campagne ou Deux amis pour les secondes.
  •  
  • La guerre de 1870 et l’occupation allemande constitue un autre thème important, Maupassant se souvenant des événements vécus dix ou quinze ans plus tôt : Boule de suif, Mademoiselle Fifi, Deux amis, Le Père Milon, La Folle, etc.
  •  
  • Sur le plan humain, Maupassant s’attache particulièrement aux femmes, souvent victimes (Jeanne dans Une vie, Histoire d'une fille de ferme, La Petite Roque, Miss Harriet, etc.) avec une place notable faite à la figure de la prostituée (Boule de suif, Mademoiselle Fifi, La Maison Tellier, etc.). Le thème de la famille et de l’enfant lui est également cher avec souvent la question de la paternité (Pierre et Jean, Boitelle, Aux champs, L’Enfant, En famille, etc.).
  •  
  • Son pessimisme : Dans Le Désespoir philosophique, Maupassant va plus loin encore que Flaubert qui, lui, gardait la foi dans son art. Disciple de Schopenhauer, « le plus grand saccageur de rêves qui ait passé sur terre », il s'en prend à tout ce qui peut inspirer quelque confiance dans la vie. Il nie la Providence, considère Dieu comme « ignorant de ce qu'il fait », attaque la religion comme une duperie ; « l'homme est une bête à peine supérieure aux autres » ; le progrès n'est qu'une chimère. Le spectacle de la bêtise, loin de l'amuser, finira par lui faire horreur. Même l'amitié lui semblera une odieuse tromperie, puisque les hommes sont impénétrables les uns aux autres et voués à la solitude.
  •  
  • Parmi les autres axes majeurs de l’œuvre de Maupassant se trouvent la folie, la dépression et la paranoïa (Le Horla, Lui ?, La Chevelure, Mademoiselle Hermet qui commence par ces mots révélateurs « Les fous m’attirent »…) et aussi la mort et la destruction (Une vie, Bel-Ami, La Petite Roque, Fort comme la mort). L’orientation pessimiste de ces thèmes où l’amour heureux a peu de place trouve cependant parfois un contrepoint dans le thème de l’eau, que ce soit la mer (Une vie, Pierre et Jean), les rivières (Sur l’eau, Mouche, Une partie de Campagne) ou les marais (Amour).

Registres dominants

 
Mademoiselle Fifi (1882)

Le registre réaliste est constant avec le choix des détails de la vie quotidienne, le comportement des personnages et les effets de langue pittoresque, mais le registre fantastique marque fortement certaines œuvres lorsque l’irréel est présenté comme un réel possible en exploitant souvent le thème de la folie (La Chevelure, La Tombe, Le Horla…).

Parallèlement le registre dramatique l’emporte souvent avec la présence de la menace (la folie dans Le Horla, les angoisses devant la mort de Bel-Ami…) ou de la disparition (le viol et l’assassinat de la petite Roque, la séparation dans Boitelle, morts accumulées dans Une vie, suicide de Miss Harriet…). Ce regard pessimiste et angoissé sur les hommes et sur la vie, comme une vision souvent noire des rapports sociaux et personnels, permet même de parler de registre tragique dans certains cas comme La Folle ou Le Père Amable.

Néanmoins le registre comique n’est pas absent même s’il est souvent grinçant. Il concerne aussi bien le comique de mots de gestes que de caractères avec les caricatures paysannes (« La Ficelle », « La Bête à Maît’ Belhomme ») ou le personnage du mari trompé et ignorant sa situation dans Pierre et Jean, et en atteignant aussi au comique de mœurs à propos du monde des employés (L’Héritage) ou des arrivistes bourgeois comme dans Bel-Ami où se confondent par exemple jeux amoureux et trafics financiers.

L’association de ces différents registres donne une coloration repérable à l’œuvre de Maupassant qu’accroît encore un style propre marqué par la densité que reflète la place prépondérante des nouvelles dans la production de l’auteur.

Procédés stylistiques et narratifs

 
Pierre et Jean

L’art de Maupassant est fait d’équilibre entre le récit des péripéties, les descriptions limitées et fonctionnelles, et le jeu entre discours direct / discours indirect / discours indirect libre. Il est aussi marqué par l’utilisation de phrases plutôt courtes avec une ponctuation expressive et de paragraphes eux aussi plutôt courts, voire très courts, qui donnent une mise en page aérée. La langue, quant à elle, est soutenue dans le récit et dynamique dans le discours direct, recherchant même le pittoresque en transcrivant les paroles des personnages populaires. Illustration – extrait (au dialogue abrégé) de Pierre et Jean (chap. 8) :

« Alors il s’étendit tout habillé sur son lit et rêvassa jusqu’au jour.
Vers neuf heures il sortit pour s’assurer si l’exécution de son projet était possible. Puis, après quelques démarches et quelques visites, il se rendit à la maison de ses parents. Sa mère l’attendait enfermée dans sa chambre. [...] La voix de la bonne sortit des profondeurs du sous-sol :
— V’la, M’sieu, qué qui faut ?
— Où est Madame ?
— Madame est en haut avec M’sieu Jean ! [...]
— Tiens, te voilà, toi ! Tu t’embêtes déjà dans ton logis.
— Non, père, mais j’avais à causer avec maman ce matin.
Jean s’avança, la main ouverte, et quand il sentit se refermer sur ses doigts l’étreinte paternelle du vieillard, une émotion bizarre et imprévue le crispa, l’émotion des séparations et des adieux sans espoir de retour. »

En ce qui concerne l’organisation du récit, Maupassant utilise le plus souvent une narration linéaire avec éventuellement quelques retours en arrière explicatifs limités (dans Bel-Ami par exemple).

Si les romans sont classiquement à la troisième personne avec un point de vue omniscient dominant, les nouvelles présentent une grande diversité narrative qui joue avec les différentes focalisations et les différents narrateurs. On peut repérer en effet des récits à la troisième personne destinés directement au lecteur (Une partie de campagne, Aux champs, Deux amis, Mademoiselle Fifi, Boule de suif) et des récits à la première personne dans lesquels le narrateur, témoin, acteur principal ou secondaire, raconte un souvenir présenté comme personnel (Un réveillonMon oncle Sosthène, Qui sait ?). Il peut aussi s’adresser à un auditoire (collectif ou individualisé) et raconter un événement de sa vie (Conte de Noël, Apparition, La Main), ce qui justifie l’appellation de conte parfois utilisée par Maupassant, comme pour les récits à la première personne enchâssés dans un récit plus vaste où un personnage raconte au narrateur principal souvent quasi implicite ou en prenant la parole devant un auditoire, une histoire qui lui a été racontée précédemment (La Rempailleuse) ou à laquelle il a pris part (la Main, La Petite Roque) ; ce récit se présentant parfois sous l’aspect d’un manuscrit (La Chevelure) ou d’une lettre (Lui ?).

Ainsi la richesse des thèmes abordés, la vision personnelle du monde qui s’en dégage et la maîtrise de l’art d’écrire placent Guy de Maupassant aux premiers rangs des prosateurs du XIXe siècle ; il demeure en particulier le plus marquant des auteurs de nouvelles de la littérature française.

Œuvre

Maupassant a publié certains textes sous pseudonymes :

  • Joseph Prunier, pour son premier conte, La Main d’écorché en 1875 ;
  • Guy de Valmont pour Gustave Flaubert en 1876. Il utilisa ce pseudonyme jusqu’en 1878 ;
  • Chaudrons-du-diable, qu'il utilisa pour signer en 1880 la chronique Étretat dans la revue Le Gaulois du 20 août 188064.
  • Maufrigneuse, qu’il utilisa de 1881 à 1885 pour signer ses chroniques ou nouvelles - dont la Lettre d'un fou - dans Gil Blas, étant sous contrat avec la revue Le Gaulois. Le choix de ce pseudonyme vient du personnage de Diane de Maufrigneuse, dans La Comédie humaine de Balzac.

Romans

Nouvelles et contes

Maupassant a écrit chaque semaine pendant presque dix ans dans les journaux Le Gaulois et Gil Blas ; on peut donc estimer le nombre de chroniques, nouvelles ou contes à près de mille

Recueils de nouvelles

Posthumes

Les éditions Lucien Souny ont édité en 2008 un recueil de nouvelles, Coquineries, dans lequel se trouvent quelques textes inédits provenant des collections d'une université américaine, de Claude Seignolle et d'un amateur anonyme.

Théâtre

 
Jean Béraud, Les Grands Boulevards : Le théâtre des Variétés (années 1880-90)
  • Histoire du vieux temps (1879)
  • Une répétition (1880)
  • Musotte (1891)
  • La Paix du ménage (1893)
  • À la feuille de rose, maison turque, comédie représentée en 1875 et publiée pour la première fois à Paris en 1945
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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 18:07

Philip Roth est un écrivain américain né le  19  mars 1933  à Newark, dans le New Jersey. Il vit aujourd’hui dans le Connecticut.

 

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Biographie

Jeunesse et formationimagesvb

 

Petit-fils d'immigrés juifs originaires de Galicie arrivés aux États-Unis au tournant du XXe siècle, fils d'un agent d'assurances chez Metropolitan Life Insurance Company, le jeune Philip a une enfance heureuse à Weequahic (en), quartier de la petite classe moyenne juive de Newark, qui sera la scène principale d'un grand nombre de ses livres.

 

Après des études à l'université Rutgers de Newark, à l'université Bucknell en Pennsylvanie, puis à l'université de Chicago, il y enseigne les lettres, puis la composition à l'université de l'Iowa jusqu'au début des années 1960, lorsqu'il s'établit à New York pour se consacrer à l'écriture. Il reprendra ses activités d'enseignant de manière intermittente, en littérature comparée, à Princeton et l'université de Pennsylvanie, jusqu'en 1992.

Débuts littérairesimagesyu

 

Les influences les plus fortes sur l'écriture de Philip Roth sont les réalistes du XIXe siècle, particulièrement Henry James et Gustave Flaubert, les grands romanciers juifs-américains de la génération précédente, Saul Bellow et Bernard Malamud , ainsi que les humoristes du circuit des cabarets de New York et des hôtels de Catskill, berceau de l'humour Borscht Belt, où Henny Youngman (en), Lenny Bruce et autres Woody Allen firent leurs débuts.

  Roth publie avec succès un premier recueil de nouvelles, Goodbye, ColumbusROTH Good Bye038, en 1959.

Dix ans plus tard, il obtient une célébrité phénoménale avec la publication de

 

Portnoy et son complexeimagesJYH3BY2S, roman comique en forme de monologue d'un jeune avocat juif traumatisé par une mère à l'amour étouffant sur le divan de son psychanalyste. Satires vives et crues des mœurs de la petite bourgeoisie juive-américaine, ces deux livres suscitent la controverse au sein de la communauté juive, et valent à l'auteur d'être considéré comme l'« enfant terrible » du roman juif-américain jusqu'aux années 1990. Roth reviendra avec humour sur les attaques de ses plus virulents détracteurs dans son autobiographie Les Faits, et dans les premiers romans du « cycle Zuckerman », L'Écrivain des ombres, Zuckerman délivré et La Leçon d'anatomie, qui transposent ses débuts d'écrivain par le biais de son double fictionnel de prédilection, Nathan Zuckerman, auteur du scandaleux Carnovsky, qui n'est pas sans faire penser à Portnoy et son complexe.

Années 1970

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Au début des années 1970, Roth s'essaie successivement à la satire politique (dans Tricard Dixon et ses copains), à la parodie kafkaïenne (dans Le Sein)imagesFMLVJ6TW et à la fable postmoderniste (dans Le Grand Roman américain)imagesR0DCYS0W, avant de revenir à un registre intimiste, avec Ma vie d'homme (1974Ma vie d'Homme), et à l'alliage ambigu d'autobiographie et de fantaisie romanesque qui faisait toute la réussite de Portnoy et son complexe et qui, dans Operation Shylock (1993)images46ZGN4SE, puis dans Le Complot contre l'Amérique (2004imagesLKCZG61Y), l'imposera comme le maître de l'autofiction contemporaine.

Se prenant de passion pour Franz Kafka, il se rend régulièrement à Prague où il se lie aux dissidents et romanciers tchèques, parmi lesquels Milan Kundera et Ivan Klíma, ce qui lui vaut d'être interdit de séjour en Tchécoslovaquie en 1975. L'épisode inspirera l'intrigue de L'Orgie de Prague (1985), et Roth contribuera néanmoins à faire découvrir ces écrivains ainsi que d'autres romanciers d'Europe de l'Est, tel que Bruno Schulz, dans le monde anglophone en tant que directeur de collection pour les éditions Penguin.images4VN6JG8S

Années 1980 et 1990

 

Jusqu'au milieu des années 1980, Roth partage sa vie entre les États-Unis et Londres, avec sa compagne, l'actrice britannique Claire Bloom. Il livre les sentiments mêlés que lui inspire la société anglaise dans La Contrevie (1986) et Tromperie, et rédige deux livres autobiographiques, Les Faits, et Patrimoine (1991) qui conte la dernière année de la vie de son père, Herman.

Ayant renoué avec le succès critique et commercial grâce à son livre Le Théâtre deimagesKVI02GPJ Sabbath (1995), portrait crépusculaire, cocasse et bouleversant d'un vieux marionnettiste nihiliste et lubrique, Roth entame l'une des périodes les plus prolifiques de son œuvre, et lui donne, depuis Pastorale américaine (1997)Pastorale américaine, une inflexion historique, pour se pencher sur quelques-uns des grands moments de crise de la gauche américaine au XXe siècle et l'histoire de l'acculturation des Juifs originaires d'Europe de l'Est aux États-Unis.

Dernier roman

En octobre 2012, il annonce, lors d'un entretien avec Nelly Kaprièlian pour Les Inrockuptibles, qu'il arrête l'écriture et que Némésis restera comme son dernier romanROTH Nemesis042ROTH Nemesis043

Œuvre

Thématiques

 

Comme celle de Thomas Wolfe, lecture qui le marqua quand il était adolescent, l'œuvre de Philip Roth forme une vaste fresque à la lisière de la fiction et de l'autobiographie, qui traite dans une prose aux qualités uniques d'ironie et de clairvoyance des thèmes aussi puissants que les tumultes de la sexualité et de la psychologie masculines, le poids de l'Histoire et de l'héritage, la hantise de la désagrégation du corps et de la mort, et la place du judaïsme et de la littérature dans la civilisation occidentale.

 

Notoriété et reconnaissance critique

 

Philip Roth accède à la reconnaissance internationale avec le recueil de nouvelles Goodbye, ColumbusROTH Good Bye038ROTH Good Bye039, qui remporte le National Book Award en 1960, et grâce à son best-seller Portnoy et son complexeimagesJYH3BY2S(Portnoy's Complaint), paru en 1969. Son œuvre est notamment dédiée à son personnage et alter ego Nathan ZuckermanROTH Zuckerman enchaîné050ROTH Zuckerman enchaîné051 (en), dont le cycle débute avec L'Écrivain des ombres (Ghost Writer, 1979)The Ghost writer et s'achève avec Exit le fantôme en 2007. Les romans de Zuckerman comptent neuf volumes, notamment les trois romans universellement célébrés de la « trilogie américaine » : Pastorale américaine (American Pastoral, 1997) qui remporte le prix PulitzerROTH Pastorale américaine046ROTH Pastorale américaine047 ; J'ai épousé un communiste (I Married a Communist, 1998ROTH J'ai épousé un Communiste044ROTH J'ai épousé un Communiste045; et La Tache (The Human Stain, 2000), couronné du PEN/Faulkner AwardROTH La Tache040ROTH La Tache041. Auteur de vingt-huit romans, Philip Roth a également été acclamé pour Opération Shylock (Operation Shylock, 1993)images46ZGN4SE et Le Complot contre l'Amérique (The Plot Against America, 2004).imagesLKCZG61Y

  Cité par le célèbre critique Harold Bloom parmi les quatre principaux auteurs américains vivants, avec Cormac McCarthy, Don DeLillo et Thomas Pynchon, il est avec ces deux derniers l'un des principaux représentants du courant postmoderne, mais son œuvre variée ne s'y résume pas. Adoptant un style satirique aussi bien que plus sérieux, mêlant souvent à ses romans des aspects autobiographiques, parfois même de façon avouée comme dans Tromperie (Deception, 1990) et Opération Shylock, Philip Roth est célébré comme l'un des grands auteurs juifs américains avec Saul Bellow et Bernard Malamud, identité qui nourrit souvent ses intrigues sur un ton humoristique (Portnoy et son complexe), et dans lequel évoluent le plus souvent ses personnages (à commencer par Nathan Zuckerman).

 

La réflexion de Roth sur l'identité américaine, notamment à travers l'histoire des années 1940 à 1960, nourrit ses œuvres les plus récentes (Pastorale américaine, Le Complot contre l'Amérique). Philip Roth est souvent cité parmi les favoris du prix Nobel de littérature, mais ne l'a pour l'instant pas reçu, fait qualifié d'anomalie par diverses autorités comme le New York Times ou encore Toni Morrison, dernier lauréat américain. Philip Roth est enfin le seul auteur américain vivant à voir son œuvre faire l'objet d'une édition par la Library of America imagesu , ce qui n'est arrivé que deux fois par le passé, avec Eudora Welty et Saul Bellow ; la publication des huit volumes devrait s'achever à l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de l'écrivain, en 2013.

Prix et récompenses

Distinction

PublicationsEl animal moribundo

Cycle Nathan Zuckerman

Première apparition de Nathan Zuckerman dans My Life as a Man, 1974, trad. Georges Magnane Ma vie d'homme, 1976

  • The Ghost Writer, 1979The Ghost writer
    • trad. Henri Robillot : L'Écrivain des ombres, 1981 ; rééd. L'Écrivain fantôme in Zuckerman enchaîné, 1987
  • Zuckerman Unbound, 1981
  • The Anatomy Lesson, 1983
  • The Prague Orgy, 1985
    • trad. Henri Robillot et Jean-Pierre Carasso : L'Orgie de Prague in Zuckerman enchaîné, 1987

Les quatre romans ci-dessus sont réunis dans Zuckerman Bound (Zuckerman enchaîné), trilogie et épilogue.

Cycle David Kepesh

Cycle Nemesis

  • Everyman, 2006
  • Indignation, 2008Indignation
  • The Humbling, 2009
  • Nemesis, 2010 Ce sera son dernier roman
    • trad. Marie-Claire Pasquier : Némésis, 2012

Autres romans

Mémoires et essais

Recueil de nouvelles

Bibliographie critique

Wikipedia

En septembre 2012, Philip Roth écrit une lettre ouverte à Wikipedia (anglophone) après que lui a été refusé d'ajouter, à la notice le concernant, des informations pour lesquelles il n'existait pas de source publiée . Cette tribune constituant une source pour ses dires, ces derniers ont été reportés dans l'article à parution].

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Voici le dernier roman de Philippe ROTH, NEMESIS, Publié en français en 2012 par Gallimard. Voir ci-dessous

Philipp ROTH, le Zuckerman de Newark
Philipp ROTH, le Zuckerman de Newark
Philipp ROTH, le Zuckerman de Newark
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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 07:44

Commémoration"Nous écrivons tous en sachant que nous sommes battus avant le départ. Et lorsque toutes ces "créations" auront été finalement lues et digérées, les hommes continueront à s'étripailler comme par le passé. Nul auteur, fut-il le plus grand, n'a jamais pu échapper à ce fait".

Miller a 39 ans. physiquement il avait un type nettement mongol: au repos ses traits étaient ceux d'un mandarin. A part une frange de cheveux grisonnants qui lui faisaient une auréole, il était complètement chauve; son crâne brillait comme du mica. Ses yeux, deux fentes obliques, étaient parfaitement chinois. D'une couleur vert de mer, Ils vous transperçaient à travers de grosses lunettes d'écaille. Il avit un regrad où s'alliait une malice bienveillante et une sorte de bonté inhumaine. Maigre et noueux, il paraissait assez grand; il avait la démarche jeune et souple du dieu Pan

 Henry Miller parlui-même 2


 

 

Henry Miller à 8 ans et à 80 ans

Henry Miller à 8 ansA 80 ans-1

 

En 1891, il naît dans le quartier de Yorkville, à Manhattan, New-York, , au-dessus d'un bar, au 450 de la 85e rue, le 26 décembre (Capricorne), de parents américains, tous deux, les Miller et les Insel, d'ascendance allemande. Les deux grand-pères ayant émigré pour échapper au service militaire. Heinrich Müller était de Hanovre et américanisa son nom en Miller. Son épouse Barbara Kropf était originaire de Hesser-Darmstadt. Le père d'Henry est Tailleur. Déménagement et installation à Brooklyn la même année, au 662 de Driggs avenue, dans un quartier appelé Williamsburg. C'est donc là qu'Henry deviendra le légendaire gamin de Brooklyn.

Avant d'aller à l'école, Henry parlera exclusivement l'allemand.

Maison d'Henry Miller à BrooklynLa amison des Miller ne briques rouges, dominait les autres, plus basses, alignées de chaque côté de l'avenue. Lorsqu'on lui mettait son petit costume à la Lord Fauntleroy, un lacet autour du coui, il n'osait pas mettre le nez dehors. Il passait la plupart de son temps dans des pièces impeccablement propres et bien rangées

  La famille avec sa soeur Lauretta, née en 1895 (handicapée mentale)

Miller à Brooklyn Ses parents et sa soeur LaurettaHenry en classe terminale de l'Ecole de Brooklyn, le 3e en bas en commençant par la gauche(Fléché.

Il avait neuf ans, quand il prit conscience que Lauretta, sa petite soeur, était simple d'esprit. Sa premièrerébellion date de la même époque: il déclara à ses parents qu'il ne voulait pas être tailleur comme son père mis pilote fluvial;

Henry avait parfois un comportement d'une surprenante sauvagerie. En octobre 1902, il fut renvoyé de l'école primaire. Il n'avait que ouze ans. Motifs de l'expulsion; "élève incorrigible, n'assiste pas aux cours, se conduit comme un indien sauvage..." Il avait beau être le meilleur élève de sa classe, il exaspérait ses maîtres avec ses bouffonneries

en 3e année-copie-1

1907 Premier amour avec Cora Seward au Lycée du secteur Est, Brooklyn.Miller à Brooklyn 001-1

 

"Un jour, il rencontra  au Lycée une jeune-fille nommée Cora Seward qui semblait pouvoir satisfaire à merveille son besoin d'absolu. Elle avait un physique parfait: des seins sublimement accrochés, une bouche divinement sensuelle, des pommettes colorées. Mais en même temps aimer une femme parfaite était complètement paralysant. Elle était romantique, lointaine. Ses yeux bleus pareils à de la porcelaine faisaient penser à des icebergs caressés par la lumière du Grand Nord. En conséquence, il se bornait à l'adorer à distance, errant dans les rues de Greenpoint qu'elle fréquentait. Au cours du printemps  1909, il l'emmena plusieurs fois au théâtre. De temps en temps il la retrouvait dans une surprise-partie. Chaque fois qu'il l'invitait à danser, il avait les jambes en coton. Quand il se mettait au piano pour faire une démonstration, Cora n'était jamais dans le groupe des admiratrices qui se pressaient derrière lui Visiblement entre eux quelque chose ne collait pas..."(Jay Martin)

 

Broadway à l'époque de l'enfance de MillerBroadway2-1Jour de Marché dans la 5e avenueUn marché New-Yorkais

1909. Université municipale de New-York. Renonce au bout de deux mois, par révolte contre les méthodes pédagogiques. Entre à la Société des clients Atlas de Portland. Début d'une période de discipline athlétique rigoureuse, qui durera sept ans.

 

1910. Début d'une liaison avec sa première maîtresse Pauline Chouteau, de Phoebus (Virginie) "assez vieille pour être ma mère". Pauline fut pour lui à la fois une vraie mère et une parfaite maîtresse. Elle était toujours disposée à lui prodiger des caresses. Sa mère au contraire, n'avait jamais voulu l'aimer comme il était; son affection n'était jamais acquise: il devait toujours faire des efforts pour la mériter

 

1913. Voyage dans l'Ouest. Travaille dans un ranch pour tenter de rompre avec la vie citadine. A San Diego, rencontre la célèbre anarchiste Emma Goldmann-tournant capital de son existence. Elle a 45 ans. Née russe, cette femme remrquable avait émigré en 1886. C'est elle qui avait soutenu Alexandre Berkman dans sa tentative d'assassinat du magnat de l'acier" Frick". Grâce à ses écrits et ses harangues, par l'action de sa revue "Mother Earth", sa réputation s'était fortement établie parmi les milieux anarchistes américains. Niant toute autorité, suffragette et partisan du contrôle des naissances, réclamant l'abolition du service militaire, elle soulevait les auditoires de sa parole enflammée. Enfermée, pour pacifisme pendant la guerre, puis expulsée des Etats-Unis en 1919, on la retrouvera en Russie, puis en France où elle se réfugiera, car , déçue par le Paradis qu'elle avit cru découvrir  au Pays soviétique et l'ayant clamé hautement, elle devra fuir, désabusée.. Elle mourra en France en 1940, laissant un livre, "My Disillusionment in Russia" et le souvenir de sa forte personnalité.On comprend que Miller qui est alors âgé de vingt- et- un ans et qui a déjà fait la lourde expérience de la vie dans une ferme californienne comme ouvrier agricole, qui d'autre part veut pour la société une forme d'existence analogue à celle qu'il désire pour l'individu-une mystique aux couleurs de l'anarchie, se sente attiré par cette femme passionnée. Ellel'entretiet dans cette conviction déjà puisée chez Emerson, Thoreau et Whitman que seul compte l'individu et la recherhe de son moi

 

1914. De retour à New-York. Travaille dans la boutique de tailleur de son père; essaie de remettre l'affaire aux mains des employés. Fait la connaissance de Frank Harris : premiers rapports avec un grand écrivain.Harris habitait Washington Square.

"Et j'ai rencontré des gens célèbres, un qui m'a beaucoup encouragé. Un jour qui je vois entrer, à ma grande surprise? Frank Harris et il voulait des costumes. Mon père naturellement, n'avait jamais entendu parler de Frank Harris et j'étais fou de lui, mais moi j'avais dejà lu et j'étais fou de joie, voyez, de le rencontrer. Et mon  père...eh bien mon père, il n'avait rien à foutre des artistes. Il pensait qu'ils étaient tous cinglés et sans argent et tout. Frank Harris voulait un costume pour aller sur un Yacht. Un tissu léger, gai, et mon père lui montre du tissu avec de larges rayures comme en porterait un chanteur comique pour se déguiser en nègre. Fank Harris s'est mis à rire et mon père dit: "Vous êtes un écrivain, vous savez, vous êtes un bohême" Vous vous rendez compte..."

1917 Epouse Beatrice Sylvas Wickens, de Brooklyn. Pianiste.. Henry Miller jouait du piano depuis l'enfance mais il s'était remis à l'étudier et à le pratiquer sérieusement. En 1915, une rencontre avec une jeune et jolie pianiste de Brooklyn, Béatrice, détermina cette nouvelle vocation. Elle vivait dans la 9e rue, à l'orée du quartier chéri de son enfance; ce n'était peut-être pas une pianiste accomplie mais ses posibilités impressionnaient Miller. Sa technique était parfaite. Elle aimait jouer Liszt, Stravinsky et Schoenberg. Il l'épouse alors que les Etats-Uns entrent en guerre et reprend son métier de tailleur


Pendant la guerre, Miller sera successivement plongeur, vendeur de journaux, éboueur, conducteur de trolley-bus, groom, dactylographe, barman, opérateur de machine à calculer, docker, professeur d'éducation physique, rédacteur dans ue agence de publicité, éditeur, libraire, statisticien, garagiste, coursier d'assurance, pompiste

 

1919. Père d'une fille, Barbara Sylvas, aujour'hui Barbara Sandford.

 

1920. Après avoir été plusieurs mois porteur de télégrammes, devient chef de l'embauche et du personnel à la Western Union. New-York.

1922 Ecrit son premier livre Clipped Wings (Les ailes rognées) au cours de trois semaines de vacances.

1923. Tombe amoureux de June Edith  Smith, (La MONA  de le Crucifixion en rose) rencontrée au dancing Wilson de Brooklyn où elle travaille comme entraîneuse." Une entraîneuse divine, drapée comme une reine, fatale, mystérieuse, avec un visage lunaire digne des peintres Renoir ou Rouault. Quelle aisance, quel corps. C'était une créature à la fois onirique, opiacée et animale. Slave peut-être, ou Tzigane. D'une voix langoureuse, elle lui déclara qu'elle voulait faire sa connaissance depuis longtemps. Etait-il vrai qu'il aimait Strindberg?"(extrait du livre de Jay Martin "Toujours vif et joyeux La vie de Henri Miller chez Buchet-Chastel.)June Editg Smith, la Mona de MIller, celle des Tropiques et de la Crucufixion en RoseUNEMona-JuneGilles Plazy Mona, l'Ange noir de Henry MillerDe Gilles Plazy:"

Elle lui est apparue dans un dancing où elle était appointée pour entraîner les hommes à la danse. Elle était belle bien sûr, fascinante, parce que fragile et dangereuse.
Elle prenait apparemment la vie à la légère et, pourtant, la vivait gravement. Elle aimait comme lui, Dostoïevski, Strindberg et Knut Hamsun. Elle était convaincue qu'il serait, lui aussi, un grand écrivain. Pour cela, elle était prête à l'entretenir, quitte à faire quelques entorses à la morale et à la fidélité.
Miller a raconté cette histoire dans les trois volumes de la Crucifixion en rose (Sexus, Plexus et Nexus) Une histoire d'amour, de passion, de jalousie, de misère, de littérature, dans l'Amérique de la prohibition.

Elle c'était JUNE. Mais elle se faisait appeler MONA. Il lui a gardé ce nom pour en faire un des plus extraordinaires personnages de la littérature du XXe siècle. C'est ainsi qu'elle rayonne au coeur de son oeuvre, comme elle a flamboyé dans sa vie.
Dans toute la beauté  d'un ange noir, auquel il dut sa mort et sa résurrection. Car l'écrivain Henry Miller est né de cette formidable, douloureuse et lumineuse expérience

 
1924. Quitte la Western Union, résolu à ne plus jamais reprendre de situation et de consacrer toute son énergie à écrire. Divorce d'avec sa première femme pour épouser June.

1925. Commence pour de bon sa carrière d'écrivain, dans une extrême pauvreté. Fait du porte à porte pour vendre ses poèmes en prose, Mezzotints (Estampes).

1927. Ouvre un speak easy à Greenwich Village. Tout en travaillant au service des jardins publics du Queens, accumule des notes pour un cycle complet de romans autobiographiques, le tout en 24 heures. Expose des aquarelles à la Taverne Romaine de June Mansfield, Greenwich Village.

1928. Voyage en Europe avec June, grâce à l'argent d'un de ses admirateurs. Première viste de Miller à Paris

  "June connaissait Paris "Dans le taxi, au coin du Boulevard Saint-Germain et de la rue Bonaparte, il aperçut le Café des  Deux-Magots. Il eut tout à coup le sentiment que l'histoire de la Littérature contemporaine était à sa portée. leur destination: Hôtel de Paris, 224 rue Bonaparte" (Jay Martin). au mois de mai, unmois après leur arrivée à Paris, ils décident de faire une tournée en Europe: le Nord de la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche. Ils poussèrent jusqu'à Budapest et Czernowitz, d'où la famille de June était originaire. Refoulés à la frontière russe, ils regagnent Paris par la Tchécoslovaquie et la Bavière. Vienne totalement décevant pour Miller "la glorieuse Vienne d'antan, cité des rêves romantiques, n'existe plus...Vienne est une morgue..". Ils détestèrent la Pologne et la Tchécoslovaquie, à l'exclusion de Prague. Périple de deux mois. retour à Paris. Miller décide alors de faire un tour de France et d'Espagne à bicyclette. Et c'est Lyon, Vienne en Drôme, Avignon,Tarascon (Daudet), Arles (Van Gogh) Nîmes, Marseille. Ensuite direction Nice et Eze-sur-Mer où Nietzsche a écrit"Ainsi parlait Zarathoustra". Trois semaines à Nice.Voyage entrepris avec le peintre Zadkine. Retour à Paris. Embarquement pour Londres, après une soirée mémorable avec Zadkine

 

1929.Le 29 janvier, retour à New-York. Termine un roman "The Gentile World" (Ce monde païen).

1930, quitte New-York, seul avec 10 dollars en poche pour Londres, pour Paris(2e séjour). Séjourne chez Richard Osborn, rue Bartholdi.. Retrouve Alfred Perlès et fait la connaissance de Zadkine, BrassaÏ et Fraenkel.."Alfred Perlè lui présenta Brassaï, un photohraphe hongrois, qui devint aussitôt un ami et un nouveau guide parisien. Avec lui il découvrira le côté sordide de Pigalle, les maisons closes de la rue Blondel, Chez Jean,rue Victor Vasse, où avaient lieu des expositions de photographies spéciales, la sodomie vue sous tous les angles. Miller servira même de modèle qui se faisait de l'argent de poche en vendant des clichés pornographiques aux touristes. BrassaÏ était un compagnon chaleureux, cultivé, jovial, aimant la plaisanterie"(Jay Martin)

1931 "Rencontre d'Anaïs Nin (alias Anaïs Guiler dont le mari était vice-président  de la National City Bank) à Louveciennes (Ils vont devenir amants). Elle venait de réaliser sa monographie sur D-H Lawrence. Elle était la fille de Joachil Nin, un compositeu et pianiste espagnol qui avait épousé Rosa Culmelle, une chanteuse danoise. Ils s'étaient rencontrés à Cube et mariés aussitôt. Leur fille née à Neuilly en février 1903 fut appelée Joana Edelmira Antonina Rosa y Castellano, conformément à la tradition catholique espagnole. Pour des raisosn pratiques, ses parents l'appelaient Anaïs, un prénom d'origine grecque. Elle avait onze ans quand ses parents se séparèrent. Confiée à la garde de as mère, elle s'était installée à New-York....

Miller accepta non sans appréhension une invitation à dîner chez les Guiler. Ils vivaient à Louveciennes, à l'ouest de Paris. La demeure des Guiler était une annexe de la propriété de la légendaire Madame Dubarry. Devant la maison, un jardin partiellement laissé à l'état sauvage, très romantique,  semblait attester du conflit permanent entre la nature et la civilisation. La maîtresse de maison avait calculé avec soin tous les effets qu'elle voulait donner: dans l'entrée, un lampadaire en filigrane et  strucrure de bronze, de facture arabe, donnait un savant éclairage romantique, à dominante rose. La maison était meublée dans le style arabe: abricotiers et pêchers en fleurs, chartes astrologiques, tableaux représentant des scènes exotiques, plats en cuivre martelé-le tout baignant dans une lumière à dominante mauve. Sur des tables basses, des coupes remplies de pierres étranges. Une immense bibliothèque en bois sculpté dont les rayonnages peints en noir étaient garnis de volumes écrits en allemand, français, espagnol et anglais, notamment toute la littérature concernant William Blake, la psychanalyse, et de somptueux ouvrages d'art illustrés. Dans son ensemble, Miller trouva que la maison ressemblait à un immense coffret à bijoux..
Le mari était un homme tranquille, voire puéril sous certains aspects. Selon Miller il était dépourvu de toute vie intérieure" (Jay Martin)

Commence à écrire Tropique du Cancer. Correcteur au Chicago Tribune pour peu de temps. Devient répétiteur d'anglais au Lycée Carnot de Dijon, pendant l'hiver 1931-32Anaïs NIN 001-copie-1Anaïs Nin Ecrivain (Anaïs GUILER ) Le Journal d'Anaïs NINTropique du Cancer Folio

Anaïs NIN 002


Extraits du Journal d'Anaïs NIN:

 

Hiver 1931-32

"Quand j'ai vu Henry Miller s'approcher de la porte, j'ai fermé las yeux un instant pour le voir d'un oeil intérieur. Il était chaleureux, joyeux, détendu, naturel
Il passerait inaperçu dans la foule. Il est svelte, maigre, pas très grand. Il a un air de moine bouddhiste, un moine à la peau rose avec un crâne presque chauve auréolé de cheveux argentés, et des lèvres pleines et sensuelles Ses yeux bleus sont froids et inquisiteurs, mais sa bouche a quelquechose de vulnérable. Son rire est contagieux et sa voix caressante, chaude comme la voix d'un noir.

Je l'ai trouvé tellement différent de ses écrits violents, de ses caricatures, de ses farces rabelaisiennes, de tous ses emportements. Son sourire au coin de l'oeil a quelque chose de clowmesque. Les inflexions de sa voix font penser à un ronronnement de plaisir. C'est un homme intoxiqué par la vie, qui n'a nul besoin de boire, qui flotte dans une euphorie créée par lui-même

Février 1932; "Henry m'a dit qu'il était d'ascendance allemande. Moi je le vois comme un slave, ou est-ce l'influence de Dostoïevski? Il a la sentimentalité d'un allemand. Il passe de la sentimentalité à la dureté. Son imagination est germanique et son oeuvre me fait penser à George Grosz. Il a du goût pour la laideur. Il aime la vulgarité, l'argot, les quartiers apaches, la crasse, la bagarre, les bas-fonds de toute chose; il aime  les odeurs de choux, de ragoût, les relents de misère et de prostitution.
Les lettres d'Henry me donnent un sentiment de plénitude très rare. Elles sont extraordinaires. J'y réponds avec énormément de plaisir mais leur volume me submerge. J'ai à peine envoyé une réponse que la suivante arrive. Commentaires sur Proust, liste de livres, descriptions, humeurs, sa vie, sa sexualité infatiguable, la manière dont il se trouve mêlé sans cesse à un tas de choses et d'évènements. trop de choses à mon avis et mal digérées. Rien d'étonnant à ce que Proust l'émerveille. Rien d'étonnant à ce que je le regarde vivre en sachant que je ne pourrais vivre ainsi, car il me faut le temps de comprendre ce que je vis..."

 

Anaïs Nin, Henry Miller et Jean Varda

Henry Miller. Anaïs Nin et Jean Varda, l'oncle d'Agnès VardaJean  ou Yanco VARDA est l'oncle d'Agnés Varda qui a réalisé un film sur lui en 1967, "Oncle Yanko". Plasticien,né à Izmir en1893 et décédé en 1971. Quitte New-York pour Big Sur et devient le voisin de Miller. Après il emménagera à Monterey à 60 miles d'Henry Miller. Lié au jeune mouvement américain, il reçoit des hippes sur son bâteau-maison

1933 Partage un appartement avec Alfred Perlès à Clichy et viste le Luxembourg en sa compagnie.. Alfred Perlès qui est devenu le biographe de Miller, d'origine autrichienne deavit d'abord écrire en français deux romans "Sentiments limitrophes en 1935 et "Le Quatuor en Re majeur" en 1938Perlès 1Perlès 2

Epoque du "Printemps Noir", extrêmement fertile et joyeuse. Commence un livre sur D.H Lawrence, resté inachevé. Visite et bref séjour de June, qui repart en demandant le divorce.June a une liaison avec une certaine Jane, entre autresPrintemps Noir

LawrenceMiller avait une vraie passion pour D.H Lawrence, un de ses auteurs préférés avec Knut Hamsun, Joseph Conrad et Blaise Cendrars

1934. S'installe au 18 Villa Seurat,à Paris, le jour même où paraît Tropique du Cancer. Moment décisif. Le manuscrit original, réécrit trois fois, était trois fois plus long que l'oeuvre publiée. Divorce d'avec June prononcé à Mexico, par procuration. Première visite de Blaise Cendrars. Ci-dessous la VILLA SEURAT à Paris. Au centre la maison d'Henri Miller. Il quittera la Villa Seurat en juin 1939Villa Seurat1939. Au centre la maison de MillerRetour à la Villa SeuratPlus tard Miller reviendra à la villa SeuratVilla Seuat

1935. Publication d'Aller-Retour New-York.

De 1935 à 1938, Miller ne pensera qu'à une chose: écrire. Il se recroquevillera sur lui-même comme un être hibernant dans la grotte de son imaginaire. Sa vie extérieure, sociale était pratiquement inexistante. Le 20 décembre 1934, il divorçait d'avec June. Il était donc légalement en mesure d'épouser Anaïs Nin. D'autant plus qu'Anaïs semblait avoir touvé un moyen lui permettant de faire fortune. Elle avait travaillée avec Otto Rank, le psychanalyste autrichien, comme assistante, et parla d'ouvrir son propre cabinet. Rank et Allendy lui promirent de lui envoyer des patients. Cela faisait des années qu'elle était en anlyse. Elle connaissait les ficelles du métier. Son projet donna des idées à Miller. Il parlait non sans fierté de son aptitude à analyser les névroses d'autrui. Il avait rncontré Rank une seule fois. Il n'avait jamais entrepris lui-même de psychanalyse mais si Anaïs consentait à lui apprendre les techniques élémentaires, il se faisait fort de devenir un honnête psychanalyste. Leurs beaux projets s'écroulèrent comme un château de cartes lorsque Otto Rank décida subitement d'aller s'installer à New-York. Et il demanda à Anais de l'accompagner pour l'aider à s'installer outre-Attlantique. Anaïs qui devait beaucoiup à son psychanalyste n'osa pas refuser. Miller n'eût pas le temps de protester que Rank et Anaïs avainet mis le cap sur les Etats-Unis


1936 Janvier-avril: saut à New-York. Exerce la psychanalyse. Début de la correspondance avec Keyzerling, après avoir lu son journal. En Juin, publication du Printemps Noir (Black Spring). C'est alors qu'arrive de Corfou, Lawrence Durrell avec sa femme, Nancy. Nous avons vu que de nombreuses lettres avaient été échangées depuis le Tropique, aussi est-ce dans le climat d'une amitié déjà enracinée que les deux hommes se découvrent. "Un vrai coup de foudre à la russe", remarque Alfred Perlès. Durrell venait de terminer le "Black Book", cette chronique de la  mort anglaise, une oeuvre purgative, lyrique, diffuse, révoltée et touffue qui, tout en annonçant, malgré ses rugosités et scories, le futur "Quatuor c'Alexandrie" (quatre livres que j'ai lus avec fascination il y a près de 50 ans et qui continuent de me fasciner. Justine, Balthazar, Mountolive et Clea)

Miller jeune
Henri Miller devenat-il magnétique? Perlès s'installa impasse Rouet, à deux pas de la Villa Seurat. Hans Riechel un peintre allemand qui vivait dans la même rue lui donna des leçons de peinture. David Edgar, un jeune peintre américain qui ne peignait jamais devint son ami. Tourmenté, aimable, fortuné, Edgar se passionnait pour le Bouddhisme Zen, Rudolf Steiner, Madame Blavatsky et l'anthroposophie. Abraham Rattner, un peintre américain qui résidait occasionnellement à Paris, fit grande impression sur Miller. AnaÏs Nin continuait à l'entretenir et venait le voir au moins deux fois par semaine quand son mari allait prendre des leçons de dessin avec Riechel. Anaïs lui présenta Conrad Mohican, un astrologue suisse qui était un ami de Max Jacob.


Des artistes européens se mirent bientôt sur l'orbite de la planète "Villa Seurat": Raymond Queneau, Roger et Jacques Klein, Brassai, le photographe que Miller connaissait de longue date. Enfin sa voisine de palier, une certaine Betty Ryan, une artiste américaine pratiquant une peinture abstraite et qui était la petite fille de Thomas Fortune Ryan, qui était mort en laissant derrière lui une fortune de 160 millions de dollars

1937. Importante rencontre épistolaire avec Lawrence Durrell , écrivain britannique, avec lequel il va correspondre longuement avant de le rencontrer à Corfou.

Le Chicago Tribune ferme son agence parisienne et Miller se retrouve sans emploi. Alfred Perlès lui propose de fonder un magazine littéraire à la Villa Seurat. Ce sera "The Booster" (Le Voleur). Miller nommé rédacteur adjoint se fit fort de trouver des souscripteurs. Le 1er numéro paraît en septembre 1937. L'éditorial signé Henry Miller proclamait que le magazine était résolument "a-succès, apolitique et a-culturel". Les rédacteurs se déclaraient "pro-ripailles, pro-fadas et pro-épilectiques; par contre ils se déclaraient hostiles à la paix, à la modération, aux rhumatismes et autres "ismes" de cet acabit. Nancy Durrell (l'épouse de Lawrence) fit la couverture du premier numéro. AnaÏs Nin faisait partie du comité de rédaction. Miller avait pour titre: directeur artistique. Michel Fraenkel était le directeur du département métaphysique. William Saroyan entra également au comité de rédaction. Le magazine fit long feu et fut remplacé par "Delta" dirigé par Durrell, unique actionnaire

Miller devint également l'un des neuf rédacteurs d'une revue française, sérieuse, celle-ci: "Volontés. C'est Raymond Queneau qui l'avait mis en contact avec Georges Pelorson, le rédacteur en chef

Quelques semaines à Londres. Rencontre de T.S Eliot et de Dylan Thomas

 

LAWRENCE DURRELL, écrivain et voyageur britannique, né en 1912 à Jalandhar(Indes britanniquesà et mort en 1990 à Sommières (Gard-France. Entre Montpellier et Nîmes). De mère irlandaise. J'ai connu Miller en  lisant "Le Quatuor d 'Alexandrie"(Justine, Balthazar, Mountolive et Clea dans les années 60) Ecrivain remarquable. Il a écrit à Miller en 1934 après avoir lu son "Tropique du Cancer". Une amitié qui va durer 45 ans. Leur seconde  rencontre aura lieu en 1939 à Corfou chez Durrell , où viendra également Anaïs Nin. (Leur première rencontre a eu lieu, peu auparavant, à Paris à la villa Seurat.)Voici la maison qui existe toujours et est à louer pour les vacancesCorfou Miller Durrell Nin 1935
Une Correspondance lawrence Durrell et Henry MillerDurrell Buchet-Chastel 1963La correspondance s'ouvre, en août 1935, sur une lettre d'admirateur, envoyée par Durrel à Miller(de 22 ans plus âgé que lui) qui lui répond très vit. Tous deux découvrent bientôt qu'ils ont des manières de sentir et de penser vosines. Au début Durrell a 23 ans, Miller en a 45 et son premier livre important "Tropique du Cancer" n'a paru qu'un an plus tôt. Mais Miller a déjà une certaine réputation et il est occupé par toute une série de projets littéraires, concertés le plus souvent avec ses compagnons de la Villa Seurat, Allfred Perlès et Michael Fraenkel. Miller qui a toujours aimé écrire des lettres, publie pendant cette période "Aller-Retour New-York", une lettre de quatre-vingt pages, "compte rendu d'un voyage aller-retour à New-York, tel qu'il est consigné dans une lettre à Alfred Perlès, l'écrivain franco-viennois bien connu qui détient jusqu'à ce jour le record du monde de longueur épistolaire". Puis le 2 novembre 1935, Miller se lance dans sa correspondance avec Fraenkel sur Hamlet, qui doit durer 2 ans, il tente aussi de faire publier "Le Printemps Noir" et il travaille à une étude sur D.H Lawrence qu'il ne terminera jamais


Voici donc la première lettre de Durrell:(

("Août 1935)      Chez le Consul de Grande-Bretagne, villa Agazini, Perama, Corfou .

 

Cher Monsieur MIller,

 

Je viens de relire Tropique du Cancer et il faut absolument que je vous écrive un mot dessus. Pour moi c'est sans conteste le seul ouvrage digne de l'homme dont ce siècle puisse se vanter. J'ai envie de gueuler bravo! depuis la première ligne, et ça n'est pas seulement une grosse claque littéraire et artistique sur le ventre de toutunchacun, c'est un bouquin qui fixe sur papier le sang  et les tripes de notre époque. Je n'ai jamais rien lu d pareil. Je n'imaginai ps qu'on pût écrire un tel livre, et pourtant, chose curieuse, j'ai cru en le lisant, reonnaître une chose pour laquelle nous étions tous prêts. La voie était déblayée pour que Tropique du Cancer puisse s'avgancer. Ce livre tourne le coin de la rue et nous entraîne dans une vie nouvelle qui a retrouvé ses tripes. Deavnt votre livre, l'éloge devient platitude, ne m'en veuillez pas si cette lettre sonne à vos oreilles comme les bêlements d'un vieux critique ou si elle vous fait penser à une publicité de cold-cream. Dieu sait que je pèse mes mots de mon mieux, mais ce sacré bouquin a secoué mes balances comme un tremblement de terre et depuis, je ne m'y retrouve plus dans mes poids et mesures habituels. J'adore voir déboulonner les canons de l'émotion oblique et e la belle émotion littéraire, j'adore vous voir mettre du fumier, sous les caprices et les mièvreries de vos contemporain, d'Eliot à Joyce. Que Dieu nous donne à nous les jeunes le courage de planter des pâquerettes dessus pour achever votre tâche.




Durrell Ruprecht 1986Cefalu de Lawrence DurrellLawrence Durrell: Le quatuor d'Alexandrie 

(Aoüt 1935)1938. Début de sa collaboration avec la revue Volontés, dirigée par Georges Belmont. Publication de "Money and How It Gets That Way "(De l'argent et de ce qu'il en advient). Publication de "Max et les phagocytes".Max..Editions du Chêne 1947

1939 Publication de "Tropique du Capricorne".

Tropique du Capricorne-Chêne-1946Quitte la Villa Seurat en juin. Il y sera resté en tout quatre ans et neuf mois. Visite le Midi de la France. Part pour Athènes le 14 juillet, arrive en août chez Durrell à Corfou.Visite certaines îles grecques et le Péloponèse. Rencontre de George Katsimbalis (le Colosse), du poète George Seferiades, du peintre Ghika. Source de revenus réguliers, tarie net lors de la mort de son éditeur parisien, Jacques Kahane(Obelisk Press) le jour de la déclaration de la guerre

1940 Retour à New-York en février. Rencontre de Sherwood Anderson et John Dos Passos. Ecrit "Le Colosse de Maroussi, Le monde du Sexe, Jours tranquilles à Clichy et commence La crucifixion en rose".Le Colosse de Maroussi-Chêne-1948

1941 Visite les Etats-Unis, en partie en compagnie du peintre Abe Rattner. Rencontre d'Alfred Stieglitz et de Fernand Léger. Mort de son père pendant qu'il est dans le Mississipi. Retour à New-York. Juin 1942: départ pour la Calfornie; Est à la moitié de "La Crucifixion en rose"
  et au tiers de "Cauchemar climatrisé".

 

1943 Peint de deux à trois cents aquarelles. Les expose à Beverly Glen et à la Galerie Américaine Contemporaine de Hollywood avec succès.Aquarelle d'Henry Miller

 

1944. Randonnée avec Jean Varda sur la Côte Ouest

Mariage avec Janina Lepska en décembre à Denver(Colorado).

 

1945. Se retrouve à Big Sur en février.

Termine Sexus.SEXUS d'Henry Miller en anglais

Voici une séquence en anglais, de l'écriture réelle d'Henry Miller, saccadée, foisonnnante, terriblement Hard, pour l'époque du moins. Rien à voir avec les traductions françaises. Ce n'est pas de l'anglais , c'est du slang américain, débordant, juteux. En l'occurence son premier rapport sexuel avec Mona-June:

"There was a little puddle near her elbow and I was for taking it out again and moving over another inch or so, but when I tried to draw it out, she got frantic "Don't ever take it out again" she begged,"it drives me crazy. Fuck me, fuck me!". I held out on her along while. As before, she came again and again, squealing and grunting like a stug pig. Her mouth seem to have grown bigger, wider, utterly lascivious; her eyes were turning over, as if she were going into an epilectic fit. I took it out a moment to cool it of. She put her hand in the puddle beside her and sprinkled a few drops of water over it. That felt marvelous. The next moment she was on her hands and knees, begging me to give it to her assways. I got behind her on all fours; she reached her hand under and grabbling my cock, she slipped it in.; It went right in to the womb. She gave a lirrle groom of pain and pleasure mixed "It's gotten bigger" she said, squirming her ass around. "Put it again all the way...go ahead, I don't care if it hurts" and with that she backed up on me with a wild lurch. I had such a cold-blooded erection that I tought I'd never be able to come"

 

Commence la traduction d' "Une Saison en Enfer"

Naissance d'une fille Valentine

1946. En janvier, Miller s'installe dans une hutte construite autrefois par des forçats qui travaillaient sur la grande route littorale, à Anderson Creek. Rencontre d'Eve McClure.

 

1946. Jean Wharton lui prête une maison à Big Sur. Travaille à Plexus. Il la rachètera avec ses droits d'auteur.

Publie Plongée dans la vie nocturne précédée de La Boutique du Tailleur, 2 nouvelles issues du Printemps noirMiller Plongée dans la vie nocturne et La boutique du Tailleur1946 Black Spring

 

1948. Reçoit Cartier-Bresson. Naissance de son fils Tony. Ecrit "Le sourire au pied de léchelle"

 

1949. Termine" Plexus" et commence" Books of my Life"PLEXUX Correa Paris 1952

 

1951. Miller se sépare de Janina Lepska

 

1952. Commence Nexus. Tour d'Europe avec Eve McLureHenry-Miller-300x41Henry MILLER1-23kb-media-7017-media-1282

 

1953. Miller retrouve Paris et ses anciens amis dont Michel Simon, Brassaï, Georges Belmont.
Voyage en Belgique, puis en Dordogne. Séjour à Montpellier. Voyage en Espagne en compagnie de Joseph Delteil. Retrouve à Barcelone son ami Alfred Perlès, après 14 ans. En Angleterre, il visite John Cowper Powys. Retour en Californie fin août.

Il épouse Eve McClure en décembre. La voici, à Paris d'abord, puis sur la terrasse de Big Sur, réalisée par son ami, le peintre  Ephraïm Doner(photo du bas)Avec Eve McClure à Paris
Avec Eve McClure à Big Sur, sur laTerrasseLe peintre Ephraïm Doner-copie-1
Henry et Eve sur la falaise de Big Sur, surplombant le Pacifique. Photo géniale...Miller et Eve McClureBig Sur La CôteLe Pacifique à Big SurEt voici la maison de Big Sur, "Le crêt de Partington"La Maison du Crêt de Partington à Big Sur-copie-1



1954 Arrivée à Big Sur d'Alfred Perlès, pour écrire "My Friend Henry Miller". Exposition des gouaches de Miller au Japon. Il commence à écrire "Big Sur and the Oranges of Hieronymus Bosch".Nirvana needed

 

 

1957 Recommence "Quiet Days in Clichy" après la découverte du manuscrit égaré depuis quinze ans. Election à l'Institut National des arts et lettres. Première lettre à la Cour d'Oslo.Jours tranquilles à Clichy 2-copie-1Jours tranquilles à Clichy

 

1959 Publication d'une deuxième lettre à la Cour d'Oslo: "Defense of the freedom to read". Il termine Nexus en avril. Deuxième voyage en Europe avec Eve, et ses deux enfants, Val et Tony. Séjours à Paris, Copenhague et Montpellier. Revoit Joseph Delteil, et pour la première fois depuis 1940, Lawrence Durrell, installé à Sommières (Gard) en 1957. Il loue une maison à Sommières pour l'été. Retour à Big Sur à l'automne.

 

1960. Miller revient seul en France. Voyage en Allemagne pour visiter son éditeur. Rencontre de Georges Simenon.

 

1961. Séjour à Montpellier en avril et en juillet. Ensuite Allemagne puis au Portugal. Rentre à Big Sur. Rupture avec Eve.

1963. Série de procès aux Etats-Unis. S'installe à Pacific Palisades.Miller quitte Big Sur pouur Pacific Palisades

1965. Mort d'Eve

 

Miller en 1966 à Pacific PalisadesPortrait de MillerMILLER PARLE DE LA BELGIQUE.C'est à cette époque qu'Henri Miller dans la Revue Synthèses (février-mars 1967-commémoration de ses 65 ans), nous parle de son amitié avec le belge Pierre Lesdain :

"Je ne me souviens pas du temps où ma volumineuse correspondance avec Pierre Lesdain a commencé...Il me semble que nous communiquions ensemble, comme si nous nous étions connus de toute notre vie ou bien au cours d'une existence antérieure.

Quelques années plus tard, lorsque je me trouvai dans ce faubourg de Bruxelles, nommé Woluwe-Saint-Lambert, j'eus le sentiment d'être revenu à mes anciens repaires de Williamsburg-Brooklyn...Non il n'y a rien d'étonnant après tout que l'insigne honneur de  vouloir comémorer mon soixante-quinzième anniversaire me vienne d'un petit pays perdu comme la Belgique..

Ce fut en 1953, l'année de mon retour en Europe, après uen longue absence. J'y revenais avec une nouvelle épouse qui ne connaissait par l'Europe. Nous arrivâmes à Bruxelles, de Paris, je pense, ou était-ce d'Espagne? De Bruxelles nous comptions partir pur l'Angleterre afin d'y retrouver Alfred Perlès, le bien-aimé copain de mes années parisiennes. Nous avions l'intention de ne rester là-bas que peu de jours, mais ces jours se transformèrent en semaines grâce à l'hospitalité libérale, à la générosité de nos amis belges.
Lesdain et sa chère femme Hélène avaient insisté pour nous héberger dans leur modeste maison. Nous mangions ensemble chaque jour. Ce n'étaient pas des agapes auxquelles nous participions, mais la communion même. Chaque repas commençait par une courte prière et avec une gousse d'ail. La chère était arrosée de propos abondants, vivifiants,... Parffois nous partions pour la ville, à l'aventure, ou bien nous allions pique-niquer dans la nature. Lors d'une de ces excursions, nous visitâmes l'abbaye où vécut autre fois Ruysbroeck l'admirable. Je me souviens que nous avons marché à travers une forêt de hêtres pour atteindre l'endroit. Une fois de plus, comme à Big Sur, j'avais l'impression de rêver parmi la musique de Pelléas et Mélisande. Cela ne ressemblait à aucune forêt où j'avais pénétré  auparavant. C'était purement magique.
Certain jour, Lesdain nous présenta à son frère Maurice Lambilliotte et à Yvonne sa charmante femme. Avec Lambilliotte nous courûmes tout le pays, toujours à la dernière vitesse, toujours faisant s'évanouir les kilomètres en bavardages...La sérénité de Bach et de son "Clavier bien tempéré" s'était abandonnée au monde du Jazz, du jazz hot pour être plus précis. Mais du milieu de ce tourbillon jaillit de ma mémoire une brève visite à la cathédrale de Gand (Saint-Bavon, où je fus baptisé, soit dit en passant), où je contemplai avec un sentiment de révérence tel qu'aucune autre oeuvre d'art ne m'en a jamais inspiré, le tryptique des Van Eyck, l'Agneau mystique. Un second et mémorable évènement dont je garde  le souvenir intense, fut notre viste à Bruges, la Ville morte. Là, dans la paix et dans la solitude, dans sa beauté momifiée, se trouve l'endroit où, si j'étais né poète, j'aurais pu écrire mes plus belles oeuvres.Ici j'aurais pu être inspiré jusqu'au point de devenir le rival d'un Hölderlin ou d'un Pindare

 

1967. Représentation du "Sourire au pied de l'Echelle" à l'Opéra de Marseille.Le sourire au pied de l'Echelle Robert Snyder commence à tourner son film L'Odyssée d'Henry Miller.

Lune de miel à Paris avec sa nouvelle femme, la chanteuse japonaise Hoki TokudaHoki Tokuda-copie-1Avec sa femme Hoki et son amie Puko-copie-1

Ping PongLes Vieux et les FemmesSéjour à Montpellier. Exposition à Uppsala(Suède), Aquarelle 1967"Le sourire" est représenté à Trieste.

1979. Publication des Entretiens avec Georges Belmont. Emissions télévisées pour l'ORTF, réalisées aux Etats-Unis.

Reçoit Le grand Prix de Naples pour" Come il Colibri" (Stand still like the Hummingbird).

1971. Publication de "My Life and Times". Subit plusieurs opérations à  la suite d'une artérite. Sa vue s'affaiblit.

1975. Entretiens entre Henry Miller et Christian de Bartillat à Pacific Palaisades, publiés sous le titre de Flash- Back

Lawrence Durrell va en Californie retrouver son ami H.Miller.

1977 Perte d'un oeil. Voici la lettre qu'il m'envoie "I am now blind in one eye" (Ch.Van Cauwenberghe c'est bien moi) Henri Miller

 

Mort d'AnaÏs Nin. Anaïs NINEcrit en français "J'suis pas plus con qu'un autre" et "Book of friends"

Dessin de Miller1966

 

Le Livre des Amis1979 Ultimes entretiens avec le journaliste belge Pascal Vrebos, avec un CD incorporé au livreVrebos Ultimes Entretiens-copie-1

1980 Mort d'Henry Miller, à Pacific Palisades, à l'âge de 89 ans.

 

Henry Miller par le Sculpteur Marino Marini

Henry Miller par Marino Marini

 

 

 

Voici quelques un de ses écrivains de prédilection. L'oeuvre de Miller est aussi une bibliothèque de la littérature contemporaine

 

 

 

 

Henri-David ThoreauHenri David Thoreau-copie-1
ThoreauWalt WhitmanWalt Whitman 001Walt Whitman. Specimen Days-copie-1John Cowper PowysPowys800px-Powys2-copie-1

Céline et CendrarsLes 2 RévélateursJoseph ConradARTISTES 276Knut Hamsun ((La Faim)knut hamsun postwar cane

John Dos Passos (Manhattan Transfer)Dos Passosecyflihi6d1ucefd-copie-1

D.H LawrenceLawrence

 

Hommage de Georges SImenon :

" Henry Miller à mes yeux, est un personnage hors série comme il en faudrait quelques uns à chaque génération, pour rappeler aux hommes que le conformisme ne mène nulle part et que sans révolte contre la morale établie et confortable, il n'y aurait jamais eu de progrès.
Cela choquera sans doute certains si j'ajoute que je tiens Henry Miller pour une sorte de saint laïque. Pendant la plus grande partie de sa vie, il a accepté de vivre en marge, n'ayant de par le monde que quelques amis qui reconnaissaient son génie. Peu à peu, ces amis se sont multipliés, je devrais plutôt écrire ses adeptes.
Et soudain, voilà quelques années, Miller a rompu les digues, non seulement pour lui-même mais pour tout ceux qui mettent avant tout, la liberté de l'homme.
Miller est un poète. Son oeuvre est un tout, une sorte de chanson de geste, la chanson de geste de notre époque, et sans doute est-elle pour beaucoup dans la révolution qui se dessine un peu partout de par le monde. Je ne parle pas bien entendu, de révolution politique.
Voila ce que je pense d'un homme que je suis fier et heureux d'avoir pour ami "Simenon

 

Enfin, les Livres et Revues que j'ai utilisés pour rédiger cet article, et qui sont tous dans ma bibliothèque. En ce qui concerne les livres de Miller, je possède des éditions des années 1946-47 et 48.


Magazine Littéraire Nov 72Jay MartinMiller par lui-même
Ma Vie et MoiNorman MailerRevue PlanètePascal Vrebosn
Temps Livres Nov 1990bRevue L'ARCb

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Published by Christian VANCAU - dans ECRIVAINS
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