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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 10:21

Stael ds son atelier064

 

16 mars 1955. Splash ! Le peintre Nicolas de Staël atterrit trop brutalement sur le trottoir.

 

 

Repoussé par la femme aimée, le peintre russe saute dans le vide, à Antibes. Mort à 41 ans d'un immense génie de la peinture.

16 mars 1955. Splash ! Le peintre Nicolas de Staël atterrit trop brutalement sur le trottoir.

 

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Une passante remonte la minuscule rue de Revely, derrière le port d'Antibes. Elle distingue une masse sombre sur le trottoir, elle s'approche. Elle voit un homme, immobile, vêtu d'une chemise, d'une veste et d'un pantalon bleu. Aux pieds, il porte une paire d'espadrilles. Elle s'affole, appelle à l'aide. Il semble mort, fracassé après une chute. On lève la tête. On aperçoit une terrasse. Il a dû sauter de là. Cet homme doit être le peintre qui s'est installé dans la maison en octobre dernier. Oui, cet homme, c'est Nicolas de Staël, 41 ans. Le peintre a choisi ce jour-là de mourir parce qu'une femme désirée se refuse à lui, parce qu'une gloire non désirée s'offre à lui. On l'aura compris, le père Nicolas n'est pas le plus simple des hommes. Orphelin et exilé, le prince russe possède une âme tourmentée, dépressive. Il peint avec frénésie. Il détruit avec frénésie. Depuis deux ans, il connaît enfin le succès. Les collectionneurs s'arrachent ses toiles. Mais cela ne l'enthousiasme guère. Pourquoi l'aime-t-on maintenant, et pas avant ? Ne recherche-t-on pas ses oeuvres d'abord par esprit de spéculation, sans les apprécier ?

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Depuis deux ans, Nicolas de Staël est éperdument amoureux d'une jeune femme nommée Jeanne Mathieu. Il la rencontre durant l'été 1953 lorsqu'il passe ses vacances en famille dans une magnanerie (ancienne ferme qui pratiquait l'élevage de vers à soie) louée à la famille Mathieu, près d'Apt. C'est son ami le poète René Char qui lui a donné l'adresse. Les Mathieu, c'est une grande famille composée des parents et de quatre enfants, dont Jeanne, mariée et mère elle-même de deux enfants. Brune, mais solaire, elle rayonne. Elle n'est pas farouche non plus, car René Char a probablement eu une rapide aventure avec elle. Dès qu'il la voit, de Staël, lui, est foudroyé. Jeanne lui rappelle Jeanine, sa première femme adorée, morte quelques années auparavant. 

"Vous avez gagné"

Il écrit à Char : "Jeanne est venue vers nous avec des qualités d'harmonie d'une telle vigueur que nous en sommes encore tout éblouis. Quelle fille, la terre en tremble d'émoi ! Quelle cadence unique dans l'ordre souverain... Quel lieu, quelle fille !" Cette rencontre déclenche une tempête dans le crâne de l'artiste. Elle l'obsède. Au moment de partir pour l'Italie avec son épouse Françoise et ses deux enfants afin d'y poursuivre ses vacances, il ne peut se résoudre à quitter Jeanne. Alors il la convainc de les accompagner dans la camionnette familiale. Une mauvaise idée : l'épopée tourne au cauchemar. La proximité de la jeune femme le rend fou. Quand ils reviennent à Lou Roucas, de Staël renvoie brutalement sa famille à Paris pour rester seul avec Jeanne. Il la peint, il lui fait l'amour.

NU COUCHÉ REPRÉSENTE JEANNE, LA FEMME AIMÉE

Cette peinture est celle de la femme aimée, à cette époque de sa vie, Jeanne Mathieu, dont l’artiste fut éperdument amoureux. Cette passion dévorante l’habita de 1953, année de sa rencontre avec Jeanne, jusqu’à sa mort en mars 1955.

En 1953, Nicolas de Staël, sa femme Françoise et leurs trois enfants s’installent dans le Midi de la France, à Lagnes, sur la route d’Apt, dans une magnanerie appelée « Lou Roucas ». René Char avait souvent parlé à Nicolas de cet endroit majestueux. La famille Mathieu, qui en est propriétaire, exploite un domaine agricole. Elle accueille chaleureusement l’artiste. Autour des parents, quatre enfants, dont Henri, le poète, et Jeanne, la femme-fleur.

Le 20 juillet 1953, Nicolas de Staël, bouleversé, écrit à René Char : « Jeanne est venue vers nous avec des qualités d’harmonie d’une telle vigueur que nous en sommes encore tout éblouis. Quelle fille, la terre en tremble d’émoi, quelle cadence unique dans l’ordre souverain. Là-haut, au cabanon, chaque mouvement de pierre, chaque brin d’herbe vacillaient (…) à son pas. Quel lieu, quelle fille ! » Il en oublie que Jeanne a un mari et deux enfants. N’importe, il organise une épopée familiale en Italie. Le but du voyage est la Sicile. Françoise, les enfants et Jeanne, qu’il a convaincue de les accompagner, s’entassent dans la camionnette Citroën.

La petite troupe débarque en Sicile où l’artiste se rassasie de culture antique et s’enivre de couleurs. Il ressent un choc esthétique qu’il traduira magistralement sur la toile et sur le papier jusqu’au terme de son œuvre.
Laurent Greilsamer, dans son ouvrage Le Prince foudroyé, La vie de Nicolas de Staël, écrit que la fin du périple ressemble à une débâcle.

Nicolas partait se promener seul avec Jeanne, abandonnant Françoise, et les enfants.

Un climat de tension et de tristesse s’abat sur la petite troupe. L’artiste sent frémir en lui de grands désordres qu’il appellera bientôt les « brusqueries de son inconscient » , ainsi qu’il l’écrit à Jacques Dubourg. De retour à Lagnes, il impose à sa famille une séparation momentanée et renvoie Françoise et les enfants à Paris. Il veut rester seul, peindre seul, vivre seul, retrouver son souffle qui lui échappe. Staël va alors traduire ses impressions siciliennes sur la toile : paysages et nus se succèdent et c’est à cette époque que naît une liaison entre lui et Jeanne Mathieu.

L’artiste est dévoré par la passion. Mais il aime plus qu’il n’est aimé. Le 14 mars 1955, Jeanne refuse de le voir. Il met de côté les lettres qu’elle lui a adressées, en fait un paquet et va l’offrir à son mari en lui disant : « Vous avez gagné ! » Le 16 mars, il se précipite dans le vide.

 Nu couché2Il veut l'épouser, car un prince russe est respectable. Elle a peur de cet amour trop fort. Elle se lasse. Elle le lui fait savoir. Il souffre. Il se désespère. Il injecte sa colère dans ses tableaux. Il pense au suicide. de-Stael-Rue-de-Revely-img036.jpg

Au début du mois de mars 1955, le peintre est à Antibes dans l'appartement qu'il loue pour peindre seul, sans sa famille. Le 5, il décide de monter à Paris en voiture pour assister à plusieurs concerts au théâtre Marigny. Il en profite pour rendre visite à Jean-François Jaeger, le directeur de la galerie Jeanne-Bucher qui l'a sous contrat. Il lui confie : "Je suis perdu... Peut-être ai-je assez peint." Il repart pour Antibes. Le 14 mars, il brûle de nombreux documents personnels, sauf les lettres de Jeanne. Il saute dans sa voiture pour aller les lui remettre. Comme elle refuse de lui ouvrir la porte, il les donne au mari présent en lui murmurant : "Vous avez gagné." Désespéré, il retourne à Antibes où il passe sa rage sur une toile de quatre mètres sur six. Durant trois jours, il se bat avec le rouge, le noir. Il peint un piano noir et massif faisant face à une contrebasse lumineuse, sur un fond rouge. C'est violent, c'est tragique. Le soir du troisième jour, c'est-à-dire le 16 mars 1955, il monte sur la terrasse, prêt à en finir. Quelques minutes plus tard, Nicolas Valdimirovitch von  Holstein s'est débarrassé de sa "carcasse d'homme".Maison nicolas de stael Antibes

 

Nicolas de Staël (baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein, en russe Николай Владимирович Шталь фон Гольштейн), né le5 janvier 1914 à Saint-Pétersbourg, mort le 16 mars 1955 à Antibes, est un peintre français originaire de Russie, issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein.

La carrière de Nicolas de Staël s'étale sur quinze ans — de 1940 à 1955 —, à travers plus d'un millier d'œuvres, influencées par Cézanne,Matissevan GoghBraqueSoutine et les fauves, mais aussi par les maîtres néerlandais RembrandtVermeer et Hercules Seghers.

Sa peinture est en constante évolution. Des couleurs sombres de ses débuts (Porte sans porte, 1946 ou Ressentiment, 1947),1947 Le Ressentiment elle aboutit à l'exaltation de la couleur comme dans le Grand Nu orange (1953)Grand nu orange. Ses toiles se caractérisent par d'épaisses couches de peinture superposées et un important jeu de matières, passant des empâtements au couteau (Compositions, 1945-1949) à une peinture plus fluide (Agrigente, 1954, Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant, 1955).Agrigente067

Refusant les étiquettes et les courants, tout comme Georges Braque qu'il admire, il travaille avec acharnement, détruisant autant d’œuvres qu'il en réalise. « Dans sa frénésie de peindre il côtoie sans cesse l'abîme, trouvant des accords que nul autre avant lui n'avait osé tenter. Peinture tendue, nerveuse, toujours sur le fil du rasoir, à l'image des dernières toiles de Vincent van Gogh qu'il rejoint dans le suicide1. »

Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant par la fenêtre de son atelier d'Antibes. Il est enterré dans le cimetière de Montrouge.Tombe Nicolas de Staël, Cimetière de Montrouge

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FRÉDÉRIC LEWINO ET GWENDOLINE DOS SANTOS

Enfance

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Forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg où est né Nicolas de Staël.

Issu d’un milieu militaire, son grand-père, Carl Gustav, dirige la deuxième division de cavalerie du tsar et termine sa carrière comme général de corps d’armée en 1861.

Son père, Vladimir Ivanovitch de Staël von Holstein, sert dans les rangs des cosaques et des Uhlans de la garde impériale. Il devient général major, vice-commandant de la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg en 1908, jusqu'en 1917, c'est un homme pieux et austère. Sa mère, Ludmilla von Lubov Berednikova, est plus jeune que son mari de vingt-deux ans. Elle est issue d'un milieu très fortuné où l'on s'intéresse à l'art. Par sa mère, elle est apparentée à la famille du compositeur Alexandre Glazounov3.

Selon le calendrier julien, Nicolas de Staël naît le 23 décembre 1913 à Saint-800px-Neva-StPetersburg2Pétersbourg, qui vient alors d'être rebaptisée Petrograd (Петроград).

 Il faut alors rappeler que Staël vient de la sainte Russie orthodoxe qui le relie fondamentalement à Byzance où se ramassera sa dernière contemplation métaphysique. Fils du général Vladimir de Staël von Holstein, vice-gouverneur de la forteresse Pierre-et-Paul de Pétersbourg où furent enfermés Dostoïevski et Bakounine, Nicolas est né le 23 décembre 1913 (5 janvier du calendrier orthodoxe) et vécut avec les siens dans la forteresse fameuse jusqu’en octobre 1917, avant l’exil en Pologne où le général mourut en 1921. Un an plus tard seulement, Lubov de Staël, succomba elle-même au cancer, laissant trois orphelins (Marina, Nicolas et Olga) qui furent pris en charge, par l’intermédiaire d’une tutrice fantasque, par la famille de l’ingénieur Emmanuel Fricero, d’origine russe mais établi en Belgique.

Suite à la révolution de 1917, la famille est contrainte à l’exil en Pologne en 1919. Les parents de Nicolas de Staël y meurent. Orphelin, il est confié par sa marraine en 1922 à une famille de Bruxelles, les Fricero, avec ses deux sœurs, Marina et Olga. Les Fricero sont une famille d'origine sarde qui a hérité de la nationalité russe au xixe siècle lorsque le père d'Emmanuel Fricero était attaché naval à l'ambassade de Russie à Londres. Sa femme Charlotte est présidente de la Croix-Rouge. Ils ont déjà recueilli le descendant d'une grande famille russe, Alexandre Bereznikov4.

Formation 

Les Fricero l'inscrivent au collège Cardinal Mercier de Braine-l'Alleud en septembre 1931. Nicolas se passionne pour la littérature française et les tragédies grecques. Mais en même temps il s'intéresse à la peinture, il découvre dans les musées et les galeries Rubens et les peintres belges contemporains James EnsorPermeke. Sa vocation de peintre inquiète les Fricero qui lui font faire des études d'ingénieur. Mais dès ses études terminées, Nicolas commence sa formation de peintre3.

Après avoir visité les Pays-Bas en juin, et découvert la peinture flamande, il entre en octobre 1933 aux Beaux-arts de Bruxelles où il suit les cours de dessin antique avec Henri van Haelen. Il se lie d'amitié avec Madeleine Haupert qui a fréquenté les Beaux arts de Paris et qui lui fait découvrir la peinture abstraite3. Il s'inscrit aussi à l'Académie des beaux-arts de Saint-Gilles où il suit les cours d'architecture de Charles Malcause. Dans cette même académie, il suit dès 1934-35 les cours de décoration en compagnie de Georges de Vlamynck qu'il assiste par la suite pour la réalisation de peintures murales du pavillon de l'agriculture de l'Exposition universelle de Bruxelles de 1935.

Il voyage ensuite dans toute l'Europe. Dans le midi de la France et à Paris où il découvre Paul CézannePierre MatisseChaïm SoutineGeorges Braque, puis il va jusqu'en Espagne où il est séduit par le beauté des paysages6. Le voyage en Espagne, qu'il parcourt en bicyclette avec son ami Benoît Gibsoul, est un voyage d'étude au cours duquel il prend force notes et croquis7. À partir de Madrid, c'est avec Emmanuel d'Hooghvorst qu'il poursuit sa route jusqu'en Andalousie. Il envoie une abondante correspondance à Geo de Vlamynck, produit quelques aquarelles qu'il vend à Barcelone, et aux Fricero il exprime son indignation devant la misère du peuple espagnol. Il exposera d'autres aquarelles d'Espagne à la galerie Dietrich avec Alain Haustrate et Rostislas Loukine6.

Le Maroc, l'Italie, Paris

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Capri vue de Sorrente.

À Marrakech, en 1937, Nicolas de Staël rencontre 800px-Capri-view to sorrentoFiesolede-stael-nicolas-bateaux-2105401

Jeannine Guillou, dont il fera le portrait en 1941 et 1942. Jeannine Guillou est elle-même peintre, plus âgée de cinq ans que Nicolas. Elle s'appelle de son véritable nom Jeannine Teslar ; Bretonne d'origine, d'une famille de Concarneau, elle est mariée depuis six ans à un Polonais, Olek Teslar, qu'elle a rencontré aux Arts décoratifs de Nice et dont elle a un fils, Antek (Antoine). Les Teslar habitent le sud marocain dans une sorte de phalanstère où ils offrent des médicaments à la population. L'administration leur a fait signer des documents déchargeant la France de toute responsabilité en cas de malheur. Sorte de « hippies avant la lettre », les Teslar se séparent élégamment lorsque Jeannine part avec Nicolas.9788836620913

Jeannine qui a étudié aux Arts décoratifs de Nice est déjà un peintre affirmé. À Fès, en 1935, un critique d'art a couvert d'éloges son travail et son talent « viril et nerveux ». Nicolas, lui, cherche encore son style.

Staël est fasciné par l'Italie. En 1938, il entreprend avec Jeannine un voyage qui les conduit de Naples à FrascatiPompéiPaestumSorrenteCapri. À ses amis Fricero, il écrit :

« Après avoir essayé de peindre un an dans ce merveilleux Maroc, et n'en étant pas sorti couvert de lauriers, je puis approcher, voir, copier Titien,Le Greco, les beaux Primitifs, le dernier des Giovanni BelliniAndrea MantegnaAntonello de Messine, tous, et si parfois ces toiles ne sont pas aussi près de mon cœur que les vieux Flamands, les Hollandais, VermeerRembrandt, j'y apprends toujours énormément et n'espère qu'une seule chose, c'est de mille d'accueil s'inquiète pour la carrière de Nicolas qui rompt tout lien avec la Belgique et décide de s'installer à Paris avec Jeannine. Il loge d'abord dans un hôtel au 147 ter rue d'Alesia, puis au 124 rue du Cherche-Midi Il suit pendant une courte période les cours de l'académie  rue Fernand Léger et il essaie d'obtenir un permis de séjour tout en copiant les œuvres du Louvre . Il fait la connaissance de l'historien d'art suisse Pierre Courthion qui aura un rôle important par la suite.stael100mh0

Pendant cette année, Nicolas peint énormément et détruit beaucoup de ses œuvres. Il ne reste de cette période qu'une vue des quais de la Seine.

Pour gagner un peu d'argent, il retourne en Belgique, à Liège, où il travaille sur les fresques du pavillon d'exposition de la France pour l'Exposition internationale de la technique de l'eau.

En septembre 1939, le peintre s'engage dans la Légion étrangère. Mais pendant les deux mois qui précèdent son incorporation, il rencontre la galeriste Jeanne Bucher qui trouve pour lui et pour Jeannine des logements provisoires dans les ateliers d'artistes inoccupés. Jeannine est déjà tombée gravement malade pendant l'été à Concarneau. C'est à partir de cette époque, et jusqu'en 1942, que Nicolas a peint le plus grand nombre de portraits de sa compagne dans le style figuratif : Portrait de Jeannine, dont Arno Mansar dit que «  c'est à la fois un Picasso de la période bleue et aussi un souvenir des allongements du Greco, qu'il a admiré en Espagne. »Pottrait de Jeanne 1942 Composition sur Fond gris094

Plus tard, Staël dira : «  Quand j'étais jeune, j'ai peint le portrait de Jeannine. Un portrait, un vrai portrait, c'est quand même le sommet de l'art. »

L'évolution du peintre

Le nouvel atelier

Le 19 janvier 1940, il est mobilisé et il rejoint le dépôt des régiments étrangers où il est affecté au service des cartes d'État-major à Sidi Bel Abbès, en Algérie. Il est ensuite envoyé le 29 février au1er régiment étranger de cavalerie (1er REC) à Sousse, en Tunisie. Là il travaille au service géographique de l’armée en mettant à jour les cartes d’état-major du protectorat. Il est démobilisé le 19 septembre 19403.800px-Nice - Le port Lympia

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Nice où Staël a vécu trois ans.

Nicolas de Staël rejoint Jeannine qui vit alors à Nice. Là il rencontre Alberto Magnelli, Maria Elena Vieira da Silva,Jean Arp, Christine Boumeester, Sonia Delaunay et Robert Delaunay. Les artistes se retrouvent à la librairie Matarasso, avec Jacques Prévert et Francis Carco. C'est surtout grâce à son ami, le peintre Félix Aublet, qu'il sera introduit dans ces cercles artistiques et qu'il va orienter sa peinture vers un style plus abstrait. Il reste de cette période quelques traces de ses essais mélangeant cubisme et fauvisme avec le tableau Paysage du Broc, (Maison du Broc) 1941, huile sur toile de 55×46 cm, collection particulière.

Aublet lui vient encore en aide lorsque le jeune peintre ne peut gagner sa vie avec sa peinture, lui fournissant de petits travaux de décoration.

De son côté, Jeannine s'est remise à la peinture. « Le marchand de tableau Mockers, de la rue Masséna à Nice, lui a fait signer un contrat d'exclusivité. Ce qui permet au couple de vivre alors que les restrictions alimentaires commencent à peser terriblement. L'arrière-pays niçois, assez peu agricole, a le plus grand mal à nourrir sa population.. » Jeannine a aussi retrouvé son fils, Antek, qu'elle avait confié à un pensionnat. Antek se débrouille au marché noir. Nicolas troque des bibelots contre de la nourriture. Ces difficultés n'arrêtent pourtant pas Jeannine qui donne naissance le 22 février 1942 à leur fille Anne. Staël est fasciné par l'enfant qu'il décrit comme un « petit colosse aux yeux clairs ». Il voudrait épouser sa compagne mais les complications juridiques du divorce avec Olek Teslar, injoignable, le découragent.1942 Compositions092

 

La naissance de sa fille induit chez Staël une nouvelle réflexion sur la peinture. Abandonnant le paysage, il se tourne vers le portrait, avec Jeannine pour principal modèle

Les trois années passées à Nice peuvent être considérées comme le premier « atelier » du peintre. Staël commence à appeler ses tableaux « compositions », il dessine et peint fiévreusement et continue de détruire autant qu'il crée. Mais il commence à rencontrer ses premiers amateurs : Boris Wulfert lui achète une Nature morte à la pipe (1940-1941), une huile sur papier de63,5 × 79,5 cm, et Jan Heyligers, son premier tableau abstrait peint à partir d'un coquillage. « Dès 1942, il peint ses premières toiles abstraites. Sur fond uni, gris, s'animent des ellipses, des formes de lasso, des grilles. Le dessin est posé sur la peinture. » Staël compartimente sa peinture, certaines formes sont des lames, indépendantes du fond, dans un jeu de géométrie. Selon Anne de Staël, on ne sait pas si la composition est dans son aplat, ou bien dans le trait qui limite, ou bien si composer revient à exprimer une chose unique

. Composition sur fond gris.1942 Composition sur Fond gris093

Nicolas et Jeannine sont très proches de Suzie et Alberto Magnelli installés dans une ancienne magnanerie à Plan de Grasse . Magnelli va être un grand soutien pour « Le Prince ».

Retour à Paris, les premiers soutiens, le deuil

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Rue parisienne en 1941.

En 1943, sous l'occupation nazie, il retourne à Paris Vue parisienne en 1941avec Jeannine. Les années de guerre sont très difficiles.

Jeanne Bucher achète des dessins à Nicolas et elle prête un logement au couple dans un hôtel particulier momentanément inhabité, celui de Pierre Chareau alors en Amérique. Pendant cette période, le peintre dessine beaucoup de grands formats.

Magnelli présente à Staël un ami de Piet Mondrian : César Domela, qui insiste auprès de Jeanne Bucher pour que Nicolas de Staël participe à l'exposition qui réunit lui-même, et Vassily Kandinsky. L'exposition a lieu le 15 février 1944, mais personne n'achète les tableaux du "Prince". Des personnalités comme Pablo Picasso, Georges Braque, André Lanskoy, Jean Bazaine, sont présents lors du vernissage. Mais la critique, sans doute influencée par le préjugé selon lequel l'art abstrait est un art dégénéré, fait preuve d'indifférence, voire de mépris.

Ce qui n'empêche pas Jeanne Bucher d'organiser, avec Noëlle Laucoutour et Maurice Panier, une deuxième exposition à la galerie l’Esquisse où sont réunis Kandinsky, Magnelli, Domela et Staël, avec pour titre Peintures abstraites. Compositions de matières. Mais pendant l'exposition, la galerie reçoit la visite de la Gestapo qui soupçonne Panier d'être un résistant. Malgré cela, la galerie l’Esquisse organise le 12 mai de la même année une exposition personnelle Staël. Quelques dessins y sont vendus. Georges Braque manifeste sa sincère admiration pour le jeune peintre. Staël va devenir un proche du maître avec lequel il noue des liens d'amitié très étroits.

« Aux yeux des amateurs, le style de Staël est reconnu comme une expression nouvelle, une syntaxe du dessin dénouée en compositions serrées en même temps qu'éclatées ». C'est surtout au début de l'année 1945 que ces amateurs se manifesteront lors d'une autre exposition chez Jeanne Bucher du 5 au 28 avril 1945. Parmi eux, l'industriel Jean Bauret.

L'Orage  1945

L'Orage 1945105

Mais le peintre se débat dans de terribles difficultés financières, malgré l'aide de Félix Aublet. La situation familiale est désastreuse : « Il n'y avait pas de repas. Un sac de farine nous donnait des crêpes à l'eau. La queue longuement tirée avec des tickets d'alimentation ramenait un peu de lait, un peu de beurre. »

Jeannine est en mauvaise santé et elle le cache aussi bien à sa fille Anne, qu'à son mari dont elle « soutient l'élan dans le travail. Nicolas voyait grandir ses tableaux sans soupçonner que l'état de Jeannine s'amenuisait. Elle était moralement très forte et physiquement fragile. Dans la conscience des tensions de la création, les tensions de la vie ont lâché.(…) Jeannine mourut sur le quai d'un immense tableau : Composition bleue. » Jeannine meurt le 27 février 1946.

Quelques mois plus tard, le critique d'art Charles Estienne (amateur de surréalisme)) fait une critique élogieuse de la peinture de Staël : « Un extraordinaire "épos" rythme ici les caravanes des formes et les fulgurantes zébrures verticales jaillies souvent des hasards de la matière. »

À la fin de l'année, Staël, qui ne vit que grâce à l'aide d'amis, cherche un marchand pour défendre son œuvre. Il croit l'avoir trouvé en la personne de Jean Dubourg qui lui achète un tableau :Casse-lumière. Mais c'est finalement la galerie Louis Carré qui signe un contrat avec le peintre  le 9 octobre 1946.

Quelques mois après la mort de Jeannine, Nicolas épouse Françoise Chapouton (1925-2012) que le couple avait engagée à l'âge de dix-neuf ans pour s'occuper des deux enfants, Anne et Antek. Staël aura encore deux enfants, Laurence et Jérôme, de sa nouvelle femme. Et par la suite, un troisième, Gustave.

Les années 1945-1950 couvrent une période sombre de la peinture de Staël, où l'abstraction est mise à nu . En particulier dans Composition en noir 1946, huile sur toile (200 × 150,5 cm,Kunsthaus de Zurich). Et plus encore dans Orage (1945, 130 × 90 cm, collection particulière). « Ce que montrent en un sens les toiles des années quarante, c'est qu'il faut naître plusieurs fois pour gagner un tableau. Qu'il faut multiplier les angles vifs, les zones mortes, les obstacles invisibles. »nicolas de Staël 3

Les étapes de création

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De l'abstraction à l'involution 1943-1948

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Museu de Arte Moderna de São Paulo, inauguré en 1948, où Nicolas de Staël a exposé.

Malgré ses difficultés matérielles, Staël refuse de participer à la première exposition du Salon des réalités nouvelles fondé par Sonia Delaunay, Jean Dewasne, Jean Arp et Fredo Sidès parce que la progression de sa peinture le conduit à s'écarter de l'abstraction la plus stricte. Ce sera un sujet d'étonnement pour le jeune amateur Claude Mauriac qui déclare dans son journal :

« Il semble surprenant que ni Staël, ni Lanskoy - novateurs peu contestés de l'art abstrait- ne soient exposés au salon des réalités nouvelles. À moins qu'ayant l'un et l'autre dépassé les formules périmées dont usent encore la plupart des participants de ce salon, leur place eût été inexplicable dans ce qu'il faut bien appeler déjà une rétrospective (…) mais cela me fait plaisir d'apprendre que Nicolas de Staël se trouve maintenant dans le peloton de tête. »

Staël a horreur de s'aligner sur un courant quelconque, tout comme BraqueAvec Georges Braque-1950 auquel il rend visite régulièrement,(à sa droite avec le bras appuyé sur le mur)ce qui l'amène à s'éloigner de Domela et Dewasne. « De 1945 à 1949, la peinture de Staël se présente comme un faisceau, un lacis de formes impulsives dont les éléments formateurs, nés d'une décision rapide, loin de se perdre instantanément en elle, font valoir leur énergie propre. »

Une énergie ramassée qu'il puisait sur l'instant selon Anne de Staël qui décrit ainsi l'attitude de son père après la mort de Jeannine, et après son mariage avec Françoise Chapouton : « Ils se marient en mai 1946 sans attendre qu'une couleur sèche pour en poser une autre. Il posa à côté d'une douleur profonde le ton de la joie la plus haute. Et on peut dire que de la contradiction de pareils sentiments, il puisait une énergie. »

André Chastel, au sujet de la peinture de Staël parle d'involution. Selon Daniel Dobbels, ce terme est d'une grande force. En quelques années, Staël donne un corps à sa peinture, d'une ampleur sans égale et pour ainsi dire, sans précédent.     et Tierce noir, comme une évolution en sens inverse. Staël s'écarte de l'abstraction pour former des figures identifiables : deux traits donnent à l'intervention du peintre une signification élevée.

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Vue du Parc Montsouris, proche de la rue Gauguet où Staël avait son atelier.

Les Staël déménagent dès le mois de janvier 1947 pour s'installer 7 rue Gauguet, non loin du parc Montsouris. 

 

 

 

 

 

Rue Gauguet 19491949 Rue GAUGUET109 Non loin aussi de l'atelier de Georges Braque. L'atelier est vaste, haut de plafond, il rappelle les ateliers des maîtres d'autrefois. Sa luminosité contribue à éclaircir la palette du peintre dontPierre Lecuire dit dans le Journal des années Staël : « Très étonnant personnage, ce Staël, d'une culture rare chez un peintre, sans préjugé de modernisme et pourtant, un des plus naturellement avancé. »Dès 1949 Pierre Lecuire va travailler à un livre, Voir Nicolas de Staël, dont le peintre annote les feuillets et précise sa pensée, livre-poème qui paraîtra en 1953 avec deux gravures sur cuivre de Staël.1949 composition 102

Dans cet immeuble, Staël va rencontrer un marchand de tableaux américain : Theodore Schempp qui fait circuler son œuvre aux États-Unis, au grand soulagement du peintre qui n'apprécie guère les méthodes de la galerie Louis Carré, qu'il abandonnera pour la galerie Jacques Dubourg au 126

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Planche XI d’une des prisons imaginaires de Piranese auquel Staël a dédié un tableau en 1948.

L'année suivante(1950), grâce au père Laval, le peintre est exposé dans le couvent des dominicains du Saulchoir, à Étiolles, en compagnie de Braque, Henry Laurens et Lanskoy. Jacques Laval est un dominicain passionné de peinture. Il avait déjà tenté en 1944 d'exposer des toiles abstraites de Staël, mais il avait été obligé de les décrocher sur ordre de ses supérieurs scandalisés. Cette fois l'exposition est acceptée et le père Laval achète un tableau de Staël pour le réfectoire du couvent Saint-Jacques, rue de la Glacière, à Paris.

Staël commence à vendre ses œuvres et la critique voit en lui le peintre représentatif d'un renouveau artistique. Léon Degand l'invite à montrer ses œuvres à l'exposition inaugurale du Museu de Arte Moderna de São Paulo. Mais Staël est très pointilleux sur la façon dont on interprète sa peinture. Il écrit à Degand :

« (…) les tendances non figuratives n'existent pas, tu le sais bien et je me demande bien comment on peut y trouver de la peinture (…). »

En ce mois d'avril 1948, Nicolas de Staël est naturalisé français, et le 13 du même mois naît son fils Jérôme. Anne de Staël voit un lien étroit entre les naissances et la peinture de son père. «  La vie sous la coiffe de sa peinture donnait dans l'éphémère un sentiment de très longue durée La vie était faite de la naissance de sa fille Laurence, le 6 avril 1947, de son fils Jérôme, le 13 avril 1948 . La joie de Staël au moment d'une naissance était une note très haut placée d'émotion (…) C'était le rappel de la « naissance », rappel du moment où la « lumière » vous est versée (…) Vivre était une couleur et l'énergie devait en exalter la flamme. »

Entre 1947 et 1949, la palette du peintre s'éclaircit. Déjà avec Ressentiment, enchevêtrement de structures encore sombres, on voit apparaître des gris et des bleus dans un empâtement de matière qui s'allège peu à peu, avec le noir qui s'efface graduellement comme on le voit l'année suivante dans des œuvres comme Hommage à Piranese (1948), tableau dans les tons pastellisés de gris argenté, puis dans une large toile paysagée, Calme (1949, collection Carroll Janis, New York. Staël se livre à une recherche acharnée sur la couleur, qui aboutit en 1949 à un nouveau système plastique avec Jour de fête « où l'enduit se fait toujours plus dense et gras et la couleur plus délicate. »1948 Jour de Fête103

L'équilibre par la couleur 1949-1951

L'artiste commence plusieurs toiles à la fois mais son travail mûrit plus lentement. Il est animé d'une volonté de perfection dont Pierre Lecuire dit que c'est une « formidable volonté de faire toujours plus fort, plus aigu, plus raffiné, avec au bout l'idée du chef-d'œuvre suprême. »

Staël abandonne les compositions en bâtonnets et leur surcharge pour des formes plus vastes, plus aérées, avec de larges plages de couleur. Le peintre accumule les couches de pâte jusqu'à parvenir à l'équilibre désiré. Si de nombreux tableaux portent encore le titre Compositions, beaucoup ressemblent à des paysages comme l'huile sur toile intitulée Composition en gris et bleu de 1949, (115x195 cm, collection particulière), dont Arno Mansar dit que c'est là une « halte indispensable entre l’expressionnisme des empâtements de la matière de naguère et le prochain éclatement des champs de couleur. »

1949 est une année importante pour Staël qui participe à plusieurs expositions collectives au Musée des beaux-arts de Lyon, à Paris, à São Paulo. À Toronto il expose pour la première foisCasse-lumière, et tandis que Schempp travaille à le faire connaître aux États-Unis, le peintre cherche à entrer en contact avec Christian Zervos qui dirige la revue Cahiers d'art. L'historien Georges Duthuit sert d'intermédiaire et devient l'ami du peintre. Staël continue à voir régulièrement Braque à Paris et à Varengeville-sur-Mer, mais bientôt ses visites seront plus espacées car le jeune peintre a besoin de retrouver les couleurs du Midi. Braque restera néanmoins un de ses principaux inspirateurs et une référence importante.

Staël utilise toutes les techniques, tous les matériaux : gouache, encre de chine, huile, toile, papier. Et il refuse toujours d'être classé dans une catégorie quelconque. Lorsqu'en mars 1950, le Musée national d'art moderne de Paris lui achète Composition (les pinceaux), une huile sur toile de 1949 (162,5 x 114 cm), il exige d'être accroché en haut de l'escalier pour être écarté du groupe des abstraits et il remercie le directeur du musée avec un jeu de mots répété dans toutes les biographies : « Merci de m’avoir écarté du gang de l’abstraction avant, écrit-il à Bernard Dorival, conservateur au Musée national d’art moderne de Paris. ». Il faisait ainsi allusion aux faits divers sanglants du gang des Tractions Avant.

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New York, ville où Staël devient un peintre internationalement reconnu.

Dès 1950, Staël est déjà un peintre qui compte, on parle de lui dans la revue new yorkaise Art and theatre. En France, Christian Zervos lui consacre un très grand article où il compare l'artiste aux grandes figures de l'histoire de l'art>. L'exposition personnelle qui lui est consacrée chez Dubourg du 1er au 15 juin obtient un succès d'estime et le fait connaître des personnalités du monde des arts. En octobre, lorsque Jean Leymarie tente d'acheter la toile Rue Gauguet pour le musée de Grenoble, il se trouve face à la Tate Gallery qui la lui dispute. Le tableau sera finalement acquis par le musée des beaux-arts de Boston.

Staël devient un artiste d'autant plus important que ses tableaux commencent à entrer dans les collections américaines. Le critique Thomas B. Hess écrit dans la revue Art News : « Staël jouit d'une réputation un peu underground en Amérique, où il vend une quantité étonnante de peintures, mais il reste relativement peu connu. » Le travail de promotion de Schempp commence pourtant à porter ses fruits. L'atelier de l'artiste se vide de ses peintures. En 1951, Staël entre au Museum of Modern Art de <

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 06:17

En 1947 ses portraits d'écrivains suscitent un autre scandale, à l'origine des portraits de Jean Paulhan , de Paul Léautaud, le "sorcier Peau-rouge" et d'Henri Michaux, à l'encre de chine et à la gouache. Voici celui d'Henri Michaux, l'écrivain namurois et de Paul Leautaud. Il ne faut pas oublier que Jean Dubuffet veut devenir écrivain depuis son enfance. Ses premières rencontres sont celles d'Armand Salacrou et de Georges Limbour. Il veut être écrivain car il ne se sent pas peintre. Une influence importante va apparaître: Jean Paulhan qui aide Dubuffet à devenir écrivain (Il voue aussi un véritable culte à Louis-Ferdinand Celine) Finalement Dubuffet sera peintre mais le "titre" sera son terrain d'écriture. Le titre sera un morceau d'écritureEntre 1947 et 1949, alors que ses entrepôts de Bercy sont vendus, il entreprend plusieurs voyages dans le Sahara et apprend l'arabe. Il réalise une série de gouaches, de nombreuses peintures à la colle et des dessins aux crayons de couleur, travail préliminaire à un cycle sur le désert qui ne verra jamais le jour
En 1947 également, sa première exposition à New-York connaît un vif succès
Jean Dubuffet-BiographieDès juillet 1945, Jean Dubuffet a commencé en France et en Suisse une collection curieuse; il s'agit d'oeuvres d'expression populaire, de sculptures, peintures, tapisseries, objets divers élaborés par de médiums, malades mentaux, artisans marginaux et détenus.. Accompagné de Jean Paulhan et de Le Corbusier, il se rend d'abord en Suisse à l'hôpital de Waldau de Berne. Il y découvre les travaux d'Adolf Wölfli et d'Heinrich Anton Müller, rencontre Walter Morgenthaler (le biographe et psychiatre de Wölfli). A Lausanne ce sont les travaux de Louis Soutter et Marguerite Burnat-Provins qui l'enthousiasment. Dans une lettre à René Auberjonois, Dubuffet emploie pour la première fois le terme d'art brut. Il se rend à l'asile de Rodez et y rencontre le Dr Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud

Il  invente donc le terme
d'ART BRUT pour décrire leur art spontané, ignorant les canons artistiques. Les oeuvres sont d'abord exposées dans le sous-sol de la galerie Drouin (novembre 1947). Au printemps 1948, Dubuffet fonde avec André Breton, Michel Tapié et Jean Paulhan, la Compagnie de l'Art brut, vouée à l'étude et à la diffusion de l'art involontaire, sans culture ni tradition. La collection voyage en suite chez Alfonso Ossorio à New-York, puis rue de Sèvres à Paris, avant de trouver refuge à  Lausanne en 1976, où elle constitue aujourd'hui la Collection de l'Art brut (Michel Thevoz et actuellement Lucienne Peiry depuis 2001), au Château de Beaulieu que voici
Dans les années 1950, Dubuffet multiplie les séries. Corps de Dames brise un nouveau tabou ethétique, celui de la représentation esthétique de la femme. Sols et Terrains prolonge ses recherches sur la matière. Il donne également une importante série de "vaches". Voici "La Vache à la jolie queue"Les vaches de Jean DubuffetEn 1955 il s'installe à Vence et reprend ses assemblages de fragments de tableaux, de textures et de morceaux de papiers tachés d'encre. Son goût déjà évident pour les textures riches et empârées débouche sur le cycle des "Texturologies"(1957), hauts-reliefs de matériaux mixtes et en partie non picturaux d'où toute anecdote, toute figuration est exclue. Plusieurs autres séries ont trait à l'élément minéral: Terres radieuses, Pâtes battues, Célébrations du sol. Voici "Vie exemplaire du Sol "1958De 1958 à 1962, il travaille à des compositions lithographiques (cycle des Phénomènes), réalise une série d'empreintes sur le thème de Barbes, marie des végétaux dans  "les Eléments botaniques" et commence le grand cycle des Matériologies. Voici la "Barbe de lumière des aveuglés" juillet 1959 et en-dessous "Barbe des Combais Parallèlement, il entretient durant une douzaine d'années, des relations avec le Collège de pataphysique qui lui consacre un double cahier en 1960 (Cosmorama de Jean Dubuffet). Il aborde également la création musicale avec l'un des fondateurs du groupe Cobra, Asger Jorn. Leur collaboration se traduit apr un enregistrement de quatre disques. En 1961 toujours, le cycle Paris Circus marque le grand retour à la peinture aux couleurs primaires et aux formes exacerbées. Dubuffet y campe la grande ville, son affluence, ses rues, ses enseignes, ses automobiles
Voici "Dames aux Fenêtres" 1963

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 06:52

Jean Dubuffet, peintre et sculpteur français, né le 31 juillet 1901 au Havre et décédé le 12 mai 1985 à l'âge de 83 ans.

Livre qui m'a été offert en 1976 par le peintre belge Jean-Pierre Ransonne




"L'art ne vient pas coucher dans les lits qu'on fait pour lui; il se sauve aussitôt qu'on prononce son nom; ce qu'il aime c'est l'incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s'appelle" (Jean Dubuffet)


Artiste iconoclaste, pourfendeur des institutions, Jean Dubuffet a produit une oeuvre abondante et variée, marquée par une remise en question constante. Artiste majeur du XXe siècle, sa vie est scindée en deux périodes distinctes; la première porte l'empreinte d'un héritage familial assumé tant bien que mal; la seconde qui se confond avec son oeuvre, débute lorsqu'à l'âge de 41 ans, il décide de se livrer exclusivement à sa vocation artistique. Issue d'une
famille normande de négociants en vin, Jean Dubuffet s'inscrit à l'école des Beaux-Arts du Havre, sa ville natale, en 1916. Après l'obtention du baccalareat, il suit quelque temps les cours de l'academie Julian à Paris. Il fréquente Suzanne Valadon, Max Jacob, André Masson, Fernand Léger et Juan Gris. Ctte vie de dilettante de promonge jusqu'à son service militaire qu'il effectue comme météorologiste à la Tour EiffelEn 1924, doutant des valeurs culturelles, il interrompt ses études et tous ses travaux afin "d'épouser la vie active". Il s'embarque pour Buenos Aires où il travaille dans un atelier de chauffagistes. De retour au Havre six mois plus tard, il prend des fonctions dans le commerce familial-dont il héritera à la mort de son père-et se marie.
En 1930, il s'installe définitivement à Paris avec sa femme et sa fille et fonde une entreprise de négoce de vins en gros à Bercy. Il se remet à peindre, confectionne des masques, fabrique des marionnettes et ralise des portraits d'Emilie Carlu, dite Lili, qui deviendra sa seconde femme en 1937. Ses affaires négligées, périclitent: il abandonne à nouveau la peinture. En 1939, il est mobilisé, puis muté piur indiscipline et évacué vers le sud. A son retour à Paris en septembre 1940, il reprend en main son affaire de vins, qui prospère, entre trafic et marché noirA partir de 1942, il décide de se consacrer exclusivement à l'art et crée des images primitives au dessin volontairement malhabile, proche de la caricature ou du graffiti. Dans un expressionnisme bariolé, il se met à peindre sa série "Vues de Paris", inspirée de dessins d'enfants
Les dessins des malades mentaux, découverts au cours d'un voyage à Heidelberg, l'intéressent aussi vivement.
Au printemps
1943, il produit quelques toiles sur le métro (un thème récurrent) et d'autres sur le JazzEn 1944, il crée ses premiers Graffitis, ses Messages à l'encre de Chine, gouaches et encres de couleur sur papiers journaux, ainsi que ses premières tables. Sa première exposition a lieu en octobre 1944 à la Galerie Drouin; il y présente sa série des Marionnettes de la ville et de la campagneEn 1946, il récidive avec Mirobolus, Macadam et Cie, Hautes Pâtes. La facture de ces tableaux fait scandale. Dubuffet se détourne de la peinture à l'huile traditionnelle pour de mélanges de sa confection: céruse, mastic liquide, sable, graviers, goudron, vernis, plâtre, pouddière de charbon, éclats de verre...Sur cette pâte, il incise, coupe, racle avec un grattoir, une cuiller et même ses doigts

http://www.youtube.com/watch?v=2uOOXaVSUPs

En 1946 il publie aussi ses premiers écrits chez Gallimard. Voici ci-dessous une édition originale de 1946, qui m'a été offerte par un libraire, amateur et collectionneur d'art, Monsieu Deom, lors d'une de mes expositions à Arlon en 1980. Un beau cadeauEt voici encore une oeuvre de 1946, "La Venus au Trottoir"

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 07:42

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La figuration-abstraction 1952-1955

Les années explosives : 1952-1953

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Ménerbes où Staël a acheté une maison en 1953, au fond : le Luberon.

Ce sont les années où Staël a effectué le plus grand renouvellement continu selon l'expression de Dobbels. L'année 1952 est riche en création, elle voit naître plus de 240 tableaux de l'artiste, grands et petits formats dont Mantes-la-Jolie, actuellement conservé au Musée des beaux-arts de Dijon. Staël passe de la nature morte aux paysages de l'Île-de-France, aux scènes de football et aux paysages du Midi de la France. Pourtant cette année foisonnante commence par une déception avec une exposition à Londres à la Matthiesen Gallery. Cette ville enthousiasmait l'artiste en 1950. Mais à son retour, en 1952, il dit à sa fille Anne : « Londres, c'est les égouts de Paris en plein ciel avec la majeure partie des maisons construites en poussière marine, pierres à coquillages, noires près de la terre et blanches là où le vent de la mer les lave suffisamment. » En février-mars, 26 tableaux sont présentés. Le vernissage est mondain mais n'a aucun succès. La critique ne comprend pas Staël à l'exception du critique d'art John Russell qui voit dans le peintre un novateur irremplaçable et de Dennis Sutton qui écrit dans la préface du catalogue : « Staël a établi sa foi dans une œuvre intangible, nourrie par la lumière (…) Ce sont des peintures qui élèvent l'esprit. »

Staël est un peu ébranlé, il se lance dans des paysages sur carton de petits formats dans les tond gris bleu et vert (Mantes, Chevreuse, Fontenay-aux-Roses) qu'il distribue à ses amis, notamment à René Char<. Il fait don des Toits (200 x 150 cm, tableau d'abord intitulé Le ciel de Dieppe) au Musée d'art moderne de Paris. Londres l'a fait douter.Dieppe 52083

Mais bientôt un évènement va faire exploser son enthousiasme. Le 26 mars 1952 a lieu au Parc des Princes le match de football France-Suède auquel Staël assiste avec sa femme. Le peintre ressort du Parc transformé, habité par les couleurs qu'il veut immédiatement porter sur la toile. Il y passe la nuit, commençant une série de petites ébauches qui vont devenir Les Footballeurs, sujet qu'il traite avec de très vives couleurs dans plus d'une dizaine de tableaux qui vont du petit au grand format, des huiles sur toile ou huiles sur carton dont un exemplaire se trouve à laFondation Gianadda, un plus grand nombre au Musée des beaux-arts de Dijon, un exemplaire au Musée d'art contemporain de Los Angeles et beaucoup dans des collections privées. Staël se livre tout entier à sa passion des couleurs et du mouvement. Le clou de ce travail, sur lequel il passe la nuit entière pour les ébauches des footballeurs, apparaît au bout d'une semaine : Le Parc des Princes, une toile tendue sur châssis de 200 x 350 cm (7 m2). Il utilise des spatules très larges pour étaler la peinture et un morceau de tôle de 50 cm qui lui sert à maçonner les couleurs .Footballers parc princes nicolas de stael.1280230887

Lorsqu'il expose son Parc des Princes au Salon de mai de la même année, le tableau est ressenti comme une insulte tant par ses confrères que par la critique. Le Parc apparaît comme un manifeste du figuratif qui a contre lui tous les partisans de l'abstraction. Comme Jean Arp ou Jean Hélion, Staël est déclaré coupable d'avoir abandonné ses recherches abstraites, il est traité decontrevenant politique selon l'expression d'André Lhote.Les Footballers 19520881952 Joueurs de footNature morte avec une bouteille112

À tout ce bouillonnement autour de deux mots, Staël répond dans un questionnaire que Julien Alvard, Léon Degand, et Roger van Gindertael ont donné à plusieurs peintres : « Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace. »

André Breton déclare que « le novateur authentique, à qui marchands et critiques défendent aujourd'hui, pour des raisons de vogue, toute autre voie que celle du non-figuratif n'a pas grande chance de s'imposer. ». Ce en quoi il se trompe. Le galeriste new yorkais Paul Rosenberg, très attiré par cette toile, va imposer Staël aux États-Unis dès l'année suivante et lui proposer un contrat d'exclusivité après avoir vu l'exposition du 10 au 28 mars 1953 à New York chez Knoedler, où Staël a connu un succès retentissant Paul Rosenberg est un galeriste de référence auxquels les amateurs font confiance. Il vend les grands maîtres : Théodore Géricault, Henri Matisse, Eugène Delacroix, Georges Braque. Nicolas de Staël est heureux de se retrouver en si bonne compagnie.

Pots rouges 1952Pot rouge 1952082Les Bouteilles 1952Bouteilles 1952081

Mais la vie à New York lui paraît difficile. Le 13 mars, il revient à Paris, au moment où paraît le livre de Pierre Lecuire, Voir Nicolas de Staël, avec une lithographie en couverture et deux gravures de Staël.

Quelques mois plus tard, Staël trouve une nouvelle source d'inspiration dans la musique. Alors qu'il est invité le 5 mai à un concert chez Suzanne Tézenas, à la fois héritière et mondaine, le peintre découvre les "couleurs des sons" : après avoir entendu Pierre Boulez, Olivier Messiaen, Isaac Albéniz, il s'intéresse à la musique contemporaine et au jazz. En particulier à Sidney Bechet auquel il rend hommage avec deux toiles : Les Musiciens, souvenir de Sidney Bechet dont une version se trouve au Centre Pompidou, à Paris, l'autre version, intitulée Les Musiciens (Street Musicians), à la Phillips Collection de Washington. De cette période d'inspiration musicale naîtront également L'Orchestre. Il envisage même un ballet avec René Char : L'Abominable des neiges, ainsi qu'une toile inspirée par la reprise à l'Opéra de Paris de l'opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau Les Indes galantes que le peintre intitulera aussi Les Indes galantes, une huile sur toile de 161 x 114 cm (collection particulière) peinte en 1952- 1953.

La Lune 1953La lune 1953090Nature morte aux bocaux 1953Nature morte aux Bocaux 195307356459b0e-540e-11de-a619-9bd384adb8b6Nature morte en gris 1953Nature morte en gris 1954071

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Le village de Lagnes où Staël a résidé.

Mais il lui manque toujours les couleurs du Midi. Il loue pendant un mois une magnanerie près d'Avignon, à Lagnes, où les couleurs de sa palette vont devenir éclatantes. Puis il met toute sa famille dans sa camionnette et il l'emmène en Italie puis en Sicile où il admire la Toscane, Agrigente, sujet de ses plus célèbres toiles<

.

Agrigenteagrigente-nds 753Agrigente078Agrigente079La route d'UzèsLa Route d'Uzès 1954085La Seine à Paris 1954La Seine à Paris 1954084Les Martigues 1954Les Martigues 1954

Peu après, Staël achète une maison dans le Luberon, à Ménerbes, le Castelet. Il y peint entre autres plusieurs toiles intitulées Ménerbes dont une version d'un format de 60 x 81 cm se trouve au musée Fabre de Montpellier. Il continue à fournir inlassablement Rosenberg qui explique dans un journal américain qu'il considère Staël comme une des valeurs les plus sûres de son époque, le marchand d'art prépare une exposition : Recent Paintings by Nicolas de Staël qui aura lieu dans sa galerie en 1954Ménerbes.

L'exposition du 8 février 1954 chez Paul Rosenberg va se révéler un très grand succès commercial.

Les couleurs du Midi : 1954 - 1955

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Le Lavandou, un des lieux où Staël a peint des paysages méditerranéens.

Exilé aux États-Unis depuis la Guerre, Rosenberg, qui avait une galerie au 26 rue La Boétie à Paris, et une succursale à Londres, a déjà vendu les plus grands peintres dans les années trente : Picasso, Braque, Léger, Matisse. Plus qu'un marchand, c'est un "seigneur" qui dit par provocation : « Pour moi, un tableau est beau quand il se vend. » Et précisément, il vend énormément de Staël. La majorité des œuvres de la période 1953-1955 ont été vendues à New York, principalement par Rosenberg, (ainsi que par Schempp), comme on peut le vérifier dans le catalogue raisonné établi par Françoise de Staël et la liste des œuvres actuellement visibles dans les musées américains.

Pour l'exposition du 8 février 1954, le peintre lui fournit tous les tableaux qu'il a peints à Ménerbes, en souvenir de son voyage en Sicile, en Italie.

FiesoleIci Fiesole en haut et Paysages siciliens en basSicile 1954068-copie-1Temple sicilienTemple sicilien 1953069

Il propose toutes les couleurs du Midi, des fleurs, des natures mortes, des paysages. À Lagnes, Staël a travaillé avec une telle énergie et a produit tant de toiles que Rosenberg est obligé de le freiner en lui expliquant que les clients risquent d'être effrayés par une trop grande rapidité de production. Agacé, Staël répond qu'il fait ce qu'il veut, et que peindre est pour lui une nécessité, exposition ou pas. Il demande même que le marchand lui renvoie une Nature morte aux bouteilles (1952) que Rosenberg trouve trop lourde, et dont une version de 64 7 × 81 cm se trouve au musée Boijmans van Beuningen deRotterdam.1952 Nature morte avec une bouteille111

À New York, les tableaux de Staël reçoivent un accueil favorable de la part des collectionneurs américains qui achètent très rapidement, certains d'entre eux en feront don à des musées, ce qui explique l'énorme proportion de tableaux de Staël actuellement visibles aux États-Unis. Lors du vernissage, il y a, dans l'assemblée, un jeune diplomate français qui est bouleversé par cette peinture. C'est Romain Gary. Il écrit à Staël, rue Gauguet : « Vous êtes le seul peintre moderne qui donne du génie au spectateur. »

Le 3 avril, Françoise donne naissance à un fils, Gustave, dont le peintre dit que c'est « son portrait en miniature, un objet très vivant . »

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Antibes vue des remparts sur lesquels Staël avait son atelier en 1954.

Au mois de juin, chez Jacques Dubourg, une nouvelle exposition de Staël montre une douzaine de peintures parmi lesquels Marseille (vue de Marseille), huile sur toile de 64 7 × 81 cm actuellement visible au Los Angeles County Museum of Art, L'Étang de Berre, La Route d'Uzès,LxLa Route d'Uzès 1954087 tableaux qui font sensation. Mais certains critiques s'en prennent au nouveau style du peintre. Notamment Léon Degand qui écrit que ces belles couleurs et ce brio « s'avèrent insuffisants au bout de cinq minutes, pour qui cherche un peu plus que des qualités purement extérieures. » Staël a aussi des défenseurs qui soulignent le talent du peintre dans le concret et dans la couleur, notamment Alain Berne-Jouffroy dans La Nouvelle Revue Française.

À Paris, pendant l'été, Staël peint une série de natures mortes, de paysages et de bouquets de fleurs : La Seine (89,2 × 130,2 cm), achetée par Joseph H. Hirshhorn qui en a fait don à Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington). Le peintre fait plusieurs séjours dans la Manche ou près de la mer du Nord d'où il ramène le sujet de toiles aux tonalités douces : Cap Gris-Nez, Cap Blanc-Nez. Les toiles de cette période ont rapidement trouvé acquéreur et elles sont pour la plupart dans des collections privées.

Mais Nicolas de Staël a changé. Littéralement envoûté par Suzanne Tézenas, dont le salon parisien rivalise avec ceux de Louise de Vilmorin ou deFlorence Gould, il est pris d'une passion fiévreuse pour celle qui est la mécène de Pierre Boulez après avoir été l'amie très chère de Pierre Drieu La Rochelle .

En 1954, Staël s'entiche d'une autre femme : Jeanne Mathieu. Pour être près de celle qu'il aime, et qui réside près de Nice, le peintre achète d'abord un château "Le Castellet" à Ménerbes (je l'ai visité)...le voici...de-Stael1---Menerbes-1 de-Stael2---Menerbes-1puis loue un appartement à Antibes où il vit seul, sans sa famille et où il installe son atelier. « Pour la première fois de sa vie, Staël aime plus qu'il n'est aimé. Sa passion pour Jeanne le submerge. » C'est elle qu'il campe de mémoire dans : Jeanne (nu debout) (146×97 cm), Nu couché0741953, tableau postdaté et intitulé en 1954 Nu Jeanne, une silhouette vaporeuse, émergeant d'une brume de couleurs tendres. C'est également Jeanne Mathieu qui a servi de modèle au Nu couché, tableau qui a été vendu en décembre 2011 pour la somme de 7.03 millions d'euros.Nu-couche2-copie-1.jpg

Travaillant de nouveau comme un fou, il n'utilise plus la même technique. Maintenant, au lieu de peindre en pâtes épaisses, il dilue les couleurs. Les marines deviennent son thème privilégié. Le fils de Paul Rosenberg lui écrit : « Il y a des gens pour regretter vos empâtements, trouvant la matière lisse du dernier lot moins frappante. » Le peintre use maintenant de matériaux différents, il abandonne le couteau et les spatules pour du coton ou des tampons de gaze avec lesquels il étale la couleur. Les grands formats l'intimident désormais, mais il continue à en réalise.

Un voyage en Espagne et la visite des salles Vélasquez au musée du Prado lui font un temps oublier Jeanne. Mais bien vite, il retourne à Antibes car la passion le dévore. À l'automne, il se sépare définitivement de Françoise. À la fin de l'année, il se retrouve seul et abattu. Mais il a plusieurs projets d'expositions dont une au musée Grimaldi, et la frénésie le reprend. Il travaille sur plusieurs toiles à la fois : dans le dernier mois de sa vie, il réalise plus de 350 peintures. Mais il a besoin d'avis. Il en demande d'abord à Douglas Cooper, un collectionneur d'art, qui se montre très sceptique sur le style décoratif de ces dernières œuvres. D'après John Richardson, Cooper était d'une humeur grincheuse. Cooper est insensible auxMouettes (195 × 130).1955 Les Mouettes108 Fin janvier, Staël écrit à Cooper pour expliquer son évolution et défendre son point de vue, mais il est très atteint par la réserve de Cooper bien qu'il fasse mine de la rejeter. Il rejette également les remarques de Pierre Lecuire, mais les critiques le blessent. Mais, bien que très inquiet sur la qualité de son travail, il continue d'expédier des toiles à New York et à Paris.

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Maison d'Antibes où Staël a vécu de 1954 à 1955.

Il écrit à Suzanne Tézenas : « Je suis inquiet pour la différence de lumière, lumière d'Antibes à Paris. Il se pourrait que les tableaux n'aient pas à Paris la résonance qu'ils ont dans mon atelier d'Antibes. C'est une angoisse. ». Le 5 mars, il se rend à Paris où il retrouve finalement l'inspiration. Il assiste à deux concerts au Théâtre Marigny, il suit une conférence de Pierre Boulez, il rencontre des amis avec lesquels il forme des projets et, de retour à Antibes, il peint ses impressions musicales. Sur un châssis de 6 mètres de haut il entreprend Le Concert et il trouve chez des amis violonistes des matériaux pour exécuter des esquisses. La peinture provoque chez lui une extrême tension. Le malaise de Nicolas est d'autant plus grand que Jeanne Mathieu se montre très distante, et ne vient pas à leur dernier rendez-vous.1955 stael concert 1955

Le 16 mars, Staël se jette par la fenêtre de son atelier, après avoir tenté la veille d'ingurgiter des barbituriques.

Selon Jean-Louis Prat, commissaire de l'exposition Nicolas de Staël en 1995 à la Fondation Gianadda : « Entre une abstraction qui n'a pour elle que le nom et une figuration qui n'illustre qu'imparfaitement le réel, Nicolas de Staël a exploré jusqu'à l'épuisement le vrai domaine de la peinture dans son essence et son esprit. »

C'est aux États-Unis que les amateurs de Staël ont été les plus nombreux. Dans l'année qui a suivi sa mort, les tableaux du peintre n'ont été exposés que dans des musées américains. Les œuvres de Staël sont revenues en Europe l'année suivante122.

Expositions personnelles en 1955-1956

La dernière rétrospective de l'œuvre de Nicolas de Staël a eu lieu à la Fondation Gianadda de Martigny, en Suisse, du 18 juin au 21 novembre 2010 : Nicolas de Staël, 1945-1955.

Sélection d'œuvres[modifier]

Entre les tableaux, les collages et les dessins, ce sont au total plus de mille pièces (compositions abstraites, nus, natures mortes) qui sont dans les musées et dans les collections particulières.

Cote

  • Nature morte au poêlon, 1955, huile sur toile, 65×81 cm, adjugée 625 232 euros en octobre 2007.
  • Nu couché, 1954, 97 x 146 cm, adjugée 7,03 millions d'euros en décembre 2011 à Paris.

Bibliographie]

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Tombe de Nicolas de Staël et Jeannine Guillou au cimetière de Montrouge.

Correspondance[modifier]

Essais et biographies

  • André Chastel, Françoise de Staël et Jacques Dubourg, Staël, lettres et catalogue raisonné de ses peintures 1934-1955, Paris, Le Temps, 1968, 407 p.Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Pierre Jouffroy, La Mesure de Nicolas de Staël, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1981 (ISBN 2-8258-0001-5) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Françoise de Staël, Nicolas de Staël, catalogue raisonné de l'œuvre peint, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1997, 1267 p. (ISBN 2-82558-0054-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Françoise de Staël, née Françoise Chapouton, est la veuve de Nicolas de Staël décédée le 29 mars 2012.
  • Jean-Paul Ameline, Alfred Pacquement et Bénédicte Ajac, Nicolas de Staël, catalogue de l'exposition du 12 mars au 18 juin 2003, t. pages totales= 251, Paris, éditions du Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-158-2)Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Louis Andral (sous la dir.), Nicolas de Staël, un automne, un hiver, catalogue de l'exposition du musée Picasso à Antibes, éd. Hazan, Paris, 2005
  • Alain Madeleine-Perdrillat, Staël, les mots de la peinture, Paris, Hazan, 2003, 128 p. (ISBN 2-85025-861-X)

Filmographie

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 17:43

Malgré son mépris pour les cerces littéraires officiels et les rapports ambigus qu'il entretient avec l'écriture, Dubuffet produit de nombreux textes critiques, mémoires sur ses travaux et essais polémiques, dans un style raffiné, sophostiqué: Notes pour les fins lettrés (1946), Prospectus aux amateurs en tous genres (1946), Positions anti-culturelles (1951)...En 1968, il publie "Asphyxiante Culture", un pamphlet dont la veine anarchiste du début du XXe siècle. Ses écrits réunis sous le titre Prospectus et tous écrits suivants (Gallimard 1967-1995) occupent quatre volumesDubuffet2.jpgEcritts de Jean Dubuffet-Céline-Gombrowicz
Il faut mentionner aussi son abondante correspondance, notamment avec Céline auquel il vouait un véritable culte mais aussi avec Gombrowicz, Paulhan, Breton, Queneau ;
Ainsi que celle avec Pierre Carbonel, qui a fait l'objet d'un livre publié en 1992 et intitulé "Lettres à un animateur de combats de densités liquides (Editions Hesse) (Pierre Carbonel, né en 1925, était un autodidacte méconnu, ayant découvert Dubuffet par la lecture du catalogue de son exposition au Pavillon de Marsan en 1960. Par une technique tout à fait personnelle-un mélange d'encres et d'autres liquides de densités différentes manoeuvrés sur de grands bristols, Carbonel fera naître, jusqu'en 1981, un monde étrange et primitif de masques, de totems et de personnages hiératiques et pierreux, oeuvres qui forcaient l'admiration de Jean DubuffetCorrespondance Dubuffet et Pierre Carbonel-Pierre Carbonel dont voici quelques extraits:

 "Je suis tout à fait convaincu que n'importe qui, sans aucune connaissance ni habiletés spéciales, sans surtout qu'il ait du tout à regarder à je ne sais quelles prétendues dispositions natives, peut s'adonner à l'art avec toutes chances de réussite. Il faudra seulement qu'il découvre les moyens de s'exprimer qui lui conviennent, qui lui permettent d'extérioriser ses humeurs sans en rien fausser ni rien perdre; c'est celà qui est difficile ! C'est celà qui nécessite, la plupart du temps, un long et patient travail d'expériences et de recherches "
(Pierre Carbonel est un créateur autodidacte méconnu. Par une technique tout à fait personnelle-un mélange d'encres et d'autres liquides de  de densités différentes, il fera naître, jusqu'en 1981-un monde étrange et primitif de masques-de totems et de personnages hiératiques et pierreux, oeuvres qui forçaient l'admiration de Jean Dubuffet)


"C'est que l'art est un language auquel il appartient de mettre en oeuvre, nos voix intérieures qui ne s'exercent pas d'habitude ou qui ne s'exercent que d'une façon sourde et étouffée. Il appartient à l'art en premier chef, de substituer de nouveaux yeux à nos yeux habituels, de rompre tout ce qui est habituel, de crever toutes les croûtes de l'habituel, d'éclater justement la coquille de l'homme social et policé et de débouchez les passages par où peuvent s'exprimer ses voix intérieures d'homme sauvage"

"Et si l'art n'aimait pas à coucher, comme parle Dubuffet, dans les lits qu'on lui faits, ni non plus habiter les demeures qu'on lui bâtit ou s'établir dans les enclos qu'on lui assigne? Le lieu que désignent et vers lequel convergent tous les écriteaux, flèches et panneaux que la culture dispose pour enfermer le créateur et le consommateur lui-même dans ses circuits, comment l'art pourrait-il accepter de s'y tenir, habitué qu'il est, à courir la prétentaine, battre en sauvage les buissons et dissimuler ses sentiers, à rompre tout itinéraire, sitôt celui-ci tracé et repéré" (Hubert Damish)
De Dubuffet à propos de Céline: " Il est à remarquer que l'hostilité dont fut l'objet Céline, se déclara bien avant qu'il ait manifesté ses vues sur aucun territoire politique
L'itelligentsia sentit là qu'on se mettait à détruquer, comme on démine. Tout le statut de l'Intelligentsia repose sur un système de vaste imposture, à postes et relais, si complexe et étendue que si l'un ou l'autre de ces postes, par accident, saute, il ne met pas l'ensemble en péril; mais quand apparaît le déterminé déboulonneur, celui qui s'attaque à la centrale, le grand saboteur, les tocsins sonnent et les sociétaires de tous grades, s'élancent aux remparts avec l'huile bouillante"

Une autre phrase qui ressemble étrangement à du Thomas Bernhard : "Les professeurs sont des écoliers prolongés qui, terminé leur temps de collège, sont sortis de l'école par une porte pour y rentrer  par l'autre, comme les militaires qui rengagent"Meubles et Objets  1952

A Pierre Carbonel : "Dans beaucoup de cas les oeuvres qui bénéficient d'une grande réussite sociale sont de très faible valeur créative tandis que les oeuvres d'une forte valeur créative ne bénéficient d'aucune réussite sociale "
"Vos dessins ne me semblent pas de ceux qui puissent toucher les débonnaires villageois tourangeaux. Mais une exposition a-t-elle jamais apporté à quiconque rien de bon?"

"Je ne saurais trop vous conseiller de vous en tenir strictement à la notion de création d'art faite pour votre seule délectation, sans que s'y mèle aucune visée à en tirer gloire et profit"

"Il faut faire l'art pour soi-même, comme d'autres font  la pêche, ou la marche à pied, et surtout pas pour en faire exhibition "

"Les promotions sociales sont satisfactions tout à fait obscures, les philosophes chinois ont très bien dit celà. La moindre arrière-pensée de promotion sociale empêche la mayonnaise de prendre, je parle de la mayonnaise de création d'art"
Et en 1981 "On dit que la sagesse vient avec l'âge. J'en ris. La notion de sagesse est fausse aussi. Le mieux est de se laisser porter comme bouchon sur l'eau. Le bouchon est sage"

Et lisez ce poème composé en 1959 et accompagnant  cette peinture "La Barbe des Combais" à une époque où Dubuffet est obsédé par les barbes"As-tu vieilli
La fleur de barbe
Sur la mi-côte
C'est le printemps et voici
Que la barbe reverdit
S'en tisse le fil du lundi
A la fin de la semaine
S'embarbe tout le pays "

Et puis il y a le numéro spécial de l'Arc, datant de 1990

qui contient quelques fleurons:

"Il en est de la culture comme de bien d'autres choses dont la vertu s'envole aussitôt leur nom prononcé. Au premier stade il y a l'art gaillard, gratuit et plein de sève. Au second, il y a l'invention du mot culture, qui met à l'art bon plomb dans l'aile. Au troisième il y a la culture de choc, la caporalisation de la culture, et plus d'art du tout "

"La production d'art est un champ donné à l'esprit de caprice. Rien n'et plus dommageable à l'esprit de caprice que son assujettisement à une raison d'Etat, son administration par la collectivité, qui implique son contrôle et son orientation"


Jean Dubuffet dans son atelier à Vence en 1959Dubuffet à Vence-1959Avec Dubuffet les relations sont contradictoires. Il y a d'une part, le volume de ses écrits-quatre tomes auxquels il faudrait encore ajouter la somme énorme des lettres échangées-et la qualité du style. Gombrowicz-un autre de ses correspondants-l'a défini: "une façon de dire  à la fois nonchalante, aisée et quand même violente et agressive qui permet de deviner toute une réalité intérieure extrêmement personnelle".
Et il y a d'autre aprt, le mépris des littérateurs et de tout ce qui serait tradition classique, la volonté de casser la grammaire et de brutaliser l'orthographe. Les portraits de 1947 sont des caricatures méchantes: expressions de stupidité, d'hystérie, de morgue ou d'ennui. Les ressemblances sont "cuites" ou "éclatées" jusqu'au grotesque. Non moins significative est l'amitié pour Céline et Gombrowicz, deux révoltés, deux sacrilèges. Dubuffet adore la littérature et veut lui faire la peau.



Portrait de Pierre Matisse "le frère de l'autre". 1947. "Pierre Matisse, portrait obscur"



Portrait de Pierre Matisse-Dubuffet-1947

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 06:29

 

Otto Dix

Description de cette image, également commentée ci-après

Otto Dix (à droite) en 1957.

Nom de naissance Wilhelm Heinrich Otto Dix
Naissance 2 décembre 1891
Untermhaus, Empire allemand
Décès 25 juillet 1969 (à 77 ans)
Singen, Allemagne de l'Ouest
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemande
Activités Artiste-peintre
Mouvement artistique Expressionnisme, Nouvelle Objectivité

Œuvres réputées

Les Joueurs de skat (1920)
La Guerre (triptyque) (1929 à 1932)
Pragerstrasse (La Rue de Prague) (1920)

Otto Dix (Untermhaus, près de Gera, le 2 décembre 1891,Singen 25 juillet

1969  Singen25 juillet 1969) est un peintre allemand associé aux mouvements de

l'expressionnisme et à la Nouvelle Objectivité.

Biographie

Jeunesse

220px-OttoDIX.jpg
Otto Dix - Autoportrait (1926).

  • Otto Dix est issu d'un milieu ouvrier (son père, Franz Dix, travaillait dans une mine
  •  
  • de fer), mais reçoit une éducation artistique par sa mèrince de Reussre, Pauline Louise Dix, qui  
  • s'intéressait à la musique et à la peinture. Après avoir suivi les cours du
  •  
  • professeur de dessin Ernst Schunke pendant sa jeunesse, Dix prend des cours
  •  
  • à Gera de 1905 à 1909 auprès de Carl Senff, qui doute de l'avenir de son élève en
  •  
  • tant que peintre. Une bourse d'étude fournie par le prince de Reuss lui permet
  •  
  • d'entrer à l'École des arts appliqués de Dresde, où il étudie
  •  
  • entre 1909 et 1914. Johann Nikolaus Türk et Richard Guhr (en) figurent parmi ses
  •  
  • professeurs. Dix s'essayera au cubisme, au futurisme et plus tard au dadaïsme.

 

Quand la guerre éclate, il s'engage comme volontaire dans l'artillerie de

campagne allemande. L'année suivante, il reçoit une formation de mitrailleur et participe à de nombreuses campagnes en Champagne, dans la Somme ou en Russie dont il sortira vivant. Il a alors en tête des images d'horreur qu'il essaie d'oublier en peignant, comme en témoigne Les Joueurs de skat en 1920.

Son œuvre la plus aboutie témoignant des expériences traumatisantes vécues lors de la guerre estle portefeuille de cinquante eaux-fortes, Der Krieg(La Guerre)publié en 1924. Il parlera ainsi de cette expérience :

« Le fait est que, étant jeune, on ne se rend absolument pas compte que l'on est, malgré tout, profondément marqué. Car pendant des années, pendant 10 ans au moins, j'ai rêvé que je

devais ramper à travers des maisons en ruines (sérieusement), à travers des couloirs, où je pouvais à peine passer. Les ruines étaient toujours présentes dans mes rêves2... »11 b

12 bDe 1919 à 1922, Dix étudie également à Düsseldorf, avant d'adhérer au mouvement réaliste et satirique Neue Sachlichkeit (Nouvelle objectivité). Il enseigne ensuite les beaux-arts à Dresde à partir de 1927.

Sous le régime nazi

 

Après la prise du pouvoir par les nazis en 1933, Dix, alors enseignant à l'université, est l'un des premiers professeurs d'art à être renvoyé,

persécuté parce qu'il est considéré comme « bolchévique de la culture » par les nationaux-socialistes. La même année, menacé de prison et de

camp d'internement, il commence une « émigration intérieure » dans le sud-ouest de l'Allemagne (à Randegg en 1933 puis

à Hemmenhofen en 1936), près du lac de Constance, où il se met à peindre des paysages.

 

En 1937, ses œuvres sont déclarées « dégénérées » par les nazis. Quelque 170 d'entre elles sont retirées des musées et une partie est brûlée ;

d'autres sont exposées lors de l'exposition nazie « Art dégénéré » (Entartete Kunst). À titre d'exemple, Dix peint la toile intitulée La

Tranchée en 1923 ; déclarée « art dégénéré », elle a probablement été détruite par les nazis. Il compose également son triptyque La

Guerre entre 1928 et 1931. Le but de cette œuvre n'est pas de provoquer angoisse ou panique, mais de « simplement transmettre la

connaissance du caractère redoutable de la guerre, pour éveiller les forces destinées à la détourner ». Ce triptyque, vu comme une

prolongation du tableau précédent, est présenté une seule fois dans une exposition à Berlinen 1938 ; il est ensuite interdit par les autorités

nazies3.05 b

En 1938, Dix est arrêté et enfermé pendant deux semaines par la Gestapo. Durant ces temps difficiles, il peint une représentation de Saint Christophe dans le style des grands maîtres à la demande de la brasserie de Köstritz.

Il participe par obligation à la Seconde Guerre mondiale. Il sert sur le front occidental en 1944-1945. Il est fait prisonnier en Alsace par les Français4.

De l'après-guerre jusqu'à sa mort

 

À la fin de la guerre et jusqu'à sa mort, Dix s'éloigne des nouveaux courants artistiques allemands. Il ne s'identifie ni au réalisme social en

vogue dans la République démocratique allemande, ni à l'art d'après-guerre dans la République fédérale d'Allemagne. Il reçoit pourtant de

hautes distinctions et des titres honorifiques de ces deux états.

Otto Dix meurt le 25 juillet 1969 à Singen, près de Constance, des suites d'un infarctus. Sa tombe se trouve au cimetière de Hemmenhofen.

Œuvres choisies10 b

220px-Anita_Berber_Briefmarke_1991.jpg
Timbre postal de 1991 d'après Bildnis der Tänzerin Anita Berber, 1925.
  • 1914 – Selbstbildnis mit Artillerie-Helm au dos de Selbstbildnis als Soldat (Autoportrait en soldat) (Kunstmuseum Stuttgart)
  • 1915 – Selbstbildnis als Mars
  • 1920 – Pragerstrasse (Rue de Prague)Rue de Prague
  • 1920 – Die Skatspieler ou Kartenspielende Kriegskrüppell (Les joueurs de skat) (Neue Nationalgalerie, Berlin, Allemagne)
  • 1920 – Streichholzhändler I (Staatliche Museen Preussischer Kulturbesitz, Berlin)
  • 1921 – Bildnis der Eltern (Kunstmuseum Basel)
  • 1921 – Bildnis des Dr. Hans Koch (Museum Ludwig, Cologne)
  • 1921-22 – L'Ouvrier 1922 – An die Schönheit (on der Heydt Museum,Wuppertal)
  • 1922 – Vorstadtszene (Museum Ludwig, Cologne)
  • 1923 – Bildnis Karl Krall (Von der Heydt Museum, Wuppertal)
  • 1923 – Bildnis Frau Martha Dix I (Kunstmuseum Stuttgart)
  • 1923 – Mädchen mit rosa Bluse (Museum Ludwig, Cologne)
  • 1923 – Bildnis Frau Dr. Koch (Museum Ludwig, Cologne)
  • 1924 – Der Krieg (Kunsthalle Hamburg Kupferstichkabinett et Historial de la Grande Guerre, Péronne)
  • 1924 – Die Eltern des Künstlers II (Sprengel-Museum, Hannover)
  • 1925 – Bildnis der Tänzerin Anita Berber (Kunstmuseum Stuttgart)
  • 1923 – Schützengraben (tableau disparu)
  • 1926 – Porträt der Journalistin Sylvia von Harden (Portrait de la journaliste Sylvia von Harden) (musée national d'art moderne, Paris)
  • 1926 – Der Kunsthändler Alfred Flechtheim (Neue Nationalgalerie, Berlin)
  • 1926 – Der Streichholzhändler II (Kunsthalle Mannheim)
  • 1927 – Bildnis des Dichters Thedor Däubler (Museum Ludwig,Cologne)
  • 1928 – Triptychon Großstadt (Triptyque de La Grande Ville) (Kunstmuseum Stuttgart)
  • 1929-32 - Triptychon Der Krieg (Triptyque de La Guerre) (Galerie Neue Meister, Dresde)
  • 1931 – Selbstbildnis (Museum Ludwig, Cologne)
  • 1933 – Die sieben Todsünden (Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe)
  • 1933 – Die Tänzerin Tamara Danischewski (Kunstmuseum Stuttgart)
  • 1934 – Der Triumph des Todes (Kunstmuseum Stuttgart)
  • 1935 – Waldrand mit Buche (Galerie Michael-Haas, Berlin)
  • 1936 – Flandern (Neue Nationalgalerie, Berlin)
  • 1939 – Der heilige Christophorus (Otto-Dix-Haus, Gera)
  • 1945 – Saül et David
  • 1946 – Crucifixion
  • 1947 – Selbst als Kriegsgefangener (Kunstmuseum Stuttgart)

01 b

02 bUn certain nombre d'œuvres d'Otto Dix, dont la série Der Krieg, sont exposées à Péronne (dans la Somme), dans le musée de l'Historial de la Grande Guerre2.

Expositions

Cote de l'artiste08 b

Une peinture datée de 1939 intitulée Weite Ebene (Weile hinter Bohlingen) (67 cm × 85 cm) a été vendue pour 151 000 € à Cologne6.

Bibliographie

En allemand

  • Eva Karcher, Otto Dix - 1891 1969 - Leben und Werk, Cologne, 1988
  • Florian Karsch, Otto Dix. Das graphische Werk, Hanovre, 1970
  • Fritz Löffler, Otto Dix. Leben und Werk, Dresde, 1977
  • Fritz Löffler, Otto Dix 1891–1969, Œuvre der Gemälde, Recklinghausen 1981
  • Fritz Löffler, Otto Dix. Bilder zur Bibel, Union Verlag, Berlin, 1986
  • Ulrike Lorenz, Otto Dix. Das Werkverzeichnis der Zeichnungen und Pastelle, Weimar
  • Ulrike Lorenz, Dix avant Dix. Das Jugend- und Frühwerk 1909–1914, Glaux, Iéna, 2000
  • Catalogue d'exposition, Galerie der Stadt Stuttgart, Nationalgalerie, Berlin, 1991
  • Suse Pfäffle, Otto Dix. Werkverzeichnis der Aquarelle und Gouachen, Stuttgart, 1991
  • Diether Schmidt, Otto Dix im Selbstbildnis, Berlin, 1981
  • Dietrich Schubert, Otto Dix - Der Krieg. 50 Radierungen von 1924, Jonas Verlag, Marburg, 2002
  • Birgit Schwarz, Großstadt, Francfort, 1993

En français07 b

  • Otto Dix : dessins d'une guerre à l'autre (Catalogue d'exposition au Centre Georges-Pompidou), Gallimard, Paris, 2003, 157 p. (ISBN 2844261671)
  • Otto Dix, Metropolis (Catalogue d'exposition Fondation Maeght), Saint-Paul-de-Vence
  • Eva Karscher, Otto Dix (1891-1969) "Je deviendrai célèbre ou je serai honni", Taschen, Cologne, 1992 (rééd.), 216 p.
  • Fauves et expressionnistes : de Van Dongen à Otto Dix, Paris : Hazan ; Musée Marmottan Monet, 2009 (ISBN 978-2-7541-0415-9) (catalogue de

 

 

  • OTTO DIX Reporter de Guerre

  •  
  • Ce qu'il voit chaque jour le hante et devient le sujet de son travail artistique. Dans un entretien
    de 1961, il déclare : « C'est que la guerre est quelque chose de bestial : la faim, les poux, la boue, tous
    ces bruits déments. C'est que c'est tout autre chose. Tenez, avant mes premiers tableaux, j'ai eu
    l'impression que tout un aspect de la réalité n'ava
    savoir et comprendre cela, il demande à être en première ligne sur le champ de bataille.
    A son retour de la guerre, il crée vers 1920,le mouvement artistique de la
    Après la prise de pouvoir par les nazis en 1933, Otto Dix est l'un des premiers professeurs d'art
    à être renvoyé et persécuté. Menacé de prison et de déportation il fuit vers le sud

  • 03 b
  • En 1937, ses oeuvres sont déclarées dégénérées par les nazis, 170 de s
     09 b
  •  
  • Dix est arrêté et enfermé pendant deux semaines par les Allemands en 1938. Même
  • pendant ce temps il peint.
  • Il participe par obligation à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il sert sur le front
  • occidental entre 1944 et 1945.
  • sera fait prisonnier en Alsace par les Français.
  • A partir de ce moment là et jusqu'à sa mort, Dix s'éloigne des nouveaux courants
  • artistiques allemands.04 b

  •  
  • Il meurt le 25 juillet 1969 à Singen en Allemagne.
    Une oeuvre forte : La rue de Prague
    En 1920, lors de la première foire internationale à Berlin, Dix exposa
    guerre) (avec autoportrait), frise de "gueules cassées" dans une rue, amputés, défigurés, aveugles.
    Skatspieler (Les Joueurs de skat), toutes deux de 1920, sont proches
    de cette oeuvre d'autant plus emblématique qu'elle fut saisie par les
    nazis en 1933 et probablement détruite.
    On y voit des hommes diminués, porteurs de prothèses mécaniques,
    des cicatrices hideuses, des greffes, un monde
    combattants pour les uns réduits à mendier, les autres exhibant leurs
    blessures comme autant de preuves de leur bravoure guerrière.
    Dans La rue de Prague, leurs infirmités se trouvent accentuées par la
    proximité d'une femme en robe rose
    vitrine contient des perruques, des corsets et des prothèses. Une
    main de bois tient une canne. La peinture oscille entre une précision
    neutre et des déformations satiriques. Elle n'est pas exempte non plus
    d'allusions politiques. Près du cul-de-jatte au buste monté sur une
    planche à roulettes, Dix a collé un tract ou une affichette, qui porte en
    titre Juden raus ! – « Dehors les Juifs ».
    Les ligues d'anciens combattants étaient en effet très sensibles à la
    propagande ultranationaliste, dont l'antisémitisme fut une des
    composantes très tôt, avant que le nazisme n'en fasse l'un de ses
    dogmes. Aussi peut-on voir dans l'oeuvre
    de la société allemande de la défaite et une préfiguration de ce qu'elle
    devint dans l'entre-deux-guerres.06 b
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 06:30
LE SALON D'ETE
 
Il s'agit d'un projet initié en 1974 par Jean Dubuffet et Pierre Dreyfus, Directeur de la Régie Renault à l'époque. 

 

Il s'agit en fait de construire un parc de structures contemporaines dans lequel les ouvriers pourront se délasser et converser pendant leurs heures de pose. C'est le SALON D'ETE. L'ensemble du salon d'Eté s'inscrit dans un rectangle de 58 x 46 mètres. Sa superficie au sol est d'environ 1800 m2. Il est conçu pour évoquer l'entour d'un paysage arborescent ou, plus exactement le simulacre d'un tel site à partir d'une algèbre mentale qui, prenant vie propre et corporalité, s'épanouit en la forme d'un paysage déconcertant. Tout le site et son sol sont partout sculptés et historiés de peintures en blanc, noir et bleu. Y sont utilisées des peintures polyuréthane employées pour les signalisations peintes au sol des aéroports et sur lesquelles on peut marcher sans dommage.dubuffet22-vigPetit-messager-du-salon-d-ete.jpg


Au centre est un bassin de 300m2 de contour capricieux et dont le fond est sculpté et peint en même façon que le reste, avec des éléments de reliefs différents dont les uns émergent et d'autres affleurent ou sont immergés. Y court une eau turbulente. Il est entouré d'un ample dispositif dont le sol présente aussi des niveaux différents et des cheminements labyrintiques menant à des petits lieux à demi-distincts et refermés, où s'asseoir et converser. De nombreux éléments à hauteur de siège permettent à trois cents personnes d'y être assises en même temps. Des murs sinueux qui, par endroits, s'élèvent autour, enclosent l'ensemble en abritant des regards,  du soleil et  du vent. La hauteur varie de trois mètres à cinq mètres. S'érigent en outre, ici et là, des éléments en façon de fûts d'arbres hauts de cinq à huit mètres, et dont certains sont coiffés de nappes horizontales qui évoquent, les unes le feuillage des arbres, ou bien les autres des nuages et qui par ailleurs préservent de la pluiedubuffet24-vig.jpg

Il a été recherché que l'ensemble provoque un effet de dépaysement et d'activation mentale et aussi qu'il soit frappant, à la fois par son caractère formel et poètique inédit et aussi par ses recours techniques offrant l'aspect d'une performance qui illustre la technologie de la Régie
 
La construction est réalisée partie en béton et partie en polyester

Jean Dubuffet en liaison avec les services spécialisés de la Régie et après des dessins préalables, réalisa une grande maquette à l'échelle de 1/10e en polystyrène expansé,striée de peinture en trois couleurs (Blanc, noir et bleu). Celle-ci fut agréée en septembre 1974. L'étude de la construction fut aussitôt entreprise par l'architecte de la Régie, Pierre Vigneron, assisté par des ingénieurs qualifiés. La confection des éléments en résine stratifiée fut confiée à une entreprise de Nouan-sur-Loire. Les travaux commencèrent en 1974. Après le renforcement de la dalle de béton sur laquelle allait se situer le monument et au-dessous de laquelle se trouvaient les parkings, les travaux commencèrent sérieusement dès janvier 1975 et furent conduits activement dans les mois suivants. En juin 1975, fut amené de l'usine et mis en place tout le fond sculpté du bassin constitué de 65 pièces de polyester s'emboitant comme un puzzle. Il apparut alors à Dubuffet que les formes n'étaient pas pleinement satisfaisantes, les arrêtes notamment se présentant un peu amollies et qu'il y avait lieu pour parfaire l'exécution qu'interviennent deux artistes qui apporteraient sous les directives de l'auteur, les retouches nécessaires. Simultanément, M. Jean Prouvé fut désigné pour ré-estimer les questions de méthodes de conception, de matériaux et de budgets. Il fit appel à un constructeur de bateaux en polyester armé. Le devis pour construire les éléments du Salon d'Eté s'élévait alors au triple du budget annoncé
Il apparut alors un nouvel élément aussi préoccupant, c'est que l'étanchéité de la dalle sous-jacente sur laquelle étaient posées les pièces de polyester formant le fond du bassin, était imparfaitedubuffet006-vig.jpg
A ce moment-là, dans l'attente d'une solution définitive, le chantier fut recouvert de gazon. Dubuffet engagea alors un procès en 1975 ( Monsieur Vernier-Palliez ayant succédé comme président de la Régie à Monsieur Pierre Dreyfus) contre la Régie Renault pour démolition de son oeuvre inachevée. Le tribunal de 1ère instance le déboute en mars 1977, la Cour d'Appel confirme en juin 1978 et la Cassation casse le jugement de la Cour d'Appel en jan 1980. En 1981, Dubuffet gagne son procés devant la nouvelle cour d'appel de Versailles et la Cour de Cassation de Paris confirme cet arrêt en avril 1983
Après 8 ans de controverses, les magistrats firent droit à la protestation contre la destruction de cette oeuvre. Jean Dubuffet fut alors autorisé à imposer la réalisation de ce monument. Mais il répondit: " C'est maintenant moi qui refuse que la Régie Renault se voit gratifiée de ce "Salon d'Eté". Ne restera de ce projet, qui avait été pour moi si excitant , et qui, je crois, aurait pu l'être aussi pour le public, que son souvenir "
Voici le petit messager, revue créée à l'époque, acompagnée d'une pétition . Le 1er jugement de 1977 ayant décrété que l'oeuvre d'art c'était la maquette de Dubuffet et non les travaux entrepris sur le chantier. Autrement dit "N'importe quoi!"  Le chantier en 1975Le tertre de gazon recouvrant le monument enseveli- 1977Les éléments de polyester à l'abandon après le passage des bull-dozersDubuffet-Régie Renault-Procès 1975 à1983- Jardin d'EtéCe salon d'hiver sera finalement installé au Centre Pompidou à Paris dans des proportions évidemment plus modestes

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 06:40

 

Jean DUBUFFET est un des peintres français majeurs du XXe siècle. Il était marchand de vins. Né le 31 Juillet 1901 au Havre, il est mort le 12 mai 1985, soit 2 ans et demi après m'avoir écrit les lettres qui suivent ...et d'autres J'y reviendrai...

 

En publiant une série d'articles sur lui, je tenais à rendre hommage à un homme qui m'a permis de persister dans mon travail, envers et contre tout, envers et contre tous, parce que la reconnaissance de mon travail par un peintre exceptionnel  et rebelle a rendu tous les rares hommages qui ont suivi, dérisoires, tout autant que les perpétuels rejets et mises à l'écart de toutes les instances culturelles belges. Grâce à lui j'ai compris que l'on n'oeuvrait que pour soi et que le monde environnant, à quelques exceptions près, n'en avait rien à foutre, et qu'il fallait se faire une raison, une bonne fois pour toutes. C'est celà qui m'a amené à ne plus exposer depuis 1995 et à me contenter d'inviter les gens sur mon territoire, là où ça se passait vraiment, en dehors de tout discours politique et culturel dominants et de toute tentative récupératoire.

 

Mais l'échec de la Fondation Vancau créée en 2005 et le lâchage des administrateurs que j'avais eu la naïveté de prendre pour des amis, m'a amené à un tel dégoût que j'ai purement et simplement disparu de la société, celle des artistes étant devenue la même que celle de la "Société" tout court, à savoir de plus en plus médiocreCorrespondance Jean Dubuffet-Christian Vancau




Quelques lettres reçues de Jean DUBUFFET

 

Cher Monsieur Vancau,

Votre lettre me touche beaucoup et je vous remercie de votre chaude sympathie. Je suis très intéressé  par les documents que vous me communiquez. Je sens fortement l'enfièvrement mental qui se manifeste dans les accumulations de pierres peintes et de fûts d'arbre bariolés qui apparaissent sur vos photographies. J'y vois souffler le grand vent d'une création exaltée. Je suis ému de lire que mes travaux ont eu pour vous un effet de stimulation.

La grande opératon d'aménagement de votre territoire en microcosme philosophique est très excitante...
Jean DUBUFFET 29/11/1982


Cher Christian Vancau
Dialoguer? Il est bien manifeste que nos vues sont les mêmes et nous ne pourrions dès lors faire que ce que les musiciens appellent un duo à l'unisson qui ne fait pas une riche musique. J'ai pris connaissance avec vif intérêt de votre très longue lettre et de tout le dossier joint. Je sais maintenant qui vous êtes, je vous comprends et vous approuve pleinement. Mes idées sur la création artistique sont les mêmes que les vôtres. Sur l'exploitation sociale qui en est faite et qui en dénature le sens, je pense comme vous. Je suis d'ailleurs convaincu que le public, si endoctriné qu'il soit, prendra bientôt conscience du caractère spécieux et oiseux de toute cette propagande culturelle dont il est pourl'heure, si copieusement matraqué. Mais il me faut avouer que je ressens un peu d'indifférence, pour ce que le public fait ou croit, je n'en prends plus guère souci. J'ai pris le parti de faire comme il me plaît, sans chercher à convaincre. Je vois bien que vous aussi. Je suis maintenant très vieux et en mauvaise santé et je vis reclus, privé de tous contacts sociaux. Je vous demande de me le pardonner.
A vous amicalementLettre 1Lettre 2Lettre3Lettre4

Jean DUBUFFET   17/12/1982.

Il y a eu d'autres lettres de ce type qui m'ont définitivement rassuré sur la connerie des institutions belges et françaises au pouvoir, immuables dans leur aveuglement qui, aujourd'hui encore, ignorent totalement mon existence, alors que je viens d'avoir 72 ans, ces " paniers de crabes", des fonctionnaires qui s'intéressent à tout (enfin disons plutôt à rien) sauf à l'art
Et même dans le milieu de l'Art Brut, c'est devenu pareil. Voir mes articles sur Leopold TRUC de Cabrières 'Avignon. Non seulement ils sont incapables de découvrir par eux-mêmes, un artiste français exceptionnel , qui se situe exactement dans la sphère de leurs préoccupations de soi-disants"Spécialistes de l'Art Brut" mais en plus quand je leur apporte cet artiste sur un plateau d'argent, car c'est moi qui le découvre, ils l'ignorent totalement et ne répondent à aucune de mes lettres. N'est-ce pas, Monsieur Bruno DECHARME, , Jean-Claude CAIRE et Michel THEVOZ ????
Vous pouvez trouver sans peine l'association de Bruno DECHARME sur Internet en tapant abcd sur Google ou sur Yahoo. Elle existe bien mais ne répond pas aux lettres. Disons qu'elle est BIDON. Les rajouts en jaune sont de moiJ'ai appris de bonne source que Monsieur Decharme était avant tout un collectionneur et que sa position et son organisation servaient surtout à lui permettre d'étoffer sa collection, à bon marché. Or un territoire n'est ni morcelable, ni achetable. Et voilà pourquoi ce Monsieur mal poli de surcroît, ne m'a jamais répondu. L'histoire en prendra note




Décès de Jean DUBUFFET en 1985


ADIEU JEAN MAIS POUR MOI ET EN MOI, TU ES TOUJOURS BIEN VIVANT !!!

Tu es celui qui m'a fait rendre futile et dérisoire, voire flatteuse,  la non-reconnaissance et la mise à l'écart dont je suis depuis toujours l'objet dans mon pays

Rira bien qui rira le dernier...

 
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:04

 

Avec le cycle de l'Hourloupe" qui s'étale sur douze ans, de 1962 à 1974, Dubuffet se lance dans la peinture de fragments bariolés et étroitement imbriquésCe style s'applique aussi à ses sculptures en résine, parfois réalisées à échelle monumentale. Tout commence par des formes griffonnées en bavardant au téléphone, des tracés en puzzle, un dessin net cloisonné sur fond blanc, des surfaces striées de traits rouges ou bleus. Ce graphisme "hourloupéen" , véritable manifeste culturel, Dubuffet lefait proliférer sous tous les formats, des plus petits dessins au stylo-bille et au marker, aux toiles de huit mètres (les Inconsistances 1964), des gouaches et huiles aux volumes peints au vinyle(1966) puis grâce à l'emploi du polystyrène expansé, aux bas-reliefs, sculptures, édifices, architectures (anarchitectures selon Michel Ragon).
Telle cette table en polyester, appelée "Table porteuse d'instances, d'objets et de projets"Jean Dubuffet-L'hourloupe-Table en ployuréthane Dubuffet abandonne alors la peinture à l'huile e les matériaux naturels pour les peintures vyniliques et les markers et, à partir de1966, afin de passer à  de grandes réalisations en volume, il apprend à maîtriser le polystyrène, le polyester, l'époxy, le béton projeté et les peintures polyuréthane
Citons la Tour aux figures (1967), réalisée en 1988 à Issy-les-Moulineaux, le Jardin d'hiver (1968-1970, installé aujourd'hui au Centre Georges Pompidou), le jardin d'émail (1968-1973, Otterlo), le Groupe des quatre arbres (1970-1972, New-York)Cette sculpure est située à Paris, Quai d'Orsay, dans la Cour de la Caisse des Dépôts et ConsignationsEt enfin la construction de LA CLOSERIE FALBALA à Périgny-sur-Yerres (1969-1976), cet ensemble entourant la villa Falbala qui abrite le Cabinet LogologiqueCloserie Falbalas-Fondation Dubuffet-Périgny sur YerresLe cabinet LogologiqueCabinet Logologisue-Périgny-Dubuffet-Closerie FalbalaEssentiellement abstraite cette vaste prolifération systématique peut former ici des objets, là des plantes, ou encore même des personnages pouvant se mouvoir et interagir dans sa création. C'est Coucou Bazar(1973), conçue pour ses deux rétrospectives à New-York et à Paris
Coucou Bazar, spectacle burlesque avec décors mouvants motorisés en forme de carapaces rigides et articulées
, est créé au musée Guggenheim à New-York et au Grand Palais  à Paris en 1973Oeuvre monumentale commandée par la Régie Renault pour l'extérieur, le Salon d'été (1973-1975) semble présenter des défauts dans l'infrastructure, une fois les travaux engagés. La réalisation en est stoppée en 1976 et l'oeuvre est finalement détruite par les Bulldozers. La déception bien compréhensible de l'auteur qui engage un procès contre son commanditaire (gagné en 1983) est peut-être à l'origine de l'abandon du langage hourloupe
Dubuffet se consacre alors à ses
Théâtres de mémoire (1975-1979), tableaux constitués d'assemblages minutieux de fragments (en général une quarantaine pour chaque oeuvre), provenant des chutes et du découpage de la série précédente: Les lieux abrégés
Voici le Déchiffreur-1977De 1980 à 1982, il se concentre sur la notion de Site dans des dessins et tableaux avec personnages
En 1983 avec les MIres, les sites et les personnages disparaissent, laissant place à un espace envahi par une inflation de hachures bleues ou rouges sur des fonds blancs ou jaunesEn 1984 Les Non-lieux évoluent vers une apparente abstraction qui remet en cause de différentes manières les données spatiales communes. Ces oeuvres ultimes, non sans analogies avec les philosophies orientales, le bouddhisme notamment et les doctrines nihilistes, sont marquées par un profond septicisme.

Voici le Circulus 2 et en-dessous Ideoplasme XVI, tous deux de 1984
Dubuffet meurt le 12 mai 1985 à Paris après avoir rédigé sa biographie au pas de course

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