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LE BLOG TOTEMS DE CHRISTIAN VANCAU


 


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Sur cette photo, Christian Vancau dans son jardin avec quelques uns de ses totems et sa guitare à la main


Présentation

  • : le blog totems par : Christian VANCAU
  •   le blog totems par : Christian VANCAU
  • : Il s'agit de la réflexion d'un peintre de 78 ans, au départ d'un territoire peint et sculpté par lui, au coeur de l'Ardenne et dans lequel il vit en solitaire, tout en y accueillant de nombreux visiteurs!
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Profil

  • Christian VANCAU
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.
  • Journal quotidien d'un peintre de 74 ans qui a créé un territoire naturel et artistique au centre le forêt ardennaise belge. Aussi écrivain, musicien et photographe, sans compter le jardinage 6 mois par an. Et voyageur... et adorant les animaux.

Carte mondiale des Blogueurs

J'habite dans le Sud de la Belgique, à 10 Kms au Nord de Libramont, 50 Kms au Nord  de Sedan et 75 Kms au Nord de Longwy. Sur cette carte, la Belgique au Nord de la France et au Sud, une flèche noire indiquant mon village, situé au Nord de LibramontUne autre perspective. Moircy encadré, Bastogne 30 Kms Nord-Est, Luxembourg- ville au Sud-Est, Carte-Prov.Lux2-jpgSedan et Carte-Prov.Lux-jpgCharleville au Sud-Ouest

Recherche

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Mon adresse-mail est la suivante:  christian.vancau@base.be


" C'est d'abord un combat contre les parents et ensuite un combat contre les maîtres qu'il faut mener et gagner, et mener et gagner avec la brutalité la plus impitoyable, si le jeune être humain ne veut pas être contraint à l'abandon par les parents et par les maîtres, et par là, être détruit et anéanti "
( Thomas Bernhard, écrivain autrichien décédé en 1989 )

Ma biographie c'est ce combat et rien d'autre




Je suis un homme de 74 ans retiré dans un tout petit village des ardennes belges,  un endroit magnifique au bord de la forêt. J'y vis seul . J'ai une fille de 46 ans et deux petit-fils de 21 et 6 ans, qui vivent tous les trois à 10 Kms de chez moi.. Je suis donc un homme d'avant-guerre (1937), né à Gand en Flandre, de père gantois et de mère liégeoise (Gand et Liège sont les deux villes rebelles de Belgique ). Je suis arrivé à Liège en 1940 avec ma mère et ma soeur, alors que mon père s'était embarqué pour l'Angleterre, dans l'armée belge et y exerçait son métier de chirurgien orthopédiste. Je n'ai donc réellement rencontré mon père qu'à l'âge de 8 ans, après la guerre, en 1945. Mis à part 2 années à Bruxelles et une année en Suisse à Saint-Moritz, j'ai vécu à Liège et y ai fait toutes mes études, humanités gréco-latines chez les Jésuites et Droit à l'Université de Liège. Je me suis marié en 1962, ai eu une petite fille Valérie et ai cherché une situation, muni de mon diplôme de Docteur en Droit. J'ai trouvé un emploi dans la banque. Je n'aimais ni le Droit ni la banque, je ne me savais pas encore artiste, je voulais être journaliste. Ma famille bourgeoise m'avait dit "Fais d'abord ton droit" !  En 1966, j'ai commencé une psychanalyse qui a duré 5 anset demi. En 1967, j'ai commencé à peindre. En 1971, ma Banque m'a envoyé créer un réseau d'agences dans le Sud de la Belgique, ce que j'avais déjà fait dans la province de Liège. Je me suis donc retrouvé en permanence sur les routes explorant village après village, formant les agents recrutés et les faisant "produire". Il ne m'aurait jamais été possible d'être un banquier enfermé. Je ne tiens pas en place. Pendant 8 ans j'ai vécu au-dessus de ma banque à Libramont, créant mon réseau. En 1975, j'ai été nommé Directeur et Fondé de Pouvoirs. En 1978 j'ai acheté une maison en ruines à Moircy, mon territoire actuel. Je l'ai restaurée et y suis entré en 1979. En 1980, ma banque a été absorbée par une banque plus puissante et l'enfer a commencé. En 1983, mon bureau a été fermé. Je suis devenu Inspecteur, puis Audit en 1985 avec un réseau de 140 agences couvrant tout le Sud et l'Est de la Belgique. Dans le même temps je transformais mon territoire, creusais des étangs, installais plantations et totems et peignais abondamment. En 1989, j'étais "liquidé" par ma Banque avec beaucoup d'autres, pour des raisons économiques. Ma femme est partie.Je me suis retrouvé libre avec 28 mois de préavis et puis ensuite chômeur. Mais j'ai  intenté un procés à ma Banque. Ca a duré 4 ans et j'ai gagné. Quelle jouissance de pouvoir écraser une banque (à suivre)
.

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J'ai commençé à exposer en 1976 et celà a duré jusqu'en 1995, le temps de réaliser que le monde de l'Art  n'était pas plus reluisant que celui de la Banque. Je n'avais en outre, nul besoin de vendre et encore moins d'être célèbre. A chercher l'argent et la gloire, on est sûrs de perdre son âme, tôt ou tard (et de toutes façons, la réputation monte quand le cercueil descend ). J'ai donc quitté les mileux de l'art. J'ai encore peint jusqu'en 2002. Celà aura tout de même fait 35 ans. Je n'ai plus besoin de la peinture. Elle m'a permis de survivre psychologiquement et de me chercher. Pour moi l'Art est ce qui doit rendre la Vie plus belle que l'Art
Je suis un HOMME LIBRE, un sauvage, proche de la nature et des animaux, misanthrope, profondément rebelle, tout d'une pièce, physique, violent contrôlé à savoir positif dans ma violence, agnostique. Je ne crois absolument pas à l'avenir de l'Humanité. L'Homme est indécrottable. Il est UN LOUP pour l'Homme. Aucune leçon de l'Histoire ne lui a servi
Je ne crois pas à la politique. J'ai le coeur à gauche, instinctivement du côté des défavorisés, contre toute exploitation et abus de pouvoir, contre tout racisme, mais je ne suis pas de gauche, ça ne veut plus rien dire ! Et encore moins de droite, celà va de soi !
Je pense que si l'homme n'arrive pas à créer le bonheur dans sa vie personnelle intérieure, il est incapable de le créer pour les autres. La meilleure chose que l'on puisse faire pour les autres est d'être heureux soi-même !
Je préfère nettement les femmes aux hommes. Je me sens de leur sensibilité, je m'efforce de faire fleurir les mêmes valeurs qu'elles
Je pense que réussir sa vie, c'est réussir l'amour. Toutes les autres formes de "réussite", sont des ersatz qui ne "comblent "pas
Je suis né un 1er Novembre, suis donc Scorpion, Ascendant Gemeaux, Milieu du Ciel en Verseau, Mercure en Scorpion comme le Soleil, Mars et Jupiter en Capricorne, Saturne en Poissons, Uranus en Taureau, Neptune en Vierge, Pluton en Lion, Vénus en Balance, ainsi que la Lune, j'ai mes Noeuds lunaires ( sens de ma vie, mon destin ici bas ) et Lilith (la lune noire) en Sagittaire. Du Scorpion, j'ai l'agressivité, le côté piquant, le côté rebelle. Du Gemeaux, j'ai le goût des langues , de l'écriture, des voyages, et l'incapacité à rentrer dans des hiérarchies ou dans des groupes,
quels qu'ils soient, et à me soumettre à une autorité
Dans mes jeunes années j'ai pratiqué beaucoup de sports: tennis, natation, cyclisme, ping-pong, ski, boxe et karaté. Aujourd'hui toute mon activité physique est concentrée sur les travaux d'entretien de mon territoire. Je suis jardinier 6 mois par an.
En dehors de la peinture, je pratique d'autres activités: 1) Lecture (romans, polars compris, poésie, théâtre, ouvrages de philosophie et de psychologie, mythologies etc..) 2) Ecriture (Un journal quotidien depuis 1980, comptant à ce jour 45.000 pages ), 3) Musique (Guitare et piano). Toutes les musiques m'intéressent, blues, jazz, rock, chanson française, musique classique et contemporaine. 4) Photo et Video. 5)Jardinage et rapport constant avec le monde animal. 6)Et enfin l'informatique, activité nouvelle que je pratique depuis3 ans et qui a abouti à la création de ce blog

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Christian VANCAU

25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 16:44
Biographie de Nietszche

Friedrich Nietzsche (biographie)

 
Friedrich Nietzsche
Description de cette image, également commentée ci-après

Nietzsche vers 1875

 
Nom de naissance Friedrich Wilhelm Nietzsche
Naissance
Röcken
Décès
Weimar
Nationalité Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
apatride à partir de 1869
Profession
Activité principale
Autres activités
Formation
Famille

Friedrich Wilhelm Nietzsche (prononcé en allemand [ˈfʁiːdʁɪç ˈvɪlhɛlm ˈniːsʃə], souvent francisé en [nit͡ʃ ]) est un philosophe et un philologue allemand né le à Röcken, Prusse, près de Leipzig, et mort le à Weimar (Allemagne).

Le présent article est une biographie de ce philosophe. Pour l'article sur sa pensée, voir article principal : Friedrich Nietzsche.

 

  Phases Lieux Événements, activités Publications
1844-1850
Enfance
Röcken
44 : naissance le 15 octobre. — 46 : naissance de la sœur. — 48 : naissance du frère. — 49 : mort du père. — 50 : mort du frère.
 
1850-1858 Naumbourg
50 : <Wilhelm Pinder>, <Gustav Krug> — 51 : premières leçons de piano. — 55 : décès de la tante. — 56 : décès de la grand-mère.
 
1858-1864
Collège
Pforta
58 : entrée au collège de Pforta ; <Paul Deussen>
60 : N. fonde la société Germania. — 61 : <Carl von Gersdorff>
64 : baccalauréat (août)
 
1864-1865
Étudiant
Bonn
64/65 : inscription à la faculté de théologie, suivi des cours de Friedrich Ritschl ; inscription à l’association d’étudiants Franconia.
 
1865-1869 Leipzig
Suivi des cours de Friedrich Ritschl ;
66 : Association philologique créée par Ritschl ; <Heinrich Romundt>, <Erwin Rohde>
67 : début du service militaire (9 oct.)
68 : accident de cheval (mars) ; fin du serv. mil. (oct.) ; <Richard Wagner> (Leipzig, 8 novembre)
 
1869-1879
Professeur
de
philologie
Bâle
69 : nomination comme professeur extraordinaire (février) ; <Jacob Burckhardt> ; abandon de la nationalité prussienne (avril) ; 1re visite à R. Wagner (Tribschen, 15 mai).
70 : <Franz Overbeck> (avril) ; nomination comme professeur ordinaire (avril) ; infirmier volontaire pendant la guerre (août-sept. ; dysentrie).
72 : dernière des 23 visites à Richard Wagner et Cosima à Tribschen (avril) ; pose de la première pierre du th. de Bayreuth (22 mai, 59 ans de RW) et <Malwida von Meysenbug> (mai)
73 : <Paul Rée> (mai)
74 : <Albert Brenner> ; <Marie Baumgartner> (nov.)
75 : <Heinrich Köselitz>, alias Peter Gast
76 : 1er festival de Bayreuth (août) ; N. y assiste à la fin des répétitions et au premier cycle du Ring ; <Édouard Schuré>
76-77 : Séjour à Sorrente (27 oct-7 mai ; invité par Malwida von M. ; avec P. Rée et Albert Brenner) ; dernière rencontre avec les Wagner (5 novembre 76) et rupture.
79 : démission pour raison de santé (2 mai) ; il se voit allouer une pension.
72 : NT
73 : Inact I
74 : Inact II et III
76 : Inact IV
78 : HTH I
79 : OS
1879-1889
Vie errante

Allemagne,
Italie,
Suisse,
France.
81 : idée de l’éternel retour (Surlei, Engadine, août) ; découverte de Carmen de Bizet (27 nov., Gênes)
82 : <Lou Salomé> (Saint-Pierre de Rome, avril ; N. demande Lou en mariage — via Paul Rée —, refus ; Monte sacro d’Orta, 5 mai ; photo à Lucerne avec Paul Rée, 13 mai ; demande en mariage — directe — et nouveau refus de Lou ; passage à Tribschen ; Tautenburg, trois semaines en août)
83 : mort de Richard Wagner (13 février, Venise)
84 : <Meta von Salis> (juillet, Zurich)
88 : abandon du projet de La Volonté de puissance (août) ; écriture de EH ; relations épistolaires avec Hippolyte Taine, August Strindberg, Jean Bourdeau, Georg Brandes.
Séjours longs :
1 été à Saint-Moritz (79)
3 hivers à Gênes (80/81, 81/82, début 83)
5 séjours à Venise : 4 au printemps (80, 84 à 86) ; 1 en automne (oct. 87)
1 été à Tautenburg (82)
1 hiver à Rapallo (82/83)
7 étés à Sils-Maria (81, 83 à 88)
5 hivers à Nice (83/84 à 87/88)
2 séjours à Turin (88 : avril-mai et sept-jan.)
80 : VO
81 : A
82 : GS
83 : Za 1
84 : Za 2 et 3
85 : Za 4
86 : PBM
87 : GM
88 : CW, CI, NW.
1889-1900
Folie
Turin
Iéna
Naumbourg
Weimar
89 : effondrement : épisode du cheval battu (Turin, 3 janvier) ; billets de la folie (1er-6 janvier) ; Bâle (10 janvier...) ; Iéna : clinique (17 janvier...).
90 : déplacement de N. dans un quartier privé, Iéna (24 mars...) ; déplacement de N. à Naumburg (12 mai...).
94 : création des Archives Nietzsche, dirigées par la sœur.
96 : déplacement des Archives Nietzsche à Weimar.
97 : mort de la mère (20 avril) ; déplacement de N. à Weimar (20 juillet...).
00 : décès de N. (, Weimar) — inhumation à Röcken.
92 : DD (dans Za)
94 : AC
posthume
09 : rupture de Peter Gast avec la sœur.
18 : mort de Peter Gast.
35 : mort de la sœur.
01 : [VP]
08 : EH

De 1844 à 1869

Röcken (1844 – 1850)

Friedrich Wilhelm Nietzsche naît à Röcken, en Prusse, le , dans une famille pastorale luthérienne. Son père, Karl-Ludwig, né en 1813, pasteur évangélique1 et son grand-père avaient enseigné la théologie. Le père de Nietzsche, qui éduqua un membre de la famille royale de Prusse, fut un protégé de Frédéric-Guillaume IV. Mais la maladie (de violents maux de tête) le contraignit à demander une paroisse dans la région de sa famille, vers Naumburg. Karl-Ludwig et sa femme, Franziska (1826 – 1897), s'installèrent à Röcken. Ils eurent deux fils, Friedrich Wilhelm et Ludwig Joseph (27 février 1848 – 4 janvier 1850), et une fille, Elisabeth Nietzsche ().

 
Franziska

 

En août 1848, le père de Nietzsche fit une chute et se cogna la tête contre les marches de pierre d'un perron. Il mourut un an plus tard, l'esprit égaré, le . Quelque temps plus tard, en janvier 1850, le frère de Nietzsche meurt à son tour :

« En ce temps-là, je rêvai que j'entendais l'orgue dans l'église résonner tristement, comme aux enterrements. Et comme je cherchais la cause de cela, une tombe s'ouvrit rapidement et mon père apparut marchant dans son linceul. Il traversa l'église et revint bientôt avec un petit enfant dans les bras. [...] Dès le matin, je racontai ce rêve à ma mère bien-aimée. Peu après, mon petit frère Joseph tomba malade, il eut des attaques de nerfs et mourut en peu d'heures. »

 

Naumburg (1850 – 1858)

La famille vient s’installer à Naumburg. Nietzsche ressent ce départ comme un abandon du village natal :

« [...] l'abandon du village natal ; l'entrée dans l'agitation urbaine, tout cela agit sur moi avec une telle force que chaque jour je la ressens en moi. » (Note d'octobre 1862).

Il souhaite à cette époque être pasteur comme son père. Il développe une conscience scrupuleuse, particulièrement portée à l'analyse et à la critique de soi, et fière, croyant à la noblesse de la famille Nietzsche (selon une tradition familiale transmise par sa grand-mère, les ancêtres des Nietzsche venaient de Pologne et s'appelaient alors Nietzki). Son caractère est bien résumé par cette remarque qu'il fit à sa mère : « Un comte Nietzki ne doit pas mentir. »

 

Vers l'âge de neuf ans il se met au piano, compose des fantaisies et des mazurkas, écrit de la poésie. Il s'intéresse à l'architecture, et, pendant le siège de Sébastopol, en 1854, à la balistique. Il créa également un théâtre des Arts, où il joua avec ses amis des tragédies qu'il écrivit (Les dieux de l'Olympe, Orkadal).

 

Il entre au collège de Naumburg à l'âge de dix ans. Élève brillant, sa supériorité fait que sa mère reçut le conseil de l'envoyer à Pforta. Elle accepta et obtint une bourse du roi Frédéric-Guillaume. En 1858, avant de partir pour Pforta, le jeune Nietzsche s'interroge sur la nature de Dieu :

« À douze ans, j'ai vu Dieu dans sa toute-puissance. » (Note de 1858).

 

Cherchant à expliquer le mal, il l'intègre à la Trinité : le Père, le Fils et le Diable. Nietzsche rédige alors un cahier où il consigne l'histoire de son enfance, et conclut :

« Il est si beau de faire repasser devant sa vue le cours de ses premières années et d'y suivre le développement de l'âme. J'ai raconté sincèrement toute la vérité, sans poésie, sans ornement littéraire... Puissé-je écrire encore beaucoup d'autres cahiers pareils à celui-ci ! »

Pforta (1858 – 1864)

 
Nietzsche en 1861

 

Il entre au collège de Pforta en 1858, collège où passèrent Novalis, les frères Schlegel, Fichte. Il y fait ses Humanités, y rencontre Gersdorff (1844 – 1904) et Paul Deussen (1845 – 1919), le futur sanskritiste. Cette époque est marquée par les premières questions angoissées sur son avenir, par de profonds troubles religieux et philosophiques et par les premiers symptômes violents de la maladie.

 

L'unique document dont nous disposons sur les premiers mois de la vie de Nietzsche dans ce collège relate une anecdote qui exprime sa personnalité : il y avait une discussion à propos de l'histoire de Mucius Scaevola. Les camarades de Nietzsche la tenaient pour une légende, personne ne pouvant avoir le courage de plonger sa main dans le feu. Nietzsche, alors, se saisit d'un charbon brûlant dans un poêle allumé et le tint devant les yeux de ses camarades.

Pendant les vacances d'été 1859, il visita Iéna et Weimar. Il écrit quelques récits philosophiques :

« C'est ma vie que je découvre. [...] – Même en ce beau monde, il y a des malheureux. Mais qu'est-ce donc, le malheur ? »

 

À partir de la rentrée d'août 1859, il rédige un journal, projette des plans d'études en géologie, astronomie, latin, hébreu, sciences militaires et enfin en religion. Il souffre d'un appétit dévorant de connaissances et éprouve de grandes difficultés à se décider pour un domaine d'étude bien délimité :

« Je devrai détruire plusieurs de mes goûts, cela est clair, et, pareillement, en acquérir de nouveaux. Quels seront les malheureux que je jetterai par-dessus bord ? Peut-être mes plus chers enfants ! »

 

Les années passent dans la discipline sévère de Pforta, et, à dix-sept ans, il lit Schiller, Hölderlin (Hypérion et Empédocle), Lord Byron où il trouve son inspiration. Il se passionne pour Manfred :

« Le savoir est triste : ceux qui savent le plus
Plus profondément pleurent la vérité fatale,
L'arbre du savoir n'est pas l'arbre de la vie. »

Nietzsche aimait à improviser au piano, ce qui provoquait l'admiration de Gersdorff et de Deussen :

« De sept heures à sept heures et demie, nous nous rendions ensemble à la salle de musique. Je ne crois pas que les improvisations de Beethoven aient été plus poignantes que celles de Nietzsche, surtout lorsque l'orage couvait au ciel. » (Lettre de Gersdorff à Peter Gast, ).

 

Il souhaite alors abandonner la théologie pour devenir musicien, mais sa mère l'en dissuade, il doit continuer ses études. Sa foi est néanmoins de plus en plus faible ; les écrits de cette époque témoignent d'une inquiétude profonde face aux problèmes religieux et philosophiques qu'il rencontre. Il hésite à délaisser l'autorité de la tradition pour les enseignements positifs des sciences naturelles :

« Qu'est-ce que l'humanité ? Nous le savons à peine : un degré dans un ensemble, une période dans un devenir, une production arbitraire de Dieu ? L'homme est-il autre chose qu'une pierre évoluée à travers les modes intermédiaires des flores et des faunes ? Est-il dès à présent un être achevé ? que lui réserve l'histoire ? ce devenir éternel n'aura-t-il pas de fin ? [...] Se risquer, sans guide ni compas, dans l'océan du doute, c'est perte et folie pour un jeune cerveau ; la plupart sont brisés par l'orage, petit est le nombre de ceux qui découvrent des régions nouvelles... »

Il commence alors à souffrir de violents maux de tête et de troubles visuels.

 

Il passe enfin les derniers examens qu'il obtient de justesse à cause des mathématiques. Mais ses professeurs lui donnèrent son diplôme au vu de l'excellence dont Nietzsche faisait preuve dans les autres matières. En octobre 1864, il quitte Naumburg en compagnie de Paul Deussen et d'un cousin de ce dernier, et se rend à l'université de Bonn.

 

Bonn (1864 – 1865)

En 1864, il entre à l'université de Bonn. Il participe à la vie étudiante, malgré son caractère réservé : promenades sur le fleuve, auberges et un duel qu'il fit avec un bon camarade, n'ayant pas d'ennemi. Il reçut un coup d'épée au visage et en garda une cicatrice. Mais Nietzsche se sent mal à son aise dans ce milieu, et il passe seul, dans la tristesse, les fêtes de fin d'année. C'est le début d'une longue série de Noëls solitaires, passé à examiner sa vie, à se reprocher le temps perdu. Cherchant à remédier à la situation, il proposa de réformer l'association d'étudiants mais il fut mis à l'écart.

 

Il y étudie la philologie, une discipline qui ne l'intéresse pas. Mais sa passion de la connaissance rendait difficile un choix qui lui fut véritablement agréable. Il travaille avec intensité, en partie pour oublier sa solitude, partie grâce au soutien vigoureux de Friedrich Wilhelm Ritschl (1806 – 1876), un professeur latiniste auteur d'ouvrages importants sur Plaute. Nietzsche écrit alors quelques mémoires. Il ne trouve aucun intérêt aux modes matérialistes et démocratiques de pensée de bien des étudiants de son âge, et se sent toujours tourmenté par la recherche de la vérité :

« Pour un véritable chercheur, le résultat de la recherche n'est-il pas indifférent ? Dans notre effort que cherchons-nous ? le repos, le bonheur ? Non, rien que la vérité, tout effrayante et mauvaise qu'elle puisse être. » (Lettre à sa sœur).

 

Leipzig (1865 – 1869)

Nietzsche suivit Ritschl à Leipzig où ce dernier avait été nommé professeur. Il y découvre Schopenhauer, et fait la connaissance d'Erwin Rohde.

 

Au cours de ses études à l'université de Leipzig, la lecture de Schopenhauer (Le Monde comme volonté et comme représentation, 1818) va constituer les prémices de sa vocation philosophique. Toutefois, l'importance de cette lecture, qui sera au fondement de sa relation avec Wagner, est contestée, car Nietzsche, à cette même époque, s'intéresse à des penseurs rationalistes, en particulier Démocrite. En outre, il lit bien d'autres penseurs et scientifiques : Lange, von Hartmann, Emerson notamment. C'est à cette époque qu'il s'enthousiasme pour la musique de Wagner, en 1868, à Leipzig.

 

Une anecdote bien connue, datant de février 1865, rapporte que Nietzsche qui s'était rendu à Cologne pour assister à un festival de musique, fut conduit dans une maison de tolérance où il se retrouva au milieu de femmes en tenue très légère : « J'allai droit à ce piano [dans le salon] comme au seul être qui dans cette pièce eût une âme. » Il fit une improvisation, se leva et partit.

 

De Bâle à la maladie (1869 – 1879)

Élève brillant, doué d'une solide éducation classique (milieu dominé par les femmes et imprégné de piétisme protestant), Nietzsche est nommé à 24 ans professeur de philologie à l'université de Bâle, puis professeur honoraire l'année suivante. Il développe pendant dix ans son acuité philosophique au contact de la pensée de l'antiquité grecque dans laquelle il voit dès cette époque la possibilité d'une renaissance de la culture allemande, — avec une prédilection pour les Présocratiques, en particulier pour Héraclite et Empédocle, mais il s'intéresse également aux débats philosophiques et scientifiques de son temps. Pendant ses années d'enseignement, il se lie d'amitié avec Jacob Burckhardt et Richard Wagner (qu'il revoit à partir de 1869) dont il serait un parent éloigné.

En 1870, il s'engage comme infirmier volontaire dans la guerre franco-allemande, mais l'expérience est de courte durée, Nietzsche eut la diphtérie. Bien qu'il soit à cette époque patriote, Nietzsche commence à formuler quelques doutes à propos des conséquences de la victoire prussienne.

Wagner et Nietzsche

 
Richard Wagner

 

Il fait la connaissance de Richard Wagner en 1868.

 

En 1872 paraît L'origine de la tragédie, qui obtient un certain succès, mais qui le discrédite comme philologue et fait l'objet d'une vive querelle avec le philologue Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff. Erwin Rohde, philologue et ami de Nietzsche, et Wagner qui considère ce texte comme l'expression de sa pensée, prennent sa défense. Nietzsche formera ensuite le projet d'écrire une dizaine d'essais, les Considérations Inactuelles, mais il n'en paraîtra finalement que quatre, et, mis à part Richard Wagner à Bayreuth, ces œuvres eurent très peu de succès.

 

Au premier semestre de l'été 1872, il donne des cours sur Eschyle, Les Choéphores, et sur les philosophes présocratiques. Il fait également un séminaire sur Théognis. Erwin Rohde publie un compte rendu de La Naissance de la tragédie le 26 mai et à la fin du mois parait le pamphlet de Willamowitz-Moellendorff contre ce premier ouvrage :

« Que M. Nietzsche tienne parole, qu'il prenne son thyrse, qu'il aille d'Inde en Grèce, mais qu'il descende de sa chaire, où il doit enseigner la science ; qu'il réunisse tigres et panthères à ses pieds, s'il le veut, mais non les jeunes philologues allemands. »

Sa sœur vient s'installer à Bâle le 1er juin.

Le 23 juin, Wagner publie une lettre ouverte à Nietzsche dans la Norddeutsche Allgemeine Zeitung pour prendre sa défense. Dans une lettre du 25, Wagner lui écrit :

 
« À strictement parler, vous êtes, après ma femme, le seul gain que la vie m'ait apporté. »

 

Nietzsche se rend à Munich, où se trouve également Mawilda von Meysenburg, du 28 au 30 juin pour assister à une représentation de Tristan et Isolde dirigée par Hans von Bülow. Le 20 juillet, Nietzsche envoie à ce dernier sa Manfred-Meditation qui est qualifiée d'épouvantable et de nuisible par le chef d'orchestre, et de « viol d'Euterpe. » Franz Liszt jugera bien moins sévèrement une autre œuvre de Nietzsche.

 

Il prépare une étude, La Joute chez Homère. En septembre et octobre, il se promène en Suisse. Au semestre d'hiver 1872-73, il donne un cours sur la rhétorique grecque et romaine. Les étudiants se font rares, il n'a que deux auditeurs. Rohde se retrouve également isolé et dans une situation difficile. Wagner fait lui-même l'objet d'attaques assez basses (il est jugé cliniquement fou par un professeur de l'université de Munich).

 

Nietzsche passe Noël 1872 avec sa mère et sa sœur ; il offre à Cosima Wagner, pour son anniversaire, Cinq préfaces à cinq livres qui n'ont pas été écrits. Le 26 décembre, il est à Weimar pour assister à une représentation de Lohengrin. Il rencontre Ritschl à Leipzig qui le blâme de son manque de réussite en tant que professeur. L'incompréhension, ou peut-être l'amertume, du maître est extrême ; dans une lettre à Wilhelm Vischer datée du , il fait de Nietzsche ce portrait instructif :

« Mais notre Nietzsche ! – C'est vraiment un chapitre affligeant, comme vous l'exprimez vous-même dans votre lettre – en dépit de toute votre bienveillance pour l'homme remarquable qu'il est. Il est étonnant de constater comment dans cet être deux âmes cohabitent. D'une part, la méthode la plus rigoureuse dans la recherche scientifique et académique [...] d'autre part, cet engouement wagnéro-schopenhauérien pour les mystères de la religion esthétique, cette exaltation délirante, ces excès d'un génie transcendant jusqu'à l'incompréhensible ! »

 

Du 6 au 12 avril, Rohde et Nietzsche sont à Bayreuth. Nietzsche a avec lui le manuscrit de La Philosophie à l'époque tragique des Grecs qu'il lit à Cosima et à Wagner. Il revient à Bâle le 15 avril, où il commence sa première Considération inactuelle sur David Strauss.

 
Friedrich Nietzsche, vers 1875.

 

Vers 1875, Nietzsche tombe gravement malade, et, à la suite de plusieurs malaises, ses proches le croient à l'agonie. Presque aveugle, subissant des crises de paralysie, de violentes nausées, l'état d'esprit de Nietzsche se dégrade au point d'effrayer ses amis par un cynisme et une noirceur qu'ils ne lui connaissaient pas. Nietzsche commence à se détacher de Wagner qui le déçoit de plus en plus, et il considère le milieu wagnérien comme un rassemblement d'imbéciles n'entendant rien à l'art wagnérien8. Alors que Nietzsche rédige Richard Wagner à Bayreuth, il écrit dans ses carnets une première critique de son ami. Non seulement il ne se sent plus lié avec ce dernier par la philosophie de Schopenhauer, mais Wagner s'est révélé un ami indiscret, ce qui conduira Nietzsche à ressentir certains propos de Wagner comme des offenses mortelles. Wagner soupçonna en effet Nietzsche de quelques penchants « contre nature » censés expliquer son état maladif : « un effet de penchants contre nature préfigurant la pédérastie9 ».

 

Il abandonne alors ses idées sur l'Allemagne dans lesquelles il ne voit plus que grossièreté et illusions. Il discute longuement avec Paul Rée, avec qui il partage ses idées et son cynisme sur l'hypocrisie de la morale, et commence à écrire un livre, d'abord intitulé Le soc, puis Humain, trop humain. Quand Wagner reçoit ce dernier livre (envoi auquel il ne répondra pas), Cosima Wagner, l'épouse de Richard, écrit dans son journal : « Je sais qu'ici le mal a vaincu. » L'antisémitisme de Cosima semble également avoir joué un rôle dans la rupture entre son mari et Nietzsche.

 

En 1877, Marie Baumgartner traduit en français Richard Wagner à Bayreuth.

 

En 1878, rupture avec Wagner.

 

En 1879, Nietzsche obtient une pension car son état de santé l'oblige à quitter son poste de professeur. Commence alors une vie errante à la recherche d'un climat favorable aussi bien à sa santé qu'à sa pensée (Venise, Gênes, Turin, Nice - où il sera en même temps que Guyau sans le savoir vers 1888, Sils-Maria, etc.) :

« Nous ne sommes pas de ceux qui n'arrivent à former des pensées qu'au milieu des livres — notre habitude à nous est de penser en plein air, marchant, sautant, grimpant, dansant… ».

L'errance en Italie et en France (1879 – 1888)

 

À la fin du mois d'avril 1881, Nietzsche est à Gênes, travaillant à la correction des épreuves d'Aurore avec Peter Gast. Le travail est achevé à la mi-juin. En juillet, il est à Sils-Maria et lit Hellwald (Histoire de la civilisation, La Terre et ses habitants) et le livre de Kuno Fischer sur Spinoza. Il voit en ce dernier l'un de ses précurseurs.

 

C'est au mois d'août que se situent les pensées sur l'éternel retour. Nietzsche est alors dépressif.

 

En septembre, il étudie les sciences de la nature. Il écrit à Overbeck (18 septembre) :

« Sum in puncto desperationis. Dolor vincit vitam voluntatemque. » (« Je suis désespéré. La douleur a vaincu la vie et la volonté. »)

Il retourne à Gênes à la fin du mois où, toujours en mauvaise santé, Nietzsche entend la Sémiramide de Rossini, Giulietta e Romeo et Sonnambula de Bellini. Il entend également Carmen, l'opéra de Bizet, qui le marquera à vie. À la mi-décembre, Nietzsche projette d'écrire une suite à Aurore.

 
Lou Andreas-Salomé, Paul Rée et Nietzsche en 1882

 

Invité à Rome par Malwida von Meysenbug, Nietzsche fait la connaissance de Lou Andreas Salomé dont il tomba éperdument amoureux en avril 1882. Puis Lou, Rée et Nietzsche se rendent en Suisse. Nietzsche corrige les épreuves des Idylles de Messine et met au propre une copie du Gai Savoir.

 

Nietzsche passe les mois de novembre et décembre 1882 à Rapallo. Ses relations avec Lou Andreas-Salomé et Paul Rée se dégradent. À la fin du mois de janvier 1883, il écrit au propre la première partie d'Ainsi parlait Zarathoustra.

 

Le 13 février, Wagner meurt. Nietzsche l'apprend le lendemain et écrit à Cosima.

 

Nietzsche est ensuite de nouveau à Gênes à partir du . Il lit le livre de son ami Paul Deussen sur la doctrine des Védanta. Il rompt ses relations avec Rée et Lou, et déprime gravement :

« Je ne comprends plus du tout à quoi bon je devrais vivre, ne fût-ce que six mois de plus [...] » (Lettre à Overbeck, 24 mars).

Le jugement de Gast à propos de Zarathoustra lui remontera le moral : « À ce livre il faut souhaiter la diffusion de la Bible, son prestige canonique, la série de ses commentaires, sur laquelle repose en partie ce prestige. » (Lettre à Nietzsche, ). Vers la fin du mois, il renoue avec sa mère et se décide à rencontrer sa sœur à Rome, où il loge chez le peintre Max Müller. Avec sa sœur, il voyage en Suisse et séjourne de nouveau à Sils-Maria. Il écrit la deuxième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra au mois de juillet. Il se brouille définitivement avec Lou :

« Elle me manque, même avec ses défauts. [...] Maintenant c'est comme si j'étais condamné au silence ou à une sorte d'hypocrisie humanitaire dans mes rapports avec tous les hommes. » (Lettre à Overbeck, fin août).

 

Fin août 1883, il retrouve Overbeck à Schuls et envisage de donner des cours à Leipzig. Le recteur de l'université, qui est un ami de Nietzsche, lui explique que sa candidature serait un échec à cause de ses idées sur le christianisme. Il part alors pour Naumburg le 5 septembre. Sa sœur se fiance avec Bernard Förster, l'antisémite soi-disant admirateur de Nietzsche.

 

Il passe à Bâle début octobre, chez les Overbeck, puis à Gênes. Il tombe malade, ressent la solitude de plus en plus durement, et fait le bilan accablant des dernières années qu'il vient de passer. À la fin novembre, il passe à Villefranche, puis s'installe à Nice pour l'hiver. Il rencontre Joseph Paneth, l'ami de Freud. Il est de plus en plus malade : « Malade, malade, malade ! » (Lettre à Overbeck, 26 décembre 1883). Il écrit néanmoins la troisième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra en janvier 1884, après notamment des promenades le long du chemin qui porte son nom à Èze. Nouvel enthousiasme de Peter Gast. Nietzsche s'interroge avec inquiétude sur la portée de sa philosophie :

« Est-elle vraie ou plutôt sera-t-elle crue vraie – c'est ainsi que tout changera et se renversera et que toutes les valeurs traditionnelles seront dévaluées. » (Lettre à Overbeck, ).

 

Il rompt de nouveau avec sa sœur : « Ce maudit antisémitisme est la cause d'une rupture radicale entre ma sœur et moi. » (Lettre à Overbeck, 2 avril).

 

À la fin du mois d'avril, il se rend à Venise avec Peter Gast : « [...] je frémis à la pensée de tout l'injuste et l'inadéquat qui un jour ou l'autre se réclamera de mon autorité. » (Lettre à Mawilda von Meysenburg, juin 1884). Puis il est de nouveau chez les Overbeck, à Bâle, de la mi-juin au 2 juillet. Il fait la connaissance de Meta von Salis à Zurich vers la mi-juillet. Il séjourne pour la troisième fois à Sils-Maria de juillet à septembre. Du 26 au 28 août, il reçoit Heinrich von Stein.

 

À Nice, en janvier 1885, il écrit la quatrième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra. Il le fait paraître à ses frais vers la fin mars en tirage limité à 40 exemplaires.

Le , Nietzsche, venant de Venise, arrive à Turin. Il s'installe à la Pension de Genève. Commence une phase où Nietzsche se retourne sur sa vie et son œuvre :

 
« Dix ans de maladie, plus de dix ans ; et pas simplement une maladie pour laquelle il existe des médecins et des remèdes. Quelqu'un sait-il seulement ce qui m'a rendu malade ? Ce qui, des années durant m'a tenu au seuil de la mort, et appelant la mort ? Je n'en ai pas l'impression. [...] Ces dix dernières années que j'ai derrière moi m'ont fait amplement apprécier ce que cela signifie d'être seul, isolé à ce point. [...] Pour n'en retenir que le meilleur, cela m'a rendu plus indépendant ; mais aussi plus dur, et plus contempteur des hommes que je ne le souhaiterais moi-même. » (Lettre à Overbeck, 12 novembre).

Il écrit beaucoup, avec le sentiment de la tâche accomplie ou sur le point de l'être :

« [...] je sais ce qui est fait, et ce qui est définitivement réglé : c'est un trait qui est tiré sous toute mon existence jusqu'alors : – voilà le sens des dernières années. Sans doute, par cela même, l'existence que j'ai menée jusqu'ici a révélé ce qu'elle était réellement — une simple promesse. » (Lettre à Peter Gast, 20 décembre).

Il lit Montaigne, Galiani, le Journal des Goncourt. Le 26 novembre, il reçoit une lettre de Georg Brandes :

« Vous faites partie du petit nombre d'hommes avec qui j'aimerais causer. »

Vers la fin de l'année, Nietzsche retombe dans la dépression :

« [...] le poids de mon existence pèse à nouveau plus lourd sur mes épaules ; presque pas un jour entièrement bon ; [...] » (Lettre à Overbeck, 28 décembre).

 

Néanmoins, dans les mois qui suivent, qu'il passe à Nice, il travaille beaucoup et annonce à Gast, dans une lettre du 13 février 1888, qu'il a terminé la mise au propre du premier livre de l'Essai d'une inversion des valeurs. (cf. Cahiers WII 1, WII 2, WII 3). Il lit Plutarque, Baudelaire, Dostoïevski, Tolstoï, Renan, Benjamin Constant. Sa célébrité s'accroît : Carl Spitteler fait des comptes rendus des livres de Nietzsche dans le canton de Berne, et Georg Brandes fait des conférences sur la pensée de Nietzsche à Copenhague.

 

Il quitte Nice le 2 avril, et se rend en pèlerinage à Gênes le 4, avant de parvenir à Turin, ville « pour les pieds comme pour les yeux, un lieu classique ! » (Lettre à Gast, 7 avril). Il rédige le Cas Wagner et travaille toujours autant (cf. Cahiers WII 5, WII 6). Son humeur est particulièrement joyeuse, « il souffle ici un air délicieux, léger, espiègle, qui donne des ailes aux pensées trop lourdes... » (Lettre à Gast, 1er mai).

 

À Sils-Maria depuis le début du mois de juin, sa santé se dégrade de nouveau. Il se diagnostique un épuisement nerveux général incurable en partie héréditaire (Lettre à Overbeck, 4 juillet). Il s'occupe de l'impression du Cas Wagner et élabore un dernier plan de la Volonté de puissance. Essai d'une inversion de toutes les valeurs daté du 29 août. Il lit la Vie de Richard Wagner par Ludwig Nohl, et Rome, Naples et Florence de Stendhal qu'il admire. Il passe quelques semaines avec son amie Meta von Salis. Richard Meyer, un étudiant d'origine juive, lui offre anonymement 2000 marks. Nietzsche emploie alors toutes les ressources dont il dispose pour faire imprimer ses livres et se plaint des pratiques douteuses de certains éditeurs : « Mais je suis en guerre : je comprends que l'on soit en guerre avec moi. » (Lettre à Spitteler, 25 juillet). Il restera à Sils-Maria jusqu'au 20 septembre.

 

Après un voyage difficile, Nietzsche arrive de nuit à Turin. Le Cas Wagner paraît alors, tandis qu'il travaille avec Gast à l'impression du Crépuscule des Idoles et que le manuscrit de L'Antéchrist est prêt pour l'impression le 30 septembre.

Les derniers mois : octobre – décembre 1888

La folie (1889 – 1900)

 
Portrait datant de 1889

 

L'effondrement

 

Nietzsche s'effondre le à Turin. Alors qu'il croise une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval, il s'approche de l'animal, enlace son encolure et éclate en sanglots, interdisant à quiconque d'approcher le cheval : « Nietzsche (...) fut assez fou pour pleurer auprès d'un animal, sous le regard ou contre la joue d'un cheval que l'on frappait. Parfois je crois le voir prendre ce cheval pour témoin, et d'abord, pour le prendre à témoin de sa compassion, prendre sa tête dans ses mains » (Jacques Derrida, L'Animal que donc je suis). Son ami Franz Overbeck, alerté par des lettres délirantes de Nietzsche, accourt le 8 janvier. Nietzsche chantait et hurlait sans cesse depuis plusieurs jours, prétendant être le successeur de Napoléon pour refonder l'Europe, créer la « grande politique ». Vu l'état extrême d'agitation de Nietzsche, Overbeck se fait aider d'un dentiste bâlois de passage à Turin, qui pour le calmer lui fait croire qu'à Bâle on prépare les festivités et les cérémonies qu'il croit lui être dues. Au départ de la gare de Turin, Nietzsche veut haranguer la foule ; on lui fait comprendre que ce n'est pas digne d'un homme de son rang.

 

Arrivé à Bâle, on le conduit dans une clinique d'aliénés dont le directeur s'était entretenu avec Nietzsche sept ans plus tôt. Nietzsche se rappelle en détail cette rencontre, mais ne se rend pas compte qu'il est dans un asile d'aliénés — il remercie pour le bon accueil qui lui est fait.

 

Au début de cette folie, Nietzsche semble s'identifier aux figures mythiques et mystiques de Dionysos et du Christ, symboles pour lui de la souffrance et de ses deux interprétations les plus opposées. Il parle constamment et chante beaucoup, se rappelant encore ses compositions musicales et ses poèmes. Selon le témoignage de son ami Overbeck venu le chercher à Turin, il est alors encore capable d'improviser au piano de bouleversantes mélodies ; pendant quelque temps, il sera encore capable de tenir des conversations, mais celles-ci, selon son ami Overbeck, sont stéréotypées et Nietzsche ne semble capable que d'évoquer certains souvenirs. Il prononcera encore quelques phrases, comme ce jour où, sur une terrasse ensoleillée, il s'adresse à sa sœur : « N'ai-je pas écrit de beaux livres ? » ; il notera encore quelques phrases plus ou moins cohérentes comme celle-ci : « Maman, je n'ai pas tué Jésus, c'était déjà fait. » Sa mère était en effet très pieuse, et les différends de Nietzsche avec elle en matière de religion remontaient à l'adolescence.

 

Il reçoit plusieurs visiteurs, et certains tentent de le récupérer pour leur propre cause. Puis, au bout de quelques années, il sombre dans un silence presque complet jusqu'à sa mort. Quand Overbeck le revoit pour la dernière fois, en 1892, il trouve Nietzsche dans un état végétatif.

 

Il est soigné par sa mère, puis par sa sœur revenue d'Amérique du Sud, jusqu'à sa mort, le 25 août 1900.

 

La maladie de Nietzsche

 

On s'est beaucoup interrogé sur les causes de sa maladie et l'image même d'un penseur devenu fou a conduit à diverses appropriations, du vivant même de Nietzsche Certaines théories à ce sujet ont eu pour but de réduire la pensée de Nietzsche à sa folie. Une explication qui fut couramment acceptée, est relative à la syphilis que Nietzsche aurait contractée, comme nombre d'artistes et écrivains célèbres de son temps, et qui dans sa phase tertiaire, dite de « neurosyphilis » peut mimer toutes sortes de pathologies psychiatriques. Nietzsche, au début de sa folie (« folie » qui ne l'empêchait pas dans les premiers temps de discuter presque normalement), déclara avoir été infecté en 1866. Il semble, d'après les travaux d'Otto Binswanger, qui s'est occupé de lui lors de son internement, que Nietzsche ait présenté une démence vasculaire : maladie de Binswanger comparable à la leucoaraiose, ce qui va dans le sens des propos de Franz Overbeck, qui, quand il le revoit pour la dernière fois, en 1892, trouve Nietzsche dans un état végétatif.

 

Mais il convient cependant de relativiser les informations que l'on possède sur la -possible- syphilis de Nietzsche : Cette maladie pourrait être une légende inventée par un critique, Lange-Eichbaum, après la Seconde Guerre mondiale.

 

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Published by Christian VANCAU - dans Philosophes
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 09:15

Michel Guérin

 

Michel Guérin
Michel-guerin.jpg

Michel Guérin, chez lui

Naissance
(69 ans)
Nantes (France)
Nationalité
Langue maternelle
Principaux intérêts
Idées remarquables
Figurologie, espace plastique
Influencé par

Michel Guérin, né le , est un écrivain et philosophe français.

 

 

Biographie

Michel Guérin quitte sa ville natale, Nantes, après le bac (1964) pour entrer en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où il se lie d'amitié avec Guy Lardreau.

N'ayant pas réussi à intégrer une ENS, Michel Guérin reste imperméable au maoïsme, qui connait alors un vif succès chez les normaliens de la rue d'Ulm. Rétif à Lacan, il est également indifférent à la pensée d'Althusser, pour les mêmes raisons. À la différence de la plupart de ses anciens condisciples de khâgne, il ne s'investit pas outre-mesure dans le politique et traverse en solitaire la fin des années 1960. Guérin est reçu de loin en loin par Sartre dont il a lu en terminale L'Être et le Néant et la Critique de la raison dialectique. S'il s'en éloigne progressivement sur la doctrine (au fur et à mesure de sa lecture attentive de Kant, Nietzsche, Diderot et Rilke, qui lui livre l'instrument de pensée qu'est la figure), il reste fidèle à Sartre qui a incarné pour lui le geste philosophique.

 

Guérin est reçu à l'agrégation de philosophie en 1970, année faste qui voit un quasi doublement du nombre de postes ouverts au concours. Il enseigne au lycée Albert-Camus à Nantes, puis au lycée Thiers à Marseille (1974-1982). En 1975, il publie Nietzsche, Socrate héroïque (Grasset, « Théoriciens ») et Lettres à Wolf ou la Répétition en 1976 (Grasset, « Figures »). En dépit d'une couverture médiatique importante due à l'intervention de Bernard-Henri Lévy, qui dirige les collections où paraissent ces ouvrages, le livre est un échec, comme le sera également son roman L'Homme Déo (1978), ignoré par la presse, à l'exception de Jérôme Garcin et de Jacques De Decker qui, dans Le Soir, souligne l'ambition du livre. Entre temps, soudain mal à l'aise dans le climat de « pub-philosophie » où il se trouve malgré lui, Guérin décide de dissiper le malentendu et publie dans Le Monde une mise au point, qu'il répète en 1979 en faisant paraître un essai, Le génie du philosophe, au sous-titre ouvertement polémique.

 

Carrières diplomatique et universitaire

Il publie donc au Seuil, dans la collection dirigée par François Wahl « L'Ordre philosophique », Le Génie du philosophe (1979), dont l'avant-propos se veut une polémique contre les « nouveaux philosophes ». Le livre est dédié à René Char qui a adressé à l'auteur une lettre de félicitations et de soutien à la suite de la lettre parue dans Le Monde, qui ne lui vaudra pas que des amis.

Entre 1982 et 1993, Guérin, nommé d'abord à Bonn (RFA) sur proposition de Régis Debray, conseiller culturel de François Mitterrand, est détaché au ministère des Affaires étrangères (à l'époque Relations extérieures). Il est attaché culturel en Allemagne, puis conseiller à Vienne et finalement à Athènes, tout en dirigeant l'Institut français dans ces deux capitales. Sa pièce sur Socrate, Le Chien, écrite en Grèce, y est jouée à l'été 1993 dans la traduction de l'écrivain Tákis Theodorópoulos ; elle sera mise en scène trois ans plus tard par les Comédiens Français au Théâtre du Vieux Colombier (Roland Bertin étant Socrate) et diffusée sur France Culture et RFI.

 

En 1986, Guérin fonde chez Actes-Sud, à l'instigation d'Hubert Nyssen, la collection « Le génie du philosophe ». Il y publie l'essentiel de son œuvre philosophique, en particulier La Terreur (1990) et La Pitié (2000), mais aussi la thèse de Hans-Georg Gadamer, sur Platon, Manfred Frank, Nicolas Grimaldi, Guy Lardreau, Jean-Pierre Faye, Karl Popper, etc. La série est interrompue en 2000.

 

Rentré de l'étranger, Guérin retrouve l'enseignement, au lycée Cézanne d'Aix-en-Provence, avant d'intégrer le Département des Arts plastiques et sciences de l'art de l'Université de Provence. Ayant soutenu une thèse sur travaux dans les années 1980, puis une Habilitation, il est nommé professeur des universités en 1997 et est élu quelques années plus tard membre de l'Institut universitaire de France (2005), chaire « Théorie de l’art et de la culture ». Il poursuit, notamment comme directeur du LESA (Laboratoire d’études en Sciences des Arts) une activité éditoriale importante, dirigeant des ouvrages collectif sur les questions de l'art et de l'esthétique à l'époque contemporaine.

 

Activités éditoriales récentes

Michel Guérin préside l’Association Des Sud : celle-ci a coédité avec Actes Sud de 2000 à 2010, avec le soutien de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Conseil général des Bouches-du-Rhône, une revue littéraire et de débats, La Pensée de midi, dirigée par l’essayiste Thierry Fabre, et placée sous le « parrainage » moral et intellectuel d’Albert Camus et de René Char.

 

Parmi les 31 livraisons en dix ans de la revue (de forme livre, avec un dossier thématique, des rubriques et une iconographie), un numéro double (24/25) sur le Mépris, coordonné par Renaud Ego et Michel Guérin avec des textes de Marcel Cohen, Hubert Nyssen, David Le Breton, Axel Honneth, Pierre-Damien Huyghe, Bernard Stiegler, Bernard Noël, Renaud Ego, etc.

Les archives de La Pensée de Midi ont été déposées à la Bibliothèque de l’Alcazar à Marseille (BMVR).

Programme philosophique

Sa réflexion développe quatre principaux axes de recherche : une pragmatique de la croyance, une théorie culturelle de la sensibilité moderne appuyée sur des études sur le XIXe siècle, une théorie de l'œuvre, de ses dimensions et de ses limites, une méditation sur la transparence comme mode post-métaphysique de la véracité après « la fin des phénomènes » et l'exténuation de la phénoménologie.

Le concept-clef, transversal à ses travaux, est celui, largement revisité, de « Figure ».

 

Figure et figurologie

La notion-clef, transversale aux travaux de Michel Guérin, est celle de la Figure. Elle est associée à l’Idée régulatrice d’une figurologie. Pour l'auteur, la majuscule initiale codifie un usage qui, d’une part fait référence à la Figur chez le poète autrichien Rainer Maria Rilke, d’autre part entend se distinguer de la signification banale du mot7. Les Figures ne sont ni des concepts, ni des métaphores, ni des images, mais des instruments de pensée - qui contiennent tout ensemble la chose à dire et la façon de la dire8. C'est en comparaison avec la peinture qu'on la peut saisir, comme on peut dire de Bacon qu'il a peint la Figure de la chair, où Rembrandt, celle de l'individu.

La Figure de X transparaitra donc dans l'essai qui, en l'écrivant, la rend réelle. La Figure est rythme premier, dans l’acception grecque de forme émergente.

La figurologie peut se concevoir comme une post-phénoménologie usant de Figures comme instruments de pensée. De plus en plus nettement, la figurologie se réfléchit comme écriture, où se mêlent de façon indiscernable le fond et la forme.

Car la pensée (à la différence des sciences, productrices de connaissances et procédant par détermination) est toujours modale: sa forme, son mouvement, son geste est co-extensif de la chose qu'elle cherche à saisir, créer, rendre. Guérin appelle cela: l’affectivité de la pensée. La philosophie, écrit souvent l’auteur, est « ce qui s’enseigne ».

 

Anthropologie (geste et croyance)

Philosophie du geste

L’auteur étudie quatre gestes – ce qu’il appelle « gestique transcendantale » ou encore « quadrature du geste » : faire, donner, écrire, danser.

Faire donne lieu à la technique, donner enclenche l’économie des échanges, écrire noue et commande le faisceau des institutions, danser est le premier pas de l’esthétique.

 

  • Faire : La technique démultiplie la percussion ; la frappe est le tour premier qui provoque en retour l’enchaînement polytechnique, la subrogation prothétique, la logique de la technique appelée à se renverser aujourd’hui en technologie par la rencontre et le mariage des gestes et des symboles extériorisés.
  • Donner est, pour l'homme, ce geste paradoxal qui consiste à se déprendre. Il appelle le contre-don, l’enchère, l’émulation, le cycle répété des échanges socio-économiques.
  • Écrire est un geste littéralement « ré-volté », renversé : percussion qui ne vise pas à changer la matière, mais à y imprimer des formes (mentales) qui seront « levées » par la lecture. Geste qui « rebrousse de la matière vers l’esprit ».
  • Danser enfin est essentiellement tourner (volter), passer et repasser, troquer circulairement le corps visible de marche et de saut (déplacement local) pour un corps invisible d’exultation (mouvement pur) : les « deux corps de la danse » thématisés par Guérin font lien avec ce qu’il appelle l’arc pieds-mains, c’est-à-dire la correspondance des termes, l’écho que le geste se fait à lui-même depuis ses extrémités.

Dans chaque plan, la structure dynamique (cyclique) du re-tour est patente. Le geste atteste l’être-corps. Il est indice de finitude.

Les travaux sur le geste infléchissent indéniablement la figurologie vers une anthropologie du point de vue pragmatique.

Mystère de la croyance

Partagée entre l’opinion (sentire) et la confiance (credere), rythmée par l’oscillation du « croire » et du « décroire » (qui la relance, loin de l’éteindre), la croyance est, chez Michel Guérin, protéique. Une croyance n’est ni vraie ni fausse, elle est (relativement) saine ou pathogénique. Si toutes les croyances ne se rapportent pas à Dieu, il n'en reste pas moins que les croyances sont un sûr moyen de rassembler (religare).

Les Figurologiques

Parallèlement à son travail philosophique, Michel Guérin écrit des livres à ranger parmi les « figurologiques », constituant une illustration des principes philosophiques qu'il théorise comme Figurologie. Parmi eux se trouvent de rares romans, des textes critiques (sur Stendhal, Goethe), des essais libres, tels l’Île Napoléon.

Comme figures ainsi illustrées, on peut retenir :

  • Celle de l’Âge, dans son essai Les quatre Mousquetaires.
  • Celle de l’Ambition. Forgée à partir de travaux consacrés à Stendhal et au XIXe siècle, elle a été développée dans La Grande Dispute et dans Nihilisme et modernité – Essai sur la sensibilité des époques modernes de Diderot à Duchamp.

 

Les écrits esthétiques et autres essais

Sur la transparence : le thème de la transparence (ombreuse), en tant qu’elle relègue au passé le mode phénoménologique, se situe au carrefour de la réflexion esthétique et anthropologique et de l’approfondissement de la Figure, dont le mode de manifestation relève non de l’ap-paraître mais d’un trans-paraître.

Sur une modernité d’après-coup (post- ou hypermodernité).

Sur le caractère immémorial de la peinture, régulièrement promise à la mort.

Sur la notion d’œuvre.

Outre les ouvrages sur la peinture et les peintres (surtout Rembrandt et Cézanne), Michel Guérin collabore depuis de nombreuses années avec des artistes contemporains, notamment le peintre Patrick Moquet et le sculpteur-photographe François Méchain.

Notes

  1. Commencée dans la camaraderie, cette amitié résistera durant plus de quatre décennies à tous les emportements et aux divergences. C'est Lardreau qui présente Guérin à Bernard-Henri Lévy, s'entremet pour la publication chez Grasset, en 1976, des Lettres à Wolf, dont il rédige la préface. Plus tard, Guérin édite dans sa collection chez Actes-Sud, deux ouvrages de Lardreau, Fictions philosophiques et science-fiction, récréation philosophique (1988) et Présentation criminelle de quelques concepts majeurs de la philosophie, fantaisie pédagogique (1997).
  2. 102 postes sont ouverts en 1970, contre une petite soixantaine l'année précédente, elle-même en nette progression par rapport aux années antérieures. Cf. la Revue de l'Enseignement Philosophique, no 21, 1970.
  3. Le Monde du 27 mai 1977 ayant publié un dossier sur les « nouveaux philosophes » censément « contre la gauche », Guérin adresse une lettre au journal (publiée dans l'édition du 3 juin 1977) où il déclare : « Le journal Le Monde a bien voulu me compter au nombre des représentants de la "nouvelle philosophie", et je l'en remercie. Mais il ne m'est pas possible de laisser croire que je me reconnais dans le tableau qui est brossé et dans les propos que d'autres tiennent. (...) ceux qui ont lu mes livres savent que je suis et reste sans l'ombre d'une hésitation un homme de gauche. Je n'ai pas à renier ou à encenser des maîtres que je n'ai pas eus : Althusser ne m'a guère plus effleuré que Lacan. (...) Enfin, je me déclare complètement étranger à l'affairement "philosophique" dont vous rendez compte. ».
  4. « Défense et illustration de la métaphysique en réponse à quelques anti- et nanti-philosophes, dits "nouveaux" »
  5. Nommé par le décret du 15 décembre 1997 [archive].
  6. Voir en particulier l'avant-propos de La Terreur, « Idée d'une figurologie » et le premier des essais de Pour saluer Rilke, « La vérité parle en Figures ». Dans Qu'est-ce que la philosophie? (Éditions de Minuit, 1991), Gilles Deleuze et Félix Guattari remarquaient : « Dans la pensée contemporaine, Michel Guérin est un de ceux qui découvrent le plus profondément l'existence de personnages conceptuels au cœur de la philosophie ; mais il les définit dans un "logodrame" ou une "figurologie" qui met l'affect dans la pensée » ; ce qui revient à assimiler massivement ce que Deleuze cherche justement à articuler philosophiquement : le concept et l'affect (avec le percept comme troisième terme).
  7. Qu’est-ce qu’une œuvre ?, 1986, p. 126 sq.
  8. a et b « De la philosophie comme figurologie » (2012)
  9. "Le geste de penser", dans Philosophie du geste, 2011.
  10. L’Affectivité de la pensée, 1993
  11. La Terreur, 1990, p. 95.
  12. Philosophie du geste, 2011, p. 105. Le Geste entre émergence et apparence, p. 8-9.
  13. La Croyance de A à Z (Un des plus grands mystères de la philosophie, 2015, p. 45
  14. La transparence comme paradigme, 2008
  15. Nihilisme et modernité, essai sur la sensibilité des époques modernes, 2003
  16. La peinture effarée: Rembrandt et l'auto-portrait, 2011. La cause de la peinture, 2008.
  17. Qu'est-ce qu'une œuvre ?, 1986
  18. Origine de la peinture : sur Rembrandt, Cézanne et l'immémorial, 2013
  19. François Méchain, L'exercice des choses, 2002

Références

  1. Le Monde, 27 mai 1977.
  2. Le Monde, 3 juin 1977.
  3. Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la Philosophie?, Paris, Éditions de Minuit, 1991, p. 65.

Ouvrages

Fiction
  • Lettres à Wolf ou la Répétition, Grasset, 1976.
  • Les Compagnons d’Hélène, Hallier, 1976.
  • L'Homme Déo, Grasset, 1978.
  • Robert le Diable, théâtre, NTNM Marcel Maréchal, inédit.
  • Le Chien, théâtre, Comédie Française/France-culture, inédit.
Philosophie
  • Nietzsche, Socrate héroïque, Grasset, 1975.
  • Défense et illustration de la métaphysique en réponse à quelques anti-et nanti-philosophes (dits nouveaux), Seuil, 1979.
  • La politique de Stendhal, préface de Régis Debray, Presses universitaires de France, 1982.
  • Jour/Goethe-ballet, Actes-Sud, 1983.
  • Qu'est-ce qu'une œuvre ?, Actes-Sud, 1986.
  • L'île Napoléon, Actes-Sud, 1989.
  • La Terreur et la Pitié, 1. La Terreur, Actes-Sud, 1990.
  • L'Affectivité de la pensée, Actes-Sud, 1993.
  • Philosophie du geste, Actes-Sud, 1995.
  • Les Quatre mousquetaires, Rocher, 1995.
  • La Terreur et la Pitié, 2. La Pitié. Apologie athée de la religion chrétienne, Actes-Sud, 2000.
  • Nihilisme et modernité, essai sur la sensibilité des époques modernes, Jacqueline Chambon, 2003.
  • La grande dispute, essai sur l'ambition, Stendhal et le XIXe siècle, Actes-Sud, 2006.
  • La seconde mort de Socrate (le concept d'éducation a-t-il un sens dans le monde actuel ?), Québec (Canada), Presses de l'Université Laval, 2007.
  • L'artiste ou la toute-puissance des idées, Publications de l'Université de Provence, 2007.
  • Pour saluer Rilke, Circé, 2008.
  • L'espace plastique, Bruxelles, La Part de l'œil, 2008.
  • Marcel Duchamp, portrait de l’anartiste, Nîmes, Lucie éditions, 2008.
  • La peinture effarée: Rembrandt et l'auto-portrait, éditions La Transparence, 2011.
  • Philosophie du geste : essai, Actes Sud, 2011 (ed. augmentée).
  • Origine de la peinture : sur Rembrandt, Cézanne et l'immémorial, Encre marine, 2013
  • La croyance de A à Z : un des plus grands mystères de la philosophie, Encre marine, 2015
Ouvrages collectifs
  • avec Colette Garraud et l'artiste, François Méchain, L'exercice des choses, Somogy éditions d’art, 2002.
  • avec Pascal Navarro (dir.), Les Limites de l’œuvre, Publications de l'Université de Provence (PUP), 2007.
  • Ce que Cézanne donne à penser, Actes du colloque du Centenaire à Aix, Gallimard, 2008.
  • (dir.), La transparence comme paradigme (dir. Michel Guérin), PUP, 2008.
  • (dir.), La cause de la peinture, Publications de l'Université de Provence (PUP), 2008.
  • avec Jean-Noël Bret et Marc Jimenez (dir.), Penser l'art, Klincksieck, 2009.
  • avec Odile Billoret-Bourdy (dir.), Picasso-Cézanne : quelle filiation ?, PUP, 2011.
  • avec Jean Arrouye (dir.), Le photographiable, PUP, 2013.
  • (dir.), Le geste : entre émergence et apparence : éthologie, éthique, esthétique, PUP, 2014.

Bibliographie

  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu'est-ce que la Philosophie?, Paris, Éditions de Minuit, 1991.
  • Le Monde, 27 mai 1977.
  • Le Monde, 3 juin 1977.

Lien externe

Michel Guerin Philosophe français
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Construisant au fil de son œuvre ce qu’il nomme une figurologie, Michel Guérin, comme autant de fragments, a retenu ici quatre gestes : faire (le geste de la technique et du travail), donner (celui du social et des échanges), écrire (le geste renversé, révolté), danser (le geste pur).
Pointant le geste comme première tournure de la pensée et de l’action, l’auteur révèle de façon pertinente sa part dans la construction progressive d’une œuvre et, interrogeant le sens du geste, fait apparaître que c’est le geste lui-même qui fait sens.

- Présentation de l'éditeur -

Auteur Michel Guérin
Edition Actes Sud
Année 2011

Du même auteur

9 février 2014

 

Michel-Guerin_357.jpg

Michel Guérin, 2013

 

 

Keith Jarret, The Köln Concert, 1975

 

Aujourd'hui remontons en amont de l’œuvre d'art au moment où un geste inouï va se saisir de la matière, notes, mots, corps, couleurs, pour tout simplement créer, et c'est en compagnie du philosophe Michel Guérin...

 

Henri Matisse, La danse, 1909 - Musée de l'Ermitage

Henri Matisse, La danse, 1909 – Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

 

Michel Guérin, quel est ce geste créateur que vous comparez à une danse et qui se situerait à l'origine de tout processus de création...

Dans tout art, il y a un geste de danser, pas seulement dans la danse, dans la chorégraphie, pas seulement dans la musique, éventuellement la mélodie ou la musique qui fait danser, mais je pense que dans les arts visuels mêmes – et pas seulement dans la sculpture, dans le drapé, dans des figures qui pourraient directement évoquer, de manière figurative, en quelque sorte, la danse –, je pense qu'il y a plus radicalement encore un danser de tout art, et ce danser de tout art, c'est tout simplement le commencement, c'est le geste lui-même, mais je dirais que le geste de l'art, ce n'est pas le geste technique habituel. Alors, évidemment, n'allons pas trop loin dans le paradoxe, il n'y a pas d'art sans technè, sans technique, sans ars, au sens latin du terme. L'art est une transformation, pas seulement une transformation d'objets, une transformation de choses en objets, il ne consiste pas simplement à construire des artefacts, il peut y avoir une construction, une transformation, mentale ou symbolique, mais quoi qu'il en soit, l'art, en effet, suppose une technique, et cependant, il rompt, à un moment donné, avec la logique habituelle de la technique, c'est-à-dire que l'art est un faire libre, c'est-à-dire un faire qui a envie d'explorer son propre commencement, qui n'est plus assujetti à un but. Lorsqu'on construit un objet, un outil, c'est pour s'en servir. L'art, comme la philosophie peut-être, ne sert à rien, c'est-à-dire qu'il explore quelque chose à partir de la conscience profonde de cette liberté. Comment se manifeste-t-elle ? Je dirais : comme mouvement, comme mouvement du corps – et le mouvement du corps le plus libre, le plus spontané, le plus gratuit, le plus gracieux, ça s'appelle encore la danse.

Lorsque je parle du geste, il faut entendre « les gestes », mais je pense qu'ils ont un air de famille entre eux, et cet air de famille, je vais essayer de l'expliquer comme peut-être je ne l'ai pas fait encore, et c'est le très beau morceau de piano -

Keith Jarrett, The Köln Concert -

que vous avez fait entendre, qui me le suggère peut-être avec une vigueur particulière. C'est que, dans ce danser, il y a ce paradoxe, à savoir que l'intention ne se sait pas encore.

Je rappelle que le morceau qu'on a entendu est une improvisation.

Voilà ! C'est bien parce que je savais que c'est une improvisation que, en plus, j'insiste sur ce point, c'est-à-dire qu'on a affaire à une intention qui n'est pas sûre d'elle-même, qui ne se précède pas. D'habitude, l'idée qu'on a de l'intention créatrice, ou de l'intention tout court, c'est qu'elle est dans la conscience avant la réalisation. Or, on a affaire ici, au contraire, à une forme qui se cherche elle-même dans la matière. Autrement dit, qu'est-ce que l'improvisation ? C'est la précellence de la matière sur la forme.

 

 

 

Michel Guérin, Adèle Van Reeth, ré. : Olivier Guérin, lectures : Marianne Denicourt, 2013

 

Pech Merle, main en négatif

Pech Merle, il y a 25.000 ans

 

Francis Bacon, Lying Figure in a Mirror, 1971

Francis Bacon, Lying Figure in a Mirror, 1971

« C'est alors que surgit quelque chose qu'on n'attendait pas et qui arrive inopinément […]. Le plus étonnant, c'est ce quelque chose qui est apparu comme malgré soi […]. Lorsque je commence une nouvelle toile, j'ai une certaine idée de ce que je veux faire, mais pendant que je peins, tout d'un coup, en provenance, en quelque sorte, de la matière picturale elle-même, surgissent des formes et des directions que je ne prévoyais pas. C'est cela que j'appelle des accidents. »

Francis Bacon, Entretiens avec Michel Archambaud, Lattès, 1992

 

Paul Cézanne, La baie de L'Estaque, 1886

Paul Cézanne, La baie de L'Estaque, 1886

 

Antoni Tàpies, Le chapeau renversé, 1967

Antoni Tàpies, Le chapeau renversé, 1967

 

Pablo-Picasso, Homme assis à la canne, 1971

Pablo Picasso, Homme assis à la canne, 1971

 

Honoré de Balzac, La Belle noiseuse

Honoré de Balzac, Le chef-d’œuvre inconnu, 1831-1837

 

Joyce Pensato, Maxi Mickey

Joyce Pensato, Maxi Mickey, 1993

 

Relisons-nous, relisons Lou.

« Dans cette peinture en acte, l’artiste s’investit en se représentant, la représentation n’étant que l’empreinte d’un déplacement.

[...]

Joyce Pensato est une femme de taille moyenne.

Le cercle du ventre de Mickey est tracé d’un seul geste, c’est l’empreinte corporelle de l’artiste. Prenez les mesures du tableau, mettez-vous à l’aune de Joyce et tracez un cercle, d’un unique trait de pinceau, selon Shitao.

Le Mickey est une empreinte, une représentation, un déplacement. »

 

 

Wolfgang Amadeus Mozart, Exsultate Jubilate, Cecilia Bartoli, dir. Riccardo Muti, 2006

Le corps, l'intention, le corps. Le chant vient des entrailles. Il faut que ça vibre en bas (regardez les plis de la robe) pour que ça chante en haut.

A la fin, elle est vraiment heureuse, elle l'a fait ! La note très haute. Oui, ce sont de grands professionnels, mais non. C'est de l'art et ce n'est jamais gagné d'avance.

 

 

 

Boby Lapointe, La peinture à l'huile, 1969

 

_ _ _

 

Plus loin.

 

Comment le philosophe éprouve-t-il la situation qui lui est faite aujourd’hui ? Cette question, trop générale, enveloppe une multitude d’interrogations. Les unes touchent le regard que les autres, les non-philosophes, c’est-à-dire la société, portent sur celui dont la profession ou la vocation est de philosopher; les autres, intérieures à cette pratique même, concernent les inflexions, plus ou moins irrépressibles, que connaissent nos philosophèmes dès lors qu’on considère, comme c’est mon cas, qu’il n’existe pas dephilosophia perennis, mais une histoire de la philosophie solidaire de l’histoire tout court ; en d’autres termes, le philosophe contemporain réinvestit moinsles problèmesde la philosophie (sous-entendu : éternels) qu’il ne s’efforce d’élever àla dignité philosophiquedes questions qui germent dans le terreau de l’époque. Maiscomment les formuler, ces questions ? Par quel effort de langage les rendre pertinentes ? Si la voie directe s’avère impraticable, celle de l’analogie – de la métaphore – est-elle en mesure de prendre le relais ? Ou faut-il aller encoreau-delà, au risque, en perdant totalement de vue toute référence objectivable, de prêter le flanc au reproche de faire passer pour philosophie une sorte de « littérature » aussi vague qu’indigeste ?

 

Michel Guérin, De la philosophie comme figurologie, in Analogia e Mediaçao : Transversalidade na Investigaçäo em Arte, filosophfia, et Ciência, dir. José Quaresma, CIEBA-FBAUL / CFUL, 2012

 

VOIR SON SITE       http://www.guerin-figurologie.fr/p/bienvenue.html

Bienvenue

 

Bienvenue sur le site de Michel Guérin

Michel Guérin, professeur émérite (Université d´Aix-Marseille) est membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Philosophe, écrivain, il a publié des ouvrages de philosophie, des essais critiques, et de la fiction. Sa prochaine publication : La Croyance de A à Z paraîtra en mars 2015 chez encre marine, éditions des Belles Lettres. Dans l'ensemble de ses ouvrages, il poursuit la constitution d'une philosophie à partir de la notion centrale de Figure.
Son essai à paraître s’efforce de penser sous la forme d'un abécédaire le problème de la croyance depuis l’hypothèse qu’il s’agit de la question cruciale d’une époque qui aura dû abandonner les unes après les autres les certitudes modernes : progrès, croissance, rationalisation et pacification du monde – toutes conquêtes de haute lutte, d’ailleurs subordonnées à une pétition de sens finalement déçue. L’irraison, la violence, le chaos imposent, sur fond de cynisme ou de désenchantement, leur évidence obscène.

Qu'est-ce que la Figurologie ?

La figurologie est une entreprise philosophique construisant un système autour d’une notion fondamentale : la Figure
Parce que la Figure est une Idée, elle est indéterminable. On ne la définit d’abord que par exclusion : ni concept, ni métaphore, ni symbole, ni allégorie, ni modèle, car elle est dynamique. Mais elle n’est pas non plus le schème, car si elle est comme lui réalisatrice, ce qu’elle réalise n’est pas de l’ordre de la connaissance. Le schème est l’affirmation de l’être temporel de la pensée rendant possible de manière dynamique la connaissance, son objet, et le sens de cette connaissance dans un Sujet. Le schème constitue la vérité sur un mode événementiel. La Figure est la forme synchronique et cependant généalogique de toutes les articulations du sens.  Elle donne à la vérité un caractère avènementiel.
Sa spécificité, donc, vient de ce qu’elle porte avec elle sa propre généalogie, et c’est dans cette généalogie que l’objet de la pensée trouve sa place et son sens. N’est pensable que ce qui est pris dans le « tour » de la Figure.
C’est pourquoi la Figure se saisit à travers des « figurologiques », ses incarnations. Michel Guérin édifie ainsi une pragmatique de la croyance, une théorie culturelle de la sensibilité moderne, une théorie de l'œuvre, et  tente d’édifier avec le concept de « transparence » une post-métaphysique de la véracité.
La figurologie tiendrait sa place après « la fin des phénomènes » et l'exténuation de la phénoménologie.

Si à la figurologie correspond une ambition métaphysique de système, les « figurologiques » sont un essai avec le caractère opératoire du dit système.
 

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Published by Christian VANCAU - dans Philosophes
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